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KURDISTAN. Souleimaniye sous le feu d’une offensive coordonnée

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IRAK / KURDISTAN – L’Iran et ses alliés irakiens intensifient les tensions au Kurdistan par une série d’attaques délibérées contre des infrastructures civiles. Après avoir visé un établissement hôtelier à Erbil hier, une nouvelle agression a frappé la province de Souleimaniye cette nuit.

Ce samedi soir, l’explosion d’un drone à proximité immédiate de l’hôtel Titanic, à Souleimaniye, illustre une volonté manifeste de briser la sécurité et la stabilité des régions kurdes. Cette répétition d’actes hostiles contre des cibles non militaires souligne l’escalade dangereuse imposée par le régime iranien et ses milices affiliées au cœur du territoire kurde. Ces frappes, menées sur plusieurs fronts, exploitent délibérément l’absence de systèmes de défense aérienne dans cette province pour semer la terreur au sein de la population.

Bien que le bilan humain précis soit encore en cours d’évaluation, les premières informations font état de plusieurs blessés parmi les civils et le personnel de sécurité, principalement touchés par des éclats et le souffle de l’explosion. Les dégâts matériels sont importants : les vitrines de l’hôtel Titanic ont été soufflées et plusieurs véhicules stationnés aux alentours ont été partiellement détruits, témoignant de la puissance de la charge emportée par le drone.

Une frappe chirurgicale contre des cibles civiles et militaires

L’offensive a frappé plusieurs points stratégiques de la province :

  • L’hôtel Titanic : Ce complexe hôtelier renommé, symbole de la vie urbaine de Souleimaniye, a été pris pour cible, mettant en péril de nombreux civils.

  • Le commandement des Peshmergas : Une base militaire de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) a été directement visée, soulignant la volonté des assaillants de frapper les forces de défense kurdes.

  • Le camp de Zergwez : À l’est de la ville, la base du groupe kurde iranien Komala a subi un bombardement intensif.

L’absence de défense aérienne : une vulnérabilité exploitée

Cette attaque met en lumière une injustice flagrante dans la protection du territoire. Alors que d’autres secteurs du Kurdistan disposent de certains dispositifs de surveillance, la province de Souleimaniye est totalement dépourvue de capacités de défense aérienne. Ce vide défensif a laissé le ciel de la province à la merci des missiles ou drones ennemis, incapables d’être interceptés avant l’impact.

Mort d’un combattant kurde

Le mouvement Komala a officiellement annoncé le martyre de l’un de ses combattants lors de l’attaque de sa base à Zergwez. Sa photographie a été diffusée par l’organisation, témoignant du prix humain payé par la résistance kurde au cours de cette nuit d’agression.

Cette offensive massive contre une province kurde stratégique semble viser non seulement les forces d’opposition, mais aussi à déstabiliser l’administration locale et à intimider la population civile de Souleimaniye.

Jin, Jîyan, Azadî : Universalité sans effacement des racines kurdes

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PARIS – En ce 8 mars 2026, Journée internationale des droits des femmes placée sous le signe de « Droits. Justice. Action. », rendons hommage aux pionnières invisibilisées : Gökçe Ciftci nous rappelle avec force que l’universalité de « Jin, Jîyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté) ne saurait s’édifier sur l’effacement des femmes kurdes qui en ont forgé le sens et la puissance au fil des décennies de résistance.

 

À la mémoire de toutes celles qui ont porté la vie, enfanté le monde, éduqué les générations en transmettant à l’humanité, la philosophie de Jin, Jîyan Azadî.

« Jin, Jîyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté). Trois mots devenus un cri universel, scandé dans les rues de Téhéran, repris à travers le monde, porté par des millions de femmes et d’hommes réclamant dignité et liberté. Ce slogan appartient aujourd’hui à toutes celles et ceux qui luttent contre l’oppression.  

Mais l’universalité ne doit jamais se construire sur l’effacement. 

Car Jin Jîyan Azadî n’est pas né du hasard, ni d’un moment révolutionnaire récent. Il est issu du mouvement de libération du Kurdistan, forgé au fil des décennies de résistance, de luttes féministes radicales et d’organisation politique menée par des femmes kurdes qui ont placé la libération des femmes au cœur même du combat pour la liberté. 

Ce n’est donc pas un hasard si la révolution en Iran a débuté dans les régions kurdes du pays. Ce n’est pas un hasard si l’étincelle fut l’assassinat de Jîna Amînî, une jeune femme kurde, arrêtée parce que femme, tuée parce que libre, et invisibilisée jusque dans son prénom même que le régime iranien tenta d’effacer et remplacer par Mahsa, prénom non kurde, imposé par l’État colonialiste.  

La révolution n’a pas commencé à Téhéran. Elle a commencé là où la résistance est ancienne, là où la liberté se paie depuis longtemps, même avant la république islamique, pendant le règne du Shah, au prix du sang, là où les femmes kurdes se battent depuis des générations contre le patriarcat, mais aussi, contre le colonialisme et la dictature. 

Rappeler cela ne signifie en aucun cas revendiquer une propriété du slogan. Ce plaidoyer ne vise ni l’exclusivité ni la confiscation de Jin, Jîyan, Azadî, au profit des seules femmes kurdes. Bien au contraire, si ce slogan a traversé les frontières, c’est précisément parce que sa portée est universelle. 

Mais l’universalité ne justifie pas l’amnésie. Elle ne peut servir d’alibi à une exclusion immorale et malhonnête. 

Car cette tentative d’effacement des combattantes kurdes de ce mouvement révèle malheureusement une mentalité encore trop répandue au Moyen-Orient : celle de peuples qui se soulèvent, à travers l’histoire, contre les injustices, les dictatures, l’effacement de l’État de droit… mais seulement lorsqu’ils se sentent directement concernés…  

On assiste alors, trop souvent, non pas à une véritable libération, mais au simple remplacement d’une dictature par une autre, généralement, une dictature laïque remplacée par une dictature islamiste, ou l’inverse. Le pouvoir change certes de visage, mais la logique d’oppression demeure la même. Ce sont les minorités qui en font, toujours en premier, les frais. Et bizarrement les fervents défenseurs des libertés issus de la population colonialiste tombent soudainement dans le mutisme… 

C’est précisément là que réside l’une des causes profondes de l’instabilité chronique de la région.  

Les droits et les libertés ne peuvent être défendus uniquement pour celles et ceux qui pensent comme nous, prient comme nous, ou luttent sous nos drapeaux. 

L’indignation face à l’injustice, face à la barbarie, ne peut être à géométrie variable. Car lorsqu’elle l’est, le mouvement, quel qu’il soit, quelles que soient ses intentions initiales, est condamné à l’échec.

 

 

 

Effacer l’origine d’un slogan, c’est effacer les femmes qui l’ont porté quand personne ne les regardait. C’est vouloir jouir de la lumière sans reconnaître celles qui ont allumé la flamme. 

Reconnaître l’origine kurde de Jin Jîyan Azadî n’enferme pas ce slogan, cela l’honore. Nommer les combattantes kurdes, ce n’est pas diviser, c’est réparer une injustice. Refuser leur effacement, ce n’est pas hiérarchiser les souffrances, c’est refuser la falsification de l’histoire. 

Une révolution qui commence par effacer ses pionnières trahit déjà ses principes ! 

Jin Jîyan Azadî appartient aujourd’hui au monde, oui. Mais le monde a une dette envers celles qui l’ont fait naître. Et reconnaître cette vérité n’enlève rien à personne, elle rend simplement justice à celles que l’on tente trop souvent de faire disparaître.

Par Gökçe CIFTCI, une jeune franco-kurde basée à Montpellier 

Histoire oubliée : la brève liberté du Kurdistan (1979) et l’année où Khomeini y a mis fin (1980)

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IRAN / ROJHILAT – Dans ce récit historique et analytique, la chercheuse Rojîn Mûkrîyan revient sur l’acte de naissance sanglant de la République islamique : la répression du Kurdistan. En retraçant l’expérience éphémère mais fondatrice des conseils d’autogestion du Rojhilat en 1979, l’auteure démontre comment le nouveau pouvoir clérical a sacrifié l’aspiration démocratique kurde sur l’autel de l’intégrité territoriale et du dogme théocratique. Entre solidarités fracturées de la gauche iranienne et militarisation outrancière du régime, ce texte met en lumière une rupture qui, quarante-cinq ans plus tard, demeure la clé de voûte de toute alternative démocratique en Iran.

Au lendemain de la révolution de 1979, les cités kurdes d’Iran ont connu une brève période d’autogestion par le biais de conseils locaux. Cette expérience démocratique prit fin brutalement en 1980, sous l’impulsion de Khomeini, faisant du Kurdistan le premier grand champ de bataille du nouveau régime.

La confrontation entre le peuple kurde et la République islamique (RII) est une caractéristique structurelle du régime depuis sa fondation. Perçus d’emblée comme une menace, les Kurdes ont boycotté le référendum de mars 1979 et refusé l’ordre théocratique. Au Rojhilat, ils ont instauré des conseils de villages et de villes, pratiquant une démocratie participative qui organisait la vie quotidienne.

Cette autonomie était intolérable pour le pouvoir clérical. Qualifiant immédiatement ce projet de menace pour l’« intégrité territoriale », Téhéran a déchaîné le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), alors naissant, et ses juges de la charia. Ce qui suivit ne fut pas une opération de police temporaire, mais une répression militarisée et systémique.

La première confrontation (1979-1980)

Les premiers mois post-révolutionnaires furent marqués par une escalade fulgurante de la violence. Lors du « Newroz sanglant » de Sanandaj (18-21 mars 1979), les milices islamistes et le CGRI attaquèrent les organisations kurdes et de gauche, faisant environ 200 morts sous les tirs d’hélicoptères de combat. Le conflit gagna rapidement Naqqadeh, Paveh et Mahabad. En juillet 1979, l’exode de protestation à Mariwan vit des milliers d’habitants quitter la ville durant quinze jours pour dénoncer la militarisation et les campagnes médiatiques hostiles, suscitant un élan de solidarité à travers l’Iran.

« Cette expérience d’autonomie était intolérable pour le nouveau pouvoir clérical, qui a immédiatement considéré l’autonomie kurde comme une menace pour l’intégrité territoriale et a déchaîné les Gardiens de la révolution et les juges de la charia pour la réprimer. »

Le 19 août 1979, Khomeiny déclara officiellement le djihad, qualifiant les rebelles kurdes de mohareb (« ceux qui font la guerre à Dieu »). L’armée et le CGRI furent massivement mobilisés. La première guerre du Kurdistan (août-septembre 1979) imposa un contrôle militaire sur les centres urbains. Malgré un bref cessez-le-feu, les hostilités reprirent en avril 1980. Cette seconde guerre fit environ 10 000 victimes kurdes, marquées par des bombardements de zones civiles, des tortures et des exécutions systématiques.

Sous l’égide du juge de la charia Sadegh Khalkhali, le régime multiplia les atrocités, telles que les massacres des villages de Qarna (2 septembre 1979) et Qallatan (26 mars 1980). Le siège de Sanandaj (Sînê), qui dura 24 jours, symbolisa la volonté farouche du pouvoir d’anéantir toute aspiration à l’autonomie. Les chiffres officiels des Gardiens de la révolution — faisant état de 24 000 « martyrs » dans leurs rangs contre 19 000 combattants kurdes tués — témoignent de l’intensité d’un conflit ayant coûté la vie à près de 45 000 personnes au total.

Une solidarité fracturée

Le mouvement de libération kurde ne luttait pas de manière isolée. La Déclaration de Mahabad (19 février 1979), portée par le KDPI, Komala et le cheikh Ezzeddin Hosseini, inscrivait le combat kurde dans une lutte sociale plus large. Elle rejetait le « séparatisme » au profit d’un Iran fédéral. Si des organisations comme les Fedayi (FEK) ou les Moudjahidine du peuple (MK) exprimèrent leur soutien, cette solidarité reposait sur des bases fragiles.

Une grande partie de la gauche téhéranaise, bien qu’anti-impérialiste, restait viscéralement attachée à l’État-nation indivisible. L’autodétermination n’était tolérée que si elle ne menaçait pas l’unité territoriale. Lors de la crise des otages américains et du déclenchement de la guerre Iran-Irak, cette gauche s’est repliée sur des positions nationalistes, percevant l’autonomie kurde comme une « déviation séparatiste ».

« Une grande partie de la gauche basée à Téhéran proclamait un anti-impérialisme tiers-mondiste tout en restant profondément attachée à un État-nation iranien indivisible. »

Cette incapacité à choisir entre l’autodétermination universelle et la défense d’un État « anti-impérialiste » assiégé fut fatale. Elle conduisit à l’abandon des Kurdes et compromit toute alternative démocratique pour l’ensemble des communautés d’Iran.

Consolidation et exil

La République islamique s’est consolidée sur les ruines de l’autonomie kurde. Ville après ville, les conseils furent démantelés et la vie quotidienne militarisée par les réseaux de renseignement et les tribunaux révolutionnaires. Chassés des centres urbains, les partis kurdes furent acculés vers les montagnes (notamment Qandil), contraints à la guérilla pour survivre.

La guerre Iran-Irak transforma ensuite le Kurdistan en monnaie d’échange et en champ de bataille permanent. Bagdad utilisa certaines factions contre Téhéran, tandis que les Kurdes iraniens subissaient déplacements forcés et emprisonnements.

Cette rupture historique irrigue encore la diaspora kurde aujourd’hui. Des dizaines de milliers de Kurdes, acteurs de 1979 devenus les premières victimes du régime, ont reconstruit leur vie en Europe et en Amérique du Nord. Ce souvenir douloureux nourrit la prudence actuelle : les Kurdes savent avec quelle célérité les promesses révolutionnaires s’effacent devant le pouvoir. Pour eux, tout futur changement de régime devra impérativement être démocratique et assorti de garanties constitutionnelles solides.

Texte d’origine (en anglais) à lire sur le site The Amargi « Forgotten History: Kurdistan’s Brief Freedom (1979) and the Year Khomeini Ended It (1980)« 

L’illusion de la solidarité : Le Kurdistan face à l’obstination centraliste de l’Iran

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IRAN / ROJHILAT – Dans cette analyse incisive, la chercheuse Rojîn Mûkrîyan explore la fracture historique entre le mouvement kurde et le pouvoir central iranien, de la révolution de 1979 au soulèvement « Jin, Jiyan, Azadî » (femme, vie, liberté) de 2022. En déconstruisant le mythe du « séparatisme » instrumentalisé par le régime et une partie de l’opposition, l’auteur démontre que l’avenir démocratique de l’Iran ne dépend pas de l’uniformité, mais de la reconnaissance d’une nation plurielle. Un texte essentiel pour comprendre pourquoi la liberté de l’Iran passera inévitablement par la justice faite au Kurdistan.

Dès l’aube de la révolution, les Kurdes ont rejeté la République islamique. Refusant de se soumettre au nouveau régime théocratique, ils ont opté pour la résistance en tentant d’instaurer, au Rojhilat, une autonomie locale fondée sur des conseils populaires. Cette aspiration démocratique s’est toutefois heurtée à l’hostilité immédiate de la République islamique d’Iran (RII). Entre mars 1979 et le début des années 1980, le peuple kurde a subi une répression féroce : offensives militaires massives, exécutions sommaires et bombardements. Si, au départ, une certaine gauche perse manifestait sa solidarité envers l’autonomie kurde, ce soutien fragile s’est rapidement fragmenté. L’anti-impérialisme de Khomeiny, consolidé par la crise des otages et le déclenchement de la guerre Iran-Irak, a fini par étouffer ces alliances.

Quarante-quatre ans plus tard, l’histoire semble bégayer. L’assassinat de Jina (Mahsa) Amini en septembre 2022 a embrasé l’Iran avec le soulèvement « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté). Bien qu’ancré dans l’imaginaire politique kurde, ce cri de ralliement a résonné dans tout le pays, faisant du nom de Jina un symbole universel. Pour la première fois, différentes nationalités unissaient leurs forces contre le régime. Pourtant, une fois de plus, les promesses ont devancé les actes.

En novembre 2022, sous l’impulsion des partis kurdes en exil, le Rojhilat est devenu l’épicentre de la ferveur révolutionnaire. Les villes de Bukan, Mahabad, Javanrud, Sanandaj (Sina), Saqqez (Seqiz), Kermanshah et Ilam se sont transformées en véritables champs de bataille. Pendant des jours, la jeunesse kurde a affronté les balles dans les rues, tandis que le Corps des gardiens de la révolution (CGRI) imposait la loi martiale. En l’espace de quelques jours, des centaines de civils ont été fauchés au Rojhilat.

Pendant ce temps, dans les métropoles à majorité persane, la résistance est demeurée essentiellement symbolique : chants aux balcons, concerts de klaxons et actes de désobéissance passive. Le slogan « Si tout l’Iran devient le Kurdistan, l’Iran deviendra un jardin de roses (Gulestan) » témoignait d’une vision romantique de la lutte. L’idée que « la liberté passe par le Kurdistan » s’est imposée dans les discours, mais la solidarité est restée de surface. Elle ne s’est jamais muée en une confrontation coordonnée à l’échelle nationale capable d’inverser le cours de l’histoire. Les vieilles fractures ont resurgi.

Au cœur de cette fragilité réside la question irrésolue de la nationalité en Iran. L’opposition est incapable de s’accorder sur une vision commune : l’Iran est-il un État-nation centralisé composé de minorités, ou une communauté politique multinationale exigeant une structure fédérale et décentralisée ?

Le régime instrumentalise habilement le spectre du « séparatisme » pour briser toute velléité de solidarité démocratique. Malheureusement, de nombreux acteurs de l’opposition, bien que se réclamant de la démocratie, continuent de percevoir la décentralisation comme une menace pour l’intégrité du pays. Faute d’un engagement de principe sur le pluralisme national, la solidarité demeure rhétorique et non structurelle.

Aujourd’hui, alors que la République islamique subit une pression internationale sans précédent, les forces politiques kurdes, regroupées au sein de la nouvelle Coalition des forces kurdes du Kurdistan iranien, se disent prêtes à bâtir l’avenir de l’Iran. Pourtant, l’hostilité persiste, émanant d’une partie de l’opposition qui assimile toujours décentralisation et désintégration.

L’expérience kurde en Irak, en Syrie et en Turquie prouve pourtant que ces mouvements agissent comme des stabilisateurs démocratiques plutôt que comme des agents de fragmentation. Depuis 1979, le mouvement kurde démontre une capacité d’innovation institutionnelle et un attachement constant au pluralisme. La lutte kurde n’est pas une quête de partition, mais une exigence de restructuration du pouvoir.

Toutefois, la démocratie exige la réciprocité. Elle réclame une solidarité concrète et non une sympathie de circonstance. Si les revendications de décentralisation continuent d’être taxées de « séparatisme », le cycle de la méfiance sera éternel et l’histoire continuera de se répéter inlassablement.

En réalité, aucun mouvement kurde iranien n’a jamais prôné la sécession. Leurs revendications portent sur la reconnaissance, l’autonomie ou le fédéralisme. Un dilemme brutal s’impose donc aux opposants iraniens : s’allier aux Kurdes pour renverser la théocratie, ou admettre qu’ils préfèrent subir le joug islamique plutôt que de risquer une « intégrité territoriale » qui n’a pourtant jamais été menacée par le projet kurde.

L’histoire ne s’efface pas, elle s’accumule. En Iran, la confrontation entre les Kurdes et l’État central est la fracture fondatrice de l’architecture politique depuis 1979. Reste à savoir si le présent saura briser ce schéma séculaire, ou si la peur du pluralisme sacrifiera, une fois encore, l’espoir d’un Iran démocratique et multinational. La réponse ne dépend plus seulement du Kurdistan.

 

ROJAVA. Les asayish repoussent une attaque armée près de Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Une nouvelle tentative de déstabilisation a visé une localité stratégique du Kurdistan syrien. Ce jour, des éléments armés ont lancé une attaque contre un poste de contrôle conjoint situé à Shikhler al-Foqani (Shuyukh), une ville située sur la rive est de l’Euphrate, dans le canton kurde de Kobanê.

Une riposte ferme des forces de sécurité kurdes

Face à l’agression, les membres des forces de sécurité intérieure (Asayish) et leurs partenaires de sécurité ont immédiatement fait usage de leurs armes pour protéger le point de contrôle. Selon le correspondant de l’agence ANHA sur place, la riposte kurde a été fulgurante : plusieurs assaillants ont été touchés et blessés au cours de l’échange de tirs.

Un secteur sous haute surveillance

La région de Shikhler, bien que libérée, reste une zone sensible en raison de sa position géographique. L’attaque de ce groupe armé — dont l’affiliation n’a pas encore été officiellement confirmée — s’inscrit dans un climat de tensions persistantes visant à fragiliser l’administration autonome dans cette enclave kurde.

Les forces de sécurité maintiennent un dispositif renforcé dans tout le secteur pour garantir la sécurité des populations civiles locales et prévenir toute nouvelle infiltration ennemie.

 

SYRIE. Damas détient au moins 1 070 otages kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a rencontré ce jour le comité représentant les familles des otages kurdes — civils et militaires — capturés par les forces de Damas. Cette rencontre intervient alors que la pression monte pour obtenir le retour de ceux qui sont utilisés comme monnaie d’échange par le régime.

Une priorité absolue : la fin des détentions arbitraires

Mazloum Abdi a officiellement confirmé la présence de 1 070 otages dans les geôles syriennes. Il a martelé que le sort de ces hommes et femmes est la « priorité absolue » des FDS et que leur libération immédiate est une condition non négociable de l’accord du 29 janvier. Pour le commandement kurde, aucun processus d’intégration ne pourra aboutir tant que ces citoyens seront privés de liberté.

Un calendrier de retour sous haute tension

Le commandant des FDS a assuré les familles que des efforts intensifs sont déployés pour briser l’impasse :

  • Libérations imminentes : Un calendrier précis a été établi pour le retour des otages auprès de leurs proches.

  • Preuves de bonne foi : Si quelques libérations réciproques ont eu lieu ces derniers jours, les FDS exigent désormais une application totale et rapide des engagements pris par la présidence syrienne.

Hommage aux captifs et à leur résistance

Saluant le courage héroïque des soldats et des civils kidnappés, Mazloum Abdi a insisté sur le fait que leur sacrifice ne sera pas oublié. « Leur retour à une vie normale est un acte de justice historique indispensable pour bâtir un avenir sûr au Rojava », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement total des FDS envers chaque famille endeuillée par ces disparitions. (ANHA)

SYRIE. 3 morts lors de l’effondrement d’un immeuble à Alep

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SYRIE / ROJAVA – Trois jeunes Kurdes sont morts dans l’effondrement d’un immeuble résidentiel de cinq étages dans le quartier d’Al-Ashrafiyah à Alep.

Le quartier d’Al-Ashrafiyah a été le théâtre d’un tragique accident ce vendredi 6 mars. L’effondrement soudain d’un immeuble résidentiel de cinq étages a coûté la vie à trois jeunes hommes, selon les informations rapportées par l’Organisation des droits de l’homme d’Afrin-Syrie.

Un sauvetage assombri par la découverte de victimes

Si les secours ont réussi à extraire la majorité des résidents piégés sous les décombres peu après le sinistre, les recherches ont finalement abouti à la découverte de trois corps sans vie dans les débris.

D’après les précisions fournies par le site spécialisé « Afrin Now », les victimes ont été identifiées comme suit :

  • Mohammed Nouri Mustafa, originaire du village de Hiyamli (district de Bulbul, région d’Afrin).

  • Nouri Mohammed Nouri Haji, originaire du village de Saranjkeh (district de Sharan, région d’Afrin).

  • Omar Bakri Taftanazi, un résident d’Alep. Ce dernier a trouvé la mort héroïquement alors qu’il tentait d’aider ses amis à déplacer des meubles à l’intérieur du bâtiment au moment de la catastrophe.

La vétusté des infrastructures en cause

L’immeuble se serait écroulé de manière imprévisible. Des fissures importantes dans les murs porteurs, vraisemblablement négligées ou accentuées par les conditions de vie précaires dans la région, sont désignées comme la cause directe du drame. Outre les trois décès, l’accident a fait plusieurs blessés parmi les habitants.

Ce nouveau drame souligne une fois de plus la fragilité des infrastructures dans les quartiers accueillant de nombreux déplacés d’Afrin, où la sécurité des logements reste une préoccupation majeure.

Le mythe de l’hétérogénéité kurde comme obstacle à l’État

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KURDISTAN – Depuis plus d’un siècle, une rhétorique persistante émane tant des capitales occidentales que des puissances régionales occupant le Kurdistan : l’idée que la diversité religieuse et linguistique des Kurdes rendrait la création d’un État inviable. Cet argument, loin d’être une analyse sociologique neutre, est un outil politique de délégitimation. Il est temps de déconstruire cette logique coloniale qui refuse aux Kurdes ce qu’elle accorde à toutes les autres nations.
 
Le mythe de l’uniformité linguistique
 
L’argument favori des détracteurs consiste à opposer les locuteurs des dialectes kurdes (Kurmanji, du Sorani, du Zazaki ou du Gorani). On prétend qu’une nation avec tant de dialectes ne peut subsister. Pourtant, la Suisse dispose de quatre langues nationales et figure parmi les États les plus stables du monde. L’Inde en possède des dizaines. L’unité d’une nation ne réside pas dans l’homogénéité phonétique, mais dans la volonté de vivre ensemble et dans un destin historique partagé. Les Kurdes, malgré les frontières imposées, ont maintenu une littérature et une culture transfrontalières qui prouvent la force de leur identité commune.
 
La mosaïque religieuse : Une force, pas une fracture
 
On tente souvent de diviser le peuple kurde en opposant la majorité sunnite aux minorités Alevies, Yézidies, Yarsanîes, Chrétiennes ou Juives.
 
Le contre-argument : Contrairement aux États-nations voisins qui ont souvent sombré dans l’exclusivisme religieux, le mouvement national kurde s’est construit sur une base séculaire et pluraliste. Au Rojava comme au Bashur, les institutions intègrent systématiquement les minorités. Le Kurdistan est l’un des rares endroits au Moyen-Orient où l’appartenance ethnique (l’identité kurde) prime sur l’appartenance confessionnelle. La diversité n’est pas une faiblesse, c’est le socle d’une démocratie moderne.
 
L’argument du « diviser pour régner »
 
Si les colonisateurs du Kurdistan (Irak, Iran, Turquie, Syrie) soulignent les différences internes du Kurdistan, c’est pour mieux justifier leur propre occupation.
 
Ce sont ces mêmes États qui ont activement travaillé à fragmenter les Kurdes, en interdisant les dialectes, en déplaçant les populations et en provoquant des conflits fratricides. Utiliser aujourd’hui les conséquences de cette ingénierie coloniale comme argument contre l’autodétermination est une hypocrisie absolue. Les Kurdes ne sont pas « trop divers » ; ils ont simplement été découpés par des frontières artificielles (Sykes-Picot).
 
Le droit international n’exige pas l’homogénéité
 
L’Occident utilise souvent un double standard. On exige des Kurdes une perfection démocratique et une unité absolue qu’on ne demande à aucun autre État en création.
 
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne dépend pas du nombre de dialectes parlés sur un territoire. Si la France de 1789 avait dû attendre l’unification linguistique (entre le breton, l’occitan et le basque) pour proclamer sa République, elle n’existerait pas aujourd’hui. L’État kurde est une nécessité de sécurité et de justice historique pour un peuple de plusieurs dizaines de millions d’âmes, indépendamment de ses nuances internes.
 
Vers un contrat social kurde
 
La diversité kurde n’est pas un obstacle, mais une richesse qui préserve le futur État du piège du totalitarisme. En déconstruisant ces arguments coloniaux, il apparaît clairement que le problème n’est pas la « complexité » des Kurdes, mais le manque de volonté politique internationale à corriger une injustice séculaire.
 
Le Kurdistan de demain ne sera pas une nation uniforme, mais un État de citoyens, unis par une terre, une histoire de résistance et un projet politique commun.

SYRIE : Il y a un an, Damas massacrait des Alaouites des zones côtières

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SYRIE – Un an après le massacre des Alaouites par des gangs djihadistes, des milliers de personnes se sont recueillies dans les villes et villages du littoral syrien. En ce premier anniversaire des massacres du 7 mars, l’émotion était vive dans les cimetières, où des bougies ont été allumées en mémoire des centaines de civils fauchés lors de ces vagues de violence.

L’ampleur du drame : Baniyas et Jableh en deuil

Selon les données de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), le bilan des attaques est particulièrement lourd. À Baniyas, le quartier d’Al-Qusour a payé le prix fort avec plus de 400 victimes, dont une grande partie a été surprise dans son sommeil. Dans la campagne de Jableh, le village d’Al-Sanawbar pleure la perte de 317 civils, parmi lesquels figuraient des médecins, des enseignants, ainsi que de nombreux femmes et enfants.

Un recueillement entre douleur et souvenir

Dans les cimetières, l’image d’enfants déposant des fleurs sur les tombes de leurs proches témoignait de l’ampleur du traumatisme. Les familles ont évoqué avec effroi les jours sombres qui ont suivi les tueries, rappelant que certains corps étaient restés exposés de longs jours avant de pouvoir être inhumés. Dès la veille au soir, des veillées aux chandelles ont transformé les nécropoles de Baniyas et des localités environnantes en lieux de mémoire collective.

Contexte et bilan international

Ces événements tragiques s’étaient déroulés entre le 6 et le 10 mars 2025. À l’époque, des factions liées au gouvernement intérimaire syrien et des groupes soutenus par la Turquie avaient lancé des opérations militaires visant, selon leurs termes, les « vestiges de l’ancien régime ».

Le bilan global, documenté par l’Organisation internationale de surveillance des crimes contre l’humanité dans un rapport du 29 mai 2025, est glaçant :

  • 62 massacres à caractère confessionnel recensés en seulement trois jours.

  • 1 676 victimes civiles, incluant une proportion tragique de femmes et d’enfants.

ROJHILAT. Forces de sécurités déployées dans l’hôpital Kowsar à Sanandaj

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IRAN / ROJHILAT – L’ONG Hengaw met en garde contre le déploiement des forces de sécurité iraniennes dans l’hôpital Kowsar à Sanadaj (en kurde : Sînê) – l’un des centres médicaux les plus importants et les plus vitaux du Kurdistan –  et qui menace la vie des patients et des soignants.

Suite au déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran et aux bombardements d’installations militaires et de sécurité iraniennes par des avions de chasse des deux pays, des forces affiliées au Corps des gardiens de la révolution islamique ont été déployées dans les étages supérieurs de l’hôpital Kawsar à Sanandaj (Sine), l’un des centres médicaux les plus importants et les plus vitaux du Kurdistan. Cette action met gravement en danger la vie de centaines de patients et de soignants, l’hôpital servant de facto de bouclier humain.

Selon les informations reçues par l’organisation Hengaw pour les droits humains, des forces affiliées au Corps des gardiens de la révolution islamique sont entrées ces derniers jours dans l’hôpital Kawsar de Sanandaj et ont commencé à militariser l’établissement médical.

Une source bien informée a indiqué à Hengaw que les forces militaires avaient évacué le septième étage de l’hôpital (le niveau le plus élevé) et avaient ensuite stationné leur personnel aux cinquième et sixième étages.

La source a ajouté que cette action s’est déroulée alors qu’au moins 200 médecins et infirmières, ainsi que des centaines de patients, sont présents quotidiennement dans ces étages et les services adjacents, continuant à prodiguer et à recevoir des soins médicaux.

Hengaw avertit que la transformation d’un établissement médical en position militaire constitue une violation flagrante du droit international et des Conventions de Genève. Le déploiement de forces armées à l’intérieur de l’hôpital transforme de fait cet établissement en une cible militaire potentielle, augmentant considérablement le risque de pertes civiles massives, notamment parmi les patients et le personnel médical, ainsi que la destruction de ressources sanitaires régionales essentielles telles que les professionnels de santé, les spécialistes et le matériel médical indispensable.

L’organisation Hengaw appelle une nouvelle fois les instances internationales à adresser un avertissement ferme à toutes les parties impliquées dans le conflit concernant leur obligation de protéger les vies civiles.

KURDISTAN. Écoles et universités fermées à cause de la guerre

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IRAK / KURDISTAN – Les écoles et universités de la région autonome kurde d’Irak resteront fermées à cause de la guerre opposant l’Iran à l’Israël et aux États unis…

 

Depuis le déclenchement, le 28 février 2026, de la guerre ouverte entre l’Iran d’une part et l’axe États-Unis-Israël d’autre part, la région autonome du Kurdistan irakien (KRI) se retrouve tragiquement au cœur des représailles. Missiles balistiques, drones kamikazes et attaques de milices chiites pro-iraniennes (notamment issues du Hachd al-Chaabi) visent régulièrement Erbil et ses environs : aéroports, bases Peshmergas, installations pétrolières, consulat américain et même zones résidentielles. Des interceptions massives par les défenses anti-aériennes américaines et coalisées ont limité les dégâts humains directs, mais le climat de peur permanente paralyse la vie quotidienne.

 

Face à cette escalade persistante – avec des sirènes d’alerte retentissant parfois pendant des heures et des débris de missiles tombant près d’hôtels ou d’infrastructures civiles –, le Gouvernement régional du Kurdistan (KRG) a pris des mesures drastiques pour protéger sa population. Toutes les écoles, collèges, lycées et universités (publics, privés et internationaux) relevant des ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont vu leurs cours suspendus jusqu’au 23 mars 2026. Cette prolongation, annoncée le 6 mars, fait suite à une première fermeture temporaire fin février et début mars, et s’explique par la nécessité « de préserver le bien-être des élèves, des enseignants et de servir l’intérêt public » dans un contexte de menaces aériennes récurrentes.

 

La vie économique et sociale est elle aussi grièvement affectée : espaces publics limités, déplacements restreints, exportations de gaz (comme à Khor Mor) interrompues temporairement, et une population qui vit au rythme des alertes et des explosions lointaines. Erbil, capitale dynamique et hub international, ressemble aujourd’hui à une ville sous tension permanente.

 

Dans ce conflit régional où les grandes puissances s’affrontent, les Kurdes d’Irak – civils, Peshmergas, étudiants – comptent pour bien peu dans les calculs stratégiques de Téhéran, Washington ou Tel-Aviv. Pris en tenaille entre les frappes iraniennes (et de leurs proxies) visant à punir toute présence américaine ou supposée « anti-iranienne », et les réalités d’un territoire exposé, ils paient le prix fort d’une guerre qui n’est pas la leur. La suspension prolongée des établissements scolaires n’est que le symptôme le plus visible d’une paralysie plus profonde, où la sécurité prime sur tout, mais où l’avenir reste incertain tant que le feu régional ne s’éteint pas.

SYRIE. Le temps presse pour les otages kurdes capturés par Damas

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SYRIE / ROJAVA – Les familles des otages kurdes exhortent les autorités du Rojava à faire libérer immédiatement les centaines (ou milliers selon certaines sources) des soldats et civils (dont des femmes et des enfants) capturés par les gangs de Damas en janvier et février 2026.

En ce 7 mars 2026, la tension reste palpable dans le nord-est de la Syrie, plus d’un mois après l’accord d’intégration signé entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement de transition de Damas. Les familles des otages kurdes, capturés par les forces gouvernementales et leurs alliés tribaux lors de l’offensive de janvier-février 2026, multiplient les appels à une libération immédiate.

 

Des centaines – voire des milliers selon certaines sources – de soldats des FDS, de civils, de femmes et d’enfants restent détenus par les gangs de Damas. Ces captifs ont été pris lors des combats intenses qui ont vu Damas reprendre le contrôle de vastes zones (Raqqa, Deir ez-Zor, Tabqa) autrefois administrées par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES / Rojava).

 

Ce matin, un militant kurde a exprimé publiquement l’exaspération croissante des familles des otages. Il a écrit sur X (Twitter) :
« La situation est devenue insupportable. Les dirigeants du Rojava doivent comprendre que si nos prisonniers ne sont pas libérés et si les corps de nos martyrs ne sont pas rendus, nous ne resterons plus patients. Pas d’intégration, pas de célébrations tant que nos prisonniers ne seront pas libérés et les corps de nos martyrs restitués. Le temps presse… ! »

 

Cet appel reflète un sentiment partagé au sein du peuple kurde : malgré les promesses incluses dans l’accord du 30 janvier (intégration progressive des FDS, reconnaissance de droits culturels, transfert des prisons de l’État islamique), la clause sur l’échange ou la libération mutuelle de prisonniers de guerre et de civils reste lettre morte. Des manifestations de familles ont eu lieu à Qamishlo fin février, exigeant des réponses concrètes et la mise en œuvre rapide des engagements.

 

Du côté de Damas, aucune avancée publique n’a été confirmée sur ce dossier sensible, alors que des échanges de prisonniers ont eu lieu avec d’autres groupes (comme les Druzes à Soueïda fin février). Pour les familles, chaque jour qui passe accentue la souffrance et le risque de mauvais traitements ou d’exécutions sommaires, dans un contexte où des abus ont déjà été signalés lors des prises de territoires en janvier.

 

Au Rojava, la pression monte : sans libération rapide des otages et restitution des corps, la confiance dans le processus d’intégration risque de s’effondrer définitivement, menaçant la fragile stabilité post-conflit. Le temps presse, et les voix kurdes le rappellent avec urgence : la paix ne se construira pas sur le silence des geôles.