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TURQUIE. Nordiz, joyau écologique menacé par l’exploitation minière

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TURQUIE / KURDISTAN – La région kurde de Nordiz, située dans le district de Gürpınar à Van, est réputée pour sa riche biodiversité, ses vastes pâturages fertiles et sa grande variété d’herbes sauvages. Longtemps considérée comme l’un des hauts lieux de l’élevage dans la région, elle abrite un écosystème unique, vital pour les chèvres de montagne, les mouflons de Nordiz et le bassin du lac de Van, tout en constituant un habitat essentiel pour le mulet perlier.

Cependant, depuis quatre ans, les activités d’exploration et d’exploitation minières menées dans la zone, notamment par le groupe Vefa dans le hameau de Derbedanis près du village de Şamanis, causent des dommages environnementaux irréversibles.

Pollution de l’eau et souffrance des villageois

Les opérations minières ont gravement pollué les principales sources d’eau du village. La présence de polymères et de substances magnétiques rend l’eau impropre à la consommation humaine et animale. Privés de leur ressource vitale, les habitants, dont la vie dépend presque entièrement de l’élevage, sont contraints de parcourir chaque jour près de 15 kilomètres jusqu’au plateau de Nebirnav pour abreuver leurs troupeaux.

Animaux en voie de disparition

Chaque année, des centaines d’animaux meurent à cause de cette eau contaminée. L’assèchement des pâturages et la perturbation du cycle naturel menacent aujourd’hui l’élevage d’extinction dans la région. Au-delà de la catastrophe économique, c’est tout un mode de vie ancestral, transmis de génération en génération, qui est en train de disparaître.

La biodiversité locale est également gravement atteinte : les chèvres de montagne et les mouflons nordiques, espèces déjà menacées, voient leur habitat détruit, tandis que les zones de reproduction du mulet perlier, espèce clé du lac de Van, sont directement impactées.

Les villageois se mobilisent

Face à cette destruction systématique, les habitants de Nordiz ont engagé des poursuites judiciaires pour exiger l’arrêt immédiat des activités minières. Ils dénoncent la disparition progressive de leurs terres, de leurs moyens de subsistance et de leur environnement.

Si rien n’est fait, la région de Nordiz, autrefois symbole de richesse naturelle et pastorale, risque d’être définitivement ravagée, au profit d’intérêts miniers au détriment des populations locales et de la biodiversité.

IRAN. Depuis le début de la guerre, 13 prisonniers politiques exécutés

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IRAN – Le régime iranien a exécuté aujourd’hui les manifestants Mohammad Amin Biglari et Shahin Vahedparast, signale l’ONG kurde Hengaw. Depuis le début de la guerre opposant les USA et Israël à l’Iran, le régime iranien a exécuté 13 prisonniers politiques, tandis que des centaines d’autres risquent de connaitre le même sort tragique.

Les autorités iraniennes ont procédé, à l’aube du dimanche 5 avril 2026, à l’exécution secrète de deux jeunes prisonniers politiques, Mohammadamin Biglari et Shahin Vahedparast Kalour, à la prison de Ghezel Hesar à Karaj. Ces exécutions interviennent dans un contexte de répression accrue, alors que l’Iran est engagé dans un conflit régional avec Israël les Etats-Unis.

Selon l’ONG Hengaw, spécialisée dans la défense des droits humains en Iran, ces deux hommes faisaient partie d’un groupe de sept personnes arrêtées le 8 janvier 2026 lors de la répression des manifestations à Téhéran, près de la base Basij n° 185 Namjoo.

Mohammadamin Biglari, étudiant en informatique âgé de seulement 19 ans, et Shahin Vahedparast Kalour, 30 ans, ont été jugés un mois à peine après leur arrestation par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghasem Salavati. Ils ont été condamnés à mort pour « inimitié envers Dieu » (moharebeh), « corruption sur terre », incendie criminel d’installations publiques et « collusion contre la sécurité nationale ».

Un troisième accusé dans la même affaire, Amirhossein Hatami (19 ans), avait déjà été exécuté secrètement dans la même prison le 2 avril 2026.

Les exécutions se sont déroulées sans que les familles puissent rendre une dernière visite aux condamnés. Selon Hengaw, au moins 13 prisonniers politiques, dont six arrêtés lors des manifestations de janvier, ont été exécutés en Iran depuis le début de la guerre récente.

Violations graves des droits humains

La rapidité du procès (un mois seulement entre l’arrestation et la condamnation), le refus d’accès au dossier pour les avocats choisis par la famille, et le recours à des aveux dont la véracité est fortement contestée, constituent de graves violations du droit à un procès équitable.

L’avocat Hassan Aghakhani, qui s’était constitué avec un confrère pour défendre Mohammadamin Biglari, s’est vu refuser l’accès au dossier. Un avocat commis d’office avait affirmé à la famille que le jeune homme avait « avoué », sans qu’un aucun détail ne soit communiqué.

Ces exécutions secrètes et précipitées, menées sans transparence et sans garanties minimales de défense, s’apparentent à une privation arbitraire de la vie et violent le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par l’Iran.

Un jeune homme qui cumulait deux emplois

Mohammadamin Biglari cumulait deux emplois pour subvenir à ses besoins. Son père, malgré une santé fragile, avait initialement cherché son fils parmi les corps des manifestants tués à Kahrizak. Ce n’est que trois semaines plus tard, grâce à des prisonniers libérés de Ghezel Hesar, qu’il a appris son arrestation.

Hengaw condamne fermement ces exécutions précipitées et alerte sur le risque imminent d’exécution pour quatre autres accusés de la même affaire, actuellement détenus à l’isolement.

Ces nouvelles exécutions confirment l’utilisation de la peine de mort comme instrument de répression politique par les autorités iraniennes, dans un climat de tensions régionales exacerbées.

TURQUIE. Un poète emprisonné à cause de ses écrits en kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Un poète du Rojhilat est emprisonné en Turquie depuis plus de 40 jours. Son crime ? Écrire des poèmes en langue kurde !

Les autorités turques ont prolongé de 30 jours supplémentaires la détention provisoire du poète et militant des droits civiques Behrouz Shojaei, plus de 40 jours après son arrestation. Cette décision, prise le samedi 4 avril 2026 par un tribunal turc, suscite l’inquiétude des organisations de défense des droits humains.

Âgé de 43 ans, originaire de Qatur dans la province d’Azerbaïdjan occidental (Urmia) en Iran, Behrouz Shojaei est membre de l’association culturelle kurde Surawa. Père de trois enfants, il a été arrêté le 31 janvier 2026 par l’Organisation nationale du renseignement turc (MIT) alors qu’il franchissait la frontière turque au poste de Razi, en route vers Kayseri pour des raisons professionnelles.

Depuis son arrestation, il est détenu dans un centre de la ville de Van, où il a subi des interrogatoires intensifs. Selon l’ONG Hengaw, les autorités turques fondent leurs accusations sur ses activités littéraires : l’écriture et la publication de poèmes en langue kurde, notamment en ligne.

Cette prolongation porte sa détention provisoire à plus de deux mois, sans que des charges précises n’aient été officiellement communiquées au-delà de son expression culturelle et linguistique en kurde.

Cette affaire illustre une nouvelle fois la répression exercée contre les voix kurdes en Turquie, où l’usage de la langue kurde dans les domaines artistiques et culturels reste souvent criminalisé.

ROJAVA. Retour à Afrin sous l’ombre des gangs de Damas

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SYRIE / ROJAVA. Un Kurde chassé d’Afrin par l’invasion turque il y a huit ans est retourné hier dans sa ville. En arrivant, il a retrouvé son chien, qui l’attendait toujours, fidèle, après toutes ces années d’absence.
 
L’invasion du canton kurde d’Afrin par la Turquie en 2018 a forcé des centaines de milliers de Kurdes à fuir leurs terres. Depuis, des colons venus d’autres régions de Syrie — et parfois d’ailleurs — ont été installés sur les propriétés kurdes dans le cadre d’un changement démographique orchestré par la Turquie. Des maisons ont été occupées, des terres redistribuées, transformant profondément la composition de la région.
 
Aujourd’hui, alors que des familles kurdes tentent de rentrer chez elles, la tension reste vive. Hier soir, lors du retour d’environ 200 familles à Afrin, des groupes armés et des individus radicaux ont manifesté pour les intimider. Des vidéos et témoignages font état de drapeaux de Daech (ISIS) brandis et de chants djihadistes scandés dans les rues, dans une tentative claire d’effrayer les revenants et de semer la peur.
 
Ces scènes rappellent la fragilité de la situation à Afrin : des années d’occupation, de pillages et de pressions n’ont pas effacé l’attachement des Kurdes à leur terre. Le retour progressif des déplacés, facilité en partie par l’accord du 29 janvier 2026, suscite à la fois espoir et inquiétude face aux milices et aux dynamiques locales toujours instables.
 
Après huit ans d’exil, chaque famille qui rentre est un acte de résistance et de résilience. Mais la paix durable passera par la restitution des biens, la fin des intimidations et le respect des droits des Kurdes d’Afrin.

Rûken au Palais des Glaces : une voix kurde entre frissons et résistance

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PARIS – La chanteuse kurde, Rûken a offert, ce samedi 4 avril 2026 au Palais des Glaces à Paris, un concert solo d’une rare intensité et d’une profonde sincérité. Pour la première fois dans la capitale française en formule solo, la chanteuse kurde est apparue visiblement émue dès les premières minutes, les yeux brillants face à un public venu célébrer avec elle la richesse de la culture kurde.
 
Dès l’ouverture, Rûken Yılmaz a su créer une connexion intime avec la salle. Sa voix chaude, expressive et habitée, capable de passer d’une douceur presque fragile à une puissance vibrante, a immédiatement enveloppé l’auditoire. Entre tradition et modernité, elle a livré un répertoire équilibré qui a fait voyager les spectateurs entre émotion brute et joie collective.

 

Un hommage chargé d’émotion et de résistance

 
Un moment particulièrement poignant a marqué la soirée : l’interprétation de Pepukê, chanson écrite par une ancienne prisonnière kurde en hommage à Jina Mahsa Amini, une jeune femme kurde tuée par la police des mœurs iranienne à Téhéran en septembre 2022 à cause d’une mèche de cheveux dépassant de son voile. La salle s’est mise à crier « Jin, jiyan, azadî (Femme, vie, liberté) et applaudi longuement cette ode à la résistance et à la liberté.
 
Quelques instants plus tard, elle a enchaîné avec « Serxwebûna Mirîşkan » (« L’indépendance des poules »), adaptation du célèbre poème satirique de Cegerxwîn. Derrière l’apparente légèreté de cette fable, Rûken a rendu hommage à la lutte pour la liberté du peuple kurde, à l’unité et à la révolte collective. Le texte incisif de Cegerxwîn, servi par sa voix nuancée, a pris une dimension universelle et actuelle.
 

Des larmes aux danses endiablées

 
Le concert a ensuite oscillé avec une belle fluidité entre moments intimes et explosions de joie. Des titres plus personnels comme « Çûka Li Serê Darê » ont arraché des larmes aux plus sensibles. Cette ballade délicate, portée par la sensibilité extrême de Rûken, a créé des silences presque religieux dans la salle.
 
À l’opposé, les mélodies plus rythmées et entraînantes, dont « Çi Çeme Çeme » (chanson en dialecte zazaki), ont rapidement fait monter la température. Assez vite, le public s’est levé pour former des rondes kurdes (govend), mains jointes, dans une ambiance festive et libératrice. Les rires, les chants repris en chœur et les battements de pieds ont transformé le Palais des Glaces en une fête kurde au cœur de Paris.
 

Une soirée réussie malgré les aléas

 
Malgré quelques petits soucis techniques (retards sonores mineurs et ajustements rapides), rien n’est venu entacher la magie de la soirée. Rûken, professionnelle et généreuse, a su les surmonter avec le sourire et des plaisanteries, demandant au public comment était sa robe qu’elle a cousue elle-même ou encore quelles étaient les nouvelles parisiennes, créant la complicité avec son public. Sa capacité à passer d’une chanson intimiste à un titre festif sans perdre en authenticité a fait de ce concert un moment complet, à la fois poétique, engagé et joyeux.
 
Au final, ce premier solo parisien de Rûken restera comme une belle réussite : une artiste authentique qui porte avec élégance et émotion l’héritage kurde, dont le dengbêjî, tout en le rendant vivant et universel.
 
Une soirée qui confirme que Rûken Yılmaz n’est pas seulement une voix singulière de la scène kurde contemporaine, mais une passeuse d’émotions et de mémoire collective. 

« Nous ne voulons ni fédéralisme ni autonomie sous occupation ! »

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KURDISTAN. Non, nous ne voulons ni fédéralisme ni autonomie sous occupation ! Les Kurdes méritent un État indépendant.

Non, nous ne voulons pas du fédéralisme.

Non, nous ne voulons pas d’une autonomie sous le joug de régimes fascistes.

Non, nous ne voulons pas de la charité symbolique de la communauté internationale pour le prix que nous payons, en tant que Kurdes, pour maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Les Kurdes méritent un État souverain. Un seul État. Pas quatre cages baptisées « autonomie ». Pas quatre amputations appelées « fédéralisme ».

Aucune autre nation n’a été découpée en quatre morceaux, violée, effacée et réduite au silence comme l’ont été les Kurdes. Pourtant, nous continuons d’exister, de parler notre langue, de porter notre identité et de lutter pour nos droits. Si cela n’est pas de l’unité, alors qu’est-ce que c’est ?

Malgré des décennies de nettoyage ethnique, de génocides culturels et de destruction systématique de notre identité, certains Kurdes hésitent encore à réclamer clairement un État indépendant. Pourtant, nous sommes au cœur des combats pour la démocratie, les droits humains, l’égalité des femmes et la protection de l’environnement. Nous avons souvent payé de notre sang pour la stabilité régionale : contre Daech, pour défendre d’autres communautés, et même pour des peuples qui nous trahissent ensuite.

Alors oui, traitez-nous de séparatistes.

Après ce que vous avez fait au Rojava, nous assumons pleinement ce terme.

Après avoir arrêté Daech sous les applaudissements du monde entier pour être ensuite livrés à nos bourreaux, nous sommes séparatistes.

Après votre silence face à nos villes rasées, nos enfants tués et notre avenir négocié sans nous, nous sommes séparatistes.

Nous sommes le quatrième plus grand groupe ethnique du Moyen-Orient. Nous sommes la plus grande nation sans État au monde. Nous sommes près de 60 millions d’âmes, et vous osez encore nous traiter de minorité.

Vous nous demandez de libérer l’Iran, de stabiliser l’Irak, de pacifier la Syrie et de réformer la Turquie… en échange de vagues promesses d’autonomie sous un autre drapeau qui refuse même de prononcer notre nom.

Nous sommes fiers de revendiquer le séparatisme face aux régimes fascistes, extrémistes et misogynes qui nous gouvernent par la terreur, le kidnapping et le massacre.

La réponse la plus humaine, la plus éthique et la plus logique est de réclamer notre droit inaliénable à l’autodétermination : un État kurde souverain.

Il n’incombe pas aux opprimés d’éduquer leurs oppresseurs. Nous avons assez donné. Nous avons montré notre loyauté, notre patience et notre volonté de coexistence. En retour, nous n’avons reçu que des tombes, des prisons et des villages rayés de la carte.

Non, nous ne voulons plus de « fraternité » avec ceux qui sanctifient la violence contre notre peuple.

Nous ne voulons pas de réconciliation avec ceux qui veulent dissoudre nos femmes combattantes.

Nous ne voulons pas de concessions qui perpétuent les divisions coloniales.

Nous exigeons un Kurdistan uni et souverain : Rojhilat, Rojava, Başûr et Bakur.

Un seul État, libre, dans chaque vallée, chaque ville et chaque village qui a bu le sang de nos martyrs.

Trop, c’est trop.

La terre du Kurdistan crie liberté depuis plus d’un siècle.

Il est temps de l’écouter. (Par Hawzhin Azeez)

ROJAVA. Damas ne respecte pas les accords signés avec les Kurdes

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SYRIE / ROJAVA – L’administration autonome du canton de Kobanê a accusé jeudi le gouvernement syrien de ne pas respecter l’accord d’intégration signé en janvier avec les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Dans un communiqué officiel, l’administration kurde dénonce les agissements de l’administration du gouvernorat d’Alep, qui a nommé des responsables à la tête d’institutions locales dans le sous-district de Jalabiya sans consulter la population locale et sans tenir compte de la volonté des habitants de Kobanê.

Selon l’accord du 29 janvier, les institutions de la région doivent être intégrées en respectant les communautés locales, avec une priorité donnée aux résidents de la province pour les postes administratifs. L’administration de Kobanê souligne que cette règle a bien été appliquée à Hassaké, où le gouverneur et plusieurs responsables ont été choisis parmi les habitants locaux, mais qu’elle est systématiquement ignorée à Kobanê.

« Des administrateurs extérieurs à la région ont été imposés dans les sous-districts de Sarrin et Jalabiya, sans aucune consultation des habitants de Kobanê », affirme le communiqué.

Lorsque les habitants de Kobanê et de Jalabiya ont tenté de se réunir pour publier une déclaration de protestation contre ces nominations, les forces de sécurité intérieure et les troupes militaires affiliées au gouvernement syrien sont intervenues violemment. Elles ont empêché la tenue de la conférence de presse, agressé plusieurs civils et tenté d’effectuer des arrestations.

L’administration de Kobanê estime que ces actions constituent une violation claire de l’accord du 29 janvier et entravent le processus d’intégration pacifique. Elle appelle le gouvernement de transition syrien à respecter pleinement les termes de l’accord et à mettre en œuvre l’intégration dans le respect de la volonté des populations locales.

« Nous, administration et population de Kobanê, condamnons fermement ces pratiques et affirmons que nous n’accepterons aucune alternative en dehors du cadre de cet accord », conclut le communiqué.

ROJAVA. Quatre Kurdes arrêtés à Serekaniye livrés à la Turquie

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SYRIE / ROJAVA — Quatre civils kurdes ont été arrêtés par des gangs armés soutenus par la Turquie à Serekaniye, puis remis aux services de renseignement turcs avant d’être transférés en Turquie. Leur sort reste inconnu, suscitant de vives inquiétudes.

Selon une famille kurde déplacée, les arrestations ont eu lieu alors que son fils, Juma Ahmed al-Azzo, originaire du village d’al-Manajir (au sud de Serekaniye), rendait visite à la région avec trois autres personnes : Mahmoud Hobo et son fils Walat, résidents de Tel Tamr, ainsi qu’Ahmed Qassem al-Awad, habitant de la région de Serekaniye.

L’arrestation s’est produite près du village d’al-Aliya. La « police militaire » des factions soutenues par Ankara aurait ensuite remis les quatre hommes aux services de renseignement turcs (MIT), qui les ont rapidement transférés en territoire turc.

Aucune information officielle n’a été communiquée sur leur localisation, leur état de santé ou les motifs de leur détention. La famille craint des actes de torture, des mauvais traitements ou une disparition forcée.

Violation du droit international

Le transfert forcé de civils syriens vers la Turquie sans procédure judiciaire régulière constitue une violation grave du droit international. Il contrevient notamment aux Conventions de Genève, qui interdisent le transfert de populations depuis des territoires occupés, ainsi qu’aux principes fondamentaux des droits humains interdisant la détention arbitraire et les disparitions forcées.

Contexte préoccupant

Ces arrestations interviennent alors que certains habitants déplacés tentent de retourner individuellement à Serekaniye (Ras al-Aïn). Beaucoup découvrent que leurs maisons et villages ont été pillés ou détruits par des groupes armés soutenus par la Turquie.

Les populations locales espèrent pouvoir regagner leurs foyers en toute sécurité, sans risque d’arrestation arbitraire ni d’extorsion, conformément à l’accord du 29 janvier dernier censé garantir la protection des civils et leur droit au retour. (ANHA)

ROJAVA. Les YPJ célèbrent 13 ans de résistance féministe armée

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SYRIE / ROJAVA – Il y a 13 ans, naissaient les Unités de Protection des Femmes YPJ (Yekîneyên Parastina Jin) au Rojava. Treize ans depuis que des femmes kurdes ont pris les armes pour se libérer elles-mêmes et toutes les femmes de la barbarie de l’État islamique et des groupes djihadistes qui les entouraient comme des vautours.

Enlèvements, mariages forcés, viols systématiques, esclavage sexuel, exécutions : tel était le sort réservé aux femmes qui refusaient de se soumettre ou qui appartenaient simplement à des communautés minoritaires – Kurdes, Yézidies, Assyriennes, Arméniennes ou Syriaques.

Ces femmes ont refusé d’être des proies. Refusé d’être réduites à du butin de guerre dans les fantasmes des djihadistes. Refusé le silence et la disparition. Aux côtés de leurs sœurs de toutes origines, elles ont brisé le mythe de la suprématie masculine et sont devenues un symbole mondial de courage, de dignité et de libération féminine.

Pendant 13 ans, les YPJ ont combattu vague après vague : Daech, al-Nosra, al-Qaïda, l’Armée nationale syrienne et toutes les variantes du même fanatisme misogyne. Elles n’ont jamais plié.

Aujourd’hui, cet héritage est menacé. Le régime intérimaire de Jolani, accueilli à bras ouverts par les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et d’autres puissances occidentales, a ordonné la dissolution des YPJ. Parce que des femmes armées, organisées et politiquement conscientes représentent la plus grande menace pour ceux dont le pouvoir repose sur la soumission féminine.

Mais les YPJ ne sont pas une simple milice qu’on efface d’un trait de plume. Elles incarnent une rupture historique : la preuve vivante que les femmes n’ont pas besoin de permission masculine pour défendre leur vie, leur corps et leur liberté.

Toute personne qui se revendique des droits humains, de la justice, de la démocratie ou même de la protection de la vie doit défendre l’héritage des YPJ. Leur résistance ne peut pas être dissoute. Leur existence ne peut pas être négociée dans les coulisses diplomatiques.

Ces unités de femmes ne seront pas dissoutes. (Hawzhin Azeez)

IRAN. Deux autres opposants iraniens exécutés à Karaj

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IRAN – Aujourd’hui, le régime iranien à exécuté les prisonniers politiques, Abolhassan Montazer (66 ans) et Vahid Bani Amerian (34 ans), à la prison de Ghezel Hesar, à Karaj, signale l’ONG kurde Hengaw. Akbar Daneshvarkar, Mohammad Taghavi, Babak Alipour et Pouya Ghobadi, quatre autres co-accusés de Montazer et Amerian, avaient été exécutés les 30 et 31 mars 2026 dans la même prison.

les six prisonniers pendus à Karaj

Selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, les deux hommes ont été pendus en secret, sans que leurs familles soient prévenues ni autorisées à leur rendre un dernier hommage. L’agence de presse officielle Mizan, liée au pouvoir judiciaire iranien, a confirmé les exécutions.

Les deux condamnés avaient été arrêtés pour leur appartenance présumée à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (PMOI/MEK, groupe d’opposition en exil). Ils avaient été condamnés à mort pour « rébellion armée » (baghi) par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par la juge Iman Afshari, en décembre 2024, aux côtés de quatre autres accusés.

La Cour suprême avait initialement annulé les verdicts pour vice de procédure, avant de confirmer les six condamnations à mort le 16 novembre 2025, à l’issue d’audiences qualifiées de sommaires par les organisations de droits humains.

Les six accusés ont tous été exécutés en l’espace de quelques jours. Les quatre premiers — Akbar Daneshvarkar, Mohammad Taghavi, Babak Alipour et Pouya Ghobadi — avaient été pendus les 30 et 31 mars 2026 dans la même prison. Avec les exécutions d’aujourd’hui, l’ensemble du groupe a été éliminé.

Tortures et procès inéquitables

Selon les témoignages recueillis par Hengaw et d’autres organisations, les accusés ont subi de graves tortures pendant leur détention et leurs interrogatoires : coups, décharges électriques, flagellations et menaces contre leurs familles, afin d’obtenir des aveux forcés.

Les procès ont été dénoncés comme totalement inéquitables : absence de garanties fondamentales, audiences expéditives et recours à des « confessions » extorquées sous la contrainte.

Abolhassan Montazer, architecte originaire de Téhéran et ancien prisonnier politique de l’époque du Shah, et Vahid Bani Amerian, originaire de Sonqor, faisaient partie des six co-accusés dans cette affaire.

Contexte

Ces exécutions interviennent dans un climat de répression accrue contre les opposants au régime, notamment les membres ou sympathisants présumés des Moudjahidines du peuple. Elles ont eu lieu alors que l’Iran fait face à des tensions internationales importantes.

Les organisations de droits humains, dont Hengaw, Iran Human Rights et Amnesty International, ont dénoncé à plusieurs reprises ces procédures comme des violations graves du droit à un procès équitable et un usage systématique de la peine de mort à des fins politiques.

TURQUIE. Des projets de centrales géothermiques menacent l’avenir des Kurdes à Varto et Karlıova

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TURQUIE / KURDISTAN – Les habitants des localités kurdes de Varto et Karlıova contestent vigoureusement les projets de centrales géothermiques portés par l’entreprise américaine Ignis H2 Energy via sa filiale turque IGNIS H2 Enerji Üretim A.Ş. Ils redoutent une destruction de l’environnement, une menace pour l’agriculture et l’élevage, ainsi qu’un risque accru d’activité sismique dans une région déjà fragile.

Ces projets touchent au total une vingtaine de villages : 16 dans la zone de Varto (Gimgim, Muş) et plusieurs à Karlıova (Kanîreş, Bingöl). La zone concernée est principalement dédiée à l’élevage extensif et à l’agriculture. La réalisation des usines risque de transformer ces pâturages et ces terres fertiles en zones industrielles, entraînant des conséquences économiques, sociales et culturelles graves pour des centaines de milliers d’habitants.

 

Inquiétudes environnementales et sismiques

Les plateformes écologiques Varto et Kanîreş, créées pour coordonner la résistance, dénoncent un « écocide ». Elles soulignent plusieurs risques :

  • Pollution des ressources en eau et dispersion de gaz dans l’atmosphère.

  • Destruction de la biodiversité : disparition d’habitats pour des milliers d’animaux (ovins, bovins, etc.) et de plantes endémiques.

  • Risque sismique : les forages sont prévus sur ou à proximité de la faille de Karlıova, un point triple où convergent les failles nord-anatolienne et est-anatolienne. L’injection de fluides sous haute pression pourrait induire des secousses, selon des avertissements scientifiques relayés par l’Union des chambres des ingénieurs et architectes turcs (TMMOB).

Ali Rıza Vural, membre de la plateforme écologique Varto et originaire du village de Badan, explique : « Ce projet menace directement nos lieux de vie et risque de détruire complètement l’écosystème local. Nous pensons qu’il vise à dépeupler la région. »

Mehmet Harmancı, habitant du village de Kargapazarı à Karlıova, va plus loin : « Rien qu’à Kargapazarı, on parle de 100 000 animaux. Ce projet signifie la destruction de centaines de milliers d’êtres vivants. C’est un massacre écologique. Ils veulent transformer toute la zone entre les deux districts en désert et forcer les gens à migrer. »

Une opposition structurée

Depuis 2023, les villageois ont découvert les recherches de l’entreprise, initialement présentées comme des études sur la faille sismique ou des projets de tourisme thermal et d’agriculture sous serre. Face à l’annonce de forages débutant potentiellement en mai, ils ont réagi rapidement :

  • Création de comités villageois indépendants de toute structure politique.

  • Dépôt de requêtes juridiques avec procuration collective aux avocats.

  • Manifestations : une grande marche a eu lieu le 24 mars à Varto ; une autre est prévue le 24 avril avec la participation des habitants de Varto vivant dans les grandes villes de l’ouest.

L’avocate Bahar Koç, qui représente les villageois, indique que les recours en annulation (avec demande de suspension d’exécution) seront déposés dès réception des décisions administratives, notamment celle de « non-requise d’étude d’impact environnemental » (EIE) délivrée par le gouvernorat de Muş.

Des députés du DEM (Ömer Faruk Hülakü, Sezai Temelli, Sümeyye Boz) et du CHP (Doğan Demir) ont interpellé le gouvernement via des questions parlementaires.

Position de l’entreprise

Ignis H2 Energy, fondée en 2021 à Houston (États-Unis), s’appuie sur son expertise pétrolière et gazière pour développer la géothermie. Dans un communiqué, elle explique que les permis (dont celui de Kargapazarı) se situent dans un contexte volcano-tectonique complexe à la triple jonction de Karlıova. Les travaux réalisés jusqu’ici incluent des études géologiques de surface, des prélèvements et des levés magnétotelluriques (MT) pour modéliser le sous-sol. L’entreprise met en avant le potentiel géothermique élevé de la région et son ambition de produire une énergie renouvelable de base.

Kurdistan irakien sous le feu : l’Iran et ses proxies irakien frappent Erbil

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IRAK / KURDISTAN – Depuis fin février 2026, dans le contexte de la guerre opposant Israël et les États-Unis à l’Iran, la Région du Kurdistan d’Irak (KRI), et particulièrement sa capitale Erbil, subit une campagne intensive d’attaques aux missiles balistiques et drones lancés par l’Iran (via les Gardiens de la Révolution – IRGC) et par les milices chiites irakiennes pro-Iran (sous l’égide des Forces de Mobilisation Populaire – PMF).

Selon les données disponibles début avril 2026, plus de 650 attaques ont visé le Kurdistan irakien en un peu plus d’un mois. La grande majorité (près de 80 %) a frappé la province d’Erbil. Les cibles incluent :

  • Les bases américaines et la nouvelle annexe du consulat américain à l’aéroport international d’Erbil

  • Les positions des Peshmerga (forces armées du Gouvernement Régional du Kurdistan)

  • Les quartiers généraux des groupes d’opposition kurdes iraniens en exil

  • Des infrastructures énergétiques (comme le champ gazier de Khor Mor)

  • Des zones résidentielles et des sites civils

Ces frappes ont causé des victimes : au moins 2 civils kurdes tués et plusieurs blessés au total, dont une attaque particulièrement meurtrière le 24 mars 2026 qui a tué 6 Peshmerga et blessé plus de 20 autres dans la région de Soran, au nord d’Erbil. D’autres incidents ont touché des soldats de la coalition (dont un soldat français tué).

Dindar Zebari, responsable de la coordination internationale du Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK), a réagi avec fermeté :

« En tant qu’État souverain, l’Irak porte la responsabilité première de protéger ses citoyens. Les attaques en cours affectant Erbil et la région du KRI mettent en évidence des violations du droit international humanitaire et la nécessité urgente de protéger les civils et d’assurer la responsabilité. »

Les autorités kurdes soulignent que Bagdad semble incapable – ou peu disposé – à contrôler ces milices pro-iraniennes qui opèrent depuis le territoire irakien fédéral. Les interceptions par les systèmes de défense antiaérienne américains ont limité les dégâts, mais les explosions nocturnes, les sirènes et les débris tombant sur les quartiers résidentiels (comme Ankawa) ont plongé la population d’Erbil dans une tension permanente.

Cette escalade place le Kurdistan irakien dans une position particulièrement vulnérable : il est frappé à la fois par l’Iran et ses proxies, alors même que la région accueille une importante présence américaine et sert de refuge à des opposants kurdes iraniens.