KURDISTAN. Un drone cible une voiture à Slemani
Les femmes kurdes exhortent l’ONU à octroyer un statut politique au Rojava
SYRIE / ROJAVA – L’Union nationale des femmes kurdes a adressé une lettre de campagne sur le Rojava aux instances de l’ONU, avec le soutien des partis politiques kurdes.
Dans le cadre de cette campagne, qui a permis de recueillir environ 3 500 signatures, 150 d’entre elles, provenant principalement de partis politiques influents, ont été soumises aux Nations Unies. La lettre demandait l’octroi d’un statut politique à Rojava, la levée du blocus imposé à Kobanê et la protection des acquis des femmes en Syrie.
La lettre a été remise aux plus hauts organes et responsables des Nations Unies, notamment au Secrétaire général António Guterres. Parmi les destinataires figuraient le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, le Directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève, le bureau genevois de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes) et le bureau des Nations Unies pour la Syrie.
Dans son communiqué, le syndicat des femmes a souligné que la lettre n’était pas simplement une initiative de la société civile, mais qu’elle avait également été préparée avec le soutien des partis politiques kurdes et de nombreuses institutions.
La lettre affirmait que, dans le cadre des processus de résolution politique en cours en Syrie, les droits nationaux et politiques du peuple kurde devaient être garantis constitutionnellement. Elle soulignait que, pour un règlement durable, le statut politique du Rojava devait être reconnu au niveau international.
La lettre exigeait également la levée immédiate du blocus imposé à Kobanê et à ses environs. Elle précisait que les civils devaient être protégés, que des couloirs humanitaires devaient être ouverts et que les Nations Unies devaient agir d’urgence dans le cadre du droit international humanitaire.
En outre, la lettre appelait à prévenir toute tentative de modification de la structure démographique dans les régions kurdes et à protéger les droits de l’homme.
L’Union nationale des femmes kurdes a déclaré que garantir les droits politiques, culturels et nationaux du peuple kurde sous protection constitutionnelle est une condition fondamentale à une paix durable. (ANF)
IRAN. Plus de 300 prisonniers exécutés en un mois
IRAN / ROJHILAT – Plus de 300 prisonniers, dont trois femmes, ont été exécutés en Iran, y compris dans les régions kurdes du pays en un mois, signale l’initiatif « Non aux exécutions du mardi ».
La campagne « Tuesdays Against Executions » (« Non aux exécutions du mardi ») a été lancée le 9 janvier 2023 pour protester contre les exécutions au Rojhilat Kurdistan et en Iran. Dans le cadre de cette campagne, les prisonniers continuent d’entamer des grèves de la faim tous les mardis pour exprimer leur opposition à la peine de mort.
Lors de la 108e semaine de leurs manifestations, les membres du mouvement ont entamé une grève de la faim dans 56 prisons différentes à travers le pays pour réaffirmer leur ferme opposition à la machine à tuer et à exécuter.
Tout en honorant le 40e jour des martyrs du récent soulèvement et en condamnant l’exécution de plus de 300 personnes, dont trois femmes, depuis le début de Bahman (fin janvier), les prisonniers ont mis en garde contre la répétition des crimes des années 1980 et le prononcé de lourdes peines contre les manifestants.
Selon le communiqué marquant la 108e semaine, des dizaines de milliers de détenus arrêtés lors des récentes manifestations subissent des pressions et des actes de torture, et des projets sont en cours pour prononcer des condamnations à mort et de lourdes peines de prison à leur encontre.
Exprimant leur profonde inquiétude quant aux conditions de détention et au risque d’exécution pour des manifestants comme Saleh Mohammadi – un lutteur de 18 ans arrêté lors des manifestations de Dey et condamné à mort à la prison de Qom – les participants à la campagne ont appelé la population et les instances internationales à prendre des mesures immédiates pour mettre fin à ces crimes et sauver la vie des prisonniers.
Les centres de détention où participent les détenus à la campagne « Non aux exécutions le mardi » sont les suivants :
Prison d’Evin (quartiers des femmes et des hommes), prison de Ghezel Hesar (unités 2, 3 et 4), prison centrale de Karaj, prison de Fardis Karaj, prison du Grand Téhéran, prison de Qarchak, prison de Khorin Varamin, prison de Chubindar Qazvin, prison d’Ahar, prison d’Arak, prison de Langeroud Qom, prison de Khorramabad, prison de Borujerd, prison de Yasuj, prison d’Asadabad Ispahan, prison de Dastgerd Ispahan, prison de Sheiban Ahvaz, prison de Sepidar Ahvaz (quartiers des femmes et des hommes), prison de Nezam Shiraz, prison d’Adelabad Shiraz (quartiers des femmes et des hommes), prison de Firuzabad Fars, prison de Dehdasht, prison de Zahedan (quartiers des femmes et des hommes), prison de Borazjan, prison de Ramhormoz, prison de Behbahan, prison de Bam, prison de Yazd (quartiers des femmes et des hommes). Prison de Kahnuj, prison de Tabas, prison centrale de Birjand, prison de Vakilabad Mashhad, prison de Gorgan, prison de Sabzevar, prison de Gonbad-e Kavus, prison de Qaem Shahr, prison de Rasht (quartier des hommes et des femmes), prison de Rudsar, prison de Haviq Talesh, prison d’Azbaram Lahijan, prison de Dieselabad Kermanshah, prison d’Ardabil, prison de Tabriz, prison d’Urmia, prison de Salmas, prison de Khoy, Naqadeh Prison, prison de Miandoab, prison de Mahabad, prison de Bukan, prison de Saqqez, prison de Baneh, prison de Marivan, prison de Sanandaj, prison de Kamyaran et prison d’Ilam. (ANF)
ROJAVA. Les gangs turco-djihadistes pillent les villages de Kobanê

ROJAVA. Violée par les gangs de la Turquie, elle se donne la mort

L’institut kurde appelle à la protection de la langue maternelle
LINGUICIDE – L’Institut kurde de recherche et de sciences a appelé chacun à transmettre le kurde aux nouvelles générations.
L’Institut kurde de recherche et de sciences, basé en Allemagne, a publié un communiqué à l’occasion du 21 février, Journée internationale de la langue maternelle.
Dans sa déclaration, il est rappelé que l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a proclamé le 21 février Journée internationale de la langue maternelle depuis 2000. « Cette journée trouve son origine dans le soulèvement des étudiants bengalis à Dacca en 1952, qui ont sacrifié leur vie pour défendre leur langue maternelle contre l’imposition d’une langue étrangère. Aujourd’hui, ce combat est devenu un symbole de la lutte mondiale contre le déclin et la disparition des langues.
La langue maternelle n’est pas qu’un simple moyen de communication ; elle est le fondement de la personnalité, de la mémoire culturelle et de l’existence d’une nation. La conscience nationale se forge au contact de la langue maternelle. Aujourd’hui, on compte plus de 6 000 langues dans le monde, et malheureusement, environ 2 500 d’entre elles sont menacées d’extinction. Selon les rapports de l’UNESCO, 18 langues en Turquie sont en danger, dont le kirmancki [ou zazakî], un dialecte kurde. »
La langue kurde a survécu jusqu’à nos jours malgré des siècles de négation, d’assimilation et de politiques d’interdiction, grâce aux récits transmis par les mères, au travail des dengbêjs (troubadour kurdes) et à l’engagement de notre peuple. Cependant, pour qu’une langue survive véritablement, elle doit dépasser les limites du foyer et trouver sa place dans la vie quotidienne, dans l’écriture, dans la culture et dans la science. La disparition d’une langue signifie la disparition de la culture et de l’identité d’une nation. Protéger une langue, c’est protéger la dignité humaine.
L’Institut kurde a appelé chacun et toutes les institutions à assumer leurs responsabilités nationales, déclarant : « Afin de transmettre l’héritage de nos ancêtres aux nouvelles générations, nous devons utiliser le kurde dans tous les aspects de la vie (à la maison, sur les marchés, dans les institutions). L’éducation dans la langue maternelle est un droit humain fondamental et la protection des langues est une responsabilité universelle.
C’est avec cette pensée et cette conviction que nous célébrons la Journée de la langue maternelle pour tous les peuples opprimés, et surtout pour le peuple kurde.
Pensez en kurde ! Parlez kurde ! Lisez en kurde ! Écrivez en kurde !
Vive la langue maternelle ! Vive la langue kurde ! » (ANF)
La Grèce veut expulser un opposant turc pro-kurde
GRÈCE – Les autorités grecques chargées de l’immigration ont rejeté la demande d’asile du militant Yannis Vasilis Yaylalı et ordonné son renvoi en Turquie. Elles justifient ce rejet par des crimes de guerre commis par l’armée turque dans les régions kurdes pendant les années 1990.
Les autorités grecques chargées des migrations ont rejeté la demande d’asile de Yannis Vasilis Yaylalı, militant des droits humains résidant en Grèce, et ont ordonné son renvoi en Turquie. La procédure, entamée en 2021, a été portée devant deux instances ; la décision écrite, motivée, a finalement été rendue après une longue attente.
Au cœur de cette décision se trouve le service militaire de Yaylalı au Kurdistan du Nord dans les années 1990. La justification qualifie de crimes de guerre les crimes graves commis durant cette période, notamment l’incendie de villages kurdes, la torture et la profanation de sépultures. Bien que Yaylalı ait affirmé ne pas avoir participé à ces crimes qu’il déclare seulement observés, les autorités grecs ont finalement utilisé son témoignage contre lui et lui ont refusé la protection, invoquant l’exclusion des crimes de guerre.
Justifications contradictoires
Dans le même temps, la décision reconnaît que Yaylalı a été victime de violations des droits de l’homme, de persécution politique et de répression en Turquie, et qu’il a subi par le passé des emprisonnements et des actes de torture. Néanmoins, les autorités concluent qu’un retour est possible, notamment à Bafra, sa ville natale sur la côte de la mer Noire, dans le nord de la Turquie, où il ne serait pas en danger immédiat. Cette évaluation contredit les risques documentés dans la même procédure : selon le dossier, plusieurs procédures judiciaires sont en cours contre Yaylalı en Turquie, notamment pour « espionnage », et au moins un mandat d’arrêt a été émis à son encontre. Yaylalı lui-même affirme avoir déjà été emprisonné à Bafra et avoir subi des menaces, des pressions policières et une stigmatisation publique. Il soutient qu’il n’existe aucune autre possibilité de fuite intérieure sûre pour lui.
La critique au sein de la politique et de la société civile
Cette décision a suscité l’indignation au sein de la société civile et politique grecque. Partis politiques, personnalités politiques et militants des droits humains exigent la suspension de l’arrêté d’expulsion et la réouverture du dossier. Ils soulignent le risque réel de poursuites à motivation politique et le danger encouru par une figure emblématique de l’antimilitarisme. Yaylalı qualifie cette évaluation de politiquement motivée et insiste sur le fait que la décision a été prise la veille d’une rencontre entre le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et le président turc Erdoğan à Ankara, le 11 février. Il appelle les organisations de défense des droits humains et les initiatives pacifistes à exercer une pression publique. Il est confronté à la fois à la répression d’État et aux menaces de réseaux ultranationalistes en raison de son militantisme en faveur des droits des Kurdes et de l’histoire des Grecs pontiques.
De nationaliste turc à militant pacifiste pro-kurde
Yannis Vasilis Yaylalı, anciennement connu sous le nom d’Ibrahim Yaylalı, a servi comme officier dans l’armée turque durant la guerre des années 1990 contre la population kurde. Blessé au combat en 1994 et emprisonné par la suite par les guérilleros du PKK, il affirme avoir rompu avec le militarisme et le nationalisme. Il est ensuite devenu militant pour la paix et les droits humains, a vécu un temps au Kurdistan, puis a fui en Grèce pour échapper à la répression du régime AKP/MHP. (ANF)
ROJAVA. YPJ : Notre indépendance est non négociable
SYRIE / ROJAVA – Les forces de défense féminines kurdes YPJ participeront à la réorganisation militaire en Syrie, mais ne renonceront pas à leur structure de commandement autonome, à leur idéologie ni à leur organisation. L’existence de cette force de défense féminine est non négociable, affirme la commandante Newroz Ehmed.

Dans un entretien accordé à Erkan Gülbahçe du quotidien Yeni Özgür Politika, la commandante des YPJ, Newroz Ehmed, a clairement indiqué la position du gouvernement syrien concernant la réorganisation militaire dans le nord et l’est de la Syrie : les Unités de protection des femmes (YPJ) participeront aux nouvelles structures, mais ne renonceront pas à leur autonomie organisationnelle et politique. Cela concerne aussi bien la hiérarchie, la discipline interne, la formation que l’orientation idéologique. Ehmed a qualifié la position antérieure du gouvernement de transition syrien à l’égard des YPJ de politique de déni. « La reconnaissance des YPJ a longtemps été bloquée car leur rôle dépasse la simple fonction militaire ; elles défendent la liberté des femmes et l’auto-organisation sociale », a-t-il déclaré. Cependant, cette réalité ne pouvait être ignorée : « Les YPJ ne sont pas nées de négociations, mais se sont développées et ancrées socialement pendant la guerre contre l’État islamique (EI). »
Bataillons féminins indépendants au sein des brigades FDS
L’entretien porte sur l’intégration des YPJ au sein du futur système de brigades des Forces démocratiques syriennes (FDS), dans le cadre du processus d’intégration en cours. Ehmed a souligné que cette nouvelle structure ne devait pas être perçue comme un mécanisme de démantèlement des structures féminines autonomes. Même au sein des nouvelles unités, les YPJ conserveront leurs propres cadres, leurs propres commandants et leur propre organisation interne. De plus, la création de bataillons féminins indépendants au sein des brigades est prévue. Le commandement général des YPJ a ainsi formulé un double objectif : d’une part, participer à la coordination et à l’intégration, et d’autre part, préserver leur autonomie décisionnelle. Selon Ehmed, la réforme vise à améliorer la coordination opérationnelle et à stabiliser les positions de défense, et non à remettre en cause les acquis politiques obtenus par les structures féminines ces dernières années, suite à la révolution du Rojava.
Aucune coopération avec les troupes gouvernementales
Ehmed n’a pas précisé la taille des futurs contingents des YPJ au sein des brigades. Elle a évoqué une présence « proportionnée », en adéquation avec leurs caractéristiques organisationnelles. Parallèlement, la coopération avec les FDS au sein des structures conjointes se poursuivra, notamment avec la participation de commandos féminins à des postes de commandement élevés. Cependant, Ehmed a clairement indiqué la position de Damas concernant les points de contrôle conjoints : « Il n’existe pas de modèle formellement convenu pour les points de contrôle militaires conjoints avec les forces gouvernementales. Partout où des structures des FDS sont présentes, les YPJ seront également représentées, tant au niveau des combattants qu’au niveau du commandement. » Les discussions sur l’étendue et les modalités de cette coopération sont en cours ; des représentants et des commissions désignés en sont responsables.
L’existence du YPJ ne saurait être négociée
Ehmed a insisté sur la dimension idéologique : « Les YPJ ne sont pas qu’une simple formation armée, mais l’expression politique et sociale du mouvement de libération des femmes. Par conséquent, l’existence des YPJ est inaliénable ; notre ligne idéologique n’est jamais reléguée au second plan. Au sein des YPJ, les femmes ne se contentent pas de porter des armes, elles prennent des décisions, commandent, entraînent et supervisent. À chaque poste, lors de chaque patrouille et à chaque étape de l’organisation, le mouvement de libération des femmes prime. Ce mouvement est insensible aux fluctuations politiques passagères et aux restructurations militaires. Il existe des raisons concrètes qui garantissent la pérennité de la ligne idéologique des YPJ et des acquis des femmes. Les YPJ possèdent leur propre chaîne de commandement, leur discipline interne et leurs mécanismes de décision. Les restructurations et les processus d’intégration ne remettent pas en cause ce fait. Le commandement, l’entraînement et l’organisation des combattantes sont sous le contrôle des YPJ. Aucune structure extérieure ne peut interférer dans leurs opérations internes. La force des YPJ réside dans leur autonomie. Elle n’est pas seulement de nature militaire, mais repose sur une conscience idéologique. »
Les YPJ sont exposés à des attaques diverses
Se projetant dans les années à venir, Ehmed a dressé un tableau conflictuel : « Bien sûr, ce processus est loin d’être simple. Les YPJ font face à des attaques multiformes, planifiées et de longue haleine. Ces attaques ne proviennent pas uniquement des forces étatiques existantes ; elles représentent un encerclement global aux dimensions techniques, politiques, diplomatiques et psychologiques. C’est précisément pour cette raison que la résistance des YPJ n’est pas une simple résistance militaire, mais la défense de leur existence et de leur volonté. L’objectif est de dresser les populations les unes contre les autres, d’attiser le nationalisme et le chauvinisme, et de plonger la région dans une guerre sans fin en instrumentalisant des figures ennemies artificiellement créées, comme un conflit kurdo-arabe. Ce plan a échoué. »
Non seulement une lutte défensive, mais aussi une lutte pour la reconstruction
Les YPJ n’ont jamais été une simple structure militaire. Elles incarnent la libération des femmes, la revendication d’une société démocratique et la volonté populaire de se défendre. Si l’actualité crée une incertitude sur le terrain, elle témoigne d’un processus qui, loin d’affaiblir les YPJ, les réorganise face à de nouvelles conditions et les transforme en une force plus profonde et plus durable. Ces événements n’indiquent pas un affaiblissement des YPJ, mais plutôt un processus qui clarifie leur position historique et politique. Deniz, Ziyad, Sîdar et bien d’autres ont démontré que ce combat n’est pas seulement un combat défensif, mais aussi un combat pour la reconstruction. Ce processus peut modifier la forme même des YPJ : leurs méthodes, leurs ressources et leurs tactiques peuvent évoluer. Mais au fond, il ne s’agit pas d’un affaiblissement, mais d’un approfondissement, d’une prise de conscience accrue, d’un rayonnement plus large – et donc, d’un renforcement.
Nous avons le potentiel de tirer profit de chaque nouveau processus.
« Les YPJ sont devenues un point de repère commun, non seulement pour les femmes kurdes, mais aussi pour toutes les femmes de la région qui revendiquent la liberté, l’égalité et une vie digne. Les YPJ réaffirment leur détermination à défendre la population et ses valeurs avec une conscience accrue. Les femmes resteront actrices des processus décisionnels à tous les niveaux. Il s’agit d’une ligne rouge non négociable pour les YPJ. La véritable force des YPJ réside, avant même leur armement, dans leur légitimité sociale. Leur lien avec la population, ainsi que la prise de conscience et la confiance forgées par la lutte pour la liberté des femmes, distinguent les YPJ d’une force militaire classique. La visibilité des femmes dans la défense, le commandement et la vie sociale est un aspect de ce processus que les YPJ continueront de consolider. Ce processus ne restreint pas le champ d’action des YPJ, mais au contraire élargit leur sphère de responsabilité et renforce leur influence politique et sociale. Les femmes continueront de jouer un rôle crucial, non seulement dans la défense, mais aussi dans la construction de l’avenir. Bien sûr, des risques existent ; c’est indéniable. Cependant, l’expérience des YPJ, leur culture du sacrifice et leur ancrage populaire leur permettent de gérer ces risques. Les YPJ ont prouvé à maintes reprises qu’elles ne cèdent pas face aux crises, mais en ressortent plus fortes. Une chose est sûre : les YPJ ne seront pas affaiblies à long terme. Au contraire, grâce à leur commandement féminin, leur clarté idéologique, leur profond ancrage social et leur détermination, elles ont le potentiel de faire basculer toute nouvelle situation à leur avantage. »
Un combat contre une logique qui érige la barbarie en système.
Le message final d’Ehmed s’adressait explicitement aux femmes du Rojava et d’autres régions du Kurdistan : « Le combat que vous menez aujourd’hui n’est pas seulement une résistance militaire ; c’est l’une des résistances les plus honorables, les plus profondément enracinées et les plus justes de l’histoire de l’humanité. L’histoire n’oubliera jamais votre résistance. Au contraire : lorsqu’elle dressera le portrait des héroïnes de cette époque, elle inscrira les femmes des YPJ en lettres d’or. Les messages de solidarité des mouvements féministes nous ont une fois de plus démontré que la lutte contre la mentalité qui légitime le meurtre des femmes n’est pas seulement le combat des femmes kurdes, mais le combat commun de toutes les femmes du monde. Les attaques actuelles ne visent pas seulement une zone géographique spécifique, mais la liberté des femmes elle-même. C’est pourquoi nous lutterons jusqu’au bout contre cette logique agressive qui érige le meurtre, le pillage, le réactionnisme et la barbarie en système. La résistance des femmes combattant au sein des YPJ a prouvé une chose à toutes les femmes : la liberté se gagne par la lutte organisée, par une volonté prête à payer le prix. » C’est pourquoi la résistance des femmes est invincible. La libération des femmes est la plus grande révolution de notre époque. Et les pionnières de cette révolution aujourd’hui sont les femmes qui résistent au Rojava et dans les quatre régions du Kurdistan. (ANF)
ROJAVA. Kobanê étouffe sous l’embargo qui dure depuis un mois
SYRIE / ROJAVA – La situation sanitaire de la ville kurde de Kobanê est alarmante. L’embargo, qui dure depuis un mois, continue de priver la population d’eau potable, d’électricité, de nourriture et de médicaments, malgré le cessez-le-feu conclu entre les forces kurdes et Damas.
Depuis le 20 janvier, des factions affiliées au gouvernement intérimaire syrien imposent un blocus total à Kobani, ce qui a entraîné une grave détérioration des conditions de vie de plus de 600 000 civils dans la ville et ses environs, faisant craindre une catastrophe humanitaire imminente.
Les routes restent fermées et l’acheminement de denrées alimentaires et de médicaments est interdit. Les hôpitaux fonctionnent au ralenti en raison de pénuries de médicaments, notamment pour les maladies chroniques et les urgences, ainsi que d’une forte diminution des stocks de matériel médical.
Le lait infantile est quasiment introuvable, mettant en danger la vie de centaines de nourrissons souffrant de malnutrition et en l’absence d’alternatives. La poursuite de cette pénurie devrait aggraver les maladies et la malnutrition, notamment chez les enfants et les personnes âgées.
Le blocus a également provoqué une grave pénurie de combustibles de chauffage, aggravant les souffrances des habitants, notamment dans les camps et les abris. Les services d’électricité et d’eau sont également perturbés par le manque de carburant et de pièces détachées, ce qui détériore encore davantage les conditions de vie quotidiennes.
Les habitants réclament avec insistance l’ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l’entrée de nourriture, de médicaments et de carburant, soulignant que le maintien du siège constitue une violation flagrante des droits fondamentaux de la personne. (ANHA)
IRAN. L’accord de coalition entre les partis kurdes d’Iran retardé
IRAN / ROJHILAT – Deux partis politiques kurdes iraniens ont rejeté un projet de loi visant à transformer le Centre de dialogue du front commun existant en une plateforme de coalition formelle pour les forces politiques kurdes d’Iran, retardant ainsi ce que beaucoup considéraient comme une étape importante vers une coordination unifiée de l’opposition kurde.
Les dirigeants de sept grands partis politiques kurdes iraniens, tous membres du Centre de dialogue, se sont réunis le 12 février pour finaliser un projet de plateforme unifiée pour une coalition des forces politiques kurdes. Ce projet n’a pas été approuvé, deux partis membres ayant refusé de le signer. Les partis ont convenu de reporter l’adoption de la plateforme de quelques jours afin de poursuivre les discussions.
L’objectif initial du Centre de dialogue était de jeter les bases d’une coalition stratégique plus concrète entre les principaux acteurs politiques kurdes.
Parmi les participants à la réunion figuraient Mostafa Hijri, secrétaire du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (KDPI) ; Abdollah Mohtadi, secrétaire du Parti révolutionnaire Komala du Kurdistan iranien ; Peyman Viyan, coprésident du Parti de la vie libre du Kurdistan (PJAK) ; Hussein Yazdanpanah, chef du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) ; Reza Ka’bi, secrétaire des Travailleurs Komala du Kurdistan ; Seyed Ebrahim Alizadeh, secrétaire de l’Organisation Komala du Kurdistan du Parti communiste d’Iran (CPI) ; et Baba Sheikh Husseini, secrétaire de l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien.
Le Centre de dialogue a été créé à la suite du soulèvement « Femmes, Vie, Liberté » [Jin, jiyan, azadî] de 2022, à l’issue d’un processus de consultation politique progressif et complexe. Depuis début 2025, il tient des réunions mensuelles régulières, la présidence étant assurée à tour de rôle par les partis membres. L’objectif initial du Centre de dialogue était de jeter les bases d’une coalition stratégique plus concrète entre les principaux acteurs politiques kurdes. Les efforts actuels portent sur l’élaboration d’une plateforme de coalition commune visant à unifier les positions politiques kurdes et à se préparer à d’éventuels scénarios de gouvernance, de transition politique ou de gestion de crise en cas d’évolution majeure de la situation en Iran.
Un projet de plateforme de coalition a été accepté par cinq partis : le KDPI, le PJAK, le PAK, les Travailleurs du Kurdistan de Komala et Khabat. Cependant, le Parti révolutionnaire de Komala et le Parti communiste d’Iran de Komala ont refusé de le signer.
Les principaux représentants des sept partis devraient se réunir à nouveau dans les prochains jours pour finaliser la décision.
Selon une source fiable citée par The Amargi, les objections du Parti révolutionnaire de Komala ne portent pas principalement sur le contenu de l’accord. Le parti souhaiterait mettre en place les sous-comités proposés et définir les modalités pratiques de coopération avant d’annoncer officiellement la coalition. D’autres partis, en revanche, jugent cette approche impraticable, estimant que les mécanismes institutionnels devraient précéder, et non suivre, un accord politique formel. Toujours selon cette source, le parti semble avoir ses propres calculs stratégiques quant au calendrier et à la structure de la coalition.
La position du Parti communiste d’Iran (CPI) de Komala est plus catégorique. Selon la même source, le parti estime que les conditions politiques ne sont pas encore réunies pour une telle coalition et préfère maintenir le dialogue et la concertation plutôt que de former une alliance formelle. Malgré ces divergences, les deux partis restent membres du Centre de dialogue.
Les représentants des sept partis devraient se réunir à nouveau dans les prochains jours afin de finaliser la décision. « L’objectif demeure d’intégrer les sept partis à la coalition en tant que signataires », a indiqué la source. « Toutefois, si aucun consensus n’est trouvé, la question sera de savoir si les cinq partis ayant déjà donné leur accord poursuivront la coalition de leur propre initiative. » Ce scénario devrait être au cœur des discussions lors de la prochaine réunion.
La formation d’une coalition unifiée entre les principaux partis politiques kurdes représenterait un changement majeur dans la structure de l’opposition kurde en Iran. Historiquement, ces partis ont œuvré en parallèle, souvent divisés par des divergences idéologiques, organisationnelles et stratégiques. Une coalition formelle pourrait donc constituer la première tentative sérieuse depuis des décennies de construire un front politique kurde coordonné.
Une plateforme kurde unifiée pourrait servir de catalyseur à une coordination plus large de l’opposition à travers l’Iran.
Les analystes soulignent qu’une telle coalition pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la politique kurde. Compte tenu de la relative cohésion des structures organisationnelles des partis kurdes par rapport aux autres composantes de l’opposition iranienne, une plateforme kurde unifiée pourrait catalyser une coordination plus large de l’opposition à travers l’Iran. Elle pourrait également ouvrir la voie à des alliances transnationales entre les mouvements kurdes de la région, ainsi qu’avec d’autres communautés marginalisées et groupes d’opposition en Iran.
Dans le même temps, les désaccords actuels soulignent les difficultés persistantes liées à la formation de coalitions entre acteurs politiques aux idéologies diverses. Le débat sur le calendrier, l’ordre institutionnel et les conditions politiques révèle des divergences stratégiques plus profondes quant à la manière et au moment opportun de transformer le dialogue en une unité politique formelle. La capacité à surmonter ces divergences déterminera probablement l’évolution future de l’opposition kurde dans les années à venir.
Article a été coécrit par Rojin Mûkrîyan et Kawe Fatehi
A lire en anglais sur le site The Amargi « Iranian Kurdish Parties Delay Landmark Coalition Agreement »
Une députée s’inquiète du silence de l’Europe face au siège de Kobanê
EUROPE – Özlem Demirel, eurodéputée germano-kurde, a exprimé son inquiétude face au silence persistant des institutions européennes concernant le siège de la ville kurde de Kobané, dans le nord de la Syrie, malgré l’adoption d’une nouvelle résolution du Parlement européen sur la Syrie.
Dans une déclaration à Rudaw mardi, Mme Demirel du parti Die Linke a indiqué que le Parlement européen avait récemment adopté une résolution relative à la situation en Syrie et dans la région autonome kurde du nord-est du pays (Rojava). « Malheureusement, depuis début janvier, nous constatons que les Kurdes du Rojava, et notamment à Kobanê, sont toujours assiégés », a-t-elle déclaré.
Ses propos interviennent dans un contexte de crise humanitaire croissante à Kobanê. Le Croissant-Rouge kurde a averti mardi que la ville assiégée pourrait se retrouver à court de médicaments d’ici quelques jours, les réserves de lait infantile étant déjà épuisées. « Les stocks de médicaments seront épuisés d’ici trois jours », a déclaré hier Shadya Ahmed, responsable des équipes mobiles de l’organisation à Kobané, ajoutant que cette pénurie a engendré une « crise majeure ».
Malgré un accord conclu le 29 janvier entre les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, et Damas, visant à mettre fin aux combats et à définir des étapes vers l’intégration, le siège de Kobané est maintenu. Les organisations humanitaires signalent des pénuries de médicaments pour les maladies chroniques et une augmentation des maladies parmi les enfants déplacés réfugiés dans des écoles et des mosquées.
La semaine dernière, le Parlement européen a adopté à une large majorité une résolution appelant à la stabilité dans le nord-est de la Syrie, à la protection des minorités syriennes – notamment à la garantie des droits des Kurdes – et au renforcement de l’effort international pour prévenir la résurgence de l’État islamique (Daech).
Plus de 360 députés ont approuvé la résolution, 71 ont voté contre et 81 se sont abstenus.
Cette résolution a renforcé les conditions de l’aide future de l’Union européenne à la Syrie, après l’engagement pris le mois dernier par l’UE de verser 620 millions d’euros (722 millions de dollars) au nouveau gouvernement syrien pour la reconstruction post-conflit.
Tout en reconnaissant que des divergences existent au sein du Parlement concernant la Syrie, Mme Demirel a souligné que la reconnaissance de la Syrie comme État multiethnique par la résolution constituait un point central et positif.
« Le Parlement européen a adopté une résolution, et j’ai expliqué dans mon discours devant le Parlement que les développements en Syrie suscitent des inquiétudes légitimes », a-t-elle déclaré.
Mme Demirel a qualifié la résolution du Parlement européen d’« étape importante », tout en avertissant qu’elle était insuffisante à elle seule. « Une résolution du Parlement européen ne signifie pas encore que les États membres prendront une position claire », a-t-elle affirmé. « La première étape doit être la levée du siège de Kobané et l’acheminement de l’aide humanitaire. »
« Ce qui ressort de cette résolution – et ce qui est particulièrement important pour nous, à gauche – c’est que la Syrie est un État multiethnique. »
Mme Demirel a critiqué le gouvernement intérimaire syrien pour son incapacité à représenter la diversité ethnique et religieuse du pays, affirmant que, « malheureusement, depuis début janvier, les Kurdes du Rojava, notamment à Kobané, sont toujours assiégés ».
Elle a également critiqué Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, déclarant que lors de sa récente visite en Syrie, celle-ci « a promis des millions de dollars d’aide sans dire un mot sur la situation des Kurdes, des Alaouites et des Druzes ».
Selon Mme Demirel, les institutions européennes et les États membres n’ont jusqu’à présent pas pris de position claire. « Force est de constater que les institutions européennes et les États membres sont restés silencieux jusqu’à présent », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’Union européenne ne doit pas ignorer ce problème pour des raisons géopolitiques. (Rudaw)
La Croix-Rouge enquête sur la disparition de civils kurdes
SYRIE / ROJAVA – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a étendu ses opérations humanitaires au Rojava, tout en poursuivant ses recherches pour élucider le sort des civils kurdes disparus lors des récentes attaques des gangs de Damas.
Dans un entretien accordé à Rudaw lundi, Fareed al-Homaid, porte-parole du CICR en Syrie, a indiqué que la capacité d’intervention de l’organisation dépend d’un accès sûr et sans entrave, ainsi que d’un dialogue permanent avec toutes les parties contrôlant le territoire.
« En tant qu’organisation humanitaire neutre, impartiale et indépendante, la capacité du Comité international de la Croix-Rouge à porter assistance aux personnes touchées par les conflits et autres situations de violence repose sur un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave », a affirmé M. Homaid. « Notre assistance est fournie uniquement en fonction des besoins, sans aucune discrimination. »
La situation humanitaire au Rojava et dans le nord de la Syrie fait suite à une offensive de grande envergure lancée mi-janvier par l’Armée arabe syrienne et ses forces affiliées contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde et force militaire de facto du Rojava. Cette offensive a progressé dans certaines parties des provinces d’Alep, de Deir ez-Zor, de Raqqa et d’Hassaké.
Les FDS et Damas ont par la suite annoncé un accord négocié internationalement pour mettre fin aux hostilités et intégrer les institutions civiles et militaires du Rojava sous l’autorité de l’État. Kobanê, dans le nord de la Syrie, reste soumise à un siège strict depuis environ un mois, alimentant les inquiétudes quant à la détérioration de la situation humanitaire.
À Kobanê,
Homaid a déclaré que ces dernières semaines, le CICR, en étroite coordination avec le Croissant-Rouge arabe syrien, a acheminé une aide médicale d’urgence à Alep, notamment dans les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh.
Les deux quartiers ont été confrontés à de graves difficultés humanitaires après le siège imposé par Damas et ses forces alliées suite à leurs attaques contre les forces kurdes début janvier.
Selon Homaid, des fournitures médicales ont été fournies à l’hôpital Al-Razi, en quantité suffisante pour soigner 50 blessés graves, tandis que des kits de soins de santé primaires ont été distribués aux dispensaires de Sheikh Maqsood et à la direction de la santé d’Alep, couvrant les besoins d’environ 20 000 personnes pendant trois mois.
« Nous avons également fourni cinq trousses de premiers secours et des consommables… en quantité suffisante pour soigner 100 blessés graves », a-t-il déclaré, ajoutant que 300 couvertures ont été distribuées à l’hôpital Al-Razi et à l’hôpital universitaire d’Alep pendant l’hiver.
Outre l’aide sanitaire, le CICR a procédé à la réhabilitation des systèmes d’assainissement de 12 abris collectifs accueillant des familles déplacées et a distribué des produits de nettoyage. L’organisation a également soutenu la station d’épuration d’Al-Khafsa en fournissant 25 tonnes de produits de stérilisation de l’eau.
Dans la ville assiégée de Kobanê, Homaid a déclaré que le CICR avait distribué une aide humanitaire à grande échelle, comprenant 3 000 colis alimentaires, 2 000 portions de riz, 3 000 couvertures, 24 000 bouteilles d’eau potable, des kits d’hygiène et 1 000 lampes solaires aux familles vulnérables. Du matériel médical a également été fourni à l’hôpital de Kobanê pour soigner les blessés de guerre.
Malgré un accord signé le 29 janvier entre les FDS et Damas, prévoyant un cessez-le-feu et définissant les étapes d’une intégration militaire et administrative, Kobané reste assiégée par les forces gouvernementales syriennes. Les habitants réclament la réouverture des routes et l’acheminement d’une aide humanitaire d’urgence.
Concernant les disparitions et les arrestations,
Homaid a indiqué que le CICR était au courant des informations faisant état de plus de 250 personnes disparues à Sheikh Maqsood et Achrafieh, mais qu’il ne pouvait confirmer publiquement ces chiffres « en raison de la confidentialité de nos activités », ajoutant que le CICR prendrait « tous ces signalements très au sérieux ».
Conformément à son mandat issu des Conventions de Genève, le CICR s’efforce de faire la lumière sur le sort des personnes disparues, de rétablir les liens familiaux et de plaider pour un traitement humain des détenus.
« La Croix-Rouge est en dialogue constant avec les forces [syriennes] afin d’obtenir l’accès aux centres de détention et nous exigeons un traitement humanitaire approprié pour les prisonniers », a déclaré Homaid, soulignant que l’organisation n’a pas le pouvoir de libérer les détenus.
Distribution d’aide à Hassaké
Dans la province de Hassaké, le CICR a renforcé ses équipes et étendu ses opérations d’approvisionnement en eau. Homaid a indiqué que l’organisation distribue désormais en moyenne 1 300 mètres cubes d’eau par jour à 176 réservoirs d’eau publics, bénéficiant ainsi à environ 100 000 personnes.
Le CICR a également fourni de l’eau potable aux centres de déplacés, acheminé du matériel médical aux hôpitaux et dispensaires de Qamishli et de Hassaké et distribué de la nourriture et des articles ménagers aux familles déplacées du camp de Newroz.