ROJAVA. La Turquie bombarde la campagne sud de Kobanê
ROJAVA. Un drone turc tue une cadre du Mouvement des femmes Kongra Star
SYRIE / ROJAVA – Shahnaz Omar, une militante kurde des droits des femmes a été tuée par un drone turc à Derîk.
Le Mouvement des femmes du Nord et de l’Est de la Syrie, Kongra Star a publié un communiqué annonçant le martyre de l’une de ses cadres, Shahnaz Omar, à la suite d’une frappe de drone turc sur Derik.
Voici le communiqué de Kongra Star
« Le 10 janvier 2025, notre camarade Shahnaz Omar est tombée en martyre lors d’une frappe aérienne sur le village de Khana Sere à Derik. Depuis des années, l’État fasciste turc cherche à venger la défaite de l’EI en attaquant les pionnières de la lutte des femmes. Ces attaques visent les femmes leaders sur tous les fronts. Omar a traversé des villes comme Damas, Alep et le nord-est de la Syrie, plaidant sans relâche pour la libération des femmes. Sa simplicité et son humilité lui ont valu l’amour de toutes les femmes qu’elle a rencontrées. Malheureusement, son compagnon et chauffeur, Ahmed Hassan, a également perdu la vie dans l’attaque.
Grâce à son travail acharné, à son dévouement et à son engagement indéfectible, Shahnaz a éduqué et organisé d’innombrables femmes malgré d’immenses défis. En tant que femme kurde, elle n’a jamais capitulé devant la tyrannie du régime Baas et a toujours affiché une position ferme et déterminée. Ses nobles rêves et aspirations à la liberté resteront notre objectif principal dans notre lutte.
Le communiqué se termine en commémorant les noms d’autres femmes assassinées en janvier, notamment Sakine Cansiz, Fidan Dogan, Leyla Saylemez, Evin Goyî, Pakize, Fatma, Seve et Karam Shehab al-Hamad.
Le Kongra Star a souligné son engagement à poursuivre la lutte :
« Nous poursuivrons notre combat pour la liberté, quelle que soit l’incessante intensification des attaques. La philosophie « Femmes, vie, liberté » est devenue un symbole mondial de résistance et d’autonomisation pour les femmes du monde entier. La mort ne nous empêchera pas d’atteindre nos objectifs. » (ANHA)
PARIS. Les Kurdes de nouveau dans la rue pour « Vérité et Justice » pour leurs martyrs
PARIS – Plus de 15 000 Kurdes venu.e.s de toute l’Europe ont défilé à Paris réclamant justice pour les six activistes kurdes massacré.e.s en 2013 et 2022 à Paris.
Ce samedi, les organisations kurdes ont organisé une marche de la gare du Nord à la place de la République à Paris pour condamner les massacres de militants kurdes dans la capitale française les 9 janvier 2013 et 23 décembre 2022.
La manifestation a honoré la mémoire de Sakine Cansız, cofondatrice du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), de Fidan Doğan, représentante du KNK (Congrès national du Kurdistan) à Paris, et de Leyla Şaylemez, membre du Mouvement de la jeunesse kurde, assassinés à Paris le 9 janvier 2013, ainsi que d’Evîn Goyî, membre du conseil exécutif du KCK (Union des communautés du Kurdistan), de l’artiste kurde Mir Perwer et de l’activiste Abdurrahman Kızıl, assassinés devant le siège du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) et du centre culturel kurde Ahmet Kaya à Paris le 23 décembre 2022.
La marche organisée par le TJK-E (Mouvement des femmes kurdes en Europe) et le KCDK-E (Congrès des sociétés démocratiques kurdes d’Europe) sous le slogan « On connait les commanditaires, mais la France se tait » a réuni des Kurdes et leurs amis de nombreux pays d’Europe.

Les manifestants ont exprimé leur colère contre les massacres perpétrés par l’État turc et dénoncé la collaboration de l’État français.
Avant le lancement de la marche, des tracts préparés par le comité d’organisation sur le massacre ont été distribués aux passants.
S’exprimant à la Gare du Nord avant le début de la marche, le coprésident du KCDK-E, Engin Sever, a déclaré : « Cher patriotes, nos amis, je salue vos 12 années de résistance contre le massacre de Paris. Il y a 12 ans, 3 femmes révolutionnaires ont été massacrées en France. La cible du massacre était la lutte pour la liberté et la lutte des femmes. 10 ans plus tard, un deuxième massacre a eu lieu, encouragé par le silence de l’État français, que nous condamnons. Notre résistance se poursuit depuis 12 ans sans interruption. Partout, dans tous les domaines, notre résistance continue de grandir. Comme on le sait, Sakine Cansız a une place très importante dans la lutte des femmes kurdes. Le peuple kurde mène une lutte unique et grande au Moyen-Orient et le leader Öcalan envoie un message pour la révolution du Moyen-Orient. L’unité du peuple kurde est la plus grande réponse à ce massacre. La camarade Evin Goyi a également mené une lutte de femmes pendant des décennies et s’est battue contre DAECH. Mais l’État français ne l’a pas protégée. Nous exigeons que l’État français fasse la lumière sur ce massacre ».
Un représentant de la communauté arménienne a déclaré : « En tant qu’Arméniens, nous sommes ici en solidarité avec le peuple kurde qui a subi deux massacres à Paris en 10 ans. Le fascisme turc continue de commettre des crimes et de mener des attaques au Rojava. Non au fascisme d’État turc ! Nous exigeons la libération de tous les prisonniers. Nous voulons que le PKK soit retiré de la liste des organisations terroristes. »
S’exprimant au nom du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), la militante Xane Akdoğan a déclaré : « Il est clair qui a commis le massacre. Nous n’abandonnerons pas notre quête de justice et notre cause. Notre lutte continuera de s’intensifier jusqu’à ce que nous obtenions la libération du leader Öcalan et que nous obtenions un statut au Kurdistan. »
La députée française Danielle Simonnet a déclaré : « Nous devons lutter pour que justice soit rendue contre cette attaque terroriste. Erdoğan et l’État turc continuent leur agression contre le Rojava et la Syrie, où les Alévis et les Kurdes sont attaqués. Nous devons nous opposer à cela. Le PKK est toujours sur la liste des organisations terroristes, nous exigeons qu’il soit mis fin à cette situation. Nous avons reçu des messages du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan. Ces messages étaient très importants. Nous soutenons la lutte des Kurdes pour l’égalité et la liberté. »
Esra Demir, de l’Union des femmes socialistes (SKB), a déclaré : « Sakine et ses semblables ont couronné cette lutte avec honneur. Leur lutte a effrayé le colonialisme turc. Les balles tirées sur les femmes révolutionnaires visaient cette lutte. À une époque où la lutte kurde a fait de grandes réalisations, ce massacre a été perpétré pour les éliminer. L’alliance anti-kurde a tiré des balles sur les combattants de la lutte honorable kurde. Ce massacre s’est poursuivi avec des relations et des alliances sombres avec l’État français. De même, ils ont attaqué une fois de plus le 23 décembre 2022. Bien que l’identité des meurtriers des fascistes soit cachée, nous savons très bien que les auteurs sont l’État turc et ses collaborateurs impérialistes. Nous devons mener une lutte unie pour demander des comptes aux responsables de ces attaques. Aujourd’hui, la même agression a lieu contre les réalisations du Rojava, qui sont fortement menacées. Ils veulent réaliser avec l’ANS ce qu’ils n’ont pas pu réaliser avec DAECH. La révolution au Rojava est agressée. Si nous sommes ici aujourd’hui avec la même colère pour exiger justice pour nos camarades femmes assassinées, il est du devoir de toutes les forces de la liberté de défendre les acquis du Rojava ».
Le député Carlos Martens Bilongo a déclaré : « Une lutte forte continue. Nous nous battons contre ce massacre politique dans le 10e arrondissement de Paris. Deux massacres ont eu lieu à 10 ans d’intervalle au cœur de Paris. Nous défendons l’humanité. Les Kurdes ont mené une grande lutte contre l’EI. Nous soutenons cette lutte. Nous sommes avec les Kurdes. Aujourd’hui, le HTS massacre les Alévis en Syrie. Nous devons nous y opposer. »
Françoise Bechier, présidente du Mouvement progressiste, a déclaré : « Cette lutte doit être renforcée en hommage à tous les révolutionnaires tués dans les quatre parties du Kurdistan. Les attaques contre les Kurdes en Syrie sont inacceptables. Nous devons intensifier la lutte. »
Après les discours, la foule a défilé jusqu’à la place de la République où une scène a été installée pour des prises de parole. (ANF)
ROJAVA. Les journalistes Cihan Bilgin et Nazim Daştan inhummés à Qamishlo
ROJAVA. Une famille décimée par un bombardement turc
SYRIE / ROJAVA – Une famille a été décimée par une frappe aérienne turque ciblant leur maison dans la campagne de Sarin. Le bombardement a causé la mort du père et de deux fillettes et la blessure de 5 autres enfants et de la mère, qui a été grièvement blessée.
Ce soir, les avions de guerre turcs ont bombardé le village de Masrab, dans la campagne de la ville de Sarin, région sous contrôle des forces arabo-kurdes. Une famille a été décimée par l’attaque.
Les informations obtenues par l’agence ANHA, ont rapporté que le père et ses deux filles ont été tués , et 5 autres enfants et la mère ont été blessés. Les victimes sont: Hussein Mustafa (37 ans), Fatima Ismail Mustafa, 12 ans, et Aisha Ismail Mustafa, 13 ans. (ANHA)
ROJAVA. Deux enfants blessés lors d’attaques turques à Sirrin
SYRIE ROJAVA – L’État turc et ses mercenaires poursuivent leurs attaques contre les civils dans les régions sous contrôle des forces arabo-kurdes.
Cette fois, les envahisseurs ont ciblé une maison dans un village de Sirin près du pont de Karakozak (Qereqozaq).
Les enfants Casim Elî Şewax (12 ans) et Hanî Eli Şewax (16 ans) ont été blessés lors de l’attaque. (ANHA)
TURQUIE. Les Mères du Samedi demandent justice pour le massacre de Guçlukonak
Le 15 janvier 1996, 11 villageois kurdes ont été abattus et brûlés par des paramilitaires turcs (JITEM) dans un minibus dans le district de Güçlükonak à Şırnak. L’état-major turc avait annoncé que le massacre avait été perpétré par le PKK, mais des responsables d’ONG, intellectuels et artistes ont déclaré que le massacre avait été commis par les forces de l’État à la suite de leurs enquêtes dans la région. Cependant, la justice turque a refusé de poursuivre les auteurs du massacre de Güçlükonak. 13 ans après le massacre de Güçlükonak, le ministre d’État de l’époque, Adnan Ekmen, a déclaré que les auteurs du massacre étaient des paramilitaires turcs du JITEM et non le PKK.
Le 15 janvier 1996, 11 villageois kurdes ont été abattus et brûlés dans un minibus dans le district de Güçlükonak à Şırnak. L’état-major turc avait annoncé que le massacre avait été perpétré par le PKK, mais des responsables d’ONG, intellectuels et artistes ont déclaré que le massacre avait été commis par les forces de l’État à la suite de leurs enquêtes dans la région. Cependant, la justice turque a refusé de poursuivre les auteurs du massacre de Güçlükonak . 13 ans après le massacre de Güçlükonak, le ministre d’État de l’époque, Adnan Ekmen, a déclaré que les auteurs du massacre étaient des paramilitaires turcs du JITEM et non le PKK.
Les États-Unis et l’UE priés d’assurer la protection des minorités pendant la transition politique syrienne
Deux organisations syriaques demandent aux États-Unis et à l’UE d’assurer la protection des minorités ethniques et religieuses (Kurdes/Yézidis, Syriaques, chrétiens, Druzes…) pendant la transition politique syrienne.
L’Union syriaque européenne (ESU) et l’Union syriaque américaine (ASU) ont adressé conjointement une lettre aux ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et des États-Unis, exprimant leur gratitude pour leur soutien aux chrétiens du Moyen-Orient. La lettre met en avant neuf points clés pour assurer l’avenir des chrétiens syriaques (araméens-assyriens-chaldéens) et d’autres minorités en Syrie alors que la nation subit une transformation politique.
L’ESU, l’ASU et le Parti de l’Union syriaque (SUP) ont reconnu l’attention internationale continue portée aux défis auxquels sont confrontés les chrétiens du Moyen-Orient, en particulier en Syrie. « Nous gardons espoir que la communauté internationale continuera de défendre les droits et la protection des chrétiens pendant cette phase critique en Syrie », indique la lettre.
La lettre conjointe fait référence à une récente réunion à Rome axée sur la crise syrienne, soulignant l’importance du dialogue pour assurer l’avenir des chrétiens et des autres groupes ethniques de la région.
Les organisations ont souligné l’héritage culturel durable des chrétiens syriaques (araméens, assyriens et chaldéens) de Beth Nahrin (Mésopotamie), l’une des premières communautés à avoir adopté le christianisme. Malgré des siècles de persécution, de déplacement et de bouleversements démographiques au Liban, en Irak, en Turquie, en Iran et en Syrie, les chrétiens syriaques (araméens, assyriens et chaldéens) sont restés déterminés à préserver leur identité et leur héritage.
Alors que la Syrie entame un nouveau chapitre, les syndicats expriment leur optimisme quant à un avenir marqué par la justice, la stabilité et la protection des droits de leur peuple.
Neuf points clés pour l’avenir de la Syrie
La lettre présentait les revendications suivantes :
-
- Reconnaissance des droits constitutionnels : Reconnaissance de l’existence constitutionnelle du peuple syriaque (araméen-assyrien-chaldéen) et de ses droits nationaux, politiques et culturels au sein d’une Syrie unifiée.
- Reconnaissance de la langue : Désignation de la langue syriaque comme langue nationale et officielle dans les régions comptant d’importantes populations syriaques (araméennes-assyriennes-chaldéennes), compte tenu de son rôle historique en tant que langue ancienne de la Syrie.
- Représentation politique : inclusion des forces politiques syriaques (araméennes-assyriennes-chaldéennes) dans le processus de transition et les institutions de gouvernance de la Syrie.
- Réformes juridiques : abrogation des lois discriminatoires visant des groupes spécifiques, notamment les Syriaques (Araméens-Assyriens-Chaldéens), et restitution des terres et des propriétés saisies lors des conflits passés avec une compensation équitable pour les personnes concernées.
- Préservation des villages : protection des villages syriaques (araméens-assyriens-chaldéens), prévention des changements démographiques, notamment dans la région de Khabur, et facilitation du retour en toute sécurité des résidents déplacés dans leurs foyers.
- Unité nationale : renforcement de l’unité et de la souveraineté de la Syrie, récupération des territoires occupés par des moyens pacifiques et promotion d’une citoyenneté égale fondée sur l’État de droit.
- Gouvernance décentralisée : Adoption d’une gouvernance décentralisée pour renforcer l’inclusion, protéger la diversité culturelle et assurer une répartition équitable des ressources et du développement dans toutes les régions.
- Valeurs démocratiques : Établissement d’une république démocratique fondée sur la séparation de la religion et de l’État, garantissant la liberté de croyance et la reconnaissance de toutes les religions, y copris le yézidisme.
- Reconnaissance d’un État multiethnique : Reconnaissance constitutionnelle de la Syrie comme un État multiethnique, multiculturel et multireligieux, avec une représentation équitable des Arabes, des Kurdes, des Syriaques (Araméens-Assyriens-Chaldéens), des Turkmènes et d’autres.
Les organisations ont également souligné l’importance des droits de l’homme et de la justice transitionnelle pour promouvoir la réconciliation nationale et la responsabilisation. Elles ont plaidé pour une représentation significative des femmes et des jeunes dans les institutions de l’État et les processus décisionnels, afin de garantir leur participation active à la construction de l’avenir de la Syrie.
L’ESU et l’ASU ont conclu en réaffirmant leur engagement à travailler avec la communauté internationale pour garantir un avenir pacifique, inclusif et démocratique à tous les Syriens, tout en préservant l’identité culturelle et historique des chrétiens syriaques (araméens-assyriens-chaldéens) et d’autres minorités.
ROJAVA. Un drone truc frappe un véhicule civil près de Derik
SYRIE / ROJAVA – Un drone truc a frappé ce soir un véhicule civil près de la localité kurde de Derik. Il y a des victimes.
Les médias locaux ont rapporté qu’un drone appartenant à l’occupation turque a ciblé un véhicule il y a peu de temps dans le village de Khana Serri, dans la campagne de la ville. On signale que l’attaque a fait des blessés.
Vérité et Justice pour Fidan, Sakine, Leyla, Emine, Mir et Abdurrahman
PARIS – L’Union syndicale Solidaires exhorte l’État français à faire la lumière sur les deux attentats ayant ciblé les militants kurdes sur le sol français en 2013 et en 2022 à l’occasion du 12e anniversaire du premier massacre commis le 9 janvier 2013.
Voici le communiqué de l’Union syndicale Solidaires :
Vérité et Justice pour Fidan, Sakine, Leyla, Emine, Mir et Abdurrahman
Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes étaient assassinées en plein cœur de Paris au 147 de la rue Lafayette.
Depuis plus de 10 ans, sous la devise « Vérité et Justice », au côté de nos camarades kurdes nous menons le combat pour que soit levé le « secret-défense » sur les documents qui permettraient à la justice de faire toute la lumière sur ces crimes et de juger les véritables commanditaires.
Fidan Dogan, Sakine Cansız et Leyla Shaylemez étaient trois militantes kurdes qui travaillaient au sein du Centre d’information sur le Kurdistan, à Paris. Leur assassinat ne doit en effet rien au hasard : elles étaient des cadres du mouvements, chacune représentant une génération. En les assassinant, il s’agissait de porter un coup à l’élargissement de la lutte kurde en France et en Europe, lutte pour l’autodétermination d’un peuple et qui met en application concrète des principes démocratiques, féministes ou d’auto-gestion.
Neuf ans plus tard, le 23 décembre 2022, un nouvel attentat a frappé la communauté kurde à Paris, endeuillant une fois de plus cette diaspora militante. Un homme d’extrême droite a ouvert le feu sur le centre culturel kurde de Paris ainsi que sur un restaurant et un coiffeur, assassinant plusieurs camarades kurdes et en blessant grièvement plusieurs autres. 3 personnes sont décédées ce jour-là : Emine Kara, Mir Perwer (Sirin Aydin), Abdurrahman Kızıl. Le tueur n’est pas sorti de nulle part : il avait déjà tenté par le passé, et à plusieurs reprises, d’assassiner des personnes migrantes. Cette fois, il s’était procuré une arme à feu et avait planifié cette nouvelle attaque raciste. Celle-ci s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions de plus en plus violentes de l’extrême-droite. Cette stratégie porte un nom : le terrorisme.
L’Union syndicale Solidaires exige que :
- Les assassinats du 23 décembre 2022 soient qualifiés d’attentat terroriste et que le parquet national spécialisé en matière de terrorisme soit saisi ;
- Que le secret-défense opposé à la justice par les services secrets français soit levé afin de connaître tous les commanditaires des assassinats de 2013 ;
- Que lesdits commanditaires soient identifiés et jugés, sur le sol français, quel que soit leur niveau de responsabilité ;
- Que le statut de réfugié politique soit accordé sans difficultés aux Kurdes contraints à l’exil ;
- Que les lieux de rencontres de la communauté kurde ne soient pas surveillés mais protégés ;
- Que les mouvements prônant la haine, le racisme et la violence en ou hors de France soient dissous et leurs responsables jugés dans le cas où ils se seraient rendus coupables d’appel à la haine ou de troubles à l’ordre public.
Tribune. Justice et vérité pour le peuple kurde !
PARIS – Dans une tribune co-signée, Raphaëlle Primet, co-présidente du groupe communiste et citoyen de Paris, Geneviève Garrigos, conseillère Paris en Commun, socialistes, écologistes et républicains de Paris et élue du 20ème arrondissement et Aminata Niakaté, conseillère de Paris et porte-parole des Ecologistes-EELV, exhortent l’État français à faire la lumière sur les deux attentats ayant ciblé les militants kurdes sur le sol français en 2013 et en 2022.
Voici leur tribune:
Le 9 janvier 2013, trois militantes kurdes, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, étaient brutalement assassinées au cœur de Paris. Plus récemment, le 23 décembre 2022, Evin Goyi, Mir Perwer et Abdurrahman Kizil étaient assassiné.es dans des conditions similaires.
Six vies fauchées en plein cœur de notre capitale, des actes terroristes impunis qui interpellent notre conscience collective.
Six meurtres pour lesquels nous exigeons justice alors que dans ceux de Sakine, Fidan et Leyla le « secret défense », qui bloque l’instruction, n’a toujours pas été levé et que pour ceux de Evin, Mir et Abdurrahman le caractère terroriste a été rejeté quand bien même les cibles étaient clairement identifiées visant des membres éminent.es du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F).
La France a le devoir de protéger les Kurdes, le devoir de faire éclater la vérité et de leur rendre justice pour mettre fin à l’impunité de ces crimes politiques.
Non seulement elle reste passive mais le harcèlement administratif, la répression contre les Kurdes en France a atteint de nouveaux sommets avec l’expulsion récente de trois militants kurdes vers la Turquie.
En contradiction avec de nos principes républicains, en violation de la Déclaration des droits de l’homme des Nations unies, de la Convention des Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, de la Charte des Droits fondamentaux de l’Union Européenne et des nombreuses conventions qui en découlent, des militant.es kurdes sont aujourd’hui expulsé.es vers la Turquie, livré.es à un régime autoritaire où ils et elles sont détenu.es arbitrairement, victimes de torture et de mauvais traitements, condamné.es à de lourdes peines de prison au cours de procès inéquitables.
Nous condamnons également les attaques répétées par les Loups Gris, ces groupes soutenus par l’État turc, contre des militant.es kurdes pacifiques en Europe. Ces agressions, comme celles perpétrées à Strasbourg contre la veille permanente pour la libération d’Abdullah Öcalan, visent à intimider et criminaliser les manifestant.es. Avec le CDKF nous demandons au gouvernement français de renforcer la protection des locaux associatifs kurdes et de ne pas céder aux pressions de l’État turc.
En Syrie, alors que la chute de Bachar al Assad, le boucher de Damas, dont nous nous réjouissons, ferme la porte de cinquante ans de dictature cruelle et sanguinaire, Erdogan bombarde nuit et jour la région autonome du Nord et le Nord- est pour en expulser les Kurdes et détruire leur modèle démocratique et paritaire.
Dans quelques jours, nous allons célébrer les dix ans de la libération de Kobane par les unités kurdes YPG sur lesquelles se sont appuyés les Occidentaux pour vaincre le groupe Etat islamique, que les Kurdes combattent ce qu’il en reste et gèrent les centres de détention où s’entassent des milliers de djihadistes, la France ne doit pas les abandonner. Elle doit intervenir pour que leur droit à la souveraineté démocratique et à vivre en paix soient enfin respectés.
Nous demandons à la France d’agir à la hauteur de ses responsabilités. De mettre fin à son double langage afin que toute la vérité soit faite sur les meurtres de Sakine Cansiz, Fidan Dogan, Leyla Saylemez, Evin Goyi, Mir Perwer et Abdurrahman Kizil, que les auteurs et les commanditaires soient jugés afin de mettre fin à l’impunité et garantir la sécurité en France.
Notre lutte ne s’arrête pas là. Elle englobe la libération des prisonnier.es politiques kurdes et turcs injustement détenu.es dans les geôles d’Erdogan. Nous exigeons la fin de l’isolement carcéral et la libération d’Abdullah Öcalan, ainsi que le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes.
Le combat pour la justice, la paix et la dignité du peuple kurde est le nôtre. Ensemble, portons haut et fort cette exigence, pour eux, avec eux et tous ceux et toutes celles qui luttent pour leurs droits et leur liberté.
Les troupes américaines et françaises invitées à sécuriser la frontière nord de la Syrie
SYRIE / ROJAVA – Alors que la Turquie a intensifié les attaques ciblant les Kurdes de Syrie, Ilham Ahmad, coprésidente du Département des relations étrangères de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), a déclaré mercredi que les États-Unis et la France pourraient sécuriser toute la zone frontalière dans le nord de la Syrie.
Les troupes américaines et françaises invitées à sécuriser la frontière nord de la Syrie
« Nous demandons aux Français d’envoyer des troupes à cette frontière pour sécuriser la zone démilitarisée, pour nous aider à protéger la région et à établir de bonnes relations avec la Turquie », a déclaré Ahmad dans une interview à TV5 Monde.
La semaine dernière, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a souligné, lors de sa visite à Damas, que les Kurdes devraient jouer un rôle important dans la définition de l’avenir de la Syrie.
De même, le président français Emmanuel Macron a récemment réaffirmé l’engagement de la France envers les Forces démocratiques syriennes (FDS), déclarant que la France ne les abandonnerait pas.
Ahmad a expliqué que le rôle de la France pour persuader la Turquie d’accepter sa présence à la frontière serait une étape clé dans le lancement du processus de paix.
« Dès que la France aura convaincu la Turquie d’accepter sa présence à la frontière, alors nous pourrons entamer le processus de paix », a déclaré Mme Ahmed. « Nous espérons que tout sera réglé dans les prochaines semaines », a-t-elle ajouté.
Selon Reuters, une source proche des discussions a confirmé que les pourparlers étaient déjà en cours. La source a toutefois refusé de divulguer des détails sur l’avancement des négociations ou leur faisabilité. (North Press)