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ROJHILAT. Commémorations de 59 jeunes Kurdes tués à Mahabad en juin 1983

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IRAN / ROJHILAT – Le 2 juin 1983, dans le cadre de la politique répressive de la République islamique d’Iran, le régime a exécuté 59 adolescents et jeunes Kurdes arrêtés arbitrairement dans la ville de Mahabad. Ce même jour, le bureau du gouverneur de Mahabad a émis un avis officiel annonçant l’exécution de ces 59 civils. Plusieurs d’entre eux étaient des adolescents de moins de 18 ans.

Rafles, simulacres de procès et punition collective

Selon des témoignages de l’époque, des agents en civil se sont déployés dans la ville tôt le matin pour capturer des étudiants kurdes qui se rendaient à l’université. Les rapports disponibles précisent que beaucoup de ces individus avaient été détenus arbitrairement dans les rues de Mahabad en avril et mai 1983. La plupart n’avaient aucune implication dans des activités armées, et certains étaient de simples élèves du secondaire au moment.

Transférés dans les prisons d’Urmia et de Tabriz, ils ont été condamnés à mort lors de simulacres de procès qui n’ont duré que quelques minutes, sans respect des normes juridiques de base, sans procès équitables et sans accès à des avocats. Leurs exécutions ont eu lieu seulement quelques mois après leur arrestation, sans que leurs familles n’en soient informées.

Ces exécutions massives sont survenues peu après la mort de Mohammad Boroujerdi, un commandant supérieur du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC), lors d’affrontements au Kurdistan. Les militants des droits humains et les familles des victimes soutiennent depuis lors que ces mises à mort ont été orchestrées comme un acte de punition collective et de représailles contre la population de Mahabad et du Kurdistan. Cet événement s’inscrit dans la longue série de violences et d’injustices subies par le peuple kurde, dont les droits fondamentaux continuent d’être bafoués à travers les différentes régions du Kurdistan divisé.

Une politique d’oppression et d’impunité systémique

Depuis la proclamation du Jihad par l’Ayatollah Khomeini contre la population kurde lors de l’établissement de la République islamique, le gouvernement maintient une pression constante sur le plan militaire, économique, culturel et social. Durant la première décennie de ce conflit, des centaines de villages kurdes ont été détruits. Par la suite, la société a été confrontée à l’introduction massive et systémique de stupéfiants parmi la jeunesse, parallèlement à une marginalisation économique marquée par des restrictions d’accès à l’emploi et l’exploitation des ressources locales par l’État.

Aujourd’hui, le Kurdistan oriental (Rojhilat) subit une militarisation intense de ses centres urbains et ruraux, ainsi qu’une dégradation de son environnement par l’exploitation forestière. L’omniprésence des forces de sécurité et des contingents militaires y dépasse largement les effectifs des services publics essentiels, tels que le corps enseignant ou le personnel médical.

Plus de quatre décennies plus tard, la vérité reste étouffée. Les lieux d’inhumation des 59 victimes demeurent inconnus. Bien que les familles aient à plusieurs reprises exigé d’obtenir des informations sur le sort de leurs proches et l’emplacement de leurs tombes, les autorités iraniennes n’ont jamais fourni de réponses claires. Les défenseurs des droits humains soulignent que la dissimulation systématique des preuves, la destruction des registres et le refus de révéler les lieux d’inhumation sont délibérément organisés pour empêcher que la vérité ne soit pleinement révélée, contribuant ainsi à l’impunité persistante des responsables de ce massacre.

Liste des 59 victimes de l’exécution de Mahabad

 

  1. Abbas Hosseinpour
  2. Abbas Yousefi
  3. Abdollah Tahriyan
  4. Aboubakr Shokri
  5. Ahmad Kahroubi
  6. Ali Abade
  7. Ali Baneiyan
  8. Ali Baziyan
  9. Ali Ghaware
  10. Ali Golparast
  11. Ali Mazna
  12. Ali Salahi
  13. Feridoun Shanga
  14. Gholamreza Barezi
  15. Hamed Mahmoud Kando
  16. Hasan Jahani
  17. Hasan Rahmanian
  18. Hejar Karimi
  19. Homayon Niloufari
  20. Hossein Kalhori
  21. Ibrahim Amini
  22. Inshallah Naderi
  23. Kamal Chawshini
  24. Kamal Karimi
  25. Kamran Zaher Hejazi
  26. Karim Kaveh
  27. Karim Rahimian
  28. Kazem Khatooni
  29. Khaled Rahim Azar
  30. Khaled Safayi
  31. Khalegh Barzani
  32. Khezer Rangin
  33. Maghsoud Mahmoudi
  34. Mahmoud Rizeyi
  35. Mansour Janah
  36. Mohamad Farough Baziar
  37. Mohammad Aboubakri
  38. Mohammad Amin ahmadi
  39. Mohammad Hosseini
  40. Mohammad Mashoodi
  41. Mohammad Olyayi
  42. Mohammad Salimi
  43. Mohamman Amin Safa
  44. Molla Hasan Lajavardi
  45. Mostafa Faghri
  46. Mostafa Ismati
  47. Rahman Khezerpour
  48. Rahman Rahimi
  49. Saleh Farhoudi
  50. Saleh Mam Ibrahimi
  51. Seyed Ibrahim Ahmadi
  52. Seyed Mahmoud Seyed Mahmoudi
  53. Shokri Naderi
  54. Siyamak Saghezi
  55. Soleiman Hasanzadeh
  56. Vafa Elyasi
  57. Yousef Ayazi
  58. Yousef Habibpanah
  59. Yousef Hasanzadeh

SHENGAL. Commémoration des 19 Yézidies brûlées vives à Mossoul en 2016

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SHENGAL – Dix ans après le meurtre de 19 femmes yézidies par l’État islamique, le Mouvement de libération des femmes yézidies (en kurde: Tevgera Azadiyê ya Jinên Êzidî – TAJÊ) a commémoré les victimes à Shengal (Sinjar). Ces femmes avaient été brûlées vives en public à Mossoul en 2016 pour avoir résisté à l’esclavage.

Rassemblement à Shengal pour le dixième anniversaire

À l’occasion du dixième anniversaire de cette atrocité perpétrée le 3 juin 2016, des militants se sont rassemblés devant le bâtiment du Conseil populaire à Shengal. Ils ont lancé un appel pour que justice soit rendue aux victimes du génocide qui a frappé la communauté yézidie.

Ces 19 femmes faisaient partie des milliers de Yézidis enlevés par l’organisation terroriste après le génocide de Shengal, déclenché le 3 août 2014. Elles ont été enfermées dans des cages de fer et brûlées vives sur une place publique du centre de Mossoul, devant des centaines de personnes. Par ce supplice, l’État islamique punissait leur refus d’abjurer leur foi et de se soumettre à l’esclavage sexuel, tout en cherchant à terroriser la population.

Un appel à la mobilisation internationale des femmes

L’immolation publique de ces 19 femmes reste l’un des crimes les plus brutaux commis par Daech au cours du génocide yézidi. Lors de la cérémonie, la porte-parole du mouvement, Rîham Hesen, a réaffirmé l’exigence de justice de l’organisation :

« En tant que TAJÊ, nous commémorons ces femmes assassinées et renouvelons notre engagement : nous ne les oublierons jamais et nous ne permettrons jamais qu’elles tombent dans l’oubli. »

Rîham Hesen a également insisté sur la dimension historique de ces violences et sur la nécessité d’obtenir des comptes :

« Ce qui a été fait à notre communauté est sans précédent dans l’histoire. Nous appelons les organisations de femmes à se mobiliser pour que justice soit faite. Il ne faut pas faire taire la voix des femmes assassinées. »

Elle a conclu en réitérant la détermination du mouvement à poursuivre la lutte pour que les auteurs du génocide soient traduits en justice.

La commémoration s’est achevée par la reprise collective des slogans « Vive l’héritage des femmes martyres », « Vive la résistance des femmes » et « Femme, Vie, Liberté (jin, jiyan, azadî) ».

IRAN. 10 prisonniers exécutés en une journée

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IRAN / ROJHILAT – Douze prisonniers condamnés pour des délits de droit commun, parmi lesquels figuraient trois Baloutches, deux Turcs, un Kurde et deux Afghans, ont été exécutés par les autorités iraniennes au sein des prisons de Shiraz, Zanjan et Sabzevar. Dix d’entre eux ont été exécutés le 31 mai.

Dix exécutions recensées à la prison d’Adelabad (Shiraz)

D’après les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, dix de ces exécutions ont été programmées aux premières heures du dimanche 31 mai 2026 à la prison centrale de Shiraz.

L’organisation a pu identifier huit des condamnés :

  • Saeid Dehqanizadeh (32 ans) et Abbas Bayat (30 ans), tous deux originaires de Shiraz, arrêtés respectivement quatre et trois ans plus tôt pour « meurtre avec préméditation ».

  • Barzou Mousazadeh (30 ans), un ouvrier kurde originaire de Kermanshah, arrêté trois ans avant son exécution pour « meurtre avec préméditation ».

  • Ali Akbar Sarabi Moqadam, habitant de Kazerun, arrêté quatre ans auparavant pour « meurtre avec préméditation ».

  • Salar Sheikhi (29 ans), un Turc originaire de Jolfa, arrêté deux ans plus tôt et condamné pour « viol ».

  • Mohammad Osman Danebarchin (35 ans, père de 3 enfants), Qader Khodamoradi (43 ans, père de 4 enfants) et Mohammad Sediq Balouchi (55 ans, père de 6 enfants et originaire de Zahedan). Ces trois hommes de la communauté baloutche avaient été condamnés pour des infractions liées à la drogue. Balouchi a passé neuf ans dans le couloir de la mort, tandis que les deux autres avaient été arrêtés il y a quatre ans.

L’identité des deux derniers prisonniers, de nationalité afghane, n’a pas encore été confirmée et fait l’objet d’investigations.

Exécutions à Zanjan et Sabzevar

Le même dimanche 31 mai, les autorités ont procédé à l’exécution de Parviz Valizadeh à la prison centrale de Zanjan. Ce jeune Turc de 27 ans avait été condamné à la peine capitale pour un « meurtre avec préméditation » que l’administration a qualifié de crime d’honneur.

La veille, aux premières heures du samedi 30 mai 2026, Isa Shakourian (23 ans) a été exécuté à la prison centrale de Sabzevar. Originaire du village d’Hashemabad, il avait été arrêté trois ans auparavant pour « meurtre avec préméditation » à la suite d’une confrontation ayant entraîné la mort d’Abolfazl Vafaei, un membre du Bassidj âgé de 18 ans.

À ce jour, les médias d’État iraniens et les canaux de communication officiels du pouvoir judiciaire n’ont pas communiqué sur ces douze exécutions.

ROJAVA. Des gangs pro-turcs pillent les terres des Kurdes déplacés de Serêkaniyê

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SYRIE / ROJAVA – Des groupes armés affiliés à la Turquie se sont emparés des terres agricoles et des récoltes appartenant à des familles kurdes déplacées dans la région de Serêkaniyê (Ras al-Aïn), dans le nord de la Syrie.

Xidir Zahir Sîno, un habitant du village kurde de Xirbê Çemo, a pu retourner brièvement dans son village et a témoigné de la situation sur place :

« J’ai vu cinq moissonneuses-batteuses en train de récolter du blé et de l’orge sur nos terres. Je voulais m’approcher des ouvriers pour leur dire que cette terre m’appartenait, mais ils m’en ont empêché. Quand j’ai demandé qui gérait ces terres, on m’a seulement répondu que c’était une personne nommée “Muelim”. »

Zahir Sîno a indiqué que les groupes armés ont confisqué non seulement ses terres, mais aussi celles de nombreux villageois des alentours. Une maison du village a été transformée en centre de collecte des récoltes, gardée par des hommes armés.

« Ils récoltent nos cultures depuis des années », déplore-t-il. « J’ai exigé qu’ils quittent mes terres, mais ils m’ont repoussé et interdit de m’approcher. »

Le témoin appelle à la fin immédiate de ces pratiques et exige que les habitants déplacés puissent regagner leurs villages en sécurité, avec la restitution de leurs terres et de leurs biens confisqués.

TURQUIE. Rebondissement dans l’affaire Rojwelat Kızmaz

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TURQUIE / KURDISTAN – Une nouvelle enquête a été ouverte sur la mort de Rojwelat Kızmaz, étudiante kurde retrouvée morte dans des circonstances suspectes. Son dossier, initialement classé sans suite, a été rouvert suite à une plainte de sa famille déposée en avril 2026.

Rojwelat Kızmaz, 26 ans, a disparu le 9 février 2024 à Batman (Êlih). Son corps a été retrouvé trois jours plus tard, le 12 février, dans le lac du barrage d’Ilısu (Hasankeyf). Bien que les autorités aient conclu à un suicide, plusieurs éléments troublants persistent : le corps n’était pas resté longtemps dans l’eau et le décès remontait seulement à quelques heures, selon le médecin légiste. Cela suggère qu’elle aurait pu être encore en vie durant les deux premiers jours suivant sa disparition.

Un rapport du Bureau national de police criminelle, remis le 22 avril 2025, révèle que son téléphone portable est resté éteint pendant 46 jours immédiatement après la disparition de son amie Gülistan Doku en janvier 2020, avant d’être rallumé le 20 février 2020. Par ailleurs, sa dernière communication téléphonique enregistrée date du 5 mars 2024, soit près d’un mois après la date officielle de son décès. Le dossier a depuis été transféré à Erzurum.

Liens avec l’affaire Gülistan Doku

Rojwelat était la plus proche amie et ancienne camarade de classe de Gülistan Doku, disparue en janvier 2020 à Dersim. La récente requalification en meurtre de l’affaire Doku et l’arrestation de plusieurs suspects, dont le fils d’un ancien gouverneur, ont redonné espoir à la famille Kızmaz, qui soupçonne un lien entre les deux dossiers.

Le cas Rojin Kabaiş : un troisième drame

Quelques mois plus tard, le cas de Rojin Kabaiş, 21 ans, étudiante à Van, a suivi un scénario similaire. Disparue le 27 septembre 2024 après une promenade au bord du lac de Van, son corps a été retrouvé 18 jours plus tard, à 20-24 km du lieu de disparition. Malgré la présence d’ADN de deux hommes différents sur son corps (confirmée par le barreau de Van), les autorités ont conclu à un suicide. Sa famille et de nombreux militants parlent ouvertement de féminicide.

Une impunité systémique ?

Ces trois affaires — Gülistan Doku (2020), Rojwelat Kızmaz (2024) et Rojin Kabaiş (2024) — sont désormais souvent citées ensemble par les organisations kurdes de défense des droits des femmes et des droits humains. Elles illustrent, selon elles, une série de morts suspectes de jeunes femmes kurdes, trop fréquemment classées hâtivement en suicides sans enquête approfondie.

Le frère de Rojwelat, le journaliste Mehmet Kızmaz, dénonce une « politique délibérée » de harcèlement, de marginalisation et de violences visant particulièrement les jeunes femmes kurdes engagées ou issues de familles politiquement actives.

Les familles, soutenues par des avocats et des militants, exigent désormais que la vérité éclate pour Rojwelat et Rojin, comme elle semble émerger dans l’affaire Gülistan Doku.

Un accord pourrait mettre fin à la guerre, mais la République islamique pourra-t-elle survivre à ses crises internes ?

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IRAN / ROJHILAT – Dans un entretien accordé à la chercheuse kurde Rojin Mukriyan, Anahita Motazed Rad, chercheuse associée à la London School of Economics and Political Science, analyse la fragilité du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Elle estime qu’un accord diplomatique pourrait suspendre le conflit international, mais ne résoudra pas les graves crises internes, l’effondrement économique et la résistance populaire qui poussent le régime au bord de la rupture.

Les États-Unis et l’Iran ont conclu un cessez-le-feu le 8 avril, après 40 jours de guerre, ouvrant une étroite fenêtre pour la reprise des négociations. Depuis, les deux parties ont échangé plusieurs propositions via le Pakistan, avec des rapports faisant état d’un optimisme prudent quant à la possible signature d’un mémorandum d’entente dans les prochains jours.

Motazed Rad reste toutefois prudente, soulignant les fortes pressions internes et doutant de la survie à long terme du régime.

Elle décrit cette guerre comme une crise « multifacettes » qui ne peut être analysée uniquement à travers le prisme des relations irano-américaines. Si la République islamique a surmonté de nombreuses crises depuis 1979, cette « guerre triangulaire » avec les États-Unis et Israël se déroule dans un contexte mondial profondément transformé : rivalité sino-américaine, guerre en Ukraine, tensions transatlantiques et bouleversements régionaux consécutifs à la guerre à Gaza depuis 2023.

Dans ce nouvel ordre, les notions de dissuasion, d’hégémonie et de sécurité du régime ont été redéfinies. Un accord pourrait être perçu par Téhéran comme un nouveau succès tactique, mais la chercheuse exprime de sérieux doutes sur la capacité du régime à survivre durablement aux pressions internes.

Certains rapports évoquent une fenêtre de négociation de 60 jours. Cependant, ce délai rappelle les pourparlers de 2025 qui avaient précédé une guerre de 12 jours en juin, ce qui alimente le scepticisme quant à un changement fondamental.

Les deux parties sont déterminées à parvenir à un accord, affirme Motazed Rad. « Cela ne fait aucun doute », déclare-t-elle, rappelant que le président Trump comme les responsables iraniens ont publiquement exprimé leur volonté de négocier, tout en brandissant la menace de représailles en cas d’échec.

Pour Washington, tout accord passe nécessairement par une solution concernant l’uranium hautement enrichi iranien (transfert ou dilution sous supervision de l’AIEA). Téhéran, de son côté, continue d’affirmer son droit à l’enrichissement à des fins civiles. Les enjeux immédiats restent le stock d’uranium enrichi et la sécurité du détroit d’Ormuz.

La situation actuelle présente des signaux contradictoires : d’un côté, des gestes d’apaisement iraniens (réouverture d’internet après trois mois, reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, possible déblocage partiel des avoirs gelés) ; de l’autre, des positions maximalistes maintenues des deux côtés. Trump exige « un accord majeur et significatif », tandis que le Guide suprême répète qu’Israël « doit absolument être déraciné ».

Pour Motazed Rad, ces contradictions s’expliquent par la distinction entre « rhétorique politique » et « comportement politique ». Derrière les discours belliqueux, les faits indiquent une préparation sérieuse à un accord.

Trump ne veut pas d’une guerre prolongée comme en Irak ou en Afghanistan. « Il veut un accord. Il veut un Iran différent », explique-t-elle, un Iran qui limite son programme nucléaire et ses capacités balistiques, particulièrement vis-à-vis d’Israël. L’Iran, quant à lui, cherche à préserver son statut de puissance régionale.

Cette flexibilité iranienne, selon la chercheuse, pourrait traduire une transformation plus profonde au sein du noyau dur du pouvoir, au risque d’affaiblir la cohésion interne du régime.

Même en cas de survie à court terme, la République islamique devra affronter des défis bien plus graves sur le plan intérieur : désillusion politique, crise économique, répression, inflation et aliénation d’une société diverse et multiethnique. Les femmes et les minorités (Kurdes, Baloutches, Arabes, Turkmènes) restent des acteurs majeurs de la contestation.

« Recourir à l’armée et aux mesures répressives ne fonctionnera plus », conclut Anahita Motazed Rad. La société iranienne, forte d’une longue histoire de lutte pour la liberté, continue d’avancer. Si le régime ne parvient pas à gérer ces pressions internes, ce sera, selon elle, « le coup de grâce porté à la République islamique ».

Rojin Mukriyan est docteure du Département de science politique et de gouvernement de l’University College Cork, en Irlande.

Texte original (en anglais) à lire sur le site The Amargi : « A deal may end the war, but can the Islamic Republic survive its domestic crises?« 

SYRIE. 287 personnes tuées en un mois

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Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 287 personnes ont été tuées en Syrie au cours du mois de mai 2026, dont 15 femmes. Ces décès sont dus à des affrontements, exécutions, tirs aveugles, incidents sectaires et fosses communes.

Dès le 1er juin, deux jeunes Alaouites, Majd Hatem al-Shaer et Yamen Hussein al-Suleiman, ont été assassinés dans une épicerie du village de Kitloun, près de Salamiyah (campagne est de Hama). Des hommes armés à moto, équipés de silencieux, ont ouvert le feu sur eux.

Ce double meurtre s’ajoute à la vague d’assassinats ciblés contre les minorités (Alaouites, Druzes, Kurdes) qui se poursuit depuis la prise de pouvoir d’Ahmed al-Sharaa (ex-Jolani) et HTS fin 2024. L’OSDH avait déjà recensé 95 assassinats et exécutions extrajudiciaires depuis le début de l’année.

Malgré les promesses de protection, l’impunité domine et les violences sectaires continuent de miner la Syrie.

SYRIE. Deux jeunes Alaouites tués dans la campagne de Hama

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SYRIE / ROJAVA – Le 1er juin 2026, Majd Hatem al-Shaer et Yamen Hussein al-Suleiman, deux jeunes Alaouites, ont été abattus à l’intérieur d’une épicerie dans le village de Kitloun (près de Salamiyah, campagne est de Hama). Des hommes armés à moto, utilisant des silencieux, ont ouvert le feu directement sur eux.
 
Ce meurtre s’ajoute à une longue série d’assassinats et d’exactions contre les minorités depuis la prise de pouvoir de HTS fin 2024 :
 
Alaouites : Massacres de mars 2025 (plus de 1 400 morts) puis assassinats ciblés persistants.
 
Druzes : Violences graves à Soueïda en juillet 2025 (plus de 1 000 morts).
 
Kurdes : Exactions et kidnappings lors des opérations dans le Nord-Est en janvier 2026.
 
Selon l’OSDH, 95 personnes ont été assassinées ou exécutées extrajudiciairement en Syrie depuis le début de l’année 2026 seulement. Ces violences, souvent perpétrées par des gangs islamistes ou des hommes armés non identifiés, se déroulent dans un climat d’impunité généralisée.

ROJAVA. Meurtre d’un Kurde kidnappé à Hassaké

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SYRIE / ROJAVA – Le corps de Mahmoud Mohammad Younes, un civil kurde, a été retrouvé plusieurs jours après sa disparition dans la région d’al-Hasakah.

Selon les informations disponibles, Mahmoud Mohammad Younes avait été enlevé il y a plus d’une semaine par des individus non identifiés alors qu’il travaillait comme chauffeur de taxi. Tout contact avec lui avait été perdu depuis.

Son corps a été découvert près du carrefour d’al-Dhibah, dans la zone rurale de Safiya, administrativement rattachée à la ville d’al-Hasakah.

Les autorités compétentes ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’enlèvement et de décès de Mehmûd Mihemed Yûnis, ainsi que pour identifier et traduire en justice les responsables.

ROJAVA. Crise énergétique majeure à Hassaké : la population plongée dans le noir

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SYRIE / ROJAVA – A Hassaké, la crise énergétique s’aggrave de jour en jour, signale l’agence kurde ANHA qui ajoute que les coupures de courant massives touchent la quasi-totalité de la région, privant des quartiers entiers et des villages d’électricité pendant de longues périodes.

Selon la Direction de l’électricité, la région d’al-Jazira nécessite 550 mégawatts, mais ne reçoit actuellement que 50 MW. Une situation catastrophique due à la dégradation avancée des infrastructures et à des vols massifs et répétés de transformateurs et de câbles à haute tension.

Déclaration du directeur du centre électrique d’al-Hasakah

L’ingénieur Salah Hassan, directeur du centre électrique d’al-Hasakah, a dressé un bilan alarmant :

« La région d’al-Jazira a besoin d’environ 550 mégawatts d’électricité, alors qu’elle n’en reçoit que 50. Nous continuons donc d’appliquer un rationnement strict selon les priorités. »

Il a rappelé que le gouvernement intérimaire avait totalement coupé l’électricité dans la région pendant deux mois via la ligne du barrage de Tabqa. Le courant n’a été rétabli qu’il y a environ un mois, après d’intenses négociations.

Aujourd’hui, la distribution se fait au compte-gouttes : la plupart des institutions et villages ne reçoivent que deux heures d’électricité par jour. Certains quartiers d’al-Hasakah bénéficient d’un approvisionnement partiel via des réseaux connectés aux zones rurales.

Vols et sabotage : un fléau quotidien

La Direction de l’électricité fait face à des vols quotidiens. Plus de 30 transformateurs ont déjà été dérobés, en plus du vandalisme systématique sur les lignes à haute tension. Pour limiter les pertes, les équipes mettent parfois sous tension des réseaux sans y connecter de charges, dans le seul but de dissuader les voleurs.

Malgré ces difficultés, les équipes de maintenance parviennent à réhabiliter en moyenne une ligne complète par semaine (environ 15 transformateurs par ligne). Une partie des travaux est déjà achevée, mais les efforts restent insuffisants face à l’ampleur des dégâts.

Perspectives et solutions à long terme

Salah Hassan a évoqué des projets d’importation d’électricité supplémentaires :

  • Depuis la centrale hydroélectrique d’Al-Taym (Deir ez-Zor) ;

  • Via la ligne d’Al-Mabrouka, alimentée par le barrage de Tichrine, qui pourrait apporter 50 MW supplémentaires une fois réhabilitée.

Cependant, il a insisté sur le fait que la restauration complète du réseau et l’obtention d’un approvisionnement stable demanderaient plusieurs mois de travaux importants. Ces projets restent encore au stade de la planification et de la coordination avec le ministère de l’Énergie.

IRAN. Deux autres manifestants kurdes exécutés

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IRAN / ROJHILAT – La dictature islamiste iranienne a encore frappé. Mehrdad Mohammadinia et Ashkan Maleki, deux manifestants kurdes en janvier, ont été exécutés à Karaj.

Le sinistre juge Abolghasem Salavati, surnommé « le Boucher de Téhéran », a personnellement signé leurs condamnations à mort. Leur seul véritable crime ? Avoir osé protester contre la tyrannie corrompue et sanguinaire de la République islamique.

Arrêtés lors des soulèvements de janvier dans le Rojhilat (Kurdistan iranien), les deux hommes ont été assassinés à la prison de Qezelhesar (la Forteresse Rouge) à Karaj, selon l’agence Mizan, porte-parole officiel des bourreaux.

Le régime leur reprochait pêle-mêle « espionnage au profit d’Israël et des États-Unis », « incendie de mosquées », « opérations militaires » et autres accusations grotesques sorties tout droit de son usine à mensonges. Des aveux extorqués sous la torture, comme d’habitude.

En réalité, le régime des mollahs exécute tous ceux qui refusent de se soumettre. Chaque pendaison est un message de terreur adressé à un peuple qui étouffe sous la répression, la corruption et l’obscurantisme islamiste.

Mehrdad et Ashkan ne sont pas des « criminels ». Ce sont des victimes innocentes d’un régime qui n’a plus d’autre argument que la violence barbare et la terreur d’État.

Un triomphe kurde au Théâtre du Gymnase

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PARIS — Ce soir, au Théâtre du Gymnase Marie Bell, le concert de clôture de la 5e édition du Festival culturel kurde de Paris a été un véritable triomphe. Devant une salle comble et enthousiaste, Ulaş Kelaşin, Işık Berfin et Murad Demir ont offert une soirée magique, empreinte d’émotion, de virtuosité et de grande fierté culturelle.
 
Une soirée où le frisson est monté en crescendo
 
D’abord, Ulaş Kelaşin a ouvert le concert avec une prestation solide et engagée, mettant d’emblée le public dans l’ambiance et le faisant vibrer dès les premières notes.
 
 
Puis, la très jeune et lumineuse Işık Berfin est montée sur scène. Dotée d’une voix à la fois veloutée et puissante, elle a enchanté l’auditoire en interprétant des chants traditionnels dans les dialectes « zazaki » et « kurmancî ». Accompagnée de musiciens exceptionnels, notamment un joueur de zurna et un percussionniste au tambour, sa présence rayonnante et sa voix exceptionnelle ont fait frissonner toute la salle qui l’a accompagnée pour les refrains. Lors de sa dernière chanson, Ciwan Elibeg de la compagnie Bien à vous a fait son apparition sur la scène pour danser avec elle la govend (ronde kurde).
 
 
Enfin, Murad Demir, venu spécialement du Kurdistan, a pris le relais et a littéralement chauffé à blanc une salle déjà en extase. Accompagné de trois musiciens, dont une virtuose du violon et le talentueux percussionniste Ali Kutlutürk, il a alterné chants d’amour et chants de résistance kurde. Vers la fin de sa prestation, il a invité Isik Berfin à ses côtés pour un pot-pourri très rythmé. Il a ainsi clôturé la soirée en apothéose, emmenant le public dans un voyage intense entre tradition et modernité.
 
Isik Berfin et Murad Demir
 
Mêlant avec brio chants traditionnels, compositions originales et influences contemporaines, les trois artistes ont magnifiquement mis en lumière la richesse et la vitalité du répertoire kurde — un authentique pont entre héritage ancestral et création actuelle.
 
Cette soirée restera gravée comme l’un des moments les plus forts du Festival culturel kurde de Paris : une célébration vibrante, émouvante et fière d’une culture qui résiste à l’effacement colonial en cours dans les trois parties du Kurdistan. Malgré la guerre existentielle menée contre le peuple kurde, sa musique rayonne sur la scène internationale grâce à une jeune génération d’artistes talentueux qui modernisent le patrimoine sans jamais le dénaturer, chacun y apportant sa profondeur et sa touche unique. Même en musique, les Kurdes renaissent de leurs cendres, tels des phénix.

 

A la fin du concert qui a clôturé les trois jours du festival culturel kurde de Paris, les organisateurs* ont donné rendez-vous pour la 6e édition du Festival qui doit avoir lieu au printemps 2027.

 

*Le Festival culturel kurde de Paris (en kurde : Festivala Çand û Hunera Kurdî Parisê) est organisé par le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), en collaboration avec avec la fondation Danielle Mitterrand, la Mairie de Paris, la Mairie du 10e arrondissement, l’Association de Solidarité France-Kurdistan, l’Institut de Réflexion et d’Études sur le Kurdistan (IREK) et l’association Arts et Culture du Kurdistan (ACK).