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SYRIE. Damas déclare la guerre aux quartiers kurdes d’Alep

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SYRIE / ROJAVA – Après les provocations et les menaces de l’État turc, ainsi que la rencontre entre Damas et Tel-Aviv à Paris, le gouvernement djihadiste de Damas a lancé une offensive contre les quartiers kurdes de la ville d’Alep.
 
Dans un communiqué écrit publié au nom du « Commandement des opérations militaires de l’Armée arabe syrienne », les autorités ont déclaré que les positions des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafiyah constituaient des « cibles militaires légitimes » pour l’armée syrienne.
 
Depuis le matin du 6 janvier, les quartiers kurdes d’Alep sont soumis à des bombardements indiscriminés. Au cours des dernières 24 heures, au moins sept civils ont été tués et plus de 50 personnes blessées, selon des sources locales.
Le bilan s’alourdit dans les attaques contre les quartiers kurdes d’Alep
 
À Alep, le nombre de morts dans les attaques visant les quartiers kurdes est monté à sept depuis mardi 6 janvier au matin, tandis que plus de 50 personnes ont été blessées.
 
Les quartiers de Cheikh Maqsoud, Achrafiya et Beni Zed continuent d’être la cible de bombardements à l’obus, à la roquette, par drones et par chars.
 
Sans surprise, la Turquie en arrière-plan des attaques
 
Selon des informations locales, les attaques menées sans distinction contre des zones densément peuplées seraient principalement le fait de groupes armés affiliés à l’État turc, notamment les factions Hamzat, Amshat, Sultan Murad et Nureddin Zengi.
 
Depuis le début de la crise syrienne, l’État turc est présenté comme l’un des principaux acteurs de l’impasse politique et militaire du conflit. De vastes territoires du nord de la Syrie, dont Afrin, al-Bab, Azez, Jarablous, Jindires, Rajo, Tall Abyad et Serekaniyé (Ras al-Aïn), demeurent sous occupation turque.
 
Dans ces zones occupées, des sources locales et des organisations de défense des droits humains font état d’un climat de terreur marqué par des enlèvements, des demandes de rançon, des extorsions, des déplacements forcés de population, des changements démographiques, ainsi que des actes de torture, des détentions arbitraires et des exécutions extrajudiciaires, devenus des pratiques courantes. (Maxime Azadî) 
 

Marche commémorative en hommage aux martyrs kurdes de Paris

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PARIS – À l’occasion du 13e anniversaire de l’assassinat à Paris de trois militantes le 9 janvier 2013, l’organisation faîtière kurde, KCK-E appelle à participer à une marche commémorative le samedi 10 janvier.

Pour commémorer le 13e anniversaire de l’assassinat de trois militants kurdes à Paris, le Congrès des sociétés démocratiques du Kurdistan en Europe (KCDK-E) appelle à participer à une marche commémorative dans la capitale française. Le départ est prévu samedi à 10 heures, depuis la gare du Nord.

Dans un communiqué publié mardi, l’organisation basée à Bruxelles a exigé une enquête approfondie sur l’attentat du 9 janvier 2013, au cours duquel SakineCansız (Sara), Fidan Doğan (Rojbin) et Leyla Şaylemez (Ronahi) ont été abattues par un tueur à gages sur ordre des services de renseignement turcs (MIT) au Centre d’information kurde de Paris. « Les meurtres de Paris ont été planifiés et exécutés de sang-froid. Nous savons que l’État turc en est responsable », indique le communiqué du KCDK-E. Ce dernier souligne également que le président français de l’époque avait indirectement mis en cause la Turquie.

Accusations contre la France et la Turquie

Le KCDK-E a critiqué les gouvernements turc et français. La France n’a pas mené, pendant des années, d’enquête approfondie sur le triple meurtre ni traduit les responsables en justice. Ce manque de diligence a également contribué à la seconde attaque contre des militants kurdes à Paris en 2022, au cours de laquelle Emine Kara (Evîn Goyî), Mehmet Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kızıl ont été abattus.

« Si la première attaque avait fait l’objet d’une enquête approfondie, le terrorisme d’État turc aurait pu être mis au jour et le mouvement démocratique en Turquie aurait été renforcé », a poursuivi l’organisation faîtière. L’attaque de 2013 s’inscrivait dans une longue série d’assassinats à motivation politique pour lesquels l’État turc n’a toujours pas été tenu responsable, a déclaré le KCDK-E. La France, elle aussi, a failli à son devoir d’État de droit.

Signification symbolique pour le mouvement des femmes kurdes

L’assassinat de Sakine Cansız, cofondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), revêt une importance symbolique particulière au sein du mouvement kurde. Le KCDK-E a souligné que faire la lumière sur ce meurtre et celui de ses camarades est une préoccupation centrale du mouvement des femmes kurdes. « Ce combat n’est pas seulement une lutte pour la justice, il fait désormais partie intégrante du mouvement pour la liberté et la survie du Kurdistan. Il est devenu une source d’inspiration pour les luttes des femmes à travers le monde. »

Manifestation le 10 janvier à Paris

Le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté) est devenu un symbole mondial grâce à ce mouvement, a expliqué l’organisation. Ils manifesteront à nouveau cette année, à l’occasion de cet anniversaire, « avec la même détermination », afin d’honorer la mémoire des militants assassinés. Le KCDK-E a appelé tous les Kurdes vivant en Europe et leurs sympathisants à se joindre à la manifestation commémorative à Paris. L’événement, qui se tiendra le 10 janvier à la Gare du Nord à Paris, se veut un symbole de « vérité et justice ». (ANF) 

IRAN. Près de 30 morts lors des manifestations antigouvernementales

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IRAN / ROJHILAT – Depuis plusieurs jours, des manifestations anti-régime secouent l’Iran. Selon l’organisation de défense des droits humains HRANA, au moins 29 personnes, dont plusieurs Kurdes, ont été tuées et plus de 1 200 autres arrêtées.

Les manifestations antigouvernementales se poursuivent en Iran et au Kurdistan oriental. Selon l’agence de presse américaine HRANA (Human Rights Activists News Agency), au moins 29 personnes ont été tuées. Plus de 1 200 personnes auraient été arrêtées, a indiqué le réseau lundi. Deux membres des forces du régime figurent parmi les victimes.

Les manifestations, qui se sont étendues à près de 90 villes et à la quasi-totalité des provinces du pays, sont de plus en plus dirigées contre le régime autoritaire de Téhéran. Selon des informations, des manifestations et des rassemblements ont eu lieu dans au moins 88 villes ces derniers jours. Le pouvoir judiciaire du régime a annoncé qu’il réprimerait les protestations « sans la moindre clémence ». D’après HRANA, les forces spéciales ont fait un usage excessif de la force, notamment dans les zones rurales, pour disperser les rassemblements.

 

Protestations parties du marché de la téléphonie mobile

Le déclencheur immédiat de la vague de protestations actuelle, il y a plus d’une semaine, a été la dévaluation brutale de la monnaie iranienne. Au départ, des commerçants mécontents se sont rassemblés au marché de la téléphonie mobile de la capitale, Téhéran. Très rapidement, ce rassemblement a pris de l’ampleur, faisant converger difficultés économiques, tensions sociales et mécontentement politique. Des dynamiques similaires ont été observées lors des précédents cycles de protestation dans le pays.

Étudiants dans la résistance

Outre les rassemblements dans les villes et les villages, la résistance prend également de l’ampleur sur les campus universitaires, selon HRANA. Des étudiants d’au moins 17 universités ont rejoint les manifestations. À Birjand, dans le sud-est de l’Iran, des arrestations violentes ont eu lieu sur le campus lundi soir, d’après le journal étudiant Amir-Kabir.

Le Secrétaire général de l’ONU lance un appel au régime

Face à l’escalade de la violence, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les dirigeants iraniens à respecter le droit de manifester pacifiquement. Tout doit être mis en œuvre pour éviter de nouvelles victimes, a déclaré lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric. La liberté d’expression et le droit de réunion doivent également être garantis. « Toute personne doit pouvoir manifester pacifiquement et exprimer ses griefs. » (ANF)

TURQUIE. Nouvelle condamnation pour Selahattin Demirtas

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TURQUIE / KURDISTAN – Un tribunal de Mersin a condamné l’ancien dirigeant du HDP, Selahattin Demirtaş à près de 1,5 an de prison pour des « propos insultants » à l’encontre de Recep Tayyip Erdoğan lors de discours prononcés en 2015 et 2016. Le DEM Parti dénonce cette nouvelle condamnation qui « sape le processus de paix ».

Un tribunal turc a condamné Selahattin Demirtaş, ancien coprésident du HDP, à un an, cinq mois et quinze jours de prison pour outrage au président. Le verdict a été rendu mardi par la 14e chambre criminelle de Mersin. Demirtaş était poursuivi pour plusieurs déclarations publiques faites entre 2015 et 2016. Selon l’accusation, il aurait insulté à plusieurs reprises le président Recep Tayyip Erdoğan lors de discours prononcés à Mersin et à Amed (Diyarbakır). Le tribunal a retenu les charges contre lui.

Des avocats dénoncent la violation du droit à une défense équitable

Demirtaş lui-même n’a pas assisté à l’audience. L’homme politique kurde est en détention provisoire à la prison de haute sécurité d’Edirne et n’a pas été transféré à Mersin. Le tribunal a rejeté sa demande d’assister à l’audience, invoquant des « raisons de sécurité ». Les avocats de l’homme politique avaient sollicité un délai supplémentaire pour répondre aux plaidoiries finales de l’accusation. Ils ont expliqué qu’ils n’avaient pu finaliser leur défense en raison de requêtes en cours. Le tribunal a rejeté cette demande, se référant à un délai précédemment accordé. Par la suite, la défense a déposé une requête en récusation du juge ; cette requête a également été rejetée. Les avocats ont dénoncé cette décision comme une violation du droit à une défense équitable.

La Cour de justice de l’Union européenne constate une violation des droits de l’homme

Demirtaş est incarcéré à la prison de haute sécurité d’Edirne depuis novembre 2016. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé, dans deux arrêts rendus en 2020 et 2025, que sa détention était illégale. La Cour a notamment constaté une violation de ses droits à la liberté et à la liberté d’expression et a exigé sa libération. Le gouvernement turc n’a pas encore accédé à cette demande. Lors du  procès relatif aux manifestations d’octobre 2014 contre le soutien turc à la milice djihadiste « État islamique » (EI) pendant l’attaque de la ville de Kobanê, dans l’État de Rojava, Demirtaş a été condamné en 2024 à 42 ans de prison. Son appel est toujours en cours. (ANF)

IRAN. Les partis kurdes s’accordent sur une ligne commune contre le régime

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IRAN / ROJHILAT – Plusieurs partis kurdes d’Iran se sont entendus sur une feuille de route politique et des principes de coopération dans la lutte contre le régime iranien. L’objectif est de mettre en œuvre des mesures coordonnées et efficaces pour soutenir les manifestations en cours.

Plusieurs partis politiques du Kurdistan oriental ont convenu d’intensifier leur coopération afin de renforcer le mouvement de protestation contre le régime iranien. Cette annonce a été faite lundi dans un communiqué du Centre de dialogue pour la coopération entre les partis du Kurdistan oriental.

Une réunion de haut niveau s’est tenue dimanche à l’initiative du Centre de dialogue. Les participants ont examiné la situation politique actuelle en Iran et les derniers développements au Kurdistan oriental. Selon un communiqué, l’un des points essentiels abordés a été la nécessité de mesures coordonnées et efficaces pour soutenir les manifestations en cours contre la République islamique.

Hikri : La responsabilité des partis kurdes s’accroît

« L’assemblée a exprimé sa solidarité avec les manifestations nationales et la résistance de larges pans de la population iranienne. Elle a réaffirmé la nécessité d’une approche unie pour renforcer la résistance contre le régime et lui donner une orientation politique », déclare le communiqué.

La réunion a débuté par une minute de silence en hommage aux victimes des récentes manifestations en Iran et à Rojhilat. Mistefa Hicrî (Mostafa Hejri), secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDK-I) et directeur par intérim du Centre de dialogue, a ensuite pris la parole. Il a souligné la responsabilité croissante des partis kurdes face à l’escalade de la situation politique dans le pays.

S’opposer résolument à la répression du régime

Les participants ont estimé que cette nouvelle vague de protestations, de grèves et de manifestations était la conséquence de décennies de mauvaise gestion, de corruption et de politiques répressives sous la République islamique. Ils ont notamment condamné avec la plus grande fermeté la répression violente des manifestations à Kirmaşan (Kermanshah), en Îlam, à Melekşahî (Malekshahi) et au Lorestan, répression qui, selon les parties, a été menée sur ordre direct du Guide suprême Ali Khamenei.

Dans le même temps, les partis ont présenté leurs condoléances aux familles des manifestants tués. Ils ont également affirmé qu’il était essentiel de coordonner la résistance contre le régime iranien par des actions concrètes et déterminées. L’objectif, ont-ils déclaré, est de s’opposer fermement à la répression systématique menée par les dirigeants de Téhéran.

Cadre de coopération et feuille de route pour le développement

Le Centre de dialogue regroupe sept partis : les trois factions Komala, l’organisation Xebat (Khabat), le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK) et le KDP-I. Une autre résolution de la réunion appelle à l’élaboration d’un cadre de coopération fondamental entre les partis et d’une feuille de route politique commune pour renforcer le mouvement kurde et national en Iran. (ANF)

SYRIE. Damas attaque les quartiers kurdes d’Alep, il y a des victimes

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SYRIE / ROJAVA – Les groupes sous commandement du gouvernement de Damas ont lancé quatre attaques consécutives contre le quartier de Sheikh Maqsoud, faisant un mort et des blessés, dont des enfants.

Les Forces de sécurité intérieure signalent que le quartier kurde de Sheikh Maqsoud à Alep est la cible de multiples attaques depuis lundi. Les Forces de sécurité intérieure ont annoncé mardi que des groupes armés dépendant du ministère de la Défense du gouvernement de transition syrien avaient attaqué ce quartier du nord d’Alep à quatre reprises au cours des dernières 24 heures. Un civil a été tué et deux autres blessés lors de ces attaques, qui ont également causé d’importants dégâts matériels.

« Dans le cadre de notre droit légitime de protéger la population civile, nos forces ont ciblé deux positions des groupes armés en réponse à ces attaques », ont déclaré les Forces de sécurité intérieure, qualifiant ces attaques de nouvelle violation du cessez-le-feu en vigueur.

Les forces de sécurité intérieure ont souligné que de tels incidents constituent une violation des accords antérieurs visant à protéger la population civile et à garantir sa sécurité, et ont appelé toutes les parties à respecter les droits des civils et à s’abstenir de cibler les zones résidentielles.

Outre le cheikh Maqsoud, des zones résidentielles de la ville de Deir Hafer, à l’est d’Alep, ont également été attaquées par des groupes dépendant du ministère syrien de la Défense. Ce dernier avait précédemment affirmé que les Forces démocratiques syriennes (FDS) avaient attaqué un poste de contrôle de la police militaire syrienne. Les FDS ont démenti ces allégations, les qualifiant de mensonges, et ont déclaré que Damas avait maquillé un accident de la route en « attaque » afin de justifier des bombardements sur des zones sous le contrôle de l’Administration autonome. Selon les FDS, aucun blessé n’est à déplorer lors des bombardements de Deir Hafer, mais des dégâts matériels ont été constatés. (ANF) 

TURQUIE. Les autorités accusées de cacher le meurtre de Gulistan Doku

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TURQUIE / KURDISTAN – Six ans après la disparition de l’étudiante kurde Gülistan Doku à Dersim, sa famille et ses soutiens demandent justice et accusent les autorités de dissimulation délibérée et de manque de volonté d’enquêter. Son corps n’a toujours pas été retrouvé.

Six ans après la disparition de l’étudiante Gülistan Doku, des organisations féministes, des proches et des sympathisants de Dersim (rebaptisé en Tunceli par l’État turc) ont de nouveau réclamé justice. Une foule nombreuse, comprenant des représentants de partis politiques et d’organisations de la société civile, s’est rassemblée lors d’un rassemblement organisé par la Plateforme des femmes de Dersim. Sous le slogan « Nous n’abandonnerons pas – Où est Gülistan Doku ? », ils ont commémoré cette affaire non résolue, devenue un symbole national du sort des femmes disparues en Turquie.

Gülistan Doku, une étudiante en éducation de la petite enfance de 21 ans née à Amed (Diyarbakır), a disparu sans laisser de traces à Dersim le 5 janvier 2020. Malgré la surveillance quasi permanente (24h/24) assurée par des caméras et des microphones directionnels dans la quasi-totalité de la ville, elle reste introuvable. Ses proches pensent qu’elle a été victime d’un crime violent. 

Le gouverneur propage une théorie du suicide

La veille de la disparition de Doku, son ex-petit ami, Zainal Abakarov, avait tenté de la forcer à monter dans sa voiture. L’étudiante a résisté et des témoins de la scène ont alerté la police. Cependant, les autorités ont rapidement écarté Abakarov, dont le beau-père était policier à l’époque, de la liste des suspects. Le gouverneur de l’époque, Tuncay Sonel, a alors publiquement évoqué la thèse du suicide par saut dans la rivière Munzur, se basant sur le fait que le dernier signal émis par le téléphone portable de l’étudiante avait été capté sur un pont de barrage – une hypothèse qui reste à ce jour dénuée de preuves crédibles. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Les critiques formulées à l’encontre des enquêtes et le manque d’éclaircissements

La présidente de l’Association des femmes du CHP à Dersim, Handan Kahraman Şanlı, a accusé les autorités de négligence grave envers l’alliance des femmes. Malgré de nombreuses discussions avec des décideurs politiques, dont plusieurs ministres, le dossier est resté au point mort pendant des années. Dans une ville sous surveillance vidéo constante, aucune vidéo pertinente n’existe pour le 5 janvier, un fait que la famille juge alarmant et suspect. Mme Şanlı a également dénoncé les problèmes structurels de Dersim, notamment l’exploitation organisée des jeunes femmes, les problèmes de drogue et la pression croissante exercée sur les étudiantes. Le sort de Gülistan Doku illustre l’état du système judiciaire face aux violences faites aux femmes, a-t-elle déclaré : « Cette affaire témoigne du type de justice auquel nous sommes confrontés. »

Une famille porte de graves accusations contre plusieurs agents étatiques

Le père de Gülistan Doku, Halit Doku, a accusé le gouverneur de l’époque, Tuncay Sonel, et son fils d’être impliqués dans la disparition de sa fille. Il a déclaré que, selon des images de vidéosurveillance, le véhicule du fils avait été aperçu à plusieurs reprises près du pont du réservoir le jour de la disparition de Gülistan – une information qui n’a été communiquée à la famille que bien plus tard. « Si je n’étais pas pauvre, je saurais depuis longtemps ce qui est arrivé à ma fille », a déclaré M. Doku.

La sœur de Gülistan, Aynur Doku, s’est également exprimée longuement sur l’affaire. Elle a critiqué les autorités pour avoir privilégié la thèse du suicide dès le début, malgré l’absence de preuves. Elle a évoqué une « dissimulation organisée » et affirmé que sa sœur « n’a pas disparu, mais a été assassinée ». Plusieurs personnes ont depuis contacté la famille, fournissant des informations et des éléments suggérant une attaque ciblée contre Gülistan Doku. Elle a allégué que des efforts systématiques avaient été déployés pour dissimuler le crime, détruire des preuves et manipuler les recherches menées par la famille.

Aynur Doku a cité des déclarations d’anciens policiers suggérant que Gülistan « voulait dire quelque chose » et qu’on l’a donc réduit au silence. Un ancien commissaire de police aurait indiqué à la famille qu’on leur cachait délibérément toute la vérité. La famille soupçonne également que l’ancien chef de la sécurité de Dersim a finalement quitté la région pour des raisons de conscience.

 « Gülistan a été réduite au silence »

Avec une émotion particulièrement vive, Aynur Doku a exprimé sa conviction que sa sœur avait été victime d’un crime organisé : « Gülistan n’a pas seulement été tuée, son corps a été détruit pour qu’elle ne puisse plus raconter son histoire. » Elle a décrit un cas de violence sans précédent et de défaillance institutionnelle. Malgré de nombreuses rencontres avec des personnalités politiques de haut rang, notamment le ministre de l’Intérieur de l’époque, Süleyman Soylu, et le ministre de la Justice, Bekir Bozdağ, la situation n’a pas évolué à ce jour. La famille accuse les autorités de protéger les coupables et de dissimuler délibérément la vérité. (ANF)

Le fétichisme de la souveraineté et l’arbitraire du droit international

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Le journaliste franco-kurde, Maxime Azadî continue ses réflexions autour de l’indignation née suite au kidnapping de Nicolás Maduro par les Etats-Unis. Nous les partageons avec vous :

Le fétichisme de la souveraineté et l’arbitraire du droit international
 
Il est évident que nous entrons dans une période extrêmement dangereuse, marquée par une forte probabilité de bouleversements en chaîne. Mais nous traversons également une phase susceptible de déboucher sur des opportunités historiques.
 
Les inquiétudes exprimées par une partie de la gauche autour de la « violation de la souveraineté des États » ou du « non-respect du droit international » peuvent sembler de principe, mais elles sont bien souvent déconnectées de la réalité. De nombreux États existant dans les frontières actuelles se sont construits sur la négation des droits d’autres peuples. Certains sont littéralement fondés sur le déni, l’extermination et les massacres. Des États érigés sur des territoires usurpés, imposant une seule nation, une seule langue et un seul drapeau, continuent pourtant d’être reconnus comme des acteurs légitimes de l’ordre international.
 
Lorsqu’un État est une dictature et que le peuple ne dispose plus d’aucun moyen pour renverser ce régime, pourquoi son « droit à la souveraineté » devrait-il être considéré comme intouchable ? Certes, une intervention encadrée par un mécanisme international juste serait préférable. Mais un tel mécanisme n’a jamais existé. Les institutions qui prétendent incarner le droit international ont toujours été conçues et utilisées au service des intérêts des dominants. Historiquement, le droit international n’a jamais été du côté des opprimés, des pauvres ou des sans-défense. Même dans les pays dits démocratiques, le droit national sert rarement à protéger les plus vulnérables ; il sert avant tout à préserver l’ordre établi.
 
Il ne s’agit pas de nier l’ordre démocratique relatif existant, mais d’en dresser un constat lucide. Se voiler la face n’effacera ni les problèmes ni les risques auxquels nous sommes confrontés.
 
Tout ce qui se passe montre clairement qu’un nouveau système juridique international est nécessaire. Mais celui-ci ne peut reposer sur la loi du plus fort, appliquée par des méthodes arbitraires et extrajudiciaires. Ce système doit inclure les nations sans État et se doter de mécanismes puissants, transparents et équitables. Mais l’histoire évolue-t-elle réellement dans cette direction ? Cela reste hautement douteux. Le système juridique international actuel se fissure de toutes parts et donne l’impression d’avoir pratiquement cessé d’exister.
 
En outre, il est fréquemment fait référence au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Or, dans les régimes autoritaires et dictatoriaux, les populations n’ont aucune possibilité de décider de leur avenir par des moyens démocratiques. Ce droit y est supprimé, et les moyens permettant aux peuples de se défendre leur sont retirés. Il n’existe pas non plus d’espace de libre pensée.
 
Ce droit ne peut être exercé de manière juste que dans des conditions réellement démocratiques, libres et égalitaires. Pourtant, même dans les pays occidentaux dits démocratiques, il est difficile de parler d’un véritable droit des peuples à déterminer librement leur avenir. Les pouvoirs en place disposent de moyens extrêmement puissants pour faire pression sur l’opinion publique, la manipuler et l’orienter.
 
Le droit international, déjà imparfait et de toute façon ignoré par les puissances, a été vidé de son sens dans cette nouvelle phase de recomposition et de partage du monde. La gauche, malgré les droits arrachés au prix de grandes luttes, s’est révélée incapable de les défendre durablement, de les transformer en puissance politique et d’enrayer aujourd’hui le processus de déclin.
 
Si elle veut, au minimum, peser sur l’ordre qui se mettra en place demain, elle devra accepter de s’engager dans une lutte sérieuse, profonde et de longue haleine. Pour cela, il est d’abord nécessaire de cesser les querelles internes et les petits calculs de pouvoir, et de se rassembler afin de construire un véritable réseau de solidarité.
 
Les slogans ne sauvent pas, rejeter ne suffit pas
 
Ne nous mentons pas à nous-mêmes. Le peuple vénézuélien n’aurait pas été sauvé par des slogans ni par des élans d’empathie. Gaza non plus. Il faut savoir rejeter à la fois les formes d’intervention impérialistes et les régimes autoritaires et tyranniques. Il y a ici deux erreurs, et aucune des deux n’est juste.
 
Mais rejeter ne suffit pas. Le rejet n’est pas un slogan : c’est une action. Et l’action exige des responsabilités, des sacrifices, l’acceptation de payer un prix, une capacité organisationnelle et une vision pour construire quelque chose de nouveau. Sans solidarité réelle ni partage, cela reste un discours vide.
 
Les Kurdes et les peuples exclus de l’ordre mondial
 
Pour nous, Kurdes, la réalité est encore plus claire. Nous sommes depuis toujours parmi les exclus de l’ordre international. Et nous ne sommes pas les seuls : de nombreux peuples partagent cette condition. Il n’y a jamais eu de répartition juste et égalitaire. Dans ces conditions, défendre les droits de souveraineté étatique existants et le statu quo n’a aucun sens pour nous, tout en étant conscient de la nécessité de préserver les acquis démocratiques.
 
Cependant, lorsqu’il s’agit des Kurdes, ces approches ne sont plus seulement insuffisantes : elles deviennent un obstacle. Autrement dit : Que le monde musulman cesse de nous vendre la « fraternité islamique » sans remettre en question leurs propres États-nations. Que les nations dominantes cessent de nous imposer le discours du « vivre ensemble [au sein ] d’un même État ». Et que la gauche ne nous vende pas un monde sans frontières tant qu’elle accepte les frontières de ses propres États sans les combattre. Ce n’est qu’à travers un partage égal et juste, ainsi qu’une coopération réelle, que l’on peut parler de « fraternité », de « suppression des frontières » et de « vivre-ensemble » dans toute sa diversité.
 
Oui, nous pouvons proposer et construire mieux, mais cela suppose une solidarité mondiale. Sinon, demander aux Kurdes de se présenter comme une victime consentante, tel un mouton mené à l’abattoir, ne suscitera aucune empathie de la part de ce système. Les réactions individuelles qui servent avant tout à soulager la conscience — comme certaines formes de « consommation éthique » produites par le même système — ne conduisent pas à une transformation réelle. Les petits gestes comptent, mais sans devenir collectifs, ils ne changent rien en profondeur.
 
Cohérence, principes et contradictions
 
Alors que les États du monde se préparent à des guerres et à des crises de plus en plus vastes, jouer à la gauche dans son coin ne suffira pas à sauver le monde. Ce n’est pas du catastrophisme, c’est une lucidité face aux dangers réels. Si nous voulons un monde plus juste, plus égalitaire et plus pacifique, chaque instant doit être consacré à l’organisation collective.
 
Mettons cela au clair à travers quelques équations simples, la liste complète étant bien trop longue:
 
– Défendre et préserver le statu quo à tout prix ne permettra pas de construire un monde plus juste et plus égalitaire.
 
– Pas plus qu’il n’est possible de défendre le socialisme en qualifiant de « socialistes » des pratiques autoritaires et corrompues comme celles du régime de Nicolás Maduro. Maduro n’était pas une forteresse à défendre. Face à ses dérives, la gauche — bien plus que la droite ou que le capital mondial — aurait dû exercer une pression critique beaucoup plus ferme et beaucoup plus radicale. En renonçant à le faire, elle a une fois de plus confondu la défense des peuples avec la protection de régimes indéfendables.
 
– Dans les pays dits démocratiques, les rues sont minées par la drogue, la désagrégation sociale est évidente, les problèmes de sécurité s’aggravent et les masses sont laissées sans organisation. Et vous, gauchistes, démocrates, artistes, intellectuels, écologistes et bien d’autres encore, vous n’êtes pas extérieurs à cette réalité : vous faites aussi partie des consommateurs. L’équation est pourtant d’une simplicité brutale. Une société plus propre et plus sûre ne peut pas être construite sans s’attaquer aux mécanismes sociaux de la dépendance, de la marchandisation des drogues et de l’abandon des quartiers populaires.
 
– Si vous êtes incapables de défendre la démocratie dans vos propres pays, vous ne pouvez promettre aucune libération ni au Moyen-Orient ni à l’Amérique latine.
 
– Lorsque des dictatures islamistes de droite s’effondrent au Moyen-Orient, certains s’en réjouissent. Il en va de même lorsque des régimes corrompus, se présentant comme « de gauche », tombent à leur tour. Si les peuples ne descendent pas dans la rue pour défendre ces régimes, il faut s’interroger. Le problème vient alors de vos schémas mentaux et de vos dogmes. Il est illusoire d’attendre d’un peuple marqué par des décennies d’oppression et de pauvreté qu’il adopte votre manière de penser.
 
– Si vos certitudes idéologiques ne suffisent plus à arrêter le monstre, il est temps de chercher d’autres méthodes, d’autres façons de penser. Mais cela implique d’accepter de payer un prix réel : du travail, de l’effort, de l’éducation populaire, de l’organisation. Refuser cela, c’est déjà capituler. C’est se contenter de jouer à la gauche dans les limites tolérées par le capitalisme.
 
– On ne peut pas se dire anticapitaliste ou anti-impérialiste tout en profitant pleinement des symboles et des privilèges du système.
 
– On ne peut pas défendre une liberté individuelle sans limites tout en prétendant construire une société fondée sur le partage et la solidarité.
 
– De même, on ne peut pas dénoncer l’impérialisme américain en conduisant une Tesla, même au nom de l’écologie. Les principes commencent précisément là où le confort devient inconfortable.
 
– Si vous êtes réellement communistes, vous ne pouvez accepter vos salaires parlementaires pendant que d’autres sont condamnés au salaire minimum ; vous devez les refuser ou les partager. La même logique s’applique aux responsables religieux : on ne peut prêcher la modestie tout en vivant dans l’opulence.
 
Au-delà du pouvoir, une lutte permanente
 
Parler d’une société idéale implique de renoncer aux privilèges. Mais cela ne suffit pas. Les inégalités ne disparaîtront qu’à travers un combat continu pour le partage des richesses et pour des systèmes réellement démocratiques. Ce combat n’est pas une question de conquête du pouvoir ; ce n’est même pas une question de pouvoir. C’est une question de transformation sociale permanente.

TURQUIE. Commémorations de 3 militantes assassinées à Silopi

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TURQUIE / KURDISTAN – A l’occasion du 10e anniversaire de leur meurtre par l’armée turque, les militantes kurdes Sêvê Demir, Fatma Uyar et Pakize Nayır ont été commémorées à Şırnak / Silopi.

À Silopiya, dans la province kurde de Şirnex (en turc : Şırnak), au nord du pays, une  cérémonie commémorative a été organisée en l’honneur de Sêvê Demir, Fatma Uyar et Pakize Nayır. Cet événement marquait le dixième anniversaire de l’assassinat de ces trois militantes kurdes. Des proches, des représentants de partis politiques, d’organisations de défense des droits des femmes et des droits humains, ainsi que de nombreux citoyens, ont participé à la commémoration.

Sêvê Demir était membre du conseil d’administration du Parti des régions démocratiques (DBP), Fatma Uyar coprésidente du Conseil populaire de Silopiya et Pakize Nayır militante du Mouvement des femmes KJA. Le 4 janvier 2016, elles ont été délibérément abattues par les forces armées turques dans le cadre du couvre-feu imposé à Silopiya le mois précédent.

Les porte-paroles du mouvement féministe TJA et du DBP ont salué le rôle des femmes dans la lutte pour l’égalité. Elles ont souligné qu’une paix durable est impossible sans une évolution des mentalités politiques. La porte-parole du DEM, Ayşegül Doğan, a dénoncé l’obstruction de l’État aux commémorations et aux manifestations. « Nous connaissons les auteurs de ces crimes depuis dix ans. Le silence est un acte politique. Si nous ne prenons pas la parole aujourd’hui pour ces femmes, comment la paix pourra-t-elle jamais advenir ? », a-t-elle déclaré.

Sakine Demir, la mère de Sêvê Demir, a déclaré : « Nos enfants aspiraient à la paix. Ils ont été tués pour avoir défendu la dignité, la langue et la justice. La paix ne s’obtient pas par la violence. » Une marche commémorative organisée par la suite en direction du siège local du parti DEM a été bloquée par la police. Des journalistes ont rapporté des cas de brutalités policières. Les participants sont néanmoins parvenus sur les lieux, scandant les slogans « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté) et « Şehîd namirin » (Les martyrs sont immortels). (ANF)

ROJAVA. Kongra Star solidaire des femmes iraniennes luttant contre l’oppression

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SYRIE / ROJAVA – L’organisation faîtière kurde, Kongra Star d’Alep a annoncé sa solidarité avec les manifestations populaires en Iran et au Kurdistan oriental, et a affirmé que le slogan « Jin, Jiyan, Azadi (femme, vie, liberté) » est devenu un appel mondial contre la tyrannie, appelant à l’unité et renforçant la solidarité transfrontalière des femmes pour lutter contre l’oppression et défendre leurs droits.

Le bureau des relations publiques du Kongra Star a organisé une conférence de presse concernant les manifestations populaires qui se déroulent en Iran et au Kurdistan oriental depuis le 28 décembre 2025.

La déclaration a été lue par Hevin Musa, membre du bureau, dans le quartier d’Achrafieh à Alep, en présence de dizaines de membres de Kongra Star et de représentantes de divers mouvements féministes.

La déclaration commençait par souligner que les régimes autoritaires et dictatoriaux ont historiquement constitué un obstacle majeur au développement de la société en raison de leur recours au pouvoir absolu et à la suppression des libertés individuelles et collectives, ce qui a entraîné l’étouffement de la créativité, l’affaiblissement de la participation politique et la marginalisation des groupes les plus vulnérables, notamment les femmes.

Le communiqué soulignait que ces régimes partagent des outils d’oppression similaires, citant le régime iranien comme un exemple flagrant d’imposition de lois et de restrictions injustes aux femmes, telles que le port obligatoire du hijab et la restriction des droits civils et politiques, transformant ainsi le corps et la vie des femmes en arènes de contrôle.

Le communiqué souligne que ce type de gouvernance rend la résistance des femmes et des peuples essentielle à la préservation de la dignité humaine et du droit à la liberté.

Dans ce contexte, la déclaration rappelait le soulèvement de 2022 en Iran et au Kurdistan oriental, durant lequel le slogan « Jin, Jiyan, Azadi » (Femmes, Vie, Liberté) avait été scandé. Elle soulignait que les femmes étaient au cœur et à l’âme de cette révolution, ouvrant la voie et affrontant la répression avec conscience et détermination.

La déclaration a clairement indiqué que ce rôle faisait des femmes une cible directe du régime iranien, qui a eu recours à des arrestations massives, à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme politique, à la diffamation médiatique et à des assassinats ciblés pour tenter de briser leur volonté et de les faire taire.

Le communiqué mentionnait que parmi les victimes de cette répression figurait la jeune femme Sajer Etemadi, décédée des suites de ses blessures après avoir été touchée par des tirs des forces du régime alors qu’elle participait à des manifestations à Farsan. Il affirmait que sa mort n’était pas un cas isolé, mais plutôt une illustration tragique du lourd tribut que les femmes iraniennes paient quotidiennement pour la liberté.

La déclaration affirme que le ciblage des femmes en Iran s’inscrit dans un schéma récurrent chez les régimes autoritaires qui gouvernent les peuples par la force, et que la lutte des femmes iraniennes est liée aux luttes des femmes en Syrie et dans le monde entier.

En conclusion, les femmes ont exprimé leur entière solidarité avec les femmes iraniennes et avec toutes les femmes victimes d’oppression et de discrimination sous les régimes autoritaires, soulignant que le slogan « Jin, Jiyan, Azadi » est devenu un appel mondial contre la tyrannie, rappelant à tous que la liberté des peuples commence par la liberté des femmes.

La déclaration appelait également les femmes d’Iran, de Syrie et du monde entier à intensifier leur lutte et à la transformer en une force collective capable de lutter contre l’oppression, de défendre les droits et d’instaurer la justice et l’égalité dans les sociétés souffrant de tyrannie et de discrimination. (ANHA) 

TURQUIE. Le nom kurde d’une crèche banni pour la troisième fois

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TURQUIE / KURDISTAN – L’administrateur nommé à la place des maires élus de la municipalité de Van a changé pour la troisième fois le nom kurde de la crèche « Perperok » (papillon) et chassé plusieurs enfants accusés d’être « turbulents ». 

La garderie pour enfants « Perperok » (papillon), qui relève de la municipalité métropolitaine de Van, a changé de nom à trois reprises depuis sa création, et ce, à chaque fois pendant des périodes où la municipalité était gérée par des administrateurs nommés par l’État.

Outre ces changements de nom, le centre a connu des évolutions dans son modèle éducatif, son emplacement physique et le profil de ses étudiants.

La garderie Perperok a été inaugurée sous le mandat de Hatice Çoban et Bekir Kaya, co-maires du Parti de la paix et de la démocratie (BDP). À l’origine, le centre fonctionnait selon un modèle éducatif trilingue, proposant un enseignement en turc, en kurde et en anglais.

Les interventions à la garderie ont débuté en 2016, suite à la mise en place par le gouvernement d’une politique de nomination d’administrateurs pour remplacer les élus dans les municipalités pro-kurdes, généralement sous prétexte d’enquêtes et de poursuites pour « terrorisme ». Après la nomination d’un administrateur à la mairie de Van, le programme multilingue de la garderie a été supprimé. Le nom « Perperok », mot kurde signifiant « papillon » en français, a également été retiré de la signalétique du centre. Aucune explication officielle n’a été fournie quant à ce changement de nom.

Après les élections locales de 2019, le Parti démocratique des peuples (HDP) a repris le contrôle de la municipalité et rétabli le nom d’origine de la crèche. Cependant, le directeur nommé, Mehmet Emin Bilmez, et son administration ont par la suite changé le nom, arguant que le mot « Perperok » avait des « connotations obscènes ». Cette interprétation a suscité la controverse, car ce mot est largement reconnu en kurde comme signifiant papillon.

Troisième changement de nom

Le Parti pour l’égalité des peuples et la démocratie (Parti DEM) a repris le contrôle de la municipalité lors des élections locales de 2024. Mais en 2025, le gouvernement a de nouveau nommé un administrateur pour superviser la municipalité.

Sous la nouvelle direction, la garderie a été déplacée et renommée pour la troisième fois. Elle s’appelle désormais « Garderie ».

Le panneau actuel indique « Garderie et crèche de la municipalité métropolitaine de Van »

 

Ce déménagement a également engendré des difficultés de transport pour de nombreuses familles. L’une des mesures les plus controversées prises sous l’administration des administrateurs a été l’expulsion, signalée, de certains enfants du centre.

D’après les allégations, certains enfants auraient été renvoyés pour des motifs vagues tels que « être turbulents ». Les familles affirment que ces décisions étaient motivées par des considérations politiques.

« Il répondait aux normes européennes »

Serdar Balcı, qui a été coordinateur de la garderie sous l’administration du BDP, a critiqué les changements de nom répétés et a fourni des informations sur la mission originale du centre.

« Cette garderie a été conçue par Bekir Kaya et Hatice Çoban. Elle a été créée pour répondre à un besoin de la communauté », a déclaré Balcı. « Nous l’avons inaugurée le 15 mai 2015, Journée de la langue kurde. Elle pouvait accueillir 82 enfants et proposait un enseignement en trois langues : kurde, turc et anglais. Notre objectif était d’éduquer les enfants dans leur langue maternelle et de les sensibiliser à l’égalité des sexes. »

Balcı a souligné que le centre était la plus grande et la première garderie kurde de Van et des zones frontalières environnantes. Elle proposait des cours pour les enfants de la naissance à six ans, avec 16 enfants par classe.

« Il y avait un jardin et des espaces extérieurs où les enfants pouvaient être en contact avec la nature. Il y avait aussi des aires de jeux et un cinéma pour enfants », a-t-il déclaré. « Des délégations du Canada, de Corée et du Portugal sont venues nous rendre visite. Lorsqu’elles ont vu la garderie et nos méthodes, elles ont déclaré : “Cela répond aux normes européennes.” »

Cependant, Balcı a déclaré que la nomination d’un administrateur en 2016 avait marqué le début de changements radicaux. « La première mesure prise par l’administrateur a été de s’attaquer à l’éducation, à la culture et aux arts », a-t-il affirmé. « Ils ont vidé les programmes scolaires et réduit l’enseignement trilingue au seul turc. Ils ont changé le nom de Perperok, le qualifiant d' »obscène ». Mais personne n’a contesté cette appellation. Ce prétexte a servi à masquer des motivations racistes. Cela s’inscrivait dans un processus d’assimilation plus vaste. » (Bianet)

TURQUIE. Des journalistes ayant travaillé avec des médias kurdes risquent jusqu’à 10 ans de prison

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TURQUIE – Un procureur turc a demandé jusqu’à 10 ans de prison contre des journalistes ayant travaillé avec des médias pro-kurdes. Ils sont accusés d’« aide à une organisation terroriste armée ». 

Le parquet général d’Istanbul a rendu son avis final dans l’affaire contre la rédactrice en chef du Bianet Tuğçe Yılmaz, les journalistes Erdoğan Alayumat, Suzan Demir, Taylan Abatan, Gülcan Dereli, la traductrice Serap Güneş et la sociologue Berfin Atlı.

Le procureur Muhammet Yağcı a accusé les sept prévenus d’« aide à une organisation terroriste armée » en raison de leurs contributions à Yeni Özgür Politika et à son supplément PolitikArt, publiés en Allemagne. Il a soutenu que les articles qu’ils ont écrits et les droits d’auteur qu’ils ont perçus équivalaient à un soutien au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation interdite, et a requis des peines de prison en vertu des articles 220/7 et 314/2 du Code pénal turc.

« Langage utilisé par les publications »

L’audience initiale de l’affaire a eu lieu le 9 décembre 2025, au cours de laquelle les accusés ont présenté leurs arguments de défense contre les accusations portées contre eux.

Dans un mémoire présenté au 13e tribunal correctionnel d’Istanbul entre deux audiences, le procureur a soutenu que la liberté de la presse n’est pas sans limites. Citant des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans les affaires Leyla Zana et Kamil Tekin Sürek, il a affirmé que la liberté de la presse peut être restreinte pour des raisons de sécurité nationale et d’intégrité territoriale.

Le procureur a qualifié Yeni Özgür Politika et PolitikArt d’organes de presse affiliés au PKK/KCK et a affirmé qu’ils se livraient à de la « propagande pour l’organisation [terroriste] ». Il a soutenu que ces publications offraient une tribune aux écrits des dirigeants du PKK et utilisaient un langage visant les forces de sécurité. Par conséquent, a-t-il conclu, les activités menées dans ces publications ne pouvaient être considérées comme une « activité journalistique normale ».

« Aider l’organisation »

Selon l’accusation, les articles publiés par les prévenus dans Yeni Özgür Politika et PolitikArt ont contribué à la pérennité de ces publications. Il leur est reproché d’avoir diffusé auprès du public les objectifs et les messages de l’organisation, d’avoir abusé du pouvoir de la presse à des fins illicites et d’avoir suscité la sympathie du public pour les actes de violence perpétrés par l’organisation.

Le procureur a en outre fait valoir qu’en acceptant des redevances, les accusés avaient établi une « relation financière » avec l’organisation [PKK], ce qui constituait un motif suffisant pour les accusations de complicité.

Il a souligné que le fait d’aider une organisation terroriste ne se limite pas à fournir un soutien matériel. Citant la jurisprudence de l’Assemblée criminelle générale de la Cour de cassation, il a affirmé que tout acte contribuant aux activités de l’organisation relève de cette infraction.

Le procureur requiert des peines de prison allant jusqu’à 10 ans.

Sur la base de ces allégations, le procureur a requis des peines de prison allant de cinq à dix ans contre Tuğçe Yılmaz, Erdoğan Alayumat, Suzan Demir, Taylan Abatan, Gülcan Dereli, Serap Güneş et Berfin Atlı.

Le procès reprendra le 17 février, date à laquelle les accusés devraient répondre à l’avis final. Le tribunal devrait ensuite rendre son verdict.

Arrière-plan

L’enquête a été initiée par le parquet d’Eskişehir, qui a ordonné des perquisitions le 26 novembre aux domiciles de journalistes, écrivains, poètes et dessinateurs de presse à Istanbul, Diyarbakır, Ankara et Batman. Huit personnes ont été interpellées lors de cette première opération.

Parmi les personnes arrêtées figuraient le journaliste de Bianet Tuğçe Yılmaz, Roza Metina, Erdoğan Alayumat, Hamza Kaan (Bilge Aksu), Ahmet Sümbül, Bilal Seçkin, Mehmet Uçar, Havin Derya et Suzan Demir.

Parmi les autres détenus figuraient le cinéaste Ardin Diren, le poète Hicri İzgören, l’écrivain et traducteur Ömer Barasi, le dessinateur Doğan Güzel, le photographe Emrah Kelekçier, le coordinateur de l’édition Baver Yoldaş, l’universitaire licencié Abdurrahman Aydın, la militante LGBTI+ Berfin Atlı et la traductrice Serap Güneş.

Parmi les personnes interpellées, Mehmet Uçar et Hamza Kaan (Bilge Aksu) ont été arrêtés. Les autres ont été libérés après quatre jours de garde à vue sous contrôle judiciaire.

L’acte d’accusation contre les deux personnes détenues a été accepté par le deuxième tribunal correctionnel d’Eskişehir, mais l’affaire a ensuite été renvoyée devant d’autres juridictions en raison de problèmes de compétence. Les dossiers des journalistes ont été séparés et transmis aux tribunaux des villes où ils avaient été détenus. L’acte d’accusation citait leurs reportages, leurs publications sur les réseaux sociaux et les redevances perçues de leurs médias comme preuves à l’appui des charges. Les deux hommes ont été remis en liberté lors de leurs premières audiences, les 3 et 8 juillet.

Par ailleurs, le parquet d’Ankara a décidé de ne pas engager de poursuites contre le journaliste Bilal Seçkin. (Bianet)