TURQUIE – Chaque 23 avril, l’État turc célèbre la « Journée de la souveraineté nationale et des enfants » (23 Nisan Ulusal Egemenlik ve Çocuk Bayramı). Cette fête est imposée y compris au Kurdistan du Nord (Bakûr) et dans le nord de Chypre, occupé par la Turquie depuis 1974.
Ce même État qui, depuis plus d’un siècle, tue des enfants kurdes en raison même de leur origine ethnique.
Ce même calendrier qui place le 23 avril, jour de fête des enfants, juste avant le 24 avril, date commémorative du génocide arménien de 1915, perpétré par l’Empire ottoman et farouchement nié par la République turque jusqu’à aujourd’hui.
Rien que ces dernières décennies, des centaines d’enfants kurdes ont été tués par les forces armées turques et par des groupes armés sous commandement turc — au Kurdistan du Nord, mais aussi au Rojava, au Kurdistan irakien et dans la région yézidie de Şengal.
Uğur Kaymaz (12 ans, abattu de 13 balles avec son père en 2004), Ceylan Önkol (12 ans, tuée par un obus de mortier en 2009 alors qu’elle gardait ses moutons) et Berkin Elvan (15 ans, mort après avoir été touché à la tête par une cartouche de gaz lacrymogène en 2013 alors qu’il allait acheter du pain) ne sont que trois exemples parmi tant d’autres.
Ils ont été assassinés pour la seule raison de ne pas être de « bons Turcs ».
Cette « fête des enfants » est un mensonge cynique, célébré sur les cadavres d’enfants kurdes, arméniens, grecs pontiques, syriaques-araméens, yézidis et arabes. Hier par l’Empire ottoman, aujourd’hui par l’État turc.






