IRAN / ROJHILAT – Le régime sanguinaire iranien a exécuté deux autres prisonniers kurdes (Ahmadali Mahdinejad et Javad Yarbigi) ces derniers jours.
Les prisonniers kurdes, Ahmadali Mahdinejad et Javad Yarbigi, ont été exécutés ces derniers jours. Tous deux avaient été précédemment condamnés à mort pour « meurtre avec préméditation » et infractions liées à la drogue, respectivement.
Selon les informations reçues par l’Organisation de défense des droits humains, Hengaw, à l’aube du mercredi 9 juillet 2025, Ahmadali Mahdinejad, un résident de Sahneh dans la province de Kermanshah, a été exécuté dans la prison centrale de Nahavand, province de Hamadan.
Mahdinejad avait été arrêté il y a deux ans et condamné à mort pour meurtre prémédité.
Par ailleurs, à l’aube du lundi 7 juillet 2025, Javad Yarbigi, un prisonnier de Kermanshah, a été exécuté à la prison centrale d’Arak. Yarbigi avait été condamné à mort pour des délits liés à la drogue.
Ces exécutions n’ont pas été annoncées publiquement par les médias d’État iraniens ni par les organes affiliés au pouvoir judiciaire.
PARIS – L’association France-Kurdistan appelle aux dons pour la publication du livre « Moyen-Orient : le souffle kurde », co-écrit par Roseline Beriwan Kisa et Pascal Torre.
Un livre pour comprendre les Kurdes, leur histoire et leurs luttes, soutenez « Moyen-Orient : le souffle kurde » en faisant un don via ce lien (HelloAsso) Moyen-Orient : le souffle kurde
« Qui sont les Kurdes ? Pourquoi sont-ils au cœur de tant de luttes émancipatrices pour la liberté et la démocratie ? Quel est le rôle des femmes ? Dans leur résistance aux régimes autoritaires et à l’obscurantisme, les Kurdes portent des revendications sociales, politiques, culturelles, des causes inédites comme l’écologie et le féminisme ainsi qu’une démarche inclusive respectueuse de toutes les diversités.
En 2025, la question kurde connaît des transformations majeures reflétant et façonnant les évolutions régionales. Les Kurdes sont engagés dans une nouvelle dynamique pour parvenir à une paix durable.
Cet ouvrage accessible, rigoureux et engagé, rédigé par les co-président.e.s de France-Kurdistan, donne des clefs de lecture pour comprendre les Kurdes au cœur d’un Moyen-Orient en plein bouleversement. »
KURDISTAN – Aujourd’hui, 30 membres de la guérilla kurde, dont quatre commandant.e.s, ont brûlé leurs armes lors d’une cérémonie organisée dans la grotte de Casene, à une cinquantaine de km de la ville de Suleymaniye, en présence de centaines de journalistes, de personnalités politiques et associatives venus notamment du Kurdistan sous l’occupation turque.
Besê Hozat et Nedim Seven
Le groupe Paix et société démocratique comprenait également Besê Hozat, coprésidente du Conseil exécutif du KCK, Nedim Seven, Tekoşin Ozan et Tekin Muş.
Besê Hozat et Nedim Seven étaient à la tête d’un total de 30 guérilleros, 15 femmes et 15 hommes.
Grotte de Casene (en kurde : şıkefta Casena), Kurdistan
Le groupe de combattants du PKK qui ont déposé les armes ont déclaré : « Nous entendons désormais poursuivre notre lutte pour la liberté, la démocratie et le socialisme par les voies de la politique démocratique et du droit, dans le cadre de lois garantissant l’intégration démocratique », selon l’agence ANF qui a retranscrit le communiqué lu lors de la cérémonie.
Voici le compte rendu de la cérémonie de Maxime Azadî de l’agence ANF:
La cérémonie de désarmement s’est déroulée dans une grotte symbolique située dans la région de Souleymaniye, au Kurdistan d’Irak. La grotte de Djassênê (Casene) est connue pour avoir servi de refuge au leader de l’insurrection kurde Mahmud Barzanji dans les années 1920, lors des bombardements britanniques. C’est également là qu’un des premiers centres de presse kurdes aurait été établi pendant les soulèvements.
Le désarmement a été effectué sous le nom de « Groupe pour la Paix et la Société Démocratique ». La cérémonie a réuni de nombreux observateurs, dont des responsables politiques, des représentants de la société civile, des journalistes ainsi que des délégations internationales.
Le message du groupe ayant procédé à la destruction des armes a été diffusé par l’agence de presse kurde ANF. Le groupe y affirme avoir détruit ses armes « par volonté libre » avant d’ajouter: “Nous entendons désormais poursuivre notre lutte pour la liberté, la démocratie et le socialisme par les voies de la politique démocratique et du droit, dans le cadre de lois garantissant l’intégration démocratique.”
Déclaration du Groupe pour la Paix et la Société Démocratique
« Au peuple et à l’opinion publique,
En tant que Groupe pour la Paix et la Société Démocratique, formé pour accélérer le processus de changement et de transformation démocratiques, nous saluons avec respect tous ceux qui sont présents ici et qui témoignent de notre action démocratique historique.
Nous, combattantes et combattants de la liberté, femmes et hommes, ayant rejoint le PKK à différentes périodes afin de lutter contre les attaques de négation et d’anéantissement visant l’existence kurde, avons répondu à l’appel lancé le 19 juin 2025 par le leader du peuple kurde Abdullah Öcalan. Notre action s’inscrit également dans le cadre de l’Appel pour la Paix et la Société Démocratique du 27 février 2025, ainsi que des décisions prises lors du 12e Congrès du PKK les 5-7 mai.
En tant que signe de bonne volonté et de détermination à faire réussir concrètement ce processus, nous détruisons nos armes ici, devant vous, par notre volonté libre. Nous entendons désormais poursuivre notre lutte pour la liberté, la démocratie et le socialisme par les voies de la politique démocratique et du droit, dans le cadre de lois garantissant l’intégration démocratique.
Nous espérons que cette étape portera la paix et la liberté à notre peuple, en particulier aux femmes et à la jeunesse, ainsi qu’aux peuples de Turquie, du Moyen-Orient, et à l’humanité tout entière.
Nous adhérons de tout cœur à la déclaration du leader Abdullah Öcalan :
« Je crois non à la force des armes, mais à celle de la politique et de la paix sociale ; je vous appelle à mettre en œuvre ce principe. »
Nous sommes fiers et honorés d’incarner ce principe historique.
Rien n’a jamais été obtenu facilement, sans coût ni lutte. Bien au contraire, tout a été conquis jour après jour au prix de lourds sacrifices. Et ce qui vient ne sera pas non plus facile. Nous le savons. Sur cette base, nous croyons profondément aux idées et à la vision d’Abdullah Öcalan. En tant que communauté de camarades, nous faisons confiance à notre force collective pour obtenir de nouveaux acquis démocratiques.
Alors que le monde subit une montée de l’oppression fasciste et de l’exploitation, que le Moyen-Orient se transforme en bain de sang, et que notre peuple a plus que jamais besoin d’une vie libre, égalitaire et démocratique, nous ressentons profondément l’importance, la justesse et l’urgence de cette étape historique.
Nous espérons que toutes et tous — femmes et jeunes, ouvriers et travailleuses, forces socialistes et démocratiques, peuples du monde — comprendront et apprécieront la valeur historique de notre pas pour la paix et la démocratie.
Sur cette base, nous appelons toutes les puissances régionales et mondiales responsables des souffrances de notre peuple à respecter ses droits nationaux démocratiques légitimes, et à soutenir le processus de paix et de solution démocratique.
Nous appelons également toutes les forces populaires — femmes, jeunes, travailleurs, intellectuels, écrivains, universitaires, juristes, artistes, politicien·nes — à comprendre correctement cette étape historique et à faire preuve de solidarité avec nous et avec notre peuple.
Nous appelons à intensifier la lutte pour la liberté physique du leader Abdullah Öcalan, pour une solution politique démocratique de la question kurde, et à renforcer la solidarité internationale démocratique et socialiste.
Nous appelons notre peuple et toutes les forces politiques à comprendre les enjeux de cette période historique et à remplir leurs responsabilités éducatives, organisationnelles et militantes afin de faire avancer la vie démocratique.
L’oppression et l’exploitation prendront fin.
La liberté et la solidarité l’emporteront.
Le processus pour la Paix et la Société Démocratique sera couronné de succès.
TURQUIE / KURDISTAN – Un procureur turc exige des peines de prison pour sept journalistes et deux hommes politiques pour avoir protesté contre le meurtre des journalistes kurdes Nazim Daştan et Cihan Bilgin lors d’une frappe de drone turc au Rojava.
Journaliste poursuivis en justice pour avoir dénoncé le massacre de deux journalistes kurdes
Le 19 décembre 2024, les journalistes kurdes Nazim Daştan et Cihan Bilgin ont été assassinés lors d’une attaque de drone ciblée menée par l’État turc au sud de Kobanê. Tous deux travaillaient depuis de nombreuses années pour les médias kurdes et couvraient récemment depuis le front de l’Euphrate les attaques de l’armée turque et de l’alliance djihadiste SNA contre le Rojava, province autonome.
Deux jours plus tard, le 21 décembre, des associations de presse basées en Turquie ont voulu s’exprimer publiquement à Istanbul contre le meurtre de leurs collègues. Cependant, la police a empêché le rassemblement par la force et arrêté près de 60 personnes. Le lendemain, un tribunal d’urgence a ordonné l’incarcération de sept journalistes et de deux responsables politiques locaux du parti DEM.
Les journalistes Gülistan Dursun, Hayri Tunç, le journaliste du journal Yeni Yaşam Enes Sezgin, Osman Akın, Can Papila, la journaliste de l’agence de presse Etkin (ETHA) Pınar Gayıp et la journaliste de Mücadele Birliği Serpil Ünal, ainsi que deux hommes politiques, Hacı Ugiş et İmam Şenol, ont été placés en détention provisoire pour « faire de la propagande pour une organisation illégale » et « s’opposant à la loi n° 2911 sur les réunions et manifestations ».
La troisième audience de l’affaire contre neuf personnes s’est tenue jeudi au palais de justice d’Istanbul Çağlayan.
Deux policiers qui ont témoigné au procès ont affirmé que le bureau du gouverneur du district de Beyoğlu avait interdit la manifestation et qu’ils étaient donc intervenus contre le groupe rassemblé devant la municipalité de Şişli. Les policiers ont affirmé avoir lancé un avertissement avant leur intervention.
Dans son avis sur l’affaire, le procureur a demandé que chacun des neuf accusés soit condamné séparément pour « propagande pour une organisation interdite [PKK] » et « organisation d’une manifestation non autorisée ».
Alors que les avocats des journalistes ont demandé un délai pour répondre à l’avis, le tribunal a reporté l’audience à une date ultérieure. (ANF)
SYRIE – DAMAS – Les femmes alaouites sont des « servantes » ou des « criminelles »… En plein génocide alaouite, le ministre de la Culture du gouvernement de transition syrien, Mohammed Yassin Saleh, a provoqué une vague d’indignation suite à la diffusion d’une vidéo dans laquelle il tenait des propos offensants à l’encontre des femmes alaouites, rapporte l’agence kurde ANHA.
Dans la vidéo, le ministre a classé les femmes alaouites en deux groupes : « servantes » ou « criminelles », déclenchant une colère généralisée en ligne.
Un activiste a écrit : « Selon notre estimé ministre de la Culture, nos frères de confession alaouite sont soit des serviteurs, soit des criminels, sans autre option. »
Un autre a commenté : « La femme alaouite est un médecin, une enseignante, une ingénieure, Votre Excellence Monsieur le Ministre de la Culture, pas une femme de ménage ou quelqu’un qui a profité du régime pour réussir. »
Un autre utilisateur a plaisanté : « Être ministre de la Culture est trop petit pour vous ; vous devriez être ministre des Tendances pour les cinquante prochaines années. »
Un autre a déclaré : « Une fuite honteuse, humiliante et scandaleuse de la part du ministre syrien de la Culture. En termes simples, l’homme a déclaré que si votre mère n’était pas domestique dans un foyer sunnite, vous étiez un criminel. Selon sa classification : soit vous travaillez comme un domestique « honnête », soit vous êtes un criminel méritant la mort. »
Cette déclaration a été perçue comme un appel explicite à la violence et une tentative de renforcer une hiérarchie sectaire dégradante.
Ce ne sont pas les premières déclarations controversées du ministre. Auparavant, il avait suscité le débat en interrogeant des enfants syriens sur le poète Abou al-Ala al-Maari dans une vidéo, d’une manière que certains ont qualifiée de « moqueuse », compte tenu notamment des signes visibles de pauvreté sur le visage de l’enfant. (ANHA)
SYRIE / ROJAVA – « Comment les Kurdes sont-ils censés se défendre sans armes au Moyen-Orient, où ils sont entourés de nombreux ennemis et menacés quotidiennement ? », se demande la journaliste et activiste allemande d’origine kurde, Duzen Tekkal qui s’était rendue en juin dernier au Rojava / Syrie du Nord et d’Est où elle a rencontré notamment les commandants des FDS et des YPJ.
Tekkal raconte sa visite au Rojava et la situation délicate des Kurdes syriens menacés à la fois par des gangs jihadistes mais aussi par la Turquie voisine.
Tekkal accueillie par Mazlum Abdi et Rohilat Efrîn
Voici l’intégralité de la déclaration de Duzen Tekkal publié sur sont compte X (ancien Twitter) :
En juin, nous nous sommes rendus avec l’ONG Hawar dans la région du Nord -Est syrien / Rojava, administrée par les forces kurdes, afin d’obtenir un aperçu de la situation en matière de sécurité et de droits humains, ainsi que du processus de restructuration politique après le renversement d’Assad. Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Mazlum Abdi, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), forces armées dirigées par les Kurdes en Syrie, et Rohilat Efrîn, commandante en chef des Unités de défense des femmes (YPJ). Ils ont clairement indiqué que le désarmement était impossible dans la situation sécuritaire instable actuelle.
« L’existence du peuple kurde a été reconnue – l’objectif principal a ainsi été atteint », a annoncé le leader PKK Abdullah Öcalan dans son message vidéo diffusé hier depuis la prison d’Imrali, le premier depuis 1999. Il a réaffirmé la mesure prise en février pour mettre fin à la lutte armée du Parti des travailleurs du Kurdistan contre la Turquie. Il a poursuivi sur la voie qu’il avait tracée : trouver des solutions au conflit qui dure depuis des décennies entre la Turquie et les Kurdes par des moyens diplomatiques et politiques. [Aujourd’hui], une cérémonie solennelle est prévue à Silemanî/Sulaymaniyah, au cours de laquelle le PKK déposera enfin les armes. Une étape historique ! Mais l’appel d’Öcalan s’applique-t-il également aux organisations syriennes liées au PKK, qui, entre autres, contrôlent l’EI dans la région et doivent également se défendre contre d’autres groupes djihadistes depuis 2012 (dont HTS, dont est issu le nouveau dirigeant syrien, Ahmad al-Sharaa) et depuis 2017, et de plus en plus depuis l’hiver 2024, contre la Turquie et ses armées mandataires en Syrie ?
Abdi et Afrin soulignent que le Rojava doit être capable de se défendre jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé avec le gouvernement intérimaire de Damas sur la nouvelle architecture de sécurité. Les forces kurdes sont prêtes à intégrer l’Armée nationale syrienne en cours de création. Dès mars 2025, Abdi déclarait : « Si la paix est rétablie en Turquie, il n’y aura plus d’excuse pour nous attaquer ici en Syrie. »
Düzen Tekkal est une journaliste, auteure, correspondante de guerre, documentariste, cinéaste et militante des droits humains allemande d’origine kurde-yézidi (Êzdî). Elle est également fondatrice de l’ONG Hawar
TURQUIE / KURDISTAN – Une délégation de journalistes, de personnalités politiques, des responsables du parti politique kurde DBP et de membres de la société civile a quitté Diyarbakır (Amed) pour le Kurdistan du Sud afin d’assister à une cérémonie au cours de laquelle un groupe de combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), déposera symboliquement les armes.
La cérémonie de vendredi doit avoir lieu dans la ville de Ranya, près de Souleimaniye. Plusieurs combattants du PKK devraient déposer symboliquement leurs armes en réponse à l’appel lancé par leur chef emprisonné Abdullah Öcalan en février et comme il l’avait annoncé en mai.
La délégation, composée d’environ 150 personnes voyageant à bord de quatre cars, passera la nuit à Erbil (Hewler) avant de poursuivre sa route vers Souleimaniye. Elle devrait assister à la cérémonie à Ranya vendredi.
Les derniers préparatifs de la cérémonie auraient été finalisés suite à un message vidéo du chef du PKK emprisonné Öcalan, diffusé depuis la prison de l’île d’İmralı.
Lors de sa première apparition publique en 26 ans, Öcalan a déclaré dans une vidéo que le conflit armé du groupe contre la Turquie était terminé et a appelé à la fin de la lutte armée au profit d’un passage à une politique démocratique.
Dans l’enregistrement, daté de juin et publié mercredi par l’agence de presse Firat News, Öcalan a exhorté le parlement turc à créer une commission pour superviser le démantèlement du PKK et gérer un processus de paix plus large.
L’Union des communautés du Kurdistan (KCK), l’organisation faîtière kurde, a annoncé qu’elle honorerait l’appel d’Öcalan mais a émis un avertissement, déclarant : « Il faut comprendre que le processus n’avancera pas unilatéralement ou seulement par des mesures prises par nous. »
Les organisateurs ont déclaré que la presse ne serait pas autorisée à filmer l’événement. Des images officielles seront distribuées aux journalistes après la cérémonie.
La délégation comprend des personnalités politiques de premier plan et des représentants d’organisations kurdes. Parmi eux figurent les coprésidents du DEM Parti, Tülay Hatimoğulları et Tuncer Bakırhan, les coprésidents du Parti des régions démocratiques (DBP), Çiğdem Kılıçgün Uçar et Keskin Bayındır ; Halide Türkoğlu, porte-parole de l’Assemblée des femmes du DEM Parti ; Zeynel Kete, coprésident des Associations démocratiques alévies DAD (en kurde: Komeleyên Elewiyan a Demokratîk ; Ekin Yeter, coprésidente de l’Association des avocats pour la liberté ÖHD ; et des représentants de la Fédération des associations juridiques et solidaires des familles de détenus et de condamnés (en turc: Tutuklu ve Hükümlü Aileleri ile Dayanışma Derneği, TAYAD).
« Nous ne porterons plus de cercueils sur nos épaules, mais la paix »
S’exprimant lors d’une réunion à la sortie de Cizre, le coprésident du parti démocrate-chrétien (DEM), Tuncer Bakırhan, a répondu aux questions des journalistes et a déclaré : « Nous sommes très enthousiastes. Une étape importante est franchie vers la fin du conflit et de la violence qui ont débuté il y a 50 ans. Ce processus est à la fois historique et précieux. Chacun ici sera témoin de ce moment. Cette évolution restera dans l’histoire. Ceux qui en seront témoins prendront également leur place dans l’histoire. C’est un début et cela nous impose à tous une grande responsabilité. Si nous assumons cette responsabilité, nous ne porterons plus les cercueils de la jeunesse sur nos épaules, mais la paix. En tant que le Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples, nous ferons notre part. Nous attendons de chacun qu’il accomplisse son devoir. »
Ali Fuat Önder, frère de Sırrı Süreyya Önder, membre de la délégation d’Imralı décédé en mai, fait également partie des personnes se rendant à Souleimaniye. Önder a exprimé ses sentiments en ces termes : « Je suis reconnaissant à tous ceux qui ont contribué à mener ce processus à son terme. La paix était le plus grand idéal de mon frère dans sa vie politique. Malgré tous les obstacles, il est resté déterminé dans sa quête de paix. Malheureusement, il n’a pas pu assister à ce moment historique. La paix apportera de la joie à son âme. Cette paix sera précieuse pour tous les habitants de ce pays. J’espère que tout se passera bien. Mon seul souhait est que nous vivions tous ensemble une paix absolue. »
Mele Kasım Yiğit, venu saluer le départ de la délégation, a exprimé ses sentiments : « J’en rêve depuis 50 ans. Aujourd’hui, nos espoirs se concrétisent peu à peu. Les Kurdes sont un peuple opprimé et aspirent à vivre librement. Le prix à payer est lourd. Aujourd’hui, la réalisation de notre rêve, vieux de 50 ans, suscite un vif enthousiasme parmi nous. Nous avons confiance dans les efforts de M. Öcalan. La délégation se rend au Bashur (Kurdistan du Sud) pleine d’espoir. Si Dieu le veut, tous les peuples pourront respirer librement. »
Asya Tay, porte-parole de l’Assemblée des Mères de la Paix de Silopi, a délivré le message suivant : « Nous saluons tous ceux qui ont pris le chemin de la paix. Il est essentiel que le message de paix délivré à l’appel du dirigeant soit bien compris par le monde entier. Parmi celles qui ont pris le chemin de la paix figurent des mères. Ces mères réclament la paix depuis des années. Elles vont retrouver leurs enfants. Que leur chemin soit ouvert. Que leur départ soit couronné par une paix honorable. »
La délégation s’est dirigée vers le poste frontière de Khabour à Silopi pour traverser le sud du Kurdistan (nord de l’Irak). (ANF)
PARIS – La journaliste révolutionnaire, Zehra Kurtay est en grève de la faim illimitée contre la révocation de son statut de réfugiée politique. La France va-t-elle réparer son erreur ou prendre le risque d’être responsable de la mort d’une femme innocente ayant échappé à la barbarie turque ?
La journaliste révolutionnaire réfugiée en France en 2007, Zehra Kurtay est arrêtée en 2008 par les autorités françaises pour avoir distribué le journal révolutionnaire turc « Kurtuluş », dont elle fut rédactrice quand elle vivait à Istanbul dans les années 1990. Elle est condamnée en 2012 à cinq ans de prison pour « financement d’une organisation terroriste [THKP-C*] ». A cause de sa santé fragile due à des séquelles d’une grève de la faim qu’elle avait menée en Turquie où elle a passé plus de 9 ans en prison pour ses idées révolutionnaires, Kurtay est libérée en 2016, après 4 ans d’emprisonnement.
En 2018, les autorités françaises révoquent le statut de réfugié politique accordé à Zehra Kurtay qui ne l’apprendra que 2 ans et demi plus tard (en 2021), quand elle voudra renouveler sa carte de séjour de 10 ans. Alors, Elle installe un stand dans une rue du quartier de Strasbourg-Saint-Denis, à Paris, pendant 2 ans et demi. Ainsi, elle pourrait avoir des récépissés provisoires de séjours renouvelables tous les trois mois jusqu’en 2024. Le 26 mai 2025, lorsqu’elle se rend à la préfecture de Val de Marne, Elle est arrêtée et se trouve sous le coup d’une procédure d’obligation de quitter le territoire français (OQTF). Elle apprend qu’avant même son arrestation, la préfecture de Val-de-Marne où elle à habite, a contacté le consulat turc et obtenu un laissez – passer permettant son extradition vers la Turquie où elle est toujours sur la liste grise d’individus recherchés pour terrorisme !
Détenue au Centre de Rétention Administrative d’Oissel, Zehra Kurtay a été libérée sous contrôle judiciaire six jours plus tard grâce à la mobilisation des militants internationalistes.
Le 17 juin, Zehra Kurtay a eu deux procès : l’un pour annuler l’extradition vers la Turquie et la deuxième pour annuler le contrôle judiciaire. Mais elle n’a toujours pas de titre de séjours, elle doit se présenter tous les jours au commissariat et menacée d’extradition vers un pays.
Devant tant d’injustices, Zehra Kurtay a entamé une nouvelle grève de la faim le 3 juillet dernier et installé une tente à la Porte de Saint-Denis à Paris (boulevard Saint-Denis, 75010 Paris) où un collectif de militants l’épaule tandis que de simples passants viennent écouter l’histoire invraisemblable d’une féministe révolutionnaire ayant résisté au fascisme turc et qui est prête à mourir pour obtenir justice pas uniquement pour elle mais avant tout pour les laissés-pour-compte de la société, les étrangers, les victimes du racisme…
Zehra Kurtay est atteinte du syndrome de Wernicke-Korsakoff (SWK), maladie neurodégénérative provoquée par une grave carence en thiamine (vitamine B1), provoquée par sa grève de la faim qu’elle avait menée alors dans les geôles turques, la santé de Zehra Kurtay est très affaiblie. Elle souffre de nombreux maux, dont des problèmes d’amnésie, d’équilibres, de vue. Une nouvelle grève de la faim pourrait être fatale pour Kurtay, si les autorités françaises tardent à répondre à ses demandes de justice.
Par ailleurs, une pétition a été lancée par le comité de soutien à Zehra Kurtay (lien de la pétitition est ici) :
PÉTITION – Justice Pour Zehra Kurtay !
À l’attention de la préfecture du Val-de-Marne et de l’OFPRA
Zehra Kurtay, journaliste et militante antifasciste turque, est aujourd’hui menacée d’expulsion par les autorités françaises. La France lui refuse l’asile politique, malgré les risques évidents qu’elle encourt en cas de retour dans son pays d’origine.
Face à cette injustice, Zehra Kurtay a entamé une grève de la faim le 2 juillet 2025. Elle se bat pour faire valoir ses droits fondamentaux.
Nous, signataires de cette pétition, exigeons : 1. L’octroi immédiat de l’asile politique à Zehra Kurtay 2. L’annulation de la décision d’expulsion vers un pays tiers
Refuser l’asile à une opposante politique en danger, c’est bafouer les droits fondamentaux.
Nous exigeons que les demandes de Zehra Kurtay soient acceptées !
Soutenez-la. Signez. Partagez. Mobilisez-vous.
*Le Parti-Front de libération des peuples de Turquie (turc : Türkiye Halk Kurtuluş Partisi-Cephesi, THKP-C)
IRAN / ROJHILAT – Arrestations massives, torture, exécutions… les partis et formation politiques du Kurdistan sous l’occupation iranienne sont catastrophés face à l’intensification de la répression ciblant les militants politiques et les civils à la suite de la récente guerre Iran-Israël et mettent en garde contre une répétition du massacre de milliers de prisonniers politiques commis par le régime durant l’été 1988.
Dans un communiqué commun publié par huit formations politiques et associatives du Kurdistan oriental, on signale qu’« avec l’annonce d’un cessez-le-feu dans la guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël, la République islamique a lancé une nouvelle vague de répression, caractérisée par des arrestations arbitraires, des poursuites et des condamnations à mort, en particulier au Kurdistan, mais aussi dans tout le pays. »
La déclaration, dont l’agence ANHA a reçu une copie, indique que les services de sécurité iraniens ont créé un environnement dangereux pour les prisonniers politiques en portant contre eux des accusations fabriquées et en les poursuivant, tandis que la loi sur « l’espionnage » est examinée par le parlement et le pouvoir judiciaire pour renforcer la répression légale.
Les organisations kurdes ont signalé que le nombre de détenus a dépassé le millier, tandis que le rythme des exécutions s’accélère. Le communiqué mentionne l’exécution d’Idris Ali, Azad Shojaei et Rasoul Ahmed, trois kolbars (colporteurs de marchandise transfrontalière) kurdes, accusés de « collaboration avec Israël ». Parallèlement, plusieurs prisonniers kurdes, notamment ceux de Bukan, sont sous la menace d’une exécution imminente après avoir été condamnés à mort il y a trois ans.
Les partis et organisations ont souligné que le régime iranien recourait systématiquement à la répression interne chaque fois qu’il échouait face aux crises extérieures. Ils ont expliqué que l’absence persistante de réponses nationales et internationales fortes pourrait ouvrir la voie à une répétition de la tragédie de 1988, lorsque des milliers de prisonniers politiques avaient été exécutés après le cessez-le-feu avec l’Irak.
Appel à l’action internationale
Le communiqué met en garde contre les risques croissants qui pèsent sur les militants politiques et civils, en particulier les prisonniers politiques, et appelle la communauté internationale à agir d’urgence. L’appel s’adresse spécifiquement à la Rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les droits humains en Iran, Mai Sato, aux centres et organisations internationaux de défense des droits humains, ainsi qu’à l’opinion publique mondiale.
Le communiqué appelle à « s’opposer à cette politique répressive et inhumaine par tous les moyens et à ne pas permettre au régime iranien de continuer à commettre des crimes contre ceux dont le seul crime est de revendiquer leurs droits politiques, civils et humains ».
Il a également appelé les partis et organisations politiques iraniens, ainsi que les militants iraniens et kurdes à l’étranger, à « élever la voix à travers des événements et des réunions, en solidarité avec les prisonniers politiques et en soutien à un mouvement de protestation national et kurde capable de briser le silence et d’ouvrir un nouvel horizon de lutte démocratique dans le pays ».
Partis et formations politiques signataires du communiqué :
SYRIE / ROJAVA – Les Syriens, principalement les Kurdes, accusent l’envoyé américain en Syrie, Thomas Barrack d’avoir outrepassé son rôle d’émissaire neutre. Ils le considèrent comme « complice et partial », servant les intérêts régionaux [notamment de la Turquie] au détriment des ententes internes syriennes.
Des militants syriens et des observateurs de la situation syrienne ont condamné les récentes déclarations de Thomas Barrack, l’Ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial du président américain Donald Trump en Syrie. Ce dernier affirme que le fédéralisme est impossible en Syrie, que le nord-est de la Syrie tarde à négocier avec le gouvernement de transition et que les Forces démocratiques syriennes n’ont qu’une seule voie : Damas. Ils estiment que ces déclarations outrepassent le rôle de médiateur neutre de l’envoyé et le placent dans une position partiale, voire complice, au détriment des efforts de rapprochement et de consensus entre les Syriens.
Dans ce contexte, Rami Abdul Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, a déclaré : « L’expérience de Paul Bremer est irréprochable en Syrie. Si vous êtes véritablement attaché à la stabilité et à l’unité du pays, votre rôle doit être celui d’un médiateur honnête, et non celui d’un acteur faisant obstacle aux accords entre Syriens. »
S’adressant à l’envoyé américain, il a ajouté : « Les choses évoluaient vers une véritable entente, jusqu’à vos récentes déclarations, qui ont brouillé la situation et nous ont peut-être ramenés à la première étape. »
De son côté, l’écrivain et analyste kurde Shorsh Darwish estime que la déclaration de Barak n’est pas nouvelle, mais plutôt une réitération de ce que les Kurdes eux-mêmes disent depuis des décennies, concernant l’idée que la solution à la question kurde passe par Damas.
Darwish a déclaré : « Les propos de Tom Barrack sont évidents pour les Kurdes de Syrie, qui affirment depuis les années 1950 que leur problème serait résolu à Damas et avec Damas. Mais imaginons un homme d’apparence digne et sage émettant une fatwa sur la politique américaine et déclarant : les élections sont la seule option pour les Américains pour choisir leur président ! »
En réponse directe, l’analyste politique et ancien conseiller américain, Walid Phares, a tweeté : « Le fédéralisme fonctionne en Amérique, au Canada, en Suisse, en Belgique, en Irak et aux Émirats… et il fonctionnera également en Syrie et au Liban. »
L’activiste Delbarin Kobani a posé une question pertinente : « Un envoyé américain ? Ou un porte-parole de l’occupation turque ? » Il a souligné que les déclarations de Barrack contre le projet fédéral dans le nord et l’est de la Syrie « ne reflètent rien d’autre qu’une mentalité coloniale malsaine ».
Il a poursuivi : « Monsieur l’Envoyé, les peuples de la région ont décidé de leur sort de leur plein gré. Ils n’ont besoin ni de l’autorisation de votre ambassade ni du visa de votre ministère. Le fédéralisme est un projet né du sang et du sacrifice, et non un accord négocié par des voies diplomatiques corrompues. »
Dans le même contexte, l’activiste de la société civile Kabar Judy a détaillé les positions de Barak, écrivant : « Non, Thomas Barak ne montre aucun amour sincère pour la cause kurde ou les FDS. Au contraire, ses positions indiquent un rejet du fédéralisme kurde, une volonté d’intégration forcée et une adoption d’une vision turque : du fait qu’il est également ambassadeur en Turquie, il s’efforce de plaire à Ankara au détriment de la cause kurde, ignorant les sacrifices des FDS. »
Elle a poursuivi : « Barak ne soutient pas un avenir politique indépendant pour les Kurdes en Syrie, et ne reconnaît pas les Forces démocratiques syriennes comme une force indépendante légitime. Ses actions servent les intérêts du gouvernement de transition et de la Turquie, et contredisent les aspirations d’un peuple qui a fait des sacrifices pour protéger son territoire et construire son projet politique. »
Ainsi, les observateurs estiment que l’envoyé américain a outrepassé son rôle supposé de pont de dialogue entre les Syriens, devenant davantage un « entrepreneur politique », redessinant la carte du conflit pour servir les intérêts régionaux, et non les intérêts d’un peuple las de la guerre qui cherche à construire une paix stable qui garantisse ses droits et son identité. (ANHA)
SYRIE / ROJAVA – Hier, à l’issus d’une réunion entre les représentants du Nord et de l’Est de la Syrie et les responsables du gouvernement de transition syrien, à laquelle ont assisté l’Envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie, Thomas Barrack, et le Chargé d’affaires français en Syrie, Jean-Baptiste Faivre, Thomas Barrack a déclaré au micro de Rudaw TV que le Fédéralisme exigé par les Kurdes syriens « ne fonctionnerait pas en Syrie* ». Il propose aux Kurdes de se rendre aux gangs jihadistes de HTC les mains et les poings liés pour être massacrés comme les Alaouites, les Chrétiens et les Druzes, alors qu’ils ont obtenu une autonomie locale en sacrifiant plus de 14 000 jeunes femmes et hommes face aux terroristes de DAECH / ISIS et de la Turquie colonialiste.
L’homme politique et porte-parole du parti Avenir de la Syrie a déclaré que l’essence de la crise syrienne réside dans « la forme du régime au pouvoir, fondée sur une centralisation absolue, et non pas seulement sur ses individus ». Il a souligné que le peuple syrien a le droit de déterminer un système de gouvernement compatible avec sa nature pluraliste.
Le peuple syrien, avec toutes ses diverses composantes et cultures, a le droit d’être un partenaire efficace dans la construction de l’avenir de son pays à travers un système politique démocratique qui permet à tous, femmes, jeunes, groupes ethniques et religieux, de contribuer à l’élaboration des politiques, à la gestion des ressources et au développement du système judiciaire, de l’économie et de la société, restaurant ainsi le rôle culturel et historique de la Syrie dans la région et dans le monde.
Concernant les obstacles à cela, le porte-parole officiel du parti Avenir de la Syrie, Iyad al-Khatib, a déclaré à l’agence ANHA : « Le parti Baas a dirigé la Syrie pendant des décennies, depuis son arrivée au pouvoir en 1963. Il a adopté une centralisation absolue qui a limité tous les pouvoirs et les décisions cruciales au chef du régime, bénéficiant de la mentalité baasiste et autoritaire. »
Il a souligné que cette approche a privé le peuple syrien de sa volonté et de son rôle effectif dans la participation politique et la prise de décision, que ce soit en matière de guerre et de paix ou de politiques économiques, sociales et de subsistance.
Al-Khatib a attribué l’explosion de la situation en Syrie, à partir des événements de 2011, à ces politiques qui ont marginalisé la population et l’ont privée de son rôle sur la scène politique. Il a souligné que c’était le pouvoir en place qui avait privé le peuple de sa dignité.
Il a également averti que remplacer une personne par une autre au sein d’un même système centralisé, comme cela se produit lorsque le pouvoir est transféré de père en fils, ne change rien et conduit au renouvellement de la même dictature.
Les désastres de la monopolisation et du totalitarisme
Al-Khatib a également expliqué que la perpétuation du système de parti unique (le parti Baas), l’obligation d’y adhérer pour obtenir un poste ou un emploi, et le monopole de la famille Assad sur le pouvoir et la prise de décision, ont conduit à des catastrophes économiques et sociales et à des crises dans l’environnement régional syrien, où le régime avait le contrôle exclusif des décisions concernant la paix, la guerre et les relations internationales.
Il a qualifié les institutions démocratiques formelles, telles que l’Assemblée du peuple, d’« inefficaces ».
La vision de l’avenir de la Syrie : pluralisme et décentralisation
Al-Khatib a souligné que la solution à la crise syrienne, selon la vision du parti Avenir de la Syrie depuis sa fondation en 2018, réside dans la transition d’une « centralisation absolue » vers une « Syrie pluraliste, démocratique et décentralisée ».
Il a souligné que ce changement fondamental dans la forme du gouvernement est la seule garantie de la participation de toutes les composantes syriennes à la prise de décision et à la construction de l’avenir.
Il a expliqué que la décentralisation signifie donner aux populations et aux communautés locales les moyens de gérer leurs régions et leurs ressources économiques, et de construire leurs systèmes judiciaires, économiques et sociaux, tout en activant le rôle de tous les groupes, « en commençant par les communes », et en impliquant les femmes et les jeunes après des décennies de marginalisation et d’exclusion.
Un droit historique et civilisationnel
Al-Khatib a conclu son propos en soulignant que l’ancien peuple syrien, avec sa vaste histoire culturelle et qui a exporté des civilisations, des langues et des cultures, a le droit à un système de gouvernement cohérent avec sa nature pluraliste.
Il a souligné que le rétablissement du rôle actif du peuple dans la définition du destin de la Syrie est non seulement essentiel pour les affaires intérieures du pays, mais aura également un impact positif sur l’ensemble de la région, réaffirmant l’empreinte historique du peuple syrien au Moyen-Orient et dans le monde. (ANHA)
*L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a déclaré à Rudaw qu’en Syrie et dans l’Irak voisin, « le fédéralisme ne fonctionne pas », tout en critiquant les FDS dirigées par les Kurdes pour leur « lenteur » dans les négociations avec le gouvernement de Damas.
FEMINICIDES. En six mois, les hommes ont tué au moins 136 femmes, en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays. Par ailleurs, au moins 145 autres décès de femmes sont suspectés d’être des féminicides.
La plateforme Nous stopperons les féminicides (Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu – KCDP) a rapporté que 136 femmes ont été tuées par des hommes au cours des six premiers mois de 2025, un chiffre inférieur au nombre de femmes assassinées au cours de la même période l’année dernière.
La plateforme KCDP a publié lundi son rapport semestriel sur le nombre de femmes tuées par des hommes au cours des six premiers mois de 2025 ainsi que sur 145 autres décédées dans des circonstances suspectes.
Les derniers chiffres montrent une baisse des féminicides par rapport à 2024. En 2024, au moins 394 femmes ont été tuées par des hommes, dont 205 au cours des six premiers mois. Le nombre total de femmes tuées en 2023 s’élevait à 315.
La porte-parole de la plateforme, Esin İzel Uysal, a déclaré que les données révèlent l’ampleur des « violations du droit à la vie », ajoutant que les politiques du gouvernement au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), qui donnent la priorité à la famille plutôt qu’à la sécurité des femmes, laissent les femmes confrontées à la mort.
Les meurtres de cette année ont eu lieu alors que le gouvernement turc a déclaré 2025 Année de la famille, le ministère de la Famille et des Services sociaux organisant des événements tout au long de l’année pour promouvoir les valeurs familiales traditionnelles et le bien-être de l’enfant.
Cependant, les militantes des droits des femmes ont déclaré que le programme renforce les rôles domestiques traditionnels plutôt que de répondre aux défis auxquels les femmes sont confrontées à la maison et sur le lieu de travail.
La maison et la famille, lieux de tous les dangers
Selon le rapport, 65 % des victimes ont été assassinées à leur domicile et 60 % par des membres de leur famille. L’arme la plus fréquemment utilisée était une arme à feu, 57 % des femmes ayant été tuées par balle.
Uysal a souligné le rôle croissant des ventes d’armes non réglementées, citant le cas d’Helin Palandöken, 17 ans, abattue en 2017 avec un fusil de chasse acheté en ligne. « L’incapacité du gouvernement à contrôler l’accès aux armes coûte des vies », a-t-elle déclaré.
Échecs de la protection et de la justice
Uysal a également critiqué l’application des lois de protection en Turquie, soulignant que plusieurs femmes avaient demandé de l’aide en vertu de la loi n° 6284, qui impose des mesures de protection pour les personnes à risque, avant d’être assassinées. « Ces femmes se sont tournées vers l’État et ont dit « Protégez-moi », mais aucune protection significative n’est venue », a-t-elle déclaré.
« Même neuf femmes sous protection de l’État ont été tuées », a-t-elle déclaré.
Le rapport souligne également l’impunité généralisée dont bénéficient les auteurs de violences conjugales. « Dans de nombreux cas, les auteurs sont libérés sans interrogatoire ou acquittés par le tribunal. Cela envoie un message dangereux : tuer une femme est sans conséquence », a averti Uysal.
La Convention d’Istanbul et l’inégalité des sexes
Uysal a déclaré que les efforts visant à abroger la loi n° 6284 et la promotion par le gouvernement turc de « politiques centrées sur la famille » ont encore davantage mis en danger les femmes. « Déclarer une “Année de la famille” et écarter les femmes de la vie publique ne fait qu’alimenter les inégalités entre les sexes », a-t-elle déclaré. « Sans démanteler cet état d’esprit, les meurtres ne cesseront pas. »
Elle a également critiqué l’exclusion des femmes du marché du travail, soulignant que près de 20 millions de femmes ne sont pas comptabilisées dans les statistiques de l’emploi et que de nombreuses jeunes femmes ne travaillent pas et ne sont pas scolarisées.
« La Convention d’Istanbul demeure une norme internationale contraignante pour la Turquie », a déclaré Uysal, malgré le retrait de la Turquie de la convention. « Si nous voulons mettre fin aux féminicides, nous devons la mettre pleinement en œuvre. »
Malgré l’opposition de la communauté internationale et des groupes de défense des droits des femmes, le président Recep Tayyip Erdoğan a décidé le retrait de la Turquie de la convention en mars 2021. Le traité exigeait des gouvernements qu’ils adoptent une législation poursuivant les auteurs de violences domestiques et d’abus similaires, ainsi que de viols conjugaux et de mutilations génitales féminines.
La Turquie s’est officiellement retirée de la Convention d’Istanbul en juillet 2021.
Erdoğan avait alors affirmé que le traité avait été « détourné par un groupe de personnes tentant de normaliser l’homosexualité », ce qui, selon lui, était « incompatible » avec les « valeurs sociales et familiales » de la Turquie.
Les familles s’expriment
Les familles des victimes se sont jointes à la plateforme pour réclamer justice. Hüsniye Yıldırım, dont la fille Aysun est décédée des suites d’une chute suspecte en 2018, a déclaré que les procureurs avaient négligé l’affaire. « Ils changent constamment de direction. Les dossiers sont classés. Mais nous ne marcherons pas seuls. »
La militante Şirin Yalıcakoğlu a évoqué une tendance à classer les morts suspectes comme des suicides. « On raconte que des femmes se sont pendues dans des logements de police, des voitures, voire des toilettes. Mais il s’agit clairement de meurtres », a-t-elle déclaré. « Les auteurs sont en liberté, tandis que les familles attendent que justice soit faite. »
Un rapport de Human Rights Watch (HRW) de 2022 a critiqué l’approche de la Turquie face aux violences faites aux femmes, soulignant que le gouvernement présente le problème de manière paternaliste, considérant les femmes comme ayant besoin de protection plutôt que de promouvoir l’égalité des sexes. Emma Sinclair-Webb, de HRW, a souligné que cette approche compromet les efforts visant à lutter efficacement contre les violences sexistes.