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Guerre contre le Rojava : les trolls turco-jihadistes ont ressorti la machine à FAKE NEWS

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SYRIE / ROJAVA – Depuis le début du nettoyage ethnique des Kurdes syriens, les médias et trolls turco – djihadistes inondent les médias et les réseaux sociaux de fake news. Ils sont même allés jusqu’à dire que toute la région du Rojava était ethniquement turque, turkmène, voire tchétchène ! Quand aux civils kurdes, y compris des enfants et des vieillards tués par les gangs de Damas, ils sont tous des « terroristes », sinon, ils les font passer pour des civiles arabes tués par les « terroristes kurdes » !
 
Depuis hier, alors que les millions de civils kurdes sont acculés dans des poches de résistance autours de Kobanê, Hassaké, et Qamishlo et qu’ils sont attaqués par les gangs de Damas malgré le soi-disant cessez-le-feu, ces trolls publient les images de civils (kurdes ou arabes) tués près de Kobanê par les gangs de Damas pour des Arabes tués par les Kurdes pour justifier l’invasion militaire de ces zones par Damas et d’achever le génocide des Kurdes.
 
En parallèle à cette campagne de propagande anti-kurde qui vise à cacher le massacre systématique des Kurdes syriens, ces trolls diffusent notamment sur Telegram des images des Kurdes (civils ou combattants) tués, torturés, mutilés, brûlés…, femmes agressées ou capturés comme « butin de guerre », malgré l’interdiction faite par le régime syrien de ne pas filmer les exactions ciblant les Kurdes. Ainsi, les Kurdes syriens sont suppliciés par leurs bourreaux qui mènent une campagne de propagande mensongère à tous les niveaux pour cacher à tout pris le génocide des Kurdes. Mais le pire c’est de voir que cette propagande est reprise par des médias occidentaux car « cela émane des médias officiels » d’un régime criminel reconnu par la communauté internationale comme le représentant légitime de la Syrie. Ainsi, dans les médias occidentaux, les forces kurdes deviennent des « milices » tandis que les bandes de jihadistes violeurs et égorgeurs d’hommes et de femmes deviennent « l’armée syrienne » et la boucle est bouclée !

BELGIQUE. Une attaque sanglante cible une manifestation kurde à Anvers

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BELGIQUE – La communauté kurde qui dénonçait les attaques des gangs de Damas ciblant le Rojava ont été victime d’une attaque terroriste à Anvers, signale NAV-BEL. il y aurait trois blessés graves. 

Au moins trois membres de la communauté kurde ont été grièvement blessés jeudi 22 janvier au soir à Anvers lors d’une attaque qualifiée de terroriste par le Conseil démocratique des communautés kurdes en Belgique (NAV-BEL).
 
Selon l’organisation, l’agression s’est produite vers 19h30, alors qu’une manifestation pacifique se tenait place de l’Opéra pour protester contre les attaques djihadistes visant les Kurdes du Rojava, dans le nord de la Syrie. Le rassemblement, auquel participaient de nombreuses familles, femmes et enfants, se déroulait sans incident jusqu’à sa dispersion.
 
C’est à ce moment-là qu’un groupe d’hommes, qui se seraient infiltrés dans la manifestation, a attaqué les participants à l’arme blanche. Trois Kurdes ont été grièvement blessés et hospitalisés.
 
D’après NAV-BEL, les assaillants, originaires du Moyen-Orient, agissaient avec des motivations extrémistes et djihadistes. L’organisation souligne que les manifestants kurdes étaient clairement identifiables, arborant des drapeaux et des symboles liés aux Forces démocratiques syriennes (FDS), aujourd’hui ciblées par des groupes djihadistes tels que Hayat Tahrir al-Sham (HTS).
 
Pour la communauté kurde, cette attaque ne constitue pas un acte isolé mais une agression ciblée relevant du terrorisme. NAV-BEL appelle les autorités belges à reconnaître le caractère terroriste de l’attaque et à ne pas minimiser les violences et les discours de haine visant les Kurdes, y compris en Europe.
 
Par respect pour les victimes et afin d’éviter toute nouvelle tension, une manifestation kurde prévue le lendemain à Anvers a été annulée. La communauté affirme toutefois qu’elle poursuivra sa mobilisation contre les attaques en cours au Rojava et en Syrie. (Via Maxime Azadî)

ROJAVA. Kobanê étranglée par le siège militaire et l’embargo

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SYRIE / ROJAVA – La ville kurde de Kobanê est face à un drame humanitaire et sécuritaire plus dangereuse que lors de l’attaque de DAECH / ISIS en hiver 2014/15. En effet, les gangs de Damas et de la Turquie frappent la ville assiégée et privée d’eau, de nourriture, d’électricité ou encore de médicaments en plein hiver.

Des sources fiables de de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) ont confirmé que la situation sanitaire et médicale dans la ville d’Aïn al-Arab (Kobani) est devenue catastrophique en raison du siège étouffant, des opérations de combat en cours et des bombardements systématiques.

 

Selon des sources de l’OSDH, la population civile de la ville est confrontée à une grave crise humanitaire, caractérisée par une pénurie de médicaments pour les maladies chroniques telles que le diabète, l’asthme et les maladies du foie, ainsi que par une pénurie aiguë de médicaments en général. Des sources médicales ont confirmé que tous les médicaments et le lait infantile seront épuisés d’ici deux jours si le siège étouffant se poursuit.

 

Par ailleurs, des militants de l’OSDH ont signalé que de nombreux patients et blessés ont besoin d’interventions chirurgicales urgentes, alors que tous les efforts déployés pour les envoyer dans des hôpitaux ou des centres médicaux situés en dehors de la ville de Kobani ont échoué.

 

Par ailleurs, l’OSDH a ​​reçu plusieurs appels de détresse d’hôpitaux de Kobani, où le personnel administratif a confirmé que les capacités hospitalières ne permettent pas de faire face à l’afflux croissant de patients et de blessés provenant des villages environnants. Ce personnel a également confirmé que les ambulances tentant de secourir les blessés et les malades sont attaquées ; sans parler des difficultés de communication avec les équipes médicales dues à l’interruption persistante des télécommunications.

 

L’Observatoire syrien des droits de l’homme renouvelle son appel aux autorités compétentes afin qu’elles interviennent immédiatement pour sauver les patients, fournir les médicaments nécessaires et faire pression sur les parties au conflit pour qu’elles cessent d’attaquer les hôpitaux et les ambulances. L’OSDH demande également la fin des combats et des bombardements injustifiés, ainsi que le respect des trêves déclarées.

SYRIE. Les gangs armés exécutent 4 jeunes Kurdes à Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – Hier, les gangs de Damas et des membres des tribus de Raqqa ont exécuté quatre jeunes Kurdes dans la ville d’Al-Raqqa où règne la terreur absolue.

Selon des sources de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR), ces exécutions ont eu lieu lors d’une opération de sécurité, sans procès ni procédure légale. Des images vidéo confirment ces exécutions extrajudiciaires.

Quatre jeunes Kurdes ont été exécutés dans la ville d’Al-Raqqa par des membres armés de tribus lors d’une opération menée en coordination avec des membres des forces du gouvernement intérimaire, un incident qui a choqué la population civile.

Selon des sources fiables de l’OSDH, des membres de tribus ont pris d’assaut la ville ces derniers jours, lors d’une vaste opération de sécurité visant à renforcer leur contrôle sur les quartiers d’Al-Raqqa et à imposer la sécurité par la force, au cours de laquelle de jeunes hommes ont été exécutés par balles.

L’OSDH a ​​obtenu une copie d’une vidéo montrant les quatre corps après l’exécution, confirmant que le crime a été commis sans respect de la loi et sans procès ni inculpation. Les images montrent l’ampleur de la violence des hommes armés lors de l’effraction et l’effet direct sur les civils qui vivent dans un état de peur et de panique dans la ville.

PETITION. « Appel à la mobilisation générale pour défendre le Rojava en Syrie ! »

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PARIS – La Fondation Danielle Mitterrand invite les personnalité publiques à se mobiliser pour empêcher le massacre les Kurdes du Rojava attaqués par les gangs de Damas, Turquie et de DAECH / ISIS. Voici l’appel que vous pouvez soutenir en ajoutant votre nom au formulaire joint d’ici ce soir :

Je signe la tribune de soutien « Appel à la mobilisation générale pour défendre le Rojava en Syrie ! »

Depuis la Fondation Danielle Mitterrand, nous appelons toutes les personnalités publiques (élu.es, universitaires, artistes, responsables associatifs, etc.) à se mobiliser et signer cette tribune de soutien en urgence pour défendre le Rojava en Syrie face aux attaques en cours.

Merci de remplir le formulaire ici jusqu’à jeudi 22 janvier à 20h :  https://framaforms.org/je-signe-la-tribune-de-soutien-aux-kurdes-de-syrie-1768923163 

Le 6 janvier dernier, les forces armées du Gouvernement syrien de transition (GST, présidé par Ahmed al-Charaa) attaquaient, à l’aide de drones, tanks et équipements d’artillerie les deux quartiers à majorité kurde d’Alep : Cheikh Maqsoud et Ashrafiyeh. Les habitant·es ont été sommés d’évacuer et les forces armées kurdes qui les défendaient enjointes à se rendre. Les conseils civils du quartier et les combattants kurdes ont décidé de résister mais ont été forcés à déposer les armes le 11 janvier face à la brutalité des attaques. Deux jours plus tard, soutenu militairement par la Turquie, le gouvernement syrien lançait une nouvelle offensive directement contre les territoires de l’AADNES (Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie). Malgré plusieurs tentatives d’instauration de cessez-le-feu, les attaques n’ont pas diminué mais se sont au contraire intensifiées et étendues aux villes et régions de Tabqa, Raqqa et Deir-ez-Zor. Suite à la défection de nombreuses tribus arabes participant aux Forces démocratiques syriennes (FDS), ces territoires ont été saisis par les forces gouvernementales depuis dimanche.

En deux semaines, plusieurs dizaines de civils ont été tués dans les attaques, des maisons et infrastructures civiles comme l’hôpital de Cheikh Maqsoud prises pour cible et des dizaines de milliers de personnes, majoritairement Kurdes, déplacées de force. Les exactions commises par les forces gouvernementales dont nous avons eu connaissance sont d’une brutalité et d’une violence inouïes. De nombreuses vidéos montrent les arrestations et humiliations de combattants et combattantes ainsi que de multiples civils. Plusieurs civils et des combattants ont été assassinées de sang froid ou décapités par les milices islamistes, en violation des lois internationales régissant la guerre.

Ce déploiement de violence est intervenu après l’interruption brutale des négociations entre l’AADNES (Administration autonome du nord et de l’Est de la Syrie) et ses forces armées, les FDS (Forces démocratiques syriennes) d’un côté et le gouvernement syrien de transition (GST) présidé par Ahmed al-Charaa. Engagées depuis le 10 mars, ces discussions visaient pour le GST à l’intégration des structures politiques et militaires de l’AADNES au sein de l’Etat syrien. Si les représentants de l’AADNES ont réaffirmé leur attachement à l’unité du pays dans le cadre d’une Syrie décentralisée, le gouvernement n’a avancé sur aucun des points majeurs des accords préliminaires : décentralisation politique et préservation de certaines structures politiques propres, droits politiques pour les minorités, retour sécurisé des déplacés internes dans leurs régions d’origine occupées par la Turquie en 2018 et 2019.

Ce lundi soir a été marquée par l’échec des négociations entre les FDS et le Gouvernement syrien de transition. C’est donc une guerre totale qui s’ouvre entre les forces de l’AADNES et les forces du GST. Les cantons de Kobané et de Djézireh, historiquement kurdes, sont maintenant assiégés. Ils ont été isolés l’un de l’autre suite à des offensives menées par les milices alliées à la Turquie depuis le territoire occupé de Serekaniye et Tal Abyad. L’électricité et l’eau sont coupées à Kobanê, mettant en péril les conditions de vie de 250 000 personnes. Des risques de nettoyage ethnique et de cycles de représailles sont extrêmement élevés.

A Sheddadi, Tabqa et Raqqa, des prisons enfermant notamment des prisonniers de l’Etat islamique ou d’autres groupes islamistes violents ont été ouvertes et des centaines d’anciens combattants sont maintenant en liberté. A Hassaké, de lourde menaces pèsent sur la prison qui détient plus de 5000 membres de l’EI, dont ses éléments les plus importants. Une tentative d’évasion coordonnée avait déjà été déjouée en 2022. Sous l’obligation de défendre leurs villes assiégées, les FDS viennent d’annoncer leur retrait du camp de déplacés de Al Hol, une poudrière où 30 000 familles reliées à l’EI sont enfermées depuis des années. Alors que les FDS ont perdu près de 11 000 personnes lors de la guerre contre Daech depuis 2014, la Coalition internationale les trahit une fois de plus dans l’indifférence et l’hypocrisie.

Ces violences ne sont malheureusement pas nouvelles. Malgré les promesses faites aux Occidentaux d’un gouvernement « inclusif », le pouvoir et ses forces sécuritaires saisissent le moindre prétexte pour pratiquer des politiques de représailles à l’encontre des communautés minorisées, constituant de possibles crimes contre l’humanité. En mars, des massacres ont visé les communautés Alaouites aux alentours de Tartous suite à un soulèvement d’ancien cadres du régime Assad. En juillet, l’instrumentalisation de conflits locaux historiques complexes avec les populations bédouines et druzes a mené à un massacre. Des communautés druzes ont été assiégées à Soueida et même bombardées par le gouvernement. Un attentat a été commis contre une église de Damas. Dans le même temps, Al Charaa a annoncé l’intégration de combattants djihadistes dans l’armée régulière. Autant de faits qui révèlent l’instabilité et les véritables intentions politiques de ce gouvernement de transition, dans un pays ravagé où les habitant·es aspirent pourtant à vivre, ensemble, en paix.

Après 14 ans de guerre, 500 000 personnes massacrées, 10 millions d’habitant·es déplacé·es, la chute du dictateur Bachar el Assad aurait pu laisser espérer la naissance d’une « nouvelle » Syrie, fidèle aux idéaux de la Révolution syrienne. Il n’en est rien. Avant même les violences ciblées, la politique intérieure menée par Ahmed Al Charaa a durement frappé la population dans son ensemble : la hausse brutale du prix du pain et des transports, la privatisation accélérée de secteurs vitaux comme le port de Lattaquié, tandis que les syndicats et associations sont placés sous tutelle directe du pouvoir. Autant de mesures qui éloignent la Syrie des idéaux de justice et de dignité de la Révolution, et plongent l’ensemble des Syriens dans une insécurité sociale et politique accrue.

Malgré ces faits, l’Union européenne vient de signer un chèque de 620 millions d’euros au gouvernement syrien pour la reconstruction du pays. Ces actes incarnent une diplomatie où les droits humains et les aspirations des peuples sont sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et géopolitiques. La Syrie représente une manne pétrolière, un nouveau marché pour la France et les autres puissances occidentales. C’est aussi un partenaire stratégique pour le gouvernement israélien responsable de génocide selon la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, avec qui des accords ont été conclus à Paris début janvier sous la supervision des USA.

Il est essentiel de le dire clairement : ce qui se joue aujourd’hui en Syrie n’est pas un affrontement communautaire ou religieux, comme trop souvent présenté dans les discours médiatiques et politiques. Il s’agit de visions et projets politiques qui s’opposent pour l’avenir de la Syrie. D’un côté, le gouvernement d’Ahmed-Al-Charaa défend une Syrie centraliste, conservant le nom de « République arabe syrienne » et fondant le droit sur l’Islam. De l’autre, les puissances étrangères semblent s’accorder sur une Syrie fractionnée, aux communautés divisées en zones d’influences : Israël au sud, bien au-delà du Golan déjà occupé, la Turquie au nord-est, les Etats-Unis à l’Est de l’Euphrate, la Russie sur la côte alaouite et le reste de la Syrie au gouvernement central et soumis aux intérêts turcs et occidentaux.

Pourtant, une autre voie existe : celle d’une Syrie décentralisée, démocratique, respectueuse des droits des femmes et des minorités culturelles et religieuses. Depuis un an, à travers tout le pays, des femmes et des hommes de différentes régions et communautés s’organisent pour se défendre, se soutenir et reconstruire, en s’appuyant notamment sur les expériences d’auto-défense et d’émancipation menées dans le Nord-Est syrien, ainsi que sur plus de 50 ans de résistance au quotidien à un régime totalitaire ayant massacré son propre peuple. Ce sont notamment les femmes, premières victimes civiles des conflits et de la guerre, qui s’engagent dans la reconstruction, et qui montrent qu’un autre avenir est possible.

Nous refusons que nos dirigeants choisissent le parti d’un pouvoir autoritaire et sanguinaire, au mépris de celles et ceux qui veulent bâtir une Syrie libre et égalitaire. Dans le nord-est syrien, la mobilisation générale a été décrétée lundi soir, et suite aux appels à soutien, des Kurdes des quatre parties du Kurdistan occupé affluent aujourd’hui pour soutenir leur peuple, les acquis de sa révolution ainsi que la possibilité d’une Syrie démocratique. Mardi matin, plusieurs centaines de jeunes venant de Turquie ont réussi à passer la frontière. Partout en France, nos actions parlementaires, politiques, syndicales et culturelles doivent se renforcer afin de soutenir cet espoir et la population kurde attaquée à Djézireh et Kobané.

La communauté internationale doit prendre une position ferme pour protéger les populations, défendre les droits et les territoires des kurdes de Syrie, défendre l’autonomie des institutions civiles, politiques et militaires de l’AANES dans les régions de Kobanê et Djezireh, le retour de tous les déplacés dans les régions occupées par les milices soutenues par la Turquie, ainsi que la coexistence pacifique et l’autodétermination de tous les peuples qui composent la Syrie.

PREMIER.ES SIGNATAIRES :

  • Corinne Morel-Darleux, écrivaine et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Geneviève Azam, économiste et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Jacqueline Madrelle, vice-présidente de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Zerin Bataray, avocate
  • Rémi Féraud, sénateur de Paris
  • Geneviève Garrigos, conseillère de Paris
  • Barbara Glowcewski, directrice de recherche émérite, CNRS
  • Noël Mamère, ancien député et maire
  • Thomas Portes, député

SYRIE. Damas et Ankara propagent l’idée qu’il n’y a pas de Kurdes en Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Damas et Ankara propagent l’idée qu’il n’y pas de Kurdes en Syrie et ouvre la voie au nettoyage ethnique des Kurdes du Rojava (au passage, le Rojava est devenu turc). Pourtant, il y a quelques jours, al-Sharaa (Jolani) disait que les Kurdes faisaient partie intégrante de la Syrie. Maintenant qu’ils ont le feu vert de Trump pour massacrer les Kurdes, il peuvent réécrire l’histoire coloniale turco-ottomane !

Grâce à une carte ethnique du Rojava fabriquée par un turc (Bilal Selim Filiz) toute la région kurde est devenue turque !

Les comptes turcs et des comptes pro-Damas ont commencé à propager l’idée que les Kurdes n’existent pas en Syrie, ouvrant ainsi la voie au déplacement ethnique et au nettoyage ethnique des Kurdes en Syrie. (Les cartes du Rojava qu’ils fabriquent ont transformé les régions kurdes en régions ethniquement turques, turkmène, voire tchétchènes !)

Pourtant, il y a une semaine, ces mêmes personnes affirmaient que les Kurdes faisaient partie intégrante de la Syrie !

SYRIE. Les gardes kurdes de la prison d’al-Aqtan assiégés par les gangs de Damas

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SYRIE / ROJAVA – Damas a coupé l’eau et l’électricité de la prison d’al-Aqtan/Raqqa abritant 5 000 membres de DAECH/ISIS/EI tenus par une poignée de gardes kurdes qui subissent les attaques des gangs de al-Sharaa (Jolani) et manquent de nourriture et de carburant pour le chauffage. Les gardes de la prison exigent un passage sûr pour atteindre les zones kurdes et le transfert de la prison à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
 
Un responsable de la prison d’al-Aqtan à Raqqa a lancé un appel urgent concernant la situation dans la prison :
 
« Nous lançons un appel à la coalition internationale et à toutes les parties concernées, et nous demandons que la responsabilité de la protection de la prison d’al-Aqtan, qui abrite des membres de l’EI, leur soit transférée sous garanties internationales.
 
Nous exigeons un passage sûr pour atteindre des zones sûres, également sous les mêmes garanties internationales.
 
Raqqa a subi des attaques répétées et, bien que nos forces se soient retirées, nous, la garnison de la prison, aurions pu nous replier vers nos zones sécurisées. Cependant, nous sommes conscients des dangers que représente cette prison et de nos responsabilités face à cette menace.
 
Nous sommes sous une attaque féroce de la part de ceux qui tentent de prendre le contrôle de la prison, et nous avons atteint le point de non-retour.
 
Nous n’avons ni eau, ni électricité, ni carburant, et nos réserves alimentaires sont extrêmement limitées. »

SHENGAL. Les Yézidis pétrifiés par le retour de DAECH

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IRAK / KURDISTAN – La communauté kurde yézidie victime de l’effroyable génocide commis par l’État islamique (DAECH / ISIS) en août 2014 à Sinjar est pétrifiée par la résurgence du groupe terroriste à deux pas de Shengal et craint d’être de nouveau persécutée.

Des milices djihadistes fidèles au soi-disant Gouvernement fédéral de transition syrien lancent actuellement des attaques de grande envergure et d’une extrême brutalité contre les territoires de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (DAANES). De nombreuses organisations et personnalités kurdes évoquent une « campagne d’anéantissement » et des intentions génocidaires. Face à ces événements, la communauté yézidie de Sinjar craint également une nouvelle attaque, car les auteurs des attaques actuelles et les responsables du génocide de 2014 présentent des similitudes frappantes.

D’après une étude de la Société pour les peuples menacés (GfbV), des chefs et des membres de nombreuses tribus arabo-sunnites ayant sympathisé avec le groupe autoproclamé État islamique (EI) en 2014, voire l’ayant soutenu lors d’attaques contre la communauté yézidie, occupent des positions influentes au sein du gouvernement de transition syrien actuel. Le communiqué de presse de la GfbV précise également qu’environ 75 % des effectifs de l’armée syrienne actuelle sont composés d’« anciens membres de l’EI, de combattants d’Al-Qaïda ou d’autres islamistes sunnites radicaux ».

La crainte d’une nouvelle attaque

« Lors de conversations téléphoniques avec des Yézidis de la région, on nous a fait part à plusieurs reprises de leur crainte d’éventuelles attaques de la part d’islamistes sunnites. Les Yézidis sont très inquiets, car leur communauté a déjà été victime d’un génocide perpétré par Daech en 2014 », a déclaré Kamal Sido, spécialiste du Moyen-Orient à la Société pour les peuples menacés (GfbV), aujourd’hui à Göttingen. Cette crainte est exacerbée par la libération de milliers de combattants de Daech suite aux attaques ciblées menées actuellement contre les prisons de Daech dans le nord et l’est de la Syrie.

La communauté yézidie indignée par la politique internationale

« Ni l’OTAN ni les États-Unis ne semblent disposés à protéger la population yézidie, car ils considèrent apparemment les islamistes sunnites arabes, et en particulier le nouveau régime de Damas, comme leurs meilleurs alliés », a déclaré Sido. « De nombreux Yézidis et membres d’autres minorités sont indignés que l’administration Trump, de nombreux politiciens allemands et les médias minimisent, sympathisent avec, voire soutiennent les islamistes sunnites qui ont pris le pouvoir en Syrie », a ajouté le militant des droits de l’homme, qui s’est rendu à Sinjar pour la dernière fois en 2023 et qui, selon ses dires, est en contact permanent avec la population locale.

Il y a presque exactement deux ans, le 19 janvier 2023, le Bundestag allemand a officiellement reconnu l’attaque de l’État islamique contre la communauté yézidie comme un génocide. C’est notamment à la lumière de ce fait que Sido appelle aujourd’hui à un engagement plus ferme de la part des parlementaires qui ont particulièrement milité pour cette reconnaissance à l’époque.

Le génocide et le féminicide perpétrés par l’EI à Sinjar

Le 3 août 2014, l’État islamique a attaqué la région de Sinjar, dans le nord de l’Irak, dans le but d’anéantir l’une des plus anciennes communautés religieuses. Par des massacres systématiques, des viols, des actes de torture, des déplacements forcés de population, la réduction en esclavage de femmes et de filles et l’enrôlement forcé de garçons comme enfants soldats, la communauté yézidie a subi le 74e génocide de son histoire.

D’après des estimations récentes, environ 10 000 personnes ont été victimes de massacres et plus de 400 000 autres ont été déplacées. Plus de 7 000 femmes et enfants ont été enlevés, et 2 500 d’entre eux sont toujours portés disparus. Ce génocide, sous cette forme spécifique, constitue donc également un féminicide. (ANF) 

Le massacre des Kurdes syriens décidé en haut lieu

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PARIS – Un article de Reuters publié hier confirme qu’une attaque contre les forces kurdes du Rojava a été coordonnée lors des pourparlers israélo-syriens à Paris, en présence de Hakan Fidan, ministre des affaires étrangère de la Turquie.

« La prise de contrôle rapide par le gouvernement syrien de territoires longtemps détenus par les Forces démocratiques syriennes, dirigées par les Kurdes, s’est concrétisée à la suite d’une série de réunions à haut risque tenues à Damas, à Paris et en Irak au début du mois », ont indiqué à Reuters neuf sources informées de ces sommets à huis clos.

Au sujet de l’article de Reuters, l’autrice Gonul Tol a écrit sur X qu’« Un compromis semble avoir été trouvé entre Damas et Israël lors d’une réunion à laquelle participait Hakan Fidan. Ce compromis semble indiquer que la Turquie, Damas et les États-Unis ont tous accepté la « sphère d’influence » d’Israël dans le sud de la Syrie, en échange de la promesse qu’Israël n’interviendra pas dans l’opération menée par Damas contre les FDS.

La déclaration de Tom Barrack à Mazlum Abdi, « Vous voulez impliquer Israël dans les affaires intérieures de la Syrie ; cela n’arrivera pas », est significative. Une question cruciale pour l’avenir est la suivante : combien de temps durera cette « sphère d’influence » israélienne en Syrie ? Cette question est également déterminante pour l’avenir de la présence militaire turque en Syrie. »

Pour l’instant, seul l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis a démenti ces accusations. Il a écrit sur X (ancien Tiwtter) : « Je tiens à être très clair : ayant moi-même assisté à l’intégralité de la réunion trilatérale à Paris, Israël n’a jamais cautionné une attaque de l’armée syrienne contre les Kurdes de Syrie. Toute affirmation en ce sens est fausse. » Mais qui ne dit mot consent…

 

SYRIE. Images insoutenables du génocide kurde

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SYRIE / ROJAVA – Les gangs de Damas ont le droit de tuer les prisonniers kurdes sans filmer, mais des images fuitées révèlent le vrai visage de ce gouvernement dirigé par Daech / ISIS.

Nous venons de visionner une vidéo dans lequel on filme le supplice d’un jeune combattant kurde torturé sauvagement avant d’être abattu à bout portant par ses bourreaux. Nous avons également vu la vidéo d’un terroriste de Damas qui montre fièrement la tresse d’une combattante kurde tuée à Raqqa tel un trophée. Ou encore celle de deux combattantes femmes des YPJ capturées vivantes à Deir ez-Zor et que leur ravisseur dit les offrir à un certain Abo Mujahed… ou un jeune homme tatoué exhibé d’abord vivant, ensuite mort torturé et mutilé avec un œil et le coeur arrachés, la gorge écrasée … Il y a aussi des images de vieillards kurdes suppliciés et abattus, d’autres frappés et forcés à aboyer comme des chiens et traités de « cochons de Qandil »

Ce terroriste d’al-Shara (Jolani) a coupé la tresse d’une combattante kurde des YPJ tuée et la montre à son ami tel un trophée.

Deux combattantes capturées à Deir ez-Zor exhibées comme des butins de guerre

À Deir ez-Zor, deux combattantes des YPJ ont été enlevées par des milices du soi-disant Gouvernement fédéral de transition syrien.

Les femmes kidnappées à Deir ez-Zor sont Amara Intiqam et Narîn Axîn, deux combattantes des YPJ. Toutes deux luttaient contre des cellules djihadistes et participaient à la défense de la région lorsqu’elles ont été capturées par les islamistes. La personne présente dans la vidéo déclare : « Je t’ai apporté deux cadeaux, Abo Mujahed. »

Des images insoutenables des Kurdes suppliciés par les gangs turco-djihadistes circulent sur les réseaux sociaux, malgré l’interdiction formelle de le faire imposée par le gouvernement d’al-Sharaa (Jolani). Maintenant, imaginez le nombre de Kurdes torturés et exécutés brutalement sans que cela soit filmé…

Les gangs de Damas, Turquie et de DAECH / ISIS ont commis / commettent d’innombrables crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans leur guerre d’anéantissement du peuple kurde. La plupart de ces crimes sont documentés mais la communauté internationale préfère fermer les yeux. Jusqu’à quand ?

 

ROJAVA. L’étau se resserre autour de Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Les gangs affiliés à Damas et à l’État turc ont intensifient leurs attaques contre la ville kurde de Kobanê assiégée de toute part. Peu avant cette escalade, une délégation de l’état-major turc se trouvait à Suruç (Pirsûs), ville jumelle de Kobanê.

Les attaques contre la ville de Kobanê et ses environs se sont considérablement intensifiées ces dernières heures. Depuis plusieurs jours, des unités de la soi-disant armée syrienne, des milices pro-régime, des groupes islamistes alliés à la Turquie et les forces armées turques régulières bombardent des villages situés le long de l’autoroute stratégique M4. Une nette escalade est désormais manifeste, tant en termes d’intensité que de coordination des attaques.

Les villages de Cadê, Qubê et Hemdûn sont particulièrement touchés et subissent d’intenses bombardements. Ces villages appartiennent aux municipalités de Sarrin et Çelebiyê, situées à environ 50 kilomètres au sud et au sud-ouest de Kobanê. Parallèlement, de violents combats opposent les assaillants aux unités de défense des YPG, YPJ et SDF. Selon des sources locales, l’encerclement de Kobanê se resserre et la ville est de plus en plus encerclée.

Un élément particulièrement explosif : quelques heures seulement avant l’escalade des tensions, une délégation du ministère turc de la Défense se trouvait à Pirsûs (Suruç en turc), ville frontalière située juste en face de Kobanê, côté turc. Accompagnée de véhicules militaires, la délégation a inspecté pendant une demi-heure environ le tronçon de frontière faisant face à Kobanê. Le convoi a ensuite quitté la région.

Parallèlement, la situation humanitaire à Kobanê se détériore dramatiquement. L’approvisionnement en eau potable était déjà coupé dans une grande partie de la région depuis la veille. Depuis mercredi, l’électricité et internet sont également coupés. La ville est totalement isolée du reste du monde. Dans un reportage d’actualité, la journaliste Hêvîdar Heranî a déclaré : « La ville de Kobanê est totalement assiégée. L’eau, l’électricité, internet et les produits de première nécessité sont totalement coupés. » (ANF)

Abandon des Kurdes en Syrie : «N’y aurait-il plus en nous, Français, une seule once de lucidité et d’honneur ?»

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PARIS – Un groupe d’anciens volontaires français·es ayant combattu DAECH aux côtés des forces kurdes YPG / YPJ a publié une tribune en soutien aux Kurdes du Rojava actuellement sous le feu des gangs d’al-Sharaa (Jolani), ancien chef d’al-Qaïda proclamé président de la « Nouvelle » Syrie. Nous la partageons avec vous.

Abandon des Kurdes en Syrie : « N’y aurait-il plus en nous, Français, une seule once de lucidité et d’honneur ? »

 

Citoyens français, nous sommes partis en Syrie entre 2015 et 2019 en tant que volontaires pour rejoindre les unités combattantes kurdes du YPG/YPJ, fer de lance des unités arabo-kurdes des Forces Démocratique Syriennes (FDS) dans la lutte contre Daech.

 

Il y a tout juste un an, le 14 décembre 2024, nous publiions sur le site de ce journal une tribune visant à alerter les Français et leurs dirigeants de la menace que représentait la prise de pouvoir du territoire syrien par Al- Charaa, dit Al Joulani, ancien chef des groupes djihadistes Al Nosra et Hayat Tahrir al-Cham. Nous faisions part de trois grandes craintes : la première, que les minorités locales, kurdes notamment, subissent un nettoyage ethnique total ; la seconde, que les combattants de Daech, qui partagent les valeurs des djihadistes de HTS, soient libérés des camps dans lesquels les Kurdes, jusqu’alors, les tenaient enfermés ; la troisième, c’est que le djihad, aidé par la Turquie, revienne en force dans cette partie du Moyen-Orient et, qu’à terme, recommencent les horreurs que nous avons connues au Bataclan – puisque cet attentat et tant d’autres ont été commandités depuis la Syrie.

Depuis quelques jours l’actualité, hélas, nous donne raison : des milliers de civils se pressent aux frontières ; d’autres sont massacrés avec une barbarie bien reconnaissable ; les anciens combattants de Daech et leurs familles sortent par milliers des camps de Shedadeh, Al Aqtan et Al Hol ; et ce n’est qu’une question de temps avant que cette victoire du terrorisme ne galvanise les islamistes de France.

Nous aimons notre pays. Plus que nous-mêmes, peut-être. C’est en grande partie pour lui que nous avons décidé de rejoindre les unités YPG/YPJ pour combattre, au péril de notre vie, notre ennemi commun : Daech. Pourtant, aujourd’hui, les mots nous manquent pour dire notre honte – oui, notre honte. Celle de voir la France abandonner ses alliés, dont elle partage les valeurs de démocratie, de tolérance et de liberté, aux mains des djihadistes – c’est-à-dire de gens qui haïssent l’Occident, et particulièrement la France, jusqu’au plus profond de leurs tripes.

Tous les malheurs du monde déferlent en ce moment sur les Kurdes, les Arabes non islamistes, les Syriaques, les Alaouites, les Druzes, et les Yézidis de Syrie. Et nous, Français, baissons les yeux. N’y aurait-il plus en nous une seule once de lucidité et d’honneur ? La détermination d’Al Joulani, elle, est totale : soutenu par la Turquie, il avance, cruel et conquérant. Les Kurdes, eux, sont livrés à eux-mêmes. Certes, ils savaient que les Etats-Unis, un jour, les abandonneraient. Mais ils comptaient sur la France – comme nous comptions sur elle.

Il y a trois jours, une statue de combattante YPJ de la ville de Tabqa était fracassée sur le sol par des islamistes. Triste symbole. Il y a dix ans, les yapajas étaient nos héroïnes : celles qui avaient défendu Kobané, le « Stalingrad » de la lutte contre le djihadisme.

Les avons-nous oubliés, elles et leurs camarades du YPG ?

Le temps est compté, pour nos amis. Ils le savent, et sont prêts à mourir pour ce en quoi ils ont toujours cru.

Mais il reste un espoir : celui que la France retrouve la mémoire.

Et son courage.

Signataires : Jean « Soresh » ; Katell « Kewê » ; Michel « Baba Sidar » ; Olivier « Tekosher » ; William « Roj »