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« Protégeons la révolution syrienne et les Kurdes pour une Syrie libre et démocratique »

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PARIS – Alors que les attaques militaires turco-jihadistes ensanglantent les régions kurdes de Syrie sous contrôle des forces arabo-kurdes depuis début décembre, 150 personnalités appellent à protéger « la révolution syrienne et les Kurdes pour une Syrie libre et démocratique ».

Voici la tribune (initiée par la fondation Danielle Mitterrand) publiée ce matin :

 

A l’initiative de la Fondation Danielle Mitterrand, plus de 150 responsables d’organisation, syndicalistes, député.es, maires, chercheur.euses, réalisateur.ices, humanitaires, artistes, avocat.es, etc ont signé cette tribune de soutien à la révolution syrienne, au Kurdes et aux minorités pour construire une Syrie libre, pluraliste et démocratique.

 

Après la chute d’Assad, protégeons la révolution syrienne, les Kurdes et les minorités pour une Syrie libre, pluraliste et démocratique.

Le régime dictatorial de Bachar al-Assad s’est effondré le 8 décembre 2024 après une offensive foudroyante menée par une coalition de rebelles islamistes dominée par le groupe Hayat Tahrir al Sham (HTS). C’est la fin d’un régime parmi les plus sanguinaires au monde.

En plus de 54 ans, la domination du clan Assad sur le peuple syrien a entraîné près d’un million de morts, plus de 13 millions de déplacé·es et réfugié·es, des centaines de milliers de disparu·es et torturé·es, l’utilisation d’armes chimiques contre son peuple, un narcotrafic massif, entre autres horreurs. Clé de voûte de ce système tortionnaire et mafieux qui revendiquait de « brûler » son propre pays, la prison de Sednaya : un « abattoir humain » où le régime a fait disparaître plusieurs dizaines de milliers d’opposant·es, certain·es dans des bains d’acide.

L’offensive militaire des factions rebelles du Nord et du Sud n’aurait pas pu s’imposer si elle n’était pas portée à la fois par l’état de décrépitude du régime et par une aspiration populaire immense pour en finir avec le « boucher de Damas ». D’Alep jusqu’à Soueïda et Deraa, la chute du régime est avant tout un prolongement de la révolution populaire syrienne déclenchée en 2011 dans la vague des « Printemps Arabes ». Elle revendiquait une Syrie libre, démocratique et pluraliste, avant d’être étouffée par une guerre déchirant le pays et instrumentalisée par de nombreuses puissances. Ce sont les enfants des révolutionnaires qui sont venus « compléter l’histoire » en libérant les villes où ils ont grandi.

Affirmant leur dignité, ils sont sortis des limbes du « royaume du silence » où la communauté internationale les avait relégués. Car en Occident la révolution syrienne a souvent été ignorée, incomprise voire calomniée au nom d’un soi-disant « anti-impérialisme » du régime de Bachar al-Assad qui permettrait de relativiser ses crimes contre l’humanité, de fausses idées selon lesquelles le peuple révolutionnaire syrien n’était composé que de djihadistes ou instrumentalisé par la CIA, et de la persistance d’une vision orientaliste méprisante déniant aux habitant·es de la région la capacité d’être acteurs·ices de leur histoire.

Nous rendons hommage à la révolution syrienne. Pendant plus de 13 ans elle a persisté envers et contre tout : à travers des réseaux d’exilé·es poursuivant la lutte dans le monde entier, des activistes des droits humains infatigables compilant les preuves des crimes du régime, des militant·es transmettant la mémoire des Conseils civils locaux et des expériences d’auto-organisation de la période 2011-2013, des manifestations contre le régime qui continuaient chaque année à Idlib et récemment à Souïeda… Par-delà des souffrances inimaginables, les révolutionnaires syrien·nes n’ont jamais abdiqué leur dignité.

Ce qui semblait impossible est devenu possible et réel. Dans les berceaux de la révolution de Homs et Deraa, de Damas à Alep, de Raqqa à Hassakê, mais aussi dans la plaine de la Bekaa au Liban, dans les villes de Turquie et jusqu’à Berlin et Paris, le drapeau à trois étoiles flotte sur les places, les bâtiments publics et les ambassades. Dans les manifestations à nouveau autorisées, le peuple chante « Uni, uni, uni, le peuple syrien est uni ! » dans un torrent d’émotions. 

Défendre les minorités, les Kurdes, et le projet de l’AANES

Malgré cela, la Syrie est encore loin d’être libérée, ses habitant.es loin de pouvoir s’autodéterminer sereinement. La nouvelle étape est lourde de menaces et la prudence est maximale. Malgré le retrait militaire en cours de la Russie et de l’Iran, dont les massacres ont permis de sauver le régime, la guerre continue et les puissances étrangères cherchent toujours à pousser leurs pions.

L’armée israélienne bombarde intensément le pays et poursuit son invasion du plateau du Golan. Dans ses poches du désert et dans la prison de Hol surveillée par les Forces Démocratiques Syriennes sous encadrement kurde, des milliers de djihadistes de l’État Islamique attendent de profiter du chaos. Malgré les discours pour l’heure modérés du HTS, dont une partie des cadres est passé par Al Qaeda, la protection des nombreuses minorités (Chiites, Druzes, Chrétien·nes, Yézidis, Kurdes, Syriaques, etc) est menacée. Une prudence maximale est requise. Il n’est pas exclu que le HTS cherche à affirmer un autoritarisme islamiste sur tout le pays d’ici quelques mois, une fois son pouvoir consolidé, sorti de la liste terroriste et de l’isolement diplomatique.

En particulier, le sort des Kurdes et de l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) est sous urgence vitale. La Turquie nationaliste, aux ambitions néo-ottomanes, veut devenir le parrain du nouveau pouvoir syrien. Sous son contrôle, des milices de la soi-disante « Armée Nationale Syrienne » attaquent les FDS et ciblent en particulier les territoires kurdes. Après l’occupation de Afrin en 2018, les attaques de 2019 entre Tell Abyad et Ras Al Aïn, ayant déplacé des centaines de milliers de personnes, et les bombardements d’infrastructures et d’habitant.es dans les dernières années, c’est toute la région qui est menacée de disparaître.

Depuis deux semaines, à Tell Riffaat puis à Manbij, des dizaines de milliers de personnes ont déjà été déplacées. C’est maintenant la ville de Kobanê, prise en étau, qui peut être attaquée d’une heure à l’autre. Après avoir résisté de manière acharnée contre l’État Islamique en 2015, reprenant l’offensive jusqu’à défaire le califat, les habitant·es font face à des milices composées d’ancien·nes djihadistes qui pratiquent nettoyage ethnique, pillages, viols et autres exactions documentées par l’ONU. De nombreux habitant·es fuient déjà. L’alliance contre Daech, qui a commencé à Kobanê il y a 10 ans, pourrait maintenant y mourir.

Les Kurdes ne peuvent pas être une variable d’ajustement, traités par la communauté internationale comme des partenaires anti-terroristes utiles quand c’est arrangeant et sacrifiables quand la situation change. La Turquie et ses supplétifs de l’ANS doivent cesser les agressions et se retirer complètement du pays. Les populations kurdes, qui sont 2,5 millions et représentent près de 12% des habitant·es de Syrie, doivent être protégées, comme toutes la mosaïque de peuples et de confessions qui habitent dans la région. L’Administration Autonome du NES, qui a démarré par l’expérience d’autonomie du Rojava dans les zones kurdes à partir de juillet 2012 avant de s’étendre aux zones arabes de Raqqa et Deir ez Zor après la guerre contre Daech, doit être soutenue. Elle ne doit plus être méprisée comme un « gadget du PKK » comme le fait la Turquie. Elle doit être considérée comme porteuse d’un projet politique légitime avec qui le nouveau pouvoir de Damas doit négocier pacifiquement pour construire la Syrie future avec toutes ses composantes, en faisant cesser le feu durablement dans tout le pays.

En dépit de ses difficultés et contradictions inévitables dans un contexte aussi dur, les principes constituants de l’AANES – pluralisme linguistique et ethnique, autogouvernement et démocratie locale, droits des femmes, économie sociale – font écho à certains idéaux et pratiques de la révolution syrienne, marquée par le développement de Conseils civils locaux dans tout le pays à ses débuts. A partir des peuples qui les font vivre, le projet de l’AANES et les aspirations de la révolution syrienne peuvent servir de point d’appui pour la transition vers une Syrie démocratique, pluraliste, basée sur la justice et le droit, garantissant les droits de toutes les communautés.

Nous appelons la France et la communauté internationale à :

  • Exiger le retrait des forces d’occupation étrangère du pays, en particulier la Turquie et Israël, pour permettre au peuple syrien la possibilité d’enfin s’autodéterminer et aux minorités d’être protégées.

 

  • Soutenir les efforts de transition pacifique, basée sur la justice, le droit et la prise en compte des aspirations de toutes les composantes du peuple syrien, en respectant ses minorités et les catégories les moins protégées de sa population.

 

  • Se mobiliser pour défendre Kobanê, mais aussi le Golan et toutes les régions menacées d’être envahies à court-terme.

 

  • Exiger la restitution des régions historiques kurdes, et notamment Afrin, illégalement occupées par des milices appuyées par la Turquie depuis 2018, et l’arrêt de toute forme de nettoyage ethnique.

Liste des premier·es signataires

  • Tuna Altinel, mathématicien
  • Dilane Aydin, avocate
  • Geneviève Azam, essayiste et administratrice de la Fondation Danielle Mitterand
  • Pouria Amirshahi, député de Paris
  • Paul Aries, politiste
  • Sahar Bagheri, chercheuse Université Sorbonne Paris Nord
  • Pierre Bance, docteur d’Etat en droit
  • Antoine Back, adjoint au maire de Grenoble
  • Zerrin Bataray, avocate et conseillère régionale AURA
  • Matthieu Bellahsen, psychiatre et écrivain
  • Olivier Besancenot, NPA L’Anticapitaliste
  • Jérôme Bonnard & Ophélie Gath, co-secrétaire de l’Union Syndicale Solidaires
  • Dominique Bourg, professeur honoraire
  • Jacques Boutault, maire adjoint Paris centre
  • Laurence Boffet, vice-présidente Métropole de Lyon
  • Léa Balage el Mariky, députée de Paris
  • Jean-François Billion, président de Presse Fédéraliste
  • Sébastien Brunel, dessinateur
  • Michèle Boyer Carcenac, géographe
  • Remi Carceles, doctorant
  • Adnan Celik, MCF EHESS
  • Nara Cladera Benia, co-secrétaire fédérale Sud Education
  • Jérémie Chomette, militant associatif
  • Laurence Cohen, sénatrice honoraire
  • Albane Colin, conseillère régionale AURA
  • Sergio Coronado, ancien député
  • Alain Coulombel, bureau exécutif des Ecologistes
  • Sébastien Choupas, conseiller municipal Aouste-sur-Sye
  • Renaud Daumas, conseiller régional
  • Philippe Descola, professeur émérite
  • Fanny Dubot, maire du 7ème arrondissement de Lyon
  • Chris den Hond, journaliste
  • Eléanore Dellatouche, Intérêt à Agir
  • Vincent d’Eaubonne, chercheur écoféministe
  • Pierre Dardot, chercheur
  • Françoise Davisse, réalisatrice
  • Huseyin Salih Durmus, humanitaire volontaire
  • Umit Dogan, doctorant
  • Véronique de Geoffroy, directrice du Groupe URD
  • Marie Didier, écrivain
  • Mireille Fanon Mendès France, présidente de la Fondation Frantz Fanon
  • Eric Fassin, professeur de sociologie
  • Jacques Fontaine, enseignant géographie
  • Rémi Féraud, sénateur de Paris
  • Jean-Yves Gallas, président du Mouvement de la paix
  • Aline Guitard, adjointe au maire de Lyon
  • Olivier Grojean, maître de conférence en sciences politiques
  • Jean-Luc Gautero, maître de conférence émérite en philosophie des sciences
  • Franck Gaudichaud, historien chercheur
  • Dominique Gambini, réalisateur
  • Aurélien Gabriel Cohen, chercheur et éditeur
  • Christine Garnier, adjointe au maire de Grenoble
  • Daniel Guerrier, journaliste honoraire
  • Jean Glavany, ancien ministre
  • Barbara Glowcewski, directrice de recherche émérite
  • Agnès Golfier, directrice opérationnelle de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Nils Guyot, Solidarités Jeunesses
  • Hélène Hardy, membre du bureau des Écologistes
  • Nicolas Haeringer, militant climat
  • Laetitia Hamot, maire de La Crèche
  • Jean-Marie Harribey, économiste
  • Christine Helot, professeur émérite
  • Seve Izouli, avocate
  • Boris James, maître de conférences
  • Anna Jambon, présidente de l’Union Culturelle Française des Arméniens de France
  • Edouard Jourdain, chercheur
  • Benjamin Joyeux, conseiller régional AURA
  • Baudoin Jurdant, professeur émérite
  • Roseline Kisa, co-présidente de France Kurdistan
  • Pierre Khalfa, économiste Fondation Copernic
  • Nicole Kahn, UFJP
  • Thierry Lamberthod, président des Amitiés Kurdes de Rhônes-Alpes
  • Lydia Labertrandie, conseillère municipale de Cesson
  • Annie Lahmer, conseillère régionale
  • Amaury Lambert, professeur des universités
  • Renaud Lawryn, commission internationale de Sud Education
  • Michèle Leclerc-Olive, présidente de CORENS
  • Christian Laval, professeur émérite de sociologie
  • Zoé Lorioux-Chevalier, conseillère municipale de Poitiers
  • Christian Mahieux, syndicaliste Sud Rail et réseau syndical international de solidarité et de luttes
  • Benoît Massin, universitaire
  • Fabienne Messica, sociologue
  • Céline Meresse, présidente du CRID
  • Roland Mérieux, co-président de Ensemble!
  • Myriam Matonog, vice-présidente LDH Lyon
  • Daniel Marcovitch, ancien député de Paris
  • Jacqueline Madrelle, présidente de France Libertés Gironde
  • Julie Maurel, collectif pour Romans
  • Renée Mignot, présidente du MRAP
  • Halima Menhoudj, adjointe au maire de Montreuil
  • Pascale Mitterrand, membre du CA de Fondation Danielle Mitterrand – France Libertés
  • Gilbert Mitterrand, président de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Corinne Morel-Darleux, écrivaine et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Léonore Moncond’huy, maire de Poitiers
  • Aminata Niakaté, conseillère de Paris
  • Jean-Claude Oliva, EPT Est Ensemble
  • Josiane Olff Nathan, vice-présidente de la Fondation Paul K. Feyerabend
  • Aline Pailler, ex-députée européenne et journaliste
  • François Pallus, charpentier
  • Jean-François Pellissier, porte-parole d’Ensemble!
  • Chiara Pistocchi, enseignante
  • François Piquemal, député de la Haute-Garonne
  • Alessandro Pignocchi, dessinateur de BD
  • Martial Passi, secrétaire national du Mouvement de la Paix
  • Delphine Petit, porte-parole du Collectif de Solidarité avec le Peuple Kurde
  • Eric Piolle, maire de Grenoble
  • Marie Pochon, députée de la Drôme
  • Gilles Poux, maire de la Courneuve
  • Raymonde Poncet Monge, sénatrice
  • Sahin Polat, co-président du Conseil Démocratique Kurde de France
  • Sylvie Poupet, conseillère fédérale Les Ecologistes
  • Serge Quadruppani, écrivain et traducteur
  • Sandra Regol, députée du Bas-Rhin
  • Sandrine Rousseau, députée de Paris
  • Philippe Rio, maire de Grigny
  • Tony Rublon, président des Amitiés Kurdes de Bretagne
  • Richard Sadok, président d’association Un Jour la Paix
  • Francis Sitel, co-directeur de Contretemps
  • Daniel Salmon, sénateur
  • Marie-Hélène Saller, scénariste
  • Edouard Soulier, NPA
  • Engin Sustam, maître de conférences
  • Faysak Taskiran, secrétaire de l’Union des étudiants kurdes en Europe
  • Hélène Trachez, conseillère de Paris
  • Pascal Troadec, maire adjoint de Grigny
  • Stéphane Trouille, vidéaste
  • Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes
  • Pascal Torre, co-président de France Kurdistan et Coordination nationale solidarité Kurdistan
  • Marylise Tourneur, professeure
  • Huseyin Ungur, doctorant et membre du Centre de Solidarité avec les Universités du NES
  • Marie-Christine Vergiat, LDH
  • Pedro Vianna, poète et homme de théâtre
  • Margaux Vidal, secrétaire fédérale affaires étrangères PS
  • Vincent Vergone, sculpteur et metteur en scène
  • Brigitte Vaisse, adjointe au maire de Thionville
  • Olivier Weber, écrivain, grand reporter, ancien ambassadeur
  • Refet Yalcin, ingénieur
  • Youlie Yamamoto, Porte-parole d’ATTAC
  • Sonia Zdorovtzoff, adjointe au maire de Lyon

 

Hommage Cihan Bilgin, journaliste kurde tuée par la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Hier, les journalistes kurdes Nazim Daştan et Cihan Bilgin ont été tués par une frappe de drone turc alors qu’ils couvraient les attaques turco-jihadistes ciblant le Rojava. L’attaque s’est produite vers 15h20 heure locale (GMT+3), sur la route reliant le barrage de Tishrin à la ville de Sirin, dans la campagne est d’Alep. Daştan et Bilgin ont rejoint la longue caravane de journalistes kurdes tués par la Turquie pour empêcher qu’on dévoile au monde les crimes des occupants commis au Kurdistan divisés entre 4 États colonialistes.

Jihan Bilgin est la troisième femme journaliste tuée par une frappe de drone turc en 2024, après Gulistan Tara et Hêro Bahadîn tuée au Kurdistan d’Irak en août dernier.

Cihan Bilgin, journaliste kurde tuée lors d’une attaque turque près de Tichrine

Le site d’information ANHA (Hawar news) a rendu hommage à Cihan Bilgin dans l’article suivant:

On dit souvent que « chacun a une part de son nom », et notre collègue Cîhan (« monde » en kurde) a en effet gravé son nom dans l’histoire du peuple kurde, notamment dans la région du Nord et de l’Est de la Syrie, qu’elle a côtoyée de près. Il n’y a pas une ville qu’elle n’ait visitée, pas un dirigeant qu’elle n’ait interviewé, pas un commandant militaire avec lequel elle n’ait discuté. Elle est devenue une icône de la lutte pour la cause de son peuple.

îhan Muhammad Nesîn Bîlgîn a grandi dans une famille de la ville de Mêdyad dans la région de Mêrdîn au Kurdistan du Nord, à une époque où le mouvement de libération kurde atteignait son apogée dans tout le Kurdistan en 1996.

Cîhan a fait ses études primaires, secondaires et secondaires à Midyat, où elle était connue pour sa passion et son énergie. Elle a ensuite déménagé à Amed en 2013 pour étudier le droit. C’est là qu’elle a fait ses premiers pas dans la lutte du peuple kurde. En 2014, parallèlement à ses études de droit, elle s’est lancée dans le journalisme, en commençant par distribuer les journaux de la presse kurde, Özgür Gündem et Azadiya Welat.

Pour Cîhan, les trois années qu’elle a passées à distribuer des journaux ont été une forme de lutte pour la liberté et la démocratie. Ces journaux étaient très différents des médias turcs, qui ne servaient que les autorités, niaient l’existence des autres communautés et menaient une guerre médiatique intense contre le peuple kurde et ses combattants. Malgré le harcèlement sévère des autorités, notamment la fermeture d’Azadiya Welat à l’été 2016, Cîhan n’a pas baissé les bras.

En raison de la pression à laquelle elle a été confrontée et de son inspiration tirée de la révolution du 19 juillet 2012 dans le nord et l’est de la Syrie, Cîhan a déménagé au Rojava à la mi-2017 et a rejoint l’agence de presse Hawar.

Cîhan s’est distinguée par sa passion constante pour la croissance et son éthique de travail infatigable dans toutes les conditions. Elle a d’abord travaillé comme journaliste dans la région de Qamishlo, connue comme le centre politique des Kurdes du nord et de l’est de la Syrie. Elle a rapidement développé ses compétences, comprenant que le journalisme exigeait la construction d’un vaste réseau de contacts. Elle a travaillé sans relâche pour établir des liens entre les diverses communautés de la région, les Kurdes, les Arabes, les Syriaques, ainsi qu’avec des personnalités éminentes, des personnalités nationales, des partis politiques et des entités organisationnelles, tout en élargissant son réseau à travers le Kurdistan.

Son travail consistait principalement à mettre en lumière le système de torture et d’extermination imposé au leader kurde Abdullah Öcalan et les politiques pratiquées contre lui et le peuple kurde. Elle a également suivi de près les développements militaires et politiques.

Cîhan a participé à la campagne de libération de la ville de Raqqa de l’EI, bastion et capitale autoproclamée du groupe. Elle a déclaré un jour : « Ma participation à la campagne vise à mettre en lumière la lutte des Forces démocratiques syriennes et des Unités de protection des femmes pour libérer les femmes yézidies, vendues sur les marchés aux esclaves, et pour libérer le peuple de l’oppression de l’EI. »

Lors de sa couverture de la campagne de libération de Raqqa, Cîhan a attiré l’attention du monde entier sur la lutte extraordinaire des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des Unités de protection des femmes (YPJ). Elle a mis en avant leurs valeurs humaines, en particulier lors de la libération des femmes de la tyrannie de l’EI. Elle estimait que la libération de chaque femme était un pas vers la construction d’une société démocratique fondée sur la liberté des femmes.

Cîhan était l’une des femmes journalistes les plus engagées dans la philosophie de la libération des femmes et de la nation démocratique. Elle considérait toute attaque contre une femme dans le monde comme une attaque contre toutes les femmes et a produit de nombreux reportages sur les crimes commis contre les femmes dans la région, au Kurdistan et dans le monde.

Ses progrès notables au sein de l’agence ANHA l’ont amenée à rejoindre le département des rapports spéciaux, qui exige des recherches et des enquêtes minutieuses. En peu de temps, elle a excellé dans ce département, produisant des dizaines de rapports et de dossiers sur les politiques coloniales de la Turquie contre les Kurdes, le traitement du leader Abdullah Öcalan et les subtilités de ces politiques. Elle s’est également concentrée sur les luttes des femmes et les politiques d’occupation de la Turquie contre les Kurdes.

Grâce à son travail, Cîhan a pu rencontrer la plupart des politiciens kurdes du Kurdistan et nouer des liens avec les mouvements féministes et démocratiques du monde entier. Elle a mené de nombreuses interviews, veillant à ce que la question kurde et le Kurdistan soient inscrits à l’ordre du jour de leurs programmes.

Connue pour son dévouement à suivre tous les développements et événements, Cîhan a documenté l’invasion de Girê Spî et Serê Kaniyê par la Turquie le 9 octobre 2019. Elle a exposé les massacres brutaux commis par la Turquie contre la population locale et a continué à produire des rapports mettant en évidence ces crimes.

Elle a également pris sur elle de couvrir les opérations menées par les forces de sécurité intérieure, les Forces démocratiques syriennes et les Unités de protection des femmes contre les cellules de l’EI dans la région, notamment dans le camp d’Al-Hol. Son objectif était de faire la lumière sur la brutalité de ces cellules qui cherchaient à déstabiliser le nord et l’est de la Syrie.

Cîhan aimait partager les histoires des habitants de la région. Elle avait un côté profondément émotif, notamment lorsqu’elle était témoin des tragédies vécues par le peuple kurde. Le 6 décembre, elle s’est rendue à Tabqa pour documenter les souffrances des personnes déplacées de force d’Afrin et de Shahba suite aux attaques turques du 29 novembre.

Suite à l’intensification des attaques turques contre Manbij, le pont de Qereqozaqê et le barrage de Tishrin au sud de Kobané, elle a cherché à mettre en lumière la résistance des combattants du Conseil militaire de Manbij et les luttes des femmes dans les rangs des Unités de protection des femmes. Sa dernière interview a été avec un commandant de première ligne, Roj Engîzek, dans la campagne de Kobané.

Cîhan est restée attachée à son travail jusqu’au bout. Le 19 décembre, à 15h20, alors qu’ils revenaient du barrage de Tishrin aux côtés de son collègue Nazim Dashatan, ils ont été visés par une frappe de drone turc sur la route Tishrin-Serrin, où tous deux ont atteint le martyre. Ils ont suivi les traces de pionniers des médias libres comme Mazlûm Dogan, Xelîl Dag, Gubetellî Ersûz, Mistefa Mihemed, Rizgar Deniz, Dilîşan Îbiş, Hogir Mohammed, Saad Ahmed et Issam Abdullah.

Tout au long de sa carrière au sein de l’agence ANHA, Cîhan Bîlgîn a incarné la résilience et la fierté. Elle considérait Gurbet Eli Ersöz, la fondatrice du média féminin kurde, comme son modèle et le feu journaliste Seyîd Evran comme sa source d’inspiration.

Cîhan, avec son beau sourire, a laissé derrière elle un immense héritage pour le journalisme kurde. Elle a tenu bon avec un dévouement et un engagement sans égal.

Comme le dit le dicton, « chacun a sa part de nom », et le nom de Cîhan reste gravé dans l’histoire de la région. Elle a visité chaque ville et y a laissé son empreinte, interviewé d’innombrables dirigeants et dialogué avec chaque commandant militaire qu’elle a rencontré.

Quelques mots de Cîhan Bîlgîn :

Ce qui m’a permis de persévérer dans mon travail, c’est de savoir que nous ne sommes pas seuls. Tout un peuple nous soutient, avec ses espoirs et ses rêves. Ces personnes sont confrontées à l’injustice et à l’oppression, et notre devoir premier est de mettre en lumière leurs luttes. C’est une mission honorable et fière de mettre en lumière leur juste cause.

Au cours de mon travail dans le nord et l’est de la Syrie, j’ai rencontré des gens incroyables. La terre du Rojava est très précieuse pour moi. On y trouve des gens que je connaissais de près, des gens dont on ne pouvait presque pas croiser le regard, et nous les avons enterrés dans cette terre. Des camarades comme Dilşan, Rizgar, Saad et bien d’autres.

C’est un grand honneur de travailler aux côtés de ces grands hommes. Mais surtout, nous avons fait la promesse à nos camarades de ne jamais abandonner leur chemin. Nous avons fait un vœu à Seyîd et au camarade Kuli.

Chers collègues, nous devons reconnaître les réalités sur le terrain, comprendre les politiques imposées au Kurdistan, documenter ce qui se passe et le partager avec le public mondial.

Nous devons dénoncer les crimes commis contre notre peuple et révéler au monde l’hypocrisie des colonisateurs qui occupent notre terre.

ROJAVA. La Turquie a tué deux autres journalistes kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Les journalistes kurdes, Nazim Daştan et Cihan Bilgin, ont été tués hier par une frappe de drone turc près du barrage Tichrine. Ces dernières années, plusieurs journalistes kurdes ont été tués délibérément par des attaques turques au Rojava et au Kurdistan irakien.

Deux journalistes kurdes, Nazim Dastan (32 ans), et Cihan Bilgin (29 ans), ont été tués hier par une frappe de drone turc alors qu’ils couvraient les attaques turco-jihadistes ciblant le Rojava. L’attaque s’est produite vers 15h20 heure locale (GMT+3), sur la route reliant le barrage de Tishrin à la ville de Sirin, à environ 100 kilomètres à l’est d’Alep, la deuxième ville de Syrie, lorsque leur voiture a été ciblée, a déclaré l’association des journalistes kurde Dicle Firat (DFG).

Les journalistes ont été pris pour cible par un drone armé turc, selon l’agence kurde Mezopotamya (MA). Le conducteur de leur véhicule, Ezîz Hec Bozan, a été blessé dans l’attaque.

L’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG) a condamné ces meurtres, décrivant Daştan et Bilgin comme des reporters courageux qui se sont engagés à découvrir la vérité. Dans une déclaration partagée sur les réseaux sociaux, la DFG a déclaré : « Nazim et Cihan étaient deux journalistes inestimables qui ont fait connaître au public les réalités de la guerre dans le nord et l’est de la Syrie. Inspirés par leur engagement, nous continuerons à dire la vérité sans relâche. »

Depuis début décembre, la région est le théâtre d’affrontements de plus en plus violents entre l’Armée nationale syrienne (ANS) soutenue par la Turquie et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes. La Turquie a soutenu l’ANS par des frappes de drones et d’artillerie alors que le conflit s’intensifie.

 

ROJAVA. Les habitants de Qamishlo manifestent contre l’occupation turque

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SYRIE / ROJAVA – Les habitants de Qamishlo sont descendus dans la rue contre les attaques de l’État colonialiste turc et en soutien aux forces arabo-kurdes FDS. Lors de la manifestation d’aujourd’hui, on pouvait voir le drapeau syrien à trois étoiles aux côtés des drapeaux des forces démocratiques syriennes (FDS) et ceux de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et d’Est.
 
Tout au long de la marche, la foule a scandé des slogans, tels que « Vive la résistance des FDS », « Le peuple syrien est uni » et « Non à la guerre, non à l’agression turque contre le Rojava ».
 
Des milliers de personnes de Qamishlo se sont rassemblées au carrefour de Sonî et ont organisé une marche de protestation contre les attaques de l’Etat turc. Les habitants ont clairement fait savoir qu’ils étaient du côté des Forces démocratiques syriennes (FDS).
 
La marche s’est terminée au carrefour Martyr Qehreman où Talet Yûnis a parlé au nom de l’Initiative populaire et a déclaré que tout le monde devrait s’unir et se révolter contre l’occupation.
 
« Nous lançons un appel à tous les peuples et à toutes les composantes de la Syrie. Nous devons renforcer notre unité. Ensemble, nous allons contrecarrer toutes les politiques de l’État turc occupant. Toutes les forces politiques doivent cesser de se préoccuper des conflits et des intérêts personnels et écouter l’appel du peuple. Aujourd’hui est un jour historique pour nous. Après des décennies, nous serons en mesure d’exprimer les revendications de notre peuple et de garantir les droits des populations du nord et de l’est de la Syrie avec une vision unique », a déclaré Talet Yûnis.

ROJAVA. La Turquie a déployé des chars et des armes lourdes près de Kobané

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie a déployé des chars, canons et des militaires sur la ligne frontalière en face de Kobanê, dans le nord de la Syrie, alors qu’on redoute une attaque invasion turque contre cette petite ville kurde devenue célèbre grâce à sa résistance héroïque face au groupe État islamique qui y avait connu sa première défaite.

Hier soir, l’armée d’occupation turque a déployé des armes lourdes dans les villages de Birsos, Topalak et Cenkok, situés dans le district de Suruç de la province d’Urfa, au nord du Kurdistan, juste en face de Kobanê.

Ces positions ont été établies lors des attaques de l’EI en 2014 et abritaient un grand nombre de mercenaires syriens et de soldats turcs.

Après la défaite de l’EI, ces positions sont restées vides jusqu’à présent. La nuit dernière, l’occupation turque a réapprovisionné ces emplacements en déployant des armes lourdes, des chars et des soldats.

TURQUIE. Un cinéaste kurde détenu pour « terrorisme »

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TURQUIE – Le cinéaste kurde Kerem Tekoğlu a été arrêté le 16 décembre pour « appartenance à une organisation terroriste ». L’une des accusations citées dans l’arrestation de Tekoğlu est son prétendu « contact continu et fréquent » avec Ahmet Özer, le maire déchu du district d’Esenyurt à Istanbul arrêté fin octobre pour des accusations similaires.
 
Avocat : les accusations n’ont aucun fondement juridique
 
L’avocat de Tekoğlu, Suphi Özgen, a rejeté ces accusations comme étant sans fondement, arguant que les accusations découlaient des activités professionnelles de Tekoğlu en tant que cinéaste. Özgen a déclaré à Bianet que les accusations tournaient principalement autour d’interactions liées à des projets artistiques et littéraires.
 
« L’une des allégations concerne une conversation que mon client a eue avec Ahmet Özer en 2021, qui n’était pas fréquente ni continue », a déclaré Özgen. « À l’époque, Tekoğlu étudiait la possibilité de transformer un livre écrit par Özer sur İhsan Aksoy en documentaire. Ces allégations sont entièrement liées à leurs activités professionnelles respectives. »
 
Activités professionnelles
 
Özgen a également critiqué les autorités pour avoir utilisé des publications sur les réseaux sociaux comme preuve contre Tekoğlu. « Une publication d’anniversaire dans laquelle Tekoğlu a partagé la phrase « Rojbûna te pîroz be » [Joyeux anniversaire en kurde], accompagnée d’images de fleurs et des couleurs traditionnelles kurdes, a été versée au dossier. Cela montre une mauvaise interprétation délibérée de son activité sur les réseaux sociaux, sortie de son contexte. »
 
L’avocat a également affirmé que les échanges entre Tekoğlu et Özer avaient été déformés. « Les rapports préparés par la police ont été transmis au procureur et utilisés comme motif d’arrestation sans aucun contrôle juridique approfondi. Il est tout à fait normal qu’un cinéaste ait des contacts avec quelqu’un comme Özer, surtout lorsque les discussions portent sur des activités professionnelles et créatives », a noté Özgen.
 
À propos de Kerem Tekoğlu
 
Né en 1984 dans le village de Cano à Silvan, dans la province kurde de Diyarbakır (Amed), Tekoğlu a vu sa scolarité interrompue par des circonstances politiques. À 15 ans, il a émigré à Istanbul, où il a commencé à étudier et plus tard à enseigner le théâtre.
 
Connu pour ses œuvres telles que Şeva Reş (La Nuit noire), Qulinge Bırindar (La Grue blessée) et Dîno, Tekoğlu a contribué à 11 institutions artistiques, réalisé 15 documentaires et deux courts métrages, et travaillé comme producteur de radio et de télévision. Il est également auteur, avec un portfolio de 27 livres, dont de la littérature pour enfants, de la poésie, des romans et des nouvelles. Membre du PEN kurde, Tekoğlu a défendu les arts et la culture kurdes tout au long de sa carrière.
 
L’arrestation de Tekoğlu fait suite à la détention d’Ahmet Özer, le maire d’Esenyurt, le 30 octobre. Özer, membre du Parti républicain du peuple (CHP), parti d’opposition, est accusé d’« appartenance à une organisation terroriste », ses interactions passées au cours du processus de paix en Turquie étant citées comme preuve.

TURQUIE. Libération de six membres de l’EI auteurs d’un attentat ayant tué 45 civils

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TURQUIE – La justice turque a ordonné la libération de six membres de DAECH qui avaient été condamnés à la perpétuité pour l’attentat ciblant l’aéroport d’Atatürk le 28 juin 2016 et ayant causé la mort de 45 personnes.
 
Selon un site turc, les six prisonniers membres de l’État islamique (DAECH / ISIS), dont chacun a été condamné à 46 reprises à des peines à perpétuité aggravées, ont été libérés le 12 décembre, conformément à la décision de la 3e chambre pénale de la Cour d’appel, au motif qu’ils ont été condamnés à des « peines excessives* » tandis que d’autres sources affirment que les terroristes libérés ont été envoyés au Rojava pour combattre les forces kurdes.
 

La justice turque montre une fois de plus qu’elle est instrumentalisée par le pouvoir islamo-colonialiste turc qui est plus que clément avec les terroristes islamistes, tout en continuant à emprisonner en masse les Kurdes qui militent pacifiquement pour leurs droits les plus élémentaires.

 

*La Cour de cassation turque a annulé les peines de prison à vie prononcées contre sept accusés dans l’affaire concernant l’attentat suicide de l’aéroport Atatürk d’Istanbul en 2016, qui a fait 45 morts et 236 blessés.

La décision rendue par la 3ème chambre pénale de la plus haute cour d’appel a conduit à la libération de six des accusés condamnés par le tribunal de première instance, invoquant le temps passé en prison.

La décision a annulé les 46 peines de prison à vie aggravées prononcées contre six accusés, ainsi que la peine de 12 ans de prison d’un autre, pour des liens présumés avec l’attaque menée par des membres de l’EI.

Les accusés, condamnés en 2018 par la 13e Cour pénale d’Istanbul pour « violation de la constitution » et « meurtre prémédité », avaient fait appel de leur condamnation.

Justification de l’annulation des peines

Bien que le tribunal n’ait pas encore dévoilé ses motifs détaillés, des rapports divulgués suggèrent que la décision était basée sur un manque de preuves reliant directement les accusés aux assaillants qui ont perpétré les attentats suicides.

La Cour de cassation a décidé que les accusés devaient plutôt être reconnus coupables d’« appartenance à une organisation terroriste » et libérés en raison du temps déjà purgé dépassant la peine probable pour de telles accusations.

Parmi les personnes libérées figurent Rıza C., Levent U., Halil D., Ahmet D. et Eyüp D., tous précédemment condamnés à 46 peines de prison à vie aggravées, et Seyhun Ali A., qui purgeait une peine de 12 ans pour appartenance présumée à l’EI.

Le tribunal a toutefois confirmé la détention d’un accusé, un ressortissant algérien, tout en ordonnant un nouveau procès dans son affaire.

L’attaque de 2016

Le 28 juin 2016, trois terroristes de l’EI ont pris d’assaut l’aéroport Atatürk d’Istanbul avec des armes à feu à canon long et des gilets explosifs. Après avoir ouvert le feu sur des passants et des agents de sécurité, les assaillants ont fait exploser leurs bombes lorsqu’ils ont été confrontés à la police.

L’attaque a fait 45 morts et 236 blessés. Les autorités ont par la suite affirmé que l’assaut avait été orchestré par le commandant de l’EI, Akhmed Chatayev, tué lors d’une opération de sécurité géorgienne en 2017.

Critiques de l’opposition

Cette décision a suscité des critiques, notamment de la part du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP). S’exprimant lors d’une session parlementaire, le vice-président du CHP, Murat Emir, a qualifié ces ordres de libération de « scandale juridique ».

« Nous avons appris aujourd’hui que la 3e chambre pénale de la Cour de cassation a libéré des personnes condamnées pour le massacre de l’aéroport Atatürk, où 45 de nos citoyens ont été sauvagement assassinés. Si cela est vrai, ce n’est rien de moins qu’un scandale judiciaire », a déclaré Emir, appelant à des éclaircissements de la part de la justice.

Il s’est également demandé si la décision pourrait être liée aux discussions en cours entre la Turquie et les groupes d’opposition armés en Syrie, une affirmation qui reste spéculative.

« C’est inacceptable », a déclaré l’émir. « Cette décision équivaut à une indulgence envers des groupes comme l’EI, Al-Qaïda et Al-Nosra, et elle exige une explication immédiate. »

La Direction des communications répond

En réponse à la réaction du public, la Direction des communications présidentielles turques a publié une déclaration affirmant que les accusés libérés n’étaient pas directement impliqués dans l’attaque.

« Les informations selon lesquelles les auteurs du massacre de l’aéroport Atatürk ont ​​été libérés sont trompeuses », a indiqué le communiqué. « Les six accusés étaient détenus depuis huit ans et n’étaient pas les auteurs des attentats. Ils ont été jugés pour des chefs d’accusation tels que l’appartenance à un groupe terroriste et son financement. »

La Direction a affirmé que la décision de libération était fondée sur le fait que la durée de la détention provisoire dépassait les peines probables pour les accusations auxquelles ils étaient confrontés.

Un journaliste conteste les déclarations officielles

Le journaliste d’investigation Alican Uludağ, qui a suivi de près l’affaire, a rejeté la déclaration du gouvernement, la qualifiant de désinformation.

« Mon rapport est tout à fait exact », a déclaré Uludağ, accusant la direction d’avoir induit en erreur le public. Il a souligné que cinq des accusés libérés avaient été initialement condamnés à des peines de prison à perpétuité aggravées pour leur implication directe dans l’attaque.

Uludağ a cité comme preuve les rapports officiels de l’Agence Anadolu, qui détaillent les condamnations des individus libérés pour avoir contribué au massacre. « Ces cinq individus ont été reconnus coupables de responsabilité conjointe dans la mort de 45 personnes et de violation de la constitution », a-t-il déclaré.

Erdogan déclare que la Turquie ne peut se contenter de ses 782 000 km²

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TURQUIE – Aujourd’hui, lors de son discours pendant la cérémonie de remise des prix TÜBİTAK et TÜBA, le président turc, Erdoğan a déclaré que la Turquie ne pouvait se contenter de ses 782 000 km², sous entendant de nouveaux plans d’invasion dans les pays voisins, y compris au Kurdistan irakien et au Rojava.
 
Recep Tayyip Erdogan a déclaré: « La Turquie est plus grande que la Turquie. En tant que nation, nous ne pouvons pas limiter notre horizon à 782 000 kilomètres carrés. (…) La Turquie et la nation turque ne peuvent échapper à leur destin. En tant que nation, nous devons reconnaître la mission que l’histoire nous a confiée et agir en conséquence. »
 
Erdogan sous-entend qu’ils vont envahir d’autres régions du Rojava et anéantir l’autonomie kurde…

ROJAVA. Les FDS liquident 37 mercenaires de la Turquie à Tichrine

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SYRIE / ROJAVA – Des drones, de l’artillerie et des mercenaires de la Turquie ciblent Kobanê, Aïn Issa et le barrage de Tishreen. Les forces arabo-kurdes ont porté un coup mortel aux mercenaires de la Turquie près du barrage de Tichrine. On fait état de morts des deux côtés ainsi que de 5 terroristes capturés par les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont par ailleurs abattu un drone turc (Bayraktar TB2) à Qara Qozaq.
 
Selon l’Observatoire syriens des droits de l’homme (OSDH / SOHR) les factions pro-turques de l’Armée nationale ont violé l’accord de cessez-le-feu en lançant une attaque surprise contre les positions des FDS et des formations militaires qui leur sont affiliées autour du barrage de Tishreen et du pont de Qaraqozak dans la campagne est d’Alep. Cela a conduit à des affrontements armés entre les deux parties, au cours desquels les FDS ont réussi à capturer cinq
 
 
L’État turc et ses mercenaires alliés ont attaqué aujourd’hui le barrage de Tishrin sur trois fronts. Les attaques ont été repoussées et 37 mercenaires ont été tués.
 
Les attaques de l’État turc occupant et de ses mercenaires contre le barrage de Tishrin de trois côtés ont été repoussées par le Conseil militaire de Manbij (MMC) et les combattantes des Unités de défense des femmes (YPJ).
 
Au moins 37 mercenaires ont été tués et de nombreux autres blessés suite à la résistance du Conseil militaire de Manbij et des combattants du YPJ, qui ont repoussé les attaques.
 
Alors que les affrontements se poursuivent à pleine intensité, le Conseil militaire de Manbij et les combattants du YPJ ont lancé une opération de nettoyage contre les mercenaires.
 
Le barrage de Tishrin, qui a récemment fait l’objet d’intenses attaques de la part de l’État turc et de ses alliés, et qui est tombé en panne à la suite de ces attaques, est sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS). La résistance des combattants du Conseil militaire de Manbij, des FDS et des YPJ (Unités de défense des femmes) contre les attaques se poursuit. Le barrage de Tishrin, où de violents affrontements ont eu lieu pendant des jours, a été mis hors service le 10 décembre, privant d’électricité le canton de Kobanê.

Hommage à Ayşe Şan, diva de la musique kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Ayşe Şan (Eyşe Şan), reine de la musique kurde ayant subi la double oppression (le patriarcat et le colonialisme) en tant que femme et kurde, nous a quitté le 18 décembre 1996 à l’âge de 58 ans.
 
Née à Diyarbakır (Amed), Eyşe  est considérée comme l’une des plus grands chanteurs de la musique kurde contemporaine.
 
Le père d’Eyşe était un dengbêj (conteur kurde traditionnel). Eyşe commence à chanter à soirées de chant traditionnels, puis, à partir de 1958, malgré l’opposition de sa famille, a se produire en public.
 
Après une tentative infructueuse de mariage, qui lui avait été imposé, elle s’est installée à Antep (Dilok), où elle a commencé à enregistrer des chansons turques pour la radio locale, chanter en kurde étant alors interdit. Puis, elle est partie à Istanbul, où elle enregistre son premier album en langue kurde en 1963. La première chanson qui contribue à sa notoriété est Ez Xezalım [Je suis une gazelle]. En 1972, suite à des tracas administratifs, elle s’est installée en Allemagne. Une de ses chansons les plus connues, Qederê [Oh le destin], est écrite après la mort de sa fille de 18 mois.
 
En 1979, elle s’est rendue au Kurdistan irakien, où elle a rencontré de nombreux musiciens et chanteurs kurdes telles que Mihemed Arif Cizîrî, Îsa Berwarî, et Tahsin Taha. Le morceau d’Arif Cizîrî, Eysana Elî, lui est dédiée. À partir de années 1980, elle s’est installée à Izmir. Dans les années 1990, elle écrit en réaction à l’oppression des Kurdes des chansons telles que Werin pêsmerge [Venez les combattants kurdes]. Elle a écrit également des chansons sur la condition des femmes telles que Derdê hewîyê [Chagrin de polygamie] ou encore Hey wax dayê [Ô mère]. tout sa vie, elle a dû faire face à la double oppression (le patriarcat et le colonialisme).

ROJAVA. Une délégation catalane rend visites aux YPJ, forces féminines kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Une délégation de parlementaires catalans poursuit sa visite dans la région en soutien à la résistance du Rojava. Dans le cadre de cette visite, la délégation a rendu visite au quartier général des Unités de protection des femmes (en kurde : Yekîneyên Parastina Jin – YPJ).
La délégation, composée du parlementaire Rubén Wagensberg et du parlementaire et président du Parti de l’unité populaire, Carles Albert, a rencontré Rohilat Afrin, membre du commandement général des unités de protection des femmes, Roxan Mohammed, porte-parole des YPJ, et Avinar Derik et Destina Halab, membres du Conseil militaire du YPJ, pour évaluer les récents développements.
 
Les deux parties ont discuté des menaces qui pèsent sur la révolution des femmes dans la région du Nord et de l’Est de la Syrie, ainsi que des conséquences de la chute du régime Baas et des forces extrémistes qui ont déjà étendu leur domination dans la région, et qui auront un impact sur le futur système de gouvernance syrien.
 
Rohilat Afrin, membre du commandement général des YPJ, a décrit la résistance des Forces démocratiques syriennes face aux attaques de l’occupation comme « un moment historique et crucial » pour les peuples de la région. Elle a déclaré : « Le Moyen-Orient est en train d’être repensé, et il y a donc de nombreuses interventions, en particulier en Syrie, où les forces paramilitaires et les groupes armés sont utilisés pour remodeler la région. Cela crée des risques importants pour la sécurité régionale, l’avenir de la société et les femmes. »
 
Rohilat Afrin a souligné : « Notre objectif et notre devoir au sein des Unités de protection des femmes sont de protéger les femmes et les communautés de ces risques. Attaquer les femmes revient à détruire la société. Par exemple, il n’y a pas de place pour les femmes dans le nouveau gouvernement formé à Damas. De plus, avec les attaques de la Turquie dans la région du nord et de l’est de la Syrie, la résurgence des mercenaires de l’EI est également devenue une priorité. Les cellules de l’EI voient ces moments comme une opportunité de se réorganiser, ce qui constitue également une nouvelle menace pour le monde entier. »
 
La délégation a souligné que le peuple de Catalogne soutient la juste cause du peuple du nord et de l’est de la Syrie. « Le peuple doit rester vigilant et s’opposer aux attaques de l’occupation turque dans la région du nord et de l’est de la Syrie », a-t-elle déclaré, affirmant que le système d’administration autonome est un projet important pour les communautés kurdes et arabes, ainsi que pour tout le Moyen-Orient. « Ce système est également essentiel pour le monde entier ».
 
Rohilat Afrin a exprimé sa gratitude envers le peuple de Catalogne « au nom des unités de protection des femmes, en particulier des combattantes en première ligne qui résistent aux attaques des mercenaires et de l’occupation turque ». Elle a souligné que dans de telles circonstances, il est également important de reconnaître que le dévouement et le soutien des femmes et du peuple de Catalogne à la résistance dans le nord et l’est de la Syrie sont une source de fierté. (ANHA)

PARIS. Les Kurdes vont commémorer les martyrs de Paris

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PARIS – Les associations kurdes CDK-F et le TJK-F ont publié le calendrier des manifestations et des commémorations qui se tiendront à l’occasion des dates anniversaires des deux massacres* ayant ciblé des activistes kurdes à Paris le 9 janvier 2013 et le 23 décembre 2022.

Le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) et le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) ont publié le calendrier d’actions pour la commémoration des martyrs de Paris: Sakine Cansız (Sara), Fidan Doğan (Rojbîn) et Leyla Şaylemez (Ronahî), assassinées à Paris en janvier 2013, et Emine Kara (Evîn Goyî), Mehmet Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kızıl assassinés en décembre 2022. Les manifestations et commémorations débuteront le 21 décembre avec le slogan « Les commanditaires, on les connait, mais la France se tait ».

Le calendrier d’actions et commémorations

Lundi 23 décembre : minute de silence devant le centre culturel kurde Ahmet Kaya (11h37), prises de parole (14h) et commémoration (18h).
affiche de la première commémoration des martyrs de Paris le 23 décembre 2024
Jeudi 9 janvier : Rassemblements devant les consulats français. La marche blanche qui partira du Centre culturel kurde Ahmet Kaya se terminera au 147 rue La Fayette où se trouvait le Bureau d’information kurde de Paris (11h) et où Sakine, Fidan et Leyla furent assassinées le 9 janvier 2013. Conférence avec la participation d’avocats des familles des victimes à la Mairie du 10ème arrondissement de Paris (18h00)

Samedi 11 janvier : rassemblement et marche (10h). La marche débutera devant la Gare du Nord.

 

*Massacres de Paris ayant ciblé les Kurdes

 
Dans la journée du 9 janvier 2013, trois militantes kurdes, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, sont assassinées par un agent turc dans le 10e arrondissement de Paris. L’assassin présumé est mort en prison mais les commanditaires derrière ce triple féminicide sont restés impunis et l’État français a classé l’affaire « Secret défense ».
 
 
Alors que les Kurdes restaient mobilisés pour que la lumière soit faite ce triple assassinat politique, un autre attentat les a frappé de nouveau en 2023, toujours dans le 10e arrondissement de Paris. En effet, le 23 décembre 2023, un attentat terroriste a ciblé le centre kurde de la rue d’Enghien, dans le Xe arrondissement de Paris. Emine Kara (Evîn Goyî), une responsable du Mouvement des femmes kurdes, au chanteur Mehmet Şirin Aydın (Mîr Perwer) et le retraité Abdurrahman Kizil furent assassinés par un tueur qui a été arrêté par des employés d’un salon de coiffure kurde où il s’était rendu pour massacrer d’autres Kurdes…