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IRAN. Un athlète de 26 ans risque la peine de mort

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IRAN – L’ONG kurde Hengaw alerte sur le risque imminent d’une condamnation à mort contre Benjamin Naqdi, un athlète iranien de 26 ans détenu à la prison d’Adelabad à Shiraz. Cette affaire intervient dans un contexte de recrudescence des exécutions en Iran.

Selon les informations recueillies par Hengaw, Naqdi, arrêté lors des manifestations de janvier 2026 à Shiraz, est accusé de « moharebeh » (guerre contre Dieu), un chef d’accusation passible de la peine de mort en Iran.

Il est actuellement maintenu à l’isolement total et privé de visites familiales. Arrêté le 3 janvier 2026, il aurait subi des tortures et des pressions pour obtenir des aveux forcés. Une vidéo de ces « aveux » a ensuite été diffusée par les médias d’État.

Depuis son arrestation, Benjamin Naqdi se voit refuser l’accès à un avocat et à ses droits fondamentaux. Sa famille n’a pas été informée des charges retenues contre lui ni de l’avancée des poursuites judiciaires.

Athlète reconnu en kickboxing et en muay-thaï, Naqdi avait remporté plusieurs titres lors de compétitions nationales et internationales.

Cette affaire intervient dans un contexte de recrudescence des exécutions en Iran. Depuis le début du récent conflit, au moins 14 prisonniers politiques, dont sept arrêtés lors des manifestations de décembre, ont déjà été exécutés.

Hengaw appelle les organisations internationales et les défenseurs des droits humains à intervenir d’urgence pour empêcher la condamnation à mort et l’exécution de Benjamin Naqdi.

IRAN. Au moins 1 030 civils tués en 40 jours de guerre

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IRAN / ROJHILAT — Selon le dernier rapport de l’ONG kurde Hengaw, au moins 1 030 civils ont perdu la vie lors des 40 jours de conflit, victimes des frappes aériennes et de missiles menées par les forces américaines et israéliennes sur diverses villes d’Iran. Ce bilan représente 13,5 % du total des victimes enregistrées dans le pays (7 650 morts au total).

Parmi ces victimes civiles, Hengaw confirme la mort d’au moins 189 mineurs et 215 femmes, soulignant l’impact particulièrement lourd sur la population civile.

Les provinces les plus touchées sont celles de Téhéran, Hormozgan, Lorestan, Alborz, Fars et Azerbaïdjan oriental.

Dans la ville de Minab (province d’Hormozgan), l’ONG a vérifié l’identité de 48 élèves d’une école primaire tués lors d’une frappe. Ce chiffre est nettement inférieur aux 120 décès d’élèves initialement annoncés par les autorités iraniennes.

Hengaw a répété tout au long du conflit que les forces militaires iraniennes avaient déserté leurs bases officielles pour se positionner dans des lieux civils, notamment des écoles, des dortoirs universitaires et des mosquées situées en zones résidentielles. De telles pratiques, qualifiées d’utilisation de « boucliers humains », constituent une violation des Conventions de Genève et exposent directement les civils à un risque accru.

SYRIE. « C’est la France qui a installé les Arabes à Raqqa »

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SYRIE / ROJAVA – « Les Français, n’ayant pas réussi à rallier la grande tribu kurde Berazi, se sont tournés vers les tribus arabes Enize, éleveurs de chameaux venus d’Arabie saoudite au XVIIIe siècle. Ils leur ont fourni armes et argent pour expulser les Kurdes de Raqqa et de ses plaines, alors exclusivement kurdes. »

Salih Gêlo Nehsan, intellectuel et militant kurde issu d’une famille influente de Kobanê, est un témoin privilégié d’une période historique décisive pour la région.

Dans cet entretien accordé à Rûdaw, il retrace le processus de fondation de Kobanê et livre des révélations importantes sur l’histoire de la ville et de Raqqa. Il affirme notamment que « Raqqa et ses plaines étaient à l’origine des colonies kurdes, sans aucune maison arabe à cette époque ».

Il explique en détail comment les autorités françaises, dans le but d’affaiblir la résistance kurde, ont fait venir des tribus arabes nomades du sud de l’Euphrate — notamment les Enize — et les ont installées sur des terres kurdes, en violation des accords initiaux. Ces politiques ont profondément modifié la démographie de la région et constituent une clé de compréhension des changements survenus en Syrie et au Rojava.

Ces informations sont cruciales pour comprendre les origines des changements démographiques en Syrie et au Rojava. L’entretien ne se limite pas à l’histoire de la région, mais aborde également la vie de lutte et de souffrance de Nehsan. Il relate son engagement pour la cause kurde, des sombres cachots du régime baasiste à ses activités politiques à Beyrouth. Il nous rappelle comment elle s’est battue pour préserver l’identité kurde et créer des organisations étudiantes indépendantes malgré la forte pression des services de renseignement syriens.

Au-delà de l’histoire locale, Salih Gêlo Nehsan évoque son propre parcours de lutte. De ses années d’emprisonnement et de torture sous le régime baasiste à son engagement politique à Beyrouth, il a consacré sa vie à défendre l’identité kurde. Il a notamment fondé des organisations étudiantes kurdes indépendantes malgré la surveillance constante des services de renseignement syriens. Au Liban, il a travaillé aux côtés de figures majeures telles que Kamal Joumblatt et Jalal Talabani.

Cet entretien, riche en souvenirs et en analyses, fait le lien entre le passé et le présent. Il rappelle comment les événements du siècle dernier continuent de façonner le destin du Rojava aujourd’hui.

Extrait de l’entretien réalisé par Azad Ahmed Ali :

Rûdaw : Quelles sont les scènes et les événements les plus marquants du passé de Kobani ?

Salih Gêlo Nehsan : Dans les années 1930, Kobani n’était qu’un petit village où les habitants vivaient principalement de l’élevage de moutons et de bovins. La ville s’est développée avec l’arrivée de la compagnie allemande chargée de la construction de la ligne de chemin de fer Bagdad-Berlin. Le nom « Kobani » vient d’ailleurs du mot « Compagnie », dont le « m » a été supprimé pour faciliter la prononciation. La ville a également accueilli de nombreux réfugiés après le génocide arménien.

Les Français, n’ayant pas réussi à rallier la grande tribu kurde Berazi, se sont tournés vers les tribus arabes Enize, éleveurs de chameaux venus d’Arabie saoudite au XVIIIe siècle. Ils leur ont fourni armes et argent pour expulser les Kurdes de Raqqa et de ses plaines, alors exclusivement kurdes.

Sur l’oppression baasiste et son engagement :

Après le lycée, Nehsan a été admis dans des universités aux États-Unis et en Autriche, mais les services de sécurité syriens lui ont refusé un passeport. Il a rejoint le Parti démocratique kurde syrien en 1964 et a été arrêté et torturé à plusieurs reprises. Il a passé six mois et demi dans les geôles de la citadelle de Damas.

Plus tard, il s’est exilé au Liban où il a étudié à l’Université américaine de Beyrouth. Il y a fondé une organisation étudiante kurde avec l’autorisation de Kamal Joumblatt et a travaillé en étroite collaboration avec Jalal Talabani (« Mam Jalal »).

IRAN. Une prisonnière politique libérée après 16 ans de captivité

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IRAN – Maryam Akbari Monfared, l’une des prisonnières politiques les plus emblématiques d’Iran, a été libérée ce mercredi 8 avril 2026 après avoir passé plus de 16 ans derrière les barreaux sans bénéficier d’un seul jour de permission.

Arrêtée fin décembre 2009 (début janvier 2010 selon les sources), elle a purgé intégralement sa peine initiale de 15 ans pour « inimitié envers Dieu » (moharebeh), prononcée en raison de son soutien aux Moudjahidines du peuple d’Iran (MEK) et surtout pour avoir réclamé justice pour ses frères et sœur exécutés lors du massacre de prisonniers politiques de 1988.

Sa libération intervient alors qu’elle était considérée comme la deuxième prisonnière politique féminine la plus longtemps détenue en Iran, juste derrière Zeynab Jalalian, prisonnière politique kurde qui, elle, reste incarcérée depuis près de 18 ans et demeure derrière les barreaux dans des conditions préoccupantes.

ROJAVA. Les Kurdes toujours mobilisés pour la libération des otages

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SYRIE / ROJAVA – Des familles d’otages kurdes, des représentants d’institutions et des habitants de Qamishlo ont manifesté aujourd’hui devant le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Ils réclament la libération immédiate des soldats et civils kurdes, dont des femmes, détenus par Damas depuis janvier dernier et dont on ignore le sort.

Organisée par l’Initiative populaire de Qamishlo, la marche a rassemblé des centaines de personnes sous le slogan : « La liberté des détenus fait partie de notre liberté… Nous exigeons la libération de nos jeunes. » Des organisations de la société civile, des partis politiques et des membres de la communauté locale ont pris part à l’événement.

Le cortège a débuté au stade du 12 mars pour s’achever devant le bureau du HCR. Les participants y ont dénoncé les détentions opérées par le gouvernement intérimaire syrien depuis janvier 2026. Les manifestants arboraient des portraits de détenus ainsi que des banderoles demandant justice et dénonçant l’inaction des autorités compétentes.

L’événement s’est conclu par la lecture d’une déclaration bilingue, en arabe par Wasel Asaad et en kurde par Amad Delbak. Le texte souligne que cette demande est avant tout humanitaire et repose sur le droit fondamental à la liberté et au respect de la dignité.

Le communiqué précise que cette détention prolongée, qui dure depuis plus de deux mois, aggrave la détresse des familles et alimente les tensions régionales. En conclusion, les organisateurs ont appelé les instances internationales et les organisations de défense des droits de l’homme à exercer une pression réelle pour garantir la sécurité et la libération inconditionnelle de tous les détenus.

Damas fait disparaître les Kurdes par un coup de crayon magique

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SYRIE / ROJAVA – Depuis le 6 avril 2026, le ministère de l’Intérieur syrien reçoit les demandes de citoyenneté des Kurdes en application du décret n° 13. Pourtant, de nombreux demandeurs se voient imposer de cocher la case « Arabe » sur les formulaires officiels. L’État ne leur accorde pas simplement des papiers : il efface leur identité kurde sur le papier pour fabriquer une majorité arabe « légale » dans le Rojava (Al-Hasakah).

Ce document administratif deviendra demain la « preuve » pour leur refuser écoles en kurde, droits fonciers et représentation politique. Une fois enregistrés comme « Arabes syriens », leur existence ethnique et linguistique sera niée dans les registres d’État.

Cette pratique n’est pas une erreur isolée. Elle prolonge des décennies de persécution :

  • Le recensement discriminatoire de 1962 qui a rendu des centaines de milliers de Kurdes apatrides ;

  • La Ceinture arabe (1960-1970), politique d’ingénierie démographique qui a entraîné la déportation de dizaines de milliers de Kurdes, la confiscation de leurs terres et l’installation forcée de colons arabes ;

  • Des massacres répétés, comme celui de Qamishli en 2004, et des vagues de répression violente commencée sous le régime baasiste et poursuivie par les gangs de Damas et de Turquie encore hier.

À l’image de la « correction de nationalité » en Irak ou de la fiction des « Turcs des montagnes » en Turquie, Damas utilise aujourd’hui la bureaucratie pour achever ce que la force avait commencé. Le stylo administratif modernise l’effacement des Kurdes : moins spectaculaire que les bulldozers, mais tout aussi efficace pour justifier demain leur marginalisation, leur expropriation ou leur déplacement.

Le décret n° 13, présenté comme une « réparation historique », est trahi dans sa mise en œuvre. Les Kurdes dénoncent déjà ces enregistrements systématiques comme une violation flagrante de l’esprit du texte. Tant que cocher « Arabe » reste la condition implicite pour exister légalement, les Kurdes de Syrie n’obtiendront que des passeports au prix de leur identité collective.

Après des décennies de déni, de déportations et de sang versé, cette nouvelle ruse administrative révèle la persistance du suprémacisme arabe qui refuse toujours de reconnaître pleinement les Kurdes comme un peuple à part entière sur leur terre ancestrale.

#IRANWAR. Trump annonce un cessez-le-feu de deux semaines

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WASHINGTON – Le président américain Donald Trump a annoncé mardi soir un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, quelques heures seulement avant l’expiration de son ultimatum menaçant de « détruire une civilisation entière ».
 
Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a déclaré avoir accepté de « suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran » pour une durée de deux semaines. Cette trêve est conditionnée à la réouverture « complète, immédiate et sécurisée » du détroit d’Ormuz par Téhéran, voie stratégique vitale pour le transport mondial du pétrole.
 
L’Iran a confirmé accepter ce cessez-le-feu bilatéral, à condition que les frappes américaines et israéliennes cessent. Des négociations doivent débuter vendredi à Islamabad, au Pakistan, sur la base d’un plan en 10 points proposé par Téhéran, qualifié de « viable » par Trump.

 
Ce cessez-le-feu intervient après plus d’un mois de conflit intense lancé fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Il permet d’éviter, pour l’instant, une escalade majeure qui aurait pu viser les infrastructures iraniennes de manière massive.

KURDISTAN. Un consul d’Iran menace les Kurdes d’Irak

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IRAK / KURDISTAN – Le gouvernement autonome du Kurdistan a envoyé une lettre de protestation officielle au consulat général d’Iran à Erbil, dénonçant les récentes propos d’un responsable iranien qu’il qualifie de « menace directe » contre le statut constitutionnel de la Région autonome kurde d’Irak.

Dans un communiqué, le Département des Affaires étrangères du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) indique que cette démarche fait suite aux « déclarations et menaces » proférées par Sayyid Mohammad Mir Hosseini, le nouveau consul général d’Iran à Souleimaniye.

La veille, lors d’une conférence de presse à Souleimaniye, M. Mir Hosseini avait affirmé que Téhéran continuerait de frapper les cibles qu’il considère liées aux États-Unis, à Israël ou aux groupes d’opposition kurdes iraniens présents dans la Région, les qualifiant de « cibles légitimes ».

Depuis la fin février, la Région du Kurdistan se retrouve prise en étau dans l’escalade du conflit irano-israélo-américain.

Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne militaire coordonnée contre l’Iran, baptisée « Operation Epic Fury ». Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé lundi que ses forces avaient frappé plus de 13 000 cibles sur le territoire iranien et endommagé ou détruit plus de 155 navires iraniens.

Fin mars, le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, avait déclaré que l’opération visait à neutraliser durablement la capacité de l’Iran à projeter sa puissance au-delà de ses frontières.

En riposte, Téhéran a multiplié les frappes de drones et de missiles à travers le Moyen-Orient, visant notamment des intérêts américains dans les pays du Golfe, ainsi qu’Israël. L’Iran a également mobilisé ses groupes alliés irakiens au sein de l’« Axe de la Résistance ».

Selon le décompte actualisé de Rudaw ce lundi, la Région du Kurdistan a subi 678 attaques de drones et de missiles depuis le début du conflit : 540 sur la province d’Erbil, 111 sur Souleimaniye, 2 sur Halabja, et 25 sur la province de Duhok.

Ces attaques ont visé des sites diplomatiques, des positions des Peshmergas, des installations pétrolières, des infrastructures de communication et même des zones résidentielles, causant des victimes civiles et militaires.

Pourtant, les autorités kurdes n’ont cessé de répéter qu’elles ne sont pas partie prenante à ce conflit et que la Région du Kurdistan ne servira jamais de base arrière pour des opérations contre ses voisins, en particulier l’Iran.

Cette protestation officielle marque une nouvelle escalade diplomatique entre Erbil et Téhéran, alors que la population kurde exprime de plus en plus son exaspération face à des frappes qui touchent régulièrement des zones civiles.

TURQUIE. Blocage de plusieurs comptes de médias et de journalistes kurdes

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TURQUIE / KURDISTAN — Les autorités turques ont restreint l’accès, depuis la Turquie, aux comptes sur les réseaux sociaux de plusieurs médias et journalistes kurdes, a rapporté l’Association des journalistes de Dicle Fırat (DFG).

Parmi les comptes bloqués figurent :

  • Le compte X de la plateforme d’information Nupel Kurdi ;

  • Les comptes Instagram et Bluesky de l’agence de presse Mezopotamya (MA), qui publient tous deux en kurde.

Les comptes X des journalistes Abdurrahman Gök, Roza Arpa, Dilan Babat et Sema Bingöl ont également été rendus inaccessibles en Turquie. Aucune explication officielle n’a été fournie par les autorités pour le moment.

Les journalistes Roza Arpa, Dilan Babat et Abdurrahman Gök ont déclaré qu’ils continueraient leur travail de reportage sur X via de nouveaux comptes.

Ces blocages interviennent alors que plusieurs des journalistes concernés font déjà l’objet de poursuites judiciaires. Dilan Babat est visée par une enquête pour « diffusion publique d’informations trompeuses » suite à un article d’octobre 2025 sur la mort suspecte de l’étudiante Rojin Kabaiş. Abdurrahman Gök, quant à lui, est jugé pour des faits liés au terrorisme sur la base d’une déclaration d’un témoin anonyme.

Ces nouvelles restrictions s’inscrivent dans une censure numérique croissante en Turquie, régulièrement dénoncée par les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains. Elles contribuent au déclin constant du pays dans les classements internationaux.

Selon le rapport « Liberté sur Internet 2025 » de Freedom House, la Turquie figure parmi les cinq pays ayant connu le plus fort recul de la liberté d’internet sur le long terme. Elle obtient un score de 31/100, la plaçant dans la catégorie « Non libre » parmi les 72 pays évalués.

Par ailleurs, la Turquie se classe 159e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025 publié par Reporters sans frontières (RSF).

IRAN. Inquiétantes disparitions forcées des Kurdes

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IRAN / ROJHILAT — Saeid Safaei, un citoyen kurde de la ville de Bukan (province d’Azerbaïdjan de l’Ouest), reste porté disparu depuis près de dix mois après son arrestation par les forces de sécurité iraniennes pendant la guerre Iran-Israël de 12 jours.

Selon le Kurdistan Human Rights Network (KHRN), la famille de Saeid Safaei n’a reçu aucune information sur son sort ni sur son lieu de détention, malgré de nombreuses tentatives pour contacter les autorités.

Une source bien informée à Bukan a rapporté que Saeid Safaei, commerçant de profession, a été poursuivi par les forces de sécurité mi-juin 2025, quelques jours après le début du conflit. Alors qu’il circulait en voiture dans le quartier de Mirabad, les forces de sécurité ont ouvert le feu, immobilisant son véhicule, avant de l’arrêter.

Des rumeurs indiquent qu’il aurait été blessé lors de l’arrestation, mais cette information n’a pas été confirmée.

Dix mois après les faits, ni les services de sécurité ni les autorités judiciaires de Bukan n’ont fourni la moindre explication à sa famille concernant son état de santé ou son lieu de détention. Cette absence totale d’information accentue fortement les craintes quant à son sort.

ROJAVA. Des gendarmes turcs ouvrent le feu sur un village d’Amuda

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SYRIE / ROJAVA – Ce mardi, des gendarmes turcs ont escaladé le mur de séparation et ont ouvert le feu pendant près d’une demi-heure en direction du village kurde de Bahira, situé à l’ouest de la ville d’Amuda, dans le canton de Qamishlo.

Selon un correspondant de l’agence de presse ANHA, citant des sources locales du village, les tirs ont été effectués depuis le mur de séparation sans faire de dégâts matériels ni de blessés.

L’incident a néanmoins provoqué une vive inquiétude parmi les villagois.

SYRIE. Jolani veut arabiser les Kurdes qu’il n’a pas massacrés

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SYRIE / ROJAVA – Quelques mois après la chute du régime de Bachar al-Assad, les Kurdes de Syrie font face à une nouvelle phase de pression pour s’intégrer pleinement à l’État central. Alors que le gouvernement transitoire d’Ahmed al-Sharaa (alias al-Jolani) promet l’égalité et la reconnaissance des droits culturels, de nombreux Kurdes perçoivent dans les procédures administratives en cours une continuité des politiques d’effacement identitaire qu’ils dénoncent depuis des décennies.

En Turquie, les autorités maintiennent depuis plus d’un sciècle une politique stricte d’assimilation : restriction de l’usage de la langue kurde, turquification des noms propres des personnes et des lieux, répression des expressions politiques et culturelles kurdes, et dans de nombreuses régions kurdes, des opérations militaires des années 1990 ayant dépeuplé plus de 4 000 localités kurdes.

Au Kurdistan occidental (Rojava), dans le Nord et d’Est de la Syrie, la situation a radicalement changé depuis fin 2024. L’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), qui avait mis en place un système de gouvernance décentralisée, reconnu la langue kurde et promu un modèle multiculturel, a vu la quasi-totalité de ses institutions intégrées ou dissoutes dans le cadre d’accords conclus avec Damas en 2025 et début 2026. En moins de trois mois, l’autonomie de facto qui avait émergé pendant la guerre civile a été écrasé dans un bain de sang.

Un héritage de privation de droits

Le problème remonte à 1962, lorsqu’un recensement exceptionnel dans la province de Hassaké a privé environ 120 000 Kurdes de la nationalité syrienne. Ces personnes et leurs descendants ont été enregistrés comme ajanib (étrangers) ou maktoumin (non enregistrés), les privant de droits fondamentaux : propriété, éducation, emploi public et liberté de mouvement. Cette mesure s’inscrivait dans une stratégie plus large de contrôle démographique.

Le régime baasiste syrien avait également lancé le projet de « ceinture arabe » dans les années 1970, consistant à confisquer des terres kurdes le long de la frontière du Kurdistan « turque » pour les redistribuer à des colons arabes venus d’autres régions. Une politique similaire avait été menée en Irak sous Saddam Hussein, avec des campagnes d’arabisation dans les zones kurdes.

Les nouvelles exigences administratives

Dans le cadre de la réintégration des régions du nord-est, le gouvernement transitoire a publié le décret n° 13 en janvier 2026. Ce texte accorde la citoyenneté syrienne à tous les Kurdes concernés, y compris les maktoumin, et reconnaît pour la première fois le kurde comme langue nationale aux côtés de l’arabe, tout en affirmant que les Kurdes font partie intégrante du peuple syrien.

Cependant, selon de nombreux témoignages kurdes relayés par des organisations locales, les procédures de régularisation exigent souvent que les demandeurs inscrivent la mention « Arabe syrien » sur les cartes d’identité, passeports et certificats de résidence. Cette exigence est perçue par une partie de la communauté kurde comme une nouvelle forme d’assimilation forcée : pour obtenir ou « recouvrer » des documents officiels, ils doivent accepter une identité administrative qui nie leur appartenance ethnique.

Un contexte historique plus large

Ces développements s’inscrivent dans l’héritage des frontières modernes du Moyen-Orient, tracées après la Première Guerre mondiale par les accords Sykes-Picot de 1916 entre la France et la Grande-Bretagne. Ce découpage colonial a divisé le Kurdistan historique entre quatre États (Turquie, Syrie, Irak et Iran), privant le peuple kurde – estimé à 40 à 50 millions de personnes – d’un État propre et le soumettant à des politiques variées d’assimilation ou de marginalisation selon les régimes.

Le Rojava représentait une expérience unique d’autonomie démocratique, de reconnaissance linguistique et de coexistence multiculturelle au milieu du chaos syrien. Son démantèlement rapide est ressenti comme une perte majeure, même si Damas présente l’intégration comme une étape nécessaire vers l’unité nationale et la stabilité.

Les maktoumin kurdes, privés pendant plus de soixante ans de citoyenneté et de propriété, espéraient que la fin du régime Assad marquerait enfin la reconnaissance pleine et entière de leurs droits. Aujourd’hui, beaucoup craignent que les nouvelles cartes d’identité ne perpétuent, sous une forme administrative modernisée, le processus d’effacement qu’ils dénoncent depuis des générations.

L’avenir des Kurdes de Syrie reste incertain : entre les promesses de reconnaissance culturelle contenues dans le décret n° 13 et les réalités du terrain marquées par l’intégration forcée des institutions et des forces militaires kurdes (FDS) dans les structures centrales de l’État. Mais une chose est certaine : les Kurdes qui ont résisté aux politiques d’assimilation, de déportations, de génocides pendant 100 ans ne vont pas se soummettre à un djihadiste recyclé qu’on veut faire passer pour un chef d’Etat.