La justice turque acquitte les suspects du procès de « JITEM -Ankara »

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TURQUIE – ANKARA – Le procureur turc a exigé l’acquittement des accusés dans l’affaire de « JITEM – Ankara ». (Le JITEM* est accusé de la disparition forcée de nombreux Kurdes dans les années 1990.)
 
L’audience sur la condamnation de l’affaire connue sous le nom d ‘«affaire JITEM Ankara» s’est tenue au 1er tribunal correctionnel d’Ankara.
 
Begüm Erdoğan, fille de Namik Erdoğan, l’une des 19 personnes disparues de force et exécutées à Ankara dans les années 90, était à l’audience avec les familles des personnes disparues et la co-présidente du HDP, Pervin Buldan, elle-même épouse de Savaş Buldan, un homme d’affaire kurde retrouvé mort le 4 juin 1994, après son enlèvement la veille à Istanbul.
 
L’accusation a soutenu qu’Ayhan Çarkın (ancien membre de l’équipe spéciale de JITEM qui a décidé de s’exprimer) n’a présenté aucun élément de preuve à l’appui de l’accusation et des déclarations qu’il a faites.
 
Le dossier du tueur à gage Mahmut Yıldırım (Yeşil) a été séparé tandis que les autres accusés ont été acquittés pour « manque » de preuves.
 
Justice non rendue
 
Des proches des personnes disparues ont réagi à la décision en déclarant : « Nous savons que la justice ne peut pas être rendue ici. Tous les accusés sont responsables de ces meurtres ». (Via ANF)
 
* Qu’est-ce que le JİTEM ?

JİTEM est le nom du service de renseignements de la gendarmerie turque. JİTEM est l’abréviation de Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie).

Le JİTEM a été actif dans le conflit kurde en Turquie. Après le scandale de Susurluk, les anciens premiers ministres Bülent Ecevit et Mesut Yılmaz ont confirmé l’existence de JİTEM.

Selon Murat Belge de l’Université Bilgi d’Istanbul, qui a rapporté avoir été torturé en 1971 par son fondateur, Veli Küçük, JİTEM est une incarnation de l’Etat profond. En d’autres termes, il est utilisé par « l’Establishment » pour faire respecter des intérêts nationaux présumés, ainsi que par l’aile militaire de l’Ergenekon, une organisation nationaliste turque clandestine. En 2008, les dénégations officielles de l’existence de JİTEM ont commencé à s’effondrer devant les tribunaux, comme en témoignent les anciens membres de l’appareil de sécurité « d’État profond » turc qui ont participé à des activités secrètes et illégales au cours des dernières décennies dans le cadre de l’enquête Ergenekon. (Wikipedia)

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