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Le CDK-F appelle au calme et à la responsabilité à l’issue des mobilisations kurdes en France

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PARIS – Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) « appelle au calme et à la responsabilité » lors de manifestations en soutien au Rojava attaqué par les gangs jihadistes de Damas, afin de ne pas « fragiliser la mobilisation légitime » de la communauté kurde. 

Voici le communiqué du CDK-F :

« Le CDK-F appelle au calme et à la responsabilité à l’issue des mobilisations kurdes en France

Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) s’exprime à la suite des mobilisations de solidarité avec le peuple kurde et le Rojava organisées ces derniers jours en France, notamment à Marseille et à Villiers-le-Bel.
Ces mobilisations s’inscrivent dans un contexte de colère légitime, d’inquiétude profonde et de forte émotion face aux massacres, aux menaces et aux attaques qui visent aujourd’hui le peuple kurde en Syrie. Le CDK-F comprend cette douleur et cette indignation, largement partagées au sein de notre communauté.
Toutefois, le CDK-F condamne ces faits de violence et tient à le dire avec clarté et responsabilité : les tensions et les débordements survenus en marge de certaines manifestations ne servent ni la cause kurde, ni les intérêts du peuple kurde en France. Ils risquent au contraire d’affaiblir notre message politique, de détourner l’attention des crimes commis au Rojava et de fragiliser la mobilisation légitime de notre communauté.
Le Conseil démocratique kurde en France appelle en particulier les jeunes de la communauté kurde au calme, à la maîtrise de soi et au sens des responsabilités. La cause du peuple kurde est juste, mais elle ne peut être défendue efficacement que par des actions pacifiques, organisées et politiquement claires.
Notre combat est un combat pour les droits, la reconnaissance et la dignité. Il doit rester exemplaire, afin de continuer à interpeller l’opinion publique, les médias et les responsables politiques français sur leurs responsabilités face à la situation dramatique au Rojava.
Le CDK-F rappelle que la mobilisation kurde en France a toujours été une mobilisation politique, démocratique et légitime, et qu’elle doit le rester. La force du peuple kurde réside dans son unité, sa maturité politique et sa capacité à faire entendre sa voix avec dignité. »

SYRIE. Supplice de 50 000 déplacés kurdes après l’offensive lancée par Damas en plein hiver

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SYRIE / ROJAVA – L’aggravation de la crise dans le nord-est de la Syrie (Rojava) contraint une fois de plus des Kurdes à fuir leurs foyers. Des milliers de civils kurdes fuient les affrontements qui ont repris entre les factions armées affiliées à Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), marquant ainsi un nouveau chapitre d’un long et douloureux déplacement de population.

Depuis la mi-janvier, l’armée arabe syrienne et les groupes armés qui lui sont affiliés ont progressé dans les zones contrôlées par les FDS à l’est d’Alep, ainsi que dans certaines parties de Deir ez-Zor, de Raqqa et de la province d’Hassaké, à majorité kurde.

Les FDS constituent de facto la force militaire du nord-est de la Syrie (Rojava), région à majorité kurde. Avant que la Syrie ne rejoigne la Coalition internationale contre Daech (CIDA) menée par les États-Unis en novembre, les forces kurdes étaient le seul partenaire de la Coalition sur le terrain, jouant un rôle majeur dans la défaite territoriale de Daech en Syrie en 2019.

Depuis la mi-janvier 2026, l’escalade militaire a poussé plus de 500 familles, un chiffre qui pourrait bientôt atteindre plusieurs milliers, à fuir vers Qamichli et les zones environnantes du canton de Jazira.

Un accord de cessez-le-feu signé au début du mois, visant à intégrer les structures des Forces démocratiques syriennes (FDS) aux institutions étatiques, s’est révélé fragile et a été violé à plusieurs reprises. Chaque rupture ravive la crainte, non seulement de nouveaux déplacements de population, mais aussi d’une instabilité plus générale, notamment des menaces pesant sur les centres de détention de Daech et le spectre d’une résurgence du groupe.

La correspondante de Rudaw, Delnya Rahman, s’est rendue dans une mosquée de Qamishli où des Kurdes déplacés – enfants, femmes, hommes et personnes âgées – ont trouvé refuge après avoir fui les violences à Afrin, Kobanê, Serekaniye (Ras al-Ayn), Hassaké et, plus récemment, dans des régions à l’ouest de l’Euphrate comme Raqqa et Tabqa.

Pour ces familles, la prière est devenue à la fois un abri et un réconfort, un dernier refuge après des années de souffrance et de déracinement répété.

Une mère déplacée d’Afrin a témoigné de sa douleur :

« Nous sommes allés partout, mais personne ne nous a écoutés. Nous avons été expulsés d’Afrin. Nous sommes arrivés à l’est de l’Euphrate, et là encore, personne n’a entendu nos voix. Où sommes-nous maintenant ? Nous n’avons nulle part où aller. Nous sommes à l’intérieur de cette mosquée, et chaque famille n’a que deux ou trois mètres carrés. On nous apporte des biscuits. Avons-nous besoin de biscuits ? Nous sommes le peuple d’Afrin. Rendez-nous Afrin ! »

Non loin de là, Shirin, une jeune fille déplacée de Serekaniye, s’accrochait à un seul et fragile espoir : le retour.

« Je veux rentrer chez moi à Serekaniye. Je ne veux rien d’autre. Ici, nous mourons de froid. Nous sommes épuisés. Nous vivons ainsi depuis sept ans. Ça suffit ! Les Kurdes ont aussi des droits », a-t-elle déclaré.

À Qamishli, les autorités locales ont désigné 77 sites – dont des mosquées et d’anciennes installations militaires – pour abriter les familles fuyant le front. Des équipes humanitaires distribuent une aide quotidienne, mais les rigueurs de l’hiver, le surpeuplement et le manque d’espace rendent la survie de plus en plus précaire. De nombreuses familles déplacées expriment leur profonde frustration face à ce qu’elles considèrent comme le silence de la communauté internationale.

Une femme de Hassaké, la voix empreinte de peur et de colère, s’estexclamée : « Ce n’est pas un État musulman. Ils sont venus au nom de l’islam pour massacrer les Kurdes. Ils tuent des enfants dans leur berceau, des hommes et des femmes âgés. Ils sont venus pour nous anéantir. Si les Kurdes ne sont pas unis, tout cela sera vain », a-t-elle soupiré.

Rudaw s’est également rendu dans une ancienne installation militaire datant de l’ère Assad, où des dizaines de familles d’Afrin, de Kobané et de Serekaniye vivent depuis plus d’un an. Dans chaque pièce, quatre ou cinq familles partagent un espace exigu.

Les coupures de courant prolongées – qui durent parfois plusieurs jours – aggravent leurs souffrances, les enfants étant les plus touchés par le froid mordant. Nombre d’habitants ont refusé d’être filmés, craignant d’être exposés et vulnérables. Mais Jivara, une femme d’Afrin, s’est exprimée d’une voix calme, empreinte d’une résilience inébranlable.

« Que les yeux du Kurdistan brillent de mille feux. Cette épreuve aussi prendra fin », a-t-elle déclaré.

Si le couvre-feu nocturne après 19 heures reste en vigueur dans une grande partie du Rojava pour des raisons de sécurité, Qamishlo est restée relativement calme. Pourtant, les habitants se disent épuisés – exténués par des années de guerre, de déplacements forcés et d’incertitude – et aspirent à une paix durable.

Les organisations de la société civile du Rojava alertent sur le risque imminent d’une catastrophe humanitaire. Plus de 50 000 civils auraient été déplacés ces dernières semaines, mettant à rude épreuve des ressources locales déjà limitées. Les appels à une action internationale urgente se font de plus en plus pressants : protéger les civils, mettre fin aux attaques en cours et s’attaquer aux causes profondes d’une crise qui continue de bouleverser des vies, génération après génération. (Rudaw)

SYRIE. OSDH : Les forces de Damas exécutent, humilient et torturent les détenus kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Les forces de Damas exécutent, humilient et torturent les détenus kurdes, signale l’Observatoire syrien des droits de l’homme alors que la population de Kobanê – privée d’eau, d’électricité et de vivre- est assiégée par par les gangs de Damas, DAECH / ISIS et de Turquie. Depuis début les attaques du début janvier ciblant les quartiers kurdes d’Alep, nous assistons à un nettoyage ethnique des Kurdes en Syrie orchestré par le régime turc et appliqué par les gangs djihadistes venus en Syrie des quarte coins du monde.

Les forces de Damas exécutent, humilient et torturent les détenus kurdes

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) a obtenu des informations et des images vidéo choquantes montrant des exécutions et des violations flagrantes commises par des membres des forces du gouvernement de transition contre des détenus kurdes.

 

Selon des sources de l’OSDH, plusieurs détenus ont été exécutés, tandis que d’autres ont subi des injures et des actes motivés par la haine raciste, notamment des humiliations et des imitations de cris d’animaux.

 

Ces mauvais traitements s’apparentent à de la torture psychologique, et ces violations rappellent les violations à caractère sectaire commises précédemment contre des détenus de la communauté alaouite dans la région côtière de Syrie et des détenus druzes à Al-Suwaidaa.

 

Cela témoigne d’une tendance grave aux violations à caractère sectaire et ethnique.

 

L’Observatoire syrien des droits de l’homme met en garde contre les répercussions des violations continues à caractère sectaire et ethnique qui sapent la cohésion sociale en Syrie.

Photo d’archive

 

L’OSDH appelle également à l’ouverture urgente d’enquêtes indépendantes sur ces crimes odieux, à la traduction en justice des auteurs, au respect des droits de l’homme et à la protection des détenus, quelles que soient leurs origines nationales ou religieuses.

BELGIQUE. Six blessés lors d’une attaque jihadiste ciblant une manifestation kurde à Anvers

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TERRORISME. Hier soir, une attaque aux couteaux ciblant une manifestation kurde pour le Rojava à fait six blessés, dont deux dans un état grave, à Anvers. L’organisation Nav-Bel a qualifié l’attaque d’acte terroriste ciblé. Quatre suspects ont été arrêtés.

Voici le communiqué du Conseil démocratique des communautés kurdes en Belgique (NAV-BEL) publié hier soir qui exhorte les autorités belges à reconnaitre le caractère terroriste de l’agression et non par étouffer l’affaire car elle cible une communauté apatride jetée en pâture aux gangs turco-jihadistes par l’Occident.

 
 
« Aujourd’hui, vers 19h30, une attaque à caractère terroriste a visé la communauté kurde d’Anvers.
 
La communauté kurde manifestait place de l’Opéra en réaction aux attaques djihadistes perpétrées contre les Kurdes au Rojava, dans le nord de la Syrie. La manifestation se déroulait dans le calme et sans incident. De nombreuses familles, femmes, jeunes et enfants étaient présents. Alors que le rassemblement se dispersait, les manifestants kurdes ont été attaqués par un groupe d’hommes.
 
Ces hommes s’étaient infiltrés dans la manifestation et ont soudainement sorti des couteaux, ouvrant le feu sans distinction. Trois Kurdes ont été grièvement blessés et sont actuellement hospitalisés.
 
Les assaillants étaient originaires du Moyen-Orient et animés de motivations extrémistes et djihadistes. Les Kurdes manifestaient de manière très visible, brandissant des drapeaux et des symboles du mouvement des FDS kurdes. Ils sont désormais la cible d’attaques massives de la part du Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et de groupes djihadistes affiliés. La communauté kurde est confrontée à des massacres et à des attaques génocidaires. Ces actes s’accompagnent d’une rhétorique anti-kurde virulente et de discours de haine à inspiration religieuse extrémiste sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels.
 
Il est clair que cette attaque n’est pas un acte isolé de violence gratuite, mais une attaque ciblée contre une communauté. Il s’agit d’un acte de terrorisme contre les Kurdes. Nous attendons de la police et de la justice belges qu’elles le considèrent et le traitent comme tel. Cet acte est comparable à ceux perpétrés par des djihadistes qui ciblent des civils dans les rues, sur les marchés de Noël ou dans d’autres lieux publics. Le fait que les victimes soient Kurdes, un peuple sans défense et marginalisé, ne doit pas inciter les autorités belges à qualifier cet acte différemment. Elles ne doivent pas le dissimuler. Le gouvernement belge doit reconnaître que les Kurdes, même à Anvers, sont victimes de discours de haine et de violences racistes et d’inspiration djihadiste.
 
En tant que communauté, nous trouverons réconfort et soutien auprès de la communauté démocratique qui sympathise avec les Kurdes et refuse d’accepter que les Kurdes soient attaqués, non pas en Turquie, ni au Moyen-Orient, ni en Europe. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés, à leurs familles et à leurs proches. Nous souhaitons à notre communauté force et persévérance.
 
Une autre manifestation kurde, prévue et autorisée, devait avoir lieu à Anvers le vendredi 23 janvier, mais par respect pour les victimes et afin de préserver la sérénité, elle a été annulée. Nous savons néanmoins que nous continuerons à descendre dans la rue pour protester contre ce qui se passe au Rojava et en Syrie. »
 

SYRIE. Les gangs de Damas tuent une famille kurde à Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – Des gangs affiliés à Damas, DAECH / ISIS ont tué une famille kurde de cinq personnes alors qu’elle tentait de fuir Raqqa.

Des bandes affiliées à HTS, à l’EI et à l’État turc occupant ont tué une famille kurde de cinq personnes originaires du village de Kork, dans la campagne nord-est de Kobanê, alors qu’ils tentaient de quitter la ville de Raqqa.

La famille a été exécutée par les gangs alors qu’elle tentait de fuir Raqqa pour échapper à leur brutalité. Selon certaines sources, les corps des membres de la famille ont été retrouvés au bord de la route.

Les membres de la famille tués par les gangs sont : le père Mihemed Ismail El Salih, la mère Sara Şahin Salih, Yusuf Mihemed Salih, Leyla Mihemed Salih et l’enfant Evîn Mihemed Salih.

Après la chute des villes de Raqqa et de Tabqa, des groupes armés affiliés à Hayat Tahrir al-Sham (HTS), à l’État islamique (EI) et à l’État turc occupant ont commis des crimes et des massacres contre de nombreuses familles, notamment kurdes. Face à la brutalité de ces groupes, des familles ont été déplacées de force et celles qui n’ont pas pu fuir ont été tuées. (ANF)

Guerre contre le Rojava : les trolls turco-jihadistes ont ressorti la machine à FAKE NEWS

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SYRIE / ROJAVA – Depuis le début du nettoyage ethnique des Kurdes syriens, les médias et trolls turco – djihadistes inondent les médias et les réseaux sociaux de fake news. Ils sont même allés jusqu’à dire que toute la région du Rojava était ethniquement turque, turkmène, voire tchétchène ! Quand aux civils kurdes, y compris des enfants et des vieillards tués par les gangs de Damas, ils sont tous des « terroristes », sinon, ils les font passer pour des civiles arabes tués par les « terroristes kurdes » !
 
Depuis hier, alors que les millions de civils kurdes sont acculés dans des poches de résistance autours de Kobanê, Hassaké, et Qamishlo et qu’ils sont attaqués par les gangs de Damas malgré le soi-disant cessez-le-feu, ces trolls publient les images de civils (kurdes ou arabes) tués près de Kobanê par les gangs de Damas pour des Arabes tués par les Kurdes pour justifier l’invasion militaire de ces zones par Damas et d’achever le génocide des Kurdes.
 
En parallèle à cette campagne de propagande anti-kurde qui vise à cacher le massacre systématique des Kurdes syriens, ces trolls diffusent notamment sur Telegram des images des Kurdes (civils ou combattants) tués, torturés, mutilés, brûlés…, femmes agressées ou capturés comme « butin de guerre », malgré l’interdiction faite par le régime syrien de ne pas filmer les exactions ciblant les Kurdes. Ainsi, les Kurdes syriens sont suppliciés par leurs bourreaux qui mènent une campagne de propagande mensongère à tous les niveaux pour cacher à tout pris le génocide des Kurdes. Mais le pire c’est de voir que cette propagande est reprise par des médias occidentaux car « cela émane des médias officiels » d’un régime criminel reconnu par la communauté internationale comme le représentant légitime de la Syrie. Ainsi, dans les médias occidentaux, les forces kurdes deviennent des « milices » tandis que les bandes de jihadistes violeurs et égorgeurs d’hommes et de femmes deviennent « l’armée syrienne » et la boucle est bouclée !

BELGIQUE. Une attaque sanglante cible une manifestation kurde à Anvers

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BELGIQUE – La communauté kurde qui dénonçait les attaques des gangs de Damas ciblant le Rojava ont été victime d’une attaque terroriste à Anvers, signale NAV-BEL. il y aurait trois blessés graves. 

Au moins trois membres de la communauté kurde ont été grièvement blessés jeudi 22 janvier au soir à Anvers lors d’une attaque qualifiée de terroriste par le Conseil démocratique des communautés kurdes en Belgique (NAV-BEL).
 
Selon l’organisation, l’agression s’est produite vers 19h30, alors qu’une manifestation pacifique se tenait place de l’Opéra pour protester contre les attaques djihadistes visant les Kurdes du Rojava, dans le nord de la Syrie. Le rassemblement, auquel participaient de nombreuses familles, femmes et enfants, se déroulait sans incident jusqu’à sa dispersion.
 
C’est à ce moment-là qu’un groupe d’hommes, qui se seraient infiltrés dans la manifestation, a attaqué les participants à l’arme blanche. Trois Kurdes ont été grièvement blessés et hospitalisés.
 
D’après NAV-BEL, les assaillants, originaires du Moyen-Orient, agissaient avec des motivations extrémistes et djihadistes. L’organisation souligne que les manifestants kurdes étaient clairement identifiables, arborant des drapeaux et des symboles liés aux Forces démocratiques syriennes (FDS), aujourd’hui ciblées par des groupes djihadistes tels que Hayat Tahrir al-Sham (HTS).
 
Pour la communauté kurde, cette attaque ne constitue pas un acte isolé mais une agression ciblée relevant du terrorisme. NAV-BEL appelle les autorités belges à reconnaître le caractère terroriste de l’attaque et à ne pas minimiser les violences et les discours de haine visant les Kurdes, y compris en Europe.
 
Par respect pour les victimes et afin d’éviter toute nouvelle tension, une manifestation kurde prévue le lendemain à Anvers a été annulée. La communauté affirme toutefois qu’elle poursuivra sa mobilisation contre les attaques en cours au Rojava et en Syrie. (Via Maxime Azadî)

ROJAVA. Kobanê étranglée par le siège militaire et l’embargo

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SYRIE / ROJAVA – La ville kurde de Kobanê est face à un drame humanitaire et sécuritaire plus dangereuse que lors de l’attaque de DAECH / ISIS en hiver 2014/15. En effet, les gangs de Damas et de la Turquie frappent la ville assiégée et privée d’eau, de nourriture, d’électricité ou encore de médicaments en plein hiver.

Des sources fiables de de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) ont confirmé que la situation sanitaire et médicale dans la ville d’Aïn al-Arab (Kobani) est devenue catastrophique en raison du siège étouffant, des opérations de combat en cours et des bombardements systématiques.

 

Selon des sources de l’OSDH, la population civile de la ville est confrontée à une grave crise humanitaire, caractérisée par une pénurie de médicaments pour les maladies chroniques telles que le diabète, l’asthme et les maladies du foie, ainsi que par une pénurie aiguë de médicaments en général. Des sources médicales ont confirmé que tous les médicaments et le lait infantile seront épuisés d’ici deux jours si le siège étouffant se poursuit.

 

Par ailleurs, des militants de l’OSDH ont signalé que de nombreux patients et blessés ont besoin d’interventions chirurgicales urgentes, alors que tous les efforts déployés pour les envoyer dans des hôpitaux ou des centres médicaux situés en dehors de la ville de Kobani ont échoué.

 

Par ailleurs, l’OSDH a ​​reçu plusieurs appels de détresse d’hôpitaux de Kobani, où le personnel administratif a confirmé que les capacités hospitalières ne permettent pas de faire face à l’afflux croissant de patients et de blessés provenant des villages environnants. Ce personnel a également confirmé que les ambulances tentant de secourir les blessés et les malades sont attaquées ; sans parler des difficultés de communication avec les équipes médicales dues à l’interruption persistante des télécommunications.

 

L’Observatoire syrien des droits de l’homme renouvelle son appel aux autorités compétentes afin qu’elles interviennent immédiatement pour sauver les patients, fournir les médicaments nécessaires et faire pression sur les parties au conflit pour qu’elles cessent d’attaquer les hôpitaux et les ambulances. L’OSDH demande également la fin des combats et des bombardements injustifiés, ainsi que le respect des trêves déclarées.

SYRIE. Les gangs armés exécutent 4 jeunes Kurdes à Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – Hier, les gangs de Damas et des membres des tribus de Raqqa ont exécuté quatre jeunes Kurdes dans la ville d’Al-Raqqa où règne la terreur absolue.

Selon des sources de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR), ces exécutions ont eu lieu lors d’une opération de sécurité, sans procès ni procédure légale. Des images vidéo confirment ces exécutions extrajudiciaires.

Quatre jeunes Kurdes ont été exécutés dans la ville d’Al-Raqqa par des membres armés de tribus lors d’une opération menée en coordination avec des membres des forces du gouvernement intérimaire, un incident qui a choqué la population civile.

Selon des sources fiables de l’OSDH, des membres de tribus ont pris d’assaut la ville ces derniers jours, lors d’une vaste opération de sécurité visant à renforcer leur contrôle sur les quartiers d’Al-Raqqa et à imposer la sécurité par la force, au cours de laquelle de jeunes hommes ont été exécutés par balles.

L’OSDH a ​​obtenu une copie d’une vidéo montrant les quatre corps après l’exécution, confirmant que le crime a été commis sans respect de la loi et sans procès ni inculpation. Les images montrent l’ampleur de la violence des hommes armés lors de l’effraction et l’effet direct sur les civils qui vivent dans un état de peur et de panique dans la ville.

PETITION. « Appel à la mobilisation générale pour défendre le Rojava en Syrie ! »

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PARIS – La Fondation Danielle Mitterrand invite les personnalité publiques à se mobiliser pour empêcher le massacre les Kurdes du Rojava attaqués par les gangs de Damas, Turquie et de DAECH / ISIS. Voici l’appel que vous pouvez soutenir en ajoutant votre nom au formulaire joint d’ici ce soir :

Je signe la tribune de soutien « Appel à la mobilisation générale pour défendre le Rojava en Syrie ! »

Depuis la Fondation Danielle Mitterrand, nous appelons toutes les personnalités publiques (élu.es, universitaires, artistes, responsables associatifs, etc.) à se mobiliser et signer cette tribune de soutien en urgence pour défendre le Rojava en Syrie face aux attaques en cours.

Merci de remplir le formulaire ici jusqu’à jeudi 22 janvier à 20h :  https://framaforms.org/je-signe-la-tribune-de-soutien-aux-kurdes-de-syrie-1768923163 

Le 6 janvier dernier, les forces armées du Gouvernement syrien de transition (GST, présidé par Ahmed al-Charaa) attaquaient, à l’aide de drones, tanks et équipements d’artillerie les deux quartiers à majorité kurde d’Alep : Cheikh Maqsoud et Ashrafiyeh. Les habitant·es ont été sommés d’évacuer et les forces armées kurdes qui les défendaient enjointes à se rendre. Les conseils civils du quartier et les combattants kurdes ont décidé de résister mais ont été forcés à déposer les armes le 11 janvier face à la brutalité des attaques. Deux jours plus tard, soutenu militairement par la Turquie, le gouvernement syrien lançait une nouvelle offensive directement contre les territoires de l’AADNES (Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie). Malgré plusieurs tentatives d’instauration de cessez-le-feu, les attaques n’ont pas diminué mais se sont au contraire intensifiées et étendues aux villes et régions de Tabqa, Raqqa et Deir-ez-Zor. Suite à la défection de nombreuses tribus arabes participant aux Forces démocratiques syriennes (FDS), ces territoires ont été saisis par les forces gouvernementales depuis dimanche.

En deux semaines, plusieurs dizaines de civils ont été tués dans les attaques, des maisons et infrastructures civiles comme l’hôpital de Cheikh Maqsoud prises pour cible et des dizaines de milliers de personnes, majoritairement Kurdes, déplacées de force. Les exactions commises par les forces gouvernementales dont nous avons eu connaissance sont d’une brutalité et d’une violence inouïes. De nombreuses vidéos montrent les arrestations et humiliations de combattants et combattantes ainsi que de multiples civils. Plusieurs civils et des combattants ont été assassinées de sang froid ou décapités par les milices islamistes, en violation des lois internationales régissant la guerre.

Ce déploiement de violence est intervenu après l’interruption brutale des négociations entre l’AADNES (Administration autonome du nord et de l’Est de la Syrie) et ses forces armées, les FDS (Forces démocratiques syriennes) d’un côté et le gouvernement syrien de transition (GST) présidé par Ahmed al-Charaa. Engagées depuis le 10 mars, ces discussions visaient pour le GST à l’intégration des structures politiques et militaires de l’AADNES au sein de l’Etat syrien. Si les représentants de l’AADNES ont réaffirmé leur attachement à l’unité du pays dans le cadre d’une Syrie décentralisée, le gouvernement n’a avancé sur aucun des points majeurs des accords préliminaires : décentralisation politique et préservation de certaines structures politiques propres, droits politiques pour les minorités, retour sécurisé des déplacés internes dans leurs régions d’origine occupées par la Turquie en 2018 et 2019.

Ce lundi soir a été marquée par l’échec des négociations entre les FDS et le Gouvernement syrien de transition. C’est donc une guerre totale qui s’ouvre entre les forces de l’AADNES et les forces du GST. Les cantons de Kobané et de Djézireh, historiquement kurdes, sont maintenant assiégés. Ils ont été isolés l’un de l’autre suite à des offensives menées par les milices alliées à la Turquie depuis le territoire occupé de Serekaniye et Tal Abyad. L’électricité et l’eau sont coupées à Kobanê, mettant en péril les conditions de vie de 250 000 personnes. Des risques de nettoyage ethnique et de cycles de représailles sont extrêmement élevés.

A Sheddadi, Tabqa et Raqqa, des prisons enfermant notamment des prisonniers de l’Etat islamique ou d’autres groupes islamistes violents ont été ouvertes et des centaines d’anciens combattants sont maintenant en liberté. A Hassaké, de lourde menaces pèsent sur la prison qui détient plus de 5000 membres de l’EI, dont ses éléments les plus importants. Une tentative d’évasion coordonnée avait déjà été déjouée en 2022. Sous l’obligation de défendre leurs villes assiégées, les FDS viennent d’annoncer leur retrait du camp de déplacés de Al Hol, une poudrière où 30 000 familles reliées à l’EI sont enfermées depuis des années. Alors que les FDS ont perdu près de 11 000 personnes lors de la guerre contre Daech depuis 2014, la Coalition internationale les trahit une fois de plus dans l’indifférence et l’hypocrisie.

Ces violences ne sont malheureusement pas nouvelles. Malgré les promesses faites aux Occidentaux d’un gouvernement « inclusif », le pouvoir et ses forces sécuritaires saisissent le moindre prétexte pour pratiquer des politiques de représailles à l’encontre des communautés minorisées, constituant de possibles crimes contre l’humanité. En mars, des massacres ont visé les communautés Alaouites aux alentours de Tartous suite à un soulèvement d’ancien cadres du régime Assad. En juillet, l’instrumentalisation de conflits locaux historiques complexes avec les populations bédouines et druzes a mené à un massacre. Des communautés druzes ont été assiégées à Soueida et même bombardées par le gouvernement. Un attentat a été commis contre une église de Damas. Dans le même temps, Al Charaa a annoncé l’intégration de combattants djihadistes dans l’armée régulière. Autant de faits qui révèlent l’instabilité et les véritables intentions politiques de ce gouvernement de transition, dans un pays ravagé où les habitant·es aspirent pourtant à vivre, ensemble, en paix.

Après 14 ans de guerre, 500 000 personnes massacrées, 10 millions d’habitant·es déplacé·es, la chute du dictateur Bachar el Assad aurait pu laisser espérer la naissance d’une « nouvelle » Syrie, fidèle aux idéaux de la Révolution syrienne. Il n’en est rien. Avant même les violences ciblées, la politique intérieure menée par Ahmed Al Charaa a durement frappé la population dans son ensemble : la hausse brutale du prix du pain et des transports, la privatisation accélérée de secteurs vitaux comme le port de Lattaquié, tandis que les syndicats et associations sont placés sous tutelle directe du pouvoir. Autant de mesures qui éloignent la Syrie des idéaux de justice et de dignité de la Révolution, et plongent l’ensemble des Syriens dans une insécurité sociale et politique accrue.

Malgré ces faits, l’Union européenne vient de signer un chèque de 620 millions d’euros au gouvernement syrien pour la reconstruction du pays. Ces actes incarnent une diplomatie où les droits humains et les aspirations des peuples sont sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et géopolitiques. La Syrie représente une manne pétrolière, un nouveau marché pour la France et les autres puissances occidentales. C’est aussi un partenaire stratégique pour le gouvernement israélien responsable de génocide selon la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, avec qui des accords ont été conclus à Paris début janvier sous la supervision des USA.

Il est essentiel de le dire clairement : ce qui se joue aujourd’hui en Syrie n’est pas un affrontement communautaire ou religieux, comme trop souvent présenté dans les discours médiatiques et politiques. Il s’agit de visions et projets politiques qui s’opposent pour l’avenir de la Syrie. D’un côté, le gouvernement d’Ahmed-Al-Charaa défend une Syrie centraliste, conservant le nom de « République arabe syrienne » et fondant le droit sur l’Islam. De l’autre, les puissances étrangères semblent s’accorder sur une Syrie fractionnée, aux communautés divisées en zones d’influences : Israël au sud, bien au-delà du Golan déjà occupé, la Turquie au nord-est, les Etats-Unis à l’Est de l’Euphrate, la Russie sur la côte alaouite et le reste de la Syrie au gouvernement central et soumis aux intérêts turcs et occidentaux.

Pourtant, une autre voie existe : celle d’une Syrie décentralisée, démocratique, respectueuse des droits des femmes et des minorités culturelles et religieuses. Depuis un an, à travers tout le pays, des femmes et des hommes de différentes régions et communautés s’organisent pour se défendre, se soutenir et reconstruire, en s’appuyant notamment sur les expériences d’auto-défense et d’émancipation menées dans le Nord-Est syrien, ainsi que sur plus de 50 ans de résistance au quotidien à un régime totalitaire ayant massacré son propre peuple. Ce sont notamment les femmes, premières victimes civiles des conflits et de la guerre, qui s’engagent dans la reconstruction, et qui montrent qu’un autre avenir est possible.

Nous refusons que nos dirigeants choisissent le parti d’un pouvoir autoritaire et sanguinaire, au mépris de celles et ceux qui veulent bâtir une Syrie libre et égalitaire. Dans le nord-est syrien, la mobilisation générale a été décrétée lundi soir, et suite aux appels à soutien, des Kurdes des quatre parties du Kurdistan occupé affluent aujourd’hui pour soutenir leur peuple, les acquis de sa révolution ainsi que la possibilité d’une Syrie démocratique. Mardi matin, plusieurs centaines de jeunes venant de Turquie ont réussi à passer la frontière. Partout en France, nos actions parlementaires, politiques, syndicales et culturelles doivent se renforcer afin de soutenir cet espoir et la population kurde attaquée à Djézireh et Kobané.

La communauté internationale doit prendre une position ferme pour protéger les populations, défendre les droits et les territoires des kurdes de Syrie, défendre l’autonomie des institutions civiles, politiques et militaires de l’AANES dans les régions de Kobanê et Djezireh, le retour de tous les déplacés dans les régions occupées par les milices soutenues par la Turquie, ainsi que la coexistence pacifique et l’autodétermination de tous les peuples qui composent la Syrie.

PREMIER.ES SIGNATAIRES :

  • Corinne Morel-Darleux, écrivaine et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Geneviève Azam, économiste et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Jacqueline Madrelle, vice-présidente de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Zerin Bataray, avocate
  • Rémi Féraud, sénateur de Paris
  • Geneviève Garrigos, conseillère de Paris
  • Barbara Glowcewski, directrice de recherche émérite, CNRS
  • Noël Mamère, ancien député et maire
  • Thomas Portes, député

SYRIE. Damas et Ankara propagent l’idée qu’il n’y a pas de Kurdes en Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Damas et Ankara propagent l’idée qu’il n’y pas de Kurdes en Syrie et ouvre la voie au nettoyage ethnique des Kurdes du Rojava (au passage, le Rojava est devenu turc). Pourtant, il y a quelques jours, al-Sharaa (Jolani) disait que les Kurdes faisaient partie intégrante de la Syrie. Maintenant qu’ils ont le feu vert de Trump pour massacrer les Kurdes, il peuvent réécrire l’histoire coloniale turco-ottomane !

Grâce à une carte ethnique du Rojava fabriquée par un turc (Bilal Selim Filiz) toute la région kurde est devenue turque !

Les comptes turcs et des comptes pro-Damas ont commencé à propager l’idée que les Kurdes n’existent pas en Syrie, ouvrant ainsi la voie au déplacement ethnique et au nettoyage ethnique des Kurdes en Syrie. (Les cartes du Rojava qu’ils fabriquent ont transformé les régions kurdes en régions ethniquement turques, turkmène, voire tchétchènes !)

Pourtant, il y a une semaine, ces mêmes personnes affirmaient que les Kurdes faisaient partie intégrante de la Syrie !

SYRIE. Les gardes kurdes de la prison d’al-Aqtan assiégés par les gangs de Damas

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SYRIE / ROJAVA – Damas a coupé l’eau et l’électricité de la prison d’al-Aqtan/Raqqa abritant 5 000 membres de DAECH/ISIS/EI tenus par une poignée de gardes kurdes qui subissent les attaques des gangs de al-Sharaa (Jolani) et manquent de nourriture et de carburant pour le chauffage. Les gardes de la prison exigent un passage sûr pour atteindre les zones kurdes et le transfert de la prison à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
 
Un responsable de la prison d’al-Aqtan à Raqqa a lancé un appel urgent concernant la situation dans la prison :
 
« Nous lançons un appel à la coalition internationale et à toutes les parties concernées, et nous demandons que la responsabilité de la protection de la prison d’al-Aqtan, qui abrite des membres de l’EI, leur soit transférée sous garanties internationales.
 
Nous exigeons un passage sûr pour atteindre des zones sûres, également sous les mêmes garanties internationales.
 
Raqqa a subi des attaques répétées et, bien que nos forces se soient retirées, nous, la garnison de la prison, aurions pu nous replier vers nos zones sécurisées. Cependant, nous sommes conscients des dangers que représente cette prison et de nos responsabilités face à cette menace.
 
Nous sommes sous une attaque féroce de la part de ceux qui tentent de prendre le contrôle de la prison, et nous avons atteint le point de non-retour.
 
Nous n’avons ni eau, ni électricité, ni carburant, et nos réserves alimentaires sont extrêmement limitées. »