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SYRIE. Une commandante des YPJ tombée martyre à Tabqa

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SYRIE / ROJAVA – La commandante des YPJ kurdes, Sîdar Efrîn est tombée martyre il y a dix jours en défendant Tabqa.

Dans un communiqué poignant, le centre de presse des Unités de protection des femmes (YPJ) a annoncé le décès de la commandante Sîdar Efrîn. Cette combattante de longue date est tombée le 18 janvier en défendant la région de Tabqa contre des attaques de milices islamistes fidèles au Gouvernement fédéral de transition syrien. Les YPJ lui ont rendu hommage, la considérant comme l’une des figures emblématiques de la révolution du Rojava et une figure de proue de la résistance kurde féminine.

« Nos morts incarnent notre combat. Ils ont sacrifié leur vie avec dignité et un dévouement absolu pour protéger leur peuple », indique le communiqué. Le commandant Sîdar Efrîn « a défendu la dignité de la population avec une grande détermination face aux attaques du régime et de ses milices. »

Sîdar Efrîn, originaire d’Afrin, est née en 1980 dans une famille patriotique engagée dès son plus jeune âge dans le mouvement de libération kurde. Dès 1997, elle s’est activement impliquée dans la résistance politique et a joué un rôle déterminant dans la construction de l’auto-organisation sociale au Rojava. Au début de la lutte armée contre le groupe État islamique, elle était en première ligne de la défense, organisant d’abord des structures féminines, puis commandant de nombreuses offensives.

Les Kurdes d’Iran dans le viseur de l’ogre turc

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IRAN / ROJHILAT – La Turquie occupe la majorité des trois régions du Kurdistan (Kurdistan du Nord, le Rojava et une partie du Kurdistan du Bashur – Nord de l’Irak). Elle rêve désormais d’occuper la quatrième région kurde qui est colonisée actuellement par l’Iran où un éventuel changement de régime fait saliver les impérialistes turcs.
 
Face au régime iranien chancelant d’intérieur et menacé d’extérieure, la Turquie élabore des plans d’invasion du Kurdistan iranien, en cas de chute du régime. Les autorités turques présentent cet énième projet colonialiste de « zone tampon pour prévenir un afflux potentiel de réfugiés en cas d’attaque américaine contre l’Iran ».
 
L’ogre turc à l’appétit insatiable ne s’arrêtera pas jusqu’à qu’il n’y plus un seul Kurde sur cette terre. Mais ces derniers sont coriaces, malgré d’innombrables génocides subis au fil de l’histoire, ils luttent pour vivre librement sur leurs terres, au prix de lourds sacrifices.
 
Photo : Mark Campbell

Des applaudissements aux accusations : les Kurdes et le changement de cap émotionnel

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TURQUIE / KURDISTAN – L’empire n’exige pas la loyauté, mais la conformité et l’obéissance. Dès que cette conformité est perturbée, c’est-à-dire dès que le prix à payer augmente, ceux qui étaient applaudis la veille peuvent aisément être qualifiés de « déstabilisateurs ».

Entre 2014 et 2015, les Kurdes – et notamment les femmes combattantes – se sont retrouvés au cœur du discours moral de l’opinion publique internationale. La lutte contre Daech a été qualifiée de « guerre juste » par l’Occident, et les combattants kurdes sont devenus l’incarnation même de la « laïcité », du « féminisme » et du « sacrifice ». Les sentiments d’admiration, de gratitude et de fierté véhiculés par les médias et les milieux intellectuels étaient, selon les termes de Sara Ahmed, des investissements émotionnels conditionnels. Les Kurdes étaient aimés, mais cet amour ne s’est pas mué en attachement, en responsabilité ni en engagement durable.

Aujourd’hui, le fait que les mêmes acteurs et les mêmes pratiques de lutte soient de nouveau pointés du doigt, notamment dans les médias occidentaux et parmi certains responsables étatiques, relève moins de l’émergence de nouvelles informations que de l’alignement des émotions sur une nouvelle ligne politique. Comme le souligne Ahmed, les émotions ne sont pas neutres ; elles changent de direction avec le pouvoir. Lorsque l’admiration disparaît, il ne reste pas un vide, mais un malaise, une distance et des accusations.

Le magazine allemand Der Spiegel, dans un article publié le 20 janvier, affirmait que la Syrie avait frôlé une nouvelle guerre civile et que les Forces démocratiques syriennes (FDS), dans le nord-est du pays, mettaient tout en œuvre pour maintenir leur contrôle sur la région, soulignant que « le danger n’est pas encore écarté ». Depuis 2015, Der Spiegel a régulièrement publié des articles sur les femmes des YPJ, tantôt dans des reportages complets, tantôt en citant d’autres médias. Par exemple, un article de 2015 décrivait en détail le rôle des combattantes dans la défense de Kobané, et la dimension symbolique et inspirante du mouvement était mise en avant dans les médias occidentaux.

Le site britannique Middle East Eye , dans un rapport publié le 25 janvier, décrit les FDS comme un groupe controversé, affirmant qu’elles « sont perçues comme la branche syrienne du PKK et contrôlent depuis longtemps les régions pétrolières du nord-est de la Syrie, conformément aux intérêts américains et israéliens ». Le rapport indique également que les États-Unis ont cessé leur soutien au groupe car son rôle en Syrie a « largement pris fin ». Un article de 2017 soulignait que l’un des principaux défis auxquels les FDS ont été confrontées après la défaite de Daech était non seulement de faire face aux destructions massives, mais aussi de promouvoir les droits des femmes dans les régions tribales conservatrices du nord de la Syrie et d’interdire la polygamie.

Suite aux attaques qui ont débuté le 6 janvier, déclarer les Kurdes ou les FDS coupables est devenu le moyen le plus efficace de se décharger de la responsabilité liée au lien moral préalablement établi. Dès lors, le concept d’« économie émotionnelle » prend tout son sens : les émotions sont instrumentalisées pour répartir ou annuler les obligations. Le silence, la distance et le discours de conciliation apparaissent non comme des outils de neutralité, mais comme des instruments de cette annulation.

Émotions bloquées ou persistantes

(…) Pour les Kurdes, cette transformation représente non seulement une perte politique, mais aussi un profond bouleversement émotionnel. Il ne s’agit pas d’une simple déception, mais plutôt d’une dure réalité qui s’ancre en nous, encore et encore. Être reconnu rend le rejet ultérieur d’autant plus douloureux. Ignorer l’existence de quelqu’un, ou le connaître de loin et se contenter de le saluer, ne lui fait pas de mal ; mais agir comme si on ne l’avait jamais connu ou qu’on n’avait jamais entretenu de relation avec lui rend plus difficile de gérer les émotions positives qui y étaient autrefois liées. Aujourd’hui, le monde – à l’exception des amis des Kurdes à travers le monde – fait précisément cela : il n’ignore pas les Kurdes, mais change son regard sur eux, se dégage de toute responsabilité et de tout lien affectif, et tente d’effacer la plupart des émotions positives qui leur étaient autrefois associées.

Le coprésident du parti Égalité des peuples et démocratie (DEM), Tuncer Bakırhan, a mis en lumière la dimension politique de ces émotions d’une manière rarement vue dans la vie politique turque récente, et ce avec une clarté remarquable :

« Je suis dans les régions frontalières depuis plusieurs jours. J’ai vu dans le regard des Kurdes des blessures émotionnelles plus profondes que tout ce que j’ai pu observer de ma vie. La raison la plus simple, et pourtant la plus profonde, est l’injustice flagrante dont est victime un peuple, les paroles et les actes qui bafouent sa dignité, des questions qui dépassent le cadre politique. La brutalité qui consiste à sacrifier ce fragile équilibre à la politique s’est toujours retournée contre ses auteurs. Il est essentiel de bien le comprendre. Les Kurdes perçoivent et subissent la duplicité du gouvernement non seulement en politique, mais à chaque instant de leur vie. La facilité avec laquelle certains appellent au massacre à la télévision, les insultes proférées contre le peuple et ses représentants, les cris de victoire absurdes, ceux qui tentent de les remettre à leur place et de les faire la morale… Je m’adresse à ceux qui ne voient pas la souffrance de ceux que vous appelez vos « anciens frères kurdes » : il ne s’agit pas d’un reproche, mais d’une fracture historique qui se creuse dans la conscience d’un peuple. Cette fracture est profonde et, plus on l’ignore, plus elle s’aggrave, silencieusement et avec colère. »

Il est toutefois impossible d’expliquer la situation actuelle uniquement par la « politique culturelle des émotions ». Les Kurdes ont joué un rôle essentiel en tant que force locale dans la lutte contre Daech en Syrie. Dans ce contexte, l’admiration véhiculée par les médias relevait autant d’un investissement émotionnel que d’une fonction biopolitique. Si ces mêmes personnalités sont aujourd’hui si facilement mises en cause par les médias occidentaux, ce n’est pas dû à une soudaine déviation des lignes politiques kurdes, mais plutôt à une évolution des besoins de l’empire. Comme l’ont souligné Hardt et Negri, l’empire n’exige pas la loyauté , mais la conformité et l’obéissance. Dès lors que cette conformité est perturbée, c’est-à-dire lorsque le prix à payer augmente, ceux qui étaient applaudis la veille peuvent aisément être qualifiés de « déstabilisateurs ». L’accusation devient alors un réflexe de l’ordre visant à se disculper. Désormais, chaque fracture observée en Syrie, au Moyen-Orient ou dans les équilibres mondiaux est expliquée par le fait que les Kurdes seraient « trop autonomes », « trop affirmés » ou « trop complexes ». Ainsi, les contradictions structurelles du système reposent sur les épaules d’un peuple. C’est précisément à ce moment-là que le concept de « chaos gérable » prend tout son sens.

Les Kurdes sont maintenus dans une position à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’empire : suffisamment actifs, ils ne sont jamais considérés comme des sujets à part entière. Dès qu’ils s’approchent de l’autodétermination, ils deviennent superflus aux yeux de l’empire. Le remplacement des applaudissements par des accusations est alors perçu comme une « punition » pour cette transgression des limites.

L’histoire a maintes fois démontré que même dans les moments les plus désespérés, une lueur d’espoir subsiste. Pour les Kurdes, cette lueur d’espoir réside dans la lutte même pour la survie. Les liens que les Kurdes, vivant principalement dans quatre pays différents, s’efforcent de tisser par-delà les frontières constituent l’une des manifestations contemporaines de cette dimension existentielle. Ce lien, rendu visible par les banderoles proclamant « 2+2=1 » sur les places publiques du monde entier ou par les correspondants de Ronahî TV et de Rûdaw côte à côte, dépasse la logique de l’État-nation classique. Ce qui est mis en avant n’est pas une unité centrale et hiérarchique, mais une forme horizontale, dispersée et relationnelle de subjectivité politique. Ce réseau, reconstruit quotidiennement sur les réseaux sociaux à travers différents hymnes nationaux kurdes, des chants de résistance et des images de la mémoire collective, revêt une forme que l’empire peine à appréhender, à représenter ou à contrôler. Les amis internationalistes des Kurdes à travers le monde sont non seulement devenus témoins de ce réseau, mais aussi ses vecteurs, lui conférant un fondement commun.

Finalement, les émotions s’apaiseront ; le chagrin et la colère se mueront en une force politique potentielle. Ce qui subsiste, une fois les applaudissements retombés et les accusations lancées, c’est une existence qui se passe de l’approbation de l’empire. Fragmentée et fragile, elle est précisément, de ce fait, difficile à gérer. Et c’est peut-être là le véritable « crime » des Kurdes aujourd’hui. Un crime qui, à cet instant précis, se transforme en possibilité : marginalisés par l’histoire, ils commencent à construire leur propre temps. (Bianet) 

 

La solidarité fera vivre le Rojava

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PARIS – La guerre que subit le Rojava n’est pas seulement un siège militaire, c’est aussi une guerre de l’information, une guerre psychologique sordide.

Nous savons parfaitement ce que signifie le siège en cours au Rojava. Nous savons pourquoi les dernières attaques majeures ont débuté avec la table des négociations établie à Paris les 5 et 6 janvier 2026. Les puissances internationales réunies autour de cette table ont une fois de plus réduit l’existence des Kurdes à un problème technique à résoudre d’urgence, bafouant ainsi le droit de ce peuple à vivre librement. Lorsque le processus entamé par des manifestations pacifiques à Daraa le 15 mars 2011 en Syrie s’est transformé en guerre civile avec l’organisation des États et l’implication de groupes djihadistes, un espace de vie partagé, sans être impliqué dans ce crime contre l’humanité, a vu le jour au Rojava sous la direction des Kurdes, en collaboration avec les peuples et les communautés religieuses de la région.
 
Au Moyen-Orient, où des politiques de haine, de violence et de guerre ont été alimentées pendant des siècles par des différences ethniques et religieuses, un espace de vie alternatif, susceptible de transformer ces divisions, est systématiquement démantelé dans le silence des cercles diplomatiques. Tandis que l’attention du monde est focalisée sur d’autres crises, nous avons assisté au destin d’un peuple scellé par une banalité administrative quasi-administrative, sous couvert de « stabilité ». Ce moment marque le début d’une ère nouvelle où le droit international est relégué au second plan et où le pouvoir s’exprime désormais ouvertement et sans retenue.
 
Nous savons que ce qui s’est passé à Paris n’était pas un hasard. Cette scène illustre parfaitement le monde post-légal, où les puissants n’éprouvent même plus le besoin de se légitimer et où l’arbitraire est devenu une forme de gouvernement. Des représentants des États-Unis, d’Israël, du nouveau gouvernement syrien et de la Turquie étaient présents ; or, le plus frappant, alors que l’architecture régionale se redessinait, fut l’absence des Kurdes à la table des négociations. Nous savons également que cette absence n’était pas un oubli, mais un choix délibéré. ​​Les Kurdes n’étaient pas l’objet de négociations ; ils étaient traités comme une variable à réprimer, à disperser ou à résoudre comme un problème « technique ». Il n’était pas question de justice ou de paix, mais d’une vague « stabilité » définie par chacun selon ses propres intérêts, et ce mépris pour les Kurdes est également significatif. Car dans la nouvelle Syrie qu’ils construiront ensemble, chacun a reçu sa part.
 
En réalité, nous savons que le peuple kurde n’est pas étranger à cette situation. Du traité de Sèvres à nos jours, il a maintes fois constaté que l’amitié des empires est toujours conditionnelle et que les sacrifices sont vite oubliés face à de nouvelles priorités stratégiques. Ce qui se dissout aujourd’hui, ce n’est pas seulement une structure militaire ou administrative ; c’est la conviction même que le droit et les droits universels, aussi souvent bafoués soient-ils, peuvent établir des limites. Pourtant, cette situation ne nous conduit pas au désespoir, mais nous éclaire à nouveau. Si les décisions prises à Paris témoignent de la brutalité du monde actuel, l’unité des Kurdes, toutes régions confondues, et leur résistance croissante constituent la réponse la plus forte. L’espoir né à Kobani en 2014 prend aujourd’hui un sens nouveau dans la résistance au Rojava, non seulement pour les Kurdes, mais pour tous les peuples du monde.
 
Face à cette réalité, les Kurdes et leurs amis occupent les rues et les places du monde entier depuis des jours. Ici, cette mobilisation revêt une signification qui dépasse largement la simple solidarité avec un lieu ou une zone géographique éloignée. Cette solidarité est l’expression de notre engagement indéfectible envers l’idéal d’une vie meilleure grâce au Rojava, et envers la conscience de l’humanité, pour celles et ceux dont la voix est réduite au silence par des systèmes dominants, militaristes et racistes. Nous sommes témoins de manifestations très précieuses de cette solidarité. Nous savons, par expérience, combien il est important de disposer d’informations exactes et de les diffuser face aux campagnes de désinformation anti-kurdes orchestrées par des États qui détiennent le monopole de la violence, de la logistique et de la haine.
 
L’effet boule de neige de la pratique
Ici, nous observons de près comment chaque parole, chaque action, qu’elle provienne d’artistes, d’écrivains, de journalistes, de scientifiques, de politiciens ou de militants, crée un effet boule de neige. La conscience de l’humanité qui se mobilise pour le Rojava marque l’histoire et continue de le faire. Je souhaite vous en faire part à quelques reprises. Un groupe se faisant appeler la « Délégation pour la Paix » a lancé un appel urgent pour Kobani. Dans une déclaration commune signée par plus de 100 artistes, journalistes, avocats et collectifs d’ Europe , de Turquie et de la région kurde, il a été souligné que les coupures d’eau et d’électricité persistantes à Kobani constituent une violation flagrante du droit international humanitaire. La déclaration a mis en lumière le lien entre la politique transfrontalière de la Turquie et les attaques ainsi que l’occupation de facto exercée par Hayat Tahrir al-Sham (HTS). J’ai perçu l’artiste kurde Hogir Ar au cœur de cette action.
 
Alors que les campagnes internationales et les appels à la solidarité avec le Rojava se poursuivent, un nouvel appel a émergé de France. Publié dans deux quotidiens français, Libération , cet appel souligne que les attaques systématiques contre les femmes kurdes au Rojava visent la révolution féministe et que le silence de la communauté internationale équivaut à de la complicité. Au cœur de ce texte, qui clame « Ne restons pas silencieux face au meurtre des femmes kurdes ! », je reconnais la féministe, scientifique et militante Pınar Selek. Publié sous le titre « Ne sacrifions pas ce peuple, ces femmes, cet espoir », cet appel insiste sur le fait que le modèle de vie libéral et démocratique construit sous l’impulsion des femmes au Rojava est la cible d’attaques de groupes djihadistes. Le texte affirme que les féminicides, les enlèvements, la torture et les violences sexuelles contre les femmes sont devenus systématiques.
 
Deux autres appels de ce type ont été relayés aujourd’hui par les portails d’information. L’un d’eux provient de France, où le quotidien Le Monde a publié une tribune signée par plus de 400 personnalités appelant à la défense du Rojava. En consultant les signatures de cet article intitulé « Appel à défendre le Rojava en Syrie » , on découvre des centaines de noms, allant d’universitaires et de politiciens à des juristes et des écrivains issus des universités françaises. Parmi ceux qui viennent immédiatement à l’esprit, citons Hamit Bozarslan, Engin Sustam, Gilbert Mitterrand et Zerrin Bataray.
 
La dernière déclaration de solidarité que je souhaite partager nous vient du Royaume-Uni. De nombreux intellectuels, écrivains, artistes et universitaires, parmi lesquels le prix Nobel J.M. Coetzee, l’acteur de renommée mondiale Stephen Fry et le président de PEN International, Burhan Sönmez, ont appelé la communauté internationale à mettre fin au conflit en Syrie, à reconnaître les droits des Kurdes du Rojava et à résoudre les problèmes par des moyens pacifiques. Dans cette déclaration commune, publiée sous le titre « Appel pour le Rojava », il est souligné que la guerre qui ravage la Syrie depuis des années a engendré d’immenses souffrances humaines et que le processus de démocratisation tant espéré pour cette nouvelle ère a été entravé par les politiques unilatérales et autoritaires du gouvernement arrivé au pouvoir, politiques qui s’opposent aux minorités. Je tiens à mentionner ici le nom de l’écrivain Burhan Sönmez.
 
Alors que je m’apprêtais à terminer la rédaction de ces lignes, un autre appel à la solidarité similaire a été publié : plus d’une centaine de personnes, parmi lesquelles des retraités, des étudiants, des enseignants, des agriculteurs, des infirmières, des chômeurs, des bibliothécaires, des doctorants et des ingénieurs, ont publié une déclaration dans le quotidien français L’Humanité, intitulée : « Urgent ! La révolution au Rojava et son projet social de libération sont en danger de mort ! En tant que syndicalistes, nous devons agir . » Cette déclaration, signée par plus d’une centaine de syndicalistes, affirme : « Le 26 janvier, date anniversaire de la libération de Kobanê de Daech par les forces kurdes en 2015, la ville et le projet social de libération en cours de développement au Rojava sont à nouveau menacés. En réponse, une initiative a émergé au sein du mouvement syndical », appelant au renforcement des mobilisations solidaires et exhortant les organisations syndicales à tous les niveaux à prendre leurs responsabilités et à devenir les organisatrices et les actrices de ces mobilisations.
 
Diplomatie de l’information
Ces appels et campagnes constituent de précieux exemples de solidarité face à la désinformation alimentée par la haine, la violence et les conflits, propagée par les autorités étatiques. Diffuser des informations exactes dans le cadre d’une diplomatie de l’information, et encourager et renforcer la solidarité entre les femmes, les artistes et les universitaires, est essentiel pour soutenir le Rojava. Car le siège que subit le Rojava n’est pas seulement militaire et armé, mais aussi une guerre de l’information, une guerre psychologique sordide. Dans ce contexte, il est primordial de prendre position pour l’humanité et de l’affirmer par les mots et par les actes.
 
C’est précisément pourquoi, aujourd’hui, la solidarité avec le Rojava dépasse largement la simple « sympathie » ou une réaction de conscience face à une tragédie observée de loin. Cette solidarité est une affirmation de notre position dans un monde où l’État de droit est suspendu, les droits bafoués et le destin des peuples scellé à huis clos. Être solidaire du Rojava, c’est défendre la libération des femmes, l’égalité des peuples, la coexistence et un avenir démocratique et pluraliste. Ce qui est visé au Rojava aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les Kurdes ; c’est la possibilité d’une autre vie, d’une autre vision politique, d’un autre espoir pour le monde.
 
Notre appel est donc clair : le Rojava n’est pas seul et ne doit pas l’être. Nous devons rendre ce siège visible dans les rues, sur les places publiques, dans les universités, les syndicats, les milieux culturels et artistiques, les médias et les plateformes numériques, et briser le mur du silence érigé par les États. Chaque déclaration, chaque signature, chaque événement, chaque écrit, chaque action, chaque graffiti sur les murs : tout cela témoigne de la volonté du peuple face aux décisions prises dans l’obscurité des couloirs diplomatiques. Il est essentiel aujourd’hui de multiplier, de relier et de pérenniser ces manifestations de solidarité, en apparence éparses.
 
S’exprimer pour le Rojava, ce n’est pas seulement défendre un peuple ; c’est défendre l’avenir. C’est défendre la liberté bâtie sous l’égide des femmes, la volonté des peuples de s’unir et le courage collectif face à la tyrannie. C’est pourquoi chacun peut agir, où qu’il soit : diffuser des informations exactes, dénoncer les mensonges, organiser la solidarité et amplifier les paroles et les actions contre l’oppression. Car la résistance du Rojava est aussi notre résistance à préserver notre humanité.
 
Aujourd’hui, nous le déclarons une fois de plus, haut et fort : si le Rojava tombe, l’humanité perd. Si le Rojava survit, l’espoir survit.
 
Par conséquent, renforçons et pérennisons notre solidarité avec le Rojava. Lorsque l’histoire sera réécrite, ce sont ceux qui ont résisté, et non ceux qui sont restés silencieux, qui seront remémorés.

 

Par Ercan Jan Aktaş, chercheur en sciences sociales, écrivain et militant. Ses travaux portent sur la paix sociale, la violence, le militarisme, le genre et l’objection de conscience. Il contribue à Yeni Özgür Politika, Yeni Yaşam et Bianet avec des articles, des interviews et des reportages approfondis sur l’actualité politique, les questions migratoires, la paix sociale et le genre. Il poursuit son travail universitaire, journalistique et militant en France.

Comment empêcher le massacre des Kurdes du Rojava ?

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PARIS – Nous partageons avec vous l’appel d’un militant belge qui préconise une lutte révolutionnaire pour empêcher le massacre des Kurdes syriens et défendre le Rojava.

Les Kurdes assiégés au Rojava : seule la lutte révolutionnaire contre l’impérialisme peut empêcher un massacre !

Un massacre du Rojava et des Kurdes se prépare en Syrie. Le régime islamiste, dirigé par Ahmed al-Sharaa et soutenu par l’Occident, a lancé une offensive dans le nord-est du pays et encerclé la ville-forteresse kurde historique de Kobané, à la frontière nord avec la Turquie.

Des drapeaux de l’État islamique ont été hissés au-dessus de Raqqa. Des combattants djihadistes se sont échappés des camps de prisonniers. Des statues érigées à la mémoire des combattants kurdes sont renversées. Un cauchemar qui rappelle la terreur de l’État islamique qui a balayé la Syrie il y a dix ans est en train de se déchaîner.

Après avoir utilisé les Kurdes organisés au sein des Forces de défense syriennes (FDS) comme un pion contre Assad dans la guerre civile syrienne, l’impérialisme américain sous Donald Trump les abandonne désormais cyniquement à leur sort. À ce stade, il est crucial d’expliquer comment les choses ont abouti à cette impasse réactionnaire et de tirer les leçons nécessaires pour faire avancer la lutte pour la libération du peuple kurde.

La tromperie de l’Occident

Lorsque Assad est tombé face à Hayat-Tahrir al-Sham (HTS) à la fin de l’année 2024, les impérialistes occidentaux se sont empressés d’assurer au monde entier qu’il fallait accorder le bénéfice du doute au nouveau régime, dirigé par Abu Mohammad al-Jolani, comme on l’appelait alors. L’ancien commandant d’Al-Qaïda et de Daech a non seulement été accueilli à bras ouverts, mais aussi présenté comme la figure de proue de la démocratie syrienne.

« L’ennemi de mon ennemi est forcément mon ami », ont déclaré les Européens et les Américains. Ils ont célébré la fin d’Assad et ont parlé en termes élogieux des possibilités d’une Syrie « libre, stable, pluraliste et souveraine ». Bien sûr, tout cela n’était que foutaises. Avec Assad – et donc la Russie et l’Iran – hors jeu, la véritable raison de leurs belles paroles était de se positionner pour affirmer leurs propres intérêts impérialistes dans un pays clé du Moyen-Orient. Comme d’habitude, tout cela a été fait sous le masque de la « propagation de la démocratie ».

Mais l’insurrection qui a renversé Assad n’était pas fondée sur quoi que ce soit qui ressemble à la démocratie ou au désir de paix et de stabilité en Syrie, comme l’Occident le savait bien. C’est leur intervention, leur financement et leurs armes dans la guerre civile syrienne qui ont conduit à l’effondrement complet de la société syrienne, ouvrant la voie à l’insurrection du HTS. Le seul résultat possible, comme nous le voyons aujourd’hui, était une nouvelle lutte sectaire pour le pouvoir dans le vide laissé par la chute d’Assad.

Al-Jolani et les HTS ont pris le pouvoir sous l’égide de l’impérialisme turc. Malgré les nombreuses promesses creuses des « rebelles » djihadistes concernant la mise en place d’un gouvernement de transition inclusif, al-Jolani s’est imposé comme le seul dirigeant. Il s’est installé à tous les postes clés du gouvernement et a nommé des membres de sa famille et ses anciens alliés de l’EIIL aux autres postes importants.

Au lieu d’imposer des exigences au HTS ou de rompre les liens, l’Occident s’est contenté de persuader Jolani d’abandonner son turban au profit d’un costume de politicien bien repassé, de tailler sa barbe et de troquer son ancien nom de guerre contre celui, plus modéré, d’al-Sharaa. Les sanctions ont été levées et les ambassades rouvertes, tandis que le tapis rouge lui était déroulé à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre, puis au Bureau ovale.

Mais au-delà des apparences, qu’a réellement fait al-Sharaa pour la Syrie au cours de l’année écoulée ?

Loin de tendre la main à ses ennemis, HTS a perpétré de multiples massacres contre les minorités ethniques de Syrie, d’abord contre les Alaouites en mars dernier, puis contre les Druzes quelques mois plus tard. Les factions djihadistes et autres groupes extrémistes qui forment le noyau de la nouvelle armée syrienne ont joué un rôle clé dans la perpétration de ces atrocités. Ils ont massacré des milliers de personnes. Bien qu’al-Sharaa sache qu’il doit faire semblant de soutenir une « Syrie unie », il a fait exactement le contraire. Son règne menace de plonger la Syrie dans une violence sectaire effroyable.

L’Occident a simplement persuadé Jolani d’abandonner son turban au profit d’un costume de politicien bien repassé / Image : Ministère des Affaires étrangères d’Oman, Wikimedia Commons

L’offensive actuelle des forces armées syriennes, aux côtés des milices tribales et claniques arabes, contre les FDS dirigées par les Kurdes est l’aboutissement naturel de ce processus. L’Occident a installé et promu un homme de main capable de servir ses intérêts dans la région. Le prix à payer ? Plonger la Syrie dans une nouvelle guerre civile et sacrifier les Kurdes sur l’autel de l’impérialisme.

Le rôle de la Turquie

La chute du régime d’Assad fin 2024 peut être attribuée à la Turquie, qui entretient des liens étroits avec le HTS. La Turquie soutient et finance depuis longtemps le HTS, qui constitue désormais l’un des principaux alliés régionaux d’Erdoğan, car il lui permet de promouvoir ses intérêts généraux dans la région.

L’un de ces intérêts est l’ambition d’Erdoğan de créer un nouvel Empire ottoman. Il vise à étendre le contrôle économique de la Turquie vers le sud en reliant le pays au golfe Persique via l’Irak et la partie la plus orientale de la Syrie. Mais plus important encore est la perspective d’avoir une branche étendue à Damas, capable de combattre les Kurdes au Rojava. C’est là son grand objectif.

Les actions de Donald Trump et de l’impérialisme américain au milieu de ces événements mettent en évidence leur cynisme grossier / Image : domaine public

Erdoğan considère les Kurdes, dont beaucoup vivent en Turquie, comme une cinquième colonne au sein de la société turque. En raison de leurs aspirations nationales, ils représentent l’une des principales menaces pour son pouvoir et son objectif d’établir une « grande Turquie ». Pour lui et al-Sharaa, même un État kurde formellement indépendant au Rojava compromettrait leur objectif de contrôle total sur toutes les religions et ethnies du territoire.

Lorsque le HTS s’est lancé à l’assaut du régime affaibli d’Assad à la fin de l’année 2024 et pour installé un régime islamiste fondamentaliste – entièrement dépendant de la Turquie pour consolider son pouvoir étatique –, il s’agissait avant tout d’une occasion d’écraser et de désarmer les Kurdes. La Turquie a dépensé 1 800 milliards de dollars pour atteindre cet objectif au cours des 40 dernières années.

Avec l’armée syrienne qui mène actuellement une offensive dans les zones autonomes kurdes et chasse les milices des FDS liées au PKK, les régimes turc et syrien se sont sans aucun doute rapprochés de cet objectif. Non seulement les FDS ont été repoussées à l’est de l’Euphrate, mais la perspective d’une désintégration de la coalition soutenue par les États-Unis semble chaque jour plus probable. Des unités non kurdes des FDS font déjà défection au profit du régime syrien.

Le double jeu de Trump

Les actions de Donald Trump et de l’impérialisme américain au milieu de ces événements mettent en évidence leur cynisme grossier, mais elles ne devraient pas surprendre. Ce n’est un secret pour personne que l’impérialisme américain ne se soucie guère de loyauté dans la poursuite de ses intérêts à travers le monde. Abandonner les Kurdes n’est que la dernière manœuvre cynique d’une longue histoire de trahison de leurs alliés lorsque cela arrange.

Selon l’administration américaine, la nécessité des FDS, et par extension, de la présence militaire américaine en Syrie, a « expiré ». Comme l’a écrit sans ménagement Tom Barrack, envoyé de Trump en Turquie, dans une déclaration sur la Syrie, la situation a « fondamentalement changé », ce qui signifie que les États-Unis « modifient la justification du partenariat entre les États-Unis et les FDS ». En réalité, ils disent qu’ils font confiance à al-Sharaa pour contrôler l’EI et que les Kurdes doivent simplement accepter le nouveau shérif américain en ville. Quel que soit le coût humain pour les Kurdes à court et à long terme, il doit être considéré comme un dommage collatéral.

Dans un moment de pur double langage, Barrack a déclaré que la dissolution de facto des FDS n’était pas un coup fatal pour les Kurdes, mais plutôt « la plus grande opportunité ». Cela alors que Kobanê, la ville kurde symbolique qui a résisté à l’encerclement de Daech en 2014, est à nouveau assiégée, cette fois par le HTS. Les forces gouvernementales syriennes ont coupé l’approvisionnement en nourriture, en eau et en électricité. La ville est en état de siège, avec des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants au bord d’une crise humanitaire.

Quant aux milliers de combattants de l’EI détenus dans des prisons par les FDS et les forces américaines dans le nord-est de la Syrie, le Commandement central américain a décidé de les transférer en Irak. Selon eux, 150 prisonniers y ont été transportés cette semaine, les États-Unis prévoyant d’en transférer plus de 7 000 au total. Mais ce n’est pas une mince affaire. Des informations circulent déjà selon lesquelles des combattants de l’EI auraient réussi à s’échapper de prison au milieu du chaos, aidés par l’avancée du HTS et des milices qui lui sont fidèles.

Après avoir utilisé les combattants kurdes comme épine dorsale des FDS pour lutter contre l’EI – un monstre de Frankenstein créé par l’impérialisme américain –, ils les considèrent désormais comme des boucs émissaires et reportent leur soutien sur, vous l’avez deviné… un ancien membre dirigeant de l’EI, al-Sharaa ! 

Pour al-Sharaa, tout cela est positif, car le renforcement du contrôle djihadiste dans le nord-est ne fait que consolider sa base et renforcer son emprise sur l’État.

La décision de Trump doit être considérée à la lumière du récent document sur la sécurité nationale, qui indique clairement que le Moyen-Orient n’est plus la principale préoccupation de l’impérialisme américain. Comme l’indique le document, « l’époque où le Moyen-Orient dominait la politique étrangère américaine, tant dans la planification à long terme que dans l’exécution quotidienne, est heureusement révolue ».

Mais le repli des États-Unis sur leur propre hémisphère n’apportera pas la paix aux peuples de la région. Au contraire, si les États-Unis choisissent de se retirer de Syrie comme le préconise Trump, ils ne feront que laisser derrière eux les conditions propices à un chaos encore plus grand.

Le relâchement de l’emprise des États-Unis sur la situation est clairement compris par les acteurs de la région qui souhaitent combler tout vide partiel, en exploitant à leurs propres fins les divisions sectaires favorisées par l’intervention américaine. C’est le cas de la Turquie, mais aussi d’Israël, qui poursuit un rôle impérialiste plus indépendant dans la région.

Depuis la chute d’Assad, Netanyahu n’a cessé de rappeler à al-Sharaa (et derrière lui, à la Turquie, qu’il considère comme un rival pour la domination du Moyen-Orient) que toute tentative de consolidation du pouvoir serait suivie d’une intervention militaire. Israël a agi avec son impunité habituelle pour maintenir la Syrie dans un état de faiblesse et fomenter toutes les divisions sectaires possibles. Il a étendu son occupation du territoire syrien et bombardé le pays, y compris le quartier général militaire à Damas, sous prétexte de « protéger » les Druzes.

La résistance kurde

Il ne fait aucun doute que les perspectives pour les Kurdes sont extrêmement sombres. Mais cela n’est pas seulement dû à l’arrivée au pouvoir du HTS et à la trahison des États-Unis.

Sur le plan politique, les dirigeants kurdes, sous la forme du PKK, ont mené la lutte kurde sur une base purement nationale et ont posé la question de la recherche d’alliés militaires comme une simple question tactique. C’est ce qui les a conduits à s’allier à l’impérialisme américain pendant la guerre civile syrienne, une décision contre laquelle nous avions mis en garde à l’époque. Aujourd’hui, il s’avère que cette décision a été fatale.

La même approche a été répétée au printemps, lorsque le leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, a annoncé que le PKK allait se dissoudre et déposer les armes. Ce n’est pas ici le lieu d’approfondir l’analyse des lacunes politiques et de l’évolution du PKK, mais il suffit de dire que la confiance affichée par Öcalan envers Erdoğan, dans la conviction qu’il permettrait aux Kurdes de poursuivre leurs objectifs par des moyens « démocratiques », s’avère aujourd’hui avoir été une décision désastreuse.

Le message d’Al-Sharaa aux Kurdes est sans équivoque : « Dissolvez-vous et intégrez-vous  à mon armée sous mon commandement, ou faites face à une attaque. » L’approche du chef des FDS, Mazloum Abdi – également connu sous le nom de Mazloum Kobani – a en fait consisté à capituler, en recourant à des appels aux puissances étrangères.

Abdi a toujours déclaré que « toute personne capable de soutenir nos droits » peut aider à « défendre » les Kurdes. Cela vaut également pour Israël, dont l’aide serait, selon Abdi, « bienvenue » et « appréciée ». Il suffit de voir comment Israël écrase le peuple palestinien depuis 80 ans pour comprendre que ce serait une grave erreur.

Israël ne se soucie pas le moins du monde des Kurdes et se retournerait contre eux à tout moment. Plus important encore, quel effet l’apaisement d’Abdi envers les impérialistes occidentaux les plus réactionnaires a-t-il sur les travailleurs et les pauvres arabes et non kurdes de toute la région ? En effet, cela revient à leur dire que les Kurdes se rangent du côté de la classe ennemie – qui a semé le chaos en Syrie, en Irak, au Liban et en Palestine – plutôt que du côté de leurs frères et sœurs de classe de différentes confessions et ethnies. C’est une erreur fatale qui ne ferait que marginaliser la lutte kurde dans la région.

Cette stratégie sans principes conduit à une capitulation de facto, comme le montre l’accord de cessez-le-feu et d’intégration, conclu par Abdi et publié par le gouvernement syrien. Dans cet accord, presque tout le contrôle de l’Administration autonome kurde est renversé – un arrêt de mort pour le Rojava.

Les milliers de travailleurs et de soldats kurdes des YPG n’accepteront pas de se rendre face à l’offensive du HTS. Mais le sort du Rojava ne peut finalement être assuré qu’en menant la lutte sur la base d’une indépendance de classe, en abandonnant toute illusion qu’un règlement pacifique de la question kurde puisse être trouvé en concluant des accords avec l’impérialisme américain, israélien ou turc.

La nécessité d’une riposte

Si Erdoğan et al-Sharaa [Jolani] se frottent les mains, l’histoire montre que les Kurdes ne se laisseront pas mener à l’abattoir sans réagir. Des manifestations éclatent déjà dans toute la région et parmi la diaspora kurde à travers le monde. Mais ce qu’il faut, ce n’est pas la collaboration et l’apaisement de la Turquie et du HTS – dont l’objectif a toujours été d’écraser les Kurdes – ni même des impérialistes, mais bien de mener la lutte révolutionnaire en s’appuyant sur la classe des travailleurs.

La situation actuelle est entièrement le produit de l’impérialisme. Il ne peut y avoir de paix au Moyen-Orient, ni pour les Kurdes ni pour aucun autre groupe opprimé, tant que les classes capitalistes du monde et de la région détiennent le pouvoir. Le HTS montre au monde entier que tout type d’État démocratique accordant l’autonomie et l’égalité des droits aux Kurdes – sans parler de l’idée d’une séparation et d’un État kurde – ne sera jamais envisagé tant qu’ils détiendront le pouvoir.

La seule façon de sortir de ce bourbier réactionnaire est de changer de cap en reconnaissant que la lutte pour une patrie kurde ne peut être résolue sur la base d’une lutte nationale et militaire soutenue par les soi-disant « amis » impérialistes. Une lutte révolutionnaire pour renverser Erdoğan et les islamistes en Syrie est la seule issue possible. Sur la base d’une lutte révolutionnaire unifiée des masses kurdes et non kurdes, leurs régimes fragiles commenceraient à sentir le sol trembler sous leurs pieds.

Une telle lutte révolutionnaire est possible non seulement en Syrie et en Turquie, mais aussi dans toute la région. Pour atteindre cet objectif, il faut rompre complètement avec l’impérialisme et le collaborationnisme de classe, qui s’avèrent une fois de plus être les fossoyeurs de la cause kurde.

Par Victor Murray Vedsø (écrit le 24 janvier 2026)

Photo via Mark Campbell

 

SYRIE. Les femmes de l’EI libérées d’al-Hol, le « djihad sexuel » peut recommencer

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SYRIE / ROJAVA – Damas a commencé à libérer les membres de l’État islamique détenus dans le camp d’al-Hol, dont des femmes ayant eu des esclaves yézidies/kurdes et qui inculquent l’idéologie mortifère de DAECH / ISIS à leurs enfants et défendent le « djihad sexuel ».
 
Le gouvernement syrien a commencé à distribuer des formulaires aux prisonniers de l’EI et à leurs familles dans le camp d’Al-Hol afin qu’ils puissent demander leur libération.
 
Cette demande n’est qu’un document servant à identifier les membres de l’EI et leurs familles déjà identifiés. Il n’y aura ni tribunal, ni bataille juridique, ni répercussions. En substance, les femmes qui possédaient et maltraitaient des esclaves sexuelles kurdes et yézidies seront libérées sans aucune restriction ni justice. Hier, la sœur du ministre syrien de l’Intérieur, Anas Khattab, a également été libérée du camp d’Al-Hol.

 

 
C’est un échec moral complet ! Où est prise la justice pour les milliers de filles yézidies ? Pour les filles kurdes et chrétiennes, certaines de 6 ans qui ont été enlevées, violées et vendues en esclavage par l’EI ? En libérant ces femmes de cette façon, le monde déclare ouvertement que la vie de nos filles est jetable, que la justice n’a pas d’importance et que leurs agresseurs sont maintenant blanchis comme des « victimes ». Imaginez avoir sauvé les filles Yézidi en regardant ça se dérouler !
 
Les faits ne sont pas contestés. Ces femmes n’étaient pas passives : elles ont imposé le califat de l’EI, en ont recruté d’autres, promu le « djihad sexuel », ont soutenu les systèmes d’esclavage sexuel, radicalisé les enfants et reproduit délibérément l’idéologie extrémiste
 

Ce n’est pas de la compassion, c’est de la lâcheté !!! Et cette pourriture morale reviendra vous hanter, monde immoral, quand un tel extrémisme flagrant sera laissé si ouvertement incontrôlé et libéré – si insensible, délibérément et malicieusement !

 
Par Scharo Maroof et Hawzhin Azeez

SYRIE. A Raqqa, les gangs de Damas tuent près de 1 500 Arabes alliés des Kurdes

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SYRIE / ROJAVA – A Raqqa, on signale que les gangs de Damas, DAECH / ISIS ont massacré environs 1 500 Arabes alliés aux Kurdes. Des vidéos des persécutions des Arabes de Raqqa par les gangs d’al-Sharaa (Jolani) sont publiées sur les réseaux sociaux. 

Image tirée d’une vidéo de persécution d’Arabes de Raqqa par les gangs de Damas
Par ailleurs, les forces du gouvernement de transition de Damas ont arrêté plus de 30 personnes de la famille Al-Refdan dans le village de Cedid Ekidat, à Deir ez-Zor. Elles ont également saisi plus de 16 de leurs maisons et les ont transformées en bases militaires.
 
 
La purge se poursuit et la situation semble encore plus grave à Deir Ezzor. Nombre de ces personnes s’étaient vu promettre un sauf-conduit et une intégration par le régime Joulani en échange de leur trahison envers les Forces démocratiques syriennes (FDS).

 
Le régime djihadiste de Damas règne en Syrie uniquement par la terreur qu’il va exporter bientôt en Irak et à travers le monde.

SYRIE. Pour l’instant, le seul « droit » des Kurdes, c’est d’être massacrés par des gangs djihadistes

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SYRIE / ROJAVA – Un rapport sur les droits humains documente les saisies de biens, les arrestations et les exactions commises contre les Kurdes à Afrin, tandis que le président syrien Ahmed al-Sharaa (Jolani) prétend que les droits des Kurdes sont constitutionnellement protégés et garantis par la loi.

Un récent rapport publié par Syrians for Truth and Justice a documenté des violations généralisées et systématiques des droits au logement, à la terre et à la propriété affectant les Kurdes de la région d’Afrin, soulevant des questions sur les assurances officielles selon lesquelles les droits des Kurdes sont protégés en Syrie.

Le rapport, intitulé « Pourquoi dois-je payer pour récupérer ma maison propre ? : Violations des droits de propriété à Afrin », a été publié mardi. Il examine la situation des Kurdes à Afrin, décrite comme la seule zone à majorité kurde sous l’autorité de Damas, et se fonde sur 39 témoignages détaillés recueillis entre mai 2024 et juillet 2025.

Le 14 janvier 2026, le président syrien Ahmed Sharaa a déclaré dans une interview télévisée que les droits des Kurdes étaient protégés par le cadre constitutionnel syrien.

« Les droits des Kurdes sont et seront préservés dans la Constitution », a déclaré Sharaa. « Nous souhaitons la participation des Kurdes à l’armée, aux forces de sécurité et au Parlement. »

(…)

Sharaa a déclaré que si l’objectif est de défendre les droits des Kurdes, « il n’est pas nécessaire de verser une seule goutte de sang », affirmant que la citoyenneté, la participation citoyenne et le service militaire sont garantis par la Constitution. Il a ajouté que les discussions avec le commandant des Forces démocratiques syriennes, Mazloum Abdi, ont progressé jusqu’à la conclusion d’un accord global, réaffirmant ainsi son engagement à protéger les droits de toutes les composantes de la société syrienne dans le respect de la loi.

Treize jours plus tard, le 27 janvier 2026, l’organisation Syriens pour la vérité et la justice publiait un rapport examinant la situation des Kurdes à Afrin, décrite comme la seule région kurde actuellement sous l’autorité de Damas.

Le rapport documente ce qu’il décrit comme des violations systématiques et généralisées des droits au logement, à la terre et à la propriété à Afrin depuis l’opération militaire turque « Rameau d’olivier » de 2018. Selon l’organisation, les conclusions sont basées sur trente-neuf témoignages recueillis auprès de victimes et de proches de victimes, documentant des violations affectant au moins cinquante-trois habitations, ainsi que des terres agricoles, du matériel agricole et des commerces.

Le rapport indique que les violations ont été commises par des éléments, des dirigeants ou des civils et des familles liés à dix-neuf factions de l’Armée nationale syrienne, dont la Brigade Sultan Suleiman Shah (al-Amshat), la Division Sultan Murad, la Division Hamza, Ahrar al-Sharqiya et Ahrar al-Sham.

D’après les témoignages, les violations visaient principalement les propriétaires kurdes déplacés, dont le nombre est estimé à plusieurs dizaines de milliers, contraints de quitter Afrin en 2018 ou après, en raison d’exactions répétées. Les pratiques constatées incluent le pillage de biens d’une valeur de plusieurs milliers de dollars ; la réquisition de maisons à des fins militaires ou résidentielles ; la transformation de maisons en quartiers généraux militaires ; l’installation de familles de combattants et de civils affiliés venus d’autres régions ; l’exploitation de commerces confisqués ; la destruction de terres agricoles ; et l’exploitation de terres agricoles sans le consentement des propriétaires, sans compensation ni partage des revenus.

Le rapport documente également des cas d’arrestations et de détentions arbitraires de propriétaires, dont certains ont subi des actes de torture. Selon des témoignages, ces pratiques visaient soit à contraindre les propriétaires à abandonner leurs biens, soit à les intimider pour les dissuader de revendiquer leurs droits. Un propriétaire a déclaré avoir été menacé d’arrestation après avoir porté plainte, ce qui met en lumière ce que l’organisation qualifie d’inefficacité des mécanismes de recours et d’incapacité des autorités à contenir les groupes armés.

Le rapport indique que, bien que les factions de l’Armée nationale syrienne aient annoncé leur dissolution et leur intégration formelle au sein du ministère de la Défense du nouveau gouvernement syrien, nombre d’entre elles restent présentes dans les villages d’Afrin et les violations de propriété se poursuivent.

L’organisation affirme que les violations constatées contredisent la déclaration constitutionnelle syrienne de 2025, qui stipule en son article 16 que la propriété privée est protégée et ne peut être expropriée que pour cause d’utilité publique et moyennant une juste indemnisation. Le préambule de cette déclaration met l’accent sur la justice pour les victimes, l’état de droit et la construction d’un État fondé sur la citoyenneté, la liberté et la dignité.

Le rapport cite plusieurs dispositions du Code civil syrien affirmant le droit exclusif de propriété et interdisant la privation de propriété sans fondement légal ni indemnisation. Il précise également que les actes documentés constituent des infractions au sens du Code pénal syrien n° 148 de 1949, notamment l’usurpation de biens, le vol en période de troubles, les menaces, la violation du domicile, la détention arbitraire et la torture.

L’article 18 de la déclaration constitutionnelle affirme l’interdiction de la torture et stipule que de tels crimes ne sont pas soumis à la prescription.

Du point de vue du droit international, le rapport indique que ces violations contreviennent à la Déclaration universelle des droits de l’homme, au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il précise également que la destruction et la saisie de biens sans nécessité militaire, notamment l’arrachage de centaines d’oliviers, constituent une violation des Conventions de Genève et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Un agriculteur a témoigné : « La faction d’élite a rasé toute la colline, y compris mon verger, et j’estime à environ 300 le nombre d’arbres déracinés et détruits. »

D’autres témoignages décrivent l’extorsion financière comme condition pour récupérer ses biens. Un propriétaire a déclaré : « À ce jour, je ne suis pas retourné chez moi par crainte d’être arrêté… et je sais qu’ils exigeront d’importantes sommes d’argent en échange de la restitution de mes biens. »

Un autre témoignage relate une menace proférée lors d’une procédure de règlement de griefs : « Si vous ne voulez pas que vos enfants deviennent orphelins, renoncez à votre voiture et à votre tracteur. Si vous les réclamez, nous vous tuerons. »

Le rapport indique que de telles pratiques persistent en l’absence de recours efficaces et de mécanismes de responsabilisation, créant ce qu’il décrit comme un climat d’impunité.

Alors que les garanties constitutionnelles et les assurances présidentielles affirment la protection des droits des Kurdes, les témoignages documentés d’Afrin présentent un bilan parallèle de saisies de biens, de déplacements de population et d’intimidations, laissant ainsi coexister les deux récits — engagements officiels et violations enregistrées — dans les archives publiques syriennes. (Kurdistan24)

ALLEMAGNE. Un Kurde poignardé à Leipzig

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ALLEMAGNE – Lundi soir, deux hommes ont insulté et menacé un Kurde dans un tramway à Leipzig. Ils l’ont ensuite suivi à sa descente du tramway et l’ont poignardé. La victime hospitalisée dans un état grave aurait été agressée pour avoir parlé en kurde avec un ami des attaques ciblant le Rojava, dans le nord de la Syrie.

Les agressions physiques et armées contre les Kurdes, apparemment motivées par une idéologie anti-kurde et islamiste, sont actuellement en augmentation en Allemagne et en Europe. Un incident récent s’est produit lundi soir à Leipzig. Après des insultes et une altercation verbale dans un tramway, deux hommes ont agressé leur victime kurde au couteau à la sortie du tramway, à la station Bayerischer Bahnhof. La victime a été hospitalisée, un des agresseurs a été arrêté et le second a pris la fuite.

La victime, âgée d’une trentaine d’années, est originaire du Kurdistan oriental. Elle et un ami discutaient en kurde à la gare centrale de Leipzig, évoquant le Rojava. Il est probable que les auteurs du crime aient entendu leur conversation.

La haine du Rojava comme mobile possible du crime

Après le départ de son compagnon, le Kurde aurait été insulté en turc et en arabe par les deux hommes. Ces derniers auraient également proféré des menaces et déclaré leur intention de « détruire » le Rojava et tous ceux qui soutenaient le projet.

Les deux individus, soupçonnés d’être des partisans d’Al-Sharaa, le président intérimaire autoproclamé de la Syrie, ont suivi leur victime depuis le tramway à l’arrêt « Bayerischer Bahnhof » et l’ont agressée au couteau lors de l’altercation qui a suivi. Le Kurde a reçu plusieurs coups de couteau et a été transporté par les ambulanciers dans un hôpital voisin pour y être soigné. Ses jours ne sont pas en danger.

L’un des suspects a été arrêté par la police. Cet homme de 21 ans, d’origine syrienne, a été relâché après les formalités d’usage. Le second suspect, quant à lui, est toujours en fuite. (ANF)

La Turquie vise le seul point de passage permettant l’arrivée de l’aide humanitaire au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Des médias et comptes pro-Turquie ont lancé une campagne de FAKE NEWS concernant le poste frontalier de Semalka, le seul point de passage permettant l’arrivée de l’aide humanitaire aux Kurdes du Rojava depuis le Kurdistan irakien. Avec leur propagande mensongère, ils veulent justifier l’attaque de Samalka par les gangs de Damas, DAECH et ISIS, étranglant complétement le Rojava.
 
 
 
De nombreux comptes syriens et turcs suivent avec enthousiasme le passage de tout camion se dirigeant de la région du Kurdistan vers les zones kurdes d’Hassaké, affirmant que le chargement est « bâclé » et contient donc forcément des armes. L’idée que ces convois publics transportent des « armes dissimulées ou des militants du PKK » est absurde, mais elle révèle quelque chose de plus profond :
 
Ces gens semblent perdre tout sens logique dès qu’il s’agit de Kurdes, animés par un sentiment anti-kurde virulent et exacerbé. Autrement, il est facile de comprendre l’absurdité de cette position : ces mêmes personnes vantent sans cesse la force et les capacités de la Turquie, puis, dans la même phrase, prétendent que la Turquie est incapable, ou n’a pas, les moyens de surveiller un point de passage frontalier situé à seulement 2 ou 3 km de sa propre frontière.
 
Soyons clairs : nous évitons les généralisations hâtives. Mais ce que nous constatons ici, c’est une obsession aveugle, quasi hystérique, pour les Kurdes, au point que même l’aide humanitaire de base est considérée comme illégitime simplement parce qu’elle transite par un corridor entre Kurdes. L’objectif est évident : fabriquer un récit et un prétexte pour exercer des pressions supplémentaires afin de bloquer ou de fermer cet axe.
 
En réalité, le point de passage de Semalka, bien que non officiellement reconnu comme tel, est depuis des années l’un des plus surveillés d’Irak, et probablement de toute la région. La Turquie le surveille de près grâce à un dispositif de surveillance et de renseignement performant, et sa proximité avec la frontière turque rend l’idée de cargaisons clandestines à grande échelle encore plus absurde.
 
Il ne s’agit pas de preuves ni de questions de sécurité. Il s’agit de construction narrative et de dénigrer même l’aide humanitaire sous prétexte qu’elle comporte une dimension de solidarité kurde transfrontalière. (Kurdistan Watch)

SYRIE. Dès la révolte de 2004, les Kurdes ont été persécutés en masse par Assad

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En 2004, les Kurdes se soulevaient contre le régime d’Assad ; à Qamishlo, le peuple kurde a été massacré en masse. Par la suite, le peuple kurde a subi des années d’assassinats ciblés, de détentions sous torture et de répression généralisée.
Ceux-là mêmes qui, à cette époque, embrassaient chaque matin le portrait d’Assad, ne peuvent prétendre aujourd’hui que les Kurdes sont pro-Assad.
 
L’invasion de Serekaniye et de Gire Spi en 2019 – un autre accord maudit entre les États-Unis et la Turquie – a ramené le régime d’Assad dans l’AANES. À cette époque, la Russie a imposé son influence sur la région en coordination avec la Turquie. C’était la seule solution pour stopper les invasions turques au Rojava et dans les territoires de l’Aaron. Tout cela est très bien documenté.
 
 
À partir de 2022, le régime syrien a mené des attaques quotidiennes contre les FDS à Deirezzor. À cette époque, ceux qui se prétendaient révolutionnaires s’employaient à rédiger des articles sur la réconciliation avec le régime d’Assad et à inviter ce dernier à réintégrer la Ligue arabe.
 
La Syrie souffre aujourd’hui d’une amnistie générale : les gens lancent des accusations à tort et à travers en fonction de ce qui génère le plus de « j’aime ».
C’est le domaine de ceux qui se disent révolutionnaires syriens, des gens qui ne se souviennent même plus de l’histoire du conflit en Syrie.
 
Scharo Maroof 

KURDISTAN. La Turquie entrave l’arrivée des volontaires au Rojava

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KURDISTAN – La Turquie colonialiste tente d’empêcher l’arrivée des jeunes volontaires kurdes au Rojava en exerçant des pressions sur le gouvernement de la région du Kurdistan.

Des sources bien informées ont signalé des obstacles empêchant un groupe de jeunes hommes et femmes de la ville de Souleimaniye, dans le sud du Kurdistan, d’entrer au Rojava, en réponse à l’appel à la mobilisation générale pour faire face aux attaques des mercenaires du gouvernement intérimaire syrien.

Selon ces sources, l’État turc occupant fait pression sur le gouvernement de la région du Kurdistan pour bloquer l’entrée au Rojava de ceux qui ont répondu à l’appel à la mobilisation générale.

Ces derniers jours, des centaines de jeunes hommes et femmes du Kurdistan du Sud et de l’Est sont entrés au Rojava en réponse à l’appel à la mobilisation générale, pour contrer les attaques menées par les mercenaires du gouvernement intérimaire syrien. (ANHA)