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SUISSE. Les Kurdes manifestent contre le traité de Lausanne

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SUISSE – Avec le traité de Lausanne, le Kurdistan fut transformé en une colonie internationale en 1923. Des milliers de Kurdes ont manifesté à Lausanne contre l’accord qui a provoqué le génocide des Kurdes.
 

Le 24 juillet 1923, les puissances victorieuses de la Première Guerre mondiale ont imposé le partage du Kurdistan en quatre parties par le traité de Lausanne. Depuis lors, les Kurdes sont soumis au génocide, à l’assimilation et aux massacres sous la souveraineté des États de Turquie, d’Irak, d’Iran et de Syrie. Cet accord a jeté les bases de la discrimination du peuple kurde et de la négation de son existence. Pour dénoncer les conséquences graves et persistantes du traité pour la société kurde et pour dénoncer la situation imposée d’inexistence politique et juridique, plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Lausanne.

La manifestation a été appelée par une alliance de 36 partis, organisations et institutions, dont l’UPK, Goran, l’administration du Rojava, le KCDK-E, le TJK-E, la FEDA, le KKP, le PJAK, le PYD, l’ESU, le PIK et l’Institut kurde de Suisse.

La manifestation a débuté dans l’après-midi par un rassemblement sur la place des Pionnières et de nombreux discours politiques. Zübeyde Zümrüt, coprésidente de l’organisation faîtière européenne KCDK-E, a déclaré : « Le traité de Lausanne a jeté les bases d’une tragédie qui s’est traduite par une politique génocidaire qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes. »

« Cette traînée de sang du colonialisme se poursuit encore aujourd’hui et nous continuons à lutter contre elle. La politique de négation et de génocide, vieille de plus de 100 ans, se poursuit dans les attaques d’occupation de l’État turc au Sud-Kurdistan, dans les invasions du Rojava et dans l’isolement total d’Abdullah Öcalan sur l’île pénitentiaire d’Imrali. Rien de tout cela n’aurait été possible sans le Traité de Lausanne. Néanmoins, les États responsables ne sont pas prêts à corriger et à résoudre les problèmes découlant de l’accord. »

La conseillère nationale Laurence Fehlmann Rielle (PS) a souligné que le traité de Lausanne avait de graves conséquences non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les autres peuples du Kurdistan, et a souligné que l’État turc est en « guerre contre les peuples » du Haut-Karabakh, du Rojava, du Kurdistan du Nord et du Sud. Tous les signataires de l’accord avec la Turquie – la France, la Grande-Bretagne et les autres puissances qui ont gagné la Première Guerre mondiale – sont « responsables de la tragédie du Kurdistan » et ont donc le devoir d’agir contre le gouvernement d’Ankara.

Rielle a également évoqué les conditions de détention d’Abdullah Öcalan et a demandé que l’isolement imposé à cet homme de 75 ans soit reconnu internationalement comme une « torture ». Rielle a également rendu hommage aux 69 lauréats du prix Nobel qui ont récemment appelé publiquement à la libération d’Öcalan et à la reprise du dialogue avec lui. « La communauté internationale doit prendre ses responsabilités à ce stade », a déclaré Rielle.

Le conseiller municipal lausannois Davit Payot a réitéré sa solidarité avec la « résistance légitime » du peuple kurde, et Marion Novet, du Collectif suisse de grève féministe, s’est également prononcée en faveur du soutien aux revendications des Kurdes en matière d’autodétermination et de liberté ».

Après de nouvelles déclarations du député du PYD Fuat Omar, la manifestation a débuté à destination du Château d’Ouchy, au bord du lac Léman, où la conclusion du traité de Lausanne a été célébrée il y a 101 ans.

La manifestation s’est terminée par un rassemblement final au cours duquel des représentants du YNK et de Goran ainsi que du KCK, Zübeyir Aydar, ont pris la parole. Il a souligné que le mouvement de libération kurde se bat pour tous les peuples du Kurdistan quadripartite. « Nous n’acceptons pas que notre peuple soit devenu une minorité dans des États oppressifs par des frontières coloniales tracées ici à Lausanne, et que nous soyons privés de la possibilité d’invoquer le droit des peuples à l’autodétermination. Notre résistance contre la colonisation du Kurdistan se poursuivra jusqu’à ce que la politique systématique de négation, d’exploitation et de génocide prenne fin. Les guérilleros qui luttent dans les montagnes contre l’occupation du Kurdistan du Sud donnent une fois de plus l’exemple. Car le Kurdistan et ses acquis sont en grand danger. Notre solidarité doit être avec les guérilleros qui nous défendent tous. »

TURQUIE. 11 personnes écrouées à Istanbul pour des danses kurdes

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TURQUIE – L’État turc a lancé un nettoyage culturel ciblant la musique et chansons traditionnelles kurdes en emprisonnant des dizaines de jeunes Kurdes en l’espace d’une semaine dans tout le pays.

A Istanbul, 11 des 18 personnes arrêtées au motif qu’elles dansaient la ronde kurde (govend) accompagnée de chants kurdes lors de mariages à différentes dates ont été emprisonnées pour « propagande terroriste ».

Lors des perquisitions effectuées hier dans les quartiers de Bağcılar, Esenyurt, Sultangazi et Gaziosmanpaşa d’Istanbul, 18 personnes ont été écrouées au motif qu’elles dansaient la ronde kurde accompagné de chants kurdes lors de mariages célébrés à différentes dates. 18 personnes qui était détenues au département de la police provinciale d’Istanbul, ont été emmenées au palais de justice.

18 personnes ont été déférées au tribunal avec une demande d’arrestation pour « propagande terroriste ». 7 des 18 personnes ont été libérées sous contrôle judiciaire, tandis que 11 ont été écrouées et envoyées en prison.

KURDISTAN. Plusieurs villages kurdes détruits par l’armée d’invasion turque

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IRAK / KURDISTAN -Plusieurs villages du Kurdistan dépeuplés de force par l’armée d’invasion ont été incendiés. Les villageois n’avaient que 9 heures pour prendre leurs affaires. La Turquie commet un nettoyage ethnique dans la région kurde d’Irak sous le regard complice du gouvernement irakien et de la communauté internationale.

Dans la région du Kurdistan, où la Turquie poursuit ses attaques, les civils sont forcés de quitter leurs terres. Rojnews a accédé aux images des villages qui ont été évacués de force au cours des derniers mois dans le cadre des attaques. Alors que les citoyens de Behdînan évacuaient leurs villages avec des menaces et des attaques, les citoyens ont eu 9 heures pour récupérer leurs affaires dans les villages de Mijê, Kevne Mijê, Spîndarê et Gîrgaşê, évacués hier dans la région de Ber Garê. Certains civils se sont retrouvés face à de grandes destructions dans leurs villages où ils se sont rendus.

Les habitants du village ont déclaré : « On nous empêchait d’entrer dans nos villages. Les autorités nous ont dit que nous avions besoin de la permission de l’État turc pour entrer dans notre village ». Les images envoyées à Rojnews par les civils nous rappellent les images de villages incendiés et évacués en Turquie dans les années 1990.

Sur les images, on voit que tout ce qui restait des villages évacués était des maisons incendiées et détruites.

SUISSE. Les Kurdes manifestent contre le Traité génocidaire de Lausanne

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SUISSE – Aujourd’hui, une manifestation aura lieu à Lausanne pour commémorer le 101e anniversaire du Traité de Lausanne, qui a divisé le Kurdistan. Le traité a été signé dans la ville suisse le 24 juillet 1923. L’organisation faitière kurde d’Europe, le KCDK-E* a appelé à participer à la manifestation.

 

Le traité de Lausanne a causé le génocide des Kurdes 

Le Congrès des Sociétés démocratiques du Kurdistan en Europe (Kongreya Civakên Demokratîk â Kurdistanîyên li Ewropa – KCDK-E) a publié un communiqué déclarant que: « Le traité de Lausanne signé entre la Grande-Bretagne, la France et la Turquie a représenté un tournant historique. Ce traité a créé la base formelle du génocide contre les Kurdes. Cette intervention internationale a entraîné le peuple kurde et tout le Moyen-Orient dans un processus de guerres qui reste inextricable à ce jour. Il a officialisé la fondation de la République de Turquie et a établi un État-nation moniste avec l’aide des puissances internationales. La Turquie a commis des génocides au cours de son histoire de plus de 100 ans, soutenue par les puissances mondiales. 

Depuis sa création, l’État turc a imposé la doctrine moniste d’une seule nation en menant une attaque totale contre tout ce qui est libre, autonome et s’écarte de l’identité turque. Avec cette doctrine, il a tenté de mettre en œuvre un génocide basé sur une politique d’assimilation profonde. Après le traité de Lausanne, au lieu de toutes les promesses faites au peuple kurde et à ses représentants, un concept de déni et d’annihilation a été mis en pratique. L’identité kurde a été niée et la population kurde a été soumise au génocide par l’assimilation. »

Lausanne signifie la formalisation du génocide anti-kurde

« Avec la Constitution turque de 1924, le plan de négation et d’annihilation du peuple kurde a été mis en œuvre. Cette politique se poursuit jusqu’à nos jours. Le projet de négation et d’annihilation a remplacé les fausses promesses faites sur le chemin de l’accord de Lausanne. Le Kurdistan est devenu un lieu d’occupation et de massacres.

Les révoltes et les soulèvements organisés par les intellectuels et les forces sociales kurdes face à ce génocide ont été réprimés par des complots et des massacres. Le peuple kurde n’a pas baissé les bras et ne s’est pas lassé de lutter contre cet anéantissement et de faire tous les sacrifices nécessaires dans cette lutte. Les soulèvements ont continué de 1925 à nos jours et continueront jusqu’à ce que le peuple kurde soit libre.

L’État turc a laissé tomber son masque et, en collaboration avec les puissances internationales, a mis en œuvre de nouveaux plans pour criminaliser la lutte de libération juste et légitime du peuple kurde. C’est la raison pour laquelle Rêber Apo [Abdullah Öcalan] est emprisonné et isolé dans la prison de torture et d’isolement d’Imrali dans le cadre d’un complot international. Le but des attaques d’occupation et d’annexion, le déni de la réalité kurde et le génocide perpétré conjointement avec des collaborateurs kurdes dans toutes les régions du Kurdistan sont évidents. 

Le peuple kurde a donné des milliers de martyrs et n’est pas prêt à reconnaître ce traité, sur la base duquel le génocide est pratiqué depuis 101 ans. Il condamne les annexions par les forces d’occupation turques face à l’opinion mondiale. La lutte de libération du peuple kurde a gagné la force de renverser le Traité de Lausanne dans sa 101e année. En tant que KCDK-E, nous appelons notre peuple à participer à la manifestation du 27 juillet à l’occasion du 101e anniversaire du Traité de Lausanne dans un esprit d’unité nationale. »

*Le Congrès européen des sociétés démocratiques kurdes (KCDK-E) est une association kurde européenne, dont le siège est à Charleroi, en Belgique. Les fédérations membres sont situées dans plusieurs pays européens, certaines associations d’Australie et du Canada appartenant également à la fédération.

TURQUIE. Arrestation de six femmes kurdes ayant dansé lors d’un mariage

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TURQUIE / KURDISTAN – La musique et les danses kurdes sont criminalisées en Turquie où ces derniers jours, des dizaines de jeunes kurdes ont été arrêtés après avoir dansé et chanté au son de la musique kurde. Ils sont accusés de faire « de la propagande pour une organisation terroriste ». La dernière arrestation a eu lieu dans la province de Siirt.

Six femmes kurdes dansant la govend (ronde) lors d’un mariage à Siirt / Misirc ont été arrêtées par la police après avoir été attaquées sur les réseaux sociaux par des fascistes turcs. Elles sont accusées d’avoir fait « de la propagande pour une organisation terroriste ». Des arrestations similaires ont eu lieu à Mersin et Agri.

Six jeunes femmes ont été arrêtées à la suite d’images prises lors d’un mariage dans le district de Misirc (Kurtalan) à Sêrt et partagées sur les réseaux sociaux. Après que l’image ait été partagée sur des comptes racistes sur des réseaux sociaux, des perquisitions ont été effectuées à Êlih et Sêrt. 6 jeunes femmes sur les images ont été arrêtées. Le bureau du gouverneur a affirmé que les jeunes « faisaient de la propagande pour une organisation terroriste ». 

Détentions similaires à Mersin et Agri 
Neuf jeunes arrêtés après avoir été pris pour cible à Mersin ont été arrêtés le 25 juillet sous l’accusation de « faire de la propagande pour une organisation terroriste ».
Une situation similaire s’est produite dans le quartier Bazîd (Doğubayazıt) d’Agirî. Six personnes qui portaient des vêtements locaux et dansaient le halay accompagné de chants kurdes lors d’un mariage ont été libérées après avoir été arrêtées pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste [PKK] ».
 

IRAN. Arrestation de 10 écologistes kurdes

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IRAN / ROJHILAT – Au moins 10 écologistes kurdes, dont Khalil Parandak, Yaser Nouri, Farideh Vaisi, Hamid Sabzeh, Farzin Movafaqi, Amir Nadimi, Hessam Mahdi et Amanj Ghorbani, ont été violemment arrêtés par les forces de renseignement du CGRI après la cérémonie funéraire d’ Ismail Karimi, un écologiste kurde de Kamyaran mort lors d’un feu de forêt.

Selon un rapport reçu par l’organisation de défense des droits humains, Hengaw, le mercredi 24 juillet 2024 à 15 heures, les forces de renseignement du CGRI ont effectué une descente dans le restaurant Kuhestan situé sur la route Sanandaj-Kamyaran et ont arrêté au moins 10 militants civils et écologistes. Des sources de Hengaw ont signalé que le nombre de personnes arrêtées pourrait augmenter.

L’identité de huit des personnes arrêtées a été confirmée par Hengaw : Khalil Parandak de Ravansar, membre de l’Association des défenseurs de l’environnement « Chro », Yaser Nouri, militant écologiste de Javanruod, Farideh Vaisi et Hamid Sabzeh, membres de l’Association environnementale Zhiway, tous deux de Paveh, Farzin Movaffaqi, Amir Nadimi, Hesam Mahdi, enseignants au Département de l’éducation, et Amanj Ghorbani, tous trois de Kamiyaran. L’identité des autres personnes arrêtées fait toujours l’objet d’une enquête.

Ces individus ont été arrêtés après la cérémonie funéraire d’Ismail Karimi, un militant écologiste kurde décédé la veille des suites de brûlures subies lors de la lutte contre un incendie de forêt. Ils se reposaient dans le restaurant mentionné au moment de leur arrestation. Un témoin oculaire a déclaré à Hengaw : « Les forces de sécurité, armées de pistolets et de kalachnikovs, ont battu les militants arrêtés lors de leur arrestation et ont également confisqué leurs téléphones portables. »

Il convient de noter que les funérailles d’Ismail Karimi ont eu lieu la veille dans son village natal de Najafabad en présence de plus de 6 000 personnes. Les participants ont scandé des slogans tels que « Les martyrs ne meurent pas » et « Le frère Esmail est un héros, c’est le martyr du Kurdistan ».

Amanj Ghorbani et Yaser Nouri ont été arrêtés à plusieurs reprises par les agences de sécurité iraniennes au cours des dernières années et ont même été emprisonnés.

IRAN. La police iranienne tue un civil kurde à Mahabat

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IRAN / ROJHILAT – Des policiers iraniens ont abattu un Kurde de Mahabad au cours d’une poursuite, lui tirant une balle dans la tête alors qu’il était déjà blessé. La victime s’appelle Ahmed Terman.

Selon un rapport reçu par l’organisation de défense des droits humains, Hengaw, le mercredi 24 juillet 2024 à six heures du matin, Ahmed Terman, un habitant de Mahabad âgé de 52 ans, a été abattu par la police. Il a été pris pour cible en raison de l’implication de son fils dans une altercation avec un membre du Basij.

Selon des sources bien informées, les policiers ont tiré sur Ahmed Terman devant son domicile. Une fois tombé au sol, on l’a visé à la tête, le tant sur le champ. 

Un proche de la victime a déclaré à Hengaw : « Ahmed Terman était recherché car il était impliqué dans une bagarre entre l’un de ses fils, Chia, et un membre du Basij nommé Soroush Tabanji. »

AFRIN. Les mercenaires de la Turquie battent un paysan kurde et volent sa récolte

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SYRIE / ROJAVA – Les mercenaires armés sous commandement de la Turquie ont battu un pays kurde d’Afrin avant de voler sa récolte de figues.

Une source d’Afrin a rapporté qu’Abdullah Hussein Khalil, du village de Khilalka dans la ville de Balbala, a été violemment battu par l’un des chefs de la Brigade al-Moutasem (al-Mu’tasim Billah) affiliés à l’occupation turque. Cela s’est produit alors qu’il se rendait à son champ de figuiers.

 

Lorsque Khalil a tenté d’empêcher les mercenaires de voler sa récolte, il a été grièvement blessé. Sa famille, qui craignait que les mercenaires ne les interceptent s’ils tentaient de l’emmener dans les hôpitaux d’Afrin, l’a emmené à la pharmacie de la ville pour des soins.

La même source a également rapporté que ces mercenaires avaient auparavant agressé un autre citoyen, propriétaire d’un réservoir d’eau dans le village.

« Art contre le génocide culturel au Kurdistan »

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TURQUIE / KURDISTAN – Lisa Çalan, réalisatrice et l’une des artistes kurdes ayant fondé l’Initiative « Art pour la Liberté » a déclaré « Nous nous opposons aux politiques du gouvernement qui tentent constamment de discipliner l’art et les artistes ».

« Nous voulons créer un espace où les artistes peuvent s’exprimer»

Les artistes luttent contre l’effacement culturel et la discipline de l’art par le régime AKP-MHP en créant l’initiative « L’art pour la liberté ». L’une des fondatrices, Lisa Çalan, a déclaré qu’il s’agissait de briser le climat de peur.

Il y a quelques jours, la création de l’initiative « L’art pour la liberté » a été annoncée à Amed. De nombreux artistes du Kurdistan et de Turquie ont rejoint l’initiative. L’une des fondatrices est Lisa Çalan.

Dans une interview accordée à l’ANF, elle a expliqué que la politique d’interdiction de l’art par le régime d’Ankara devenait de plus en plus dramatique. Elle a déclaré : « La principale raison de cette initiative est de donner une voix à tous les problèmes sociaux et de créer un espace où les artistes peuvent s’exprimer. »

Çalan a poursuivi : « Il y a quelques mois, nous avons publié la déclaration « Devenez une voix de la paix ». Cette déclaration a ensuite été signée par près de 700 artistes. Ces signatures nous ont motivés, en tant qu’artistes, à aller un peu plus loin. Le fait que des artistes qui étaient restés silencieux et en retrait pendant longtemps aient fait une déclaration avec leur signature et aient fait entendre à nouveau leur voix nous a donné l’idée de fonder cette initiative. Après cela, nous nous sommes réunis et avons agi. Nous avons décidé d’aller plus loin avec des artistes qui s’engagent dans l’art, qui veulent changer et transformer la société avec leur production et qui ont une conscience sociale. »

« Le régime voit le pouvoir de l’art et tente de le détruire »

Çalan a souligné qu’il ne pouvait être question de démocratie en Turquie et a ajouté : « Il existe un environnement antidémocratique dans le pays. Les gens sont intimidés et vivent dans la peur. En tant qu’artistes, nous avons voulu agir ensemble pour briser ce cadre et nous avons fondé l’« Initiative Art pour la Liberté ». L’art ne peut avoir lieu que dans un environnement libre. C’est pourquoi ce nom était très important pour nous. Presque toute notre vie est imprégnée d’isolement. Les films sont censurés, ou les cinéastes s’autocensurent pendant la production ; il devient de plus en plus difficile de publier des livres. C’est une politique de guerre. Elle nous a déjà isolés, et l’art est devenu un champ de production non libre. L’objectif principal de cette initiative est de donner une voix à tous les problèmes sociaux. Il s’agit de créer un espace où les artistes peuvent s’exprimer contre cette politique de guerre et d’intimidation. Il est très important pour nous d’élever la voix contre les nombreuses violations des droits. Non seulement au Kurdistan, mais dans toute la société turque, un état d’isolement s’est installé au cours des dix dernières années. C’est particulièrement vrai pour l’art. « Les systèmes et les gouvernements connaissent très bien le pouvoir de l’art et ont essayé de le détruire dès le début. Ils ont constamment puni les artistes. Aujourd’hui, de nombreux artistes sont en prison. La politique d’un gouvernement qui considère l’art comme si dangereux ne peut être stoppée que par la voix des artistes. »

« Notre voix contre le génocide culturel »

Lisa Çalan a évoqué les restrictions imposées à l’art dans le monde entier. Mais la situation est particulièrement pire en Turquie, a-t-elle déclaré, ajoutant : « La société est dépossédée de sa mémoire. Les formes d’action sont adaptées à la structure des médias virtuels. Une action a lieu et disparaît en un jour. Il est nécessaire de garder la mémoire vivante. Depuis dix ans, il y a un régime qui imprègne toutes les parties de la société. Il y a un régime qui ne nous laisse même pas respirer, et encore moins faire entendre notre voix. Il y avait autrefois un réseau de production en Turquie et au Kurdistan, même partiel. Mais malheureusement, on n’en parle plus aujourd’hui. Le régime a toujours essayé de discipliner l’art et les artistes. Nous résistons à cela. Nous ferons entendre notre voix quoi qu’il arrive. Il est nécessaire d’être la conscience de la société. Nous voulons aborder tous les sujets que nous considérons comme importants. Malheureusement, il y a un génocide culturel en Turquie. Nous continuerons notre travail pour l’empêcher. »

IRAN. Exécution d’un autre prisonnier politique kurde

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IRAN / ROJHILAT – Kamran Sheikheh, le dernier des 7 prisonniers politiques kurdes condamnés à mort en 2018, a été pendu dans la prison d’Ourmia hier. Il avait été condamné à mort avec six autres Kurdes en 2018, sous l’accusation d’« appartenances à des mouvements interdits » et d’être lié au meurtre d’un religieux à Mahabad (ouest). Les six autres ont été exécuté depuis novembre 2023.

 

Hier, les autorités iraniennes ont exécuté la peine de mort prononcée contre le jeune kurde Kamiran Sheikha, qui était le dernier des sept accusés dans l’affaire du meurtre d’Abdul Rahim Tina, l’imam de la mosquée Rashideen. Lui et ses coaccusés avaient été torturés par leurs bourreaux pour soutirer des aveux de culpabilité.  

Kamiran Sheikha avait été transféré mercredi de la prison de Mahabad vers une cellule d’isolement de la prison centrale d’Urmia pour procéder à l’exécution, selon le Réseau kurde des droits de l’homme.

Les autorités pénitentiaires ont informé la famille de Kamiran, qui a passé 15 ans en prison, que l’exécution aurait lieu ce matin, jeudi.

Des sources des droits de l’homme ont rapporté que ces sept accusés avaient été soumis à de « graves tortures » durant leur détention, et que le procès était entouré de « mystère » et que de nombreuses questions étaient soulevées.

Une ONG iranienne de défense des droits humains a également confirmé que toutes ces condamnations à mort ont été prononcées par des « tribunaux injustes et non transparents, sans respecter les normes minimales d’un procès équitable » et « sans aucune base légale ».

PARIS. Manifestation contre la condamnation à mort de deux femmes kurdes en Iran

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PARIS – Un rassemblement aura lieu à Paris ce dimanche 28 juillet pour dénoncer la condamnation à mort des activistes kurdes Bakhshan Azizi et Sharifa Mohammadi en Iran. (RDV à 18h, place de la Bastille)
 
La communauté des femmes du Kurdistan (KJK) a dénoncé les condamnations à mort prononcées contre Bakhshan Azizi* et Sharifa Mohammadi** soumises à la torture et traitements inhumains. La KJK appelé à une « lutte commune contre le régime iranien hostile aux femmes ».
 
 
« Les femmes iraniennes et kurdes du Rojhilat ont mis en lumière leur lutte pour l’existence, l’identité et la liberté avec le slogan « Jin, Jiyan, Azadî (Femme, vie, liberté) » en 2022. Alors que nous entrons dans le 21e siècle, nous avons été témoins et vivons un processus où notre discours sur le « Siècle des femmes – la révolution des femmes », que nous exprimons souvent à travers le mouvement des femmes kurdes, est passé du statut de revendication à celui de réalité matérielle. Nous, les femmes kurdes, avons montré que nous avions une vision d’une véritable révolution des femmes en transformant cette réalité du rêve et de la revendication en un fait tangible. À ce stade, la révolution des femmes du Rojava est devenue un exemple concret de nos revendications, et cette vérité a inspiré les femmes du monde entier. Aujourd’hui, les femmes du monde entier résistent aux (…) féminicides, à l’exploitation, aux inégalités, à l’esclavage et à la réalité d’un État patriarcal. En ce sens, les femmes ont élevé la voix et crié la vérité de ‘Femme, vie, liberté’ »
 
*Pakhshan Azizi, journaliste, travailleuse sociale et ancienne prisonnière politique kurde, détenue par le ministère du Renseignement, au quartier des femmes de la prison d’Evin, vient d’être condamnée à mort pour « rébellion ».
**La syndicaliste kurde, Sharifa Mohammedi avait elle aussi condamnée à mort par le régime iranien le 4 juillet, pour « rébellion armée ».

TURQUIE. Libération d’un otage kurde après 31 ans de captivité

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TURQUIE / KURDISTAN – Ahmet Zenger, prisonnier kurde de 63 ans arrêté en 1993 dans la province de Şirnak, fut condamné à la réclusion à perpétuité par la Cour de sûreté de l’État (DGM) pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ». Il a été libéré jeudi après 31 ans de détention alors qu’il souffrait de nombreuses maladies.

La famille et les amis de Zenger l’ont accueilli devant la prison de Giresun/Espiye. Il est originaire du village de Xirabaşeref à Idil (Hezex), dans la province de Şirnak

La libération d’Ahmet Zenger a été reportée à quatre reprises car il n’avait pas signé les documents du Conseil d’Administration et d’Observation affirmant qu’il « regrettait » ses actes.