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La revue Études kurdes devient Studia Kurdica

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PARIS — Le numéro 18 de Studia Kurdica, revue semestrielle de référence sur les études kurdes, anciennement intitulée Études kurdes, paraîtra la semaine prochaine.

Une revue fondée en 1999

La revue Études kurdes a été fondée en 1999 à Paris par un groupe de chercheurs. Elle s’inscrit dans l’essor des publications académiques consacrées à la culture et à la société kurdes observé ces dernières décennies. Publiée en lien étroit avec l’Institut kurde de Paris, elle s’est rapidement imposée comme un outil scientifique de premier plan dans le champ des études kurdes. Depuis sa création, Études kurdes (désormais Studia Kurdica) propose une publication semestrielle bilingue (français et anglais). Elle vise à informer les spécialistes et le public intéressé sur tous les aspects de la société kurde : langue, littérature, sociologie, anthropologie, histoire, politique et relations internationales.

La revue remplit plusieurs missions :

Publier des dossiers thématiques approfondis
Accueillir des articles varia
Proposer des comptes-rendus d’ouvrages
Mettre à disposition des documents d’archives ou contemporains
Offrir un forum aux jeunes chercheurs

Une évolution de nom, une continuité scientifique

Le passage d’Études kurdes à Studia Kurdica marque une nouvelle étape dans l’histoire de la revue, tout en conservant la même ligne éditoriale et la même exigence scientifique.

Pour plus d’informations sur les numéros précédents, les sommaires et les archives, vous pouvez consulter le site officiel : www.etudeskurdes.org

SYRIE. Les étudiants kurdes exigent la reconnaissance de leurs diplômes

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SYRIE / ROJAVA — Des étudiants de l’École pétrochimique de l’Université de Rojava, située à Qamishlo dans la région d’al-Jazira, exigent la reconnaissance officielle par Damas de leurs diplômes et la validation de leurs années d’études. Ils appellent également à l’inscription de la langue kurde dans la nouvelle constitution syrienne.

Pour ces étudiants, l’éducation dans leur langue maternelle constitue un droit légitime et fondamental. Ils soulignent que la reconnaissance de la langue kurde représente bien plus qu’un enjeu linguistique : il s’agit d’une question d’identité, de culture et d’existence du peuple kurde en Syrie.

Les demandes des étudiantes

Helen Ibrahim, étudiante en quatrième année, a déclaré : « Tous les Kurdes doivent exiger l’inscription de la langue kurde dans la nouvelle constitution syrienne, ainsi que la reconnaissance des diplômes de l’Université de Rojava. Si nous étudions aujourd’hui en kurde, c’est grâce au sang des martyrs. Nous devons défendre notre langue, car elle est une question d’existence et d’identité. »

Miraf Issa, également en quatrième année, a insisté : « L’apprentissage en kurde est un droit légitime. La langue représente notre culture et notre existence. L’université et l’éducation en kurde ont été rendues possibles grâce aux sacrifices de milliers de martyrs. Nous devons préserver cet acquis. »

De son côté, Lavin Batal a ajouté : « Nous étudions en kurde depuis l’école primaire. Le gouvernement intérimaire doit reconnaître nos diplômes universitaires et inscrire la langue kurde dans la constitution. La langue kurde doit être présente dans les écoles, les universités, ainsi que dans les institutions culturelles et médiatiques de la nouvelle Syrie. »

Les étudiants de l’Université de Rojava considèrent que la reconnaissance de leurs diplômes et de leur langue n’est pas seulement une revendication académique, mais un acte de justice et de respect envers des années de lutte et de sacrifices.

IRAN. Deux prisonniers politiques kurdes exécutés à Naqadeh

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IRAN / ROJHILAT – Ramin Zaleh et Karim Maroufpour, deux otages kurdes, ont été exécutés aujourd’hui par le régime iranien. Ils avaient été condamnés à mort à l’issue d’un simulacre de procès sans avocat ni garanties judiciaires, sur la base d’aveux extorqués sous la torture.

Les autorités iraniennes ont exécuté en secret deux prisonniers politiques kurdes, Ramin Zaleh et Karim Maroufpour, tous deux originaires de Naqadeh, qui avaient été condamnés à mort dans une affaire commune pour appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI).

Selon les informations obtenues par l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme, les condamnations à mort de Ramin Zaleh et Karim Maroufpour ont été exécutées en secret à l’aube du mercredi 21 mai 2026 à la prison centrale de Naqadeh, sans préavis à leurs familles ni possibilité de visite finale.

Simultanément aux exécutions, le centre médiatique du pouvoir judiciaire (agence de presse Mizan) a publié un communiqué confirmant les exécutions et accusant les deux prisonniers kurdes d’« appartenance à des groupes terroristes séparatistes », de « rébellion armée » et de « tentative d’assassinat ».

Hengaw souligne que de telles accusations répétées sont systématiquement portées contre des militants politiques au Kurdistan sur la base d’aveux forcés obtenus sous la torture.

Contexte de l’affaire Ramin Zaleh

Ramin Zaleh, un habitant de Naqadeh, a été arrêté le 22 juillet 2024 par les forces du ministère du Renseignement et transféré à la prison centrale de Naqadeh.

Après avoir enduré 507 jours de détention et de limbes juridiques, il a finalement été condamné à mort par la 1ère chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad, présidée par le juge Siyami, pour « baghi ​​(rébellion armée) par appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien ».

Après des mois d’isolement, son procès n’a duré que quelques minutes et s’est déroulé dans une opacité totale, sans qu’il puisse choisir son avocat. Sa condamnation à mort lui a été officiellement notifiée en prison le 6 décembre 2025.

Contexte de l’affaire Karim Maroufpour

Karim Maroufpour, un homme de 29 ans originaire de Naqadeh, avait déjà été arrêté le 23 mars 2021 par les forces gouvernementales iraniennes à Sardasht.

Hengaw avait précédemment rapporté que Maroufpour avait été sévèrement battu lors de son arrestation.

Il a été arrêté pour avoir prétendument collaboré avec le Parti démocratique du Kurdistan iranien et a subi une disparition forcée prolongée sans aucun contact avec sa famille avant d’être finalement condamné à mort aux côtés de Ramin Zaleh par le tribunal révolutionnaire de Mahabad à l’issue d’un processus judiciaire inéquitable, pour « baghi ​​(rébellion armée) en raison de son appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien ».

L’organisation Hengaw pour les droits de l’homme condamne fermement les exécutions secrètes de Ramin Zaleh et Karim Maroufpour, les qualifiant de continuation des crimes systématiques du gouvernement iranien contre les militants politiques kurdes et de cas flagrant d’assassinat d’État.

Hengaw appelle une fois de plus à l’isolement diplomatique de la République islamique d’Iran et à une action internationale ferme contre la machinerie d’exécutions et de violence d’État que l’Iran perpétue.

 

ROJAVA. Les Kurdes exigent la libération des otages à l’approche de l’Aïd al-Adha

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SYRIE / ROJAVA — À quelques jours seulement de l’Aïd al-Adha, prévu le 27 mai, la question des prisonniers kurdes détenus par le gouvernement intérimaire syrien reste bloquée, plongeant les familles dans l’angoisse et la colère.

Quatre mois après la signature de l’accord du 29 janvier, l’échange de prisonniers n’est toujours pas finalisé, malgré plusieurs promesses répétées des autorités de Damas.

Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, avait déjà alerté dans un entretien avec l’agence ANHA : la question des détenus continue d’être utilisée comme monnaie d’échange politique. Selon lui, bien que le processus d’intégration soit en cours, l’accord sur les prisonniers n’a pas été pleinement appliqué.

Environ 400 prisonniers encore détenus

Selon des sources proches du dossier, près de 400 personnes, dont des combattants des FDS et des civils, demeureraient toujours emprisonnées dans les geôles du gouvernement intérimaire.

Plusieurs vagues d’échanges ont déjà eu lieu : 10 mars : 100 prisonniers contre 100 19 mars : 300 prisonniers contre 300 11 avril : 400 personnes libérées par Damas contre 91 par les FDS 8 mai : 232 membres des FDS et plusieurs civils libérés

Malgré ces avancées, de nombreux cas restent en suspens.

Le porte-parole de la présidence, Ahmed al-Hilali, avait assuré que les autorités procédaient à un recensement final des détenus afin de clore le dossier avant l’Aïd al-Adha. De son côté, Sipan Hamo (Samir Ousso), vice-ministre de la Défense chargé des affaires de la région de l’Est, a qualifié le mécanisme d’échange actuel de « défectueux » et jugé « inacceptable » toute exploitation politique des familles des prisonniers.

Des manifestations quotidiennes

Depuis le 29 janvier, les familles des détenus se mobilisent quotidiennement dans plusieurs villes du nord-est de la Syrie, notamment à Jazira et Kobané, pour réclamer la libération rapide de leurs proches et l’application intégrale de l’accord.

Création de la Maison du Kurdistan de France

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PARIS – Agit Polat, membre du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), annonce la création de la Maison du Kurdistan de France (MKF) :

« Lundi prochain aura lieu la première réunion de ce nouveau projet associatif franco-kurde d’envergure nationale. Nous échangerons ensemble pour construire l’avenir de la vie associative kurde en France. »

RDV le 25 mai 2026, à 18h, pour un « atelier de co-création » de la MKF

ADRESSE :
7 Avenue de la Résistance

93240 STAINS

Évènement ouvert au public

IRAN. Les soldats iraniens abattent un civil baloutche

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IRAN – Mehran Narouei, un Baloutche originaire du village de Qareh Qach dans le comté d’Azadshahr (province de Golestan), a été tué par les forces militaires iraniennes le dimanche 17 mai 2026, rapporte l’ONG kurde Hengaw.

Selon les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme et le média Haalvsh, Narouei circulait à moto lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu à balles réelles sans aucun avertissement ni sommation. Touché par les premiers tirs, il a perdu le contrôle de son véhicule. Les soldats se sont alors approchés et ont tiré à bout portant sur l’homme à terre.

Aucune explication n’a été fournie par les autorités provinciales de Golestan concernant cette exécution extrajudiciaire.

Une journée contre le génocide culturel ciblant les Kurdes ?

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TURQUIE / KURDISTAN – Réfléchissons un instant : alors que la société kurde subit un génocide culturel d’une rare violence et ne dispose d’aucun statut politique, est-il possible que seule la langue kurde acquière un statut propre ? Cela ne saurait arriver.

Les Kurdes de Bakur (Kurdistan du Nord) ont mené ce mois-ci, comme sortis d’une longue torpeur, une campagne pour défendre la langue kurde. Des événements significatifs ont été organisés le 15 mai, à l’occasion de la Journée de la langue kurde. Ils ont dénoncé la répression intense et l’assimilation forcée dont les Kurdes sont victimes, tout en revendiquant la reconnaissance du kurde comme langue d’enseignement et son octroi d’un statut officiel.

Toutes ces déclarations et revendications sont justes et légitimes. Aucun démocrate ne saurait s’y opposer. Nous non plus. Au contraire, nous souhaitons qu’elles soient mises en œuvre sans délai. Cependant, comme l’ont justement souligné plusieurs intellectuels, qui se chargera concrètement de leur application ? Est-il réaliste d’attendre tout de l’État ? Quel est le rôle de l’État et quel est celui de l’industrie ?

Ni l’État turc ni la société kurde n’ont pleinement assumé leurs responsabilités en la matière. La République de Turquie interdit le kurde depuis près d’un siècle. Pour parachever l’assimilation linguistique, elle a déployé tous les moyens à sa disposition dans une offensive organisée et systématique, parvenant ainsi à une assimilation très avancée au sein de la société kurde.

Cette réalité est connue de tous. L’État qui mène cette assimilation sait parfaitement ce qu’il fait. Quant aux personnes qui la subissent, elles en sont, dans une large mesure, conscientes et en sont même arrivées à une forme d’auto-assimilation. Une émission de télévision que j’ai récemment regardée posait d’ailleurs clairement la question : « Nous savons ce que fait l’État, mais n’y a-t-il pas également, dans les individus et dans la société qui vivent cette situation, des éléments qui méritent d’être critiqués ? »

C’est dans ce contexte que, parallèlement aux activités en faveur de la langue kurde, les médias ont rapporté le décret du mufti de Diyadin interdisant tout sermon dans une autre langue que le turc. Face à cette décision scandaleuse, la réaction des défenseurs du kurde est restée très timide. Or, si les Kurdes réagissent avec tant de passivité face aux attaques directes contre leur langue, l’assimilation ne pourra que s’intensifier. Pourtant, tout peut être compromis, sauf la langue maternelle, qui est inaliénable.

Le mufti de Diyadin n’est pas une exception : toutes les institutions de la République de Turquie pratiquent la même politique. Des gardiens de prison ont récemment agressé des détenus pour avoir parlé kurde, sans susciter de réaction sociale notable. De même, aucune mobilisation significative n’existe au sein des familles kurdes pour préserver la langue à la maison ou refuser l’école turcophone.

Si les Kurdes du Bakûr se montrent aussi passifs, l’administration de Damas, à l’image de l’État turc, s’attaquera à son tour à la langue kurde au Rojava. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit récemment avec la suppression des panneaux bilingues (kurde-arabe) au profit de l’arabe uniquement. La réaction de la société du Rojava, pourtant habituée à l’enseignement en kurde depuis quinze ans, est restée timide. Pire, certains responsables ont minimisé l’affaire en la qualifiant de « temporaire » et « limitée à Hesekê », appelant les jeunes à ne pas réagir.

D’où vient cette situation ? La réponse principale réside dans la dissociation entre la langue et la société. La langue kurde n’est pas la seule à subir répression et assimilation. L’histoire, la culture et la nature même du Kurdistan ont été victimes d’un génocide culturel systématique depuis un siècle. La destruction la plus dangereuse reste celle des mentalités : une attaque organisée visant à priver le peuple kurde de ses propres valeurs, de ses intérêts et de sa capacité à imaginer un avenir libre.

La société kurde, dans son ensemble, est donc victime d’un véritable génocide culturel. La lutte contre l’assimilation linguistique ne peut être dissociée de la lutte plus large contre ce génocide culturel. Tant que la société kurde restera dans cet état, il is illusoire d’espérer un statut officiel pour la langue kurde.

Dès lors, peut-on véritablement parler de « Journée de la langue kurde » le 15 mai ? À notre sens, non. Une langue encore soumise à l’assimilation et au génocide culturel ne peut pas encore prétendre à une telle célébration. Il serait plus juste et plus réaliste d’appeler cette journée « Journée de lutte contre l’assimilation linguistique » ou « Journée de lutte contre le génocide culturel et l’assimilation imposée à la langue kurde ».

Seule une telle lucidité permettra à la société kurde de prendre pleinement conscience de la gravité de la situation et d’assumer ses responsabilités dans la défense de sa langue et de son existence collective.

Par Fuat Ali Riza pour Yeni Ozgur Politika

 

Un Kurde classé meilleur chercheur d’Irak en maladies infectieuses

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IRAK / KURDISTAN – Le professeur Nawfal Rashid Hussein, scientifique kurde, a été désigné meilleur chercheur irakien en maladies infectieuses selon le classement mondial du Scientific Index, l’une des références les plus reconnues pour l’évaluation des chercheurs et des institutions académiques.

Ce classement place également le professeur Nawfal parmi les chercheurs les plus performants au niveau international dans le domaine médical, soulignant l’émergence remarquable des talents scientifiques kurdes sur la scène mondiale.

Actuellement professeur et doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Zakho, dans la région du Kurdistan irakien, le Pr Nawfal Rashid Hussein jouit d’une carrière prolifique. Il est l’auteur de dizaines d’articles scientifiques publiés dans des revues spécialisées, portant notamment sur les maladies infectieuses, la virologie, l’hépatite et la résistance bactérienne aux antibiotiques.

Le Scientific Index évalue les chercheurs selon des critères objectifs et rigoureux : volume de publications, nombre de citations, indice H, et impact scientifique international. Cette distinction vient donc récompenser non seulement la quantité, mais surtout la qualité et l’influence des travaux du professeur kurde.

Réaction

Cette reconnaissance témoigne de l’excellence de la recherche médicale kurde et renforce la visibilité des universités du Kurdistan irakien sur la carte scientifique mondiale.

TURQUIE. Une famille kurde victime de violences policières à Bingol

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TURQUIE / KURDISTAN — Une famille kurde de Bingöl a porté plainte après qu’un raid des forces spéciales de la police, mené à la mauvaise adresse, a tourné à la violence. L’intervention a notamment causé une fracture au bras d’un enfant de 14 ans et des dommages à leur domicile.

L’incident s’est déroulé le 12 mai à 5h50 du matin. Alors que la famille dormait, les policiers ont défoncé la porte et lancé une bombe sonore à l’intérieur du logement. Le père, la mère et leurs trois enfants (âgés de 15, 14 et 9 ans) ont été réveillés en sursaut par l’explosion.

Selon le récit du père, les agents masqués les ont forcés à s’allonger au sol et les ont menottés. L’un des policiers aurait même marché sur le dos du père, qui souffre d’une maladie pulmonaire. Lorsque l’un des enfants a crié pour protéger son père, un agent aurait menacé : « Ne faites pas de bruit, sinon je vous tire dessus. »

La violence s’est intensifiée après la découverte du mot « azadi »

L’avocat de la famille, Yusuf Çakas, a déclaré à bianet que les policiers ont redoublé de violence en apercevant le mot kurde « azadi » (liberté) écrit sur le plâtre du bras de l’enfant de 14 ans.

« Il y a là une atteinte qui dépasse l’intention et qui s’apparente à de la torture », a affirmé l’avocat, qui dispose d’un rapport médical attestant des violences.

Les photos montrent de multiples ecchymoses sur le corps de l’enfant. Ce dernier a également subi une fracture du bras gauche et un gonflement important du nez lors de l’intervention. Il a été hospitalisé et pris en charge en soirée.

Après avoir réalisé leur erreur, les policiers ont quitté les lieux sans perquisition. Un agent des stupéfiants est ensuite venu présenter des excuses à la famille, promettant de prendre en charge les frais.

La famille a déposé plainte contre les forces spéciales pour violation de domicile, dégradation et violences volontaires sur mineur.

TURQUIE. Malatya secouée par un séisme de magnitude 5,6

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TURQUIE / KURDISTAN — Un tremblement de terre de magnitude 5,6 a frappé ce matin le district de Battalgazi, dans la province kurde de Malatya.

La secousse, survenue à 9h00 heure locale (6h00 GMT), avait son épicentre à Gülümuşağı, dans le district de Battalgazi. Selon l’AFAD, le séisme s’est produit à une profondeur faible de 7,03 km, ce qui explique qu’il ait été fortement ressenti dans toute la ville de Malatya et dans les provinces voisines, notamment à Adıyaman.

De nombreux habitants sont sortis paniqués dans les rues du centre-ville après la secousse.

Malatya figure parmi les provinces les plus durement touchées par les puissants séismes de février 2023 dont l’épicentre était à Kahramanmaraş.

Mercan Gül : L’État veut « réécrire » l’histoire alévie

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TURQUIE / KURDISTAN – Mercan Gül, coprésidente des Associations démocratiques alévies (DAD), dénonce une offensive systématique de l’État turc visant à remodeler l’alévisme selon sa propre grille de lecture et à réécrire son histoire.

Les récentes attaques contre des sanctuaires kurdes-alévis ont provoqué une vive indignation au sein de la communauté alévie. Pour les organisations alévies, les profanations du sanctuaire de Düzgün Baba et du tombeau d’Elif Ana ne constituent pas des actes isolés, mais s’inscrivent dans une politique délibérée et structurelle.

Le 14 mai, le sanctuaire de Düzgün Baba, situé dans la province kurde-alévie de Dersim, a été attaqué. Quelques jours plus tard, le tombeau d’Elif Ana, dans le district de Pazarcık (Bazarcix) à Maraş, également à majorité kurde-alévie, a subi le même sort. Les organisations alévies ont exigé l’ouverture d’une enquête sérieuse et indépendante.

Interrogée par l’agence ANF, la coprésidente des Associations démocratiques alévies (en kurde : Komeleya Elewîyan a Demokratîkî ; en turc : Demokratik Alevi Dernekleri, DAD), Mercan Gül a insisté sur le caractère systématique de ces agressions : « Ils ne tolèrent même plus nos symboles sacrés, fussent-ils inanimés. »

Une politique historique de négation

Selon elle, ces attaques s’inscrivent dans une offensive plus large et ancienne contre la communauté alévie : « L’État veut écrire l’histoire de chaque époque à sa manière. Il tente de réécrire la nôtre selon sa propre interprétation. Alors même que l’on nous parle de démocratie et de paix, le système se reproduit par des pratiques diamétralement opposées. C’est un problème ancien qui perdure. »

Elle relie explicitement ces profanations à d’autres formes de violences : « Ces attaques, qui visent à la fois notre géographie, nos femmes et nos valeurs sacrées, sont les pièces d’un même système. Les agressions contre les femmes lors du massacre de Dersim sont directement liées à l’attaque actuelle contre la statue d’Elif Ana. Ils ne supportent même pas que nos symboles sacrés, pourtant inanimés, existent. »

Mercan Gül a déclaré qu’une vaste offensive est menée contre la communauté alévie et a soutenu que ces attaques s’inscrivent dans une politique historique bien plus profonde. Il a affirmé : « L’État veut écrire l’histoire de chaque époque à sa manière ; autrement dit, il veut réécrire notre histoire selon sa propre interprétation. Paradoxalement, alors même que l’on est censé parler de démocratie et de paix, le système tente de se reproduire par une approche diamétralement opposée. Il s’agit d’un problème ancien qui perdure. Les attaques perpétrées aujourd’hui contre nos lieux saints ne sont pas sans lien avec l’assassinat de Gülistan Doku ni celui de Rojin Kabaiş. »

Ces attaques, qui ciblent la géographie, les femmes et les valeurs sacrées alévies, sont toutes des composantes interdépendantes d’un même système. Si l’on se penche sur l’histoire, les agressions perpétrées contre les femmes lors du massacre de Dersim ne sont pas sans lien avec l’attaque actuelle contre la statue d’Elif Ana, qui nous est sacrée. Ils ne tolèrent même pas que nos symboles sacrés, même inanimés, soient touchés.

On dit souvent : « Le meilleur Kurde est un Kurde mort. » Dans la même optique, pour eux, « le meilleur Alévi est un Alévi mort. » C’est pourquoi les attaques se multiplient. Nous avons récemment vu comment des dedes (chefs spirituels alévis) dits « détenteurs de passeports gris » ont été rassemblés dans les 81 provinces et soumis à des tentatives d’endoctrinement. Je crois que l’État compte mettre en œuvre son propre projet à travers ces personnalités.

Tant que nous laissons nos espaces vides, d’autres tentent de les combler de manière malhonnête. Aujourd’hui, le système cherche à se construire sur l’absence des Kurdes et des Alévis. Il tente d’imposer concrètement l’idée que « les Kurdes n’existent pas » et que « l’alévisme n’est pas une croyance, tout le monde est musulman ».

L’attaque contre les femmes et la culture Rê Heq

« Le système s’attaque aux symboles sacrés de nos femmes parce qu’il les craint », affirme Mercan Gül.

La culture alévie, ancrée dans le système de croyance Rê Heq (la Voie de la Vérité et de la Justice), repose sur l’égalité des sexes, une valeur présente depuis ses origines. Cette égalité, concrétisée notamment par la coprésidence et la place centrale des figures féminines sacrées (Elif Ana, Ana Fatma) et des ocaks portant des noms de femmes, est aujourd’hui reconnue comme un modèle dans de nombreuses luttes progressistes.

« Ils doivent comprendre que nos valeurs sacrées et notre conception de l’égalité hommes-femmes sont aujourd’hui des références internationales. Plus nous affirmons notre identité — “Nous sommes Rê Heq, une croyance autonome en dehors de la religion officielle” —, plus ils tentent de nous enfermer dans un moule qui nous en éloigne. »

La porte-parole rejette les justifications officielles (« recherche de trésor », « déséquilibré mental ») et rappelle les précédents douloureux : Sivas, Madımak, les ossements de femmes jetés dans les rivières de Dersim, les violences sexuelles et les féminicides.

Politique de dépossession d’alévisme

« Nous connaissons cette politique de dépossession de notre essence. Nous promettons, en toutes circonstances, de protéger notre foi Rê Heq, notre langue, notre identité de femmes et notre identité sociale. Personne ne nous contraindra à abandonner cette voie. Nous ne renoncerons pas tant que nos identités ne seront pas pleinement reconnues. »

Nasim Kadirpoor : « Souvenez-vous… Le Kurdistan brûle encore et toujours »

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RENNES – Le 3 juin prochaine, l’Espace Ouest-France aura le privilège d’accueillir l’autrice Nasim Kadirpoor pour une rencontre littéraire exceptionnelle autour de la mémoire et des luttes du peuple kurde à l’occasion de la parution de son livre « Souvenez-vous… Le Kurdistan brûle encore et toujours » (Éditions Hedna – 348 pages – 26 €)

Dans ce récit puissant, intime et rigoureux, Nasim Kadirpoor livre un témoignage capital sur l’histoire douloureuse, la résistance héroïque et l’injustice systémique subies par le peuple kurde. Entre transmission de la mémoire et analysis d’une actualité brûlante, l’autrice donne une voix essentielle à un combat universel pour la dignité. La rencontre et les échanges avec le public seront suivis d’une séance de dédicace.

RDV le 3 juin, à 18h30, à Espace Ouest-France, 38 Rue du Pré Botté, 35000 Rennes
Entrée libre dans la limite des places disponibles