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TURQUIE. Les Loups Gris attaquent le « mur des femmes » à l’Université de ODTU

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TURQUIE – Des étudiants membres des Loups Gris turcs de l’université technique du Moyen-Orient (ODTU) ont déchiré les affiches portant des slogans kurdes et turcs « Kadınlar barış istiyor [Les femmes veulent la paix] » et « Jin jîyan azadî [Femme, vie, liberté] » d’un mur de l’enceinte de l’ODTU surnommé « le mur des femmes ». Le groupe a ensuite organisé une marche avec une pancarte représentant un loup gris et scandé des slogans fascistes tels que « Chaque Turc naît soldat » et « ODTU est turc et restera turc ».

 

Un groupe d’étudiants fascistes dirigé par la communauté de turcologie de l’université technique du Moyen-Orient (en turc, Orta Doğu Teknik Üniversitesi, ou bien ODTÜ, METU en anglais) a organisé la « Marche de la République ». Le groupe organisateur de la marche a attaqué le mur, appelé « mur des femmes » par les étudiants du METU, sur lequel étaient affichés des banderoles en kurde et des slogans tels que « Les femmes veulent la paix » et « Jin jîyan azadî [slogan kurde signifiant « femme, vie, liberté »] ».

Les étudiants membres des Loups Gris* ont déchiré les affiches kurdes accrochées au mur et scandé des slogans tels que « Chaque Turc naît soldat » et « ODTU est turc et restera turc ». Il convient de noter que presque tous les groupes qui ont attaqué le mur des femmes étaient des hommes. De plus, le groupe s’est promené dans l’école en faisant des pancartes de loup gris.

*L’idéologie des Loups Gris du Mouvement Ülkücü (Idéalistes, le nom complet est « Foyers idéalistes », en turc: Ülkü Ocaklari) repose sur une exaltation de la « race », de la langue, de la culture et de la nation turques. Les autres peuples de Turquie sont considérées comme une force de division de l’unité du pays et sont donc combattus. L’idéologie des Ülkücü est largement façonnée par les images de l’ennemi et les théories du complot. L’éventail des ennemis « internes » et « externes » s’étend des Kurdes, des Grecs et des Arméniens aux Juifs, des Européens et des Chinois aux États-Unis et au Vatican.

TURQUIE. Scandale impliquant des membres des Foyers Ottomans d’Allemagne à Mardin

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TURQUIE / KURDISTAN – Un véhicule immatriculé en Allemagne et appartenant aux cadres des Foyers Ottomans a heurté deux femmes dans la province kurde de Mardin et tenté de s’enfuir des lieux. Quand une foule s’est formée pour venir en aide aux femmes blessées, le conducteur du véhicule s’est mis en marche-arrière dans le but d’écraser la foule en colère.
 
Un véhicule tout-terrain de type pick-up avec la plaque d’immatriculation allemande GM AE 4747, circulant dans la rue Vali Ozan à Mêrdîn / Artuklu, a heurté 2 femmes dans la rue. Alors que deux femmes ont été blessées dans l’accident, les citoyens ont réagi face au conducteur. Suite à la réaction des citoyens, le véhicule a tenté de se déplacer dans la mauvaise direction dans la rue, provoquant une confusion dans la circulation et percutant 4 autres véhicules. Alors que les personnes à bord des véhicules ont été légèrement blessées, le véhicule a percuté une camionnette et s’est arrêté.
 
4 personnes blessées ont été transportées en ambulance à l’hôpital de formation et de recherche de Mardin. Les blessés seraient en bon état. Le conducteur du véhicule, dont le nom n’était pas connu, a été arrêté par la police.
 
Une carte de la direction provinciale de Mardin des *Foyers Ottomans (en turc: Osmanlı Ocakları) était collée au pare-brise du véhicule.
 
 
*Les Foyers ottomans, qui prêchent un puissant mélange de religion et de nationalisme [comme les Loups Gris turcs**], sont apparus pour la première fois [créés en 2009] sous le feu des projecteurs lorsque leurs membres ont été repérés lors de rassemblements de l’AKP vêtus d’un voile blanc. Le message était on ne peut plus clair : ils étaient prêts à renoncer à leur vie pour passer sous le commandement d’Erdoğan, leur chef vénéré. (Extrait de l’article Les Foyers ottomans : menaçants ou bénins ? publié sur le site de Middle East EYE en 2016)

 

**L’idéologie des Loups Gris du Mouvement Ülkücü (Idéalistes, le nom complet est « Foyers idéalistes », en turc: Ülkü Ocaklari) repose sur une exaltation de la « race », de la langue, de la culture et de la nation turques. Les autres peuples de Turquie sont considérées comme une force de division de l’unité du pays et sont donc combattus. L’idéologie des Ülkücü est largement façonnée par les images de l’ennemi et les théories du complot. L’éventail des ennemis « internes » et « externes » s’étend des Kurdes, des Grecs et des Arméniens aux Juifs, des Européens et des Chinois aux États-Unis et au Vatican.

TURQUIE. Montée en puissance de l’idéologie Incel « alimentée par les politiques gouvernementales misogynes »

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TURQUIE – Alors que le nombre de féminicides ne cesse de croitre en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, à cause d’une justice clémente envers les auteurs des féminicides et des violences faites aux femmes, une idéologie en particulier attire l’attention en raison de son lien avec ces crimes : l’idéologie Incel (involuntary celibate, célibataire involontaire en français). Renforcée par un sentiment d’impunité, l’idéologie Incel alimente davantage les inégalités entre les sexes et légitime la violence contre les femmes.
 
Lors de la discussion sur l’histoire politique et sociale des questions de genre et des femmes en Turquie, la politologue Alev Özkazanç, le spécialiste en communication Orhan Şener Deliormanlı et le sociologue Yaşar Suveren de l’Université de Sakarya, qui étudie la misogynie, ont partagé leurs points de vue sur le mouvement Incel et ses croyances misogynes.
 
« La misogynie au cœur du problème »
 
La politologue Alev Özkazanç, l’universitaire Orhan Şener Deliormanlı et le sociologue Yaşar Suveren expliquent que les incels* pourraient constituer une menace sociale en Turquie à travers la radicalisation en ligne « alimentée par les politiques gouvernementales misogynes ».
 
Le sociologue Yaşar Suveren explique que les Incels incarnent principalement un état d’esprit et un comportement enracinés dans la misogynie.
 
« Nous avons affaire à un groupe d’individus isolés de la société, incapables d’établir des relations saines ou de communiquer avec les femmes, et qui rationalisent cet isolement en accusant les femmes. (…) ce sont des hommes solitaires, peu attachés à la société, qui ont une vision hostile des femmes, qu’ils accusent d’être la cause de leurs problèmes personnels. »
 
Selon Suveren, la misogynie est au cœur du mouvement Incel. Croyant que les femmes les excluent consciemment, ces individus projettent leurs insuffisances et leurs frustrations vers l’extérieur, considérant les femmes comme une menace. Il note que les récents incidents violents en Turquie reflètent les tendances violentes des membres du mouvement Incel : « Dans certains pays, des individus s’identifiant comme Incels ont été impliqués dans des incidents violents. Bien qu’il soit difficile d’affirmer qu’ils agissent de manière organisée ou systématique, la radicalisation en ligne pourrait représenter une menace sociale. »
 

Une radicalisation croissante

 
Orhan Şener Deliormanlı, spécialiste des communications et journaliste, souligne l’effet radicalisant des espaces virtuels :
 
« Dans des espaces en ligne comme les salles Discord, des personnes ayant des mentalités similaires se rassemblent et se radicalisent encore plus. Dans des environnements physiques, la pression sociale peut les maintenir sous contrôle, mais dans un espace virtuel, ils peuvent devenir plus audacieux et agir en tant que collectif. »
 
Deliormanlı souligne également le changement générationnel au cours des 20 dernières années, avec moins d’enfants grandissant dans la rue et davantage élevés devant des écrans :
 
« Une génération a émergé qui socialise [entre les quatre murs de la maison], en satisfaisant ses besoins biologiques par le biais de jeux et de pornographie sans même mettre le pied dehors. Cet isolement limite les rencontres réelles avec les femmes et aggrave leur misogynie. »
 

Une forme distincte de misogynie

 
La politologue et écrivaine Alev Özkazanç décrit l’idéologie Incel comme une forme unique de misogynie. Elle explique ainsi le développement du caractère Incel :
 
« L’idéologie des Incel repose essentiellement sur la haine des femmes. Bien que nouvelle en Turquie, cette idéologie est née d’une communauté numérique en Amérique du Nord. Ce groupe croit que les femmes sont intrinsèquement insensibles à leur égard et le seront toujours. Cette conviction conduit à une perception qui place les hommes au bas de la hiérarchie masculine. »
 

La crise de la masculinité

 
Özkazanç explique que l’idéologie Incel ne concerne pas uniquement les femmes, mais également les hommes qui se considèrent comme étant au bas de la hiérarchie masculine. Les individus Incel ont le sentiment d’occuper le plus bas échelon de la société et leur incapacité à attirer les femmes les pousse encore plus bas dans cette hiérarchie perçue.
 
Elle souligne que l’idéologie Incel reflète l’un des symptômes les plus extrêmes d’une crise de masculinité et ajoute :
 
« L’idéologie incel repose sur un sentiment de défaite et de désespoir, souvent associé à un nihilisme violent. En Turquie, l’éloignement de longue date du gouvernement en matière d’égalité des sexes, associé à des mesures telles que le retrait de la Convention d’Istanbul, a aggravé cette crise et constitue un encouragement tacite pour les hommes. » (Bianet)
 
*La sous-culture incel (néologisme et mot-valise de langue anglaise pour involuntary celibate, célibataire involontaire en français) désigne la culture des communautés en ligne dont les membres se définissent comme étant incapables de trouver une partenaire amoureuse ou sexuelle, état qu’ils décrivent comme célibat involontaire ou inceldom. Ceux qui se déclarent incels sont en majorité des hommes cisgenres et hétérosexuels. Généralement, les femmes incels sont appelées femcels (Wikipedia)

TURQUIE. Arrestation d’un avocat car il défendait un Kurde accusé de « terrorisme »

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TURQUIE – Dix-neuf personnes, dont l’avocat Bedirhan Sarsılmaz détenu lors d’une audience au tribunal, ont été arrêtées le 25 octobre à Istanbul, accusées d’« appartenance à une organisation terroriste [kurde] ».
 
Ces arrestations font partie d’une enquête nationale plus vaste lancée par le parquet général d’Istanbul et ciblant de prétendues affiliations « terroristes ».
 
Les autorités ont placé 38 personnes en garde à vue à Istanbul dans le cadre de l’enquête. La moitié des personnes arrêtées ont été formellement arrêtées et accusées d’« appartenance à une organisation terroriste [PKK] », tandis que les 19 autres ont été libérées sous contrôle judiciaire, qui comprend souvent des interdictions de voyager et des obligations de se présenter régulièrement.
 
L’avocat arrêté, Bedirhan Sarsılmaz, membre de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD), aurait été placé en détention immédiatement après avoir terminé ses fonctions au tribunal. L’arrestation de Sarsılmaz a suscité des inquiétudes parmi les organisation de défense des droits humains, car sa détention serait liée à ses activités professionnelles d’avocat.
 
Cette opération de répression s’inscrivait dans le cadre d’une opération plus vaste et coordonnée dans 31 provinces de Turquie, avec un total de 176 personnes arrêtées pour des accusations telles que « appartenance à une organisation terroriste », « propagande pour une organisation terroriste » et « soutien financier à une organisation terroriste ». (Bianet)

Célébrations de la Journée mondiale pour Kobanê

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SUISSE – Centre culturel du Kurdistan à Lausanne organise une journée spéciale Kobanê à l’occasion de la Journée Mondiale pour Kobanê* alors que la Turquie a intensifié les attaques sanglantes visant les Kurdes du Rojava / Nord – Est de la Syrie depuis plusieurs jours. (Les commémorations de la Journée mondiale pour Kobanê auront lieu à travers l’Europe, mais également au Kurdistan et bien sûr au Rojava.)
 
Affiche de « World Kobane Day » réalisée par le centre kurde de Lausanne

RDV le samedi 2 novembre, à 14h, au Centre culturel du Kurdistan à Lausanne, Rue de la Borde, 12, LAUSANNE

 
*Depuis dix ans, les Kurdes célèbrent le 1er novembre la Journée mondiale pour Kobanê, petite ville dans le nord de la Syrie qui était encerclée par les terroristes de DAECH. Kobanê fut libérée de DAECH au prix d’un un lourd tribut payé des milliers femmes et hommes qui ont pris les armes pour défendre l’humanité du terrorisme daechien ou pour protéger la Révolution du Rojava. Retour sur l’histoire du choix de cette journée.
 

Après les attaques de l’État islamique (DAECH / ISIS) contre Kobanê en 2014, de nombreux écrivains, artistes, universitaires, militants, historiens, journalistes, représentants d’organisations de la société civile et députés ont signé une déclaration pour exprimer leur solidarité avec Kobanê et exiger une aide internationale pour ses habitants. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de nombreux pays du monde entier pour montrer leur soutien à Kobanê dans sa lutte contre l’État islamique.

La Commission civique UE-Turquie (EUTCC) et l’initiative campagne de paix contre DAECH ont lancé une pétition pour appeler à une « mobilisation mondiale pour Kobanê et l’humanité ». 130 personnalités ont signé la pétition au cours des quatre premiers jours. Les 130 signataires internationaux, dont le linguiste américain Noam Chomsky ; Adolfo Perez Esquive, lauréat du prix Nobel de la paix 1980-Argentine ; Desmond Tutu, lauréat du prix Nobel de la paix en 1984 et Michel Roland, président de Médecins du Monde, ont appelé à un rassemblement mondial contre Daech pour Kobanê et pour l’humanité.

Dans la déclaration, les signataires écrivaient : « La coalition internationale de lutte contre l’Etat islamique n’a pas rempli ses véritables obligations juridiques internationales. Certains des pays de la coalition, en particulier la Turquie, font partie des soutiens financiers et militaires des terroristes de l’EI en Irak et en Syrie. Si le monde veut la démocratie au Moyen-Orient, il doit soutenir la résistance kurde à Kobanê. Nous encourageons les gens du monde entier à montrer leur solidarité avec Kobanê. Allez dans la rue et manifestez. »

Le 1er novembre 2014, des millions de personnes ont manifesté à travers le monde pour exprimer leur solidarité avec la résistance héroïque de Kobanê.

Depuis, chaque année, 1er novembre est célébré comme la Journée mondiale pour Kobanê.

IRAN. 150 prisonniers exécutés en un mois

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IRAN – La machine à tuer du régime iranien tourne à plein régime avec l’intensification des exécutions des prisonniers qui a atteint le nombre de 150 entre du 22 septembre et 21 octobre 2024. La majorité des prisonniers exécutés appartenaient aux peuples marginalisés d’Iran qui sont les Kurdes, les Baloutches, les Arabes mais aussi des Afghans vivant en Iran.
 
 
Actuellement des centaines de prisonniers sont en grève de la faim pour protester contre la peine de mort et exiger la fin de cette barbarie sans nom.
 
Le mardi 22 octobre 2024, Téhéran a été le théâtre d’un rassemblement de protestation des familles de prisonniers devant le Parlement, où elles ont crié « Arrêtez les exécutions ! », exprimant leur colère contre les autorités du régime et la récente augmentation du recours à la peine de mort.
 
Le même jour, au cours de la 39e semaine de la campagne « Non aux mardis des exécutions », les prisonniers de 23 prisons d’Iran ont publié une déclaration, portant à l’attention du monde entier les voix des protestations des prisonniers politiques contre l’augmentation continue des exécutions.
 
Sur les 627 exécutions qui l’Iran ait ait connues en 2024, 356 ont eu lieu sous la présidence de Massoud Pezeshkian qui fut élu 5 juillet 2024.

TURQUIE. Les femmes dans la rue contre les féminicides prévisibles

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TURQUIE / KURDISTAN – Les femmes de la ville kurde de Diyarbakir (Amed) sont descendues dans la rue après le meurtre d’Evin Demirtaş par son ex-mari qui avait également tué sa première épouse, le crime pour lequel il avait passé seulement 8 mois en prison. 

Les amies de Demirtaş ont déclaré qu’Evin avait été mariée de force à Şehmusoğlu à l’âge de 15 ans. Dès lors, elle avait subi la violence systématique de Şehmusoğlu qui avait proféré des menaces après leur séparation. On signale également qu’Evin s’était rendu au poste de police de Bismil et avait porté plainte contre Şehmusoğlu, en vain.

Les organisations de femmes ont protesté contre le meurtre d’Evin Demirtaş devant le palais de justice de Diyarbakır et ont appelé à la mise en œuvre effective de la loi n° 6284 censé protéger les femmes contre les violences masculines.

 

Des organisations de femmes ont fait une déclaration devant le palais de justice de Diyarbakır en faveur d’Evin Demirtaş (47 ans), assassiné par Abdullah Şehmusoğlu (80 ans) le 22 octobre à Huzurevleri/Peyas (Kayapınar) à Amed. Des membres du Mouvement des femmes libres (TJA) et de la Plateforme des femmes Dicle – Amed (DAKAP), ainsi que la députée du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (Parti DEM), Adalet Kaya, et de nombreuses femmes ont assisté à la déclaration.

Rappelant qu’Evin Demirtaş a été assassinée lors d’une attaque planifiée dans les rues où l’État est obligé de protéger les femmes, la représentante du DAKAP, Cansel Talay, a déclaré que la violence contre les femmes continue d’être un problème systématique en Turquie. Talay a déclaré que la raison pour laquelle le droit des femmes à la vie n’est pas protégé est la politique d’impunité dont jouissent les meurtriers des femmes.

YouTube et Facebook ferment les comptes de l’artiste kurde Rotinda

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CENSURE. YouTube et Facebook ont fermé les comptes de l’artiste kurde, Rotinda victime d’attaques fascistes en ligne.
 
 
La censure contre la musique et les artistes kurdes se poursuit. Les comptes YouTube et Facebook de l’artiste Rotinda ont été fermés après avoir été cible par des fascistes turcs. Rotinda a déclaré qu’il était menacé depuis longtemps par les mêmes groupes de personnes proches du gouvernement turc. L’artiste a déclaré que l’accès à ses comptes YouTube et Facebook avait été bloqué à la suite de menaces et de chantage, et a ajouté que sa musique ne pouvait pas être censurée.
 

« Il y a une intolérance envers la musique kurde »

 
Rotinda a déclaré : « ‘Je chante depuis 35 ans et ces vidéos sont diffusées depuis 1996. Pourquoi posent-elles problème maintenant ?’ ai-je écrit à YouTube, mais ils n’ont pas répondu et ont fermé mes comptes. Les administrateurs de YouTube et de Facebook font preuve de discrimination. Il y a une intolérance envers la culture et la musique kurdes. Quand j’ai demandé qui avait pris la décision de les bloquer, ils n’ont pas pu me répondre. Mon compte Facebook a été fermé il y a 6 mois avec la même excuse. Nous dénoncerons cela partout. Nous appelons notre peuple à protéger la musique kurde. » (ANF)

ROJAVA. L’écologie est la victime collatérale des attaques turques

SYRIE / ROJAVA – Les attaques sanglantes turques ciblant la région autonome du nord et l’est de la Syrie détruisent également la nature de la région déjà mise à mal par une décennie de guerre et la désertification accélérée. L’ONG écologique kurde, Tresses Vertes exhorte les ONG internationales de la protection de la nature à agir contre l’écocide commis par la Turquie dans sa guerre colonialiste au Kurdistan.
 

Voici le communiqué de Tresses Vertes (en kurde: Keziyên kesk) daté du 27 octobre:

 
« Les attaques de l’occupation turque sur les régions du nord et de l’est de la Syrie constituent une violation flagrante du droit international de l’environnement et des droits humains.

Depuis le 23 octobre 2024, les régions du nord et de l’est de la Syrie ont connu une nouvelle vague d’escalade dans laquelle l’État occupant turc a ciblé les infrastructures et les services déjà fragiles en raison du siège imposé à la population de la région et de la longue durée de la guerre en cours dans le pays.

La Turquie a mené 1031 attaques, faisant 17 martyrs et 65 blessés. Ces attaques ont fait de nombreuses victimes civiles, dont des enfants et des femmes, en ciblant directement des points médicaux, des boulangeries, des silos à grains, des centrales électriques, une usine de fromage et de lait, une usine d’aliments pour animaux et certaines installations pétrolières.

 

Ces attaques injustifiées contre la population et les infrastructures de la région, en plus des coupures d’eau continues, exposent la région à une situation environnementale extrêmement dangereuse et confirment que la méthodologie du gouvernement turc et de son armée vise la destruction et l’annihilation. Les effets de cette politique systématique se voient dans la privation des populations de la région de leurs ressources naturelles, comme les coupures d’eau délibérées et préméditées depuis plus d’une décennie, qui ont transformé la région mésopotamienne (Mésopotamie) en un désert semi-aride, dépourvu d’eau et de nourriture, après avoir été un berceau de richesses agricoles.

 

Les attaques répétées contre les installations pétrolières confirment que la région est en proie à une pollution durable et à des impacts environnementaux dévastateurs à long terme, avec pour conséquences des menaces pour la biodiversité et la perturbation des écosystèmes. Cette pollution, résultant de l’utilisation de divers types d’armes mortelles, peut s’étendre à l’eau et constituer une menace pour la santé et l’agriculture, au mépris flagrant du droit international de l’environnement, des droits de l’homme et de la souveraineté.

En tant qu’Association environnementale Tresses Vertes, nous condamnons la méthodologie d’extermination de l’État turc contre les composantes de la région et sa nature, et appelons tous les mouvements environnementaux, les militants environnementaux, les forces démocratiques et les défenseurs des droits de l’homme à élever une voix forte pour condamner ces crimes contre les personnes et la nature.

 

Association environnementale Tresses Vertes »

*L’initiatif écologique kurde du Rojava Keziyên kesk (Tresses Vertes ou Green Tress en anglais) a choisi ce nom pour en hommage à la résistance des femmes du Rojava, en particulier aux femmes yézidies (êzdî) qui ont coupé leurs tresses et les ont attachées aux tombes de leurs maris tuées par DAECH lors du génocide commis à Shengal en août 2014.

KURDISTAN. Des civils kurdes ciblés par un bombardement turc à Amedîyê

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IRAK / KURDISTAN – L’armée turque a bombardé une maison du village Guherze d’Amediyê, dans la province kurde de Duhok, au Kurdistan irakien. Trois enfants traumatisés par l’attaque ont été hospitalisés.
 
Les équipes de Community Peacemaker Teams (CPT), ONG internationale de défense des droits humains et de réduction de la violence, ont annoncé que l’artillerie turque avait ciblé le village de Guherzê du district d’Amediyê de la ville de Duhok au Kurdistan du Sud.
 
Selon Rojnews, les obus ont été tirés depuis la base militaire turque de Girê Bihar et l’artillerie a touché une maison du village de Guherzê. Il a été déclaré que la plupart de la maison et de ses biens avaient été endommagés lors de l’attaque. Trois enfants choqués lors de l’attaque ont été emmenés à l’hôpital Amediyê, tandis qu’une autre maison a été endommagée.

TURQUIE. Un mariage kurde perturbé par une attaque raciste

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CANAKKALE – Un groupe raciste, qui a attaqué les noces d’une famille kurde à cause des chants kurdes, a battu et racketté un jeune Kurde après avoir coupé l’électricité de la salle de mariage. La police turque a arrêté plusieurs personnes, dont les victimes. (Ces derniers années, les attaques racistes envers les Kurdes ont considérablement augmenté en Turquie.)
 
Une attaque raciste a été perpétrée lors du mariage d’une famille kurde originaire d’Agirî, dans le district de Çan, à Çanakkale, le 26 octobre. Selon les informations obtenues ; Un groupe de hooligans du « 17e Régiment » de Çanspor a éteint les interrupteurs de la salle des mariages à deux ou trois reprises, en utilisant des chants kurdes comme excuse. La famille d’Agirî a mis fin au mariage une heure plus tôt alors que le harcèlement s’intensifiait. Alors que les invités quittaient le mariage, un jeune homme de la noce a été attaqué par le groupe. Le téléphone et l’argent du jeune homme agressé ont été volés. La famille a demandé au groupe d’agresseurs de lui rendre de l’argent et le téléphone. Le groupe d’attaquants a répondu : « Nous vous attendons avec un groupe de 50 personnes, venez le chercher ». La famille d’Agirî s’est rendue à l’endroit indiqué par les assaillants et y a été attaquée à coups de bâtons et de pierres.

 

De nombreux participants du mariage ont été blessés à cause de l’attaque. Au moins 10 personnes appartenant à la famille et au groupe d’attaquants ont été arrêtées. Les personnes arrêtées ont été libérées après avoir été auditionnée par le parquet. La famille a déclaré qu’elle porterait plainte contre les agresseurs.

Attaque organisée sur un groupe WhatsApp

Il s’est avéré que les assaillants étaient organisés en un groupe Whatsapp appelé « Kıpkırmızı 17. Alay (Rouge écarlate, 17e Régiment) ». Dans les messages du groupe WhatsApp, les assaillants ont décidé d’attaqué le mariage kurde au milieu d’un discours kurdophobe.

 

Le maire CHP du district remercie les agresseurs

Il a été révélé que les membres du groupe de hooligans du « 17e Régiment » étaient organisés via Facebook et WhatsApp. Sur Facebook, les membres du groupe ont publié des messages menaçant ciblant les Kurdes. Sur Facebook, Sezai Kaya, membre du groupe de supporters du « 17e Régiment », a remercié Harun Arslan, le maire de Çan, membre du parti d’opposition, CHP, et Murat Okan, le chef du district du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, pour leur soutien, en déclarant : « La musique kurde ne peut pas être jouée dans ce pays. Le président Harun et le président Murat Okan, qui ont compris les jeunes de Çan qui ont empêché ce soir, que Dieu les bénisse. (…) S’il s’agit du pays, nous ne faisons qu’un. (…) Je vous remercie tous en mon nom et en celui de mes frères (…) »
Des sources locales ont indiqué qu’Arslan avait déjà célébré le mariage d’un membre de la famille de Sezai Kaya, ce qui a intensifié les appels à la responsabilité et à un examen minutieux des affiliations politiques présumées avec des groupes nationalistes.

Commentaires racistes

Il a été constaté que divers commentaires racistes avaient été tenus sous le message de Kaya. Alors qu’Ahmet Öztürk commentait sous le message de Kaya : « Ceux qui rêvent d’un Kurdistan imaginaire finiront au cimetière », Hakan Dayı a répondu: « J’ai une demande à ceux qui gouvernent notre district. Nous traversons des moments sensibles. Lors du mariage de ce soir à Çan, le son était extrêmement fort, provocateur. (…). Cela aurait été une nuit difficile, nous l’avons empêché. Dorénavant, on doit prendre précautions pour de tels mariages à Çan. »

 

EUROPE. Manifestations kurdes contre le colonialisme turc

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FRANCE – Le samedi 26 octobre, les Kurdes sont descendus dans les rues d’Europe pour attirer l’attention sur le fait que l’État turc tue des civils. Ces actions ont fait passer le message que si la résistance s’intensifie, l’isolement et l’occupation seront vaincus.

Les Kurdes vivant en Europe protestent contre les attaques de l’occupation par l’État turc et l’isolement imposé à Abdullah Ocalan sur l’ile prison d’Imrali.

Nantes

Les attaques de l’État turc sur le Rojava, les zones de défense de Medya et le Sud-Kurdistan ont été protestées par une marche organisée dans la ville de Nantes.

La marche, organisée par le Centre kurde de Nantes (CDK-N) et soutenue par des internationalistes, portait des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « L’État turc commet un massacre au Rojava », « Brisons l’isolement, détruisons le fascisme, libérons le Kurdistan » ainsi que des affiches du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan et des drapeaux du PKK.

Paris

 

Des centaines de Kurdes sont descendus dans les rues de Paris pour protester contre les attaques génocidaires de l’État turc contre le Rojava.

Des centaines de Kurdes se sont rassemblés devant la Gare de l’Est de Paris pour participer à la manifestation organisée par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) et ont marché jusqu’à la place de la République.

Le coprésident du CDK-F, Şahin Polat, et la porte-parole des affaires étrangères du CDK-F, Berivan Fırat, ont fait une déclaration à la presse.

Polat a déclaré : « Alors que l’État fasciste turc fait des déclarations de paix, il mène également des attaques génocidaires contre Rojava et Shengal, tuant des civils, des femmes et des enfants. C’est de l’hypocrisie. Les États européens devraient également voir la politique hypocrite de la Turquie et reconsidérer leur position. Le soutien politique et économique que l’Europe apporte à la Turquie se transforme en massacre pour le peuple kurde, les femmes kurdes et les enfants kurdes au Kurdistan. Notre appel aux États européens est le suivant : ne participez pas au génocide kurde. »

Munich

À Munich, des manifestations ont été organisées pour protester contre les attaques de l’occupation turque. Des militants ont dénoncé l’État fasciste turc qui continue de perpétrer des crimes de guerre.

Les slogans « Bijî berxwedana Rojava » (Vive la Résistance du Rojava) et « Bijî berxwedana YPG-YPJ » ont été scandés lors de la manifestation où a été lue la déclaration du mouvement des femmes.

Un appel a été lancé pour participer à la marche de Cologne le 16 novembre.

La Haye

Les Kurdes vivant dans la ville de La Haye se sont rassemblés devant le bâtiment du Parlement néerlandais pour protester contre les attaques menées par l’État occupant turc sur les colonies civiles dans le nord et l’est de la Syrie, et ont déclaré : « Nous appelons la communauté internationale à faire preuve de sensibilité face aux attaques visant la structure démocratique, la liberté des femmes et la vie écologique au Rojava. »

Milan

A Milan, une manifestation « Non à la guerre, la paix maintenant » a été organisée par divers syndicats, partis et organisations de masse démocratiques. L’événement a été organisé par Rete Kurdistan et le Comité kurde d’Italie.

Des fumigènes ont été allumés sur la place historique du Duomo de Milan, exigeant la libération d’Abdullah Öcalan.

Kiel

Les attaques génocidaires perpétrées par l’État turc contre le Rojava ont été dénoncées à Kiel. Des Kurdes et leurs amis se sont rassemblés devant la gare centrale de Kiel pour participer à la manifestation organisée par l’Initiative de défense du Kurdistan de Kiel.

Dans un communiqué, Defend Kurdistan a déclaré : « Nous sommes ici aujourd’hui pour condamner les attaques de l’État turc contre Rojava. La Turquie est censée protester contre les attaques d’Israël contre Gaza. Cependant, c’est de l’hypocrisie. « Parce que l’État turc bombarde depuis trois jours des hôpitaux, des boulangeries et des réservoirs d’eau au Rojava. Il bombarde des colonies civiles en ciblant les civils. »

Nuremberg

À Nuremberg, les Kurdes et leurs amis ont protesté contre les frappes aériennes menées par l’État occupant turc sur des zones civiles dans le nord et l’est de la Syrie.

Les manifestants ont donné des messages de solidarité avec le peuple du Rojava, scandé les slogans « Bijî berxwedana Rojava » (Vive la résistance du Rojava), « Jin Jiyan Azadî » (Femmes, vie, liberté) et « Terroriste Erdoğan ».