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Comment construire la paix ?

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TURQUIE / KURDISTAN – La paix n’est pas seulement le silence des armes, mais la fin de la peur et de la colère, rendue possible par la vérité, la justice et la participation authentique de la société, écrit le journaliste kurde Hüseyin Salih Durmuş dans l’article suivant.

« Défendre la paix est le plus grand combat : c’est le combat pour réprimer, chez les autres comme en soi-même, les pulsions grossières de l’ambition et les désirs instinctifs de violence, et le combat pour résister à la honte de ces forces de la barbarie qui prétendent être les gardiennes de la soi-disant civilisation. »

Jean Jaurès, janvier 1914

Jean Jaurès (1859-1914), l’une des figures marquantes du mouvement socialiste français, était connu pour ses positions pacifistes et pour avoir dénoncé l’injustice de l’affaire Dreyfus impliquant un officier juif. Le 31 juillet 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, il fut assassiné par un nationaliste.

Ses propos, placés aux côtés du numéro spécial de juin du Monde diplomatique [Manière de Voir], dont la couverture est « Comment faire la paix ? », révèlent une vérité commune : la paix ne naît jamais dans une sérénité toute faite.

Une sculpture en forme de trône, construite à partir de vieux fusils et de canons, nous rappelle cette réalité : la paix ne peut être construite au milieu des ruines, des traumatismes et de l’incertitude, qu’avec volonté et courage.

Comment faire la paix – la Une du magazine Manière de Voir – juin, juillet 2025 – supplément de Le Monde Diplomatique

Aujourd’hui, les débats sur la paix qui émergent en Turquie prennent forme au cœur de cette dure réalité. Le fardeau le plus lourd d’un nouveau processus de paix ne repose pas sur le peuple, mais sur les parties impliquées, et en premier lieu sur l’État. Car les tentatives insincères tout au long de l’histoire de la République n’ont pas été oubliées. Le peuple kurde a vu la paix promise à maintes reprises, puis refusée à maintes reprises.

Tout récemment, des guérilleros tombés au combat ont été rendus à leurs familles dans des sacs poubelles, des villages ont été incendiés, et les cas non résolus de disparitions et d’exécutions extrajudiciaires restent une mémoire vivante. Tout processus qui s’ouvre sans justice, sans la reconnaissance de la vérité, se transforme en une épreuve humiliante et douloureuse pour les populations.

La paix ne s’enracine pas dans l’oubli, mais dans la confrontation et l’instauration de la justice. Rappeler cette réalité est une obligation.

Un article publié le 2 août par le média Numedya24, intitulé « Observations sur le processus de paix à Serhat », a montré comment cette fragilité est ressentie encore plus durement dans les régions frontalières comme Serhat et Hoçvan.

Faik Bulut a observé que les villageois et les structures locales tentent de participer au processus en répondant à leurs besoins quotidiens, comme l’agriculture, l’élevage et les soins de santé. Pourtant, malgré l’espoir, ils nourrissent un profond sentiment de méfiance. L’absence de mesures concrètes de la part de l’État après la cérémonie d’incendie soulève une question cruciale : « Est-ce sincère cette fois-ci ? »

Le message du peuple est clair : le peuple kurde aspire déjà à la paix. L’enjeu n’est pas de le convaincre, mais de répondre à cette volonté par un courage politique et des mesures concrètes.

À ce stade, l’impact limité des milliers de réunions organisées par le parti démocrate-démocrate (DEM) devient évident. Les observations sur le terrain indiquent que ces réunions se déroulent souvent de manière hiérarchique et sans préparation, ce qui restreint la liberté d’expression.

Ce qui sera décisif ne sera pas le nombre de réunions, mais la force des symboles authentiques. Aucun rassemblement ne peut avoir le même impact que celui de Besê Hozat [une cadre du PKK ayant dirigé 30 combattant.e.s du PKK ayant déposé les armes en juillet dernier au Kurdistan irakien], qui a mis le feu aux poudres et s’est personnellement impliquée dans le processus. Il est évident que les structures organisationnelles du Mouvement pour la Liberté ne peuvent se substituer à l’initiative et à l’influence créées sur le terrain.

À la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM), une commission a été créée sous le titre « Solidarité nationale, Fraternité et Démocratie » dans le cadre de l’objectif d’une « Turquie sans terreur ». Pour l’instant, cela est présenté comme une étape majeure.

Pourtant, les archives de la TBMM révèlent une histoire lourde, jalonnée de meurtres non élucidés, d’incendies de villages et de disparitions forcées, survenus bien avant la naissance de certains membres actuels de la commission. L’ouverture de ces archives, conservées sous l’autorité du président de l’Assemblée, Numan Kurtulmuş, révélera que le premier meurtre non élucidé connu de notre histoire récente est celui de l’enseignant Sıddık Bilgin, torturé et assassiné. L’incident inventé impliquant le major Ali Şahin a également été révélé à l’époque, et grâce aux protestations persistantes des députés du Parti populiste social-démocrate (SHP), le sujet a été inscrit à l’ordre du jour parlementaire après plusieurs jours de manifestations.

Les efforts visant à apaiser les blessures profondément symboliques, comme l’audition des témoignages de personnalités comme Eren Keskin et Ercan Kanar, témoins consciencieux et dévoués des années 1990, même si la pleine responsabilité n’est pas recherchée, pourraient constituer des mesures simples mais cruciales pour surmonter la crise de confiance actuelle. Là où la population adhère déjà à la paix, la véritable question est de savoir si la volonté et le courage politiques existent.

Dans le même numéro du Monde diplomatique, Serge Halimi décrit avec acuité la gauche européenne comme une masse « désarmée », soit s’alignant sur le discours des puissances dominantes face à la guerre, soit sombrant dans le silence. Selon lui, cette gauche a perdu son indépendance et en est venue à approuver de fait les politiques des gouvernements auxquels elle s’opposait autrefois.

En Turquie, de nombreux milieux, souvent qualifiés de « gauche », connaissent un sort similaire. Enfermés dans les limites d’un discours étatique, évitant une véritable confrontation avec la question kurde ou se repliant sur une rhétorique démocratique abstraite sous prétexte d’« éviter la crise », ces milieux ne parviennent pas à répondre avec courage politique à la volonté de paix déjà présente au sein de la population.

Comme l’a averti Jean Jaurès, si la plus grande lutte pour la paix consiste à supprimer les pulsions grossières chez les autres et en nous-mêmes, alors le premier ennemi que la gauche en Turquie doit surmonter est sa propre peur et sa propre soumission.

Comme le rappelle Benoît Bréville dans la même revue, la plupart des guerres ne se terminent pas par une victoire absolue, mais par des accords négociés qui, aussi fragiles et incomplets soient-ils, mettent fin à la violence. Les analogies historiques sont souvent invoquées pour exacerber les tensions ; pourtant, une paix véritable ne peut se construire sur des impositions unilatérales, mais seulement autour d’une table où les deux parties partagent le fardeau et la responsabilité.

Le processus de paix en Turquie ne peut s’enraciner que grâce à une telle compréhension. Ce qui est à rechercher n’est pas la victoire, mais une négociation équitable.

Pendant la guerre civile libérienne, sous la direction de Leymah Gbowee, des milliers de femmes d’origines ethniques et religieuses diverses se sont rassemblées au sein du mouvement « Femmes pour la paix ». Après des années de violence, les femmes ont exprimé leur revendication de paix sur les marchés, dans les églises, les mosquées et dans les rues ; elles ont forcé les dirigeants politiques à s’asseoir à la table des négociations.

Les mots de Gbowee restent frappants : « Nous avons rappelé aux hommes en quête de pouvoir qui étaient les véritables maîtres du pays. » En Turquie aussi, la volonté de paix existe déjà au sein de la population, notamment parmi les femmes. Ce qui manque, c’est une représentation courageuse de cette volonté au plus haut niveau politique.

La paix n’est pas seulement le silence des armes, mais aussi la fin de la colère et de la peur. Une paix juste n’est possible que par l’acceptation de la vérité, l’instauration de la justice et la participation réelle de la société au processus.

En fin de compte, comme par le passé, ce processus rappelle à notre génération sa responsabilité avec les mots de Frantz Fanon, boussole à la fois théorique et pratique dans la lutte pour la liberté contre le colonialisme : « Chaque génération doit, dans une relative obscurité, découvrir sa mission ; l’accomplir ou la trahir. » (ANF)

SYRIE. Une poursuite nocturne se termine par la mort de deux membres des Asayish

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SYRIE / ROJAVA – Deux membres des Forces de sécurité intérieure (en kurde : asayîş) ont été tués, ainsi qu’un homme recherché, lors d’une opération de poursuite menée par les forces de sécurité la nuit dernière dans le quartier du complexe gouvernemental de la ville de Raqqa. L’opération a eu lieu après la surveillance de ses déplacements et l’établissement d’un cordon de sécurité autour du site.
 
Selon les informations, l’homme accusés d’activités et de travail au sein d’une cellule de la zone a opposé une résistance armée aux asayish. Cela a donné lieu à un échange de tirs qui a fait des morts des deux côtés.
 
Il convient de noter que cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts continus visant à traquer les personnes recherchées et celles impliquées dans les activités des cellules hors-la-loi dans les régions du nord et de l’est de la Syrie.
 
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR) a recensé 159 opérations menées par des cellules de l’EI dans les zones d’influence de l’Administration autonome depuis début 2025, qui ont pris la forme d’attaques armées, de ciblages et d’attentats à la bombe. Selon les documents de l’OSDH, le bilan des opérations susmentionnées s’élève à 70 morts, dont 48 parmi les Forces démocratiques syriennes et les formations militaires qui les soutiennent, 9 parmi l’État islamique, 12 civils et 1 collaborateur des FDS. Les opérations se sont réparties comme suit :
 
– 134 opérations à Deir ez-Zor ont entraîné la mort de 32 soldats et de 3 membres de l’EI, ainsi que la mort de 12 civils et d’un collaborateur des FDS, en plus de la blessure de 39 autres, dont 5 membres d’Asayish, une femme et un membre de l’EI.
 
-14 opérations à Hasaka ont entraîné la mort de 13 personnes, dont 4 de l’organisation, 7 des forces de sécurité intérieure et 2 membres des FDS, tandis que 2 autres ont été blessées.
 
-11 opérations à Raqqa ont entraîné la mort de 9 soldats : 7 soldats et 2 membres de l’organisation, et 11 autres ont été blessés. (SOHR)

SYRIE. Le pétrole : richesse pillée et économie parallèle

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SYRIE – Sous la supervision d’un adjoint au ministre de l’Energie du gouvernement intérimaire et d’un cheikh identifié comme (NR), des saisies quotidiennes systématiques de grandes quantités de pétrole brut ont lieu, détournées au-delà de toute surveillance officielle et générant des profits estimés à des dizaines de milliers de dollars par jour pour des personnalités influentes orchestrant ces opérations, rapporte l’agence kurde ANHA qui cite l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH / SOHR).

 
L’OSDH estime qu’environ 1 500 barils sont introduits en contrebande chaque jour, sur une production journalière ne dépassant pas 12 500 barils. Les revenus générés par ces réseaux sont estimés à 100 000 dollars par jour, qui ne rentrent pas dans le trésor public, mais sont investis dans une économie souterraine alimentée par la corruption et affaiblissant l’autorité des institutions.
 

Ces quantités seraient transportées dans des citernes privés jusqu’aux raffineries de la ville de Tarhin, au nord d’Alep, où elles seraient transformées en essence et en diesel.

L’Observatoire a déclaré que ce système fonctionne sous la supervision directe d’un assistant principal du ministre de l’Énergie, aux côtés de Cheikh (NR), les produits raffinés étant commercialisés illicitement sur les marchés locaux, générant des revenus quotidiens importants pour les courtiers en énergie derrière l’opération.

L’OSDH n’a pas révélé l’identité du député impliqué, ni les sites spécifiques d’extraction de pétrole exploités par ces acteurs influents.

800 prisonniers exécutés en Iran en moins de huit mois

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IRAN / ROJHILAT – Les mollahs iraniens ont exécuté au moins 800 personnes depuis le début de l’année 2025, signale l’ONG kurde Hengaw qui met en garde contre l’escalade alarmante des exécutions à travers l’Iran.

La République islamique d’Iran a exécuté au moins 800 personnes depuis le début de l’année 2025. Cela représente une moyenne de 100 exécutions par mois, selon les statistiques enregistrées par le Centre de statistiques et de documentation de l’Organisation de défense des droits humains, Hengaw.

Parmi les personnes exécutées au cours des huit derniers mois figuraient au moins 30 prisonniers politiques et idéologiques. Durant la même période, au moins 22 femmes et un mineur délinquant – une personne reconnue coupable d’un crime commis alors qu’elle était mineure – ont été mis à mort dans les prisons iraniennes.

Les minorités ethniques et nationales ont été touchées de manière disproportionnée. Parmi les personnes exécutées il y avaient, 116 Kurdes, 107 Lors, 92 Baloutches et 82 Turcs. De plus, au moins 46 Afghans ont été exécutés durant cette période.

Hengaw met en garde contre l’escalade alarmante des exécutions à travers l’Iran et appelle les gouvernements démocratiques, les organisations internationales et les groupes de la société civile à adopter une position ferme contre le recours systématique à la peine de mort par la République islamique.

IRAN. L’exécution en public d’un prisonnier va être suivie de celle de sa femme

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IRAN – L’exécution en public d’un prisonnier de la province du Fars va être suivie de celle de sa femme, signale l’ONG kurde Hengaw.

Sajad Molaei Hakani, reconnu coupable de meurtre avec préméditation l’année dernière, a été exécuté en public à Larestan, dans la province du Fars. Son épouse, Mahsa Akbari, deuxième accusée dans cette affaire, doit également être exécutée dans les prochains jours.

Selon les informations reçues par l’Organisation de défense des droits humains, Hengaw, l’exécution de Sajad Molaei Hakani, un habitant de Beyram, a eu lieu en public dans la matinée du mardi 19 août 2025.

Les médias locaux ont rapporté que l’année dernière, Hakani, avec l’aide présumée de sa femme, ont été condamnés à mort pour l’assassinat d’une mère et ses trois enfants dans une affaire de vol.

Citant Sadrollah Rajaei-Nasab, président du Conseil judiciaire de la province de Fars, les médias d’État ont noté : « [l’exécution de la 2e accusé] dans cette affaire (épouse d’Hakani] aura lieu en prison en présence de la famille des victimes. »

Les rapports indiquent également qu’après les quatre meurtres, les accusés ont tenté d’enlever le quatrième enfant de la famille, mais ont été arrêtés sur le fait.

IRAN. Les forces de sécurités frappent et humilient cinq jeunes Kurdes arrêtés à Oroumieh

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IRAN / ROJHILAT – Dans la province d’Urmia, cinq jeune Kurdes ont été frappés et détenus par les forces de sécurité iraniennes qui les ont mis à l’arrière d’une pick-up et promenés dans les rues, comme des bêtes de foire.

Cinq jeunes Kurdes de Chaypareh, dans la province d’Azerbaïdjan occidental (Urmia), ont été arrêtés par les forces de sécurité iraniennes et, dans un acte dégradant, ont été promenés dans la ville.

Selon les informations reçues par l’ONG de défense des droits humains, Hengaw, les cinq jeunes hommes ont été arrêtés dans la soirée du lundi 18 août 2025 par le commandement des forces de l’ordre iraniennes à Chaypareh. Le lendemain matin, ils ont été promenés dans les rues avant d’être transférés au tribunal.

Une source proche du dossier a déclaré à Hengaw que les détenus, dont l’identité a été vérifiée, ont été soumis à de violents passages à tabac depuis leur arrestation, avant d’être contraints à l’humiliation publique le lendemain matin.

La même source a ajouté que deux des jeunes ont été arrêtés simplement pour une altercation verbale avec un officier, tandis que les trois autres ont été arrêtés simplement pour avoir tenté de suivre la situation de leurs amis en dehors de l’unité de police.

Hengaw a appris qu’aucun des cinq détenus n’avait d’antécédents judiciaires ni d’affaires en cours. Ils ont été arrêtés sans mandat et exposés au grand jour par les forces de sécurité.

KURDISTAN. Nouvelle peine de prison pour un journaliste kurde la veille de sa libération

KURDISTAN – Le journaliste kurde Sherwan Sherwani, connu pour ses enquêtes sur la corruption, a été condamné à quatre ans et cinq mois de prison, quelques jours seulement avant sa libération prévue après près de cinq ans de détention. Cette nouvelle condamnation inique – pour avoir prétendument menacé un gardien de la prison – a provoqué la colère des proches et soutiens du journaliste Sherwan Sherwani rassemblés devant le tribunal d’Erbil (Hewler).
 
 
L’avocat du journaliste a déclaré que la condamnation était « politique » et qu’ils feraient appel de la décision.
 
Sherwani a été arrêté en 2020 et condamné en 2021 à six ans de prison pour « atteinte à la sécurité nationale ». Sa peine a ensuite été réduite à trois ans, et de nouvelles peines ont été prononcées en 2023 et 2024.
 
Les organisations de défense des droits humains et les députés de l’opposition ont considéré cet incident comme une menace pour la liberté d’expression au Kurdistan du Sud, qui a été critiqué pour sa corruption et ses arrestations arbitraires.
 
La journaliste kurde réfugiée en France, Niyaz Abdulla a écrit sur son page Facebook au sujet de la nouvelle condamnation de Sherwan Sherwani :
 
« Le procès de Sherwan Sherwani (…) montre la peur [du parti KDP de Barzanî] et des agences de sécurité devant la liberté d’expression et d’honnêteté (…).
 
Masrour Barzani [Premier ministre du Kurdistan irakien] a maintenant interdit la libération du journaliste Qaraman Shukri Zinedin alors qu’il a reçu une grâce spéciale, il veut pour la troisième fois, à travers de fausses accusations portées contre Sherwan Sherwani, le garder en prison.
 
Le PDK poursuivra sa cruauté (…) en utilisant les tribunaux pour se venger (…) le nombre de crimes et de violations augmentera, les rumeurs de « liberté, démocratie, justice » resteront à jamais parmi ses partisans et membres du Congrès, comme des montagnes russes en papier.
 
Le seul moyen pour le PDK de démocratiser [le Kurdistan] est de libérer les journalistes et de mettre en œuvre les vrais principes de la démocratie, de ne pas l’utiliser comme une campagne pour tuer les journalistes (…). »
 
Concernant les prochaines élections législatives du parlement de la région autonome du Kurdistan, Niyaz Abdulla a déclaré que le PDK et ses partenaires, « profitant de l’espace juridique et de l’absence du parlement, ont saisi toute l’autorité et continuent la corruption et l’acharnement contre les journalistes ».
 

SYRIE. 4 civils alaouites tués dans une prison du régime islamiste

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SYRIE – Le gouvernement syrien de transition a tué 4 civils alaouites arrêtés dans la province de Homs il y a 7 mois, rapporte l’agence kurde Mezopotamya qui cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
 
 
L’OSDH a documenté la mort de quatre civils de la communauté alaouite dans les prisons du gouvernement syrien, suite à leur arrestation plus tôt cette année dans le village d’Al-Qunayyah, district d’Al-Qabo, dans la campagne de Homs.
 
Selon des sources fiables de l’OSDH, il a été confirmé avant-hier, grâce à une image enregistrée à l’hôpital médico-légal, que l’un des quatre détenus avait été tué. Il est apparu plus tard que les trois autres avaient été tués et avaient déjà été enterrés au cimetière d’Al-Nasr. Parmi les victimes figuraient deux frères étudiants.
 
Des sources fiables de l’OSDH ont rapporté que les arrestations ont eu lieu il y a environ sept mois, lorsque les forces de sécurité ont mené une opération dans le village d’Al-Qunayyah en janvier, suite aux manifestations de colère qui ont éclaté dans plusieurs régions de Syrie, dont Al-Qabo, après la diffusion d’une vidéo montrant l’assaut contre un sanctuaire religieux alaouite, « Abu Abdullah Al-Husayn Al-Khusayibi », dans la ville d’Alep.
 
Pendant ce temps, les familles des victimes pensaient que leurs fils étaient toujours en vie en détention, avant d’être choquées par la nouvelle de leur décès. Il convient de noter que les quatre victimes étaient des civils et n’avaient aucun lien avec une quelconque activité militaire ou sécuritaire.
 
En conséquence, le nombre de détenus morts sous la torture dans les prisons du « gouvernement intérimaire » s’élève à 55, la plupart d’entre eux étant originaires de la province de Homs.

TURQUIE. Confirmation de la peine de prison infligée à une ancienne maire kurde

TURQUIE / KURDISTAN – La 3ème Chambre de la Cour de cassation a approuvé la peine de 10 ans et 5 mois de prison infligée à l’ancienne co-maire kurde d’Artemêt, Rojbin Sevil Çetin. L’avocate de Çetin a déclaré qu’ils porteraient l’affaire devant la Cour constitutionnelle.
 
La peine de 10 ans et 5 mois de prison prononcée contre Rojbin Sevil Çetin, élue co-maire du district d’Artemêt (Edremit) de Wan lors des élections locales de 2014, pour « appartenance à une organisation terroriste » et « opposition à la loi sur les réunions et manifestations illégales », a été approuvée par la 3e chambre de la Cour de cassation.

Rojbin Sevil Çetin, qui a été arrêtée à plusieurs reprises pendant son mandat de co-maire, a été arrêtée la dernière fois le 7 juillet 2020 et incarcérée à la prison pour femmes de Diyarbakır. Lors de l’audience finale tenue devant la 2e Haute Cour pénale de Van le 26 mai 2023, Çetin a été condamnée à dix ans de prison pour « appartenance à une organisation terroriste [PKK] » et à cinq mois de prison pour « violation de la loi sur les réunions et manifestations illégales ». Son travail en tant que femme et ses activités au sein de partis politiques ont été invoqués pour justifier sa condamnation. Ses rencontres avec des membres du conseil et des co-maires, ainsi que des témoignages secrets, ont également été invoqués pour justifier sa condamnation.

La 3e Chambre de la Cour de cassation a affirmé que les étapes procédurales du procès avaient été menées conformément à la loi et que toutes les preuves ayant servi de base au verdict avaient été obtenues légalement. La Chambre a confirmé le verdict, déclarant : « (…) la conviction de conscience étant fondée sur des données précises, concordantes et non contradictoires, les actes étant correctement qualifiés et correspondant au type d’infraction prévu par la loi, et les sanctions ayant été appliquées de manière juridiquement personnalisée, les motifs avancés par l’avocat de la défense dans son recours en appel ont été jugés infondés (…). »

L’affaire sera portée devant la Cour constitutionnelle

L’avocate de Rojbin Sevil Çetin, Ekin Yeter, portera l’affaire devant la Cour constitutionnelle (AYM) au motif que son droit à la défense et à un procès équitable, sa liberté d’engagement politique et d’association, sa liberté de pensée et d’expression, ainsi que ses droits de se réunir, de s’organiser et de participer à des manifestations et à des événements ont été violés parce que la peine a été prononcée entièrement sur la base de témoignages secrets, de protestations, d’événements et de l’activisme des femmes. (Mezopotamya)
 

IRAN. Les mollahs veulent retirer la garde des enfants à 4 prisonniers kurdes

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IRAN / ROJHILAT –  Emprisonnés en Iran, quatre prisonniers politiques kurdes de nationalité turque doivent signer des documents transférant la garde de leurs enfants à leurs familles.

Les autorités des prisons de Qarchak et d’Evin ont averti quatre prisonniers politiques kurdes de nationalité turque que leurs jeunes enfants seraient placés sous la protection de l’État s’ils n’acceptaient pas de transférer la garde de leurs enfants à leurs familles.

Le Réseau des droits humains du Kurdistan (KHRN) a rapporté que les responsables des prisons ont convoqué les prisonnières – Rojda Saadoun, Safiye Tursu, Fesih Karatas et Mazlum Arli – et leur ont demandé de signer des documents transférant la garde de leurs enfants à leurs familles. À défaut, les enfants leur seraient retirés et confiés à l’Organisation nationale de protection sociale.

Les autorités ont invoqué le règlement pénitentiaire qui autorise les enfants à rester avec leur mère jusqu’à l’âge de deux ans seulement. Les enfants, aujourd’hui âgés de trois ans, ont dépassé cette limite.

Pour compliquer les choses, les familles des prisonniers vivent en Turquie et n’ont pas pu se rendre en Iran pour leur rendre visite depuis les arrestations.

Saadoun et Tursu, ainsi que leurs maris, Arli et Karatas, et leurs deux jeunes enfants, ont été arrêtés le 24 juillet 2024 à Tabriz, dans la province d’Azerbaïdjan oriental, alors qu’ils se rendaient en Arménie. Ils avaient auparavant vécu comme réfugiés politiques au Kurdistan irakien.

Après leur arrestation, ils ont d’abord été emmenés au centre de détention du ministère du Renseignement à Marivan, dans la province du Kurdistan, puis transférés à la prison de Sanandaj, et finalement transférés à la prison d’Evin à Téhéran le 26 janvier 2025.

En juin, la 15e chambre du Tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran, présidée par le juge Abolghassem Salavati, a condamné les quatre hommes à cinq ans de prison pour « appartenance à des groupes d’opposition ».

Saadoun et Tursu sont actuellement détenus avec leurs enfants de trois ans dans le quartier des femmes de la prison de Qarchak, tandis qu’Arli et Karatas restent dans la prison d’Evin. (ANF)

SYRIE. La sécheresse fait chuter de 40% la production du blé

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SYRIE / ROJAVA – Le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti qu’environ trois millions de Syriens pourraient être confrontés à une grave famine, alors que plus de la moitié de la population est en situation d’insécurité alimentaire, suite à une baisse de près de 40% de la production de blé, rapporte l’agence kurde ANHA.

La Syrie est confrontée au spectre d’une crise alimentaire après que la pire sécheresse depuis 36 ans a réduit la production de blé d’environ 40%, mettant encore plus à rude épreuve un pays déjà aux prises avec des pénuries de liquidités, alors que le gouvernement de transition ne parvient pas à garantir des achats à grande échelle, selon un rapport de Reuters.

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a déclaré à Reuters que près de trois millions de Syriens pourraient être confrontés à une faim aiguë, sans préciser de délai.

Il a ajouté que plus de la moitié des 25,6 millions d’habitants du pays souffrent déjà d’insécurité alimentaire.

Dans un rapport de juin, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a estimé que la Syrie était confrontée à un déficit de blé d’environ 2,73 millions de tonnes cette année, soit suffisamment pour nourrir environ 16 millions de personnes pendant un an.

Reuters s’est entretenu avec un responsable du gouvernement de transition, trois commerçants, trois travailleurs humanitaires et deux sources du secteur connaissant bien les efforts d’approvisionnement en blé. Ils ont déclaré que les importations et les financements devaient être accrus pour remédier au déficit imminent.

Selon le responsable, le gouvernement n’a acheté que 373 500 tonnes de blé aux agriculteurs locaux cette saison, soit environ la moitié du volume de l’année dernière.

La même source a noté que la Syrie doit importer environ 2,55 millions de tonnes cette année.

Toutefois, le gouvernement de transition n’a pas encore annoncé d’accords majeurs d’importation de blé et s’appuie plutôt sur de petites expéditions totalisant environ 200 000 tonnes par le biais de contrats directs avec des importateurs locaux, ont indiqué les sources.

Tony Alattel, représentant de la FAO en Syrie, a déclaré à Reuters : « La moitié de la population risque de souffrir de la sécheresse, notamment en ce qui concerne la disponibilité du pain, qui est l’aliment le plus essentiel pendant la crise. »

Jusqu’à présent, la Syrie n’a reçu qu’une aide d’urgence limitée, dont 220 000 tonnes de blé d’Irak et 500 tonnes de farine d’Ukraine.

Les données de la FAO montrent que la Syrie consomme environ quatre millions de tonnes de blé par an, mais la production devrait chuter à environ 1,2 million de tonnes cette année, soit une baisse de 40 pour cent par rapport à l’année dernière.

La FAO a également signalé que seulement 40 pour cent des terres agricoles ont été cultivées cette saison, une grande partie d’entre elles ayant été dévastées par la sécheresse, en particulier dans les principales régions productrices de denrées alimentaires telles que Hassaké, Alep et Homs.

Deux sources bien informées ont ajouté que les importations de blé sont confrontées à des retards de paiement en raison de difficultés financières, malgré l’assouplissement des sanctions.

Bien que les sanctions occidentales sous Assad n’aient pas restreint les importations de denrées alimentaires, les restrictions bancaires et le gel des avoirs ont rendu difficile pour la plupart des sociétés commerciales de s’engager avec Damas. (ANHA)

TURQUIE. 97 % des Kurdes veulent un enseignement dans leur langue maternelle

TURQUIE / KURDISTAN – Selon les résultats d’une récente enquête, environ 40 % des Kurdes ont déclaré que leurs enfants parlaient turc avec eux.

Une enquête menée auprès de locuteurs natifs du kurde dans différentes régions de Turquie a révélé que plus de 97 % des participants soutiennent le kurde comme langue d’enseignement, tandis que les jeunes générations sont moins compétentes dans leur langue maternelle et l’utilisent moins que leurs aînés.

 

Le Centre de recherche sociopolitique a mené l’enquête entre le 17 et le 23 juillet avec la participation de 2 378 personnes dans 23 provinces, y compris des zones traditionnellement peuplées de Kurdes telles que Diyarbakır, Mardin et Urfa, ainsi que des centres métropolitains avec d’importantes populations kurdes comme Istanbul, Ankara, Izmir et Adana.

Parmi les participants, 88,2 % ont identifié leur langue maternelle comme étant le dialecte kurmancî du kurde et 10,4 % comme étant le dialecte zazakî / kirmanckî.

La jeune génération est moins compétente

Selon l’enquête, 23,5 % des personnes interrogées ont déclaré parler leur langue maternelle « très bien », tandis que 43,2 % ont déclaré « bien » et 16,2 % ont déclaré la parler « mal ».

L’équipe de recherche a constaté que « ceux qui parlent très bien leur langue maternelle appartiennent principalement à la tranche d’âge moyen, tandis que ceux qui la parlent très mal appartiennent en grande partie à la jeune génération. À mesure que le niveau d’éducation augmente, la proportion de ceux qui parlent bien la langue diminue. »

Communication intrafamiliale

L’enquête a révélé que la plupart des parents des personnes interrogées parlaient principalement leur langue maternelle entre eux et avec leurs enfants. Cependant, 27,8 % des participants ont déclaré communiquer exclusivement en turc avec leur conjoint. L’utilisation des langues maternelles au sein des familles augmentait avec l’âge et diminuait avec le niveau d’éducation.

Interrogés sur la communication avec les enfants, 40,1 % ont déclaré que leurs enfants parlaient turc avec eux, tandis que 24,7 % ont déclaré parler principalement kurde. Seulement 1,3 % ont déclaré que leurs enfants utilisaient le dialecte zazakî/kirmanckî.

Concernant les compétences des enfants, 7,3 % des répondants ont déclaré que leurs enfants parlaient « très bien » leur langue maternelle, et 13,5 % « bien ». L’équipe de recherche a souligné que ces résultats indiquent « un déclin spectaculaire de la communication en langue maternelle avec les enfants, malgré un niveau élevé d’utilisation entre les participants et leurs propres parents ».

La moitié des parents sont au courant de l’existence de cours sélectifs de kurde

L’étude a également demandé aux parents s’ils savaient que leurs enfants pouvaient choisir le kurmancî ou le zazakî comme cours optionnels à l’école. Parmi les personnes interrogées, 45,5 % ont déclaré en être conscientes, tandis que 21 % ont déclaré ne pas l’être.

Concernant l’usage quotidien, 57,1 % des répondants ont déclaré parler leur langue maternelle « fréquemment », 25,7 % « occasionnellement », 12,3 % « rarement » et 4,9 % ont déclaré ne jamais la parler.

En termes de pratiques culturelles, 77,9 % ont déclaré écouter souvent de la musique dans leur langue maternelle, tandis que 15,4 % ont décrit leur capacité de lecture dans la langue comme « très bonne » et 22 % comme « bonne ».

Éducation dans la langue maternelle

Les répondants ont également été interrogés sur les politiques relatives à la préservation de la langue maternelle. À la question de savoir si le kurde devrait être une langue d’enseignement à tous les niveaux d’enseignement en Turquie, 97,9 % ont répondu « oui ».

En réponse à une question ouverte sur la priorité absolue à accorder à la protection et au développement de leur langue maternelle, 51,9 % ont cité « garantir l’éducation dans la langue maternelle », 16,6 % ont réclamé « une reconnaissance officielle et un statut juridique », et 9,1 % ont insisté sur l’encouragement de son usage au sein des familles et des milieux sociaux. L’éducation dans la langue maternelle était également la réponse la plus fréquente pour les mesures de deuxième et troisième priorité.

L’enquête a attiré une participation plus importante de répondants parlant le kurde, d’âge moyen, de sexe masculin et bien éduqués.

L’enquête a été menée à Diyarbakır, Istanbul, Ankara, İzmir, Samsun, Balıkesir, Erzurum, Adıyaman, Van, Mardin, Urfa, Bingöl, Ağrı, Antalya, Mersin, Şırnak, Bursa, Antep, Batman, Dersim, Malatya, Adana et Siirt. (Bianet)