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LONDRES. Des partisans de Reza Pahlavi attaquent un journaliste kurde

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LONDRES – Dilovan Emadaldin, correspondant de Kurdistan24 au Royaume-Uni, préparait un reportage sur une attaque visant le restaurant kurde Newroz par des nervis de Reza Pahlavi lorsqu’il a été agressé par un groupe d’environ 15 monarchistes iraniens. La police londonienne a lancé une enquête sur cette attaque ciblée.

Dilovan Emadaldin, correspondant de Kurdistan24 au Royaume-Uni, préparait un reportage sur une attaque visant un restaurant kurde lorsqu’il a été agressé par un groupe d’une quinzaine de partisans monarchistes, selon des témoignages et des informations recueillies par la chaîne. Les assaillants auraient mené une attaque coordonnée, blessant grièvement Emadaldin alors qu’il exerçait son métier de journaliste.

Cet incident s’inscrit dans une série d’attaques perpétrées ces dernières semaines contre des citoyens kurdes et des centres commerciaux à Londres. Selon des témoins locaux, des groupes organisés de partisans monarchistes ont ciblé des individus et des entreprises perçus comme s’opposant au mouvement monarchique de Reza Pahlavi à l’étranger.

Selon Kurdistan24, cette attaque illustre une tendance croissante aux agressions à motivation politique perpétrées par les partisans de Reza Pahlavi contre les communautés ethniques et minoritaires. La chaîne d’information a souligné que le journaliste avait été attaqué uniquement dans le cadre de son travail de reportage, mettant ainsi en lumière les risques encourus par les journalistes couvrant des événements politiquement sensibles au sein des communautés de la diaspora.

Les analystes cités dans les documents de référence soulignent que Reza Pahlavi a intensifié ses efforts pour restaurer la monarchie en Iran, dans un contexte de tensions régionales croissantes. Dans cette optique, son approche politique privilégierait la répression de la dissidence au sein des différentes nationalités et minorités, une politique que ses détracteurs qualifient d’exclusionniste et autoritaire. Des observateurs notent que ses partisans à l’étranger, notamment à Londres, ont parfois eu recours à la violence pour s’en prendre à des militants et des journalistes représentant des perspectives et des identités ethniques différentes.

L’agression d’Emadaldin a eu lieu alors qu’il couvrait une attaque contre un restaurant kurde. Des témoins oculaires ont décrit une scène chaotique, le groupe de monarchistes s’en prenant physiquement aux personnes présentes. Des sources de Kurdistan24 ont confirmé que les services d’urgence ont été appelés pour prendre en charge le journaliste blessé, qui a depuis été hospitalisé.

Le porte-parole du réseau a souligné le professionnalisme de Kurdistan24, précisant que l’organisation, dont le siège se trouve à Erbil, est largement reconnue comme une source d’information crédible dans la région du Kurdistan. « Kurdistan24 a toujours fourni une couverture impartiale des événements régionaux et internationaux », indique le communiqué, réaffirmant l’engagement du média envers l’intégrité journalistique malgré les menaces dont sont victimes ses correspondants.

La police londonienne a lancé une enquête 

Les autorités britanniques enquêtent sur l’agression, et les forces de l’ordre locales ont confirmé qu’il s’agissait d’une attaque ciblée contre un journaliste couvrant des événements politiques sensibles. Selon les déclarations de la police, les enquêteurs cherchent à identifier toutes les personnes impliquées et à déterminer si l’incident est lié à une activité organisée plus vaste de partisans monarchistes à Londres.

Cette attaque témoigne des tensions croissantes au sein des groupes d’opposition iraniens opérant à l’étranger. Selon certaines sources, si Reza Pahlavi et ses partisans se présentent comme les défenseurs du système monarchique, leurs actions ont parfois engendré des affrontements avec les communautés kurdes et d’autres minorités, tant en Iran qu’à l’étranger. La multiplication des attaques contre les journalistes couvrant ces affrontements a attiré l’attention des organisations de défense des droits humains, qui insistent sur l’importance de préserver la liberté de la presse et d’assurer la sécurité des journalistes traitant de sujets politiquement sensibles.

Kurdistan24 a confirmé que son correspondant, Emadaldin, continue de recevoir des soins médicaux et un soutien pendant que les autorités enquêtent sur l’attaque. La chaîne a également réitéré ses appels à la mise en place de mesures pour garantir la sécurité des journalistes couvrant des événements politiques impliquant les communautés de la diaspora, soulignant les risques posés par des groupes à motivation politique cherchant à intimider ou à réduire au silence les journalistes.

L’agression contre Dilovan Emadaldin constitue l’un des actes de violence les plus graves perpétrés contre des journalistes à Londres ces derniers mois, illustrant le lien étroit entre militantisme politique, tensions ethniques et sécurité de la presse. Tandis que les autorités poursuivent leur enquête, Kurdistan24 continue de suivre l’évolution de la situation et de fournir des informations vérifiées sur les citoyens et journalistes kurdes dans la capitale britannique.

Cette agression souligne les inquiétudes persistantes concernant les violences à motivation politique visant les journalistes et les communautés minoritaires à l’étranger. La chaîne a confirmé son engagement à assurer une information impartiale malgré les risques accrus pour la sécurité de ses correspondants.

L’Iran est en guerre contre les Kurdes d’Irak

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IRAK / KURDISTAN – Hier soir, les provinces kurdes d’Erbil et de Sulaymaniyah, dans le Kurdistan irakien, ont de nouveau été attaquées par l‘Iran et les milices chiites d’Irak. Les Kurdes sont pris en sandwich entre les États colonialistes turc et perse, avec la complicité des puissances internationales.

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2026, la Région du Kurdistan irakien a été visée par plusieurs attaques de drones, attribuées à des milices chiites pro-iraniennes opérant en Irak (notamment des groupes affiliés à la « Résistance islamique en Irak »). Ces incidents ont touché Slemani (Sulaymaniyah) et Hawler (Erbil), s’inscrivant dans une vague d’escalade régionale liée au conflit plus large impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël. 

À Slemani : un drone frappe la colline de Riaaya

 

Dans la soirée du 9 mars, un drone a visé la fameuse colline de Riaaya (connue localement comme « colline de l’ONU ») au centre de Slemani, où se trouve un ancien bâtiment des Nations Unies (ou un site associé). Des sources locales, dont des journalistes kurdes et des comptes OSINT sur X, ont rapporté que de la fumée s’élevait près de l’hôtel Titanic et du site onusien.

  • Le gouverneur de Slemani, Haval Abubakir, a confirmé l’attaque par drone vers 22h10 environ (heure locale), précisant qu’elle n’a causé aucune victime et n’a pas visé directement des institutions civiles.
  • L’ONU en Irak a rapidement démenti tout dommage ou implication de ses installations : « Aucune de nos bureaux n’a été affecté ou impliqué dans les incidents récents à Sulaimani. »
  • Des médias comme Reuters et The Jerusalem Post ont évoqué un impact sur un bâtiment lié à l’ONU, dans un contexte de tensions accrues depuis des offensives kurdes d’opposition iranienne près de la frontière.

Cet incident semble viser des symboles ou des positions perçues comme pro-occidentales ou liées à des groupes kurdes iraniens opposants au régime de Téhéran.À Hawler (Erbil) : cible près de la base de HarirSimultanément, des drones ont visé les environs de l’aéroport Harir (Harir Air Base), une installation militaire abritant des forces américaines et de la coalition internationale.

  • Des explosions ont été entendues dans la zone de Soran (administration de Soran), près de la base.
  • Des vidéos circulant sur les réseaux (Rudaw, comptes locaux) montrent des systèmes de défense antiaérienne (notamment le C-RAM américain) interceptant et détruisant des drones au-dessus d’Erbil. Un drone abattu a causé une explosion due à ses débris tombant au sol.
  • La « Résistance islamique en Irak » (coalition de milices pro-iraniennes) a revendiqué une frappe « directe » sur la base de Harir le 9 mars.
  • Aucun bilan humain précis n’a été confirmé pour cet incident spécifique de la nuit dernière, mais la région a connu des attaques répétées ces derniers jours/semaines, avec des débris causant parfois des dommages civils ou des blessés.

Ces attaques s’inscrivent dans une série quasi-quotidienne : plus de 175-176 roquettes et drones lancés sur Erbil ces 10 derniers jours selon les autorités kurdes, visant bases US, aéroports, camps Peshmerga, installations pétrolières et même consulats (comme celui des Émirats arabes unis touché récemment).

Ces frappes interviennent dans un contexte d’escalade majeure au Moyen-Orient, marqué par des échanges directs entre l’Iran et les forces US/Israël, des attaques sur des bases américaines et des représailles contre des intérêts iraniens. La population civile subit de plus en plus les retombées : dommages matériels, pertes humaines, peur et perturbations économiques.

COLONIALISME. La Turquie occupe des villages du Kurdistan d’Irak

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IRAK / KURDISTAN – Bien que les attaques et les bombardements de l’armée turque sur la région du Kurdistan aient cessé, la Turquie continue de renforcer ses bases et d’étendre sa présence militaire dans les zones frontalières de la région kurde d’Irak, signale l’ONG Community Peacemaker Teams (CPT).
 
Un an après l’annonce du cessez-le-feu entre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l’État turc, l’armée colonialiste turque a recommencé à installer des points de contrôle dans les villages, empêchant les villageois d’accéder à leurs vergers et à leurs fermes.
 
Le 3 mars, des soldats turcs ont établi un point de contrôle sur les hauts plateaux de Shiva Mezia, situés dans le village de Kashan, dans le district de Batifa, dans l’administration indépendante de Zakho.
 
À ce point de contrôle, des soldats turcs empêchent les villageois d’accéder à leurs terres agricoles et restreignent la circulation des habitants. Ces mesures auraient pour but de faciliter la construction de routes militaires entre les bases de Kukhe Dipshka et de Kukhe Malahi, situées près du village de Kashan, afin de les relier à d’autres postes militaires turcs et au quartier général de l’armée dans la région de Batifa.
 
Bien que les attaques et les bombardements de l’armée turque sur la région du Kurdistan aient cessé, la Turquie continue de renforcer ses bases et d’étendre sa présence militaire dans les zones frontalières de la région du Kurdistan irakien.

ROJAVA. Un ressortissant suédois meurt en détention à Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Alaa Al-Din Adnan Al-Amin, un jeune Kurde de nationalité suédoise âgé de 33 ans, est mort en détention à Qamislo après avoir été arrêté il y a sept mois. La nouvelle de son décès a provoqué une vive indignation au sein de la communauté kurde, déjà éprouvée par les massacres commis par les groupes turco-jihadistes. Sipan Hamo, membre du commandement général des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), a fermement condamné ce « crime odieux » et promis que toute la lumière sera faite sur cette affaire.

Arrestation arbitraire et disparition forcée

Alaa Al-Amin s’était rendu à Al-Qamishli en septembre 2025 pour préparer son mariage et finaliser des démarches de regroupement familial. Le 20 octobre, il est arrêté sans mandat lors d’une perquisition au domicile de son père par les forces de sécurité locales (Asayish). Maintenu au secret pendant des mois, il a été victime d’une disparition forcée, sa famille étant privée de tout contact ou information sur son lieu de détention.

La découverte du corps et les preuves de torture

Après des mois d’incertitude, la famille a été contactée ce dimanche pour récupérer le corps de leur fils à la morgue de l’hôpital national d’Al-Hasakah. Le rapport du médecin légiste est accablant :

  • Le décès remonterait au début du mois de janvier 2026, soit deux mois avant la remise du corps.

  • Des signes de fracture du crâne ont été constatés, suggérant des actes de violence durant sa détention.

Les FDS promettent une enquête approfondie et indépendante

Face à l’indignation provoquée par ce meurtre, Sipan Hamo, membre du commandement général des Forces Démocratiques Syriennes (FDS),  a annoncé :

  • Le lancement d’une enquête approfondie et indépendante.

  • La volonté de traduire les responsables en justice pour qu’ils subissent les peines maximales.

  • L’engagement à prendre des mesures pour éviter que de tels drames, qu’il attribue à des « mains perfides » agissant contre les valeurs de la société, ne se reproduisent.

IRAN. Les frappes israélo-américaines tuent 21 civils kurdes, dont des enfants

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IRAN / ROJHILAT – Le conflit opposant l’Iran à l’axe israélo-américain transforme le Kurdistan en un champ de tir où les civils paient le prix fort.  Des deux côtés des frontières divisant le Kurdistan entre l’Iran et l’Irak, les Kurdes sont devenus les premières victimes d’une guerre qu’ils n’ont ni provoquée, ni demandée.

Selon les informations recueillies par l’organisation de défense des droits humains Hengaw, au moins 21 civils kurdes, dont des enfants et une femme enceinte, ont été tués lors des dernières frappes aériennes. Pris entre les fronts de cette guerre qu’ils n’ont ni provoquée ni demandée, les Kurdes sont les premières victimes des bombardements visant les infrastructures militaires du régime de Téhéran.

Un bilan humain accablant au Rojhelat

Les frappes de la coalition ciblent les garnisons du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les sites de sécurité stratégiquement implantés au cœur des zones résidentielles. Cette imbriquement délibérée des forces iraniennes dans le tissu civil transforme chaque foyer en cible potentielle. L’identité des victimes confirmées par Hengaw illustre la brutalité de ces « dommages collatéraux » :

  • Paveh : Asaad Mohammadi (60 ans), vendeur de fruits, tué lors du bombardement du commissariat.

  • Kamyaran : Mahan Zarei (14 ans), collégien, mort lors de l’attaque d’un poste de police.

  • Ravansar : Hasti Mohammadi (16 ans), tuée par des éclats lors de frappes sur des sites de sécurité.

  • Zones rurales : Shaho Bahrami a perdu la vie dans le village de Dezli suite à des frappes visant une base du CGRI.

Ces noms s’ajoutent aux 10 autres civils précédemment recensés à Divandarreh, Marivan et Bukan.

Le Kurdistan attaqué par l’Iran et ses proxis

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IRAK / KURDISTAN – Alors que les tensions entre l’Iran et Israël s’exportent au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien subit une agression d’une violence inouïe. Depuis le début du mois de mars 2026, Téhéran et les milices chiites irakiennes multiplient les tirs de missiles et de drones contre Erbil et les zones frontalières, transformant le territoire kurde en un champ de bataille.

Une pluie de missiles et un sabotage des communications

Le 1er mars 2026 a marqué le début d’une offensive d’une intensité rare. Plus de 70 missiles et drones ont visé la capitale, Erbil, en seulement trois jours. Au-delà des zones résidentielles, une nouvelle stratégie d’isolement a été mise en place : l’Iran cible désormais les infrastructures vitales. Ce matin même, huit drones ont frappé les tours de télécommunications sur la montagne Zimnako, près de Darbandikhan. Ces attaques systématiques contre les sommets montagneux visent à couper le Kurdistan du reste du monde.

Le silence complice de Bagdad et de la communauté internationale

Le plus tragique reste l’absence totale de réaction concrète. Le gouvernement de Bagdad assiste à la violation systématique de sa souveraineté sans lever le petit doigt, laissant le Kurdistan seul face aux proxis irakiens de l’Iran qui opèrent pourtant sur son propre sol.

De son côté, la communauté internationale se mure dans un silence assourdissant. Entre condamnations de pure forme et passivité diplomatique, aucune mesure n’est prise pour stopper les Gardiens de la Révolution. Les Kurdes sont les victimes oubliées d’un conflit régional global, leur sécurité sacrifiée sur l’autel des intérêts géopolitiques des grandes puissances.

Un peuple sans protection

Cette impunité totale permet à l’Iran d’utiliser le Kurdistan comme un exutoire. Faute de protection internationale et de soutien de l’État irakien, le peuple kurde paie le prix fort pour des tensions coloniales dont il n’est pas l’acteur.

Afrin : Début du rapatriement pour 400 familles déplacées

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SYRIE / ROJAVA – Ce 9 mars marque une étape important pour les Kurdes d’Afrin. Environ 400 familles, réfugiées à Qamishlo et Hassaké, entament leur retour vers les districts de Shiyeh, Jindires et Mobata, dans le canton d’Afrin. Ce premier convoi massif, organisé par le Conseil des personnes déplacées d’Afrin-Shahba, mobilise des dizaines de bus et de camions pour ramener les citoyens sur leurs terres.

Cependant, ce retour s’effectue dans un climat de tension extrême. Bien que les familles aspirent à retrouver leurs foyers, la région d’Afrin reste sous le contrôle de milices affiliées à la Turquie. Ces groupes armés continuent de faire peser une menace constante sur les populations kurdes, entre arrestations arbitraires, massacres et spoliations, rappelant l’injustice persistante subie par les habitants de ce canton occupé.

IRAK. Des milices pro-iraniennes menacent le Kurdistan du Sud

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IRAK / KURDISTAN – La tension monte d’un cran en Irak. Le groupe paramilitaire « Résistance islamique en Irak », inféodé à Téhéran, a ouvertement menacé de frapper le Kurdistan d’Irak. Cette alliance de milices chiites annonce vouloir cibler des sièges de partis politiques kurdes, des bases militaires et des infrastructures économiques stratégiques.

L’ombre de Téhéran

Ces menaces font suite aux accusations portées par les milices contre les autorités kurdes, soupçonnées de soutenir les groupes d’opposition du Kurdistan oriental (Rojhilat). Selon le communiqué des paramilitaires, ces opposants bénéficieraient d’un appui logistique pour mener des opérations en territoire iranien, une allégation fermement rejetée par Erbil.

Une escalade régionale

Ce nouveau palier dans l’agression contre le peuple kurde s’inscrit dans un contexte de guerre régionale impliquant l’Iran et ses relais. Depuis février, Erbil et Souleimaniye subissent déjà des frappes régulières de drones. En visant désormais l’économie et les structures civiles, la « Résistance islamique » cherche à asphyxier une région déjà éprouvée par l’instabilité, illustrant une fois de plus l’injustice systémique dont souffre le Kurdistan face aux puissances régionales.

ISTANBUL. Marche féministe contre le patriarcat et la guerre

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ISTANBUL – Hier soir, des milliers de femmes ont défilé à Istanbul pour la 24e Marche nocturne féministe, organisée par les collectifs turcs et kurdes. Le soir du 8 mars 2026, les rues de Beyoğlu ont vibré au cri de « Jin, Jiyan, Azadî » (femme, vie, liberté), liant la lutte pour les droits des femmes à la résistance contre la guerre et le patriarcat.

Un cri de ralliement transfrontalier

Au rythme des sifflets et des chants, le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » a résonné aux côtés de « Le féminicide est politique ». Le cortège a manifesté une solidarité active avec la révolution des femmes au Rojava, liant le sort des femmes turques à celui de leurs sœurs kurdes et dénonçant l’injustice de la guerre qui ravage la région.

Contre l’instrumentalisation des droits des femmes

Lors du rassemblement à Cihangir, une déclaration trilingue (kurde, turc, arabe) a fermement condamné les politiques géopolitiques actuelles :

  • Refus du « fémonationalisme » : Les militantes ont rejeté la légitimation des interventions militaires, que ce soit en Iran ou par Israël, lorsqu’elles sont menées au nom de la « libération des femmes ».

  • Solidarité régionale : Un hommage a été rendu aux femmes palestiniennes et syriennes subissant les violences de guerre.

« Ce système va changer »

Le manifeste final a ciblé l’impunité des auteurs de violences patriarcales et la remise en question constante des droits fondamentaux (divorce, avortement, pensions). En proclamant « Notre libération réside dans le féminisme », les participantes ont rappelé que seule la solidarité internationale permettra de construire un monde fondé sur l’égalité et la paix. (ANF)

IRAN. Le massacre des femmes en chiffres

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IRAN / ROJHILAT – Lors des manifestations de janvier 2026, au moins 250 femmes ont été tuées à travers le pays, y compris dans les régions kurdes (Rojhilat ou Kurdistan de l’Est). Par ailleurs, en 2025, 55 femmes ont été exécutées, 182 femmes ont été arrêtées et 80 autres ont été condamnées à des peines de prison, de flagellation ou de mort. À ces chiffres s’ajoutent 207 cas de féminicides enregistrés à travers le pays sur la même période.

Rapport Hengaw 2026 : Un bilan tragique pour les femmes en Iran

À l’occasion du 8 mars 2026, l’organisation de défense des droits humains Hengaw a publié un bilan statistique alarmant. Le rapport documente une répression d’État sans précédent et une persistance critique des violences de genre à travers tout l’Iran.

Un début d’année 2026 marqué par le sang

Les manifestations de janvier 2026 ont été violemment réprimées. Hengaw rapporte qu’au moins 250 femmes ont été tuées par balles, dont 25 adolescentes. À ce jour, l’identité de 204 victimes a été formellement vérifiée. Les provinces de Téhéran (61 tuées) et d’Ispahan (29 tuées) sont les plus endeuillées. Parmi les cibles identifiées figurent de nombreuses étudiantes, des enseignantes et du personnel médical.

2025 : Année record pour les exécutions

L’année 2025 a marqué un sombre record avec l’exécution de 55 femmes dans les prisons iraniennes, le chiffre le plus élevé de ces 25 dernières années.

  • Opacité judiciaire : Seules 7 % de ces exécutions ont été annoncées par les médias officiels, et plusieurs ont eu lieu en secret.

  • Minorités ciblées : Les femmes issues des minorités ethniques (Kurdes, Turques, Lors et Gilaks) sont particulièrement représentées parmi les condamnées.

Judiciarisation de l’activisme et féminicides

Le système judiciaire continue d’être utilisé comme un outil de pression politique. En 2025, 80 militantes ont été condamnées à des peines d’emprisonnement (totalisant plus de 354 ans), de flagellation ou à la peine de mort (notamment pour Nasimeh Eslamzehi et Zahra Shahbaztabari). Parallèlement, 182 arrestations arbitraires ont été recensées, touchant majoritairement des femmes baha’ies et kurdes.

Enfin, la violence domestique et sociale reste endémique avec 207 féminicides enregistrés en 2025. Le rapport souligne que 14,5 % de ces meurtres sont liés à des crimes dits « d’honneur », souvent perpétrés par des proches (époux, pères, frères) dans un contexte législatif qui peine à protéger les victimes.

Focus sur le Kurdistan

Au Kurdistan, la répression est double : au moins 24 femmes kurdes ont été tuées lors des manifestations de janvier (dont 3 mineures) et 50 autres ont été arrêtées. En 2025, 30 cas de féminicides ont également été documentés dans les provinces kurdes, témoignant d’une insécurité persistante tant politique que civile.

PARIS. Cortège féministe kurde lors du défilé du 8 mars

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PARIS — À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le mouvement des femmes kurdes a pris une place centrale dans la manifestation parisienne, reliant les revendications sociales hexagonales aux luttes de libération au Moyen-Orient.

Le Rojhilat en tête de cortège

Le défilé a été marqué par la présence massive des femmes originaires du Kurdistan d’Iran (Rojhilat), terre natale de Jina Mahsa Amini. En tête du cortège du Mouvement des femmes kurdes, elles ont défilé derrière une banderole affirmant une position politique claire :

« Rojhelat, le bastion de la révolution Femmes, Vie, Liberté »

 

Ce message fort rappelle que les soulèvements nés au Rojhilat ne sont pas de simples protestations, mais le socle d’une transformation philosophique et sociale mondiale.

Une chorégraphie contre l’obscurantisme

Le défilé a été rythmé par des chants de résistance et une performance artistique majeure. Les femmes kurdes ont réalisé une chorégraphie dénonçant l’obscurantisme djihadiste et les politiques militaires de Damas et de Turquie. Elles portaient des tissus (burqa) couvrant tout leurs corps dont elles s’en débarrassent à la fin et tressent leurs cheveux en criant « Jin, jiyan, Azadî ! »

En guise de conclusion symbolique, les participantes ont tressé leurs cheveux en public. Ce geste visait à honorer la mémoire des femmes kurdes assassinées par des gangs affiliés au régime syrien et à dénoncer l’injustice des massacres perpétrés à Alep, Raqqa et Kobanê depuis le début de l’année 2026.

Solidarité et revendications 

Aux côtés des organisations syndicales (CGT, FSU, Solidaires) et féministes, le cortège kurde, arborant les drapeaux des Unités de défense des femmes (YPJ) et les portraits des militantes assassinées à Paris et celle de Pakhshan Azizi condamnée à mort en Iran.

La mobilisation a dénoncé l’injustice d’un système précarisant les femmes et maintenant un écart salarial de 20 %, tout en alertant sur la menace conjointe de l’extrême droite européenne et des politiques militaristes au Moyen-Orient.

La marche, qui a rassemblé près de 70 000 personnes de Stalingrad à la place de la République, s’est achevée par des chants de résistance, réaffirmant que la lutte des femmes kurdes est indissociable du combat féministe universel.

La députée Danielle Simonnet était également présente aux côtés des femmes kurdes 

ALEP : Une famille kurde exécutée à son domicile

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SYRIE / ROJAVA – Le dimanche 8 mars 2026, une tragédie a frappé le quartier d’Al-Sabil, à Alep. Quatre membres d’une même famille kurde, dont deux enfants, ont été retrouvés assassinés dans leur appartement. Cet acte s’inscrit dans une vague de violences qui cible systématiquement les populations kurdes en Syrie.

Khaldoun Murad, sa femme et leur deux enfants, Elin et Ahmed 

L’alerte a été donnée par des proches de l’avocat Khaldoun Murad, originaire d’Afrîn. Inquiets par son silence prolongé, ils se sont rendus à son domicile situé au quatrième étage d’un immeuble résidentiel. Après avoir forcé l’entrée, ils ont découvert les corps sans vie de l’avocat, de son épouse et de leurs deux enfants.

Bien que les circonstances exactes de l’intrusion restent à éclaircir, la nature de l’exécution ne laisse que peu de doute sur le caractère ciblé de l’attaque.

Un contexte de nettoyage ethnique

Ce quadruple meurtre n’est pas un incident isolé. Il survient deux mois jour pour jour après le déclenchement, le 9 janvier 2026, d’une vaste offensive menée par des groupes armés et des milices soutenues par Damas et la Turquie.

Depuis le début de l’année, les rapports de terrain font état de :

  • Massacres de civils : Plusieurs milliers de Kurdes ont été tués dans les zones de combat ou lors d’exécutions sommaires.

  • Déplacements forcés : Des centaines de milliers de personnes ont dû fuir les régions d’Alep, de Raqqa et la campagne de Kobanê pour échapper aux persécutions.

  • Instabilité chronique : L’insécurité est devenue une réalité quotidienne pour les Kurdes vivant dans les zones sous contrôle des milices djihadistes ou des forces du régime.

L’impunité comme règle

L’assassinat de la famille de Khalil Abdo illustre l’absence totale de protection pour les civils kurdes. En s’attaquant à un avocat, symbole du droit et de la justice, les assaillants envoient un message de terreur à ceux qui tentent de maintenir une existence légale sur leur terre.

Tant que les instances internationales ne reconnaîtront pas l’ampleur de l’injustice et du nettoyage ethnique en cours au Rojava et dans le nord de la Syrie, la population kurde restera prise en étau entre des puissances régionales dont l’objectif commun semble être l’effacement de son identité.