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5e édition du Festival Culturel Kurde de Paris

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) vous invite à la cinquième édition du Festival culturel kurde de Paris, qui se tiendra du 29 au 31 mai 2026. Cet événement est organisé en collaboration avec la Fondation Danielle Mitterrand, la Mairie de Paris, la Mairie du 10e arrondissement, la Mairie de Montreuil, l’Association de Solidarité France-Kurdistan, l’Institut de Réflexion et d’Études sur le Kurdistan (IREK) et l’association Arts et Culture du Kurdistan (ACK).

5e édition du Festival Culturel Kurde de Paris : trois jours de célébration de la culture kurde du 29 au 31 mai 2026

Paris accueillera, du 29 au 31 mai 2026, la cinquième édition du Festival Culturel Kurde de Paris. Cet événement incontournable met à l’honneur la richesse et la diversité de la culture kurde à travers des concerts, expositions, ateliers, parades, projections de films et spectacles de théâtre. Le festival se déroulera principalement dans le 10e arrondissement de Paris, avec quelques événements à Drancy et Mantes-la-Jolie.

Vendredi 29 mai – Inauguration

18h : Concert de musique instrumentale sous la direction de Ruşan Filiztek

Vernissage de l’exposition « La carapace » – Dessins de Ali Osman Yanak

Lieu : Mairie du 10e arrondissement de Paris

Samedi 30 mai – Une journée riche et variée

10h : Atelier enfants Lieu : CDK-Paris – 16 rue d’Enghien, 75010 Paris

14h : Défilé folklorique Départ : 16 rue d’Enghien, 75010 Paris

15h : Représentation de tenues traditionnelles kurdes Lieu : Mairie Paris 10

19h : Cinéma Projection du film Hêvî, réalisé par Orhan Ince Lieu : Drancy

19h : Théâtre Mirina Jeanne d’Arc’ê – Ya din Şanoya Bajar a Amedê Lieu : Mantes-la-Jolie

Dimanche 31 mai – Concert de clôture

18h : Concert de clôture Avec Işık Berfîn, Murad Demir et Ulaş Kelaşin

Lieu : Théâtre du Gymnase Marie-Bell – 38 boulevard de Bonne Nouvelle, 75010 Paris

Un festival ancré dans la vie parisienne

Ce rendez-vous annuel permet à la communauté kurde de Paris et à tous les curieux de découvrir ou redécouvrir la musique, la danse, le cinéma, les arts visuels et les traditions vestimentaires kurdes. Le festival mêle moments festifs (parade folklorique), pédagogiques (atelier enfants) et artistiques de haut niveau. L’édition 2026 met particulièrement en avant la musique traditionnelle et contemporaine avec des artistes reconnus comme Ruşan Filiztek pour l’inauguration et le trio Işık Berfîn, Murad Demir et Ulaş Kelaşin pour la clôture.

Informations pratiques

Dates : Du 29 au 31 mai 2026 Lieux principaux : Mairie du 10e arrondissement, CDK-Paris (rue d’Enghien), Théâtre du Gymnase Marie-Bell Entrée : La plupart des événements sont ouverts à tous (certaines activités peuvent être gratuites ou payantes – renseignements à prendre directement auprès des organisateurs).

SYRIE. Rafles des jeunes Kurdes à al-Shahba

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SYRIE / ROJAVA – Des forces affiliées au gouvernement intérimaire syrien ont mené des raids dans le village kurde d’al-Nayrabiyah, situé dans la région d’al-Shahba, en zone rurale nord d’Alep. Plusieurs arrestations arbitraires ont été signalées.

Selon des sources locales, le mardi 14 avril, un convoi composé de quatre véhicules et d’une vingtaine d’hommes a fait irruption dans le village. Les forces ont perquisitionné plusieurs maisons de familles kurdes sous prétexte d’avoir des liens avec « l’administration autonome ».

Les domiciles perquisitionnés appartiennent notamment aux familles suivantes : Abdel Jalil Aïdan (55 ans) Hakim Shahin Imad Abd al-Jawad Welo (45 ans) Mohamed Nouri Meho (36 ans) Abdel Jawad Abdel Qader Welo (63 ans) Ziyad Ahmed Abdel Qader Welo (40 ans) Khaled Ahmed Abdel Qader Welo (46 ans) Salah Mohamed Abdel Qader (45 ans)

Parmi les personnes arrêtées figurent Shahin Hakim Shahin, 23 ans, et Imad Abd al-Jawad Welo, 45 ans, selon l’Organisation des droits de l’homme d’Afrin-Syrie.

TURQUIE. Attaque mortelle contre une école à Kahramanmaraş

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TURQUIE / KURDISTAN – À Kahramanmaraş (Mereş en kurde), une fusillade a éclaté ce mercredi au collège Ayser Çalık. Un enseignant et trois élèves ont été tués, tandis que vingt personnes ont été blessées. Des coups de feu ont été entendus à l’intérieur de l’établissement, provoquant une intervention massive des services d’urgence.

Des équipes médicales, des forces anti-émeutes et des unités spéciales de police ont rapidement été dépêchées sur les lieux. Les blessés ont reçu les premiers soins sur place avant d’être transférés vers les hôpitaux les plus proches par ambulance.

Le gouverneur de la province, Mükerrem Ünlüer, a déclaré : « L’arme à feu a fait des morts et des blessés sans viser une personne en particulier. Un enseignant et trois élèves ont perdu la vie. On dénombre vingt blessés. »

Le ministre de l’Éducation nationale, Yusuf Tekin, s’est rendu sur place. Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a annoncé l’ouverture d’une enquête et précisé que « trois procureurs généraux adjoints et quatre procureurs » ont été affectés à l’affaire. Le ministre de l’Intérieur, Mustafa Çiftçi, s’est également déplacé sur les lieux.

Selon les premières informations, l’auteur de la fusillade aurait été tué.

Cet incident intervient seulement deux jours après une attaque similaire dans un lycée de la province de Şanlıurfa (Urfa), qui avait fait 16 blessés (principalement des élèves et des enseignants). Dans cette précédente affaire, l’assaillant, un ancien élève armé d’un fusil de chasse, avait ouvert le feu au hasard avant de se suicider.

Un black-out médiatique a été imposé sur l’incident de Maraş, limitant fortement la diffusion d’informations indépendantes.

KURDISTAN. Les fausses idées sur l’abandon de Kirkuk au Front turkmène

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IRAK / KURDISTAN – L’activiste kurde Scharo Bajalan a vivement dénoncé la décision de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) d’abandonner le contrôle de Kirkouk à un groupe turkmène, qualifiant cette démarche de grave recul pour les Kurdes.

Selon lui, plusieurs idées fausses circulent autour de cet accord controversé.

Tout d’abord, l’arrangement prévoyant que Kirkouk soit gouvernée successivement par un Kurde pendant deux ans, un Arabe pendant un an et un Turkmène pendant un an n’était pas une bonne décision en soi. « Le fait qu’il ait été conclu il y a deux ans ne le rend ni légitime ni acceptable aujourd’hui. C’était une mauvaise décision à l’époque, et cela le reste », affirme-t-il.

Deuxièmement, en cédant son mandat d’un an – initialement réservé à un Arabe – à un Turkmène, le président du parlement irakien Mohammed al-Halbousi a violé l’accord. Résultat : les Turkmènes dirigent désormais Kirkouk depuis plusieurs années, à égalité avec les Kurdes. Si l’UPK y voit des avantages stratégiques à court terme, Scharo Bajalan estime que les désavantages à long terme l’emportent largement. Quoi qu’il en soit, il s’agit selon lui d’une violation claire de l’accord initial.

Troisièmement, il tient à faire la distinction entre le peuple turkmène et certaines de ses factions politiques. « J’ai de nombreux amis turkmènes », précise-t-il, « mais le Front turkmène organise régulièrement des rassemblements niant l’existence des Kurdes à Kirkouk, appelle ouvertement à leur déplacement et désigne Kirkouk comme la 62e province de la Turquie. Toute forme de coalition avec une faction qui s’oppose ouvertement au peuple kurde doit être condamnée. D’autres candidats turkmènes existaient. »

L’activiste met également en garde contre une attitude trop conciliante : « La notion selon laquelle les Kurdes doivent accepter chaque développement régional au nom de la “coexistence” ou d’une illusion de fraternité est extrêmement dangereuse. Cette exigence de tolérance ne s’applique qu’aux Kurdes, qui se montrent compréhensifs envers des factions qui refusent jusqu’à leur existence même. »

Il critique enfin la tendance kurde à justifier de mauvaises décisions par la Realpolitik et la nécessité de concessions. Selon lui, ces politiques d’apaisement ne font que reproduire les dilemmes qu’elles prétendent résoudre. « Imposer des lignes rouges claires permet de construire un véritable levier stratégique à long terme, contrairement à l’apaisement permanent », souligne-t-il.

Scharo Bajalan rappelle par ailleurs que, dans le contexte irakien, le poste de gouverneur est loin d’être symbolique. Il permet de nommer des proches aux postes clés et de distribuer des contrats publics souvent surévalués, favorisant ainsi la création rapide d’une élite économique loyale. Ce système de corruption, qui a prospéré sous Nouri al-Maliki et qui se reproduit aujourd’hui en Syrie sous Jolani, constitue selon lui le véritable enjeu derrière la bataille pour Kirkouk.

 

 

TURQUIE. Des hommes enturbannés harcèlent les femmes non voilées

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TURQUIE / KURDISTAN – Dans le quartier historique de Sur, à Amed (Diyarbakır), des hommes enturbannés harcèlent verbalement des femmes en critiquant leurs vêtements et en les incitant à porter le voile islamique.

Les incidents se multiplient : ils abordent les femmes dans la rue ou devant les magasins en leur lançant des remarques telles que « Pourquoi es – tu habillée comme ça ? » ou « J’espère qu’un jour tu porteras le voile ».

Sude Naz Karakurt, l’une des femmes concernées, a témoigné : « J’attendais mes amis dehors quand j’ai croisé un groupe d’hommes enturbannés. Ils parlaient de religion et de culte à mes amies. Puis, un homme à longue barbe, portant turban et qamis, s’est adressé directement à moi : “J’espère que tu porteras aussi un foulard. Ici, c’est le monde du paradis et de l’enfer. Avec ces vêtements, tu brûleras en enfer.”

Je suis simplement venue en visite à Amed. J’ai été très surprise de vivre une telle scène en plein centre-ville. Chacun est libre de pratiquer sa religion, mais cette conversation dans la rue relève clairement du harcèlement. Je ne me sens plus en sécurité ici. Après cet incident, j’ai eu très peur et de nombreuses pensées m’ont traversé l’esprit. Heureusement, mes amis étaient présents. » (Agence Mezopotamya)

ROJAVA. Quatre jeunes Kurdes arrêtés à leur retour à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Quatre jeunes Kurdes faisant partie du dernier groupe de rapatriés à Afrin ont été arrêtés.

Les retours à Afrin, ville kurde sous contrôle turc et de ses groupes paramilitaires affiliés depuis huit ans, se poursuivent conformément à l’accord du 29 janvier. Hier, quatre jeunes du troisième convoi de rapatriés kurdes ont été interpellés par Hayat Tahrir al-Sham (HTS). Lors de ces arrestations, les forces de HTS ont examiné leurs téléphones portables et confisqué les papiers d’identité de certains membres de leur famille.

Selon les informations disponibles, l’un des quatre jeunes a été libéré, tandis que les trois autres restent en détention.

Depuis l’invasion d’Afrin par la Turquie et ses mercenaires islamistes en 2018, le canton est le théâtre de nombreux crimes graves : kidnappings, vols, tortures, viols, féminicides et autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

TURQUIE. Décès de la mère de Sakine Cansiz

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TURQUIE / KURDISTAN – Zeynep Cansız, mère de Sakine Cansız, militante kurde et fondatrice du PKK assassinée à Paris le 9 janvier 2013, est décédée le 13 avril dans un hôpital d’Izmir.

 

Hospitalisée après une chute ayant provoqué un caillot de sang au cerveau, elle avait été placée en soins intensifs et intubée le 11 avril. Elle sera inhumée à Dersim.

 

La structure politique et sociale de l’Iran – Première partie

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La guerre israélo-américaine contre l’Iran a fait ressurgir un conflit de longue date remontant à la révolution islamique de 1979, et cette série vise à explorer la structure politique et sociale de l’Iran.

L’Iran attire de plus en plus l’attention de la communauté internationale en raison du conflit qui l’oppose aux États-Unis et à Israël dans le cadre des tensions liées à la Troisième Guerre mondiale. De ce fait, la structure politique et sociale du pays suscite un intérêt croissant. Cette série propose une analyse approfondie de ces dynamiques.

La position géopolitique de l’Iran revêt une importance stratégique considérable. S’étendant vers l’Asie centrale d’un côté et s’ouvrant à l’est par l’Afghanistan et le Pakistan, l’Iran est bordé au nord par les républiques turcophones et les pays du Caucase. Une partie de la mer Caspienne longe ses côtes, tandis qu’à l’ouest, le pays est relié à l’Europe par le Kurdistan du Nord (en kurde : Bakûr) et la Turquie. Au sud, le golfe Persique, dont une portion importante est sous influence iranienne, confère à l’Iran un pouvoir d’influence considérable sur les États du Golfe. L’Iran partage également des frontières avec l’Irak et entretient des liens géographiques et politiques étroits avec le monde arabe. De ce fait, l’Iran figure parmi les pays les plus stratégiquement positionnés, occupant un vaste territoire qui s’étend de l’Asie à l’Europe et, via la mer Caspienne et le golfe Persique, jusqu’à l’océan Indien.

L’Iran est le deuxième producteur de pétrole au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et détient environ 10 % des réserves mondiales prouvées de pétrole ainsi que 17 % des réserves mondiales de gaz naturel. Avec des réserves estimées à 125,8 milliards de barils de pétrole inexploitées, il se classe au deuxième rang mondial des pays possédant les plus importantes ressources pétrolières non utilisées. Possédant près d’un dixième des réserves mondiales totales de pétrole, l’Iran occupe une position centrale dans l’équation énergétique mondiale.

Le système de gouvernance actuel de l’Iran a été façonné à la suite de la révolution islamique de 1979. Après la révolution, toutes les institutions étatiques ont été restructurées, donnant naissance à un système fondamentalement différent du régime précédent. Avant 1979, l’Iran fonctionnait sous un régime monarchique ; la révolution a remplacé cette monarchie par une forme de gouvernement théocratique.

L’un des événements les plus marquants de la période allant de la fin du règne de Mohammad Mossadegh en 1953 à la Révolution islamique fut l’ensemble des réformes introduites par le Shah en 1962, connues sous le nom de « Révolution blanche ». Ce programme de réformes, qui prévoyait notamment une réforme agraire, se heurta dès son introduction à une forte opposition de la part de divers segments de la société.

Le Shah Mohammad Reza Pahlavi, garant de la stabilité politique du pays, a profondément transformé la structure socio-économique grâce à la hausse des revenus pétroliers. Si l’emploi et les salaires ont progressé, les difficultés d’une transition rapide vers une société industrielle se sont également fait cruellement sentir. Des millions de paysans sans terre, ayant quitté leurs villages, se sont regroupés dans des bidonvilles à la périphérie des grandes villes. Parallèlement, une bourgeoisie industrielle émergente s’enrichissait grâce à de nouveaux modes de production, tandis que des millions de personnes pauvres, sans emploi et désespérées, exclues économiquement et politiquement, commençaient à former le noyau d’une opposition farouche en dehors des grands centres urbains. Cette situation a également contribué à l’influence croissante du clergé.

Les réformes mises en œuvre par le Shah dans le but d’instaurer un capitalisme moderne suscitèrent de vives réactions de la part des bazars (ou bazargan), groupe socio-économique de petits et moyens commerçants exerçant une influence considérable sur la vie politique et sociale iranienne, ainsi que des propriétaires fonciers et du clergé. La « Révolution blanche », qui comprenait des mesures telles que la réforme agraire, la réforme électorale, l’extension du droit de vote aux femmes et la privatisation partielle des entreprises d’État, marginalisa de fait l’économie agricole. En incitant les propriétaires fonciers à investir dans l’industrie, le Shah ambitionnait d’établir une structure économique capitaliste robuste. Il cherchait également à affaiblir l’influence des marchands des bazars, qu’il considérait comme un obstacle à la construction nationale. Sur le plan de la politique étrangère, ces évolutions se traduisirent par l’adoption progressive par l’Iran du rôle de « gendarme » des États-Unis dans la région.

L’alliance formée entre les classes sociales menacées par ces réformes et le clergé religieux, opposé à plusieurs innovations, notamment l’octroi du droit de vote aux femmes, conjuguée à la colère des masses appauvries et insatisfaites, a constitué un terreau fertile pour la révolution. Les événements, déclenchés par la réaction du clergé aux réformes électorales, ont entraîné la mort de nombreuses personnes. Ces développements ont également propulsé l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, qui deviendra plus tard le chef spirituel de la révolution de 1979, sur le devant de la scène politique. Tenu pour responsable des troubles, Khomeiny fut arrêté et emprisonné pendant 18 mois. Après sa libération en 1964, il continua de critiquer ouvertement le gouvernement des États-Unis. En réponse, le Shah l’exila. Khomeiny se rendit d’abord en Turquie, puis en Irak, avant d’être finalement contraint de s’installer en France. Durant ses années d’exil, il a maintenu ses critiques à l’égard du Shah, a influencé l’opposition sociale croissante qui a ouvert la voie à la révolution iranienne, a orienté le mécontentement public vers un objectif commun et a commencé à poser les fondements de la révolution islamique.

La révolution iranienne, également connue sous le nom de révolution islamique, a débuté en janvier 1978 avec les premières grandes manifestations populaires contre le Shah. Après des grèves et des protestations qui ont paralysé le pays et son économie, le Shah a quitté l’Iran le 16 janvier 1979. Le 1er février 1979, l’ayatollah Khomeini est rentré en Iran, accueilli par une foule immense. Le 1er avril 1979, l’Iran s’est officiellement proclamé République islamique, marquant le début d’une ère nouvelle.

Abdullah Öcalan a exprimé cette réalité dans son analyse de la révolution iranienne : « La révolution islamique iranienne de 1979 n’était pas seulement une révolution politique, mais aussi culturelle. Sa force ne résidait pas uniquement dans l’organisation du clergé chiite ; elle puisait plutôt sa puissance première dans la culture sociale du peuple iranien, dont les racines plongent profondément dans l’histoire. À ses débuts, la révolution revêtait un caractère national démocratique, à l’instar des révolutions française, russe et anatolienne. Elle reposait sur une large alliance de forces nationales démocratiques. Cette alliance, née de la solidarité des communistes, des communautaristes chiites et des franges patriotiques d’autres peuples iraniens, notamment les Kurdes, fut la véritable artisan de la victoire. Cependant, le clergé chiite et la classe moyenne marchande, connue sous le nom de bazar, dont la tradition historique et sociale de gouvernance était plus forte, établirent rapidement leur hégémonie et réprimèrent impitoyablement leurs autres alliés. »

Bien que les groupes d’opposition nationalistes et marxistes aient combattu aux côtés des traditionalistes islamiques contre le Shah, des dizaines de milliers de personnes furent exécutées par le régime islamique à la suite de la révolution qui aboutit à l’instauration de la République islamique sous l’ayatollah Rouhollah Khomeiny. Peu avant ces exécutions, le guide religieux iranien, Khomeiny, publia une directive qualifiée de « secrète mais extraordinaire ». Cette directive stipulait : « Les membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran, malgré leurs dénégations, ne croient pas en l’islam. Ils ont mené une guerre systématique le long des frontières nord, ouest et sud de l’Iran, collaboré avec Saddam Hussein contre l’Iran, se sont livrés à des activités d’espionnage et ont établi des relations avec des puissances occidentales opposées à l’indépendance de l’Iran. Par conséquent, tous les membres emprisonnés qui continuent de soutenir cette organisation et ses positions doivent être considérés comme des ennemis et exécutés. »

Suite à cette directive, l’Iran a mis en place des commissions spéciales chargées de poursuivre et de condamner les membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) en les qualifiant de « mohareb », c’est-à-dire ceux qui font la guerre à Dieu, et les communistes en les qualifiant d’« apostats », désignant ceux qui ont renié leur foi. Ces commissions identifiaient les individus considérés par le régime comme des figures de l’opposition ou des leaders potentiels de la société et procédaient à leur exécution. Par ce processus, le régime clérical iranien a exécuté ses opposants et mené ce qui a été décrit comme une « purge interne ».

La période connue sous le nom d’« exécutions de prisonniers politiques iraniens de 1988 » a débuté en juillet 1988 et a duré cinq mois. Durant cette période, des milliers de prisonniers politiques ont été exécutés par le gouvernement iranien. Outre les membres du parti socialiste et communiste Tudeh, de nombreux membres de l’OMPI, principale cible de ces opérations, ont également été exécutés.

Ces exécutions ont été qualifiées par diverses sources d’« acte de violence sans précédent dans l’histoire iranienne, tant par son style que par son contenu et son intensité ». Les groupes d’opposition iraniens ont rapporté qu’environ 30 000 prisonniers ont été exécutés durant cette période. Il est important de noter que toutes ces exécutions ont été menées sur la base de directives émises par l’ayatollah Rouhollah Khomeiny. Ce fait, à lui seul, permet de mieux comprendre la gouvernance politique de l’Iran et la nature du régime clérical.

Après 1924, le projet d’État-nation en Iran s’est théorisé dans le cadre d’une conception persane de l’identité iranienne. Cette conception, promue par la dynastie Pahlavi ( 1924-1979 ), constituait un projet d’État-nation privilégiant l’Iran préislamique et marginalisant le chiisme. Avec la chute du régime Pahlavi, ce nationalisme persan occidentalisé, centré sur l’Iran antique et excluant l’islam, a échoué. La République islamique, instaurée après la révolution de 1979, a remis en question le nationalisme persan que les Pahlavi avaient cherché à développer dans divers domaines. Le nouveau régime a rejeté la conception persane antérieure de l’identité iranienne et a introduit une identité redéfinie, mettant l’accent sur l’histoire islamique, excluant l’influence occidentale et plaçant le chiisme en son cœur, tout en conservant un cadre persan-centré.

La structure politique issue de la révolution s’est montrée flexible en matière de politique étrangère, tout en adoptant un caractère rigide et dogmatique en politique intérieure, pour finalement devenir un système inflexible. Cette position politique rigide s’est heurtée à une forte opposition populaire à l’intérieur du pays, tandis qu’à l’extérieur, elle est devenue la cible des puissances hégémoniques mondiales. Sur le plan intérieur, des manifestations antigouvernementales massives et généralisées ont constitué un défi majeur pour le régime. De même, les efforts visant à unifier la population autour d’une identité nationale iranienne face aux ingérences extérieures n’ont plus suscité le même soutien qu’auparavant. En conséquence, parallèlement à la crise de légitimité de la République islamique, l’identité iranienne persane, intimement liée au chiisme, est entrée en crise et a subi de profonds revers idéologiques et politiques. La société iranienne a également été affectée par l’évolution de la situation mondiale, notamment au Moyen-Orient. Le pays a connu une crise identitaire multidimensionnelle touchant à la fois l’identité nationale iranienne au sens large et les diverses identités ethniques. Toutes ces crises ont conduit à un questionnement global de l’Iran dans les sphères politique, sociale et idéologique.

Par Sinan Şahin

Article original à lire sur ANF « Iran’s political and social structure – Part One »

Reconnaissance sans souveraineté : Visibilité culturelle et dépolitisation de la question kurde

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KURDISTAN – Au XXIe siècle, les conflits liés à l’identité, à l’appartenance et à la participation politique ne se règlent plus exclusivement par la répression ouverte. Ils sont de plus en plus pris en charge par des formes de gouvernance plus sophistiquées, des stratégies qui articulent simultanément intégration, visibilité et confinement des revendications politiques. Reconnaissance et contrôle ne s’opposent plus ; ils fonctionnent de concert.

Un réajustement comparable s’observe dans le traitement de la question kurde. Si la répression, les poursuites judiciaires et l’emprisonnement d’acteurs politiques kurdes restent une réalité tangible, un repositionnement stratégique à plus long terme se dessine également. Reconnaissance, dialogue et visibilité culturelle coexistent désormais avec des mesures de sécurité continues, inscrites dans une logique d’ordre préventif visant le contrôle, la dépolitisation et la préservation de l’influence régionale.

Le retour de la question kurde dans un ordre en mutation

La Turquie se trouve au cœur d’un repositionnement stratégique au sein d’un ordre régional et mondial en pleine transformation. L’architecture politique du Moyen-Orient, établie après 1923, perd progressivement de sa stabilité. Les frontières, autrefois considérées comme immuables, sont aujourd’hui ébranlées par la guerre, la fragmentation des États, la raréfaction des ressources et les rivalités géopolitiques. Dans ce contexte, la question kurde se retrouve au centre des calculs politiques et stratégiques.

Avec une population estimée à environ quarante millions d’habitants, les Kurdes constituent l’un des plus importants groupes ethniques du Moyen-Orient et, potentiellement, le plus important en Turquie même à terme. Ils peuplent des régions frontalières contiguës à travers la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran, des zones riches en pétrole, en gaz, en eau et en ressources minérales. Les conflits armés ont montré que ces territoires ne peuvent être ni contrôlés durablement ni pacifiés politiquement. Parallèlement, de nouvelles formes de solidarité transfrontalière, d’auto-organisation et d’imagination politique kurdes ont émergé, notamment dans le nord de la Syrie.

Cela crée un dilemme structurel pour la Turquie : sur le plan intérieur, la question kurde demeure un enjeu de sécurité ; sur le plan régional, elle devient un facteur de puissance majeur. La réponse n’est plus uniquement répressive, mais de plus en plus stratégique et multiforme.

Répression et dialogue : des négociations à huis clos

Malgré l’émergence de nouveaux formats de dialogue, la répression persiste. Arrestations d’élus kurdes, destitution de maires, poursuites contre les militants et restrictions imposées aux médias et aux structures de la société civile kurde continuent de façonner le quotidien. La logique sécuritaire reste prédominante.

Dans le même temps, des contacts ont repris entre l’État turc et Abdullah Öcalan, l’ancien chef emprisonné du PKK. On ignore presque tout du contenu, de la portée et des objectifs réels de ces discussions. La transparence fait cruellement défaut. On ne sait toujours pas si Öcalan agit en tant qu’interlocuteur politique, figure symbolique ou simple instrument stratégique.

Pourtant, cette coexistence de répression et de dialogue révèle précisément un réajustement stratégique. D’un point de vue analytique, Öcalan pourrait jouer un rôle fonctionnel dans le cadre d’une politique d’ordre préventif : celui d’une figure de référence permettant de canaliser les revendications kurdes, de discipliner les acteurs politiques et d’atténuer les risques de radicalisation. Ces pourparlers constituent donc moins une rupture avec la politique passée qu’un prolongement raffiné de celle-ci.

Politique d’ordre préventif : intégration sans souveraineté

La politique d’ordre préventif désigne une stratégie qui vise à intégrer rapidement les acteurs potentiellement influents aux structures existantes afin de limiter les futurs bouleversements du pouvoir.

Dans le contexte kurde, elle se traduit par une intégration politique sans autodétermination collective. La participation kurde est autorisée tant qu’elle demeure strictement encadrée par l’ordre étatique en place. Les Kurdes peuvent agir individuellement, fonder des partis, occuper des fonctions publiques et participer à la vie politique, à condition de ne pas formuler de revendications structurelles telles que l’autonomie, le fédéralisme ou la reconnaissance constitutionnelle. Ces revendications ne sont pas traitées comme des demandes démocratiques légitimes, mais comme des risques pour la sécurité nationale.

Pour les jeunes générations, cela induit un processus d’apprentissage subtil mais puissant : la réussite passe non par la défense de droits collectifs, mais par l’adaptation individuelle. La question kurde est ainsi décollectivisée et convertie en stratégies de vie personnelles.

La dimension régionale et la question du pouvoir

Cette politique d’ordre préventif ne se limite pas à la politique intérieure. Elle est étroitement liée aux ambitions régionales de la Turquie. Du point de vue d’Ankara, l’émergence d’une autonomie kurde durable en Syrie, semblable à celle de la région du Kurdistan en Irak, représente une menace stratégique majeure.

Une telle évolution internationaliserait la question kurde, institutionnaliserait l’action politique kurde et exercerait une influence durable sur les Kurdes de Turquie. C’est pourquoi la Turquie s’est employée, par des interventions militaires, des pressions diplomatiques et une influence politique active, à empêcher la consolidation d’une entité kurde autonome dans le nord de la Syrie.

Parallèlement, des instruments plus subtils sont développés : des stratégies d’intégration politique intérieure, de reconnaissance culturelle et de gestion psychologique visent à éviter que les modèles de gouvernance kurde externes ne deviennent des points de référence attractifs. La politique d’ordre préventif opère ainsi simultanément comme politique intérieure et politique étrangère.

Exporter l’ordre : le modèle syrien

Une autre évolution se profile : des éléments de la politique d’ordre turque sont transposés dans des contextes régionaux. En Syrie, en particulier, un modèle semble émerger, qui reconnaît formellement la présence kurde tout en rejetant fermement l’autodétermination politique collective.

Dans le cadre de la reconsolidation des structures étatiques à Damas, une approche privilégiant l’intégration individuelle plutôt que l’autonomie institutionnalisée se dessine. Les Kurdes sont inclus en tant que citoyens, mais sans institutions politiques propres, sans autonomie territoriale ni structures de sécurité indépendantes.

La logique est limpide : une reconnaissance sans conséquences structurelles. L’identité kurde est tolérée culturellement, mais politiquement contenue. Pour la Turquie, une telle évolution offre une sécurité stratégique, car les modèles alternatifs de gouvernance kurde perdent de leur attrait et les imaginaires politiques transfrontaliers s’affaiblissent.

Cela annonce un ordre régional convergent où différents États parviennent à des réponses similaires face à la question kurde.

Le point de vue iranien : un modèle transposable

Dans ce contexte, il paraît plausible qu’une approche comparable gagne en pertinence en Iran à terme. Les conditions structurelles sont analogues : une population kurde politisée, des revendications d’autonomie anciennes et un État qui perçoit les droits collectifs comme une menace existentielle.

Aujourd’hui déjà, l’Iran combine une tolérance culturelle limitée avec une répression politique soutenue. Un modèle préventif – l’intégration sans droits collectifs – pourrait systématiser cette approche, atténuant les critiques internationales sans remettre en cause la question centrale du pouvoir.

Si un tel modèle se consolidait à l’échelle régionale, une logique d’ordre transnational émergerait : la question kurde ne serait plus traitée par la confrontation ouverte, mais par une reconnaissance contrôlée et une dépolitisation structurelle.

La région du Kurdistan d’Irak : un semi-État fragile

La région du Kurdistan d’Irak constitue un cas particulier dans cette configuration régionale. Contrairement aux autres populations kurdes, elle a développé une forme d’autogouvernance institutionnalisée qui s’apparente à celle d’un semi-État. Pour de nombreux Kurdes de la région, elle a longtemps incarné les possibilités politiques et les aspirations collectives.

Pourtant, cette stabilité relative est de plus en plus fragilisée dans le contexte d’un réaménagement régional en cours. Des visions concurrentes de l’ordre s’affrontent au Moyen-Orient. Une conception israélo-américaine vise à remodeler profondément la région et à redéfinir les structures de pouvoir existantes, tandis que les acteurs européens, notamment la Grande-Bretagne et la France, restent davantage attachés à la préservation du système étatique issu de la Première Guerre mondiale. Parallèlement, le clivage sunnite-chiite continue de s’approfondir, accentuant la fragmentation des sociétés et des entités politiques. Ces lignes de fracture ne sont pas seulement idéologiques ; elles traduisent des intérêts géostratégiques et géopolitiques plus larges. Dans cet environnement conflictuel, la région du Kurdistan risque de devenir moins un acteur autonome qu’un objet d’influence et d’instrumentalisation extérieures.

Cet îlot d’espoir pour les Kurdes du monde entier est donc confronté à des vulnérabilités tant internes qu’externes. Sur le plan interne, la fragmentation politique, la dépendance économique et les faiblesses institutionnelles limitent sa capacité à exercer une gouvernance cohérente. Sur le plan externe, les puissances régionales rivales ont peu d’intérêt à voir émerger une entité kurde stable et pleinement souveraine. Si l’identité et l’expression culturelle kurdes y sont moins directement menacées que dans d’autres contextes, l’érosion des structures étatiques représente un risque d’une autre nature. Le défi n’est plus le déni d’identité, mais l’affaiblissement progressif des capacités politiques.

Visible mais dépolitisée : la culture au service de l’ordre

Cette stratégie se manifeste avec une particulière clarté dans la sphère culturelle. La musique, les festivals, les chaînes de télévision et les événements culturels kurdes sont aujourd’hui plus visibles qu’au cours des dernières décennies. Les acteurs étatiques insistent fréquemment sur le fait qu’ils n’ont « rien contre la culture kurde ».

Pourtant, cette visibilité reste encadrée. La culture kurde est réduite à une diversité folklorique, dépourvue de portée politique. Les expériences historiques, les traumatismes collectifs et les récits de résistance sont exclus du discours public. La culture est esthétisée plutôt qu’historicisée.

Ce qui constituait autrefois un vecteur d’affirmation collective devient un élément de la diversité gérée par l’État. L’identité kurde n’est pas niée, mais elle est dépouillée de sa dimension politique.

Musique : de voix de la résistance à fond sonore

Cette transformation est particulièrement visible dans le domaine musical. Les chants kurdes véhiculaient autrefois un langage interdit, une mémoire politique et une expérience collective. Aujourd’hui, ils circulent sur les plateformes de streaming, à la télévision et dans les festivals, mais sous une forme profondément transformée.

Le contenu politique explicite s’estompe, tandis que les thèmes de l’amour et de la mélancolie dominent. La musique conserve sa sonorité kurde, mais perd de sa force structurante. Pour de nombreux jeunes auditeurs, le kurde devient une ambiance esthétique plutôt qu’une prise de position politique.

Ce changement n’est pas seulement culturel ; il s’inscrit dans une politique plus large qui intègre l’expression culturelle pour mieux en neutraliser la charge politique.

La langue de l’avenir et la langue d’origine

Les effets les plus durables de cette stratégie se font sentir au niveau linguistique. Le kurde n’est plus systématiquement interdit. Il peut être parlé, chanté et utilisé dans les médias. En revanche, le turc, l’arabe ou le persan demeurent les langues exclusives de l’éducation, de l’administration, des sciences et de la mobilité sociale.

Cela instaure une hiérarchie implicite : la langue d’État devient la langue de l’avenir, le kurde celle de l’origine. Ce basculement ne résulte pas d’une coercition directe, mais d’un choix rationnel. Ceux qui aspirent à une promotion sociale adoptent la langue dominante. Le kurde perd progressivement de son importance institutionnelle et de sa transmission intergénérationnelle.

Ce qui apparaît comme une décision individuelle relève en réalité d’une construction structurelle, mécanisme central de la politique d’ordre préventif.

Une nouvelle identité kurde entre reconnaissance et neutralité

De l’interaction entre intégration politique, visibilité culturelle et hiérarchie linguistique émerge une nouvelle forme d’identité kurde. Elle est reconnue, mais non garantie. Visible, mais politiquement contrainte. Autorisée, à condition de ne pas formuler de revendications structurelles.

La politique d’ordre préventif remplace l’assimilation ouverte par des incitations à l’adaptation. L’identité n’est pas effacée, elle est gérée et remodelée.

Entre adaptation et affirmation de soi

Ce scénario ne décrit pas une issue inéluctable, mais une lecture stratégique possible des évolutions en cours. La politique d’ordre préventif n’est pas un système clos, et les sociétés kurdes ne sont pas des objets passifs de la planification étatique.

Historiquement, les Kurdes ont développé à de nombreuses reprises des formes subtiles d’affirmation de soi, à travers la langue, l’éducation, les médias, les réseaux transnationaux et les pratiques quotidiennes. Il est probable que ces formes continueront d’évoluer.

L’avenir de l’identité kurde ne sera donc pas déterminé uniquement par les stratégies étatiques, mais par l’interaction constante entre adaptation, résistance et réinvention. La question de savoir si la reconnaissance sans droits mène à la stabilisation ou à de nouvelles formes d’affirmation collective se jouera moins dans les négociations que dans le quotidien des générations futures.

Par Jan Ilhan Kizilhan, psychologue, auteur et éditeur, expert en psychotraumatologie, traumatismes, terrorisme et guerre, psychiatrie transculturelle, psychothérapie et migrations.

 

Article d’origine publié par Rudaw sous le titre « Visibility without power« 

KURDISTAN. Un drone iranien tue une combattante de Komala

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IRAK / KURDISTAN — Ghazal Mowlan, jeune combattante du Parti Komala du Kurdistan iranien, a été tuée lors d’une attaque de drone visant le quartier général du parti à Surdash, dans la province de Souleimaniyeh.

Cette frappe perfide porte à six le nombre de Peshmergas issus des partis d’opposition kurdes iraniens tués dans des attaques de missiles et de drones menées par l’Iran ou ses milices affiliées en territoire du Kurdistan irakien.

Depuis le début de l’escalade régionale, l’Iran et les groupes armés chiites irakiens pro-iraniens ont lancé plus de 700 attaques de ce type contre le Kurdistan irakien, faisant de nombreuses victimes parmi les civils et les forces de sécurité.

ROJAVA. Les Kurdes exhortent Damas à libérer les otages

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SYRIE / ROJAVA – Les familles des otages kurdes ont de nouveau manifesté à Qamishlo, exigeant la libération de leurs enfants.
 
Le 11 avril, Damas et les autorités kurdes ont procédé au troisième échange de prisonniers. La partie kurde en a libéré au total 800 personnes tandis que Damas en a libéré 491. Des sources kurdes parlent de milliers d’otages (civils et combattants) toujours détenus par Damas, dont on ignore quand ils seront libérés.
 
Certains prisonniers capturés lors de l’invasion turque d’Afrin en 2018 et des attaques contre la région de Shehba en 2024 ont été libérés par Damas dans le cadre des échanges de prisonniers. D’autres combattants, précédemment déclarés morts par les Forces démocratiques syriennes (FDS), ont également été retrouvés vivants et libérés. Ces cas rendent particulièrement difficile l’estimation précise du nombre de personnes qui pourraient encore être libérées à l’avenir.
 
Dans le cadre de la mise en œuvre progressive de l’accord du 29 janvier 2026, environ 800 personnes affiliées au gouvernement intérimaire syrien sont rentrées chez elles en échange de 491 personnes détenues par les FDS.
 

#IRANWAR. Le Kurdistan irakien attaqué malgré le cessez-le-feu

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IRAK / KURDISTAN — Deux camps abritant des groupes d’opposition kurdes iraniens ont été visés par des attaques de drones mardi après-midi dans la région du Kurdistan d’Irak, faisant plusieurs blessés, selon des sources au sein des partis concernés citées par Rudaw English.

La première attaque a touché le quartier général du parti Komala dans le sous-district de Surdash, au nord-ouest de la province de Souleimaniyeh. Amjad Hossein Panahi, responsable du parti, a indiqué que deux personnes ont été blessées.

Une seconde attaque distincte a visé le camp Azadi, situé dans la ville de Koya, à environ 70 km à l’est d’Erbil et appartenant au Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI). Selon une source du PDKI s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de Rudaw, cette frappe n’a fait aucune victime.

Il s’agit du premier incident de ce type signalé dans la région du Kurdistan depuis l’entrée en vigueur, début de semaine dernière, d’une trêve de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, négociée par le Pakistan. Bien que le cessez-le-feu soit globalement respecté, ces nouvelles frappes montrent qu’il n’a pas mis fin aux tensions locales.

Ces groupes d’opposition kurdes iraniens (Komala, PDKI et d’autres) sont basés depuis des années dans la région du Kurdistan irakien et ont été la cible répétée d’attaques de missiles et de drones iraniens ces dernières années. Ces dernières semaines, Téhéran et des groupes armés irakiens pro-iraniens ont intensifié leurs frappes contre ces dissidents.

Ce regain d’attaques coïncide avec la vaste campagne aérienne conjointe menée fin février par les États-Unis et Israël contre des milliers de sites en Iran. En riposte, Téhéran a lancé des centaines de drones et missiles dans la région, visant notamment des intérêts américains présumés dans les pays du Golfe, ainsi qu’Israël. Parallèlement, des milices irakiennes alignées sur l’Iran ont multiplié les attaques contre le Kurdistan irakien.

Selon le décompte tenu par Rudaw, la région du Kurdistan a subi, jusqu’à vendredi dernier, plus de 700 attaques de drones et de missiles, qui ont fait plus d’une douzaine de morts et plus de 90 blessés.

Le premier cycle de négociations entre Washington et Téhéran, qui s’est achevé dimanche sans accord, pourrait être suivi d’un nouveau round dans les prochains jours. Malgré le cessez-le-feu en vigueur, les attaques sporadiques contre les positions kurdes iraniennes semblent se poursuivre.