Les craintes pour la vie des prisonniers politiques en Iran se sont considérablement aggravées depuis le début des frappes militaires américaines et israéliennes. Sur fond d’escalade régionale, l’ONG kurde Kurdistan Human Rights Network (KHRN) signale des exécutions secrètes, des mesures de sécurité renforcées dans les prisons et une répression accrue.
Des coupures généralisées d’internet, des restrictions sévères sur les appels téléphoniques, les visites familiales et l’accès aux avocats ont isolé encore davantage les détenus, rendant leur sort opaque et inquiétant.
Exécutions confirmées
Le KHRN a appris qu’au moins cinq prisonniers politiques ont été exécutés secrètement ces derniers jours :
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Babak Alipour
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Pouya Ghobadi
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Mohammad Taghavi
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Akbar Daneshvar-Kar
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Amir-Hossein Hatami
D’autres prisonniers politiques, en particulier des Kurdes précédemment condamnés à mort, font face à un risque imminent d’exécution.
Prisonniers kurdes en danger de mort
Sept prisonniers politiques kurdes restent condamnés à mort à l’issue de procès inéquitables devant des tribunaux révolutionnaires islamiques (accusations de « baghi » — insurrection armée — et « moharebeh » — inimitié envers Dieu) :
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Pakhshan Azizi (militante des droits des femmes, Mahabad) — peine confirmée par la Cour suprême
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Hatem Ozdemir (militant politique turc)
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Yousef Ahmadi (Baneh)
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Mehrab Abdollahzadeh (Orumiyeh, soulèvement « Femmes, Vie, Liberté »)
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Nasser Bakerzadeh (Orumiyeh) — recondamné à mort en février 2026
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Rauf Sheikh-Maroufi
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Mohammad Faraji
Au moins quatre de ces condamnations ont été confirmées par la Cour suprême.
Nouveaux procès et incertitude
Plusieurs cas où les condamnations à mort avaient été annulées par la Cour suprême ont été renvoyés devant les tribunaux révolutionnaires :
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Verisheh Moradi, membre de la Communauté des femmes du Kurdistan oriental (Civaka Jinên Rojhelatî Kurdistan-KJAR)
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Ali (Soran) Ghassemi, Pezhman Soltani, Kaveh Salehi, Rezgar Beigzadeh Babamiri (et d’autres)
Ces personnes, détenues à Evin et Orumiyeh, risquent fortement une nouvelle condamnation à mort pour « baghi », « moharebeh » ou « efsad-e fel arz » (corruption sur terre), après des mois de torture et de détention à l’isolement.
Position du KHRN
Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan condamne fermement ces exécutions et exprime sa profonde inquiétude face au risque sérieux d’autres mises à mort. Il met en garde : dans le contexte actuel de guerre, la peine de mort risque d’être utilisée de manière croissante comme instrument de pression et de représailles.
Le KHRN exige :
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L’arrêt immédiat de toutes les condamnations à mort et exécutions ;
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L’octroi de permissions de sortie temporaires aux détenus pour réduire les risques liés au conflit ;
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Que les autorités iraniennes assument pleinement leur responsabilité de protéger la vie et la santé de tous les prisonniers.
Ces développements interviennent alors que le régime renforce le contrôle des prisons, limite drastiquement l’information et semble vouloir étouffer toute contestation intérieure pendant le conflit régional.


