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Abandonnés par Trump, bombardés par l’Iran : après le Rojava livré aux djihadistes, les Kurdes d’Irak et d’Iran seront-ils les prochains ?

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KURDISTAN – Donald Trump menace une fois de plus les Kurdes, les accusant d’avoir détourné des armes américaines destinées aux opposants iraniens. Cette affirmation, répétée récemment, reste totalement infondée.

Au moment même où ces accusations sont proférées, l’Iran intensifie ses frappes de drones contre des zones kurdes en Irak du Sud, visant notamment des positions de partis kurdes iraniens et des infrastructures civiles. Des attaques quasi quotidiennes frappent le Kurdistan irakien, dans un silence assourdissant du gouvernement de Bagdad.

Pourquoi Trump ne s’en prend-il pas à la Turquie, ni à ses propres représentants dans la région comme Tom Barrack ? Ce sont pourtant eux qui l’ont poussé dans son escalade contre l’Iran et qui lui transmettent des rapports souvent biaisés, alignés sur les intérêts d’Ankara.

Les principaux partis et forces kurdes, tant en Irak qu’en Syrie, ont formellement démenti ces allégations. Ils affirment n’avoir reçu aucune arme ni aucun soutien matériel des États-Unis dans ce cadre.

Cette nouvelle charge s’inscrit dans une longue série de trahisons. Le cas le plus emblématique reste l’abandon des Kurdes du Rojava en Syrie. Leur seul « crime » était de vouloir vivre dignement sur leurs propres terres, en construisant une société autonome, démocratique et multiculturelle après avoir été en première ligne contre Daech. Les États-Unis, sous l’impulsion de leurs émissaires au Moyen-Orient, les ont jetés en pâture aux djihadistes de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS) et aux forces turques. Avec le soutien tacite de la Grande-Bretagne et de certains pays arabes, cette trahison a permis le démantèlement progressif de l’autonomie kurde : attaques sur les quartiers kurdes d’Alep, offensive sur Raqqa et Deir ez-Zor, et intégration forcée sous pression.

Aujourd’hui, les Kurdes du Rojava paient le prix fort de cet abandon stratégique.

Les Kurdes d’Irak et d’Iran connaîtront-ils le même sort ? Alors que des drones iraniens pilonnent déjà leurs positions et leurs camps en Irak, et que la Turquie continue sa politique d’hostilité systématique, la question se pose avec urgence. Les Kurdes, une fois de plus, risquent d’être sacrifiés sur l’autel des intérêts géopolitiques américains, turcs et iraniens.

Si Trump veut vraiment connaître la vérité sur ces armes et sur la stabilité de la région, il devrait d’abord enquêter sur ses propres intermédiaires — ces acteurs aux intérêts financiers opaques comme Tom Barrack — et sur les pays pour lesquels ils œuvrent en priorité, plutôt que de charger encore une fois les Kurdes, qui continuent de payer le prix du sang pour leur simple aspiration à la dignité et à la liberté.

IRAK. Nouvelle attaque contre la résidence du leader du PAK

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IRAK / KURDISTAN – Trois frappes de drones, attribuées aux forces du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) iranien, ont visé ce lundi 6 avril 2026 la résidence privée de Hussein Yazdanpanah (également orthographié Hossein Yazdanpanah ou Mam Hussein), commandant en chef du Parti de la Liberté du Kurdistan (PAK / Partiya Azadiya Kurdistan).

L’attaque s’est déroulée dans la zone de Degala (Dikla), à l’est d’Erbil (Hewler). Des vidéos diffusées en direct dans les minutes suivant l’impact montrent des explosions successives, des colonnes de fumée noire s’élevant des bâtiments et des débris projetés. Plusieurs sources sur place indiquent que trois drones ont touché la maison du leader ainsi que des habitations environnantes appartenant à des peshmergas.

Bilan provisoire

Hussein Yazdanpanah n’était pas présent sur les lieux au moment de l’assaut. Selon plusieurs témoignages concordants, il avait déjà quitté la résidence depuis quelque temps et réside ailleurs. Il est indemne.

Les informations sur d’éventuelles victimes restent incertaines pour l’instant. Aucune confirmation officielle de morts ou de blessés n’a encore été publiée par le PAK au moment de la rédaction, mais des sources locales font état de dégâts matériels importants sur la résidence et les bâtiments adjacents. Des opérations de sécurisation et de recherche sont en cours.

Des images de l’après-coup montrent une scène de destruction avec des murs effondrés sous une épaisse fumée. Cette attaque est qualifiée d’« escalade » par de nombreux observateurs, alors que les frappes iraniennes contre les bases kurdes iraniennes en Irak se multiplient quasi quotidiennement.

Contexte : une campagne continue et intense

Cette nouvelle frappe s’inscrit dans la vague d’attaques iraniennes qui touche, depuis plusieurs semaines, les positions des partis d’opposition kurdes iraniens installés en Région du Kurdistan d’Irak. Le PAK figure parmi les groupes les plus fréquemment ciblés, aux côtés du KDPI, des factions du Komala et du Khabat.

Entre 160 et 200 frappes — mêlant missiles balistiques, drones suicides de type Shahed et artillerie — ont été recensées depuis le début de l’escalade régionale en février-mars 2026. L’objectif affiché par Téhéran est de neutraliser ces groupes pour les empêcher de constituer un « second front » terrestre contre l’Iran (Rojhelat) et d’amoindrir leurs capacités militaires.

Le PAK, considéré comme l’un des mouvements kurdes iraniens les plus actifs militairement, a déjà subi plusieurs attaques similaires, notamment en 2022 et en mars 2026. Hussein Yazdanpanah, figure charismatique et vétéran du mouvement, est régulièrement accusé par Téhéran d’être un « agent » au service d’Israël et des États-Unis.

Réactions immédiates

Le PAK et ses réseaux affiliés ont rapidement diffusé les images de l’attaque, dénonçant une violation flagrante de la souveraineté irakienne et une tentative d’assassinat ciblée.

Si les autorités de la Région du Kurdistan d’Irak n’ont pas encore réagi officiellement à cette frappe précise, elles ont condamné à plusieurs reprises les violations répétées de leur territoire. Cette agression intervient alors que les discussions sur une possible unification des forces kurdes iraniennes et une coordination accrue avec les acteurs internationaux se poursuivent.

Le PJAK (branche iranienne du PKK) demeure, à ce jour, l’exception notable : il n’est pas visé avec la même intensité que les autres groupes, du fait notamment de son QG qui dans dans les grottes du mont Qandil.

Cette frappe du 6 avril 2026 illustre une nouvelle fois la vulnérabilité des leaders kurdes iraniens et de leurs bases, même lorsque des mesures d’évacuation préventives sont appliquées. Les organisations concernées continuent de réclamer une zone d’exclusion aérienne ou une protection internationale renforcée pour sécuriser leurs positions.

Le tunnel fantôme d’Hakurkê : nouvelle désinformation ciblant les Kurdes

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IRAK / KURDISTAN – Dans un contexte régional marqué par les tensions, les conflits armés et les frappes transfrontalières entre l’Iran, l’Irak et la Turquie, les Kurdes d’Iran et d’Irak sont particulièrement vulnérables à la désinformation. Des rapports non vérifiés circulent quotidiennement sur les réseaux sociaux et dans certains médias, accusant souvent des groupes kurdes d’activités militaires qu’il est logistiquement ou politiquement impossible de réaliser. Ces fausses informations contribuent à alimenter les tensions, à justifier des opérations militaires et à stigmatiser des communautés déjà fragilisées.

Un exemple concret de cette désinformation a été mis en lumière par Dunya Basol dans un poste détaillé. Selon certains rapports, le 1er avril 2026, un tunnel prétendument utilisé pour transférer des groupes armés du KRG (Gouvernement régional du Kurdistan irakien) vers l’Iran aurait été ciblé lors d’une opération d’embuscade et d’encerclement. La tentative d’entrée aurait échoué, entraînant des victimes. Quelques heures plus tard, la même zone aurait été visée par une frappe aérienne nocturne menée par un avion de chasse. Pourtant, comme l’explique Dunya Basol, « ce n’est pas tout à fait possible ».

Les impossibilités géographiques et militaires

Dunya Basol déconstruit l’histoire point par point en s’appuyant sur la géographie précise de la région de Hakurkê et sur les réalités du terrain :

 

  • Le nord de Hakurkê (zone souvent encadrée en bleu sur les cartes) est sous le contrôle total de l’armée turque, qui y maintient de nombreuses bases militaires. Il s’agit également de la terre tribale des Kurdes Bradost, qui ne tolèrent absolument pas la présence du PKK et entretiennent des liens cordiaux avec les Kurdes iraniens. Un tunnel partant de cette zone pour transférer des combattants semble donc hautement improbable.

  • Le sud de Hakurkê (zone souvent encadrée en rose) abrite encore des camps du PKK et constitue un bastion pour ce groupe. Cependant, il est logistiquement impossible d’atteindre le réseau de tunnels précis mentionné dans les rapports depuis cette position.

  • La zone du choc rapporté correspond à un territoire traditionnel du PDKI (Parti démocratique du Kurdistan d’Iran, encadré en vert). Les membres du PDKI se déplacent souvent aux côtés des civils. Sous la politique actuelle de « patience stratégique » du PDKI, qui vise à s’éloigner de la guerre en cours, une présence du PJAK/PKK ne serait tout simplement pas autorisée.

  • La zone encadrée en rouge a accueilli autrefois une présence importante du PKK, y compris des camps permanents dans les années 1980 et 1990. Aujourd’hui, elle ne compte ni camps permanents ni mobiles, et seulement une très faible présence armée éventuelle. Juste de l’autre côté de la frontière, en Iran, existent deux petits camps semi-mobiles et saisonniers du PJAK, mais ils ne disposent pas d’un réseau de tunnels capable de transférer des groupes armés.

Ainsi, indépendamment du groupe armé qui aurait pu être impliqué, il est pratiquement impossible d’attribuer cet incident à des membres du PKK/PJAK, du PDKI ou du PAK (Parti de la liberté du Kurdistan). Les dynamiques tribales, le contrôle turc, les politiques internes kurdes et la configuration du terrain rendent ces récits incohérents.

Un phénomène récurrent

Dunya Basol insiste sur un point essentiel : des dizaines d’informations de ce type surgissent chaque jour. Dans le « brouillard de la guerre » (fog of war), où les frappes iraniennes, turques ou autres se multiplient contre des positions kurdes en Irak, la désinformation devient une arme à part entière. Elle sert parfois à justifier des opérations militaires, à discréditer des partis d’opposition kurdes iraniens (comme le PDKI ou le Komala) ou à semer la division entre les différentes composantes kurdes.

Les Kurdes d’Iran, dont les bases se trouvent souvent en exil dans le Kurdistan irakien, et les Kurdes d’Irak, pris entre les feux croisés des puissances régionales, paient un lourd tribut à ces narratifs manipulés. Les attaques récurrentes contre des camps d’opposition kurde iranienne, les accusations infondées de collaboration avec des puissances étrangères, ou les rumeurs de tunnels et d’infiltrations massives, compliquent encore davantage leur situation déjà précaire.

Pourquoi la vigilance est-elle cruciale ?

Dans un Moyen-Orient en ébullition, où les conflits s’entremêlent (tensions irano-turques, présence du PKK, opposition kurde à Téhéran, etc.), il est indispensable de croiser les sources et d’analyser les faits sur le terrain plutôt que d’accepter aveuglément les premiers rapports. Comme le conclut Dunya Basol : il faut être prudent avant d’accepter ces informations comme vraies.

La désinformation ne tue pas seulement la vérité ; elle peut aussi servir de prétexte à des violences supplémentaires contre des populations civiles kurdes, déjà confrontées à la répression, aux bombardements et à l’instabilité chronique.

Cet exemple illustre parfaitement comment, dans les guerres modernes, les cartes, les réalités tribales et les politiques locales permettent de démasquer les récits simplistes ou manipulés. Une lecture attentive et géographiquement informée reste le meilleur rempart contre la propagande.

Le Kurdistan entre l’enclume régionale et le cynisme de Washington

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IRAK / KURDISTAN – Le peuple kurde est une nouvelle fois sacrifié sur l’autel des intérêts géopolitiques. Au Kurdistan irakien, les attaques contre Hewlêr (Erbil) et les positions des Peshmerga se multiplient de manière systématique. Depuis le début de la guerre Israël-USA vs Iran, des près de 700 attaques de missiles balistiques, drones et roquettes ont ciblé la région, faisant des dizaines de victimes. Zones civiles, bases militaires, aéroports, infrastructures civiles et camps abritant les familles de l’opposition kurde iranienne : rien n’est épargné. La capitale vit désormais sous une pluie de feu quasi quotidienne.

Ces agressions ne sont pas le seul fait de Téhéran. Elles révèlent une coordination perverse entre les proxies chiites pro-Iran des Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Shaabi) et des milices turkmènes sous influence directe d’Ankara. Ensemble, ils transforment le Kurdistan irakien en un champ de bataille où le Kurde est la cible privilégiée. Avec près de 700 attaques recensées depuis le début du conflit régional, l’objectif est limpide : punir les Kurdes pour leur existence même et briser tout foyer d’opposition au régime des mollahs.

Kurdes jetés délibérément en pâture

Face à ce massacre, l’attitude de Donald Trump s’avère odieuse. Dans une récente interview accordée à Fox News, il a prétendu que les États-Unis avaient acheminé « beaucoup d’armes » à l’opposition iranienne via les Kurdes, avant de les accuser de les avoir « gardées » pour eux.

Ces déclarations sont aussi mensongères que criminelles. En désignant explicitement les Kurdes comme intermédiaires, Trump les expose aux représailles les plus sanglantes de Téhéran. Après les avoir encouragés à l’offensive, il se rétracte et les accable de calomnies pour justifier son désengagement. C’est la signature du cynisme trumpien : utiliser les Kurdes comme chair à canon, puis comme boucs émissaires.

Ceux qui furent les alliés les plus fiables contre Daech se retrouvent aujourd’hui livrés aux djihadistes de Jolani (HTS) au Rojava et pilonnés à Erbil par les milices pro-Iran. Pris en étau entre l’impérialisme régional et la trahison américaine, les Kurdes subissent une propagande qui les présente comme des agents de l’étranger pour légitimer leur élimination.

Un peuple sacrifié, une hypocrisie meurtrière

Cette politique n’est pas de l’indifférence, c’est un calcul froid. Trump jette ses alliés en pâture pour simuler une action contre l’Iran sans en payer le prix politique ou militaire. Les Peshmerga se font massacrer sans protection aérienne ni soutien concret, tandis que le silence de la communauté internationale est assourdissant.

Le Kurdistan irakien, rare îlot de pluralisme dans un Moyen-Orient embrasé, est traité comme une monnaie d’échange jetable. Il est temps de nommer les faits : Trump ne se contente pas d’abandonner les Kurdes, il les livre sciemment à leurs bourreaux. Le sang qui coule à Hewlêr entache aussi les mains de ceux qui ont exposé ce peuple en pleine lumière avant de lui retirer tout bouclier. Les États qui se sont appuyés sur les forces kurdes pour vaincre l’État islamique les ont jeté en pâture à Jolani qui écrasé dans le sang l’autonomie du Rojava et aujourd’hui, l’Iran et la Turquie rêvent faire de même en écrasant l’autonomie du Kurdistan irakien. Le Kurdistan n’est pas une proie, et ses défenseurs ne sont pas des pions interchangeables. L’histoire retiendra cette trahison comme l’acte criminel d’une puissance ayant sacrifié son allié le plus loyal au profit du chaos.

Trop, c’est trop.

TURQUIE. Nordiz, joyau écologique menacé par l’exploitation minière

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TURQUIE / KURDISTAN – La région kurde de Nordiz, située dans le district de Gürpınar à Van, est réputée pour sa riche biodiversité, ses vastes pâturages fertiles et sa grande variété d’herbes sauvages. Longtemps considérée comme l’un des hauts lieux de l’élevage dans la région, elle abrite un écosystème unique, vital pour les chèvres de montagne, les mouflons de Nordiz et le bassin du lac de Van, tout en constituant un habitat essentiel pour le mulet perlier.

Cependant, depuis quatre ans, les activités d’exploration et d’exploitation minières menées dans la zone, notamment par le groupe Vefa dans le hameau de Derbedanis près du village de Şamanis, causent des dommages environnementaux irréversibles.

Pollution de l’eau et souffrance des villageois

Les opérations minières ont gravement pollué les principales sources d’eau du village. La présence de polymères et de substances magnétiques rend l’eau impropre à la consommation humaine et animale. Privés de leur ressource vitale, les habitants, dont la vie dépend presque entièrement de l’élevage, sont contraints de parcourir chaque jour près de 15 kilomètres jusqu’au plateau de Nebirnav pour abreuver leurs troupeaux.

Animaux en voie de disparition

Chaque année, des centaines d’animaux meurent à cause de cette eau contaminée. L’assèchement des pâturages et la perturbation du cycle naturel menacent aujourd’hui l’élevage d’extinction dans la région. Au-delà de la catastrophe économique, c’est tout un mode de vie ancestral, transmis de génération en génération, qui est en train de disparaître.

La biodiversité locale est également gravement atteinte : les chèvres de montagne et les mouflons nordiques, espèces déjà menacées, voient leur habitat détruit, tandis que les zones de reproduction du mulet perlier, espèce clé du lac de Van, sont directement impactées.

Les villageois se mobilisent

Face à cette destruction systématique, les habitants de Nordiz ont engagé des poursuites judiciaires pour exiger l’arrêt immédiat des activités minières. Ils dénoncent la disparition progressive de leurs terres, de leurs moyens de subsistance et de leur environnement.

Si rien n’est fait, la région de Nordiz, autrefois symbole de richesse naturelle et pastorale, risque d’être définitivement ravagée, au profit d’intérêts miniers au détriment des populations locales et de la biodiversité.

IRAN. Depuis le début de la guerre, 13 prisonniers politiques exécutés

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IRAN – Le régime iranien a exécuté aujourd’hui les manifestants Mohammad Amin Biglari et Shahin Vahedparast, signale l’ONG kurde Hengaw. Depuis le début de la guerre opposant les USA et Israël à l’Iran, le régime iranien a exécuté 13 prisonniers politiques, tandis que des centaines d’autres risquent de connaitre le même sort tragique.

Les autorités iraniennes ont procédé, à l’aube du dimanche 5 avril 2026, à l’exécution secrète de deux jeunes prisonniers politiques, Mohammadamin Biglari et Shahin Vahedparast Kalour, à la prison de Ghezel Hesar à Karaj. Ces exécutions interviennent dans un contexte de répression accrue, alors que l’Iran est engagé dans un conflit régional avec Israël les Etats-Unis.

Selon l’ONG Hengaw, spécialisée dans la défense des droits humains en Iran, ces deux hommes faisaient partie d’un groupe de sept personnes arrêtées le 8 janvier 2026 lors de la répression des manifestations à Téhéran, près de la base Basij n° 185 Namjoo.

Mohammadamin Biglari, étudiant en informatique âgé de seulement 19 ans, et Shahin Vahedparast Kalour, 30 ans, ont été jugés un mois à peine après leur arrestation par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghasem Salavati. Ils ont été condamnés à mort pour « inimitié envers Dieu » (moharebeh), « corruption sur terre », incendie criminel d’installations publiques et « collusion contre la sécurité nationale ».

Un troisième accusé dans la même affaire, Amirhossein Hatami (19 ans), avait déjà été exécuté secrètement dans la même prison le 2 avril 2026.

Les exécutions se sont déroulées sans que les familles puissent rendre une dernière visite aux condamnés. Selon Hengaw, au moins 13 prisonniers politiques, dont six arrêtés lors des manifestations de janvier, ont été exécutés en Iran depuis le début de la guerre récente.

Violations graves des droits humains

La rapidité du procès (un mois seulement entre l’arrestation et la condamnation), le refus d’accès au dossier pour les avocats choisis par la famille, et le recours à des aveux dont la véracité est fortement contestée, constituent de graves violations du droit à un procès équitable.

L’avocat Hassan Aghakhani, qui s’était constitué avec un confrère pour défendre Mohammadamin Biglari, s’est vu refuser l’accès au dossier. Un avocat commis d’office avait affirmé à la famille que le jeune homme avait « avoué », sans qu’un aucun détail ne soit communiqué.

Ces exécutions secrètes et précipitées, menées sans transparence et sans garanties minimales de défense, s’apparentent à une privation arbitraire de la vie et violent le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par l’Iran.

Un jeune homme qui cumulait deux emplois

Mohammadamin Biglari cumulait deux emplois pour subvenir à ses besoins. Son père, malgré une santé fragile, avait initialement cherché son fils parmi les corps des manifestants tués à Kahrizak. Ce n’est que trois semaines plus tard, grâce à des prisonniers libérés de Ghezel Hesar, qu’il a appris son arrestation.

Hengaw condamne fermement ces exécutions précipitées et alerte sur le risque imminent d’exécution pour quatre autres accusés de la même affaire, actuellement détenus à l’isolement.

Ces nouvelles exécutions confirment l’utilisation de la peine de mort comme instrument de répression politique par les autorités iraniennes, dans un climat de tensions régionales exacerbées.

TURQUIE. Un poète emprisonné à cause de ses écrits en kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Un poète du Rojhilat est emprisonné en Turquie depuis plus de 40 jours. Son crime ? Écrire des poèmes en langue kurde !

Les autorités turques ont prolongé de 30 jours supplémentaires la détention provisoire du poète et militant des droits civiques Behrouz Shojaei, plus de 40 jours après son arrestation. Cette décision, prise le samedi 4 avril 2026 par un tribunal turc, suscite l’inquiétude des organisations de défense des droits humains.

Âgé de 43 ans, originaire de Qatur dans la province d’Azerbaïdjan occidental (Urmia) en Iran, Behrouz Shojaei est membre de l’association culturelle kurde Surawa. Père de trois enfants, il a été arrêté le 31 janvier 2026 par l’Organisation nationale du renseignement turc (MIT) alors qu’il franchissait la frontière turque au poste de Razi, en route vers Kayseri pour des raisons professionnelles.

Depuis son arrestation, il est détenu dans un centre de la ville de Van, où il a subi des interrogatoires intensifs. Selon l’ONG Hengaw, les autorités turques fondent leurs accusations sur ses activités littéraires : l’écriture et la publication de poèmes en langue kurde, notamment en ligne.

Cette prolongation porte sa détention provisoire à plus de deux mois, sans que des charges précises n’aient été officiellement communiquées au-delà de son expression culturelle et linguistique en kurde.

Cette affaire illustre une nouvelle fois la répression exercée contre les voix kurdes en Turquie, où l’usage de la langue kurde dans les domaines artistiques et culturels reste souvent criminalisé.

ROJAVA. Retour à Afrin sous l’ombre des gangs de Damas

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SYRIE / ROJAVA. Un Kurde chassé d’Afrin par l’invasion turque il y a huit ans est retourné hier dans sa ville. En arrivant, il a retrouvé son chien, qui l’attendait toujours, fidèle, après toutes ces années d’absence.
 
L’invasion du canton kurde d’Afrin par la Turquie en 2018 a forcé des centaines de milliers de Kurdes à fuir leurs terres. Depuis, des colons venus d’autres régions de Syrie — et parfois d’ailleurs — ont été installés sur les propriétés kurdes dans le cadre d’un changement démographique orchestré par la Turquie. Des maisons ont été occupées, des terres redistribuées, transformant profondément la composition de la région.
 
Aujourd’hui, alors que des familles kurdes tentent de rentrer chez elles, la tension reste vive. Hier soir, lors du retour d’environ 200 familles à Afrin, des groupes armés et des individus radicaux ont manifesté pour les intimider. Des vidéos et témoignages font état de drapeaux de Daech (ISIS) brandis et de chants djihadistes scandés dans les rues, dans une tentative claire d’effrayer les revenants et de semer la peur.
 
Ces scènes rappellent la fragilité de la situation à Afrin : des années d’occupation, de pillages et de pressions n’ont pas effacé l’attachement des Kurdes à leur terre. Le retour progressif des déplacés, facilité en partie par l’accord du 29 janvier 2026, suscite à la fois espoir et inquiétude face aux milices et aux dynamiques locales toujours instables.
 
Après huit ans d’exil, chaque famille qui rentre est un acte de résistance et de résilience. Mais la paix durable passera par la restitution des biens, la fin des intimidations et le respect des droits des Kurdes d’Afrin.

Rûken au Palais des Glaces : une voix kurde entre frissons et résistance

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PARIS – La chanteuse kurde, Rûken a offert, ce samedi 4 avril 2026 au Palais des Glaces à Paris, un concert solo d’une rare intensité et d’une profonde sincérité. Pour la première fois dans la capitale française en formule solo, la chanteuse kurde est apparue visiblement émue dès les premières minutes, les yeux brillants face à un public venu célébrer avec elle la richesse de la culture kurde.
 
Dès l’ouverture, Rûken Yılmaz a su créer une connexion intime avec la salle. Sa voix chaude, expressive et habitée, capable de passer d’une douceur presque fragile à une puissance vibrante, a immédiatement enveloppé l’auditoire. Entre tradition et modernité, elle a livré un répertoire équilibré qui a fait voyager les spectateurs entre émotion brute et joie collective.

 

Un hommage chargé d’émotion et de résistance

 
Un moment particulièrement poignant a marqué la soirée : l’interprétation de Pepukê, chanson écrite par une ancienne prisonnière kurde en hommage à Jina Mahsa Amini, une jeune femme kurde tuée par la police des mœurs iranienne à Téhéran en septembre 2022 à cause d’une mèche de cheveux dépassant de son voile. La salle s’est mise à crier « Jin, jiyan, azadî (Femme, vie, liberté) et applaudi longuement cette ode à la résistance et à la liberté.
 
Quelques instants plus tard, elle a enchaîné avec « Serxwebûna Mirîşkan » (« L’indépendance des poules »), adaptation du célèbre poème satirique de Cegerxwîn. Derrière l’apparente légèreté de cette fable, Rûken a rendu hommage à la lutte pour la liberté du peuple kurde, à l’unité et à la révolte collective. Le texte incisif de Cegerxwîn, servi par sa voix nuancée, a pris une dimension universelle et actuelle.
 

Des larmes aux danses endiablées

 
Le concert a ensuite oscillé avec une belle fluidité entre moments intimes et explosions de joie. Des titres plus personnels comme « Çûka Li Serê Darê » ont arraché des larmes aux plus sensibles. Cette ballade délicate, portée par la sensibilité extrême de Rûken, a créé des silences presque religieux dans la salle.
 
À l’opposé, les mélodies plus rythmées et entraînantes, dont « Çi Çeme Çeme » (chanson en dialecte zazaki), ont rapidement fait monter la température. Assez vite, le public s’est levé pour former des rondes kurdes (govend), mains jointes, dans une ambiance festive et libératrice. Les rires, les chants repris en chœur et les battements de pieds ont transformé le Palais des Glaces en une fête kurde au cœur de Paris.
 

Une soirée réussie malgré les aléas

 
Malgré quelques petits soucis techniques (retards sonores mineurs et ajustements rapides), rien n’est venu entacher la magie de la soirée. Rûken, professionnelle et généreuse, a su les surmonter avec le sourire et des plaisanteries, demandant au public comment était sa robe qu’elle a cousue elle-même ou encore quelles étaient les nouvelles parisiennes, créant la complicité avec son public. Sa capacité à passer d’une chanson intimiste à un titre festif sans perdre en authenticité a fait de ce concert un moment complet, à la fois poétique, engagé et joyeux.
 
Au final, ce premier solo parisien de Rûken restera comme une belle réussite : une artiste authentique qui porte avec élégance et émotion l’héritage kurde, dont le dengbêjî, tout en le rendant vivant et universel.
 
Une soirée qui confirme que Rûken Yılmaz n’est pas seulement une voix singulière de la scène kurde contemporaine, mais une passeuse d’émotions et de mémoire collective. 

« Nous ne voulons ni fédéralisme ni autonomie sous occupation ! »

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KURDISTAN. Non, nous ne voulons ni fédéralisme ni autonomie sous occupation ! Les Kurdes méritent un État indépendant.

Non, nous ne voulons pas du fédéralisme.

Non, nous ne voulons pas d’une autonomie sous le joug de régimes fascistes.

Non, nous ne voulons pas de la charité symbolique de la communauté internationale pour le prix que nous payons, en tant que Kurdes, pour maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Les Kurdes méritent un État souverain. Un seul État. Pas quatre cages baptisées « autonomie ». Pas quatre amputations appelées « fédéralisme ».

Aucune autre nation n’a été découpée en quatre morceaux, violée, effacée et réduite au silence comme l’ont été les Kurdes. Pourtant, nous continuons d’exister, de parler notre langue, de porter notre identité et de lutter pour nos droits. Si cela n’est pas de l’unité, alors qu’est-ce que c’est ?

Malgré des décennies de nettoyage ethnique, de génocides culturels et de destruction systématique de notre identité, certains Kurdes hésitent encore à réclamer clairement un État indépendant. Pourtant, nous sommes au cœur des combats pour la démocratie, les droits humains, l’égalité des femmes et la protection de l’environnement. Nous avons souvent payé de notre sang pour la stabilité régionale : contre Daech, pour défendre d’autres communautés, et même pour des peuples qui nous trahissent ensuite.

Alors oui, traitez-nous de séparatistes.

Après ce que vous avez fait au Rojava, nous assumons pleinement ce terme.

Après avoir arrêté Daech sous les applaudissements du monde entier pour être ensuite livrés à nos bourreaux, nous sommes séparatistes.

Après votre silence face à nos villes rasées, nos enfants tués et notre avenir négocié sans nous, nous sommes séparatistes.

Nous sommes le quatrième plus grand groupe ethnique du Moyen-Orient. Nous sommes la plus grande nation sans État au monde. Nous sommes près de 60 millions d’âmes, et vous osez encore nous traiter de minorité.

Vous nous demandez de libérer l’Iran, de stabiliser l’Irak, de pacifier la Syrie et de réformer la Turquie… en échange de vagues promesses d’autonomie sous un autre drapeau qui refuse même de prononcer notre nom.

Nous sommes fiers de revendiquer le séparatisme face aux régimes fascistes, extrémistes et misogynes qui nous gouvernent par la terreur, le kidnapping et le massacre.

La réponse la plus humaine, la plus éthique et la plus logique est de réclamer notre droit inaliénable à l’autodétermination : un État kurde souverain.

Il n’incombe pas aux opprimés d’éduquer leurs oppresseurs. Nous avons assez donné. Nous avons montré notre loyauté, notre patience et notre volonté de coexistence. En retour, nous n’avons reçu que des tombes, des prisons et des villages rayés de la carte.

Non, nous ne voulons plus de « fraternité » avec ceux qui sanctifient la violence contre notre peuple.

Nous ne voulons pas de réconciliation avec ceux qui veulent dissoudre nos femmes combattantes.

Nous ne voulons pas de concessions qui perpétuent les divisions coloniales.

Nous exigeons un Kurdistan uni et souverain : Rojhilat, Rojava, Başûr et Bakur.

Un seul État, libre, dans chaque vallée, chaque ville et chaque village qui a bu le sang de nos martyrs.

Trop, c’est trop.

La terre du Kurdistan crie liberté depuis plus d’un siècle.

Il est temps de l’écouter. (Par Hawzhin Azeez)

ROJAVA. Damas ne respecte pas les accords signés avec les Kurdes

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SYRIE / ROJAVA – L’administration autonome du canton de Kobanê a accusé jeudi le gouvernement syrien de ne pas respecter l’accord d’intégration signé en janvier avec les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Dans un communiqué officiel, l’administration kurde dénonce les agissements de l’administration du gouvernorat d’Alep, qui a nommé des responsables à la tête d’institutions locales dans le sous-district de Jalabiya sans consulter la population locale et sans tenir compte de la volonté des habitants de Kobanê.

Selon l’accord du 29 janvier, les institutions de la région doivent être intégrées en respectant les communautés locales, avec une priorité donnée aux résidents de la province pour les postes administratifs. L’administration de Kobanê souligne que cette règle a bien été appliquée à Hassaké, où le gouverneur et plusieurs responsables ont été choisis parmi les habitants locaux, mais qu’elle est systématiquement ignorée à Kobanê.

« Des administrateurs extérieurs à la région ont été imposés dans les sous-districts de Sarrin et Jalabiya, sans aucune consultation des habitants de Kobanê », affirme le communiqué.

Lorsque les habitants de Kobanê et de Jalabiya ont tenté de se réunir pour publier une déclaration de protestation contre ces nominations, les forces de sécurité intérieure et les troupes militaires affiliées au gouvernement syrien sont intervenues violemment. Elles ont empêché la tenue de la conférence de presse, agressé plusieurs civils et tenté d’effectuer des arrestations.

L’administration de Kobanê estime que ces actions constituent une violation claire de l’accord du 29 janvier et entravent le processus d’intégration pacifique. Elle appelle le gouvernement de transition syrien à respecter pleinement les termes de l’accord et à mettre en œuvre l’intégration dans le respect de la volonté des populations locales.

« Nous, administration et population de Kobanê, condamnons fermement ces pratiques et affirmons que nous n’accepterons aucune alternative en dehors du cadre de cet accord », conclut le communiqué.

ROJAVA. Quatre Kurdes arrêtés à Serekaniye livrés à la Turquie

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SYRIE / ROJAVA — Quatre civils kurdes ont été arrêtés par des gangs armés soutenus par la Turquie à Serekaniye, puis remis aux services de renseignement turcs avant d’être transférés en Turquie. Leur sort reste inconnu, suscitant de vives inquiétudes.

Selon une famille kurde déplacée, les arrestations ont eu lieu alors que son fils, Juma Ahmed al-Azzo, originaire du village d’al-Manajir (au sud de Serekaniye), rendait visite à la région avec trois autres personnes : Mahmoud Hobo et son fils Walat, résidents de Tel Tamr, ainsi qu’Ahmed Qassem al-Awad, habitant de la région de Serekaniye.

L’arrestation s’est produite près du village d’al-Aliya. La « police militaire » des factions soutenues par Ankara aurait ensuite remis les quatre hommes aux services de renseignement turcs (MIT), qui les ont rapidement transférés en territoire turc.

Aucune information officielle n’a été communiquée sur leur localisation, leur état de santé ou les motifs de leur détention. La famille craint des actes de torture, des mauvais traitements ou une disparition forcée.

Violation du droit international

Le transfert forcé de civils syriens vers la Turquie sans procédure judiciaire régulière constitue une violation grave du droit international. Il contrevient notamment aux Conventions de Genève, qui interdisent le transfert de populations depuis des territoires occupés, ainsi qu’aux principes fondamentaux des droits humains interdisant la détention arbitraire et les disparitions forcées.

Contexte préoccupant

Ces arrestations interviennent alors que certains habitants déplacés tentent de retourner individuellement à Serekaniye (Ras al-Aïn). Beaucoup découvrent que leurs maisons et villages ont été pillés ou détruits par des groupes armés soutenus par la Turquie.

Les populations locales espèrent pouvoir regagner leurs foyers en toute sécurité, sans risque d’arrestation arbitraire ni d’extorsion, conformément à l’accord du 29 janvier dernier censé garantir la protection des civils et leur droit au retour. (ANHA)