Accueil Blog

IRAN. Fin du régime iranien dans les régions kurdes ?

0

IRAN / ROJHILAT – L’analyste en politique et en sécurité internationale, Ceng Sagnic déclare que les groupes kurdes vont prendre le contrôle des régions kurdes d’Iran dans les prochains jours, sans que le régime iranien s’y oppose…

 
 
Ceng Sagnic a écrit ce matin, sur son compte Twitter (X) que « Les forces de la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien [basés au Kurdistan d’Irak] traverseront le territoire iranien dans les prochains jours, non pas pour mener un soulèvement, mais pour prendre le contrôle de plusieurs villes et provinces de l’ouest d’Iran, également connu sous le nom du Kurdistan d’Iran.
 

Les forces du régime [iranien] ne résisteront pas. »

..
 

Les USA ont trahi les Kurdes, les Russes encore plus !

0

KURDISTAN – En pleine guerre Iran vs USA et Israël, on reparle de la trahison américaine en Syrie où on a jeté en pâture les Kurdes (fer de lance de la coalition  internationale anti-EI) aux gangs de Damas qui ont écrasé l’autonomie du Rojava. Mais quid des trahisons russes envers les Kurdes qui sont pourtant plus anciennes et nombreuses que celles des USA ? Voici une liste de « trahisons russes » ayant ciblé les Kurdes depuis le XXe siècle.

 

La Russie, championne toutes catégories de la trahison kurde : de Mahabad au retrait de Qamishlo en 2026

Pendant que vous [Alexander Dugin, sociologue et politologue russe] versez des larmes de crocodile pour les « pauvres Kurdes » et leur prétendue « absence de réflexion stratégique » et leur « foi aveugle dans les trahisons américano-israéliennes », parlons plutôt du bilan impeccable de la Russie en matière d’utilisation des Kurdes comme pions jetables, puis de trahison à la moindre occasion.
 
Époque ottomane / Empire russe : Au XIXe siècle, la Russie tsariste courtisa les tribus kurdes, les étudiant avec une attention obsessionnelle (dont la kurdologie russe est issue), et encouragea les révoltes contre les Ottomans afin d’affaiblir Istanbul lors des guerres russo-turques à répétition. Certains groupes kurdes combattirent même pour la Russie. Mais l’indépendance ? Jamais. Les Kurdes n’étaient pour eux qu’un obstacle utile à l’expansion russe, jamais des partenaires potentiels pour la création d’un État.
 

1923–1930 : « Kurdistan rouge »

Les bolcheviks créèrent un véritable district autonome kurde (« Kurdistan Uezd » / Kurdistan rouge) au sein de l’Azerbaïdjan soviétique. Les Kurdes obtinrent leur propre territoire… jusqu’à ce que Staline le dissolve en 1929-1930, abolisse l’autonomie, assimile la population à l’Azerbaïdjan, puis déporte [plusieurs centaines de milliers] de Kurdes soviétiques en Asie centrale lors des purges de 1937. Quel bel exemple de « libération nationale » !
 

1946 : République du Kurdistan à Mahabad

Le summum de la trahison soviétique. Après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle occupait le nord de l’Iran, Moscou créa la République du Kurdistan à Mahabad – la première république kurde de l’histoire moderne – avec Qazi Muhammad comme président et Mustafa Barzani comme ministre de la Guerre. Staline promit la lune aux Kurdes (« tant que l’Union soviétique existera, les Kurdes auront leur indépendance »).
Puis, après avoir obtenu des concessions pétrolières et subi les pressions de l’ONU et des États-Unis, l’Armée rouge se retira en décembre 1946. Quelques jours plus tard, les troupes iraniennes envahirent le territoire, exécutèrent publiquement les dirigeants et anéantirent la république. Une manœuvre russe classique : utiliser les Kurdes pour faire pression sur l’Iran, puis les abandonner comme une vieille chaussette une fois l’accord conclu.
 

Syrie / Rojava — les répétitions se poursuivent

La Russie a soutenu Assad, s’est coordonnée avec les Kurdes contre l’EI quand cela l’arrangeait, puis les a trahis à plusieurs reprises :
 
En 2018, la Russie a donné son feu vert à l’invasion d’Afrin par la Turquie, a ouvert son espace aérien et a permis à Erdogan de procéder à un nettoyage ethnique dans un canton kurde alors que les Kurdes combattaient encore Daech. Les commandants kurdes ont ouvertement dénoncé cette action comme une trahison de la Russie.
 
2024-2026 : La Russie a maintenu des bases au Rojava (Qamishli, etc.), promis sa protection, puis a discrètement retiré ses forces tandis que les nouvelles autorités syriennes (avec l’aval de la Turquie) s’activaient pour « rétablir l’intégrité territoriale ». Poutine lui-même a salué l’offensive contre les zones kurdes. Le même scénario se répète.
 
Les Kurdes n’ont pas d’État non pas parce qu’ils sont « mauvais en stratégie », mais parce que toutes les grandes puissances — les États-Unis, la Russie, la Turquie, l’Iran, Israël, les Arabes — les ont traités exactement de la même manière : des alliés utiles lorsqu’ils affaiblissent votre ennemi, une menace existentielle dès l’instant où ils réclament une véritable souveraineté.
 
La Russie a trahi les aspirations à l’indépendance des Kurdes avec plus de constance et de cynisme que quiconque aux XXe et XXIe siècles. Qu’elle ait au moins la décence d’admettre cela au lieu de donner des leçons de « réflexion stratégique » depuis Moscou.
 
Les Kurdes ont survécu aux empires, aux génocides et à de multiples trahisons de tous bords. Ils survivront à cette épreuve aussi.
 
Pauvres Kurdes ? Peut-être. Mais stratégiquement naïfs ? Regardez-vous dans un miroir, Monsieur Dugin. (Liste dressée par Selîm)

La Turquie fera tout pour écraser un soulèvement kurde en Iran

0
IRAN / KURDISTAN – La Turquie suit de très près la guerre opposant les États-Unis et l’Israël à l’Iran et anticipe l’éventualité d’un soulèvement des Kurdes du Rojhilat (partie du Kurdistan colonisée par l’Iran) pour se libérer de la domination perse. Elle est prête à l’écraser dans le sang en mobilisant son armée et ses mercenaires basés notamment en Syrie. Que personne ne se persuade du contraire. Le plus grand ennemi des Kurdes est la Turquie colonialiste soutenue par l’Occident et pour ceux qui s’imaginent que les « relations » entre le clan des Barzanî et l’État turc pourraient jouer un rôle quelconque dans cette équation, lisez bien le poste suivant de Scharo Maroof.
 
 
« L’idée que la Turquie n’interviendra pas en *Iran* si les Kurdes se soulèvent et parviennent à libérer les zones kurdes d’Iran, en se basant sur la perception de relations amicales entre le PDK et la Turquie, relève du vœu pieux.
 
Le fait est que :
La Turquie s’est fortement ingérée dans le référendum d’indépendance kurde et le conflit de Kirkouk, appelant les Kurdes (Gouvernement régional du Kurdistan) à abaisser les drapeaux kurdes dans la ville de Kirkouk. Elle a déclaré considérer ce référendum et le contrôle kurde de Kirkouk comme une menace pour sa sécurité nationale.
Allant même jusqu’à laisser entendre, de manière vague, une possible intervention militaire si le gouvernement régional du Kurdistan ne renonçait pas à ses ambitions.
« Les Kurdes seront affaimés » est une déclaration célèbre d’Erdogan perçue comme une menace par le peuple du Kurdistan.
 
Partant de ce constat, il est tout à fait erroné de supposer que la Turquie n’interviendra pas dans les affaires du Rojhelat et de l’Iran pour freiner les aspirations kurdes ; les relations amicales avec la Turquie peuvent se rompre à tout moment, comme en témoigne le fait qu’elles se sont déjà rompues brutalement par le passé. »

Les Kurdes « victimes collatérales » de la guerre Iran vs Israël/USA

0
KURDISTAN – Le Rojhilat (Kurdistan « iranien ») et le Başur (Kurdistan « irakien ») sont devenus le principal champ de bataille de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
 
Des sommets des Zagros aux villes d’Erbil (Hewler), Suleymaniyeh côté irakien et de celles de Kermanshah (Kermashan), à Urmia et à Sanandaj (Sînê), en passant par Téhéran, des missiles et des drones des belligérants ont fait des milliers de morts et de blessés parmi les militaires et des civils. C’est pourquoi, hier, la coalition kurde d’Iran a demandé aux USA d’établir une zone d’exclusion aérienne (no-fly zone) au-dessus des régions kurdes afin d’assurer une couverture aérienne pour d’éventuelles opérations futures et de surtout prouver leur sincérité… Mais après ce qui s’est passé au Rojava où ils ont permis à al-Sharaa (Jolani) d’écraser l’autonomie des Kurdes syriens, plus personne ne fait confiance aux USA.

ROJHILAT. Révolte des prisonniers à Mahabad

0

IRAN / ROJHILAT – Dans la ville kurde de Mahabad, les prisonniers ont mis le feu à leurs couverture pour dénoncer les conditions carcérales après le bombardement d’un centre militaire iranien à Mahabad.

Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan a rapporté qu’après que les États-Unis et Israël ont mené une opération (hamala) contre l’un des centres Basij liés aux Gardiens de la révolution, les murs de nombreuses maisons et lieux de travail autour de la prison de Mahabad ont été endommagés.

Selon le réseau, après l’attaque, des détenus ont brûlé leurs couvertures pour protester contre leurs conditions de détention. Les forces iraniennes seraient intervenues en tirant des gaz lacrymogènes sur les prisonniers.

Pendant ce temps, les familles des détenus se rassemblaient devant la prison pour s’informer du sort de leurs enfants. Les autorités ont annoncé que certains détenus étaient libérés sous caution, tandis que d’autres bénéficiaient d’une libération provisoire.

Il a également été rapporté qu’à la suite de la récente augmentation des attaques contre l’Iran, les conditions de détention des prisonniers dans les prisons du Rojhilat (Kurdistan oriental) se sont encore détériorées.

Par ailleurs, plusieurs sources signalent que des attaques israéliennes et américaines ont partiellement détruit les murs de la prison d’Evin. Aucune information n’a pu être obtenue concernant l’état des prisonniers politiques de la prison d’Evin.

La Fashion Week de Milan marquée par la solidarité avec les femmes kurdes

ITALIE – Invitée à Fashion Week de Milan, la jeune créatrice kurde Melissa Nur a transformé le podium en un espace de réflexion et de responsabilité sociale, associant la mode aux droits humains et à la solidarité entre les peuples avec sa collection « Fashion for Freedom ».

La délégation kurde était représentée par la jeune créatrice Melissa Nur, âgée de 16 ans. Fondatrice de la marque Rojmi, la jeune styliste a choisi ce nom, contraction de « roj », qui signifie « soleil » en kurde, et « Mi », qui symbolise Milan. Ce nom crée un pont symbolique entre le Kurdistan et l’Italie. La jeune créatrice souhaite, par sa présence, faire rayonner le soleil du Kurdistan dans la capitale italienne de la mode.

Melissa Nur, très jeune fondatrice de la marque ROJ MI

Dans la culture kurde, on dit que les femmes s’éveillent avant le soleil, car c’est elles qui lui donnent naissance. C’est la femme qui apporte au monde la lumière, le savoir, la science et l’hospitalité. Cette image forte a guidé le défilé : les femmes sont la source de la vie et de la lumière, non seulement symboliquement, mais aussi socialement et culturellement.

L’événement a été marqué par une intervention de Nurgul Çokgezici, professeure kurde à l’UniUMA de Milan. Psychologue, pédagogue et criminologue, Mme Çokgezici est également la mère de la jeune créatrice. Son discours a profondément ému l’auditoire et a été longuement applaudi. Le défilé de mode a réuni des représentants de pays en conflit et de divers groupes ethniques, tous unis par les valeurs communes de liberté et de dialogue.

Le symbole de la collection était la tresse, emblème historique de l’identité féminine. Ces dernières années, la tresse est devenue un symbole de résistance et de lutte pour les droits dans de nombreux endroits, notamment après un incident au Rojava : un militant djihadiste a tué une jeune Kurde et a brandi sa tresse comme un trophée. Cet acte a profondément marqué l’opinion publique internationale et a transformé la tresse en un symbole de mémoire et de protestation.

Selon des militants, porter des tresses comme symbole de protestation peut entraîner des poursuites judiciaires en Turquie. Dans son discours, la professeure Çokgezici a exprimé sa solidarité envers les femmes victimes de violences, de discriminations et d’exclusion institutionnelle et économique ; elle a souligné que leur combat est non seulement culturel, mais aussi social et politique.

De nombreux créateurs et marques ont également adopté le symbole de la tresse sur les podiums milanais ; rubans et couleurs s’entremêlaient. Parmi eux figuraient les drapeaux du Kurdistan et du Rojava. Des tresses de différents pays étaient combinées en une seule grande tresse, symboliquement complétée par la tresse du pays hôte, l’Italie.

Le défilé s’est conclu sur une image collective forte : des cultures entremêlées sans perdre leur identité, unies par la valeur commune de la liberté. Le calendrier de la mode, souvent perçu comme une semaine consacrée au style et au marché, nous a cette fois rappelé que la mode peut aussi être une voix, une conscience et un pont entre les peuples.

Via Rupela Nu

IRAN. Pahlavi réitère ses menaces ciblant les opposants kurdes

0
IRAN / ROJHILAT – Dans son dernier message, Reza Pahlavi, fils de l’ancien Shah d’Iran, en a repris les termes de son père et de son grand-père pour s’adresser aux populations de l’ouest de l’Iran et du Rojhelat. En qualifiant des nations diverses comme les Kurdes et les Azéris de simples « tribus et clans », il perpétue une politique de longue date visant à dénigrer ces groupes et à nier leur identité nationale.
 
Voici les points clés du message de Pahlavi:
– Menaces voilées : Son insistance sur « l’intégrité territoriale » et ses mises en garde contre les « forces opportunistes » sont perçues par beaucoup comme une menace directe pour les partis politiques kurdes et leur lutte pour la liberté.
 
– Ignorer l’histoire : Alors que Pahlavi parle de « décennies d’oppression » sous le régime actuel, il omet de reconnaître que le système centralisé de répression a en réalité commencé sous la dynastie Pahlavi.
 
La lutte pour les droits : Depuis des décennies, les mouvements kurdes réclament l’autonomie, les droits culturels et l’égalité politique. À l’inverse, la rhétorique nationaliste de Pahlavi suggère un retour à une approche répressive plutôt qu’à un dialogue démocratique.
 
Ce message met en lumière le profond fossé qui sépare les nationalistes centralisateurs des mouvements des différentes nations iraniennes qui revendiquent l’autodétermination et le fédéralisme.
 
Rojhilat Info

L’Iran déploie des troupes dans les zones kurdes

0

IRAN / ROJHILAT – Selon certaines informations, les Gardiens de la révolution iraniens ont déployé des troupes au sol à Rojhilat (Kurdistan oriental).

Les attaques menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran se poursuivent pour le quatrième jour consécutif. De nombreux centres militaires, des bases des Gardiens de la révolution, des installations du ministère du Renseignement, des commissariats de police, des forces de garde-frontières et un centre judiciaire ont été visés par des missiles et des avions de combat.

Les attaques se sont également étendues aux villes de Diwandareh, Piranshahr, Marivan, Naqadeh, Sanandaj, Urmia, Ilam, Kermanshah, Sarpol-e Zahab et Saqqez, dans le Rojhilat (Kurdistan oriental). Il a été rapporté que les forces de la Garde-frontière du Rojhilat ont également été prises pour cible.

D’après des informations recueillies sur place, les Gardiens de la révolution iraniens ont déployé un grand nombre de soldats au sol dans les villes situées le long de la frontière avec le Kurdistan (Rojhilat). Dans certaines villes, notamment Sardasht, Piranshahr et Oshnavieh, des soldats ont été stationnés dans des mosquées et des écoles.

Il a également été rapporté que des membres des Gardiens de la révolution et des forces de sécurité, ainsi que leurs familles, ont quitté leurs domiciles au Rojhilat Kurdistan en raison des frappes aériennes.

Les pertes militaires les plus importantes ont été enregistrées à Kermanshah, Urmia et Sanandaj, où de nombreuses zones civiles ont été visées en plus des centres militaires. Aucune déclaration officielle n’a encore été faite concernant le bilan humain de ces attaques. (ANF) 

ROJAVA. Semaine féministe pour la Journée internationale des femmes du 8 mars

0

SYRIE / ROJAVA – Les femmes kurdes poursuivent leurs actions dans le cadre de la Journée internationale des femmes du 8 mars.

L’Union des jeunes femmes a organisé un événement dans la ville de Hasaka, qui comprenait le dessin d’un tableau humain représentant le chiffre 8, pour célébrer la Journée internationale des femmes, ainsi que le tressage des cheveux dans une scène symbolisant l’unité et la solidarité entre les femmes.

Dans le cadre de ses activités commémorant la Journée internationale des femmes (8 mars), l’Union des jeunes femmes a organisé mardi un événement au stade municipal de Hassaké, avec la participation de plusieurs membres de l’union et d’autres femmes intéressées par les questions féminines.

L’événement comprenait un rassemblement de jeunes femmes qui ont formé une image humaine du chiffre « 8 » sur le terrain, symbolisant la date de la Journée internationale des femmes.

Les participantes ont également tressé leurs cheveux collectivement, un geste symbolique reflétant leur unité et leur solidarité. Elles ont scandé des slogans à la gloire des luttes féministes à travers le monde et brandi les drapeaux du mouvement, réaffirmant ainsi leur engagement dans la lutte et leur défense inlassable des droits des femmes.

Les participantes ont souligné que la Journée internationale des femmes constitue une occasion de renouveler leur engagement à poursuivre leur travail pour garantir les droits des femmes et renforcer leur rôle dans tous les domaines.

 

(ANHA)

IRAN vs ISRAEL. La guerre fait rage dans les zones kurdes

0
IRAN / ROJHILAT – Le bureau de renseignement des Gardiens de la révolution iraniens situé dans la ville de Paveh, dans la province kurdes de Kermanshah (Kirmaşan), a été entièrement détruit aujourd’hui lors d’une frappe américano-israélienne.
 
La ligne reliant Kermanshah à la frontière avec le Kurdistan d’Irak est presque entièrement couverte par les bases des Gardiens de la révolution/Basij et des gardes-frontières.
 

 Les deux Kurdistans devenus champs de batailles entre l’Iran et les USA-Israël 

Les frappes aériennes sont signalées dans d’autres zones kurdes partagées entre l’Iran et l’Irak. Côté irakien, c’est l’Iran qui frappe les camps des partis d’opposition kurdes iraniens. Côté iranien, ce sont les frappes américano-israéliennes qui ciblent les bases ou institutions militaires iraniennes, avec des civils qui se retrouvent au milieu des bombardements des deux côtés de la frontière…

Risques et avantages d’un changement de régime en Iran

0

IRAK / ROJHILAT – Les frappes américano-israéliennes qui ont tué le guide suprême Khamenei placent l’Iran face à un choix crucial. Ces attaques pourraient affaiblir le régime, mais l’avenir du pays et la stabilité de la région dépendront de leur impact : instaureront-elles une démocratie durable ou plongeront-elles le pays dans des années de chaos ? (un article du chercheur kurde Seevan Saeed)

Le 28 février, le Moyen-Orient a franchi un cap. Lors de l’opération « Le Rugissement du Lion », les États-Unis et Israël ont frappé des sites militaires et stratégiques à Téhéran et dans d’autres villes, dans le but explicite d’affaiblir le pouvoir de la République islamique. Le président Trump a présenté ces attaques comme nécessaires pour éliminer les « menaces imminentes » que représentaient les programmes nucléaire et balistique de Téhéran et pour préparer le terrain à un changement de régime. Ces frappes ont mis fin aux négociations nucléaires en cours et ont déclenché des représailles contre des bases américaines dans la région et sur le territoire israélien, tandis que des informations faisaient état de la mort du guide suprême, l’ayatollah Khomeini.

Il est encore difficile de prédire si la République islamique, confrontée à une contestation généralisée et à un effondrement économique, survivra à l’offensive américano-israélienne. Si le régime venait à s’effondrer, il pourrait être remplacé par un autre gouvernement autoritaire, une évolution vers le pluralisme, ou une période prolongée d’instabilité et de violence, à l’instar des crises en Syrie, en Libye, en Irak ou en Afghanistan.

Depuis des années, le régime iranien est confronté à de profondes fractures internes. Les soulèvements répétés contre l’effondrement économique, la répression politique, la corruption et le ras-le-bol général ont été réprimés avec une brutalité extrême. Lors des récentes manifestations, qui ont débuté en décembre, plus de 70 000 civils ont été tués par les forces de sécurité sur ordre du Guide suprême, qui a également imposé un black-out des communications pour étouffer toute dissidence.

La République islamique, profondément liée à sa hiérarchie cléricale et à ses forces armées, n’est ni faible ni susceptible d’une simple décapitation.

Sur le plan des relations extérieures, des décennies de sanctions et d’isolement diplomatique ont durement affecté l’économie iranienne. Des études empiriques suggèrent qu’une confrontation géopolitique prolongée avec les puissances occidentales a entraîné des pertes continues de PIB par habitant, une réduction des investissements étrangers et de l’intégration commerciale, ainsi qu’une détérioration notable des indicateurs de qualité institutionnelle, tels que la stabilité politique et la gouvernance.

Cependant, malgré les troubles intérieurs et les pressions extérieures, le régime a fait preuve de résilience. Son appareil sécuritaire demeure cohérent et les défections de hauts responsables sont rares, ce qui indique que l’autorité du régime, bien que contestée, n’est pas fragile.

La République islamique, profondément liée à sa hiérarchie cléricale et à ses forces armées, n’est ni faible ni susceptible d’être décapitée d’emblée. Éliminer les hauts dirigeants ou endommager les infrastructures clés ne suffit pas à dissoudre les fondements institutionnels du pouvoir. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), les milices Bassidj, l’Artesh (armée nationale) et les réseaux cléricaux conservateurs forment des bases de pouvoir imbriquées. Ils ont démontré leur capacité à réprimer et à survivre face aux pressions internes et externes.

Si un régime autoritaire profondément enraciné comme la République islamique venait à s’effondrer, un successeur parallèle issu de l’élite existante prendrait probablement le relais, au moins à court terme.

Les frappes militaires étrangères peuvent certes neutraliser des cibles stratégiques et des infrastructures clés, mais une attaque extérieure ne garantit pas l’effondrement du régime et engendre des risques supplémentaires. L’histoire montre que, si un régime autoritaire profondément enraciné comme la République islamique venait à s’effondrer, un successeur parallèle issu de l’élite en place est susceptible d’émerger, au moins à court terme. De plus, cette rupture entraînera inévitablement une instabilité prolongée et une crise humanitaire de longue durée.

En Syrie, par exemple, en 2011, les manifestations anti-régime ont dégénéré en guerre civile, entraînant des violences généralisées, des déplacements de population et des atrocités. En Libye, la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 a plongé le pays dans des années de chaos, des factions rivales s’affrontant pour le pouvoir dans un conflit prolongé.

En 2003, en Irak, après que les forces américaines et de la coalition ont renversé le régime de Saddam Hussein, le pays a été confronté à des violences sectaires, des insurrections et des luttes de pouvoir, tandis qu’en 2021, en Afghanistan, les talibans ont pris le pouvoir après l’effondrement du gouvernement, provoquant des déplacements de population, des perturbations économiques et une crise humanitaire.

De tels scénarios, s’ils se répétaient dans l’Iran d’aujourd’hui, seraient catastrophiques pour les civils, aggraveraient les tensions ethniques et transformeraient le pays en théâtre de guerres par procuration régionales, seul le sentiment d’identité nationale et la continuité de l’État iraniens, profondément ancrés, pouvant contribuer à le protéger d’une désintégration totale.

L’alternative, une transition inclusive et pluraliste, exige une feuille de route concrète et une réforme constitutionnelle, avec la participation des divers courants politiques iraniens, notamment les libéraux laïques, les réformistes, les représentants des minorités ethniques, les acteurs de la société civile et même certains membres du clergé. Dans ce contexte, la politique étrangère doit s’articuler autour de la responsabilité et de la reconstruction, et non autour de la compétition par procuration.

Un avenir libre et participatif pour l’Iran se heurte à de sérieux obstacles. Les divisions au sein de l’opposition, l’absence de leadership clairement défini et la montée en puissance des mouvements séparatistes menacent la cohésion nationale. Même en cas d’effondrement de la République islamique, la résilience de ses institutions et la cohésion de ses forces de sécurité rendent improbable une transition immédiate vers une démocratie stable et pluraliste.

Un autre régime autoritaire pourrait émerger, et une instabilité prolongée demeure un risque réel si les puissances extérieures privilégient leurs intérêts stratégiques à une gouvernance inclusive. Parvenir à un véritable pluralisme exigerait une organisation, des négociations et une mobilisation soutenues des acteurs nationaux. Le changement de régime est un processus, non un événement ponctuel, et son évolution façonnera l’avenir de l’Iran et celui du Moyen-Orient dans son ensemble.

L’article d’origine (en anglais) à lire sur le site The Amargi « Risks and advantages of regime change in Iran« 

IRAK. Une militante féministe tuée à Bagdad

0

IRAK  – Yanar Mohammed, cofondatrice et présidente de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak qui recevait des menaces de mort de la part de militants islamistes, a été tuée hier à Bagdad, signale l’agence kurde ANHA.

Yanar Mohammed, militante politique et dirigeante de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak, a été assassinée hier devant son domicile à Bagdad.

En 2004, elle avait reçu deux menaces d’un groupe islamiste se faisant appeler le « Commandement suprême pour le djihad et la libération ». Qui était Yanar ?

Une brève biographie

Yanar Mohammed est né en 1960 à Bagdad, en Irak.

Elle a obtenu son diplôme d’ingénieure, département d’architecture, en 1984. Elle a poursuivi ses études dans la même université, obtenant une maîtrise en ingénierie en 1993. Pendant ses études universitaires, elle était membre du Parti communiste irakien.

Immigration et retour en Irak

Sa famille a émigré d’Irak au Canada en 1993. Cependant, elle ne pouvait pas accepter la vie à l’étranger et est retournée à Bagdad en 2003, comme elle l’a dit, « après l’occupation américaine de l’Irak ».

La même année, elle fonda l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak et en devint la présidente. Elle créa par la suite le Comité pour la défense des droits des femmes en Irak et fut rédactrice en chef du journal « Al-Musawa » (Égalité).

Dans ses écrits, elle critiquait les États-Unis, arguant qu’ils avaient occupé l’Irak et devaient se retirer. Elle établissait un lien entre les violences sectaires infligées aux femmes irakiennes et la politique américaine dans le pays.

Son combat politique

Pendant 23 ans, au sein de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak, elle a soutenu les femmes exposées à la violence, notamment celles menacées par les soi-disant « crimes d’honneur ». Elle a également lutté contre les réseaux de traite des êtres humains et a contribué à libérer des femmes victimes d’esclavage sexuel et de prostitution forcée.

Elle s’est efforcée de sensibiliser les femmes à la manière de lutter contre la discrimination fondée sur le sexe et a plaidé pour l’égalité entre les femmes et les hommes par le biais de la radio et de la télévision irakiennes.

Dans des circonstances difficiles, elle est parvenue à rencontrer environ 200 femmes dans les prisons irakiennes et à rédiger un rapport sur les sévices qu’elles subissaient, ce qui a permis de sauver l’une d’entre elles d’une condamnation à mort.

Prix

Yanar Mohammed a reçu le prix Gruber des droits des femmes en 2008 et le prix norvégien Rafto le 29 septembre 2016, en reconnaissance de ses efforts pour la défense des droits des femmes.

Appel à la poursuite de l’EI

Yanar Mohammed a appelé à la poursuite des mercenaires de l’EI.

Le vendredi 27 février, elle a organisé un événement en Irak sous le slogan : « Les droits des femmes yézidies en Irak et en Syrie seront-ils perdus ? »

Lors de cette réunion, consacrée spécifiquement à la question des femmes yézidies, elle a appelé à la poursuite des mercenaires de l’EI qui ont commis des attaques et des violations contre les femmes yézidies.

Son assassinat

Yanar Mohammed a sauvé des centaines de femmes en Irak de la violence et du meurtre. Hier, lundi 2 mars, deux hommes masqués à moto l’ont abattue devant son domicile à Bagdad.

Le régime veut faire taire la voix des femmes en tuant Yanar, mais les femmes ne se laisseront jamais réduire au silence face au sexisme, à l’intolérance religieuse et à une culture de l’assujettissement.

Un combat de l’enfance à l’âge de 66 ans

Yanar Mohammed était encore très jeune lorsqu’elle a appris une vérité de sa grand-mère au sujet de son grand-père.

Son grand-père, respecté dans sa communauté, a épousé la sœur de son ex-femme alors qu’elle n’avait que 14 ans.

À partir de ce moment, Yanar a commencé à s’opposer aux coutumes et traditions religieuses fondées sur la discrimination sexiste, et elle s’est lancée dans un combat qui a finalement sauvé la vie de centaines de femmes irakiennes de la mort et du meurtre. (ANHA)