SYRIE – Le régime sanguinaire de Damas n’est pas trop occupé à massacrer les Kurdes, alors il attaque de nouveau les Druzes de Soueïda, profitant de la guerre Iran vs Israël-Etats-Unis.
Hier, jeudi 19 mars, la province de Soueïda, bastion historique de la minorité druze dans le sud de la Syrie, a été le théâtre d’une série d’attaques coordonnées attribuées aux forces du gouvernement de transition syrien. Selon plusieurs sources locales et des déclarations de milices druzes, ces opérations ont impliqué des tirs de drones armés, des missiles et des enlèvements ciblés, ravivant les craintes d’une nouvelle escalade confessionnelle dans un pays encore fragile après la chute du régime Assad fin 2024.
Une recrudescence brutale des violences
Des combattants et activistes druzes affiliés à la « Garde nationale druze » ont rapporté que des positions civiles et militaires dans l’ouest et le sud-ouest de la province ont été visées dès la matinée du 19 mars. Les attaques auraient fait au moins neuf morts parmi les civils et combattants druzes, notamment dans les zones de Najran et Baka-Burd. Au total, 19 personnes auraient été enlevées lors de barrages ou d’incursions, selon un bilan provisoire.
Les assaillants auraient utilisé des drones pour des frappes précises sur des points de contrôle et des habitations. Ces méthodes, rappelant les tactiques employées contre les Kurdes à Alep en janvier 2026, viseraient à affaiblir les structures de défense druzes sans engagement terrestre massif, illustrant une fois de plus l’injustice subie par les minorités face au nouveau pouvoir central.
Contexte : des tensions héritées de l’été 2025
Ces événements s’inscrivent dans une continuité de violences opposant le gouvernement d’Ahmad al-Sharaa à la communauté druze. Les affrontements de juillet 2025 avaient déjà été dévastateurs : plus de 500 civils druzes tués, des villages incendiés et des cas documentés de violences sexuelles et d’enlèvements. Malgré des échanges de prisonniers en février 2026, la méfiance reste totale. Les Druzes accusent Damas de vouloir briser leur autonomie et d’utiliser des supplétifs bédouins pour contrôler cette région stratégique frontalière.
Réaction israélienne immédiate
Israël, qui se pose en protecteur des Druzes syriens, a réagi dans la nuit du 19 au 20 mars. L’armée israélienne (IDF) a annoncé avoir frappé plusieurs camps militaires syriens, ciblant un centre de commandement et des dépôts d’armes, en « réponse directe » aux attaques subies par les civils druzes. Damas n’a pas commenté officiellement, mais des sources pro-gouvernementales qualifient ces accusations d’« exagérations ».
Craintes d’une extension du conflit
La communauté internationale suit ces développements avec inquiétude. L’ONU et des ONG comme Human Rights Watch ont déjà documenté des abus systématiques dans la région. Les enlèvements et l’usage de drones contre des civils rappellent les pires heures de la guerre civile.
À Soueïda, la population reste sur le qui-vive : barrages renforcés et appels à la mobilisation. Pour beaucoup, ces attaques ne sont pas un incident isolé, mais le signe que le nouveau pouvoir à Damas cherche à imposer son autorité par la force sur les minorités résistant à son centralisme. Le fragile équilibre post-Assad semble plus que jamais menacé de faire imploser la Syrie une fois de plus.


