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« Nous ne voulons ni fédéralisme ni autonomie sous occupation ! »

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KURDISTAN. Non, nous ne voulons ni fédéralisme ni autonomie sous occupation ! Les Kurdes méritent un État indépendant.

Non, nous ne voulons pas du fédéralisme.

Non, nous ne voulons pas d’une autonomie sous le joug de régimes fascistes.

Non, nous ne voulons pas de la charité symbolique de la communauté internationale pour le prix que nous payons, en tant que Kurdes, pour maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Les Kurdes méritent un État souverain. Un seul État. Pas quatre cages baptisées « autonomie ». Pas quatre amputations appelées « fédéralisme ».

Aucune autre nation n’a été découpée en quatre morceaux, violée, effacée et réduite au silence comme l’ont été les Kurdes. Pourtant, nous continuons d’exister, de parler notre langue, de porter notre identité et de lutter pour nos droits. Si cela n’est pas de l’unité, alors qu’est-ce que c’est ?

Malgré des décennies de nettoyage ethnique, de génocides culturels et de destruction systématique de notre identité, certains Kurdes hésitent encore à réclamer clairement un État indépendant. Pourtant, nous sommes au cœur des combats pour la démocratie, les droits humains, l’égalité des femmes et la protection de l’environnement. Nous avons souvent payé de notre sang pour la stabilité régionale : contre Daech, pour défendre d’autres communautés, et même pour des peuples qui nous trahissent ensuite.

Alors oui, traitez-nous de séparatistes.

Après ce que vous avez fait au Rojava, nous assumons pleinement ce terme.

Après avoir arrêté Daech sous les applaudissements du monde entier pour être ensuite livrés à nos bourreaux, nous sommes séparatistes.

Après votre silence face à nos villes rasées, nos enfants tués et notre avenir négocié sans nous, nous sommes séparatistes.

Nous sommes le quatrième plus grand groupe ethnique du Moyen-Orient. Nous sommes la plus grande nation sans État au monde. Nous sommes près de 60 millions d’âmes, et vous osez encore nous traiter de minorité.

Vous nous demandez de libérer l’Iran, de stabiliser l’Irak, de pacifier la Syrie et de réformer la Turquie… en échange de vagues promesses d’autonomie sous un autre drapeau qui refuse même de prononcer notre nom.

Nous sommes fiers de revendiquer le séparatisme face aux régimes fascistes, extrémistes et misogynes qui nous gouvernent par la terreur, le kidnapping et le massacre.

La réponse la plus humaine, la plus éthique et la plus logique est de réclamer notre droit inaliénable à l’autodétermination : un État kurde souverain.

Il n’incombe pas aux opprimés d’éduquer leurs oppresseurs. Nous avons assez donné. Nous avons montré notre loyauté, notre patience et notre volonté de coexistence. En retour, nous n’avons reçu que des tombes, des prisons et des villages rayés de la carte.

Non, nous ne voulons plus de « fraternité » avec ceux qui sanctifient la violence contre notre peuple.

Nous ne voulons pas de réconciliation avec ceux qui veulent dissoudre nos femmes combattantes.

Nous ne voulons pas de concessions qui perpétuent les divisions coloniales.

Nous exigeons un Kurdistan uni et souverain : Rojhilat, Rojava, Başûr et Bakur.

Un seul État, libre, dans chaque vallée, chaque ville et chaque village qui a bu le sang de nos martyrs.

Trop, c’est trop.

La terre du Kurdistan crie liberté depuis plus d’un siècle.

Il est temps de l’écouter. (Par Hawzhin Azeez)

ROJAVA. Damas ne respecte pas les accords signés avec les Kurdes

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SYRIE / ROJAVA – L’administration autonome du canton de Kobanê a accusé jeudi le gouvernement syrien de ne pas respecter l’accord d’intégration signé en janvier avec les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Dans un communiqué officiel, l’administration kurde dénonce les agissements de l’administration du gouvernorat d’Alep, qui a nommé des responsables à la tête d’institutions locales dans le sous-district de Jalabiya sans consulter la population locale et sans tenir compte de la volonté des habitants de Kobanê.

Selon l’accord du 29 janvier, les institutions de la région doivent être intégrées en respectant les communautés locales, avec une priorité donnée aux résidents de la province pour les postes administratifs. L’administration de Kobanê souligne que cette règle a bien été appliquée à Hassaké, où le gouverneur et plusieurs responsables ont été choisis parmi les habitants locaux, mais qu’elle est systématiquement ignorée à Kobanê.

« Des administrateurs extérieurs à la région ont été imposés dans les sous-districts de Sarrin et Jalabiya, sans aucune consultation des habitants de Kobanê », affirme le communiqué.

Lorsque les habitants de Kobanê et de Jalabiya ont tenté de se réunir pour publier une déclaration de protestation contre ces nominations, les forces de sécurité intérieure et les troupes militaires affiliées au gouvernement syrien sont intervenues violemment. Elles ont empêché la tenue de la conférence de presse, agressé plusieurs civils et tenté d’effectuer des arrestations.

L’administration de Kobanê estime que ces actions constituent une violation claire de l’accord du 29 janvier et entravent le processus d’intégration pacifique. Elle appelle le gouvernement de transition syrien à respecter pleinement les termes de l’accord et à mettre en œuvre l’intégration dans le respect de la volonté des populations locales.

« Nous, administration et population de Kobanê, condamnons fermement ces pratiques et affirmons que nous n’accepterons aucune alternative en dehors du cadre de cet accord », conclut le communiqué.

ROJAVA. Quatre Kurdes arrêtés à Serekaniye livrés à la Turquie

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SYRIE / ROJAVA — Quatre civils kurdes ont été arrêtés par des gangs armés soutenus par la Turquie à Serekaniye, puis remis aux services de renseignement turcs avant d’être transférés en Turquie. Leur sort reste inconnu, suscitant de vives inquiétudes.

Selon une famille kurde déplacée, les arrestations ont eu lieu alors que son fils, Juma Ahmed al-Azzo, originaire du village d’al-Manajir (au sud de Serekaniye), rendait visite à la région avec trois autres personnes : Mahmoud Hobo et son fils Walat, résidents de Tel Tamr, ainsi qu’Ahmed Qassem al-Awad, habitant de la région de Serekaniye.

L’arrestation s’est produite près du village d’al-Aliya. La « police militaire » des factions soutenues par Ankara aurait ensuite remis les quatre hommes aux services de renseignement turcs (MIT), qui les ont rapidement transférés en territoire turc.

Aucune information officielle n’a été communiquée sur leur localisation, leur état de santé ou les motifs de leur détention. La famille craint des actes de torture, des mauvais traitements ou une disparition forcée.

Violation du droit international

Le transfert forcé de civils syriens vers la Turquie sans procédure judiciaire régulière constitue une violation grave du droit international. Il contrevient notamment aux Conventions de Genève, qui interdisent le transfert de populations depuis des territoires occupés, ainsi qu’aux principes fondamentaux des droits humains interdisant la détention arbitraire et les disparitions forcées.

Contexte préoccupant

Ces arrestations interviennent alors que certains habitants déplacés tentent de retourner individuellement à Serekaniye (Ras al-Aïn). Beaucoup découvrent que leurs maisons et villages ont été pillés ou détruits par des groupes armés soutenus par la Turquie.

Les populations locales espèrent pouvoir regagner leurs foyers en toute sécurité, sans risque d’arrestation arbitraire ni d’extorsion, conformément à l’accord du 29 janvier dernier censé garantir la protection des civils et leur droit au retour. (ANHA)

ROJAVA. Les YPJ célèbrent 13 ans de résistance féministe armée

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SYRIE / ROJAVA – Il y a 13 ans, naissaient les Unités de Protection des Femmes YPJ (Yekîneyên Parastina Jin) au Rojava. Treize ans depuis que des femmes kurdes ont pris les armes pour se libérer elles-mêmes et toutes les femmes de la barbarie de l’État islamique et des groupes djihadistes qui les entouraient comme des vautours.

Enlèvements, mariages forcés, viols systématiques, esclavage sexuel, exécutions : tel était le sort réservé aux femmes qui refusaient de se soumettre ou qui appartenaient simplement à des communautés minoritaires – Kurdes, Yézidies, Assyriennes, Arméniennes ou Syriaques.

Ces femmes ont refusé d’être des proies. Refusé d’être réduites à du butin de guerre dans les fantasmes des djihadistes. Refusé le silence et la disparition. Aux côtés de leurs sœurs de toutes origines, elles ont brisé le mythe de la suprématie masculine et sont devenues un symbole mondial de courage, de dignité et de libération féminine.

Pendant 13 ans, les YPJ ont combattu vague après vague : Daech, al-Nosra, al-Qaïda, l’Armée nationale syrienne et toutes les variantes du même fanatisme misogyne. Elles n’ont jamais plié.

Aujourd’hui, cet héritage est menacé. Le régime intérimaire de Jolani, accueilli à bras ouverts par les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et d’autres puissances occidentales, a ordonné la dissolution des YPJ. Parce que des femmes armées, organisées et politiquement conscientes représentent la plus grande menace pour ceux dont le pouvoir repose sur la soumission féminine.

Mais les YPJ ne sont pas une simple milice qu’on efface d’un trait de plume. Elles incarnent une rupture historique : la preuve vivante que les femmes n’ont pas besoin de permission masculine pour défendre leur vie, leur corps et leur liberté.

Toute personne qui se revendique des droits humains, de la justice, de la démocratie ou même de la protection de la vie doit défendre l’héritage des YPJ. Leur résistance ne peut pas être dissoute. Leur existence ne peut pas être négociée dans les coulisses diplomatiques.

Ces unités de femmes ne seront pas dissoutes. (Hawzhin Azeez)

IRAN. Deux autres opposants iraniens exécutés à Karaj

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IRAN – Aujourd’hui, le régime iranien à exécuté les prisonniers politiques, Abolhassan Montazer (66 ans) et Vahid Bani Amerian (34 ans), à la prison de Ghezel Hesar, à Karaj, signale l’ONG kurde Hengaw. Akbar Daneshvarkar, Mohammad Taghavi, Babak Alipour et Pouya Ghobadi, quatre autres co-accusés de Montazer et Amerian, avaient été exécutés les 30 et 31 mars 2026 dans la même prison.

les six prisonniers pendus à Karaj

Selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, les deux hommes ont été pendus en secret, sans que leurs familles soient prévenues ni autorisées à leur rendre un dernier hommage. L’agence de presse officielle Mizan, liée au pouvoir judiciaire iranien, a confirmé les exécutions.

Les deux condamnés avaient été arrêtés pour leur appartenance présumée à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (PMOI/MEK, groupe d’opposition en exil). Ils avaient été condamnés à mort pour « rébellion armée » (baghi) par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par la juge Iman Afshari, en décembre 2024, aux côtés de quatre autres accusés.

La Cour suprême avait initialement annulé les verdicts pour vice de procédure, avant de confirmer les six condamnations à mort le 16 novembre 2025, à l’issue d’audiences qualifiées de sommaires par les organisations de droits humains.

Les six accusés ont tous été exécutés en l’espace de quelques jours. Les quatre premiers — Akbar Daneshvarkar, Mohammad Taghavi, Babak Alipour et Pouya Ghobadi — avaient été pendus les 30 et 31 mars 2026 dans la même prison. Avec les exécutions d’aujourd’hui, l’ensemble du groupe a été éliminé.

Tortures et procès inéquitables

Selon les témoignages recueillis par Hengaw et d’autres organisations, les accusés ont subi de graves tortures pendant leur détention et leurs interrogatoires : coups, décharges électriques, flagellations et menaces contre leurs familles, afin d’obtenir des aveux forcés.

Les procès ont été dénoncés comme totalement inéquitables : absence de garanties fondamentales, audiences expéditives et recours à des « confessions » extorquées sous la contrainte.

Abolhassan Montazer, architecte originaire de Téhéran et ancien prisonnier politique de l’époque du Shah, et Vahid Bani Amerian, originaire de Sonqor, faisaient partie des six co-accusés dans cette affaire.

Contexte

Ces exécutions interviennent dans un climat de répression accrue contre les opposants au régime, notamment les membres ou sympathisants présumés des Moudjahidines du peuple. Elles ont eu lieu alors que l’Iran fait face à des tensions internationales importantes.

Les organisations de droits humains, dont Hengaw, Iran Human Rights et Amnesty International, ont dénoncé à plusieurs reprises ces procédures comme des violations graves du droit à un procès équitable et un usage systématique de la peine de mort à des fins politiques.

TURQUIE. Des projets de centrales géothermiques menacent l’avenir des Kurdes à Varto et Karlıova

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TURQUIE / KURDISTAN – Les habitants des localités kurdes de Varto et Karlıova contestent vigoureusement les projets de centrales géothermiques portés par l’entreprise américaine Ignis H2 Energy via sa filiale turque IGNIS H2 Enerji Üretim A.Ş. Ils redoutent une destruction de l’environnement, une menace pour l’agriculture et l’élevage, ainsi qu’un risque accru d’activité sismique dans une région déjà fragile.

Ces projets touchent au total une vingtaine de villages : 16 dans la zone de Varto (Gimgim, Muş) et plusieurs à Karlıova (Kanîreş, Bingöl). La zone concernée est principalement dédiée à l’élevage extensif et à l’agriculture. La réalisation des usines risque de transformer ces pâturages et ces terres fertiles en zones industrielles, entraînant des conséquences économiques, sociales et culturelles graves pour des centaines de milliers d’habitants.

 

Inquiétudes environnementales et sismiques

Les plateformes écologiques Varto et Kanîreş, créées pour coordonner la résistance, dénoncent un « écocide ». Elles soulignent plusieurs risques :

  • Pollution des ressources en eau et dispersion de gaz dans l’atmosphère.

  • Destruction de la biodiversité : disparition d’habitats pour des milliers d’animaux (ovins, bovins, etc.) et de plantes endémiques.

  • Risque sismique : les forages sont prévus sur ou à proximité de la faille de Karlıova, un point triple où convergent les failles nord-anatolienne et est-anatolienne. L’injection de fluides sous haute pression pourrait induire des secousses, selon des avertissements scientifiques relayés par l’Union des chambres des ingénieurs et architectes turcs (TMMOB).

Ali Rıza Vural, membre de la plateforme écologique Varto et originaire du village de Badan, explique : « Ce projet menace directement nos lieux de vie et risque de détruire complètement l’écosystème local. Nous pensons qu’il vise à dépeupler la région. »

Mehmet Harmancı, habitant du village de Kargapazarı à Karlıova, va plus loin : « Rien qu’à Kargapazarı, on parle de 100 000 animaux. Ce projet signifie la destruction de centaines de milliers d’êtres vivants. C’est un massacre écologique. Ils veulent transformer toute la zone entre les deux districts en désert et forcer les gens à migrer. »

Une opposition structurée

Depuis 2023, les villageois ont découvert les recherches de l’entreprise, initialement présentées comme des études sur la faille sismique ou des projets de tourisme thermal et d’agriculture sous serre. Face à l’annonce de forages débutant potentiellement en mai, ils ont réagi rapidement :

  • Création de comités villageois indépendants de toute structure politique.

  • Dépôt de requêtes juridiques avec procuration collective aux avocats.

  • Manifestations : une grande marche a eu lieu le 24 mars à Varto ; une autre est prévue le 24 avril avec la participation des habitants de Varto vivant dans les grandes villes de l’ouest.

L’avocate Bahar Koç, qui représente les villageois, indique que les recours en annulation (avec demande de suspension d’exécution) seront déposés dès réception des décisions administratives, notamment celle de « non-requise d’étude d’impact environnemental » (EIE) délivrée par le gouvernorat de Muş.

Des députés du DEM (Ömer Faruk Hülakü, Sezai Temelli, Sümeyye Boz) et du CHP (Doğan Demir) ont interpellé le gouvernement via des questions parlementaires.

Position de l’entreprise

Ignis H2 Energy, fondée en 2021 à Houston (États-Unis), s’appuie sur son expertise pétrolière et gazière pour développer la géothermie. Dans un communiqué, elle explique que les permis (dont celui de Kargapazarı) se situent dans un contexte volcano-tectonique complexe à la triple jonction de Karlıova. Les travaux réalisés jusqu’ici incluent des études géologiques de surface, des prélèvements et des levés magnétotelluriques (MT) pour modéliser le sous-sol. L’entreprise met en avant le potentiel géothermique élevé de la région et son ambition de produire une énergie renouvelable de base.

Kurdistan irakien sous le feu : l’Iran et ses proxies irakien frappent Erbil

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IRAK / KURDISTAN – Depuis fin février 2026, dans le contexte de la guerre opposant Israël et les États-Unis à l’Iran, la Région du Kurdistan d’Irak (KRI), et particulièrement sa capitale Erbil, subit une campagne intensive d’attaques aux missiles balistiques et drones lancés par l’Iran (via les Gardiens de la Révolution – IRGC) et par les milices chiites irakiennes pro-Iran (sous l’égide des Forces de Mobilisation Populaire – PMF).

Selon les données disponibles début avril 2026, plus de 650 attaques ont visé le Kurdistan irakien en un peu plus d’un mois. La grande majorité (près de 80 %) a frappé la province d’Erbil. Les cibles incluent :

  • Les bases américaines et la nouvelle annexe du consulat américain à l’aéroport international d’Erbil

  • Les positions des Peshmerga (forces armées du Gouvernement Régional du Kurdistan)

  • Les quartiers généraux des groupes d’opposition kurdes iraniens en exil

  • Des infrastructures énergétiques (comme le champ gazier de Khor Mor)

  • Des zones résidentielles et des sites civils

Ces frappes ont causé des victimes : au moins 2 civils kurdes tués et plusieurs blessés au total, dont une attaque particulièrement meurtrière le 24 mars 2026 qui a tué 6 Peshmerga et blessé plus de 20 autres dans la région de Soran, au nord d’Erbil. D’autres incidents ont touché des soldats de la coalition (dont un soldat français tué).

Dindar Zebari, responsable de la coordination internationale du Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK), a réagi avec fermeté :

« En tant qu’État souverain, l’Irak porte la responsabilité première de protéger ses citoyens. Les attaques en cours affectant Erbil et la région du KRI mettent en évidence des violations du droit international humanitaire et la nécessité urgente de protéger les civils et d’assurer la responsabilité. »

Les autorités kurdes soulignent que Bagdad semble incapable – ou peu disposé – à contrôler ces milices pro-iraniennes qui opèrent depuis le territoire irakien fédéral. Les interceptions par les systèmes de défense antiaérienne américains ont limité les dégâts, mais les explosions nocturnes, les sirènes et les débris tombant sur les quartiers résidentiels (comme Ankawa) ont plongé la population d’Erbil dans une tension permanente.

Cette escalade place le Kurdistan irakien dans une position particulièrement vulnérable : il est frappé à la fois par l’Iran et ses proxies, alors même que la région accueille une importante présence américaine et sert de refuge à des opposants kurdes iraniens.

L’Iran a intensifié les attaques contre les zones kurdes d’Irak

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IRAK / KURDISTAN – Au cours du premier mois de la guerre en cours entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) a lancé 88 attaques par missiles et drones ciblant directement les bases du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) dans la Région du Kurdistan irakien.

Ces frappes, menées principalement sur les camps situés près de Koya (Koysinjaq) et d’Erbil, ainsi que sur des positions des Peshmergas dans les zones montagneuses, ont délibérément visé des infrastructures civiles : bibliothèques, hôpitaux de campagne, centres médicaux et quartiers résidentiels abritant les familles des militants et réfugiés.

Selon le bilan communiqué, plus de 650 missiles et drones ont été tirés au total sur les régions kurdes d’Irak au cours de ce mois, entraînant la mort de 14 personnes et faisant 93 blessés. Plusieurs victimes étaient des membres de partis d’opposition kurdes iraniens.

Le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) condamne avec la plus grande fermeté ces agressions répétées, qu’il qualifie d’actes de terrorisme d’État.

« Ces attaques constituent des violations graves du droit international et du droit humanitaire. Elles démontrent une fois de plus l’hostilité profonde et persistante du régime iranien envers le peuple kurde, où qu’il se trouve dans les quatre parties du Kurdistan », déclare le parti.

Le PDKI souligne que ces frappes s’inscrivent dans une stratégie délibérée d’intimidation et de destruction visant non seulement les forces d’opposition, mais aussi les civils kurdes qui ont fui la répression en Iran. Elles visent à briser la volonté de résistance et à empêcher toute activité politique ou militaire depuis le territoire irakien.

Le parti appelle la communauté internationale, les États-Unis, les pays européens et les autorités de la Région du Kurdistan irakien à condamner fermement ces agressions, à renforcer la protection des camps de réfugiés et des bases de l’opposition démocratique iranienne, et à prendre des mesures concrètes contre les crimes de guerre commis par l’IRGC.

Le PDKI réaffirme sa détermination : ces attaques ne feront que renforcer sa résolution à lutter pour la liberté, la démocratie et les droits du peuple kurde en Iran. La résistance kurde ne sera pas réduite au silence par la terreur.

De Bretagne au Kurdistan : la force du matrimoine

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BRETAGNE – À l’occasion du mois de mars et de la Journée internationale des droits des femmes, les Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB), en partenariat avec Zin 35 et avec le soutien de la Maison Internationale de Rennes, ont organisé une soirée-débat à Rennes autour du thème du matrimoine — le patrimoine culturel transmis et défendu par les femmes.

L’intervention s’est ouverte en breton par Tifenn Siret, porte-parole de l’Union Démocratique Bretonne (UDB) et co-autrice de l’ouvrage collectif « Kezeg an heol – Femmes effacées, féminismes occultés ? » (Éditions Goater, 2025). À ses côtés, les représentantes de l’association kurde Kassed (du Kurdistan de Turquie) et leur interprète arboraient de magnifiques robes traditionnelles kurdes colorées et pailletées, symboles vivants de résistance culturelle.

Le ton était donné : il s’agissait de mettre en lumière le rôle central des femmes dans la préservation et la transmission des cultures minorisées, face aux pressions patriarcales et aux politiques d’assimilation étatiques.

En Bretagne : femmes visibles, mais dans une société patriarcale

Tifenn Siret a d’abord dissipé un mythe tenace : la Bretagne n’a jamais été une société matriarcale. « C’est une société patriarcale dans laquelle les femmes sont très visibles dans le travail et la gestion du quotidien », a-t-elle rappelé.

Dans cette région maritime où les hommes partaient souvent en mer, les femmes ont historiquement assumé de lourdes responsabilités : gestion du foyer, travail aux champs, avec le bétail, sur les marchés, à la transformation des produits agricoles, à la pêche à pied, à la collecte des algues, à la réparation des filets ou à la vente du poisson. Cette présence forte dans la sphère économique a forgé l’image de femmes actives et autonomes, mais sans pour autant leur garantir une égalité politique ou des droits complets.

L’ouvrage « Kezeg an heol » (« Le cheval du soleil ») collectif, réunissant une vingtaine d’autrices (militantes, universitaires, artistes, élues), met en lumière ces « femmes effacées » et ces « féminismes occultés ». Tifenn Siret y retrace un activisme joyeux et concret : grèves, revendications, actions associatives et collectives, portées par un point de vue féminin contemporain.

Au Kurdistan : les femmes, gardiennes de la culture face à la colonisation

Du côté kurde, les représentantes de Kassed, membres du Mouvement des Femmes Libres (TJA), ont témoigné de la violence culturelle subie sous l’autorité de l’État turc. Dès la fondation de la République en 1923, les vêtements traditionnels ont été interdits, avant même la répression linguistique. Malgré cela, les femmes kurdes ont résisté avec force.

Ce sont avant tout les mères qui ont préservé la culture : elles continuaient à porter les habits traditionnels, à parler la langue kurde, à chanter pour leurs enfants et à transmettre les histoires. Pendant que les intellectuels étaient réduits au silence ou contraints à l’exil pendant des décennies, les femmes ont maintenu vivante la mémoire collective à travers les pratiques quotidiennes, la musique, les récits oraux et la tradition des dengbêj (chanteurs-poètes).

Le nord du Kurdistan (en Turquie) reste perçu comme un territoire colonisé. Dans ce contexte, les associations comme Kassed jouent un rôle essentiel pour promouvoir et protéger la culture kurde. Ces vingt dernières années ont vu des avancées significatives, notamment grâce aux écrits féministes et à la jinéologie (« science de la femme »), concept théorisé dans le mouvement kurde pour penser l’égalité femmes-hommes et libérer la société du patriarcat, du capitalisme et de l’État.

Les femmes kurdes affrontent une double oppression : celle de l’État central et celle du patriarcat traditionnel, qui leur donne moins accès aux arts. Kassed s’emploie donc à leur ouvrir des espaces de création et de production culturelle, à leur donner confiance pour s’exprimer sur scène, dans la littérature, les arts visuels ou les arts de la scène.

La culture comme arme de résistance et de libération

Le panel a également exploré comment, pour les femmes kurdes, la culture n’est pas seulement un champ artistique, mais un pilier de résistance : préservation de l’identité, transmission de la mémoire collective, continuité de l’existence et organisation collective face aux politiques d’assimilation et de déni.

Musique, récit oral, vêtements traditionnels, littérature et pratiques quotidiennes deviennent des outils de lutte. La sauvegarde du patrimoine culturel est indissociable de la lutte pour la liberté des femmes. La culture devient ainsi un lieu de mémoire, un langage de résistance et un moyen de construire une vie libre et autodéterminée.

Cette soirée a illustré la solidarité concrète entre femmes bretonnes et kurdes, unies par la conviction que défendre le matrimoine — ce patrimoine vivant transmis par les mères et les femmes — est au cœur des combats pour la dignité culturelle et l’émancipation. (Amitiés kurdes de Bretagne)

Pour plus d’info sur Breizh Femmes, média féministe en ligne de Bretagne :

www.breizhfemmes.fr
contact@breizhfemmes.fr
https://www.facebook.com/breizhfemmes

IRAK. 46e anniversaire du génocide des Kurdes Feyli : une plaie toujours ouverte

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IRAK / KURDISTAN – Le 4 avril 2026 marque le 46e anniversaire du début de la campagne systématique de persécution et de génocide lancée par le régime baasiste de Saddam Hussein contre les Kurdes Feyli (ou Feyliés, en kurde : Kurdên Feylî). Cette communauté kurde chiite, historiquement implantée à Bagdad, dans la province de Diyala, à Khanaqin, Jalawla, Kut et dans d’autres régions frontalières avec le Kurdistan d’Iran, a été victime d’une politique délibérée d’épuration ethnique, de déportations massives, d’exécutions et de spoliations.

Contexte historique et déroulement des crimes

Dès les années 1970, sous la présidence d’Ahmed Hassan al-Bakr puis de Saddam Hussein, le régime irakien a ciblé les Feyli en raison de leur identité kurde et de leur supposée « loyauté » envers l’Iran (beaucoup avaient des origines basées au Kurdistan iranien).

La campagne s’est intensifiée le 4 avril 1980 avec des opérations de « nettoyage » à Bagdad, Diyala, Kut, Khanaqin, Jalawla, Mandali, Naft Khana et ailleurs. Des décrets comme le n° 666 ont retiré la citoyenneté irakienne à des dizaines de milliers de personnes, les transformant du jour au lendemain en « étrangers ».

Les familles étaient raflées à leur domicile, à leur travail ou à l’école. Elles n’avaient le droit d’emporter que les vêtements qu’elles portaient. Les biens (maisons, commerces, terres) étaient confisqués. Les hommes adultes étaient souvent séparés de leurs familles et envoyés en prison ou dans des centres de détention, où beaucoup ont été torturés ou exécutés.

Selon les estimations les plus couramment admises :

  • Entre 300 000 et 500 000 Kurdes Feyli ont été déportés de force vers l’Iran.

  • Au moins 15 000 à 25 000 personnes ont disparu ou ont été exécutées (certaines sources kurdes évoquent jusqu’à 22 000 à 23 000 exécutions, dont des jeunes hommes envoyés aux champs de mines ou soumis à des expériences chimiques).

Ces crimes s’inscrivent dans une politique plus large d’arabisation et d’élimination de l’identité kurde en Irak, qui culminera plus tard avec l’opération Anfal (1987-1988). Les Feyli ont été particulièrement visés car ils étaient à la fois kurdes et chiites, deux « menaces » aux yeux du régime sunnite baasiste.

Reconnaissance officielle comme génocide

Après la chute de Saddam Hussein en 2003, la justice irakienne a progressivement reconnu ces atrocités :

  • En 2008, le Haut Tribunal pénal irakien (Iraqi High Criminal Court) a qualifié les crimes de génocide.

  • En 2010-2011, le Parlement irakien a voté la reconnaissance officielle du génocide des Kurdes Feyli.

Ces décisions ont ordonné en théorie la restitution de la citoyenneté, le retour des biens confisqués et l’octroi de compensations. Pourtant, plus de 46 ans après le début des crimes et 23 ans après la chute du régime, la grande majorité des survivants et de leurs descendants attendent toujours une réparation concrète. Beaucoup restent apatrides ou en situation précaire en Irak ou en Iran.

Commémorations du 46e anniversaire (2026)

À l’occasion de cet anniversaire, les autorités de la Région du Kurdistan (KRI) et les représentants feyli ont renouvelé leurs appels à la justice. Le président de la Région du Kurdistan, Nechirvan Barzani, a traditionnellement marqué ces commémorations par des déclarations solennelles (comme en 2025 pour le 45e anniversaire), exhortant le gouvernement fédéral irakien à appliquer les décisions de justice : compensation complète, rétablissement de la citoyenneté pleine et entière, restitution des propriétés et résolution des griefs en suspens.

Des responsables du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), dont Azad Shafi (chef de la cinquième branche), ont rappelé que l’oppression contre les Feyli dure depuis près d’un siècle, depuis la création de l’État irakien. Ils dénoncent le fait que, plus de vingt ans après la chute du Baas, certaines lois et décrets de l’ancien régime restent encore en vigueur et que l’article 140 de la Constitution irakienne (concernant les zones disputées) n’est pas appliqué dans leur cas.

Les survivants et leurs descendants parlent d’une « plaie sanglante » qui n’a toujours pas cicatrisé. Des conférences et rassemblements ont lieu régulièrement à Erbil, Sulaymaniyah et Bagdad pour documenter les témoignages, exiger l’internationalisation du dossier et appeler à la ratification par l’Irak du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.


Un chapitre sombre de l’histoire irakienne

Le génocide des Kurdes Feyli n’est pas un événement isolé. Il fait partie d’une série d’atrocités commises par le régime baasiste contre les Kurdes d’Irak (Anfal, Halabja, massacres des Barzanis, etc.). Il symbolise la volonté d’effacer une composante essentielle de la mosaïque irakienne.

Aujourd’hui, les Feyli continuent de jouer un rôle important dans la vie politique et sociale du Kurdistan et de l’Irak. Leur combat pour la justice et la mémoire reste un enjeu majeur pour la réconciliation nationale irakienne.

Les Kurdes Feyli demandent non seulement des réparations matérielles, mais aussi la reconnaissance pleine et entière de leur souffrance, afin que ce « chapitre sombre » ne se reproduise plus et que les générations futures puissent vivre dans un Irak véritablement pluraliste et juste.

46 ans après, la quête de justice pour les Kurdes Feyli demeure inachevée. Les appels lancés depuis Erbil et Bagdad rappellent que la paix et la stabilité en Irak passent aussi par la réparation des crimes du passé.

Contre l’oubli de l’exil : la diaspora kurde de Norvège lance ses propres écoles de langue

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Soutenue par le Gouvernement régional du Kurdistan, une initiative éducative d’envergure voit le jour en Norvège. En collaboration avec les centres kurdes d’Oslo, plusieurs écoles ouvriront prochainement leurs portes afin de permettre aux Kurdes de la diaspora de maintenir un lien vital avec leur langue et leur culture.

Une première école de langue proposera un enseignement dans les deux principaux dialectes, le sorani et le kurmanji. Porté par des enseignants bénévoles, ce projet s’inscrit dans une volonté plus large de sauvegarde du patrimoine immatériel kurde au sein des nouvelles générations.

Rezvan Warmeli, chef de la diaspora kurde en Norvège, a précisé au journal « The New Region » que l’établissement débutera ses activités avec quatre classes, chacune pouvant accueillir jusqu’à 17 élèves. Il a également souligné que cette création bénéficie de l’appui technique et institutionnel de la Confédération de la langue kurde.

Un programme entre racines et intégration

Selon les informations transmises par la Confédération au site The New Region, le ministère de l’Éducation du GRK fournira l’ensemble des manuels et fournitures scolaires. Si le programme s’appuie initialement sur le système éducatif de la région du Kurdistan, l’objectif à terme est d’adopter le modèle pédagogique norvégien (d’origine finnoise) pour favoriser une intégration harmonieuse.

Cette dynamique fait suite à la signature, en mars 2025, d’un protocole d’accord entre le Premier ministre Masrour Barzani, le ministère de l’Éducation et le Centre de la diaspora kurde. Ce partenariat vise à structurer l’enseignement du kurde à l’étranger en y intégrant l’histoire nationale et les luttes historiques du peuple kurde face à l’injustice.

« Nous prévoyons d’ouvrir davantage d’écoles de langue kurde à travers la Norvège », a déclaré Derin Mahmoud, enseignant bénévole. Bien que les inscriptions officielles ne soient pas encore closes, une cinquantaine d’élèves se sont déjà manifestés pour intégrer ce cursus.

Un enjeu de transmission face à l’exil

Au cours des dernières décennies, des milliers de Kurdes ont été contraints à l’exil vers l’Occident. Originaires du Kurdistan d’Irak, de Turquie, d’Iran ou de Syrie, ces familles ont fui des décennies de conflits politiques, de répression systématique et de violences. Dans ce contexte de déracinement, l’école devient un sanctuaire pour la transmission d’une identité souvent menacée dans les pays d’origine.

Syrie : enlèvements, viols et rançons – les femmes et filles alaouites prises pour cible

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SYRIE – Depuis plus d’un an, des femmes et des filles alaouites sont régulièrement enlevées, séquestrées, violées et parfois libérées contre rançon par des gangs criminels, sans que cela suscite une réelle mobilisation de la communauté internationale.

Alors qu’on est sans nouvelles des femmes kurdes ou de combattantes des YPJ enlevées par Damas en janvier, le drame systématique touchant la minorité alaouite est également ignoré par la communauté internationale, malgré des preuves accablantes.

Une enquête approfondie du New York Times, publiée ce jour, révèle que ces enlèvements sont bien plus fréquents et brutaux que ne l’admet le gouvernement de transition syrien.

Un exemple parmi d’autres : En mai dernier, une adolescente de 16 ans a quitté son domicile dans le nord-ouest de la Syrie pour se rendre dans une boutique et a disparu. Des semaines plus tard, sa famille a reçu un appel anonyme exigeant des milliers de dollars pour sa libération. Après paiement de la rançon, la jeune fille est rentrée chez elle plus de 100 jours après son enlèvement. Elle a confié à ses proches avoir été détenue dans un sous-sol humide, droguée et violée par plusieurs hommes. Un examen médical a révélé qu’elle était rentrée enceinte.

Le New York Times a vérifié 13 cas d’enlèvements de femmes et filles alaouites (ainsi qu’un homme et un garçon). Cinq des victimes ont déclaré avoir été violées ; deux sont rentrées enceintes. Dans un autre cas documenté, une femme de 24 ans a été détenue trois semaines dans une pièce crasseuse, où elle a été violée, battue, rasée (tête et sourcils) et tailladée avec des lames de rasoir. Sa famille a payé les ravisseurs pour obtenir sa libération.

Depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024, de nombreuses familles alaouites alertent sur les réseaux sociaux. Elles craignent que leur communauté – à laquelle appartenait le dictateur déchu – ne soit visée en représailles par certains groupes sunnites. Les Alaouites représentent environ 10 % de la population syrienne.

Le gouvernement de transition nie tout ciblage systématique et affirme n’avoir confirmé qu’un seul cas. Pourtant, l’enquête du New York Times, basée sur des dizaines d’entretiens (la plupart sous anonymat par peur de représailles), des captures d’écran de demandes de rançon, des virements et des témoignages de travailleurs médicaux, contredit cette version.

Ces violences interviennent dans un climat de profonde méfiance. L’association des Alaouites au régime Assad par une partie des nouveaux dirigeants a déjà conduit à des violences sectaires meurtrières en mars 2025 (environ 1 400 morts selon l’ONU), avec la participation des forces de sécurité de Damas.

Beaucoup de victimes et de leurs familles dénoncent l’inaction ou le manque de sérieux des autorités face à ces affaires.

Ces enlèvements, motivés à la fois par l’appât du gain et la haine anti-alaouite, alimentent la terreur au sein d’une minorité déjà fragilisée.