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SYRIE. Mazlum Abdi rejette l’offre de vice-présidence d’al-Sharaa

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SYRIE / ROJAVA — Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a rejeté une proposition de devenir l’un des vice-présidents de la Syrie, selon des sources proches des négociations avec le président de transition Ahmad al-Sharaa (Jolani).

L’offre a été formulée lors d’une rencontre tenue à Damas le 16 avril entre al-Sharaa et une délégation kurde dirigée par Mazloum Abdi. Les discussions ont principalement porté sur l’intégration des structures civiles et sécuritaires kurdes au sein des institutions centrales de l’État syrien.

Selon des informations rapportées par Al-Monitor, Mazloum Abdi a décliné la proposition, la considérant comme essentiellement symbolique et dépourvue de réel pouvoir exécutif. Les responsables kurdes ont répété à plusieurs reprises que tout accord politique devait accorder un véritable rôle décisionnel, et non se limiter à des postes honorifiques.

Étaient également présents à cette réunion : le ministre des Affaires étrangères Asaad al-Shaibani, la responsable politique kurde Ilham Ahmad (coprésidente du département des relations extérieures de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie – AANES), ainsi que l’envoyé d’al-Sharaa pour les affaires kurdes, Ziyad al-Ayesh. Les discussions se sont déroulées dans un climat cordial, selon des sources bien informées.

Contexte de profonds bouleversements

Cette rencontre intervient dans un contexte de mutations majeures dans le nord-est de la Syrie. Les forces américaines ont achevé leur retrait de leur dernière base, celle de Qasrak, dans la province de Hasakah. Le Pentagone a confirmé ce départ, qui marque un tournant important dans le paysage sécuritaire régional.

Depuis l’entrée en vigueur, le 29 janvier, d’un accord négocié par les États-Unis entre Damas et les FDS, les progrès en matière d’intégration restent limités : quelques nominations administratives, des échanges de prisonniers et une réouverture partielle de certaines liaisons infrastructurelles entre les zones de l’AANES et les territoires sous contrôle gouvernemental.

Cependant, des désaccords de fond persistent, notamment sur la reconnaissance constitutionnelle des droits kurdes, la décentralisation et le statut futur des forces kurdes au sein de l’armée syrienne.

Parallèlement au refus de Mazloum Abdi, des sources indiquent qu’Ahmad al-Sharaa a également proposé à Ilham Ahmad un poste de conseillère de haut niveau, qu’elle a elle aussi décliné pour des raisons similaires : le manque d’autorité réelle.

Les autorités syriennes présentent ce processus comme une consolidation de l’autorité de l’État central, tandis que les représentants kurdes le décrivent comme une négociation visant à établir un partenariat politique équitable dans une Syrie post-conflit.

ROJAVA. Arrestation d’un homme ayant tiré sur le drapeau kurde à l’entrée de Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA — Les forces de sécurité intérieure kurdes, les Asayish, ont annoncé samedi l’arrestation d’un individu qui a ouvert le feu sur un drapeau kurde dans la ville de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie. Les autorités ont qualifié cet acte de tentative délibérée de semer le trouble et de saper la cohésion sociale dans la région.

Dans un communiqué, les Asayish ont indiqué que leurs unités ont interpellé Hussein al-Hesso après un incident survenu au rond-point de Zouri, à l’entrée sud de Qamishli. L’homme a tiré à plusieurs reprises en direction du drapeau kurde.

Les forces de sécurité ont précisé avoir localisé le suspect grâce à un suivi de ses déplacements et à des renseignements recueillis sur le terrain. Une « opération de sécurité précise » a été menée à 3 heures du matin, en coordination avec la Sûreté générale du gouvernement de transition syrien.

Selon les premières investigations, cet acte visait à provoquer des tensions et à semer la confusion entre les différentes composantes de la région, qui jouit, selon les Asayish, d’une coexistence pacifique et d’une harmonie sociale.

Hussein al-Hesso aurait par ailleurs des antécédents judiciaires, notamment une implication dans une affaire d’enlèvement survenue quelques jours plus tôt.

Les Asayish ont souligné que le détenu fera l’objet d’une enquête approfondie afin d’établir toutes les circonstances de l’incident. Il sera ensuite déféré devant la justice conformément aux lois en vigueur.

La Direction générale de la sécurité du gouvernement syrien devrait communiquer ultérieurement des détails supplémentaires sur cette affaire.

Les forces de l’ordre ont appelé les habitants de la région à faire preuve de retenue et à ne pas céder aux provocations visant à attiser la discorde. Elles ont réaffirmé leur engagement à protéger la paix civile et à défendre les symboles importants pour la population locale.

TURQUIE. Les mères du samedi demandent justice pour Nurettin Yedigöl

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TURQUIE / KURDISTAN – Pour la 1099e fois, les Mères du Samedi se sont rassemblées sur la place Galatasaray à Istanbul afin d’exiger vérité et justice pour les disparus en détention par l’État turc.

Cette semaine, la veillée était dédiée à Nurettin Yedigöl, un jeune Kurde alévi et socialiste, arrêté il y a 45 ans et dont le sort reste tragiquement inconnu.

Un jeune militant torturé à mort

Nurettin Yedigöl, âgé de 26 ans, se revendiquait ouvertement socialiste. Originaire d’un village alévi-zaza de la province kurde d’Erzincan, il avait quitté sa région dans les années 1970 pour s’installer à Istanbul. Après avoir terminé des études de gestion, il fut activement recherché suite au coup d’État militaire du 12 septembre 1980 en raison de son engagement au sein du mouvement étudiant de gauche.

Le 10 avril 1981, il fut arrêté lors d’une perquisition dans un appartement du quartier de Maltepe (Idealtepe) et transféré au commissariat de police politique de Gayrettepe, tristement célèbre pour ses pratiques de torture systématique. Ce centre abritait notamment une salle de torture dirigée par Tayyar Sever, chef de l’unité « Groupe K », dont les membres avaient été formés aux techniques de supplice par des instructeurs de la junte hondurienne.

Une semaine d’horreur

Nurettin Yedigöl aurait été détenu et torturé pendant une semaine entière dans ce commissariat. Dix témoins, eux-mêmes détenus à l’époque, ont par la suite témoigné lors de différentes audiences : il fut traîné à plusieurs reprises dans la salle de torture et resta quatre jours sans être ramené dans sa cellule.

Il a été vu pour la dernière fois le 17 avril 1981, allongé par terre, couvert de sang et inanimé. Un témoin a déclaré : « Il était probablement déjà mort. » Depuis, plus aucune trace de lui. La police a toujours nié l’avoir jamais détenu. Son corps n’a jamais été retrouvé.

L’impunité érigée en système

La militante des droits humains Ikbal Eren a présenté le cas lors de la veillée et dénoncé le déni systématique des autorités : « Le procureur n’a pas examiné les dépositions des témoins et a préféré nier les faits, affirmant : “La torture n’existe pas en Turquie, ne diffamez pas l’État.” »

Toutes les enquêtes ouvertes par le parquet d’Istanbul ont été classées sans suite pour prescription. La mère de Nurettin, Zeycan Yedigöl, avait saisi la Cour constitutionnelle en 2013, mais l’affaire a été rejetée en 2015 pour des raisons de compétence territoriale. Une fois de plus, le sort de Nurettin Yedigöl a été enterré par la prescription.

« Il était torturé jour et nuit »

Ümit Efe, représentante de la Fondation turque des droits de l’homme (TIHV) et amie proche de Nurettin, elle-même détenue à l’époque, a pris la parole avec émotion :

« Il a été torturé jour et nuit. De nombreuses personnes ont été témoins de ce qu’il a subi. Malgré tout, il n’a rien dit. Ensuite, les tortures se sont intensifiées. Depuis 45 ans, nous témoignons de ce que nous avons vu. Nous savons qui est responsable. Nous ne nous arrêterons pas tant que la vérité n’aura pas éclaté et que les responsables n’auront pas été traduits en justice. »

Le frère de Nurettin, Muzaffer Yedigöl, a réaffirmé la détermination de la famille :

« Qu’elles sachent que nous n’abandonnerons jamais. Nous le chercherons jusqu’à notre dernier souffle. Même si nous avons peur, nous ne nous arrêterons pas. »

Eren Keskin, avocate et militante des droits humains de longue date, a clôturé la veillée en dénonçant l’impunité structurelle en Turquie :

« Comme dans de nombreux cas de violence d’État, cette affaire a été classée pour prescription. La responsabilité de ces disparitions forcées incombe à l’État. C’est pourquoi la Turquie refuse de signer les conventions internationales contre les disparitions forcées : le but est de dissimuler ces crimes. »

Le rassemblement s’est achevé par le dépôt traditionnel d’œillets sur la place Galatasaray, symbole de mémoire et de résistance pacifique.

Kurdistan : victime oubliée de la démonstration de force iranienne

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IRAK / KURDISTAN — Alors que des annonces de cessez-le-feu ont été faites entre l’Iran et les États-Unis, ainsi qu’entre Israël et le Liban, la réalité sur le terrain au Kurdistan irakien est tout autre. La campagne de frappes iraniennes contre les forces et les positions kurdes ne s’est pas arrêtée. Au contraire, elle se poursuit avec des attaques répétées de missiles et de drones.

Ces dernières semaines et ces derniers mois, l’Iran a visé les bases et camps des partis kurdes iraniens d’opposition (PDKI, Komala, PAK, Khabat…), mais aussi des positions des forces de sécurité et des Peshmergas de la Région du Kurdistan, notamment autour d’Erbil et de Souleimaniye. Ces frappes, qui touchent des zones parfois éloignées des combats principaux, ont fait au moins 18 morts, parmi lesquels des combattants (peshmergas), dont trois femmes, des membres des forces de sécurité (Asayish) et des civils.

Les cessez-le-feu successivement annoncés n’ont jamais inclus le Kurdistan. C’est comme si cette région avait été délibérément exclue de tout accord de désescalade. Pendant que l’on parle de « réduction des tensions » au Moyen-Orient, la politique iranienne de longue date se poursuit sans interruption : une répression systématique des Kurdes par des missiles, des drones et des assassinats ciblés.

Pour le Kurdistan, le concept même de « cessez-le-feu » n’a aucun sens. La région est traitée comme un terrain de pression permanent et un espace de démonstration de force. Cette réalité met cruellement en lumière que la politique menée n’est pas celle de la paix, mais bien la poursuite d’une répression ciblée et méthodique contre le peuple kurde.

Liste des 18 victimes identifiées :

  • Jalal Rashid (Kawan) – PAK (Parti pour la Liberté du Kurdistan)

  • Ismail Rahimi (Ako) – Parti Komala du Kurdistan iranien

  • Omid Veysi (Omid Ravansar) – Parti Komala du Kurdistan d’Iran

  • Iqbal Salehpour – Organisation Khabat du Kurdistan iranien

  • Fakhraddin Moradi – Organisation Khabat du Kurdistan iranien

  • Reber Abdullah – PDK

  • Ramin Adel (Ramin Oremari) – PDK

  • Pshtywan Mulla Musa – PDK

  • Shahab Bekhashashi – PDK

  • Zakri Bekhashashi – PDK

  • Keywan Muzaffar – KDP

  • Welat Taher – Asayish (Forces de sécurité du Kurdistan)

  • Ghazal Mowlan – Parti Komala du Kurdistan

  • Musa Zarari – Civil

  • Mojda Zarari – Civile

  • Neda Miri – PDKI

  • Samira Elahiyari – PDKI

  • Shahin Azarbarzin – PDKI

Une journée riche en culture kurde à Paris et à Montreuil

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Ce samedi 18 avril 2026 s’annonce particulièrement chargé pour la communauté kurde et tous les amoureux de la culture du Kurdistan en Île-de-France. Au moins trois événements majeurs se déroulent simultanément : des dédicaces au Festival du Livre de Paris, deux concerts intimistes d’Ali Doğan Gönültaş et la soirée de clôture du Birkleyn Sound Festival avec la légendaire Rewşan Çeliker.

1. Le stand « Kurdistan » au Festival du Livre de Paris (Grand Palais)

Pour la deuxième année consécutive, le Gouvernement régional du Kurdistan en France tient un stand dédié (NC7) au Festival du Livre de Paris, qui se tient du 17 au 19 avril 2026 sous la grande verrière du Grand Palais (9 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris).

Ce stand offre une belle vitrine à la littérature kurde avec des dizaines d’ouvrages et la présence de plusieurs auteurs et chercheurs qui dédicaceront leurs livres tout au long du week-end.

Auteurs présents le samedi 18 avril 2026 :

  • 14h – 16h : Sandrine Alexie (présentera notamment « Kawa le Kurde » et « Mem et Zin »)

  • 16h – 18h : Boris James, spécialiste reconnu, dédicacera « Les Kurdes », « Études kurdes : Saladin et les Kurdes » ainsi que « Genèse du Kurdistan : Les Kurdes dans l’Orient mamelouk et mongol (1250-1340) »

  • 18h – 20h : Jonathan C. Randal et Bayan Salman (« Les Hauts Remparts »)

Parmi les autres auteurs présents sur le stand ces jours-ci (vendredi et dimanche) : Adel Bakawan (« La décomposition du Moyen-Orient », « Impossible État irakien »), Nazand Begikhani (« Couleur de sables », « Jina Bendan », « Le lendemain d’hier ») et Ziya Aydın (« Contes kurdes de Dersim »).

Ce pavillon constitue une excellente opportunité de découvrir des voix kurdes contemporaines, des récits historiques, des analyses géopolitiques et des contes traditionnels, tout en échangeant directement avec les auteurs sur les enjeux culturels et politiques du Kurdistan. (Billetterie  ici)

2. Deux concerts exceptionnels d’Ali Doğan Gönültaş au 360 Paris Music Factory

Le musicien kurde Ali Doğan Gönültaş, voix majeure de la tradition musicale d’Anatolie orientale, se produira deux fois le même jour dans un cadre intimiste.

  • Date : Samedi 18 avril 2026

  • Lieu : 360 Paris Music Factory – 32 rue Myrha, 75018 Paris (métro Château Rouge / Barbès)

  • Horaires :

    • 1er concert : 18h (ouverture des portes 17h30)

    • 2e concert : 20h (ouverture des portes 19h40)

  • Avec : Ali Kutlutürk & Emrah Oğuztürk

Ali Doğan Gönültaş propose un voyage sonore profond entre chants traditionnels kurdes, arméniens et turcs d’Anatolie, portés par sa voix puissante et ses arrangements sensibles. Places très limitées – réservation fortement conseillée.

Billetterie et informations : www.alidogangonultas.com/paris26

3. Soirée de clôture du Birkleyn Sound Festival à La Marbrerie (Montreuil)

Fondé par Rusen Filiztek, la première édition de Birkleyn Sound Festival propose pour sa troisième et dernière soirée une programmation éclectique mêlant traditions et créations contemporaines.

  • Date : Samedi 18 avril 2026

  • Lieu : La Marbrerie – 21 rue Alexis Lepère, 93100 Montreuil

  • Ouverture des portes : 19h

Programmation de la soirée :

  • Olaïla

  • Sylvain Barou

  • Rewşan Çeliker (la légendaire chanteuse kurde, invitée d’honneur)

  • Naghib Shanbehzadeh

  • Kurdish Dance Night & After Party

Le festival invite le public à un véritable « voyage sonore » entre transe, poésie, improvisation et dialogues entre musiques kurdes, persanes, méditerranéennes et européennes. La soirée se terminera par une nuit de danse kurde et une after-party festive.

Tarifs sur place et billetterie en ligne via Shotgun (tarifs early birds, regular et pass 2/3 soirs disponibles).

Ce samedi 18 avril 2026 offre donc aux curieux et aux passionnés une immersion complète dans la culture kurde : littérature au Grand Palais, musique traditionnelle intimiste dans le 18e arrondissement et création sonore hybride à Montreuil. Une journée rare et riche qui témoigne de la vitalité artistique kurde à Paris.

N’hésitez pas à réserver rapidement, surtout pour les concerts où les places sont limitées ! Que vous soyez amateur de livres, de chants traditionnels ou de musiques innovantes, il y en aura pour tous les goûts.

La ville kurde de Kirkuk ne doit pas être livrée à la Turquie

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KURDISTAN – Être kurde, c’est négocier chaque jour sa dignité, son honneur et son existence même.

Au Kurdistan du Sud, Kirkouk incarne cette indignité : une ville à majorité kurde qui endure depuis des décennies une politique d’arabisation, d’expulsions systématiques des familles kurdes de leurs foyers et d’interventions militaires brutales. Kirkouk est le cœur du Kurdistan du Sud. Elle porte le poids de notre histoire, de notre dignité et de cette histoire trop longtemps tue de nettoyage ethnique – une histoire faite de couches successives de déplacements, d’assimilation forcée et de violence d’État, mais aussi de résistance, de courage et d’un refus obstiné d’être effacés.

Kirkouk est la fille d’une nation calcinée et dépossédée, dont le seul « crime » fut de dire : j’existe.

Tandis qu’Afrin reste sous occupation turque par des factions djihadistes soutenues par Ankara et leurs alliés, Kirkouk, elle aussi, demeure occupée – cette fois par des forces turkmènes ultra-fascistes liées à la Turquie. La ville a été confiée à un gouverneur au passé marqué par une rhétorique ouvertement anti-kurde, un homme qui nie non seulement la présence historique des Kurdes à Kirkouk, mais jusqu’à l’existence même du peuple kurde.

En tant que Kurdes, nous avons la responsabilité morale de nous tenir aux côtés de Kirkouk : de prononcer son nom, d’amplifier les voix de son peuple terrorisé et déplacé, et de refuser sa reddition silencieuse à ceux qui, depuis longtemps, aiguisent leurs crocs sur le sang et les os de notre nation.

Kirkouk est le Kurdistan. Son occupation par le régime irakien fut une punition pour le référendum de 2017, pour le fait que 98 % des Kurdes ont osé voter pour la liberté. Ils occupent Kirkouk par la force, le sang et la violence.

Kirkouk est le Kurdistan. Kirkouk est la mémoire, une plaie ouverte qui saigne, une histoire de déplacement, de non-appartenance aux récits dominants, de résistance, de fermiers kurdes luttant pour rester sur leur terre. Et même s’ils parviennent à déplacer les Kurdes de Kirkouk, jamais ils ne pourront séparer Kirkouk du Kurdistan.

Par Hawzhin Azeez

#IRANWAR. L’Iran tue trois autres combattants kurdes au Kurdistan d’Irak

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IRAK / KURDISTAN – Alors que le cessez-le-feu est officiellement en vigueur dans la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, les forces iraniennes et leurs proxies irakiens continuent d’attaquer impunément les groupes d’opposition kurdes basés au Kurdistan irakien. Les Kurdes ne participent pourtant en rien à ce conflit.

Depuis le début de la guerre, le Kurdistan irakien a subi près de 800 attaques (drones et missiles). Rien que depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, au moins 16 frappes supplémentaires ont été enregistrées, portant le total à environ 719 attaques selon certaines sources kurdes, avec un bilan déjà lourd : au moins 18 morts et 94 blessés dans la région.

Dernier exemple en date :

Dans la province de Hewlêr (Erbil), des attaques de drones menées par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont visé des camps du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDK-I) à Erbil et dans la région de Khalifan. Ces frappes ont coûté la vie à deux femmes peshmergas :

  • Neda Miri, originaire de Sanandaj (Sine),

  • Samira Allahyari, originaire de Divandarreh.

Le jeune Shahin Azarbarzin, fils d’un peshmerga, a également été tué, tandis que son père a été grièvement blessé.

L’Iran et ses milices alliées en Irak poursuivent ainsi une campagne systématique de massacres contre les Kurdes irakiens, qui ne représentent aucune menace pour Téhéran dans le cadre de la guerre actuelle. Ces attaques répétées visent à terroriser et affaiblir les bases arrière de l’opposition kurde iranienne, tout en bafouant ouvertement le cessez-le-feu.

Ces faits soulignent une réalité alarmante : même en période de « trêve », le régime iranien continue son entreprise de répression et d’élimination ciblée contre le peuple kurde, des deux côtés de la frontière.

IRAK. Ouverture de trois fosses communes à Mossoul

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IRAK / KURDISTAN – On annonce le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans la province de Mossoul et qui contiennent notamment les restes des soldats kurdes (Peshmergas), des civils yézidis exécutés par le groupe terroriste État islamique (Daech/ISIS ou EI) en août 2014.

Le gouverneur de Mossoul (Nineveh), Abdulqadir Dakhil, a annoncé le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans les districts d’Hermat et de Misharifa, à Mossoul.

Le gouverneur de Mossoul (Nineveh), Abdulqadir Dakhil, a annoncé le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans les districts d’Hermat et de Misharifa, à Mossoul.

Dans un communiqué de presse, il a précisé que ces charniers contiennent les dépouilles de soldats kurdes (peshmergas), de Kurdes yézidis et d’habitants de Mossoul exécutés par les terroristes du groupe État islamique (Daech/EI) il y a une dizaine d’années, lors de la prise de contrôle de la région par le groupe terroriste.

La présence de victimes issues de différentes origines ethniques et religieuses dans ces fosses communes « témoigne de l’ampleur des crimes contre l’humanité commis par Daech », a souligné le gouverneur. L’administration locale apporte son plein soutien aux équipes d’exhumation, et des tests ADN seront réalisés par la Direction des fosses communes afin d’identifier les restes.

Une cérémonie funéraire et d’inhumation sera organisée à Mossoul pour les dépouilles exhumées.

Contexte : le génocide des Yézidis par Daech (2014)

Cet événement s’inscrit dans le prolongement des atrocités commises par Daech entre 2014 et 2017, et en particulier du génocide perpétré contre la communauté yézidie dans la région de Sinjar (Shengal), reconnu comme tel par l’ONU, plusieurs pays (dont la France, l’Allemagne et le Canada) et de nombreuses organisations internationales.

Le 3 août 2014, après le retrait des forces peshmergas, les combattants de l’État islamique ont lancé une offensive fulgurante contre les Yézidis, une minorité ethnoreligieuse kurdophone considérée comme « infidèle » par les djihadistes. En quelques jours :

  • Plusieurs milliers d’hommes et de femmes âgées ont été massacrés et jetés dans des dizaines de fosses communes (plus de 80 ont été identifiées à ce jour dans la seule région de Sinjar).

  • Plus de 6 400 femmes et enfants ont été enlevés. Les femmes et les fillettes (dès l’âge de 9 ans) ont été réduites en esclavage sexuel systématique, vendues sur des marchés aux esclaves, violées et torturées. Des milliers d’entre elles ont été transférées en Syrie ou en Irak.

  • Les jeunes garçons ont été enrôlés de force, convertis et entraînés comme enfants-soldats.

  • Près de 500 000 Yézidis (la quasi-totalité de la communauté en Irak) ont été déplacés, dont des dizaines de milliers piégés sur le mont Sinjar sans eau ni nourriture, menacés de mort par la soif et les combattants de Daech.

Selon les estimations de l’ONU, environ 5 000 Yézidis ont été tués durant l’été 2014. Plus de 2 800 femmes et enfants restent encore portés disparus à ce jour. Ces crimes — massacres, esclavage sexuel, conversion forcée et destruction de sites culturels et religieux — ont été qualifiés de génocide en raison de l’intention claire d’anéantir la communauté yézidie en tant que telle.

Les fosses communes découvertes à Mossoul, qui mêlent victimes kurdes (peshmergas et yézidies) et arabes de Mossoul, illustrent la barbarie indiscriminée de Daech, qui n’a épargné aucune population refusant sa domination.

La phylogénie des populations kurdes : un aperçu génétique et historique

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KURDISTAN. Le peuple kurde représente l’un des plus importants groupes ethnolinguistiques du Moyen-Orient. Malgré son importance démographique, ses origines génétiques et ses relations phylogénétiques demeurent incomplètement caractérisées. Cette synthèse rassemble les résultats d’études sur les marqueurs génétiques uniparentaux, la fréquence des allèles HLA et les analyses génomiques anciennes afin de reconstituer l’histoire phylogénétique des populations kurdes et leurs relations avec les groupes voisins.

Les données disponibles convergent vers un modèle de continuité génétique profonde, ancrée dans les populations néolithiques et de l’âge du bronze du Croissant fertile septentrional et des monts Zagros. Les Kurdes modernes possèdent environ 75 à 80 % d’ascendance proche-orientale autochtone, avec une composante mineure des steppes occidentales attribuable aux migrations indo-iraniennes de l’âge du fer. Les analyses de marqueurs uniparentaux confirment une descendance des premiers agriculteurs anatoliens et zagrosiens, tandis que les haplogroupes mitochondriaux H et U reflètent des substrats de chasseurs-cueilleurs et d’agriculteurs de l’ancien Proche-Orient. Les études HLA placent les Kurdes au sein d’un groupe génétique méditerranéen-moyen-oriental, avec des affinités plus étroites avec les Iraniens, les Arméniens et les Géorgiens, et suggèrent un lien ancestral possible avec les populations hourrites de l’âge du bronze. Une hétérogénéité génétique intra-kurde significative existe, principalement façonnée par l’isolement géographique et l’endogamie tribale plutôt que par des frontières linguistiques.

Ces résultats réfutent les modèles de remplacement massif de la population par des migrants d’Asie centrale et soutiennent plutôt un modèle de continuité dans lequel l’indo-iranianisation représente une superposition linguistique et culturelle sur une population autochtone préexistante. La stabilité phylogénétique des populations kurdes depuis au moins l’âge du fer a des implications importantes pour la génétique médicale, notamment en ce qui concerne la susceptibilité aux maladies associées au système HLA et les applications pharmacogénomiques.

Publié sur le site du Journal des sciences et technologies du Rojava (Rojava Journal of Science and Technology) sous le titre de « The Phylogeny of Kurdish Populations: A Genetic and Historical Review« 

 

ROJAVA. Des soldats turcs ciblent des civils kurdes près d’Al-Arisha

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SYRIE / ROJAVA – Malgré l’annonce officielle de la réouverture de la route Tal Tamr – Serekaniye, une base militaire turque stationnée près du village d’Al-Arisha a ouvert le feu sur des civils kurdes qui tentaient de regagner leurs maisons.
 
Les victimes se rendaient simplement au village pour vérifier l’état de leurs habitations lorsqu’elles ont été prises pour cible par les soldats turcs. L’attaque a semé la peur et l’anxiété parmi les habitants, qui hésitent désormais à emprunter la route pourtant déclarée rouverte.
 
Cet incident illustre une fois de plus les tensions sécuritaires persistantes dans la région. Les civils kurdes, pris entre les menaces constantes et les restrictions de mouvement, voient leur retour à une vie normale gravement compromis.

KURDISTAN. Les Kurdes pris en étau entre la Turquie et l’Iran

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IRAK / KURDISTAN – Jeudi, malgré un cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran a encore frappé la Région du Kurdistan irakien : deux drones et un missile ont touché des bases kurdes près d’Erbil et de Souleimaniye, portant à 16 le nombre d’attaques depuis la trêve.

Ces frappes interviennent alors qu’une jeune combattante kurde est morte mardi soir des suites d’une précédente attaque, et qu’un combattant a été tué la veille près de Souleimaniye. Depuis le début du conflit, plus de 700 drones et missiles iraniens ont pilonné la région, faisant au moins une douzaine de morts et 90 blessés.

Les Kurdes irakiens se retrouvent tragiquement pris en étau entre la Turquie et l’Iran. Ankara et Téhéran profitent du chaos actuel pour accentuer la pression et affaiblir l’autonomie kurde : la Turquie multiplie les opérations militaires dans le nord, tandis que l’Iran poursuit ses bombardements répétés.

À cela s’ajoute la perte de Kirkouk, ville historiquement kurde, passée sous le contrôle d’un groupe turkmène hostile aux Kurdes et ouvertement pro-Turquie.

Pris entre deux feux, bombardés, marginalisés et privés de territoires stratégiques, les Kurdes voient leur rêve d’autonomie et leur sécurité s’effriter un peu plus chaque jour dans une région déjà ravagée par des années de conflits.

SYRIE. Les gangs de Damas raflent six jeunes Kurdes à Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – Les gangs de Damas ont arrêté six jeunes Kurdes à Raqqa, les accusant de soutenir et de collaborer avec les Forces démocratiques syriennes (FDS). Ces interpellations s’inscrivent dans un contexte plus large où les nouvelles autorités de Damas ont également procédé à des rafles ciblant des jeunes Alaouites et Druzes, souvent accusés d’être des « partisans d’Assad ». Ces pratiques ont servi à justifier des massacres ethniques et religieuses à travers le pays.

Arrestation de six jeunes Kurdes accusés de collaboration avec les FDS

Les six jeunes hommes auraient été appréhendés lors de raids menés dans plusieurs quartiers de Raqqa par les forces de sécurité. Ils ont ensuite été transférés vers des centres de détention. Leur sort reste inconnu à ce jour et aucune accusation formelle n’a été rendue publique.

Des sources locales indiquent que ces arrestations font partie d’une campagne de renforcement des mesures de sécurité dans la ville, sur fond d’inquiétude croissante parmi la population. Les habitants font état de la répétition d’incidents similaires ces derniers temps.

Aucune déclaration officielle n’a été publiée pour clarifier les circonstances exactes de ces arrestations, le nombre précis de détenus ou leurs conditions de détention. Des informations contradictoires continuent de circuler.

Raqqa reste régulièrement le théâtre de tensions sécuritaires et d’arrestations arbitraires, ce qui fragilise davantage une région déjà marquée par des conditions de vie difficiles et de profondes souffrances humanitaires.

Incident lié au retour de déplacés à Afrin

Par ailleurs, hier, les forces de sécurité publique ont arrêté un jeune homme à son retour avec le troisième convoi de personnes déplacées en provenance d’Afrin, dans la campagne d’Alep.

Selon les informations recueillies, l’arrestation a eu lieu dans le village de Qara Kul, dans le district de Bulbul, après une fouille. Le jeune homme a ensuite été conduit dans un centre de détention à Afrin.

Sa famille a tenté de contacter les autorités compétentes pour obtenir sa libération, mais s’est entendu répondre qu’il resterait détenu plusieurs jours, le temps de « poursuivre l’enquête ».

Cet incident soulève de vives inquiétudes quant aux conditions de retour des personnes déplacées dans leurs régions d’origine et aux risques auxquels elles sont exposées une fois revenues.