Le barrage Ilisu engloutit les villages et se dirige vers Hasankeyf

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TURQUIE / BAKUR – L’étang du barrage d’Ilisu a atteint 40 km, engloutissant jusqu’à présent au moins 20 villages dans les vallées de Tigre et de Botan. La ville historique d’Hasankeyf, vieille de 12 000 ans, devrait être engloutie par le barrage en décembre, avec une profondeur de 50 mètres par endroit.
 
En raison du barrage d’Ilisu, à Siirt, Mardin, Sirnak et Batman, 199 villages seront submergés. Malgré les protestations, le processus de rétention d’eau dans le barrage se poursuit. Au moins 20 villages ont déjà été engloutis.
 
Le barrage a été construit dans le village d’Ilısu (Germav) à Mardin, où un étang a été formé le long de la rivière sur une distance d’environ 35 kilomètres. 600 millions de mètres cubes d’eau accumulés dans l’étang ont été retenus jusqu’à présent, alors que la quantité d’eau retenue dans le barrage sera de 10,5 milliards de mètres cubes. Alors que la profondeur de l’étang est estimée à 50 mètres à certains endroits, de nombreuses routes de village ont été fermées.
 
Pourquoi Hasankeyf ne doit pas être engloutie par le barrage Ilisu ?
 
Premièrement, Hasankeyf (Heskîf en kurde) est le patrimoine culturel du monde entier avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc.
Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…
 
Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires.
 
Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par l’eau alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.
 
Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.

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