Tout à commencé à Hakkari
PARIS – Député européen ALE, membre de Femu a Còrsica, François Alfonsi a publié ce matin un billet sur les dangers qui guettent les Kurdes de Syrie mais aussi les opportunités dont ils peuvent bénéficier à court et moyen terme.
Voici le billet de François Alfonsi publié sur son compte Facebook:
Kurdistan syrien, une résistance qui peut s’avérer décisive
La subite « révolution de Syrie » qui vient de porter au pouvoir des dirigeants de la mouvance islamiste sunnite à Damas crée une inquiétude existentielle pour « l’Administration Autonome de l’Est et du Nord de la Syrie » selon l’acronyme qui définit le Kurdistan autonome, le Rojava, au sein de la Syrie.
En effet, la coalition qui a renversé Bachar El Assad compte dans ses rangs « l’Armée Nationale Syrienne », en fait un mouvement djihadiste entièrement inféodé au gouvernement turc qui les arme et les soutient militairement, y compris en leur mettant à disposition des drones et des bombardements, pour agresser les Forces Démocratiques Syriennes dont la composante principale sont les Unités de Protection du Peuple (YPG) formées de combattants kurdes.
C’est ce groupe pro-turc qui a chassé les Kurdes de leur territoire historique d’Afrin en 2018, et permis à l’armée turque d’occuper une bande de territoire syrien le long de la frontière, au détriment du Rojava, menaçant la ville de Kobané. Il a même été « prêté » par la Turquie à l’Azerbaïdjan lors de la purification ethnique du peuple arménien au Haut Karabakh.
Depuis début décembre et la percée victorieuse de la coalition menée par le nouveau dirigeant syrien, les combats ont cessé partout en Syrie, à l’exception de l’offensive menée par ce groupe armé pro-turc, qui continue d’attaquer les forces kurdes avec le soutien direct de l’armée turque. Ainsi, ils ont occupé une ville frontalière, puis la capitale de la province de l’Ouest Manbij, mais ils sont depuis bloqués par les troupes kurdes. En cette fin d’année 2024, les forces anti-kurdes ont échoué dans leur offensive au sud de Manbij, perdant 23 soldats, un tank et plusieurs engins blindés malgré l’appui aérien de l’armée turque qui a bombardé les positions des FDS et de YPG. Ces derniers ont perdu un combattant dans l’affrontement.
Cette résistance des Kurdes permet de jouer sur des cartes diplomatiques totalement rebattues par la chute de Bachar El Assad, et aussi par de nouveaux développements politiques en Turquie.
La pression américaine et occidentale sur Erdogan, motivée par le rôle qu’ont joué les Kurdes contre Daech, et par leur rôle actuel pour maintenir les dizaines de milliers de djihadistes enfermés dans les prisons kurdes, bloque l’intervention directe au sol des soldats turcs. Et en Turquie même, le conflit turco-kurde est entré dans une nouvelle phase de dialogue entre le pouvoir d’Ankara et les mouvements proches du PKK et de leur fondateur historique Abdullah Ocalan emprisonné au secret dans une prison de haute sécurité sur l’île d’Imrali en mer de Marmara. A la surprise de tous les observateurs, en octobre dernier, une ouverture politique a été faite par le parti nationaliste allié d’Erdogan, réputé violemment anti-Kurde, dont le principal dirigeant a proposé une sorte de « paix des braves » au PKK. Dans la foulée, Ocalan a pu recevoir fin décembre une délégation de parlementaires du parti kurde DEM qui a pris la suite de HDP qui était menacé de dissolution. Cela faisait dix ans que toute visite à Ocalan était interdite, y compris pour ses avocats et pour sa famille.
Cette éclaircie diplomatique interne à la Turquie entre le PKK et le pouvoir permet d’espérer un possible dialogue avec les Kurdes de Syrie qui sont réputés proches du PKK, proximité qui a alimenté jusque-là le discours de guerre d’Erdogan contre le Rojava.
D’autre part les fractions majoritaires du nouveau pouvoir syrien comme HTC n’épousent pas les menées bellicistes de leur allié turc et du groupe pro-turc de l’Armée Nationale Syrienne. Pour le chef des FDS pro-kurdes, Mazloum Abdi, « les déclarations émanant de la nouvelle administration à Damas sont positives et nous les saluons. Le HTC ne veut pas établir un régime autoritaire comme c’était le cas sous les Assad et nous ne voulons pas non plus d’un régime fédéral, pas plus que la partition du pays. » (…) Nous voulons « une Syrie décentralisée et une administration autonome dans cette région ».
Autre initiative diplomatique des dirigeants kurdes, la proposition d’établir dans la grande ville kurde de Kobané, directement adossée à la frontière entre Syrie et Turquie, une zone démilitarisée sous supervision américaine, proposition que Mazloum Abdi commente ainsi : « L’État turc n’a de cesse de nous accuser de représenter une menace pour sa sécurité et pointe toujours du doigt la ville de Kobané. C’est pourquoi, à travers cette proposition d’une zone démilitarisée, nous voulons l’empêcher d’utiliser un tel argument et mettre un terme à ses inquiétudes ».
Cette proposition soutenue par l’administration Biden, doit encore être approuvée par l’administration Trump qui prendra ses fonctions le 20 janvier. Et les discussions avec Damas sur l’avenir du Rojava sont encore à venir. Pour les forces kurdes, l’objectif est d’arriver à une autonomie inspirée de celle dont bénéficient les Kurdes d’Irak. Quant à l’attitude finale de la Turquie, grande gagnante de la situation nouvelle en Syrie, mais contrainte à une nouvelle approche de la question kurde, elle est largement fluctuante.
Dans la confusion actuelle, tout est possible. Y compris l’accession du Rojava à une autonomie « à l’irakienne ». Mais le pire ne peut être écarté non plus, surtout si la résistance kurde perdait pied.
SYRIE / ROJAVA – L’organe des femmes du Nord et d’Est de la Syrie a condamné le massacre d’une famille par une attaque turque survenue hier soir dans le sud du canton kurde de Kobanê.
L’organe des femmes de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a condamné le massacre perpétré par des avions de guerre turcs contre une famille entière dans le village de Masrab, dans la ville de Sarrin, au sud de Kobanê, et a appelé les organisations internationales de défense des droits humains à briser leur silence.
Hier soir, une famille a été décimée par une frappe aérienne turque ciblant leur maison dans la campagne de Sarin. Le bombardement a causé la mort du père et de deux fillettes et la blessure de 5 autres enfants et de la mère, qui a été grièvement blessée.
L’organe des femmes de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie a fermement condamné le massacre du village de Masrab et a souligné que le ciblage des enfants et des femmes par l’occupation turque reflète le visage véritable et brutal de l’approche de l’occupation.

La déclaration de l’organe des femmes a eu lieu devant le jardin d’enfants Martyr Sara dans la ville de Raqqa, avec la participation de membres de la Commission des affaires sociales et des travailleurs et de représentants de partis politiques, en plus de la présence d’un groupe d’enfants du jardin d’enfants qui portaient des banderoles avec les phrases « J’ai le droit de vivre » et « Nous voulons seulement la sécurité ».
Le texte de la déclaration, qui a été lue par la vice-présidente du Conseil des femmes du nord et de l’est de la Syrie, Sawsan al-Khalaf, a mentionné les attaques continues de l’occupation turque sur les régions du nord et de l’est de la Syrie et ciblant les civils, en particulier les enfants et les femmes, considérant que le recours de l’occupation turque aux méthodes de meurtre, de destruction et de déplacement est la preuve de l’ampleur de sa faiblesse face à la volonté des peuples inébranlables face à elle.
Dans une critique claire de l’échec des organisations internationales à faire des efforts pour assumer leurs responsabilités et mettre fin aux massacres de l’occupation turque et de ses mercenaires contre les populations du nord et de l’est de la Syrie, le communiqué a déclaré que tous ces massacres ont eu lieu dans un silence international complet et des droits de l’homme, et les a appelés à rompre ce silence et à s’acquitter de leurs devoirs en mettant fin aux attaques et en tenant la Turquie responsable. (ANHA)
La célébration kurde du « Sersal » (nouvel an) est une vieille tradition kurde généralement célébrée le 13 janvier. Cette date est une célébration du Nouvel An basée sur le calendrier traditionnel kurde. Il s’appuie notamment sur les traditions de la foi zoroastrienne et s’appuie sur les cycles de la nature dans les sociétés agricoles. Mais il est moins important que le Newroz célébré le 21 mars et qui est devenu un symbole politique kurde contre l’oppression du peuple kurde avec la légende du forgeron Kawa…

Le 13 janvier symbolise le début des jours qui s’allongent et le début d’une nouvelle ère. À cette date, les gens nettoient leur maison et passent du temps avec leurs nouvelles familles. Allumer un feu fait partie des rituels consistant à laisser l’ancien derrière soi et à accueillir le nouveau.


SYRIE / ROJAVA – Alors que les mercenaires sous commandement de la Turquie ont intensifié les attaques ciblant le barrage de Tichrine, les autorités kurdes du Rojava ont averti que destruction du barrage de Tishrin sera un drame écologique et humain, notamment en causant des inondations, des pertes humaines importantes, destruction des infrastructures et de graves dommages écologiques, implorant la communauté internationale à arrêter les attaques ciblant le barrage de Tichrine.
L’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) a lancé un appel aux forces internationales concernant le danger imminent qui pèse sur le barrage de Tishrin, alors que les craintes de son effondrement augmentent en raison des bombardements turcs en cours et des attaques des mercenaires alliés.
L’Administration autonome a déclaré : « Depuis la chute du régime d’Assad le 8 décembre 2024, les factions soutenues par la Turquie ont continué à attaquer le barrage de Tishrin et ses environs. Les avions de guerre et les drones turcs ont ciblé les zones autour du barrage, aggravant le conflit entre le Conseil militaire de Manbij et les Forces démocratiques syriennes (FDS) d’un côté et la soi-disant Armée nationale syrienne de l’autre.
Il est évident que ces attaques visent à déstabiliser les zones de l’Administration démocratique autonome et à soutenir les ambitions de la Turquie d’occuper davantage de territoire syrien. Les factions impliquées dans ces actions hostiles ont montré un schéma de violence au service des objectifs de la Turquie, ce qui est évident dans les violations contre la population de Manbij depuis que les factions en ont pris le contrôle en décembre 2024.
La violence pratiquée par les forces turques et leurs factions alliées a suscité des inquiétudes quant à la sécurité du barrage de Tishrin. Le ciblage potentiel de cette infrastructure vitale constitue une fois de plus une menace directe pour la vie de centaines de civils dans la région. Nous avertissons que toute attaque ou destruction du barrage pourrait entraîner des conséquences catastrophiques, notamment des inondations généralisées, des pertes humaines importantes, la destruction des infrastructures et de graves dommages environnementaux ».
DAANES a souligné que l’effondrement du barrage n’affecterait pas seulement la population locale mais pourrait également avoir des effets dévastateurs sur toute la région, y compris les infrastructures de services et les biens publics et privés.
« Le barrage de Tishrin est une ressource vitale pour la production d’énergie et l’approvisionnement en eau potable. Avec une longueur de 1,5 km et une capacité de 1,9 milliard de mètres cubes d’eau, il joue un rôle crucial dans le maintien des moyens de subsistance des populations du nord et de l’est de la Syrie. Il a déjà subi des dommages ces dernières années, compromettant sa capacité opérationnelle, et tout dommage supplémentaire pourrait rendre le barrage inopérant, entraînant des effets à long terme sur la stabilité de toute la région. »
L’Administration autonome démocratique a souligné la nécessité urgente d’une intervention immédiate et de pressions sur la Turquie pour « mettre fin à ses actions agressives et assurer la protection des civils et des infrastructures vitales ». Elle a appelé à un cessez-le-feu global sur le territoire syrien pour instaurer la paix et la stabilité.
Il a également souligné l’importance des efforts internationaux pour résoudre la crise syrienne, appelant à une solution politique qui garantisse la participation de toutes les parties syriennes « quelles que soient leurs affiliations ethniques, religieuses ou sectaires » à la formation d’un nouveau gouvernement syrien inclusif.
En conclusion, l’Administration démocratique autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a exprimé l’espoir que la communauté internationale et les acteurs clés de la question syrienne reconnaîtraient la gravité de la situation dans la région et les a exhortés à prévenir une catastrophe humanitaire qui pourrait nuire à des millions de vies en cas d’effondrement du barrage de Tishrin. (ANF)
IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien a fait arrêté au moins 65 civils kurdes, dont des militants, des écologistes et d’anciens prisonniers politiques, en un mois. Pourtant, il n’y avait aucun mandat d’arrestation émis contre les civils détenus.
Iran Wire a déclaré qu’au moins 65 civils kurdes, dont des militants, des écologistes et d’anciens prisonniers politiques, ont été arrêtés par des agents du ministère du Renseignement de la République islamique au cours du mois dernier.
Les arrestations, menées entre décembre et janvier, ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Sanandaj (Sînê), Mahabad, Oshnavieh (Shno), Saqqez, Bukan et Piranshahr.
Selon certaines informations, de nombreuses arrestations ont été effectuées par des agents en civil, sans mandat judiciaire, et ont impliqué des violences physiques, a indiqué Iran Wire.
Fin décembre, neuf citoyens kurdes ont été arrêtés à Saqqez et Oshnavieh, et leur sort actuel reste inconnu.
Quatre autres personnes ont été arrêtées à Piranshahr, Sardasht et Mahabad et auraient été transférées dans un centre de détention du ministère du Renseignement à Urmia.
Après 27 jours, les familles des détenus n’ont toujours pas pu obtenir d’informations sur le lieu où se trouvent leurs proches, les charges retenues contre eux ou leur état de détention, malgré des tentatives répétées.