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L’histoire kurde est-elle inscrite dans les étoiles ?

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KURDISTAN – Newroz, la fête du Nouvel An printanier célébrée par les Kurdes et d’autres peuples iraniens autour du 21 mars, n’est pas seulement une tradition folklorique ou un rituel de renaissance saisonnière. Elle est profondément ancrée dans l’identité kurde, comme en témoigne un fragment rare d’un texte médiéval qui relie explicitement Newroz au savoir astrologique et à la culture kurde depuis au moins le XIIIe siècle.

Texte et commentaire partagés par Soran Hamarash

Ce témoignage précieux provient d’un traité d’astrologie du XIIIe siècle intitulé ʾAshǧār va ʾathmār (« Arbres et fruits »), attribué au savant Alīshāh al-Khwārazmī. Ce dernier a préservé un extrait d’un ouvrage aujourd’hui perdu : l’Ahkām-e Nowrūznāmeh-ye Kurdī, que l’on peut traduire par « Les règles (ou présages) du Livre de Newroz kurde ».

Un savoir savant et écrit

Ce Nowrūznāmeh-ye Kurdī appartient à un genre littéraire très répandu dans le monde iranien médiéval : les traités dédiés au jour de l’équinoxe vernal, combinant astronomie, astrologie, rituels et poésie. L’existence d’une version explicitement qualifiée de « kurde » est remarquable. Elle indique que Newroz occupait une place centrale non seulement dans les pratiques collectives, mais aussi dans le savoir écrit des Kurdes.

Le fragment conservé porte sur les présages célestes associés à Newroz — des interprétations des positions des astres pour prédire les événements de l’année à venir. Sa mention dans un manuscrit du XIIIe siècle prouve que, il y a plus de 700 ans, un texte astrologique kurde circulait et était jugé digne d’être cité par les plus grands érudits.

Une identité distincte et millénaire

Des recherches récentes, notamment le travail de l’érudit kurde Hemdad M. Arwandi publié en 2026 par le Kurdistan Center for Iranian Studies, remettent en lumière l’importance de ce texte. Cette découverte renforce l’idée que Newroz n’était pas une simple importation, mais un pilier distinct de l’identité kurde au Moyen Âge, avec ses propres interprétations cosmiques.

Le lien avec les étoiles n’est pas métaphorique : Newroz coïncide précisément avec l’équinoxe de printemps, un événement astronomique majeur qui structurait les calendriers solaires kurdes anciens.

Résistance et renaissance

Aujourd’hui, Newroz reste au cœur de la culture kurde. Associé au mythe de Kawa le forgeron, qui vainquit le tyran Zahhak pour libérer son peuple, il symbolise l’injustice combattue et la liberté retrouvée. Les feux de Newroz qui illuminent les montagnes chaque 21 mars rappellent que cette fête transcende les frontières imposées.

Le fragment de l’Ahkām-e Nowrūznāmeh-ye Kurdī nous enseigne que l’histoire kurde ne se limite pas aux récits des conquérants. Elle est gravée dans les cieux et transmise par des générations de gardiens de la culture. En cette veille de Newroz 2026, ce legs médiéval nous rappelle que la flamme kurde est inextinguible, guidée par les astres depuis des siècles.

L’Iran menace six zones kurdes d’Irak

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IRAK / KURDISTAN – Le régime iranien exhorte les Kurdes de six zones dansement peuplées du Kurdistan irakien à partir avant des opérations imminentes à la veille du nouvel-an kurde Newroz.

Dans un contexte de guerre régionale élargie opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) ont diffusé un communiqué en langue kurde appelant les habitants de plusieurs zones du Kurdistan irakien à s’éloigner immédiatement de sites qualifiés de « fiefs de groupes séparatistes kurdes iraniens ».

Un message de l’IRGC publié en kurde exhorte les civils à quitter les six zones citées plus haut

Les localités explicitement visées sont : Jezhnikan, Sordash, la base aérienne de Harir, Koya (Koysinjaq), Pakshar (Degala/Degle) et le district de Khabat. Ces zones abritent des populations civiles importantes ainsi que des infrastructures stratégiques, notamment la base de Harir, déjà ciblée par le passé.

Un ultimatum sous haute tension

Le message en kurde de l’IRGC, relayé via des canaux Telegram affiliés, prévient que des opérations militaires seront lancées « dans les prochaines heures ». Il insiste sur le risque « grave » pour toute personne se trouvant à proximité, sans toutefois préciser de plan de coordination ou de corridors sécurisés pour les civils.

Ce type d’avertissement est perçu par de nombreux observateurs comme une menace voilée. L’absence de mesures concrètes d’évacuation renforce les craintes de frappes indiscriminées, une tragédie déjà documentée lors des précédentes attaques de drones et de missiles menées par Téhéran en 2026.

Une souveraineté bafouée et un risque humanitaire majeur

Ces annonces interviennent après une multiplication des attaques transfrontalières de l’IRGC contre les bases kurdes iraniennes en exil et les positions américaines. Elles soulèvent une nouvelle fois la question du respect de la souveraineté irakienne et du droit international humanitaire.

Les analystes mettent en garde contre une escalade qui pourrait :

  • Exacerber les tensions ethniques dans la région.

  • Provoquer de nouveaux déplacements forcés de populations kurdes.

  • Déstabiliser durablement le nord de l’Irak, déjà fragilisé par le conflit régional.

Les organisations de défense des droits humains appellent à une vigilance accrue pour protéger les civils pris en étau entre les belligérants et dénoncent l’injustice flagrante subie par le peuple kurde, une nouvelle fois cible de puissances régionales.

TURQUIE. On s’attaque aux médecins qui parlent, pas aux cancers qui tuent

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TURQUIE / KURDISTAN – Un médecin a été suspendu pour avoir dénoncé les graves dysfonctionnements du système de santé dans la province kurde d’Agri. La Confédération des syndicats KESK s’est mobilisée en soutien au médecin sanctionné.

La plateforme de KESK (Kamu Emekçileri Sendikaları Konfederasyonu, KESK) d’Ağrî a organisé une conférence de presse rue Cumhuriyet pour protester contre la suspension de trois mois infligée au médecin Emrullah Akyüz. Ce gynécologue-obstétricien a été sanctionné pour avoir publiquement dénoncé les graves dysfonctionnements du système de santé dans la province. Des représentants d’organisations démocratiques, des responsables politiques et de nombreux citoyens ont rejoint le rassemblement.

Une banderole déployée résumait l’indignation collective :

« On ne fera pas taire les médecins qui luttent pour la santé du peuple »

Les slogans contre les atteintes au droit à la santé ont rythmé toute la mobilisation : « Les cancers explosent, on suspend les médecins ».

Dans la déclaration lue au nom de la plateforme KESK, İlhan Levent (responsable Eğitim-Sen Ağrı) a pointé du doigt la situation dramatique : « Ağrı détient le triste record national du taux de mortalité par cancer. Au lieu d’ouvrir une enquête sérieuse sur les causes de cette hécatombe — pollution, négligences, manque d’infrastructures —, le pouvoir préfère museler les médecins qui osent alerter et proposer des solutions. »

Il a dénoncé une politique délibérée de marchandisation de la santé : « Le gouvernement transforme un droit fondamental en source de profit, au mépris du droit à la vie. Pendant ce temps, nos concitoyens attendent des mois pour des examens de base, et certains meurent sur la route vers Erzurum faute d’équipements et de personnel suffisants. »

Une sanction qui met des vies en danger

Levent a insisté sur le caractère politique de la mesure : « Suspendre le Dr Emrullah Akyüz n’est pas une simple sanction administrative : c’est une attaque directe contre le droit à la santé de toute la population d’Ağrı. Annuler des milliers de rendez-vous et bloquer des interventions chirurgicales vitales pendant trois mois constitue une mise en danger flagrante de la santé publique. »

Il a conclu avec fermeté : « Nous ne nous laisserons ni intimider ni faire taire par les pressions, les harcèlements et les expulsions. Nous exigeons la réintégration immédiate de notre collègue et la fin des souffrances infligées par ce système de santé défaillant. »

À l’issue de la déclaration, les participants ont marché jusqu’au siège de KESK pour réaffirmer leur détermination.

L’ONU prolonge son enquête sur les crimes de guerre en Syrie

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie s’était initialement opposée à cette prolongation, mais a depuis retiré son objection. Un rapport de l’ONU met en garde contre des attaques ciblant les Kurdes syriens.

Le mécanisme d’enquête des Nations Unies sur la Syrie, connu sous le nom de Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne, va voir son mandat officiellement prolongé.

Selon les informations de Geneva Solutions datées du 18 mars 2026, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU finalise le renouvellement de cette mission pour une année supplémentaire. Alors que le mandat actuel expire le 31 mars, cette décision assure la continuité des investigations dans un paysage politique syrien en pleine mutation.

Le recul diplomatique de la Turquie

Ankara avait initialement manifesté une opposition farouche à ce renouvellement, jugeant le mécanisme « obsolète » après la chute de Bachar el-Assad fin 2024. La diplomatie turque a tenté de substituer à l’enquête indépendante un simple dispositif de « coopération technique ». Toutefois, faute de soutien international et après d’intenses consultations, la Turquie a retiré son objection en échange d’un ajustement mineur du texte intégrant davantage le volet technique.

Un rempart contre l’impunité au Rojava et ailleurs

Cette prolongation est jugée cruciale par des organisations comme Human Rights Watch. La Commission demeure l’unique outil international capable de documenter les violations commises par l’ensemble des acteurs, dans un contexte sécuritaire qui reste alarmant pour les minorités :

  • Offensive contre le Rojava : Depuis le début de l’année 2026, une offensive gouvernementale soutenue par des milices pro-turques a contraint les Forces démocratiques syriennes (FDS) à d’importants retraits, provoquant le déplacement de dizaines de milliers de civils kurdes.

  • Violences confessionnelles : Des rapports inquiétants font état de massacres ciblés sur des bases ethniques et religieuses, touchant les Alaouites sur la côte (Lattaquié, Tartous), ainsi que les Druzes et les Chrétiens, notamment dans la région de Soueïda.

  • Crimes de guerre : L’ONU continue d’identifier des schémas de violence pouvant être qualifiés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité.

L’enjeu de la justice de transition

Plus d’un an après le changement de régime à Damas, la coopération avec les nouvelles autorités reste limitée et aucun haut responsable n’a encore répondu des crimes de masse documentés depuis 2011. Pour les ONG, maintenir une enquête indépendante est le seul moyen d’éviter que le sort des groupes vulnérables, et particulièrement celui des Kurdes, ne soit sacrifié sur l’autel d’une stabilité politique précaire.

Bien que certains diplomates prônent une fusion progressive avec les institutions syriennes de transition, la documentation onusienne reste le socle indispensable pour garantir une future reddition de comptes et une transition véritablement inclusive.

HÜDA PAR : l’arme islamiste de l’État turc pour saper les revendications kurdes

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TURQUIE / KURDISTAN – Dans un contexte de désarroi politique kurde en Turquie – répression massive du DEM Parti, impasse du processus de paix post-2025 et la fin de la lutte armée -, le régime turc veut imposer aux Kurdes le parti islamiste HÜDA PAR qui gagne du terrain. Pour de nombreux observateurs kurdes, cette ascension n’est pas une coïncidence. Ce parti agit comme l’instrument privilégié de l’État turc et de l’AKP pour diviser le peuple kurde, diluer ses revendications légitimes et enterrer la question nationale sous le voile de la « fraternité islamique ».

Les Kurdes exigent le socle fondamental d’un peuple : reconnaissance constitutionnelle, enseignement en langue maternelle, décriminalisation culturelle et auto-gouvernance réelle. En face, le HÜDA PAR propose une rhétorique islamiste où l’on se contente d’être des « frères musulmans », occultant le fait que le Kurdistan reste fragmenté et colonisé par quatre États musulmans (Turquie, Iran, Irak, Syrie).

Des origines empoisonnées : l’ombre du Hizbullah kurde

Le HÜDA PAR ne s’est pas créé ex nihilo en 2012. Il est l’héritier du Hizbullah kurde (à ne pas confondre avec son homonyme libanais), un groupe armé sunnite des années 1990 responsable de l’assassinat de centaines de militants de la gauche kurde. L’histoire révèle que l’État turc, via ses services de sécurité, a souvent utilisé ce groupe pour affaiblir le mouvement national kurde séculier (PKK) selon la logique de « l’ennemi de mon ennemi ».

Cette filiation se retrouve jusque dans le nom du parti (« Hüda » signifiant Dieu en kurde/persan) et sa structure. L’objectif initial était clair : concurrencer les partis patriotiques (BDP, puis HDP/DEM) en captant l’électorat kurde conservateur.

L’alliance avec l’AKP : une opération « diviser pour régner »

Depuis 2018, le HÜDA PAR s’est imposé comme un allié fidèle de Recep Tayyip Erdoğan, intégrant l’Alliance du Peuple. Pour le mouvement national kurde, c’est le « cheval de Troie » idéal pour Ankara. En fragmentant le vote kurde et en opposant une identité religieuse loyale à l’État face à une identité nationale séculière, l’AKP tente de marginaliser les revendications d’autonomie.

Les propositions de 2025 : des miettes contre la souveraineté

En décembre 2025, le HÜDA PAR a soumis un rapport suggérant des réformes : kurde comme langue d’enseignement, changement de la définition de la citoyenneté et excuses officielles pour les massacres historiques ayant ciblé les Kurdes (Dersim, Şeyh Said).

Cependant, ces propositions sont conditionnées à un abandon du « nationalisme kurde » au profit de l’oumma sunnite à la turque. Le piège est là : offrir quelques concessions culturelles et religieuses cosmétiques pour que le peuple kurde renonce à une véritable auto-détermination politique et à son statut de nation distincte.

La double norme : Palestine vs Kurdistan

Le cynisme du HÜDA PAR et de l’AKP éclate sur la scène internationale. Alors qu’ils dénoncent avec véhémence l’occupation en Palestine, ils restent complices ou silencieux face à l’oppression subie par les Kurdes dans la région. La « fraternité islamique » semble s’arrêter dès que l’oppresseur est un État musulman voisin.

Refuser le piège

Le mouvement kurde séculier reste le seul garant des revendications nationales intégrales. Le HÜDA PAR n’est pas une alternative, mais une voie de garage conçue pour que les Kurdes acceptent un statut de citoyens de seconde zone sous couvert de religion.

Tant que la « fraternité » sera utilisée comme substitut à la justice nationale, le Kurdistan restera sous tutelle. Le rejet de cette instrumentalisation est aujourd’hui une nécessité pour quiconque aspire à voir les Kurdes vivre comme un peuple libre et souverain sur sa terre ancestrale.

IRAN. Trois manifestants exécutés dans le secret

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IRAN – Le régime iranien a exécuté dans le secret Saleh Mohammadi (19 ans), Mehdi Ghasemi et Saeed Davoudi, trois civils arrêtés lors des protestations anti-régime qui ont secoué le pays à partir de fin 2025, signale l’ONG kurde Hengaw.

À l’aube du jeudi 19 mars 2026, les autorités iraniennes ont procédé à l’exécution secrète de trois détenus arrêtés dans le cadre des manifestations nationales qui secouent le pays depuis fin 2025. Les victimes, identifiées comme Saleh Mohammadi (19 ans), Mehdi Ghasemi et Saeed Davoudi, ont été pendus à la prison centrale de Qom, selon des informations exclusives transmises à l’organisation Hengaw pour les droits humains.

Les trois hommes avaient été condamnés à mort pour « moharebeh » (« inimitié envers Dieu »), un chef d’accusation fréquemment utilisé contre les opposants politiques, ainsi que pour le meurtre présumé de deux officiers des forces de l’ordre (Faraja) : Mohammad Ghasemi Hamapour et Abbas Asadi. Ces décès seraient survenus lors d’incidents distincts le 8 janvier 2026, au carrefour de Nokouei et sur la place Nobovat à Qom, en marge des protestations.

Un procès entaché de violations graves

Saleh Mohammadi, membre de l’équipe nationale iranienne de lutte et médaillé lors de compétitions juniors, a toujours nié les faits lors de son procès. Il a affirmé à plusieurs reprises que ses aveux avaient été extorqués sous la torture. Selon Hengaw et d’autres sources, aucune preuve matérielle solide ne le plaçait sur les lieux des faits : les images de vidéosurveillance ne le montraient pas, et les témoignages de sa famille ont été écartés par le tribunal.

Les trois condamnations ont été prononcées à l’issue de procès manifestement inéquitables, caractérisés par :

  • Le refus d’accès à un avocat indépendant ;

  • Le recours systématique à des aveux obtenus sous la torture ;

  • L’absence totale de respect des garanties d’un procès équitable.

Un recours accéléré à la peine de mort

Hengaw dénonce ces exécutions comme une illustration supplémentaire de l’intensification de la répression par les autorités iraniennes face à la montée des protestations et aux tensions régionales. L’organisation note que le régime multiplie les exécutions sommaires contre les manifestants, souvent dans le secret le plus total, pour briser la contestation.

Ces pratiques s’inscrivent dans une vague plus large de répression observée depuis fin 2025, marquée par des arrestations massives, des disparitions forcées et des simulacres d’exécution destinés à arracher des confessions.

Appel international urgent

Hengaw condamne fermement ces actes et exhorte les organisations internationales, les États et les mécanismes onusiens (notamment le Conseil des droits de l’homme et le Rapporteur spécial sur l’Iran) à agir immédiatement pour :

  1. Exiger l’arrêt de toutes les exécutions liées aux protestations ;

  2. Mettre en place des enquêtes indépendantes sur ces violations systématiques ;

  3. Faire pression pour l’abolition effective de la peine de mort en Iran.

Ces exécutions secrètes, intervenant au mépris de la dignité humaine, risquent d’aggraver encore la crise des droits humains en Iran alors que le régime fait face à une condamnation internationale croissante.

Lausanne : le Conseil communal adopte trois résolutions en soutien au Rojava

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LAUSANNE – Mercredi, le Conseil communal de Lausanne a franchi une étape symbolique forte en adoptant trois résolutions appelant à la reconnaissance et à la protection de l’Administration autonome du Rojava / Nord et de l’Est de la Syrie dirigée par les Kurdes.

Portées par l’alliance de gauche Ensemble à Gauche (EaG), ces motions ont recueilli une large majorité grâce au soutien conjoint des Verts (qui ont voté à l’unanimité) et d’une partie significative du Parti socialiste (PS). Sevgi Koyuncu, conseillère communale et porte-parole du groupe EaG, a défendu avec conviction ces propositions lors des débats, insistant sur l’urgence de prendre position politiquement face à l’injustice subie dans la région.

Les trois motions adoptées portent sur :

  • Le respect du droit international humanitaire et la protection immédiate des populations civiles face aux attaques menées par le Gouvernement fédéral de transition syrien contre le Rojava.

  • La reconnaissance politique du statut d’autonomie de la région et la demande d’une protection internationale renforcée.

  • Une invite adressée au gouvernement suisse pour qu’il reconnaisse officiellement l’administration autonome du Rojava. Le texte fait explicitement référence au rôle historique de Lausanne comme ville-hôte de grandes conférences diplomatiques internationales.

Ces résolutions interviennent dans un contexte régional tendu, marqué par des menaces militaires persistantes contre le Rojava et une absence de reconnaissance internationale formelle de son administration démocratique.

Un engagement renforcé par la présence kurde au conseil

Cette prise de position n’est pas anodine à Lausanne, où la communauté kurde est particulièrement active. Les élections communales du 8 mars ont permis l’entrée au conseil de deux femmes kurdes : Sevgi Koyuncu (déjà élue auparavant sous l’étiquette POP et très impliquée dans les luttes kurdes) et Tanya Nihal Isik, qui fait son entrée pour la première fois. Leur présence a incontestablement contribué à porter haut et fort la voix de la solidarité avec le Rojava au sein de l’assemblée lausannoise.

Ensemble à Gauche, qui regroupe notamment le Parti ouvrier populaire (POP), SolidaritéS et des indépendant·e·s, se félicite de ce vote qui, bien que symbolique, envoie un signal politique clair depuis une grande ville suisse.

Avec cette décision, Lausanne s’inscrit dans une tradition de municipalités engagées sur les questions internationales et de droits humains, tout en rappelant que la diplomatie locale peut parfois précéder – ou influencer – les positions nationales.

Les faux télégrammes kémalistes de 1919 prétendant avoir le soutien kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – En décembre 1919, au cœur d’une période trouble marquée par la désintégration de l’Empire ottoman et l’émergence du mouvement national turc dirigé par Mustafa Kemal (futur Atatürk), la Ligue Kurde (Kürdistan Teali Cemiyeti) adresse une lettre officielle aux puissances alliées. Ce document, mis en lumière par l’historien Sedat Ulugana, révèle les manœuvres de propagande menées par les forces kémalistes pour discréditer les revendications kurdes à l’approche de la Conférence de la Paix et du futur traité de Sèvres qui prévoyait la création d’un État kurde.

Entre Sèvres et la montée du kémalisme

Après la défaite ottomane en 1918, les Alliés envisagent un redécoupage du Proche-Orient. Le traité de Sèvres (1920) prévoit une autonomie kurde et la possibilité d’un État indépendant. Les élites kurdes, organisées à Istanbul, soutiennent activement la création du Kurdistan.

De son côté, Mustafa Kemal cherche à mobiliser l’opinion musulmane contre les Alliés. Pour démontrer que les Kurdes rejettent toute sécession, des télégrammes sont publiés dans la presse turque en décembre 1919. Ces messages, prétendument envoyés par des chefs tribaux, affirment leur loyauté indéfectible au gouvernement turc.

La dénonciation par la Ligue Kurde

La Ligue Kurde réagit par une lettre* datée du 26 décembre 1919, affirmant que ces télégrammes sont des faux :

« Dans le courant du mois de Décembre 1919, les journaux turcs ont publié quelques télégrammes attribués aux chefs de quelques tribus kurdes, dans lesquels ils réclamaient hautement l’attachement au Gouvernement Turc. »

Le document accuse explicitement les « officiers unionistes » ralliés à Mustafa Kemal d’avoir orchestré cette falsification en occupant tous les bureaux télégraphiques d’Asie-Mineure. La Ligue explique avoir tenté de rétablir la vérité dans sa revue Jîn (Jin), mais que la censure a systématiquement bloqué la publication :

« Le journal “Djin” organe de notre Club, avait bien voulu mettre en évidence, les preuves en main, la fausseté de ces télégrammes […]. Mais la censure avait empêché, à plusieurs reprises, la publication de cet article intéressant. »

Devant cet échec, la Ligue sollicite directement les Alliés pour communiquer ces faits à la Conférence de la Paix. La lettre est signée par le président de la Ligue Kurde, (a)-Arétin.

Une manipulation emblématique

Ce document illustre les méthodes employées par le mouvement kémaliste pour simuler un consensus populaire. En contrôlant les lignes télégraphiques, les nationalistes turcs pouvaient diffuser de fausses informations pour affaiblir la position kurde à l’international.

Sedat Ulugana souligne l’importance de ce texte : il prouve que, dès 1919, les élites kurdes percevaient le projet kémaliste comme hostile à leurs aspirations. La censure de la revue Jîn préfigurait déjà les répressions futures contre les voix dissidentes.

Un épisode oublié dans l’histoire officielle

Avec le traité de Lausanne (1923), qui enterre toute perspective d’autonomie kurde, ces manœuvres sont occultées. L’histoire officielle turque présente souvent un soutien massif des Kurdes à Mustafa Kemal. Ce document rappelle au contraire les tensions profondes et les manipulations présentes dès les origines de la République turque.

Un siècle plus tard, ce témoignage invite à relire avec nuance les discours sur l’unité vantée par les kémalistes de l’époque et souligne l’injustice historique subie par le peuple kurde.

*Voici l’intégralité de la lettre :

« Ligue Kurde

Constantinople le 26 Décembre 1919

Excellence,

Dans le courant du mois de Décembre 1919, les journaux turcs ont publié quelques télégrammes attribués aux chefs de quelques tribus kurdes, dans lesquels ils réclamaient hautement l’attachement au Gouvernement Turc.

Le journal « Djin » organe de notre Club, avait bien voulu mettre en évidence, les preuves en main, la fausseté de ces télégrammes qui étaient fabriqués par les officiers unionistes appartenant à cette fameuse force nationaliste qui occupe tous les bureaux télégraphiques en Asie-Mineure et qui domine le pays sous le commandement de Moustapha Kemal Pacha. Mais la censure avait empêché, à plusieurs reprises, la publication de cet article intéressant. Donc, nous sommes obligés d’attirer l’attention de Vos Excellence, ce qui, nous espérons, sera mieux que nous, et prions de vouloir bien le communiquer à la Conférence de la Paix.

Veuillez agréer, Excellence, notre profond respect.

Le Président de la Ligue Kurde (a)-Arétin, »

IRAN. Quand la pauvreté imposée pousse les Kurdes vers la kolbarî

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IRAN / ROJHILAT – La pauvreté endémique frappant les régions kurdes d’Iran (Rojhilat) n’est pas le fruit du hasard : elle résulte d’une politique d’État systématique menée depuis des décennies par la République islamique d’Iran.

Dans les provinces kurdes – Kurdistan, Kermanshah (Kirmaşan), Azerbaïdjan occidental et Ilam –, le sous-investissement chronique, le chômage massif (souvent le plus élevé du pays) et l’absence quasi totale de développement industriel ou infrastructurel ont condamné des milliers de familles kurdes à la précarité extrême.

Face à l’absence d’emplois stables et durables, beaucoup se tournent vers le kolbarî: le transport à dos d’homme de marchandises à travers les montagnes divisant le Kurdistan entre l’Iran et l’Irak ou entre l’Iran et la Turquie, dans des conditions extrêmes – froids polaires, avalanches, falaises abruptes.

Les kolbars ne sont pas des contrebandiers par choix, mais des travailleurs forcés par la misère. Chaque traversée est un pari mortel : en 2025, selon les rapports de Kolbar News et d’ANF, 32 kolbars kurdes ont été tués et 38 blessés, principalement par des tirs directs des forces frontalières iraniennes (augmentation de 46 % par rapport à 2024). Au total, chaque année, des centaines de vies sont fauchées par balles, hypothermie, chutes ou mines anti – personnelles restant de la guerre Irak-Iran.

Cette violence d’État s’ajoute à une stratégie plus large de développement inégal : militarisation massive de la région, extraction des ressources sans retombées locales, discrimination à l’embauche (via le système gozinesh), et embargo économique interne qui maintient les Kurdes dans la dépendance et la faiblesse.

Les kolbars incarnent à la fois la résilience du peuple kurde et l’échec criminel d’une politique qui transforme la survie en un chemin quotidien vers la mort. Sans la politique d’appauvrissement des Kurdes, ils n’auraient jamais existé. (Halmat Palanî)

SYRIE. Damas va libérer une partie des otages kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Damas devrait procéder ce jeudi à la libération d’une partie importante des prisonniers kurdes détenus par le gouvernement syrien, avec environ 350 otages concernés selon des sources spécialisées proches des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Cette vague de libérations s’inscrit directement dans la mise en œuvre de l’accord global signé le 29 janvier 2026 entre les FDS et le gouvernement intérimaire syrien. Cet accord, qui prévoit un cessez-le-feu permanent, le retrait progressif des forces kurdes de certaines lignes de front et l’intégration progressive des institutions et unités militaires kurdes au sein de l’État syrien, inclut également des dispositions sur l’échange et la libération réciproque de détenus.

Après un premier échange d’une centaine de prisonniers de chaque côté mi-mars, cette nouvelle étape vise à clore progressivement le dossier des détenus politiques et des combattants capturés lors des affrontements récents, favorisant ainsi la réconciliation nationale et la stabilisation du nord-est syrien.

Les familles des prisonniers kurdes, qui multiplient les manifestations et pétitions depuis des semaines, espèrent que cette mesure marque le début d’une libération plus large et inconditionnelle des détenus originaires du Rojava et des quartiers kurdes d’Alep. La situation reste toutefois fragile, avec des craintes persistantes de retards ou de non-respect total des clauses de l’accord par Damas.

KURDISTAN. L’Iran frappe des camps de réfugiés kurdes

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IRAK / KURDISTAN – Aujourd’hui, 18 mars 2026, les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) ont lancé cinq attaques contre des camps et installations du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI), un parti d’opposition kurde d’Iran exilé au Kurdistan d’Irak.

Ces frappes, menées par missiles et drones, ont visé plusieurs sites du PDKI, causant d’importants dégâts matériels, notamment à des bâtiments résidentiels et civils abritant des familles de Peshmergas et de militants. Selon les premières informations relayées par des sources kurdes, les attaques ont particulièrement touché des zones résidentielles adjacentes aux camps et quartiers généraux, aggravant la situation humanitaire pour les réfugiés et civils présents.

Les bombardements se poursuivent selon plusieurs témoignages locaux, dans un contexte d’escalade régionale marquée par les tensions entre l’Iran et les groupes d’opposition kurdes iraniens basés en Irak. Le PDKI, qui fait partie d’une coalition d’opposants kurdes iraniens, dénonce une violation répétée de la souveraineté irakienne et appelle à une protection internationale pour les civils kurdes.

Cette série d’attaques s’inscrit dans une campagne plus large de l’IRGC contre les groupes kurdes iraniens en exil, observée depuis le début du mois de mars 2026, avec des cibles récurrentes dans les gouvernorats d’Erbil et de Souleimaniye.

La situation reste très volatile sur le terrain, avec un risque accru pour les populations civiles du Kurdistan irakien.

TURQUIE. Un ado kurde arrêté et maltraité à cause du mot « Kurdistan »

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TURQUIE / KURDISTAN – Un adolescent kurde a été arrêté et tabassé hier par des policiers turcs et poursuivi pour « outrage à agent public » et « rébellion » pour avoir porté un maillot portant l’inscription « Kurdistan ». L’incident, survenu en marge des célébrations du Nouvel An kurde, ravive les tensions autour de la liberté d’expression des Kurdes.

Un adolescent kurde âgé de 15 ans a été interpellé mardi soir dans les rues de Cizre, en marge des festivités de Newroz, pour avoir porté un simple t-shirt portant l’inscription « Kurdistan ». Selon des témoignages et des vidéos disponibles, l’arrestation a provoqué une vive réaction de passants qui ont tenté de s’interposer, avant que la police ne menace d’arrêter d’autres personnes.

Conduit d’abord au poste de police puis à l’hôpital public de Cizre pour un examen médical, le jeune a affirmé avoir subi des violences graves : coups, jeté à terre, traîné sur le sol, blessures au visage et aux genoux, contusions aux poignets dues aux menottes. Son t-shirt aurait été arraché de force et remplacé, tandis que les enregistrements vidéo sur son téléphone portable ont été effacés par les agents. Libéré pieds nus le soir même, il a été interrogé le lendemain au parquet sans que les accusations contre lui ne soient directement liées au vêtement confisqué.

Malgré son jeune âge et son récit de non-résistance, des poursuites pénales ont été engagées pour « outrage à agent public » et « rébellion ». Ses avocats, membres de l’Association des avocats libéraux (ÖHD), dénoncent des accusations infondées et qualifient les faits de violation des droits d’un mineur : usage disproportionné de la force (notamment une technique de contention dorsale interdite sur les enfants), privation de besoins essentiels et traitements humiliants.

« Le simple port du mot “Kurdistan” ne constitue pas une infraction pénale », rappellent les avocats ÖHD, qui ont déposé plainte contre les policiers impliqués pour mauvais traitements et violences sur mineur. L’association (ÖHD) condamne fermement ces agissements.

Cet incident intervient dans un contexte récurrent où les célébrations de Newroz, symbole fort de la résistance kurde, sont souvent marquées par des interventions policières musclées dans le sud-est de la Turquie. Il illustre les tensions persistantes autour de l’expression de l’identité kurde, même symbolique, dans un pays où le terme « Kurdistan » reste hautement sensible pour le régime colonial turc.

L’adolescent et sa famille ont porté plainte. Une enquête indépendante est réclamée par les défenseurs des droits humains pour établir les responsabilités et garantir que de tels actes ne restent pas impunis.