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KURDISTAN. Attaque de drone contre un camp du PDKI

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IRAK / KURDISTAN – Ce soir, une attaque de drone a ciblé un camp abritant des civils kurdes dans la province d’Erbil (Hewler)

Une attaque de drone a ciblé une zone résidentielle d’un camp appartenant au Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDK-I), près de Koya, dans la province d’Erbil, jeudi soir, a annoncé le parti.

La frappe a touché le camp de Zawi Spi, situé à la périphérie du district de Koya et abritant des femmes, des enfants et d’autres civils.

Une source du camp a indiqué à Rudaw que le drone avait touché une maison civile vers 18h55, heure locale, endommageant le bâtiment.

Dans un communiqué, le PDKI a affirmé que l’Iran avait mené cette frappe, ciblant une zone résidentielle civile.

« L’Iran a mené une attaque de drone contre la zone résidentielle civile de Zawi Spi, appartenant au PDKI. Le drone a ciblé une maison civile et l’a détruite. Aucun blessé n’est à déplorer », a déclaré le parti.

Il s’agit de la première attaque visant le camp de Zawi Spi à Koya.

Les groupes d’opposition kurdes iraniens basés dans la région du Kurdistan sont régulièrement la cible de frappes de drones et de missiles depuis le début du conflit israélo-iranien.

Plusieurs camps appartenant à des partis d’opposition kurdes du district de Koya, dont Amiriya et Azadi, ont été la cible de frappes répétées ces derniers jours, sur fond d’escalade des tensions.

La région du Kurdistan a été frappée par des centaines de drones et de missiles depuis le début du conflit, nombre de ces attaques visant des zones abritant des groupes d’opposition kurdes iraniens.

KURDISTAN. Six soldats français blessés lors d’une attaque de drone à Erbil

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IRAK / KURDISTAN – Six soldats français ont été blessés jeudi soir lors d’une attaque de drone visant une base militaire franco-kurde aux abords d’Erbil (Hewler), a confirmé un responsable à Rudaw.

« Lors de l’attaque sur le front de Mala Qara, six soldats français ont été blessés », a déclaré le gouverneur d’Erbil, Omed Xoshnaw, précisant que leurs blessures n’étaient pas graves.

M. Xoshnaw a également indiqué qu’aucun membre des forces peshmergas n’avait été touché.

La ville de Mala Qara se situe à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest d’Erbil.

La France maintient des centaines de soldats dans la région du Kurdistan, où ses forces entraînent des combattants peshmergas dans le cadre de la coalition internationale contre l’État islamique (Daech).

La région du Kurdistan est la cible de nombreuses attaques de drones et de missiles depuis le début de la guerre Iran-Israël le 28 février.

Des responsables italiens ont déclaré jeudi que leur base dans la capitale kurde avait été visée mercredi soir par un drone chargé d’explosifs. Cependant, Xoshnaw a déclaré que l’attaque signalée était en réalité due à des débris provenant d’un drone intercepté qui était tombé près de la base. (Rudaw)

ROJAVA. Les femmes lancent une pétition exigeant la libération des otages

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SYRIE / ROJAVA – Les organisations de femmes du Rojava lancent une pétition à l’attention des institutions internationales exigeant la libération des otages capturés par les gangs de Damas lors des attaques ciblant les forces kurdes début 2026.

Le Kongra Star, (organisation confédérale des femmes du Rojava / Nord et Est de la Syrie), en coordination avec des organisations de femmes, la société civile, les partis politiques, les syndicats et les familles de détenus, a lancé une campagne de pétition internationale pour exiger la libération immédiate des otages détenus par les gangs de Damas en janvier et février dernier lors des attaques ciblant les quartiers kurdes d’Alep, la région de Raqqa, Deir Hafer et Tabqa.

Dans leur pétitions, les organisations des femmes exigent :

  • La révélation immédiate et publique du sort de toutes les personnes disparues de force (enlevées ou disparues).

  • La libération inconditionnelle de tous les prisonniers et détenus (Kurdes et autres originaires notamment des quartiers kurdes d’Alep et d’autres zones).

  • La fin immédiate de la torture, des mauvais traitements et des violations des droits humains.

  • La création d’une commission d’enquête internationale indépendante pour investiguer les exécutions extrajudiciaires, documenter les crimes de guerre et traduire les responsables en justice.

  • L’ouverture de canaux de communication urgents (via le CICR) pour permettre aux familles d’obtenir des nouvelles et des visites.

  • Des garanties contre tout transfert ou déportation des détenus vers des entités qui mettraient leur vie en danger.

 

Contexte dénoncé

La campagne pointe une escalade militaire brutale menée par les forces de la « Sécurité générale » affiliées au gouvernement intérimaire syrien (post-Assad, Damas). Ces attaques, qualifiées de trahison systématique, ont violé les accords passés avec les Forces démocratiques syriennes (FDS/SDF). Elles ont touché les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh (Alep), ainsi que Deir Hafer, Tabqa et Raqqa.

Ces opérations ont entraîné :

  • Des crimes de guerre et des exécutions sommaires.

  • Des disparitions forcées massives (milliers de personnes dans les prisons de la Direction générale de la sûreté).

  • Un black-out total d’information, laissant les familles dans l’angoisse (mères manifestant quotidiennement sans réponses).

  • Les libérations effectuées jusqu’ici sont jugées dérisoires face à l’ampleur des disparitions et de la répression.

 

Actions concrètes de la campagne

 

  1. Collecte de signatures : Jusqu’au 17 mars 2026 (via le formulaire en ligne ou par courrier électronique à envoyer à l’adresse : petition_kongra_star@disroot.org).

  2. Soumission des signatures récoltées : Le 18 mars 2026, Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques.

  3. Instances destinataires : Nations Unies, Conseil de sécurité, Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Human Rights Watch, Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

ALLEMAGNE. Une adolescente kurde sacrifiée sur l’autel du politiquement correct à Berlin-Neukölln

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ALLEMAGNE – À Berlin-Neukölln, une jeune Kurde de 16 ans a subi des viols dans un club de jeunes (Jugendclub) de la rue Wutzkyallee. D’abord violée en novembre 2025, filmée et menacée, elle a de nouveau été agressée sexuellement en janvier 2026 par plusieurs garçons (connus des services pour des violences en groupe).

Le personnel du club, informé des faits, n’aurait pas porté plainte. L’office de la jeunesse du quartier (Jugendamt), géré par le parti de gauche Die Linke et alerté fin janvier, aurait attendu des semaines avant d’agir – et seulement après que la victime se soit confiée directement à une policière spécialisée. Résultat : cinq semaines de silence institutionnel, une interdiction d’accès tardive au centre pour le principal suspect, et une enquête qui n’aurait jamais commencé sans le courage de l’adolescente.

Ce scandale dépasse largement un simple « dysfonctionnement administratif » : il révèle comment les autorités locales privilégient les calculs politiques à la protection d’une mineure vulnérable. Issue d’une famille kurde (du Kurdistan de Turquie / Bakur), cette jeune fille porte déjà les stigmates d’une double marginalisation – en tant que Kurde et en tant que fille dans un quartier multiculturel sous tension. Face à des suspects connus des services pour des violences en groupe, les responsables auraient préféré se taire, craignant sans doute des accusations de « stigmatisation ».

Le quartier de Neukölln, bastion de la gauche berlinoise, semble avoir choisi de protéger son image « inclusive » plutôt que la sécurité des filles. La conseillère municipale chargée de la jeunesse, Sarah Nagel (Die Linke), admet aujourd’hui des « erreurs », mais trop tard : le mal est fait, et la victime a été doublement trahie – par ses agresseurs, puis par ceux censés la protéger.

De son côté, Jan Ilhan Kizilhan, expert reconnu en psychotraumatologie transculturelle, a exprimé son indignation face au scandale de Berlin-Neukölln, qualifiant l’inaction institutionnelle de défaillance majeure aux conséquences dramatiques. Il souligne l’insuffisance chronique de protection pour les femmes et les filles vulnérables, déplorant une prise en charge tardive et une dilution des responsabilités administratives. Appelant à une intervention immédiate dès le premier signalement, il insiste sur la nécessité de poursuivre fermement les auteurs et d’offrir aux victimes un soutien global adapté à leurs traumatismes. Son message se conclut par une exigence de justice et d’autonomisation, rappelant que la sécurité des plus faibles ne doit jamais être reléguée au second plan.

IRAN. 14 civils morts en 24 heures de frappes

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IRAN / ROJHILAT – Au cours des dernières 24 heures, 14 civils, dont 5 enfants, sont morts lors d’attaques israéliennes et américaines contre l’Iran, y compris dans les régions kurdes du Rojhilat (Kurdistan oriental).

L’agence Human Rights Activists News Agency (HRANA) rapporte que 14 civils, dont 5 enfants et 3 femmes, ont été tués lors des attaques conjointes américaines et israéliennes contre l’Iran et le Rojhilat (Kurdistan iranien) au cours des dernières 24 heures (jusqu’au 11 mars 17h ET).

Selon le bilan, au moins 208 frappes ont visé 22 provinces, principalement Téhéran (39 %), Sine (Sanandaj), Ispahan et Alborz. Cibles : bases IRGC/Pasdaran, centres Bassidj, puits de pétrole, bases aériennes, commissariats et sites nucléaires. Six civils supplémentaires ont été blessés ; 352 personnes font l’objet d’enquêtes pour confirmer décès ou blessures.

Ces pertes s’inscrivent dans le 12e jour du conflit déclenché le 28 février 2026 par des frappes massives visant le régime iranien, son programme nucléaire, balistique et ses forces de répression. HRANA, qui compile des données internes malgré la censure, appelle à une enquête indépendante sur les victimes civiles.

Que va-t-il arriver aux Kurdes d’Iran après le revirement du président Trump ?

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IRAN / ROJHILAT – Après que le président américain Donald Trump a fait marche arrière concernant l’idée que les groupes d’opposition kurdes iraniens lancent une offensive terrestre transfrontalière en Iran, le journaliste Wladimir van Wilgenburg s’est entretenu avec de nombreux responsables de l’opposition au sujet de l’avenir qui attend les Kurdes d’Iran.

Le président américain Donald Trump a opéré un revirement rapide sur le rôle des forces kurdes iraniennes dans le conflit en cours contre l’Iran. Après avoir déclaré le 5 mars à Reuters qu’une offensive transfrontalière des Kurdes iraniens basés en Irak serait « formidable » et qu’il y serait « tout à fait favorable », Trump a exclu samedi 7 mars toute implication kurde, affirmant : « Nous sommes très amicaux envers les Kurdes, mais nous ne voulons pas compliquer davantage ce conflit. »

Ce changement intervient alors que les États-Unis et Israël mènent des frappes aériennes intenses contre l’Iran depuis fin février 2026, visant à affaiblir le régime. Les Kurdes iraniens, regroupés depuis le 22 février dans la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien (incluant PDKI, PJAK, PAK, Komala et Khabat), espéraient exploiter cette faiblesse pour lancer une insurrection ou une offensive depuis le Kurdistan irakien.

Malgré les encouragements initiaux de Trump, les partis kurdes insistent sur leur prudence. Honia Azarbar (Komala) souligne qu’ils ne se lanceront pas « à l’abattoir » sans soutien américain clair. Mustafa Mawloudi (PDKI) affirme que leur lutte contre la République islamique perdurera indépendamment des États-Unis, sous toutes ses formes. Khalil Nadri (PAK) espère un changement de régime, estimant que les peshmergas kurdes seraient essentiels pour la stabilité post-conflit.

Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) irakien rejette fermement toute utilisation de son territoire pour des attaques transfrontalières, priorisant la paix avec ses voisins. Babasheikh Hosseini (Khabat) confirme que la Coalition se concentre exclusivement sur le Kurdistan iranien (Rojhelat), sans animosité envers la Turquie – possible source de pression sur Trump.

Les attaques iraniennes se poursuivent : drones et missiles ont visé des bases kurdes en Irak, tuant récemment un peshmerga de Komala et blessant d’autres. L’Iran voit ces groupes comme une menace intérieure majeure.

Analystes comme Farzan Sabet évoquent une possible influence turque sur le revirement américain, tandis que l’ex-général Ernie Audino voit toujours des intérêts communs : affaiblir le CGRI et galvaniser l’opposition. Halmat Palani estime que si le régime s’affaiblit, le Kurdistan iranien pourrait être le « premier domino » à tomber.

En attendant des conditions propices – soutien clair, no-fly zone ou effondrement accru du régime –, les Kurdes iraniens restent vigilants, prêts à agir pour leurs droits sans précipitation. L’avenir dépendra de l’évolution du conflit et des calculs stratégiques de Washington. (Via The Region)

Le CPJ exhorte la Syrie à faire la lumière sur le sort de deux journalistes disparus à Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – La journaliste allemande, Eva Maria Michelmann et le journaliste kurde Ahmed Polad sont portés disparus après avoir été arrêtés à Raqqa par les gangs de Damas le 18 janvier 2026. 

Le Comité pour la protection des journalistes a appelé mercredi les autorités syriennes à faire la lumière sur le sort et le lieu de disparition de deux journalistes survenus plus tôt cette année dans la ville de Raqqa, dans le nord de la Syrie.

Selon l’organisation de défense de la liberté de la presse, la journaliste allemande Eva Maria Michelmann et le journaliste kurde Ahmed Polad n’ont plus donné signe de vie depuis le 18 janvier, date à laquelle les forces gouvernementales syriennes ont pénétré dans la ville lors d’une offensive contre les Forces démocratiques syriennes (FDS). 

Les deux journalistes travaillaient pour l’agence de presse Etkin News Agency (ETHA), basée à Istanbul, et pour Özgür TV.

Selon l’agence ETHA, Michelmann et Polad ont été vus pour la dernière fois quittant un bâtiment affilié à l’Administration autonome kurde avec des civils fuyant la ville. Des témoins ont déclaré qu’ils avaient été séparés de la foule et placés dans un véhicule distinct appartenant aux forces gouvernementales syriennes.

« La disparition d’Eva Maria Michelmann et d’Ahmed Polad à Raqqa soulève de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité des journalistes travaillant en Syrie », a déclaré Joud Hassan, coordinateur du programme Levant du CPJ.  

Hassan a appelé les autorités syriennes à clarifier d’urgence le statut des journalistes, notamment s’ils ont été détenus, et à garantir leur sécurité.

Serpil Arslan, rédactrice en chef d’Özgür TV, a déclaré au CPJ que Polad s’était rendu à Raqqa pour couvrir les affrontements alors que les forces des FDS se retiraient de la ville et parvenaient à un accord pour intégrer leurs forces aux institutions de l’État syrien, permettant ainsi à Damas de rétablir son contrôle sur la région.

Polad a tenté de retransmettre en direct depuis la ville alors que les combats s’intensifiaient, mais a finalement envoyé des images vidéo peu avant que les communications ne soient coupées, a déclaré Arslan.

Le frère de Michelmann, Toni Michelmann, a déclaré au CPJ que la journaliste allemande avait été détenue par des forces liées au gouvernement de transition syrien, ajoutant qu’il n’y avait eu aucun signe de vie depuis sa disparition.

Contacté pour obtenir des commentaires, Omar Haj Ahmed, directeur général des affaires de presse au ministère syrien de l’Information, a déclaré que le ministère n’avait aucune information concernant l’incident.

Par ailleurs, Morhaf al-Hussein, directeur de la Direction des médias du gouvernorat de Raqqa, a déclaré que les autorités suivaient l’affaire de près.

ROJAVA. Les Kurdes de retour à Afrin : nos maisons, nos biens ont été pillés

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SYRIE / ROJAVA – Une partie des familles kurdes chassées d’Afrin par la Turquie il y a 8 ans est retournée à Afrin le 10 mars. Sur place, elles ont découvert leurs maisons et leurs biens (dont des oliviers abattus) pillés et détruits.

Le 10 mars, le premier convoi de quelque 400 familles kurdes déplacées depuis 2018 est rentré à Afrin (nord-ouest de la Syrie) depuis la région de Jazira (Hasaka). Originaires surtout des districts de Shia, Janders et Mobata, ces rapatriés bénéficient d’un accord entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire syrien post-Assad, visant le retour sécurisé des déplacés.

Accueillis avec des drapeaux et des chants par les habitants locaux, les retours ont vite tourné à la consternation. De nombreux foyers ont été retrouvés pillés : portes, fenêtres, câblages électriques, canalisations d’eau, meubles et effets personnels ont disparu. Un habitant anonyme de Mobata, cité par l’agence Hawar (ANHA), a témoigné que sa maison était entièrement vidée et que plus de 80 oliviers avaient été abattus sur ses terres.

Ces destructions s’inscrivent dans une longue série de violations documentées depuis l’opération turque « Rameau d’olivier » en 2018 : pillages systématiques, coupes massives d’oliviers (symbole économique et culturel kurde) et changements démographiques forcés par les factions de l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA, soutenue par Ankara). Des rapports d’organisations comme Syrians for Truth and Justice (STJ) confirment que ces pratiques ont perduré même après la chute du régime Assad fin 2024.

Malgré les promesses des autorités intérimaires – sécurité et aide aux rapatriés –, les incidents persistent, parfois attribués à des factions ou à des colons partis récemment. Des convois supplémentaires (dont un second prévu le 12 mars pour 200 familles) sont en cours, mais les défis restent immenses : insécurité, infrastructures ravagées et oliveraies abattues.

Ce retour symbolique marque un espoir de réconciliation après huit ans de conflit, mais rappelle cruellement les pertes accumulées et la nécessité d’une justice et d’une reconstruction durable pour les Kurdes d’Afrin.

PARIS. Les Kurdes célèbrent le Newroz sur la place de la République

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PARIS – Cette année, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) organise la fête du nouvel-an kurde (Newroz) sur la place de la République le samedi 21 mars, dès 12h.

Pour cette fête du Newroz* (le nouveau jour), plusieurs artistes kurdes seront présents, ainsi que des groupes de danses folkloriques, en plus des prises de parole. Des stands de nourriture et d’information, de vente de foulards kurdes etc. sont également prévus.

La Légende de Kawa le Forgeron : L’Origine de Newroz

Voici la légende kurde du forgeron Kawa (ou Kawayê Hesinkar / کاوه‌ی ئاسنگەر), telle qu’elle est racontée dans la tradition populaire kurde et liée à la fête de Newroz (le Nouvel An kurde, célébré le 21 mars) :

Il y a très longtemps, en Mésopotamie, dans les terres entre le Tigre et l’Euphrate, régnait un tyran cruel nommé Dehak (ou Zuhak / Zahhak / ده‌هاک). Ce roi maléfique avait deux serpents qui sortaient de ses épaules. Pour apaiser ces serpents et soulager sa douleur, il fallait chaque jour leur nourrir deux cerveaux humains (souvent ceux de deux jeunes gens). Les soldats de Dehak sillonnaient donc villes et villages pour enlever les jeunes et les sacrifier.

Le peuple vivait dans la peur, la misère et le désespoir. Le printemps lui-même semblait avoir disparu, les fleurs ne poussaient plus et la nature restait froide et sombre.

Dans un village au pied du palais vivait un forgeron nommé Kawa. C’était un homme fort, honnête et habile, qui fabriquait des outils, des fers à cheval et des armes. Mais même lui n’avait pas été épargné : Dehak avait déjà pris 16 de ses 17 enfants pour nourrir les serpents. Il ne restait plus que son dernier enfant (souvent une fille dans la version kurde, ou parfois un fils selon les variantes).

Un jour, les soldats arrivèrent chez Kawa pour emmener son dernier enfant. Cette fois, le forgeron refusa. La coupe était pleine. Au lieu de livrer son enfant, il décida de se révolter.

Kawa rassembla les habitants opprimés, les paysans, les bergers, les artisans. Il leur parla de liberté, de dignité, de la fin de la terreur. Dans sa forge, il fabriqua des armes : des épées, des lances, des haches. Il transforma son tablier de cuir en étendard, le fixa sur un bâton et en fit le premier drapeau de la révolte.

Le jour venu (veille du 21 mars), Kawa et son armée populaire marchèrent sur le palais. Ils prirent d’assaut la forteresse. Kawa, armé de son lourd marteau de forgeron, affronta Dehak en personne. D’un coup puissant, il tua le tyran et détruisit les serpents maudits.

La victoire fut totale. Pour annoncer la bonne nouvelle aux montagnes et aux vallées, Kawa alluma un grand feu sur la plus haute colline. Les gens des villages voisins virent la flamme et comprirent : la tyrannie était finie. Partout, d’autres feux furent allumés en réponse, de sommet en sommet, illuminant tout le pays.

Le lendemain matin, le 21 mars, le soleil se leva plus chaud, les arbres reverdirent, les fleurs sortirent : c’était le retour du printemps. Le peuple dansa autour des feux, chanta et célébra la liberté retrouvée.

Depuis ce jour, les Kurdes célèbrent Newroz chaque 21 mars. Allumer des feux sur les collines, sauter par-dessus les flammes, danser, chanter et porter du nouveau sont des façons de commémorer la victoire de Kawa, la fin de l’oppression et le renouveau de la vie.

Newroz est devenu le symbole de la résistance contre la tyrannie, de l’espoir et de la renaissance.

Le slogan Femme, Vie, Liberté est né de la lutte des femmes kurdes

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Le slogan Jin, Jiyan, Azadî (Femme, Vie, Liberté) est né de la lutte des femmes kurdes et fait partie intégrante de leur mouvement de libération kurde depuis des décennies. Contrairement à ce qu’on entend ici ou là, ce slogan n’est pas iranien – il a simplement été repris et popularisé massivement lors de la révolte Zan, Zendegī, Āzādī (sa version persane) après la mort de Jîna (Mahsa) Amini en septembre 2022. D’abord, il a été scandé par les femmes lors des funérailles de Jina Amini à Zaqqez, au Kurdistan iranien (Rojhilat. Ensuite, il s’est propagé dans tout l’Iran et le monde.
 
Origines réelles du slogan
 
Le slogan émerge dans le mouvement des femmes kurdes à la fin du XXe siècle, particulièrement dans le cadre du mouvement de liberté kurde (influencé par le PKK et Abdullah Öcalan).
 
La forme de base Jin, Jiyan (Femme, Vie) apparaît dès les années 1990-2000 : par exemple, en 1999, le PKK publie un livret intitulé « Jin Jiyan » (« Femme-Vie »), et dès 2000, il est largement utilisé par les mouvements de femmes kurdes au Bakur (Kurdistan de Turquie).
 
La version complète Jin, Jiyan, Azadî (avec « Azadî » = Liberté) se cristallise au début des années 2000 (autour de 2002-2008 selon les sources), dans des contextes de résistance contre le patriarcat, la violence d’État et les structures oppressives, grâce notamment la naissance de la jineolojî (science de la femme ou de la vie).
 
Il est ancré dans la Jineolojî (science des femmes), théorie féministe kurde qui pose que la liberté des femmes est la base de toute liberté sociale.
 
Ce qui s’est passé en 2022 en Iran
 
Le slogan n’est pas né avec la mort de Jîna Mahsa Amini (une jeune femme kurde de Saqqez, Rojhelat/Kurdistan iranien).
 
Mais il a été chanté spontanément lors de ses funérailles à Saqqez, puis repris partout en Iran (et traduit en persan : Zan, Zendegī, Āzādī).
 
C’est grâce à cette révolte que le slogan est devenu mondial : il a résonné de Berlin à New York, symbolisant la lutte contre l’oppression patriarcale et étatique, tout en reliant la résistance kurde à une solidarité plus large.
 
Jin, Jiyan, Azadî est un héritage kurde, forgé dans la lutte des femmes kurdes contre l’oppression multiple (patriarcat + colonialisme étatique). La révolte de 2022 en Iran l’a rendu universel, mais ses racines profondes restent kurdes. C’est précisément cette origine qui rend le slogan si puissant : il unit la libération des femmes à celle des peuples opprimés.
 

Pourquoi tout le monde attaque les Kurdes ?

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Réponse aux suprémacistes turcs arabes et perses qui colonisent le Kurdistan et font croire que ce sont les Kurdes les méchants !
 

« Pourquoi tout le monde attaque les Kurdes ? » Cette question, souvent posée avec une pointe de résignation, masque une réalité bien plus complexe et injuste. En vérité, les Kurdes ne sont pas les « agresseurs » que certains suprémacistes turcs, arabes ou perses dépeignent. Au contraire, ils sont les victimes d’une colonisation systématique de leur terre ancestrale, le Kurdistan, par des États voisins qui nient leur existence pour préserver leur hégémonie. Voici une réponse factuelle et argumentée, pour contrer ces narratifs mensongers. C’est un plaidoyer pour la vérité, en rappelant que les Kurdes luttent pour leurs droits humains fondamentaux, pas pour dominer les autres.

Réponse aux suprémacistes : Les Kurdes ne sont pas les méchants – c’est vous qui colonisez et opprimez !

Chers suprémacistes turcs, arabes et perses qui occupez le Kurdistan et propagez des mensonges pour justifier vos actes : arrêtez de déformer l’histoire. Vous accusez les Kurdes d’être des « terroristes » ou des « séparatistes » pour masquer votre propre colonialisme. Mais les faits parlent d’eux-mêmes. Les Kurdes sont un peuple autochtone du Moyen-Orient, avec une histoire millénaire dans les montagnes du Zagros et du Taurus. Leur « crime » ? Avoir été divisés arbitrairement après la Première Guerre mondiale par des accords coloniaux comme Sykes-Picot et le Traité de Lausanne (1923), qui ont morcelé leur territoire entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie sans leur consentement. Au lieu d’un État kurde promis, vous avez imposé l’assimilation forcée, la répression et l’occupation pour effacer leur identité.

À vous, suprémacistes turcs :

Vous prétendez que les Kurdes « attaquent » la Turquie via le PKK ? Faux ! Le conflit a commencé en 1984 parce que l’État turc a nié l’existence même des Kurdes, interdisant leur langue, leur culture et les appelant « Turcs des montagnes » pour les assimiler. Des politiques d’assimilation forcée ont mené à des soulèvements légitimes pour les droits culturels et politiques. Aujourd’hui, la Turquie envahit le nord de la Syrie (Rojava) et l’Irak du Nord pour « combattre le terrorisme » , mais en réalité pour changer la démographie : vous expulsez des Kurdes, détruisez des villages et installez des non-Kurdes dans des zones occupées comme Afrin (2018). Des milliers de civils kurdes ont été tués ou déplacés par vos bombardements et milices soutenues. Et le PKK ? Il a évolué pour réclamer l’autonomie, pas l’indépendance totale, mais vous l’utilisez comme prétexte pour coloniser plus de terres kurdes en Irak et en Syrie. Qui est l’agresseur ici ?

À vous, suprémacistes arabes (en Irak et en Syrie) :

Vous osez dire que les Kurdes « divisent » les États arabes ? Rappelons l’histoire : en Irak, Saddam Hussein a lancé la campagne Anfal (1988), un génocide qui a tué 50 000 à 182 000 Kurdes avec des armes chimiques, détruit 4 000 villages et déplacé des millions pour « arabiser » le Kurdistan irakien. En Syrie, le régime baasiste d’Assad a privé les Kurdes de citoyenneté dès 1962, supprimé leur langue et réprimé leurs soulèvements, comme à Qamishlo en 2004. Les Kurdes syriens ont créé Rojava en 2012 non pas pour « attaquer » la Syrie, mais pour se défendre contre l’État islamique (EI) et le chaos de la guerre civile. Ils ont libéré des territoires arabes de l’EI, sauvant des vies arabes, mais vous les traitez de « séparatistes » pour justifier les invasions turques soutenues. En Irak, les peshmergas kurdes ont été en première ligne contre l’EI, protégeant l’Irak entier. Votre « unité arabe » n’est qu’un voile pour coloniser et arabiser les terres kurdes.

À vous, suprémacistes perses en Iran

Vous accusez les Kurdes d’être des « agents étrangers » ? Absurde ! Depuis la Révolution islamique de 1979, l’Iran réprime les Kurdes pour leur identité distincte, exécutant des militants et bombardant des bases kurdes en Irak. Les Kurdes iraniens luttent pour des droits basiques comme l’éducation en kurde, mais vous les qualifiez de « menace » pour justifier la persanisation forcée. Vos attaques récentes sur Erbil (2024) visent des civils kurdes, pas des « terroristes » , et violent la souveraineté irakienne. Le Kurdistan iranien est colonisé depuis des siècles, avec des relocalisations forcées et une répression qui préfigure les génocides ailleurs.

Pourquoi ces attaques ?

Parce que les Kurdes représentent une menace pour vos États centralisés : leur quête d’autonomie expose la fragilité de vos nationalismes exclusifs (turc, arabe, perse). Vous les utilisez comme boucs émissaires pour unir vos populations contre un « ennemi intérieur » . Mais les Kurdes ne sont pas des conquérants ; ils défendent leur survie. Ils ont contribué à vaincre l’EI, promu l’égalité des genres à Rojava et bâti des sociétés inclusives malgré l’oppression. Vos propagandistes inversent les rôles pour justifier la colonisation, mais le monde commence à voir clair : des résolutions de l’ONU condamnent vos actes, et des voix internationales appellent à la reconnaissance des droits kurdes.

En conclusion, ce n’est pas « tout le monde » qui attaque les Kurdes – c’est vous, les colonisateurs, qui craignez leur liberté. Arrêtez les mensonges : les Kurdes veulent la paix, l’autodétermination et la justice, pas la domination. Jin, Jiyan, Azadî ! (Femme, Vie, Liberté !) – ce slogan, né de la lutte des femmes kurdes et adopté par le peuple d’Iran lors de la révolte de 2022 suite au meurtre barbare de Jina Maha Amini, est un appel universel contre l’oppression que vous incarnez. L’histoire vous jugera.

ROJAVA. 12 mars 2004 : Le jour où les Kurdes brisèrent la peur face à la répression baasiste

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SYRIE / ROJAVA – Le 12 mars 2004, le régime baasiste tenta d’instrumentaliser un match de football à Qamishlo pour attiser un conflit entre Kurdes et Arabes. Ce qui devait être une simple confrontation entre supporters dégénéra en une vague de colère populaire, marquée par des tirs à balles réelles contre les manifestants kurdes. Un soulèvement kurde éclata, devenant l’un des événements les plus marquants de l’histoire syrienne moderne.

Le régime baasiste et son appareil sécuritaire orchestrèrent un plan pour semer la discorde entre Kurdes et Arabes. La cible : un match opposant le club Al-Jihad de Qamishli à Al-Futowa de Deir Ezzor. Des infiltrés baasistes parmi les supporters d’Al-Futowa scandèrent des slogans provocateurs nationalistes et chauvins, déclenchant des émeutes. Les troubles dépassèrent rapidement le stade pour se transformer en soulèvement dans les villes et quartiers à majorité kurde de Syrie.

Avant les événements

Dès le matin du 12 mars, les autorités baasistes imposèrent un dispositif de sécurité draconien autour du « Stade des Martyrs » de Qamishlo. Les supporters kurdes furent fouillés minutieusement et surveillés à l’entrée, tandis que certains supporters d’Al-Futowa entrèrent sans contrôle, armés de bâtons et de pierres. Avant le coup d’envoi, des infiltrés baasistes scandèrent des slogans anti-kurdes, exacerbant des tensions déjà vives après la chute du régime de Saddam Hussein en Irak en mars 2003.

Émeutes et tirs réels

Le stade sombra vite dans le chaos. Les supporters d’Al-Futowa lancèrent des pierres sur ceux d’Al-Jihad, tandis que les forces de sécurité intervinrent directement du côté d’Al-Futowa, tirant à balles réelles sur les supporters kurdes. En quelques heures, les troubles se propagèrent dans les rues de Qamishlo : des milliers de jeunes descendirent sur les places, exprimant leur rage. Le régime réprima violemment, tuant plusieurs jeunes Kurdes. La nouvelle se répandit, amplifiant les manifestations dans la ville.

Une révolte réprimée dans le sang

Le lendemain, Qamishlo se transforma : des milliers de manifestants défilèrent pour enterrer les martyrs. Les funérailles se muèrent en révolte populaire, avec drapeaux et symboles kurdes. Le régime répondit par des tirs à balles réelles, aggravant la colère. Le soulèvement s’étendit au Rojava – de Dêrik à Afrin –, touchant les quartiers kurdes d’Alep (Ashrafiyeh et Sheikh Maqsoud) et de Damas (Zorava et Rukn al-Din). Cette répression brutale préfigura celle de la révolution syrienne de 2011. Bilan : 38 morts, des centaines de blessés et de nombreuses arrestations.

Des détails inoubliables – Témoignage de l’oncle Khalil Youssef

Khalil Youssef, père du martyr Ahmed Khalil Youssef tué le 12 mars, se souvient encore précisément, 22 ans plus tard :

« C’était le vendredi 12 mars 2004, vers 14h30. Mon fils Ahmed était un bon garçon, attaché à son peuple et à son pays. Sa sœur lui avait demandé d’aller à Al-Hasakah, mais il voulait assister au match Al-Jihad – Al-Futowa. Avant de partir, il est venu me voir et s’est retourné deux fois, comme pour un au revoir. »

Il poursuit : « Je suis allé dans le quartier touristique retrouver des proches. J’ai vu des bus de supporters d’Al-Futowa scander : “Nous nous sacrifions pour toi, Saddam, de toutes nos âmes et de tout notre sang !” et “Vous êtes nos héros, Falloujah !”, tout en insultant les Kurdes. J’ai compris que ce n’étaient pas des supporters, mais des bandes organisées. »

Les supporters d’Al-Futowa portaient bâtons, barres de fer et pierres ramassées sur les voies ferrées. À l’entrée du stade, les Kurdes furent contrôlés strictement – interdiction même de journaux ou carton pour s’asseoir –, tandis que les autres entraient librement armés.

Quand les émeutes éclatèrent, l’oncle Youssef se précipita au stade : « J’ai croisé Ahmed et lui ai dit : “Rentrons.” Il a refusé : “Ils ont commencé, ils nous ont jeté des pierres et insulté nos symboles. Même si je dois mourir, je ne partirai pas.” »

Peu après, des tirs à balles réelles visèrent les jeunes Kurdes. Le gouverneur d’Al-Hasakah, Salim Kabl, arrivé sur place, ordonna de tirer directement. Trois jeunes Kurdes tombèrent dès le premier jour.

À l’hôpital national, scène apocalyptique : « J’ai vu mon autre fils Djuwar et l’ami de Ahmed tenter de sauter d’un mur ; ils furent rattrapés et battus. Djuwar s’échappa, mais Muhammad fut emprisonné un an. »

Ahmed fut blessé par balle et transféré à l’hôpital Farman. L’accès était bloqué, forces de sécurité sur les toits tirant au hasard. Un médecin confirma son décès. « Ses amis portèrent son corps sur leurs épaules jusqu’à la maison. Les baasistes étaient cruels et inhumains. »

Lors des funérailles, de la mosquée Qasmo au sanctuaire de Kadourbek : « Les forces tirèrent à nouveau sur les endeuillés, faisant d’autres morts et blessés. Par peur, beaucoup soignèrent leurs blessés en secret dans les villages. »

Contexte politique

Hussein replace ces événements dans le contexte : « En 2003, la chute de Saddam en Irak a libéré des colères déversées sur les Kurdes, comme si c’étaient eux qui l’avaient renversé. La veille, les supporters d’Al-Futowa parcouraient les quartiers en slogans anti-kurdes. Ce n’était pas spontané : le régime cherchait à diviser le peuple syrien pour perdurer. »

Le soulèvement se propage

Après les morts à Qamishlo, les Kurdes attaquèrent des bâtiments du régime partout. À Amuda, une statue de Hafez al-Assad fut détruite. La colère s’intensifia : Kobani le 14 mars, Afrin et Alep le 16 mars, jusqu’au quartier Zor Ava à Damas.

Le régime réagit avec une violence extrême : 38 martyrs, centaines de blessés, milliers d’arrestations – le sort de beaucoup reste inconnu.

22 ans plus tard

Même aujourd’hui, certains groupes tentent d’attiser les conflits entre Kurdes et Arabes pour leurs intérêts. Les attaques récentes et discours sectaires en témoignent. Pourtant, les populations de la région ont su déjouer ces complots, comme elles résistèrent en 2004 aux tentatives baasistes de dresser Kurdes contre Arabes.