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TURQUIE. Une famille d’activistes kurdes menacée d’expulsion vers l’Iran

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TURQUIE – Hossein Hosseini, un défenseur des droits des Kurdes originaire de Mariwan, ainsi que sa femme Nasrin Khoshnavazian et leurs deux enfants, arrêtés en Turquie alors qu’ils tentaient de se réfugier en Europe, sont sous la menace d’expulsion vers l’Iran où ils risquent la prison, la torture, voire la peine de mort.

 

Selon un rapport reçu par l’ONG de défense des droits humains, Hengaw, Hosseini, Khoshnavazian et leurs enfants de 10 et 13 ans ont été temporairement relogés dans la ville de Denizli dans des conditions restrictives et difficiles. Cependant, le bureau de l’immigration de Denizli s’est opposé à leur résidence dans la ville, laissant la famille dans un état d’incertitude.

Hosseini a déclaré que le mardi 24 décembre 2024, après près de deux mois de détention au camp de Mugla, lui et sa famille ont été libérés et transférés à Denizli.

Il a ajouté que le bureau d’immigration turc a demandé à sa famille de se présenter au bureau chaque semaine, tandis que leur dossier d’expulsion reste ouvert et en cours d’examen.

La famille avait été initialement arrêtée par les garde-côtes de Bodrum le jeudi 7 novembre 2024, pour ce qui a été décrit comme une « violation de la loi ». Ils ont ensuite été transférés au centre de détention de Mugla en attendant leur expulsion.

Il est à noter que pendant sa détention, l’état de santé de Nasrin Khoshnavazian s’est aggravé en raison d’un accès irrégulier à son traitement médical.

Hossein Hosseini a fui l’Iran en 2019 sous la pression des agences de sécurité iraniennes. Il a d’abord cherché refuge au Kurdistan irakien, mais a ensuite tenté de rejoindre l’Europe via la Turquie. Au cours du voyage, lui et sa famille ont été arrêtés. (Hengaw)

Le Tribunal permanent des peuples va juger les crimes commis par la Turquie au Rojava

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BRUXELLES – Le Tribunal permanent des peuples (TPP) se réunira début février à Bruxelles pour juger les crimes commis par la Turquie dans sa guerre ciblant les Kurdes du Rojava / Nord -Est de la Syrie.
 
Un tribunal populaire va enquêter sur les crimes de guerre commis par la Turquie dans le Nord-Est de la Syrie
 
Le Tribunal permanent des peuples (TPP) se réunira les 5 et 6 février 2025 à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) à Bruxelles, en Belgique, pour examiner les allégations de graves violations des droits humains et de crimes de guerre commis par la Turquie et ses forces alliées dans le nord et l’est de la Syrie, connus sous le nom de Rojava. Le Tribunal évaluera les accusations, notamment de déplacement forcé, d’utilisation d’armes interdites, d’assassinats ciblés [y compris ceux ciblant des femmes politiques, dont Havrin Khalaf], de torture et de destruction du patrimoine culturel. (Medya News)
 
Le but de ce tribunal est de révéler et d’enquêter sur les crimes contre l’humanité et le droit international commis quotidiennement par l’État turc sur le territoire du nord et de l’est de la Syrie depuis 2018.
 
Le Tribunal a pour objectif d’amplifier la voix des victimes et de recueillir des preuves pour demander des comptes aux auteurs de crimes de guerre.
 
Cela contribuera à ouvrir la voie à une solution politique et pacifique à la question kurde et à garantir la stabilité dans la région.
 

Les crimes présumés qui seront jugés par le TPP sont:

 
– Crimes contre l’humanité commis au moyen de déplacements forcés, de violences ciblées et de répression systématique.
 
– Crimes de guerre, y compris l’utilisation d’armes interdites et les attaques contre des civils et des infrastructures vitales.
 
– Crimes d’agression visant à déstabiliser la région et à violer la souveraineté territoriale.
 

ROJAVA. « Désarmez l’injustice, pas la résistance! »

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PARIS – A l’Europe qui appelle les forces arabo-kurdes du Rojava à déposer les armes et à se soumettre au régime islamiste installé à Damas, le journaliste Maxime Azadî rétorque que « les armes, la lutte et même la guerre des Kurdes sont au service d’un Moyen-Orient et d’un monde plus justes, plus libres et plus démocratiques. Exiger d’un peuple dont l’existence même est menacée qu’il se désarme et qu’il se livre à la merci de ses oppresseurs est inhumain. C’est une honte. Point final ! ».
 
Voici l’article de Maxime Azadi:
 
Désarmer l’injustice, pas la résistance!
 
Personne, aucune force, n’a le droit ni de demander ni d’imposer aux Kurdes de déposer leurs armes. Les Kurdes, avec leurs armes, leur lutte et leurs revendications, sont le peuple le plus légitime du Moyen-Orient. Ceux issus d’Al-Qaïda et de Daech parachutés à Damas n’ont en aucun cas le droit de formuler une telle demande.
 
Quant à l’État turc, il utilise ses armes et toute son existence depuis un siècle dans le but d’anéantir l’existence des Kurdes. Ce sont ces oppresseurs qui doivent être désarmés. Ce sont ceux qui constituent une menace pour la démocratie, les libertés, les croyances et cultures différentes, et qui usurpent les droits des Kurdes. Même une garantie constitutionnelle ne constitue pas une raison suffisante pour que les Kurdes abandonnent leurs armes. Ni le régime d’Ankara ni celui de Damas ne sont des régimes dignes de confiance!
 
Aujourd’hui, ceux qui portent des cravates, prononcent des discours élégants, et essaient de tromper ou de manipuler les Kurdes doivent abandonner l’idée de les désarmer, c’est-à-dire de les priver de défense et de volonté. Cela s’applique à tous les États du monde. Que ceux qui exigent le désarmement commencent d’abord par désarmer eux-mêmes.
 
Aux gauchistes, aux conservateurs, aux religieux, aux écologistes, aux pacifistes, aux humanistes : lorsque vous considérerez légitime et juste le désarmement de vos propres États et que vous les désarmerez effectivement, alors vous pourrez venir demander aux Kurdes d’en faire autant. À ce moment-là, nous pourrons y réfléchir.
 
Enfin, les armes, la lutte et même la guerre des Kurdes sont au service d’un Moyen-Orient et d’un monde plus justes, plus libres et plus démocratiques. Exiger d’un peuple dont l’existence même est menacée qu’il se désarme et qu’il se livre à la merci de ses oppresseurs est inhumain. C’est une honte. Point final !

Triple assassinat de militantes kurdes à Paris : Que cache la France ?

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PARIS – Le journaliste Maxime Azadî revient sur le triple assassinat des militantes kurdes à Paris à l’occasion du 12e anniversaire de leur meurtre alors que le dossier est au point mort à cause de « secret défense » de l’État français.

Voici l’article de Maxime Azadî:

Triple assassinat de militantes kurdes à Paris : Que cache la France ?

Douze ans après l’assassinat de trois militantes révolutionnaires kurdes, dont Sakine Cansız, l’une des fondatrices du PKK, en plein coeur de Paris, la justice n’a toujours pas été rendue. L’enquête est entravée par le secret défense.
 
Un terrible triple assassinat a eu lieu il y a 12 ans au Centre d’Information du Kurdistan, situé au cœur de Paris, dans le quartier de Strasbourg Saint-Denis. Le 9 janvier 2013, Sakine Cansız (Sara), membre fondatrice du PKK, Fidan Doğan (Rojbîn), représentante du Congrès National du Kurdistan (KNK) à Paris, et Leyla Şaylemez (Ronahî), militante du mouvement de jeunesse kurde, ont été tuées par balles.
 
Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, s’était rendu sur les lieux du crime. « C’est un fait grave, d’où ma présence. C’est un fait inacceptable. L’enquête ne fait que commencer, sous l’autorité du parquet, les services sont mobilisés pour faire toute la lumière sur cet acte tout à fait insupportable. Je suis aussi venu exprimer ma compassion à l’égard des proches de ces trois femmes. » a-t-il déclaré.
 
HOLLANDE : C’EST UNE OPÉRATION DE L’ÉTAT TURC
 
François Hollande, alors président de la République, a qualifié l’assassinat de « horrible », ajoutant : « [cela touche] directement trois personnes dont l’une [était] connue de moi et de beaucoup d’acteurs politiques car elle venait régulièrement nous rencontrer ». Il faisait référence à Rojbîn, qui faisait la diplomatie populaire pour la cause du peuple kurde.
 
En mai 2024, soit onze ans après les faits, François Hollande reconnaissait, lors d’une conférence à l’Université Bretagne Sud à Lorient, que l’assassinat de trois femmes kurdes était une« opération », une « intrusion » d’un État membre de l’OTAN.
 
Répondant à la question d’un étudiant kurde, il précisait : « Là, ce n’était plus une ingérence. C’était plus grave parce que c’était une opération, dont on ne savait pas exactement jusqu’à quel niveau de l’État turc elle avait été décidée, mais il était clair qu’il y avait eu une intervention de l’opérateur qui avait contribué à assassiner une Kurde, une personnalité très forte en France. »
 
François Hollande faisait ici référence à Sakine Cansız, avant d’ajouter :
 
« On est vraiment dans l’intrusion, dans une implication d’un État étranger, membre de l’Alliance atlantique (OTAN) par ailleurs, et candidat à l’entrée dans l’Union européenne. »
 
12 ANS PLUS TARD : PROMESSES OUBLIÉES
 
Douze années se sont écoulées. François Hollande siège à nouveau comme parlementaire, tandis que Manuel Valls occupe aujourd’hui le poste de ministre des Outre-mer dans le nouveau gouvernement français. Les promesses faites à l’époque de faire toute la lumière sur ces assassinats et de rendre justice semblent désormais reléguées à l’oubli. En d’autres termes, le dossier a été, de facto, mis de côté. Peut-être qu’un jour, lorsque les équilibres entre les États ou les impératifs de la raison d’État évolueront en faveur de la justice, ce dossier sera enfin exhumé. Mais pour l’heure, ce n’est pas le cas. Les meurtres politiques impliquant, directement ou indirectement, des États continuent de demeurer impunis.
 
DES PREUVES ACCABLANTES
 
Où en est l’enquête aujourd’hui ? Pourquoi est-elle bloquée malgré de nombreuses preuves concrètes ?
 
Le dossier d’enquête contient des documents établissant la responsabilité du MİT dans les assassinats des trois femmes kurdes. Parmi ces éléments figurent notamment un enregistrement audio décrivant les plans d’assassinat, un document classifié contenant des instructions explicites pour ces meurtres politiques, ainsi que les aveux de certains responsables des services secrets turcs.
 
– L’enregistrement audio, mis en ligne le 12 janvier 2014, révèle des discussions entre le tireur présumé, Ömer Güney, et des agents du MIT sur les plans de l’assassinat. Cette conversation semble avoir eu lieu en octobre 2012, quelques mois avant le triple assassinat.
 
– Le document classifié, divulgué le 14 janvier 2014, désigne Ömer Güney comme « source » et porte la signature de responsables des services secrets turcs (MIT), confirmant les ordres donnés pour les assassinats.
 
– Selon l’acte d’accusation, Ömer Güney avait également planifié son évasion avec l’aide de complices, en utilisant un langage codé pour demander des armes et des arrangements pour rencontrer le MIT. Ces préparatifs ont été surveillés et déjoués par les enquêteurs français.
 
– Le 17 décembre 2016, un mois avant le début de son procès, Ömer Güney est mort subitement à l’âge de 34 ans, emportant ses secrets avec lui. Cette mort suspecte a conduit à la clôture effective de l’affaire.
 
DES AVEUX DES AGENTS DU MIT
 
De nouveaux éléments ont vu le jour dans les années qui ont suivi, notamment les aveux de deux agents du MIT capturés par le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) en août 2017. Il s’agissait d’Erhan Pekçetin, responsable des opérations à l’étranger, la branche la plus stratégique du MIT, et d’Aydın Günel, responsable des ressources humaines. Leurs aveux, publiés en janvier 2018 par une agence de presse kurde, renforçaient les accusations contre le MIT.
 
Les aveux révélaient des détails précis sur les responsables du MIT impliqués, notamment les noms des signataires du document classifié:
 
– Uğur Kaan Ayık, directeur des opérations spéciales au moment des faits.
 
– Oğuz Yüret, chef de division des opérations.
 
– Sabahattin Asal, alors adjoint au directeur des renseignements stratégiques. Sabahattin Asal, présenté comme le bras droit de Hakan Fidan, directeur du MIT à l’époque, aurait également participé aux négociations d’Oslo avec le PKK. Il aurait participé à toutes les réunions, de la première réunion à Genève le 3 juillet 2008 jusqu’à la dernière réunion des négociations d’Oslo le 5 juillet 2011.
 
Le responsable du MİT, Erhan Pekçetin, déclarait également reconnaître les voix des personnes figurant dans l’enregistrement audio apparu le 12 janvier 2014. Il admettait que cette rencontre avait eu lieu dans un hôtel à Ankara et que le billet d’avion d’Ömer Güney avait été payé par une agence du MİT située à Yenimahalle, un quartier d’Ankara. Selon Erhan Pekçetin, un meurtre aussi sensible n’aurait pas pu se produire sans l’approbation du président turc Recep Tayyip Erdoğan.
 
LE « SECRET DÉFENSE » ENTRAVE LA JUSTICE
 
Malgré l’abondance d’informations et de preuves, malgré les nouvelles demandes introduites après la mort d’Ömer Güney et la mobilisation continue du peuple kurde en quête de justice, le dossier du triple assassinat de 2013 ne bouge pas, sous prétexte de « secret défense ». Les autorités françaises refusent de lever le voile sur les écoutes téléphoniques d’agents turcs basés en France, soupçonnés d’être impliqués dans les assassinats. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) invoque le « secret défense » pour justifier cette décision.
 
Comme pour de nombreux autres assassinats politiques commis sur le sol français, l’enquête sur ce massacre est entravée par des mécanismes politiques. Les enquêteurs ne bénéficient plus d’aucune coopération de la part de l’État turc. Face à ce blocage, les Kurdes et leurs soutiens continuent de descendre dans la rue chaque année pour exiger la levée du secret d’État et la poursuite des responsables. Autrement dit, la lutte pour la vérité et la justice se poursuit sans relâche.
 
LA MÊME « RAISON D’ÉTAT » DANS LE SECOND TRIPLE ASSASSINAT
 
La « raison d’État » qui empêche de faire la lumière sur le massacre de 2013 s’est de nouveau manifesté lors du second triple assassinat du 23 décembre 2022, presque dix ans plus tard. Ce jour-là, devant le Centre culturel kurde Ahmet Kaya, Evîn Goyî, membre du conseil exécutif du KCK, Abdurrahman Kızıl, patriote engagé, et le chanteur Mîr Perwer ont été assassinés.
 
Cependant, la justice française, qui mobilise systématiquement les procureurs antiterroristes contre toute action de protestation des Kurdes, a préféré qualifier cette attaque terroriste comme étant de « caractère racial ».
 
Bien que le Centre culturel kurde ait clairement été ciblé lors de l’attentat de 2022, la nature terroriste de cette attaque n’a toujours pas été reconnue. Le Conseil démocratique kurde de France (CDKF) ainsi que les avocats des familles des victimes réclament la désignation d’un juge antiterroriste pour mener une enquête approfondie.
 
Maxime Azadi, directeur de Firat News (ANF)

GRENOBLE. Hommage aux trois femmes kurdes assassinées à Paris

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GRENOBLE – L’Association iséroise des ami-es des Kurdes (Aiak) organise le 9 janvier prochain un rassemblement en hommage aux trois femmes kurdes assassinées à Paris le 9 janvier 2013, ainsi qu’en soutien au Rojava menacé par les attaques turco-jihadistes. (RDV le jeudi 9 janvier 2025, à 18h30, place Félix-Poulat, GRENOBLE)
 
Voici le communiqué d’AIAK invitant à rassemblement en soutien aux martyrs kurdes de Paris et au Rojava
 

L’assassin présumé est décédé sans procès, mais différents éléments indiquent que le service de renseignements turc, le MIT, est impliqué dans cet assassinat, Grâce à la persévérance des familles des trois victimes, le dossier du triple meurtre a pu être ré-ouvert en 2019 pour « complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroriste criminelle ». La justice française a du mal à avancer, des pièces essentielles étant classées « secret défense ».

Nous réclamons :

  • la levée du secret défense dans l’enquête de ces assassinats politiques pour pouvoir faire la pleine lumière sur ces assassinats ;
  • l’arrêt des mesures d’intimidation et de répression contre les militant.es kurdes opposants au président turc R.T. Erdoğan.

Nous célébrons avec le peuple syrien la chute du régime de Bachar El Assad, ayant provoqué la mort de centaines de milliers de syriens, la destruction massive des infrastructures, emprisonné et torturé des dizaines de milliers de personnes. La Syrie de Bachar El Assad était devenue un narco-Etat, plaque tournante du trafic de captagon.

L’offensive militaire des factions rebelles, qui a joué un rôle décisif dans la chute du régime syrien, était accompagnée par une aspiration populaire immense pour en finir avec le régime corrompu, sanguinaire et mafieux de Bachar El Assad. La chute du régime est le prolongement de la révolution populaire syrienne déclenchée en 2011, portant l’exigence de démocratie, de droits et libertés fondamentales.

L’avenir est très incertain pour la Syrie et la région : risques de fragmentation avec les interventions armées de la Turquie et d’Israël, interrogations sur ce que fera le nouveau pouvoir vis à vis des droits des femmes et des minorités. Nous soutenons les revendications pour l’unité du pays et pour un État démocratique, laïc et civil, garantissant l’égalité des droits entre les femmes et les hommes.

Le Rojava, symbole de la résistance kurde, représente une expérience démocratique unique au Moyen-Orient. Après avoir combattu et vaincu l’État Islamique en 2015, notamment à Kobané, symbole de cette lutte, les combattantes et combattants du Rojava ont mis en place sur le territoire libéré une société démocratique, multiethnique, féministe, où les femmes et les hommes sont à parité à tous les niveaux (conseil municipal, administration, armée, …), où toutes les personnes vivent à égalité de droits, quelque que soit son appartenance culturelle, sa langue, sa religion.

L’expérience démocratique du Rojava (régions du Nord et de l’est de la Syrie) est sans pareille dans tout le Moyen Orient, née au coeur d’un pays ravagé par une dictature meurtrière,

Depuis des décennies, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan mène une guerre implacable contre les Kurdes, à la fois à l’intérieur de ses frontières et dans les régions voisines. Les milices de l’« Armée Nationale Syrienne », armées et appuyées par le pouvoir turc, notamment avec des drones , profitent du chaos pour attaquer le Rojava. Des dizaines de milliers de personnes ont déjà été déplacées.

Nous appelons la France à :

  • Exiger le retrait des forces d’occupation étrangère du pays, en particulier la Turquie et Israël, pour permettre au peuple syrien la possibilité d’enfin s’autodéterminer et aux minorités d’être protégées ;
  • Soutenir les efforts de transition pacifique, basée sur la justice, le droit et la prise en compte des aspirations de toutes les composantes du peuple syrien, en respectant ses minorités et les catégories les moins protégées de sa population ;
  • garantir le droit aux Syrien·nes refugié.es en France et pouvoir rester si iels le souhaitent et pouvoir se rendre temporairement en Syrie sans perdre leur statut.
 
avec le soutien de : AFPS, LDH, Ligue de défense des droits de l’homme en Iran (LDDHI), Nil Isère, Mouvement de la Paix, UJFP, UD-CGT 38, Solidaires, Ensemble!, La France Insoumise, PCF, NPA anticapitaliste, UCL, CNT…
 
 

SYRIE. Un bourreau des femmes devenu ministre de la justice

SYRIE – Shadi Mohammad al-Waisi, ministre syrien de la Justice, a été filmé deux fois en 2015 alors qu’il assistait à l’exécution de deux femmes à Idlib. (Les vidéos en question circulent sur les réseaux sociaux). Ainsi, en Syrie, deux modèles idéologiques s’affrontent: au Rojava le modèle pluraliste et féministe prôné par les Kurdes et leurs alliés contre celui de Damas; l’islam politique de HTC (ancien al-Qaïda syrien). 

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont diffusé deux vidéos montrant deux exécutions de femmes accusées de « corruption et de prostitution », affirmant que l’homme lisant les peines était Shadi Al-Waisi, le ministre de la Justice du nouveau gouvernement syrien. 

La plateforme « Verify-sy » a procédé à une vérification approfondie à l’aide d’outils techniques spécialisés pour faire correspondre les traits et le ton de la voix clairement entendus dans au moins une des vidéos avec les traits et la voix du ministre Shadi Al-Waisi, qui était récemment apparu dans plusieurs interviews filmées. Les résultats ont montré un degré élevé de correspondance, malgré la mauvaise qualité des enregistrements diffusés.

Pour confirmer ces informations de manière concluante, et compte tenu de la sensibilité de la vérification dans les zones de conflit selon la méthodologie adoptée, « Verify-sy » a contacté plusieurs parties de la nouvelle administration syrienne. Un haut responsable a confirmé que l’homme sur les vidéos est bien l’actuel ministre de la Justice, Shadi Al-Waisi, et qu’il était à l’époque juge.

 
« Attention, déclenchez l’avertissement pour que les Occidentaux puissent comprendre qui est au pouvoir en Syrie en ce moment – et non, Assad ne me manque pas, et de nombreux Syriens sont à juste titre heureux de la fin de son régime ! Mais ne nous leurrons pas : l’islamisme est et ne doit jamais être l’alternative.
 
 
Shadi al-Waisi, le nouveau ministre syrien de la Justice, était un ancien juge de la charia d’Al-Qaïda. Les vidéos divulguées en 2015 le montrent en train d’exécuter une femme accusée de prostitution dans la province d’Idlib. Une telle situation ne doit pas être l’avenir de la Syrie », écrit le théologien Ahmad Mansour sur son compte X (ancien Twitter).

SYRIE. Sauvetage d’une fille yézidie à Idlib

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IRAK / KURDISTAN – Une jeune Yézidie de Kojo a été sauvée des mains des terroristes de DAECH / ISIS à Idlib, en Syrie. 
 
Silvana Kh. « a maintenant atteint en toute sécurité le camp de personnes déplacées de Shariya, au Kurdistan irakien, où sa famille l’a accueillie avec joie. Silvana a été kidnappée avec sa famille, lors de l’horrible attaque de Sinjar contre Kojo le 15 août 2014. Ce sauvetage apporte une lueur d’espoir et de soulagement à la communauté yézidie », écrit l’activiste yézidi Farhad Ali qui a publié la photo de Silvana sur X (ancien Twitter).

 

Selon une autre activiste, dix ans après le génocide des Yézidis, plus de 2 500 personnes sont toujours portées disparues. Le sort inconnu des disparus est plus que tout autre problème pour la communauté yézidie. À ce jour, aucun effort gouvernemental n’a été entrepris pour les sauver. La plupart des opérations sont menées par des bénévoles.
Retour sur le génocide yézidi 

 

Les mercenaires de l’État islamique ont voulu détruire l’identité et la religion yézidies le 3 août 2014. Les peshmergas sous le commandement de PDK ont quitté la région et DAECH a massacré les Yézidis sans problème. Les combattant.e.s kurdes des HPG [branche armée du PKK] et YPG / YPJ se sont précipités sur les lieux pour sauver des milliers de Yazidis d’une mort imminente dans le couloir sécurisé qu’ils ont ouvert vers le Rojava. Six ans après ce génocide, souvenons-nous de ce qui s’est passé à Shengal le 3 août 2014.

Le génocide yézidi en chiffre:

-Plus de 5 000 Yézidis ont été tués
-6 417 femmes, enfants et hommes ont été kidnappés (Les femmes et fillettes ont été vendues comme esclaves sexuelles tandis que les garçons étaient enrôlés comme soldats)
-Des dizaines d’enfants et vieillards sont morts de soif sur le mont Sinjar lors de la fuite
-3 500 femmes et enfants ont été sauvés depuis et ont besoin de soins urgents 
-2 908 autres attendent d’être sauvés
-2 800 enfants sont devenus orphelins
-360 000 Yézidis ont fuit leurs terres et vivent dans des camps de réfugiés ou sont partis en Europe
-68 sanctuaires yézidis ont été détruits par DAECH
-80 fosses communes ont été découvertes jusqu’à présent -après la libération de Shengal (Sinjar)
– La ville de Shengal, détruite et minée par DAECH, attend d’être reconstruite. 

ROJAVA. Elles cuisinent pour les combattant.e.s de la liberté

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SYRIE / ROJAVA – Les femmes du village de Xurxurê, dans le canton kurde de Kobanê, cuisinent pour les combattant.e.s des YPJ et des FDS qui défendent le barrage de Tishrin et le pont de Qereqozaq face aux gangs turco-jihadistes. Ces femmes cuisinent pendant la journée et montent la garde la nuit.
 
Les habitants du canton de l’Euphrate continuent de soutenir les combattant.e.s des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des Unités de défense de la femme (en kurde : Yekîneyên Parastina Jin, YPJ). Dans le village de Xurxurê, à l’ouest de Kobanê, les femmes préparent les repas des guerriers qui sont sur le front des combats.
 
Les femmes cuisinent pendant la journée et montent la garde la nuit dans leur village. (ANHA)
 
 

ROJAVA. Attaque de drone près de Kobanê

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SYRIE / ROJAVA. Un drone de la Turquie colonialiste a ciblé une maison occupée par des civils à Sirin, au sud du canton kurde de Kobanê.

Détails à venir…

ROJAVA. Profanation d’un sanctuaire militaire à Manbij

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SYRIE / ROJAVA. Les mercenaires de la Turquie colonialiste ont détruit le sanctuaire des martyrs arabes et kurdes près de Manbij.

Loin des valeurs sociétales reconnues dans toute la Syrie et la région, les mercenaires de l’État d’occupation turc ont détruit le contenu du sanctuaire des martyrs de Manbij situé au sud de la ville.

Le Sanctuaire des Martyrs est situé dans la ville de Manbij, sur la route internationale au sud de la ville, et il y a une salle spéciale dans laquelle des photos des martyrs de Manbij et de sa campagne sont accrochées en l’honneur de leurs grands sacrifices pour défendre la ville et son peuple.

L’agence ANHA a obtenu une vidéo, montrant l’étendue de la haine des mercenaires de l’État d’occupation turc, à partir du symbolisme des images des martyrs de Manbij qui ont sacrifié leur vie pour libérer la ville des mercenaires de l’EI.

Des sources locales ont également rapporté que les mercenaires de l’État d’occupation turc avaient détruit les sanctuaires des martyrs dans le sanctuaire, de manière similaire à ce que les mercenaires de l’EI ont fait lors de leur entrée à Manbij en 2014, et leur destruction de sanctuaires et de mosquées, notamment le sanctuaire du compagnon Ammar bin Yasser, et la mosquée Uwais al-Qarni (un sanctuaire chiite) et la mosquée Sheikh Aqeel Al-Manbiji à Manbij.

Les crimes des mercenaires ont suscité le mécontentement de la population générale de la ville de Manbij. (ANHA)

 

FEMINICIDE. « Si la justice avait été rendue pour Gülistan Doku, les Rojin et Narin seraient en vie aujourd’hui »

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TURQUIE / KURDISTAN – Alors que la famille de Rojin Kabaiş*, une jeune Kurde tuée et dont le crime est déguisé en suicide par les autorités turques, se bat pour faire la lumière sur cet énième féminicide qu’on veut laisser impuni, la coprésidente du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (Parti DEM), Tülay Hatimoğulları, a partagé une publication sur X à propos de Gülistan Doku, une autre jeune femme kurde portée disparue à Dersim depuis le 5 janvier 2020.

Tülay Hatimoğulları a écrit sur X (ancien Twitter) : « Où est Gülistan Doku ? Nous posons cette question depuis exactement 5 ans. Gülistan Doku a été portée disparue à Dersim, entouré de caméras de toutes parts. Nous connaissons ceux qui ont laissé Gülistan dans l’ombre. Nous connaissons les auteurs. Si la justice avait été rendue à Gülistan, les Rojin et les Narin seraient en vie aujourd’hui. Nous ne cesserons jamais de nous interroger sur le sort de Gulistan et de Rojin. »

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*Le corps de Rojin Kabaiş, une étudiante de 21 ans de l’Université Van Yüzüncü Yıl, a été retrouvé 18 jours après sa disparition à Van.

Le corps a été découvert sur la rive du lac de Van, dans le quartier de Mollakasım, dans le district de Tuşba.

Kabaiş a été vue pour la dernière fois le soir du 27 septembre, alors qu’elle racontait à ses amis qu’elle allait ramasser des galets sur la plage. Elle a quitté son dortoir mais n’est jamais revenue.

Après que ses amis ont signalé sa disparition, des équipes de recherche ont commencé à ratisser la zone. Son téléphone et ses écouteurs ont été retrouvés sur les rives du lac Van le 10 octobre, puis son foulard a été retrouvé le long du rivage.

TURQUIE. Les comptes X de trois médias kurdes bloqués

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TURQUIE / KURDISTAN – L’accès aux comptes X (ancien Twitter) des journaux kurdes MA, JINNEWS et Yeni Yaşam a été bloqué en Turquie. La censure des médias kurdes est une vieille tradition de l’État colonialiste turc.

L’accès au compte @Maturkce de l’agence Mezopotamya (Mezopotamya Ajansı – MA) X (Twitter) a été bloqué en Turquie. Aucune explication n’a été donnée sur la raison du blocage du compte ayant 263 000 abonnés.

L’accès au compte X du journal 100% féminin JINNEWS (@jinnewsturkce) et celui du journal Yeni Yaşam ont également été bloqués sans explications. (Agence Mezopotamya)