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KURDISTAN. L’Iran frappe des zones civiles kurdes en Irak

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IRAK / KURDISTAN – Ce soir, l’Iran a de nouveau ciblé des zones civiles kurdes du côté irakien.

Ce soir, lundi 23 mars 2026, un camp civil du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), connu sous le nom de « Gerdechal », situé près d’Erbil (Hawler), a été ciblé lors d’une attaque de drone menée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) et ses groupes supplétifs affiliés. Il s’agit du deuxième établissement médical ciblé ces derniers jours. Auparavant, un centre médical du camp Azadi à Koya avait également été touché par une attaque de drone, blessant un membre du personnel médical.

Les rapports de terrain confirment une situation critique :

  • Frappe sur un centre médical : Un petit hôpital servant de point de santé vital pour le camp a été directement visé et endommagé.

  • Civils en première ligne : Les drones ont explosé à proximité immédiate des zones d’habitation, provoquant la panique parmi les familles kurdes qui résident dans ce camp.

  • Extension du conflit : Alors que les affrontements principaux opposent Téhéran à Washington et Tel-Aviv, l’Iran multiplie les frappes contre les zones kurdes en Irak, les plaçant au cœur des hostilités.

Cette nouvelle attaque nocturne met en lumière les agressions incessantes dont sont victimes les Kurdes, systématiquement pris pour cible dans cet affrontement global. Une fois de plus, des infrastructures humanitaires et médicales de base sont sacrifiées dans cette guerre.

SYRIE. Attaques de roquettes contre une base à Rmeilan

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SYRIE / ROJAVA – Le 23 mars 2026, au moins sept roquettes de type Arash ont été tirées depuis la zone de Rabiya, à l’ouest de Mossoul (Irak), en direction de la base de Kharab al-Jir (en kurde : Rmeilan) dans la province de Hassaké.

Cette base, anciennement occupée par les forces de la coalition internationale, a été transférée à l’armée syrienne le 14 mars 2026 après le retrait américain.

L’attaque, filmée et diffusée sur les réseaux, est attribuée à des factions pro-iraniennes liées à la « Résistance islamique en Irak ».

Elle a causé des dommages matériels sur le site, mais aucune victime n’a été confirmée parmi les forces syriennes présentes. 

Damas a condamné Bagdad pour son incapacité à contrôler son territoire et empêcher ces tirs transfrontaliers.

FRANCE. Plus de 30 Franco-Kurdes intègrent les conseils municipaux

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PARIS – Lors des élections municipales de 2026, plus de 30 Franco-kurdes ont été élu·e·s aux conseils municipaux à travers la France. 

Dans un communiqué publié aujourd’hui, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a salué une avancée historique pour la communauté kurde en France.

Pour la première fois, plus de 30 personnes franco-kurdes ont été élues dans des conseils municipaux à travers le pays. Ce chiffre marque une progression significative de l’engagement des Kurdes de France dans la vie publique locale, témoignant d’une inscription durable dans les institutions républicaines et d’un travail de mobilisation soutenu par le CDK-F et son réseau associatif ces derniers mois.

Le CDK-F a particulièrement félicité Emmanuel Grégoire, élu maire de Paris.

L’organisation s’est réjouie de la qualité des relations établies avec lui et son équipe, appelant à les poursuivre et renforcer.

Le CDK-F exprime son soutien aux nouveaux élus franco-kurdes dans l’exercice de leurs mandats et réaffirme son engagement à accompagner cette dynamique pour consolider la présence kurde dans la sphère publique, en vue notamment des élections législatives de 2027. 

SYRIE. Mort atroce d’un Kurde d’Afrin tabassé par des gangs de Damas

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SYRIE / ROJAVA – Luqman Kamal, un Kurde d’Afrin victime d’une violence ciblée au milieu des attaques racistes organisées ciblant les Kurdes du Rojava lors des célébrations du Newroz du 21 mars, est décédé la nuit dernière.

Alors que les Kurdes de Syrie célébraient Newroz, leur fête nationale du printemps et du renouveau, une nouvelle tragédie vient rappeler la précarité extrême de leur existence dans un pays qui leur est de plus en plus hostile. Luqman Kamal, un civil kurde originaire d’Afrin, est mort dans la nuit du 22 au 23 mars des suites de coups violents portés par des gangs syriens. 

Le drame s’est déroulé au point de contrôle d’Al-Shatt, dans la ville d’Azaz, alors que Luqman Kamal revenait des festivités de Newroz. Selon les sources locales, il a été capturé, insulté, puis tabassé avec une brutalité extrême par des éléments de la Sécurité publique syrienne et leurs alliés. Les coups ont été si violents que la victime a succombé peu après.

Cet assassinat n’est pas un incident isolé. Il s’inscrit dans une vague d’attaques organisées et systématiques visant les Kurdes à Afrin, dans la campagne d’Alep et plus largement dans les zones du Rojava. Depuis le début des célébrations de Newroz, des dizaines de cas de violences ont été documentés : passages à tabac, humiliations publiques, insultes ethniques, destruction de drapeaux kurdes et incendies de symboles culturels. Des vidéos et témoignages circulent massivement montrant des groupes armés arabes, souvent liés aux nouvelles autorités de Damas, s’en prenant aux civils kurdes qui tentaient simplement de danser, de chanter ou d’allumer les feux traditionnels.

Les Kurdes du Rojava vivent aujourd’hui dans une peur permanente. Après des années de résistance contre Daech / Isis, contre l’occupation turque et contre le régime de Bachar al-Assad, ils se retrouvent à nouveau exposés à une nouvelle forme de persécution dans un pays désormais largement contrôlé par des gangs islamistes. La transition politique à Damas n’a pas apporté la paix promise : elle a au contraire libéré des milices et des forces de sécurité qui voient dans les Kurdes un ennemi à éliminer ou à soumettre.

Luqman Kamal n’était pas un combattant. C’était un père de famille, un civil ordinaire qui rentrait chez lui après avoir participé à une fête ancestrale. Sa mort atroce, sous les coups de ceux qui prétendent représenter l’État syrien, est le symbole sanglant d’une réalité que les Kurdes dénoncent depuis des mois : ils sont en danger de mort dans leur propre pays.

La communauté internationale, une fois de plus, reste silencieuse. Pendant que les Kurdes de la Syrie enterrent leurs morts et soignent leurs blessés, les capitales occidentales discutent « stabilité » et « transition » sans exiger la protection immédiate d’une population qui a pourtant payé le prix le plus lourd dans la lutte contre le terrorisme islamiste.
Luqman Kamal est la première victime confirmée d’une escalade qui risque de tourner au massacre si rien n’est fait. Les Kurdes de Syrie n’attendent plus de promesses. Ils demandent la vérité, la justice et la protection de leur existence même face à un pouvoir qui semble avoir choisi la voie de la vengeance ethnique et religieuse. Que sa mémoire soit honorée. Les Kurdes de Syrie sont en danger. Il est temps que la communauté internationale agisse avant d’autres massacres de Kurdes. 

L’Iran résiste : une guerre limitée renforce le régime au lieu de le faire tomber

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PARIS – En ce printemps 2026, alors que la guerre oppose Israël et les États-Unis à l’Iran, les prédictions d’effondrement rapide du régime des mollahs se multiplient. Pourtant, comme l’analyse l’universitaire kurde Hardy Mède, une guerre limitée à des frappes ciblées renforce paradoxalement la bureaucratie militarisée du régime.

Voici l’analyse de Hardy Mède :

Parier sur l’avenir du régime iranien paraît hasardeux : tombera-t-il ou parviendra-t-il à se maintenir ? Nul ne peut le dire. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’une guerre à distance, limitée à des frappes sur les infrastructures militaires et ciblant les élites, éloigne progressivement la perspective d’un effondrement interne. Une bureaucratie militarisée et offensive est en train de se consolider, exerçant désormais un contrôle accru sur l’État.
 
Dans ce contexte, la capacité de résistance du régime devient un levier de mobilisation. En Irak comme au Liban, les milices chiites appellent à une mobilisation générale, convaincues que le régime est plus solide qu’il n’y paraissait et qu’il est en mesure de perdurer. Cette perception alimente la dynamique du conflit et contribue à son prolongement. Dès lors, l’hypothèse d’un scénario à l’ukrainienne entre l’Iran et les États-Unis ne peut plus être écartée.
 
Par Hardy Mède
Maître de conférences à l’Institut catholique de Paris (ICP)
Chargé de cours à Sciences Po Paris & à l’École polytechnique
Rédacteur en chef de la revue Études kurdes

IRAN. Trois autres femmes arrêtées par le régime iranien

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IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien, qui a lancé une vague brutale d’arrestations pour réprimer les voix de la contestation, a arrêté trois femmes, dont deux Kurdes.

Selon des sources locales au Kurdistan irakien et en Iran, l’artiste et graphiste Suheyl Husseini a été arrêtée avec son mari, Ahmed Rahimi, à Machhad par les forces du ministère du Renseignement sans mandat judiciaire et emmenée vers un lieu inconnu.

Efsaneh Ruzbehani et Behnoush Darvishi (une mère kurde et sa fille) ont été arrêtées à Hamedan par les forces de sécurité du régime iranien et emmenée à la prison de Nushijani à Malayer.

 

 

La guerre au Moyen-Orient redessine profondément le système régional

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La guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran bouleverse les équilibres du Moyen-Orient, rapporte l’agence kurde ANHA dans l’article suivant.

Au cœur d’un conflit qui entre dans sa quatrième semaine, la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran bouleverse les équilibres du Moyen-Orient. Les dimensions militaires, politiques et économiques s’entremêlent : affaiblissement de la dissuasion iranienne, passage des guerres par procuration à des confrontations directes entre États, multiplication des frappes et reconfiguration des règles d’engagement.

Au-delà des champs de bataille, les analystes observent une redistribution géographique des richesses qui profite largement à l’économie américaine, dans un contexte de hausse des risques régionaux.

Le sud de la Syrie, nouvel enjeu central

Selon le quotidien libanais An-Nahar, les frappes israéliennes récentes dans le sud de la Syrie (notamment le 20 mars contre des infrastructures militaires du régime syrien près de Soueïda) dépassent le cadre d’incidents locaux. Elles traduisent une redéfinition des règles du jeu régional.

Malgré l’existence d’un mécanisme de coordination conjoint syro-israélien (établi sous égide américaine début 2026 pour la déconfliction et le partage d’informations), ces opérations soulignent la fragilité de cet accord. Les messages de Tel-Aviv vont au-delà du terrain : ils expriment les limites de la confiance envers l’autorité de Damas (sous Ahmed al-Sharaa) et rappellent que toute action syrienne reste encadrée par les lignes rouges israéliennes.

La Syrie n’est plus un simple théâtre passif du conflit régional ; elle devient un acteur clé de sa gestion, exposée aux pressions directes d’Israël pour protéger les communautés druzes et empêcher toute remilitarisation du sud.

Les guerres modernes redistribuent les richesses géographiquement

Asharq Al-Awsat met en lumière la dimension économique : « Les guerres modernes ne créent pas tant de richesse qu’elles la redistribuent géographiquement ». L’escalade profite à l’économie américaine, stimulée par les politiques d’attraction d’investissements du président Donald Trump.

La hausse des risques dans les zones de conflit (Golfe, routes maritimes, énergie) augmente les coûts d’exploitation, de transport et d’assurance, détournant les flux de capitaux vers des marchés plus stables comme les États-Unis. Les entreprises américaines, notamment dans l’énergie, bénéficient de prix élevés et d’afflux massifs de capitaux fuyant l’instabilité régionale.

Vers un remodelage durable de l’ordre régional

La confrontation avec l’Iran n’est plus seulement militaire : elle sert de levier pour remodeler l’ordre régional. Parmi les changements majeurs :

Déclin de l’efficacité de la dissuasion iranienne et affaiblissement de son réseau de supplétifs (Hezbollah, Houthis, milices irakiennes et syriennes)
Passage des guerres par procuration à des affrontements directs entre États
Rétrécissement de l’espace pour la « diplomatie grise » et les règlements rapides
Renforcement des systèmes de défense par les États du Golfe, face à l’importance accrue de la sécurité énergétique et des routes maritimes (détroit d’Ormuz menacé)

La région entre dans une phase de transition prolongée, où la capacité d’un État à protéger ses frontières et ses intérêts devient un critère décisif. Ces transformations pourraient redessiner les règles politiques et sécuritaires pour les années à venir, au profit d’acteurs capables de projeter une force crédible et de stabiliser leurs espaces.

Ce conflit, loin d’être circonscrit, accélère une recomposition profonde du Moyen-Orient, entre affaiblissement iranien, gains américains indirects et tensions persistantes en Syrie, au Liban et dans le Golfe.

SYRIE. Jolani va-t-il intégrer les Peshmergas Roj à l’armée syrienne

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SYRIE / ROJAVA – Damas aurait proposé d’intégrer les Roj Peshmergas à l’armée nationale pour exploiter leur expérience anti-Daech, s’inscrivant ainsi dans l’accord de fusion des forces kurdes conclu début 2026. Cette proposition intégration, démentie depuis, soulève toutefois des craintes quant à leur déploiement hors des zones kurdes, risquant de raviver les tensions intercommunautaires en Syrie.

L’envoyé présidentiel syrien, Ahmed Al-Hilali (porte-parole de l’équipe présidentielle chargée de l’intégration avec les Forces démocratiques syriennes) aurait déclaré que les Roj Peshmergas, une force armée kurde syrienne entraînée dans la Région du Kurdistan irakien, devraient être invités par Damas à rejoindre les rangs de l’armée syrienne. Selon ses propos relayés par des sources kurdes et des observateurs, l’armée souhaite tirer profit de leurs compétences et de leur expérience acquise lors de la guerre contre l’État islamique (EI/Daech), où ils ont joué un rôle notable aux côtés d’autres forces kurdes.

Les Roj Peshmergas, affiliés au Conseil national kurde syrien (ENKS) et basés principalement en Irak, constituent une alternative historique aux Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les unités YPG/YPJ. Leur intégration potentielle s’inscrit dans le cadre plus large de l’accord d’intégration progressive conclu le 29-30 janvier 2026 entre Damas et les FDS, qui prévoit la fusion des forces kurdes dans les structures étatiques syriennes (ministères de la Défense et de l’Intérieur), avec la création de divisions et brigades spécifiques dans le nord-est (Hasakah et Kobanê). L’envoyé présidentiel, aurait mis en avant les compétences anti-Daech des Roj Peshmergas comme un atout pour renforcer l’armée nationale unifiée.

Cependant, cette perspective suscite des réserves au sein des communautés kurdes syriennes. Il est considéré comme absolument nécessaire que les Roj Peshmergas exigent, en cas d’intégration, d’être déployés uniquement dans les zones à majorité kurde (Rojava/nord-est syrien), afin de préserver la cohésion communautaire et d’éviter des frictions inutiles, tout en gardant à l’esprit l’injustice historique et les souffrances endurées par le peuple kurde. Damas pourrait en effet être tenté de les redéployer dans des régions sensibles et multiethniques comme Soueïda (majoritairement druze) ou les zones côtières habitées par les Alaouites, où les tensions intercommunautaires restent vives depuis la chute du régime précédent et les violences de 2025.

Un tel déploiement hors des zones kurdes risquerait d’exacerber les méfiances entre minorités : les Alaouites et Druzes craignent une marginalisation accrue sous le gouvernement de transition dirigé par Ahmed al-Sharaa, tandis que les Kurdes redoutent une dilution de leur influence sécuritaire et une instrumentalisation contre d’autres groupes. Des observateurs soulignent que l’intégration doit respecter les équilibres ethniques et religieux pour éviter une nouvelle vague de tensions, dans un contexte où l’application de l’accord de janvier reste inégale (retraits partiels, frictions locales à Kobani, incidents lors de Newroz).

Cette annonce intervient alors que les négociations sur l’intégration des FDS se poursuivent, avec des réunions récentes entre le commandant Mazloum Abdi et l’envoyé présidentiel Ziad al-Ayesh. Elle pourrait représenter une tentative de Damas de diversifier ses alliés kurdes et de contourner les blocages avec les FDS, mais elle souligne aussi les défis persistants pour une réconciliation nationale inclusive en Syrie post-conflit.

ROJAVA. Kobanê de nouveau encerclé

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SYRIE / ROJAVA – On signale aujourd’hui la mobilisation sur plusieurs axes des gangs djihadistes contre la ville kurde de Kobanê au milieu d’une série d’attaques et de menaces anti-kurdes qui balaie la région depuis 3 jours.

Des sources locales et des observateurs font état de mouvements militaires accrus par des factions affiliées au gouvernement de transition syrien dans la campagne sud-est de Kobani, exacerbant les craintes d’escalade un jour après des célébrations de Newroz marquées par des provocations et des violences dans plusieurs régions kurdes.

Selon des rapports concordants, notamment du Syrian Observatory for Human Rights (SOHR) et de sources kurdes, les factions Al-Amshat (Brigade Sultan Suleiman Shah / Abu Amsha) et Al-Hamzat (Division Hamza) — intégrées à la 86e division du ministère de la Défense — sont revenues se positionner dans la ville de Jalbiya (Jalabiya) après un retrait antérieur conforme à l’accord d’intégration du 29 janvier 2026. Ces forces se seraient installées notamment dans l’école locale et auraient multiplié les actes perçus comme provocateurs envers la population kurde au rond-point de Jalbiya, dans un climat de tensions communautaires déjà élevé.

Des renforts et des mouvements de troupes ont également été signalés dans la zone de Kharab Ishk (Kharab Ashk), avec des convois de véhicules venant de directions comme Jarablus, Sirrin et Al-Shuyoukh. Les objectifs précis de ces mobilisations restent flous, mais elles interviennent dans un contexte de non-respect total des engagements de retrait des factions non étatiques des zones kurdes, malgré les progrès partiels de l’accord (retraits progressifs en février-mars, déploiement de forces de sécurité intérieure).

Contexte de l’accord et des frictions persistantes

L’accord du 29 janvier 2026, conclu après l’offensive gouvernementale de janvier contre les zones sous contrôle des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), prévoit :

  • Le retrait progressif des factions armées (dont Al-Hamzat et Al-Amshat sous commandement de la Turquie) des villages kurdes.

  • Le transfert des positions aux forces de sécurité intérieure (relevant du ministère de l’Intérieur) et à des éléments intégrés des FDS.

  • L’intégration des brigades des FDS dans les structures étatiques, y compris une brigade spécifique pour Kobanê.

Cependant, des retards et violations persistent : refus de retrait complet en février (notamment à Jalbiya et Sarin), pillages, destructions (centres de santé à Jalbiya et Sarin), enlèvements et agressions ciblant les Kurdes signalés en mars avant et après les retraits partiels du 5 mars. Ces actes ont alimenté la méfiance, malgré des avancées comme la prise de contrôle par le ministère de l’Intérieur de certains postes à Kobanê fin février.

Incidents liés à Newroz (21 mars 2026)

Les célébrations du Nouvel An kurde ont viré à la tension dans plusieurs zones :

  • À Afrin, Azaz, Alep et environs : Agressions physiques contre les Kurdes, incendies de véhicules, pillages des maisons kurdes, confiscation ou brûlage de symboles kurdes, dont les drapeaux du Kurdistan, menaces anti-kurdes.

  • À Hassakê et à Qamishlo : Les Kurdes sont descendus dans la rue pour dénoncer les attaques ciblant les Kurdes d’Afrin pendant le Newroz, imposition d’un couvre-feu partiel.

Ces incidents ont déclenché des manifestations (ex. à Qamisho contre les attaques ciblant les Kurdes) et des appels officiels à promouvoir la coexistence.

Risques d’escalade

La région reste fragile : malgré l’intégration en cours et des gestes comme des échanges de prisonniers ou des ouvertures de routes, la présence persistante de factions comme Al-Amshat et Al-Hamzat — accusées historiquement d’abus contre les Kurdes — alimente les craintes. Les incidents de Newroz (nouvel-an kurde) ont accru les divisions ethniques, dans un contexte où la ville kurde de Kobanê subit encore des restrictions (accès, services) et où la consolidation du pouvoir central reste inégale.

Des appels à une application stricte de l’accord et à la désescalade se multiplient. La situation évolue très rapidement.

KURDISTAN. Nouvelle attaque contre les peshmergas à Silêmanî

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IRAK / KURDISTAN -Ce soir, une nouvelle attaque de drone a ciblé les peshmergas dans la province kurde de Silêmanî. Depuis le début de la guerre Iran vs Israël et les États-Unis, le Kurdistan d’Irak est ciblé par l’Iran et les milices chiites iraniennes pro-Téhéran.

Le ministère des Affaires des Peshmergas (MoPA) du gouvernement régional du Kurdistan a annoncé qu’une base des forces Peshmergas située dans la région de Chamchamal (gouvernorat de Souleimaniye) avait été visée dans la nuit précédente par un drone chargé d’explosifs.

« Nous condamnons fermement cette attaque, qui vise délibérément à saper la sécurité et la stabilité de la région », a déclaré le ministère dans un communiqué officiel.

Il a ajouté : « Ces attaques répétées contre les positions des Peshmergas interviennent dans un contexte régional particulièrement sensible et complexe. » Le MoPA a une nouvelle fois appelé le commandant en chef des forces armées irakiennes, le Premier ministre Mohammed Shia’ al-Sudani, à « prendre des mesures fermes et décisives pour mettre fin à ces agressions injustifiées contre les forces Peshmergas ».

Contexte récent :

Le mardi 17 mars 2026, le même ministère avait déjà signalé que trois Peshmergas avaient été blessés lors d’attaques de drones distinctes visant des positions dans les gouvernorats d’Erbil et de Souleimaniye. À l’époque, le MoPA avait informé le Premier ministre al-Sudani ainsi que le commandement des opérations conjointes de ces « violations graves ».

Depuis fin février 2026, la région du Kurdistan irakien fait face à une vague d’attaques répétées par drones et missiles, principalement attribuées à des groupes armés pro-iraniens opérant depuis des zones comme Mossoul, Kirkouk et d’autres localités en dehors du Kurdistan. Ces incidents s’inscrivent dans le contexte plus large du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.

Réaction politique :

Lors de son discours à l’occasion de Newroz (le Nouvel An kurde) le 20 mars 2026, le Premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan, Masrour Barzani, a remercié le peuple kurde pour sa résilience face à ces « attaques injustes et terroristes perpétrées par des forces et des milices hors-la-loi ». Il a assuré : « Nous mettons en œuvre tous les moyens disponibles pour protéger le Kurdistan et préserver la sécurité de ses citoyens. »

Ces événements soulignent la détérioration continue de la situation sécuritaire dans la région, alors que les autorités kurdes pressent Bagdad d’agir plus efficacement contre les groupes armés responsables de ces frappes.

Image d’archive

Rojava – Newroz 2026 sous le signe de la terreur

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SYRIE / ROJAVA – Depuis le 19 mars 2026, une vague d’attaques coordonnées vise les Kurdes, transformant les festivités traditionnelles de Newroz (nouvel-an kurde) en un moment de terreur. Ces violences, souvent perpétrées par des gangs turco-djihadistes, des milices tribales alliées au gouvernement de Damas, se déroulent avec la complicité des forces de sécurité affiliées au régime d’al-Sharaa (Jolani).

Principaux foyers d’attaques depuis le 19 mars

Campagne ouest de Kobanê

Les villages kurdes autour d’Ayn Issa, Sarrin (Serin) et Khirab Ayshik (également orthographié Kharab Ashk ou similaire) subissent pillages, incendies et agressions directes contre les habitations. Près de l’ancienne usine Lafarge (zone stratégique), des bandes ont profité du retrait tactique des Asayish pour ravager les biens restants. Ces exactions se sont intensifiées au fil des trois jours, avec des rapports locaux indiquant une escalade le 20-21 mars.

Manbij

Des groupes tribaux arabes, parfois renforcés par d’anciens éléments de l’État islamique, ciblent systématiquement les commerces et propriétés kurdes depuis le début de la semaine de Newroz.

Alep – Quartier de Sheikh Maqsoud

Des attaques contre des civils kurdes (incluant des passages à tabac, pillages et intimidations) ont été signalées dès le 19-20 mars, et se sont poursuivies le 21 mars en lien direct avec les célébrations.

Afrin et campagne d’Alep

Depuis trois jours, une série d’attaques ciblent les Kurdes arborant des drapeaux kurdes ou les FDS, avec des maisons pillées par des colons arabes installés par la Turquie/SNA, et des agressions physiques contre des femmes et enfants.

Contexte et réaction kurde

Ces incidents s’inscrivent dans la fragilité post-offensive de janvier 2026 (chute de nombreux territoires SDF, accords d’intégration forcée, cessez-le-feu fragile souvent violé). Le gouvernement transitoire et ses alliés semblent tolérer – ou encourager – ces groupes pour affaiblir durablement la présence kurde dans les zones mixtes.

La population kurde et l’Administration autonome (AANES) appellent à la retenue maximale pour éviter un embrasement total. Les Asayish et forces de sécurité intérieure ont opéré des retraits tactiques dans plusieurs secteurs pour prévenir des affrontements directs plus larges, mais cela laisse les villages exposés. Des manifestations de protestation ont eu lieu à Qamishlo et Hassaké le 21 mars contre ces attaques, notamment celles visant Afrin et Alep.

Newroz 2026, au lieu d’être une fête de renouveau et de résistance unitaire, devient un cri d’alarme : les Kurdes célèbrent sous menace directe, entre deuil et espoir, au cœur d’une lutte existentielle. les violences pourraient se poursuivre dans les prochains jours.

Iran : Le rempart ethnique protégeant le cœur persan

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IRAN / KURDISTAN – L’Iran est un pays d’une grande diversité ethnique et religieuse, comptant de nombreux groupes — souvent estimés à une dizaine, bien que certaines sources évoquent jusqu’à 21 en incluant des sous-groupes ou variantes locales. Les Perses (Fars), majoritaires au centre (environ 50 % selon les estimations récentes), forment le cœur démographique et culturel, avec le persan comme langue officielle et le chiisme duodécimain dominant.

Une carte ethnique d’Iran

Autour de ce centre se déploient des minorités périphériques qui constituent une sorte de « rempart naturel » :

Kurdes : environ 10 %, concentrés à l’ouest le long des Zagros, avec des communautés sunnites, chiites, yaresan/Ahl-e Haqq, et des dialectes variés comme kurmanji, sorani, etc. ; entre 2 à 3 millions vivent aussi au Khorasan du nord-est (ils sont issus de déportations safavides au XVIe siècle sous Shah Ismail et ses successeurs, pour sécuriser les frontières face aux Ottomans, Turkmènes ou Afghans).

Azéris/Azerbaïdjanais (16-24 %, au nord-ouest, majoritairement chiites mais avec des poches sunnites ou yaresan).

Lurs et Bakhtiaris (6-8 %, dans les Zagros sud-ouest).

Arabes (2-3 %, surtout dans le Khouzistan/Ahwaz, majoritairement sunnites).

Baloutches (2 %, au sud-est, sunnites).

Turkmènes, Talysh, Gilaks, Mazandaranis, Arméniens, Assyriens, Juifs, Zoroastriens, Baha’is et d’autres groupes plus petits.

Cette répartition n’est pas fortuite : elle reflète une stratégie historique, héritée notamment de l’époque safavide (1501-1736), où le pouvoir chiite-persan central a utilisé des groupes frontaliers (comme les Kurdes déportés vers le Khorasan) comme tampons contre les menaces extérieures (Ottomans à l’ouest, Ouzbeks/Mughals à l’est). Le centre (Téhéran, Ispahan, etc.) reste le siège du pouvoir, de l’administration et de la culture dominante, tandis que la périphérie absorbe les chocs géopolitiques.

Contrairement à des cas comme la Turquie (déni et assimilation forcée des Kurdes) ou la Syrie (« ceinture arabe »), l’Iran post-1979 reconnaît constitutionnellement les ethnies et leurs droits culturels limités, sans politiques massives de révisionnisme démographique ou de génocide systématique. Cependant, la domination persane-chiite persiste, et les minorités périphériques restent marginalisées politiquement.

Dans le contexte actuel de tensions (menaces américaines/israéliennes, frappes, etc.), une offensive terrestre hypothétique frapperait d’abord ces zones périphériques (Kurdes à l’ouest, Baloutches au sud-est, Arabes au sud-ouest, Azéris au nord-ouest), laissant le centre relativement protégé — du moins initialement. Selon la théorie centre-périphérie, l’affaiblissement des marges pourrait ensuite déstabiliser le cœur. Historiquement, le pouvoir central iranien a maintenu sa continuité en jouant sur cette géographie ethnique, mais l’évolution des guerres modernes (drones, missiles, asymétrie) rend ce « rempart » plus vulnérable. (D’autant que presqu’aucun de ces peuples minorisés n’est prêt à mourir pour le pouvoir perse…)

L’Iran n’est pas un État-nation homogène forgé autour d’une seule ethnie : son nom dérive d’« Aryan » (englobant Perses, Kurdes, etc.), et son histoire impériale (des Mèdes à aujourd’hui) privilégie un État centralisé pluriel plutôt qu’ethnique. Comme le rappelait Nizam al-Mulk dans son Siyasetname, gouverner l’Iran avec une seule ethnie est une illusion — une intuition qui résonne encore dans cette mosaïque complexe où le centre dépend inextricablement de sa périphérie.