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IRAK. Ouverture de trois fosses communes à Mossoul

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IRAK / KURDISTAN – On annonce le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans la province de Mossoul et qui contiennent notamment les restes des soldats kurdes (Peshmergas), des civils yézidis exécutés par le groupe terroriste État islamique (Daech/ISIS ou EI) en août 2014.

Le gouverneur de Mossoul (Nineveh), Abdulqadir Dakhil, a annoncé le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans les districts d’Hermat et de Misharifa, à Mossoul.

Le gouverneur de Mossoul (Nineveh), Abdulqadir Dakhil, a annoncé le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans les districts d’Hermat et de Misharifa, à Mossoul.

Dans un communiqué de presse, il a précisé que ces charniers contiennent les dépouilles de soldats kurdes (peshmergas), de Kurdes yézidis et d’habitants de Mossoul exécutés par les terroristes du groupe État islamique (Daech/EI) il y a une dizaine d’années, lors de la prise de contrôle de la région par le groupe terroriste.

La présence de victimes issues de différentes origines ethniques et religieuses dans ces fosses communes « témoigne de l’ampleur des crimes contre l’humanité commis par Daech », a souligné le gouverneur. L’administration locale apporte son plein soutien aux équipes d’exhumation, et des tests ADN seront réalisés par la Direction des fosses communes afin d’identifier les restes.

Une cérémonie funéraire et d’inhumation sera organisée à Mossoul pour les dépouilles exhumées.

Contexte : le génocide des Yézidis par Daech (2014)

Cet événement s’inscrit dans le prolongement des atrocités commises par Daech entre 2014 et 2017, et en particulier du génocide perpétré contre la communauté yézidie dans la région de Sinjar (Shengal), reconnu comme tel par l’ONU, plusieurs pays (dont la France, l’Allemagne et le Canada) et de nombreuses organisations internationales.

Le 3 août 2014, après le retrait des forces peshmergas, les combattants de l’État islamique ont lancé une offensive fulgurante contre les Yézidis, une minorité ethnoreligieuse kurdophone considérée comme « infidèle » par les djihadistes. En quelques jours :

  • Plusieurs milliers d’hommes et de femmes âgées ont été massacrés et jetés dans des dizaines de fosses communes (plus de 80 ont été identifiées à ce jour dans la seule région de Sinjar).

  • Plus de 6 400 femmes et enfants ont été enlevés. Les femmes et les fillettes (dès l’âge de 9 ans) ont été réduites en esclavage sexuel systématique, vendues sur des marchés aux esclaves, violées et torturées. Des milliers d’entre elles ont été transférées en Syrie ou en Irak.

  • Les jeunes garçons ont été enrôlés de force, convertis et entraînés comme enfants-soldats.

  • Près de 500 000 Yézidis (la quasi-totalité de la communauté en Irak) ont été déplacés, dont des dizaines de milliers piégés sur le mont Sinjar sans eau ni nourriture, menacés de mort par la soif et les combattants de Daech.

Selon les estimations de l’ONU, environ 5 000 Yézidis ont été tués durant l’été 2014. Plus de 2 800 femmes et enfants restent encore portés disparus à ce jour. Ces crimes — massacres, esclavage sexuel, conversion forcée et destruction de sites culturels et religieux — ont été qualifiés de génocide en raison de l’intention claire d’anéantir la communauté yézidie en tant que telle.

Les fosses communes découvertes à Mossoul, qui mêlent victimes kurdes (peshmergas et yézidies) et arabes de Mossoul, illustrent la barbarie indiscriminée de Daech, qui n’a épargné aucune population refusant sa domination.

La phylogénie des populations kurdes : un aperçu génétique et historique

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KURDISTAN. Le peuple kurde représente l’un des plus importants groupes ethnolinguistiques du Moyen-Orient. Malgré son importance démographique, ses origines génétiques et ses relations phylogénétiques demeurent incomplètement caractérisées. Cette synthèse rassemble les résultats d’études sur les marqueurs génétiques uniparentaux, la fréquence des allèles HLA et les analyses génomiques anciennes afin de reconstituer l’histoire phylogénétique des populations kurdes et leurs relations avec les groupes voisins.

Les données disponibles convergent vers un modèle de continuité génétique profonde, ancrée dans les populations néolithiques et de l’âge du bronze du Croissant fertile septentrional et des monts Zagros. Les Kurdes modernes possèdent environ 75 à 80 % d’ascendance proche-orientale autochtone, avec une composante mineure des steppes occidentales attribuable aux migrations indo-iraniennes de l’âge du fer. Les analyses de marqueurs uniparentaux confirment une descendance des premiers agriculteurs anatoliens et zagrosiens, tandis que les haplogroupes mitochondriaux H et U reflètent des substrats de chasseurs-cueilleurs et d’agriculteurs de l’ancien Proche-Orient. Les études HLA placent les Kurdes au sein d’un groupe génétique méditerranéen-moyen-oriental, avec des affinités plus étroites avec les Iraniens, les Arméniens et les Géorgiens, et suggèrent un lien ancestral possible avec les populations hourrites de l’âge du bronze. Une hétérogénéité génétique intra-kurde significative existe, principalement façonnée par l’isolement géographique et l’endogamie tribale plutôt que par des frontières linguistiques.

Ces résultats réfutent les modèles de remplacement massif de la population par des migrants d’Asie centrale et soutiennent plutôt un modèle de continuité dans lequel l’indo-iranianisation représente une superposition linguistique et culturelle sur une population autochtone préexistante. La stabilité phylogénétique des populations kurdes depuis au moins l’âge du fer a des implications importantes pour la génétique médicale, notamment en ce qui concerne la susceptibilité aux maladies associées au système HLA et les applications pharmacogénomiques.

Publié sur le site du Journal des sciences et technologies du Rojava (Rojava Journal of Science and Technology) sous le titre de « The Phylogeny of Kurdish Populations: A Genetic and Historical Review« 

 

ROJAVA. Des soldats turcs ciblent des civils kurdes près d’Al-Arisha

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SYRIE / ROJAVA – Malgré l’annonce officielle de la réouverture de la route Tal Tamr – Serekaniye, une base militaire turque stationnée près du village d’Al-Arisha a ouvert le feu sur des civils kurdes qui tentaient de regagner leurs maisons.
 
Les victimes se rendaient simplement au village pour vérifier l’état de leurs habitations lorsqu’elles ont été prises pour cible par les soldats turcs. L’attaque a semé la peur et l’anxiété parmi les habitants, qui hésitent désormais à emprunter la route pourtant déclarée rouverte.
 
Cet incident illustre une fois de plus les tensions sécuritaires persistantes dans la région. Les civils kurdes, pris entre les menaces constantes et les restrictions de mouvement, voient leur retour à une vie normale gravement compromis.

KURDISTAN. Les Kurdes pris en étau entre la Turquie et l’Iran

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IRAK / KURDISTAN – Jeudi, malgré un cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran a encore frappé la Région du Kurdistan irakien : deux drones et un missile ont touché des bases kurdes près d’Erbil et de Souleimaniye, portant à 16 le nombre d’attaques depuis la trêve.

Ces frappes interviennent alors qu’une jeune combattante kurde est morte mardi soir des suites d’une précédente attaque, et qu’un combattant a été tué la veille près de Souleimaniye. Depuis le début du conflit, plus de 700 drones et missiles iraniens ont pilonné la région, faisant au moins une douzaine de morts et 90 blessés.

Les Kurdes irakiens se retrouvent tragiquement pris en étau entre la Turquie et l’Iran. Ankara et Téhéran profitent du chaos actuel pour accentuer la pression et affaiblir l’autonomie kurde : la Turquie multiplie les opérations militaires dans le nord, tandis que l’Iran poursuit ses bombardements répétés.

À cela s’ajoute la perte de Kirkouk, ville historiquement kurde, passée sous le contrôle d’un groupe turkmène hostile aux Kurdes et ouvertement pro-Turquie.

Pris entre deux feux, bombardés, marginalisés et privés de territoires stratégiques, les Kurdes voient leur rêve d’autonomie et leur sécurité s’effriter un peu plus chaque jour dans une région déjà ravagée par des années de conflits.

SYRIE. Les gangs de Damas raflent six jeunes Kurdes à Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – Les gangs de Damas ont arrêté six jeunes Kurdes à Raqqa, les accusant de soutenir et de collaborer avec les Forces démocratiques syriennes (FDS). Ces interpellations s’inscrivent dans un contexte plus large où les nouvelles autorités de Damas ont également procédé à des rafles ciblant des jeunes Alaouites et Druzes, souvent accusés d’être des « partisans d’Assad ». Ces pratiques ont servi à justifier des massacres ethniques et religieuses à travers le pays.

Arrestation de six jeunes Kurdes accusés de collaboration avec les FDS

Les six jeunes hommes auraient été appréhendés lors de raids menés dans plusieurs quartiers de Raqqa par les forces de sécurité. Ils ont ensuite été transférés vers des centres de détention. Leur sort reste inconnu à ce jour et aucune accusation formelle n’a été rendue publique.

Des sources locales indiquent que ces arrestations font partie d’une campagne de renforcement des mesures de sécurité dans la ville, sur fond d’inquiétude croissante parmi la population. Les habitants font état de la répétition d’incidents similaires ces derniers temps.

Aucune déclaration officielle n’a été publiée pour clarifier les circonstances exactes de ces arrestations, le nombre précis de détenus ou leurs conditions de détention. Des informations contradictoires continuent de circuler.

Raqqa reste régulièrement le théâtre de tensions sécuritaires et d’arrestations arbitraires, ce qui fragilise davantage une région déjà marquée par des conditions de vie difficiles et de profondes souffrances humanitaires.

Incident lié au retour de déplacés à Afrin

Par ailleurs, hier, les forces de sécurité publique ont arrêté un jeune homme à son retour avec le troisième convoi de personnes déplacées en provenance d’Afrin, dans la campagne d’Alep.

Selon les informations recueillies, l’arrestation a eu lieu dans le village de Qara Kul, dans le district de Bulbul, après une fouille. Le jeune homme a ensuite été conduit dans un centre de détention à Afrin.

Sa famille a tenté de contacter les autorités compétentes pour obtenir sa libération, mais s’est entendu répondre qu’il resterait détenu plusieurs jours, le temps de « poursuivre l’enquête ».

Cet incident soulève de vives inquiétudes quant aux conditions de retour des personnes déplacées dans leurs régions d’origine et aux risques auxquels elles sont exposées une fois revenues.

L’Iran n’est pas anti-impérialiste

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Qualifier l’Iran d’anti-impérialiste sape le mouvement pacifiste et légitime l’hégémonie régionale.

L’actualité internationale est actuellement dominée par la guerre au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique vital pour le transport mondial du pétrole, est devenu l’épicentre du conflit, attirant une attention internationale encore plus forte.

Cette guerre ne sert les intérêts ni des peuples du Moyen-Orient, ni de ceux du reste du monde. Elle oppose les États-Unis, qui cherchent à préserver leur hégémonie mondiale, à l’Iran, un pays qui aspire à devenir une puissance hégémonique régionale. S’opposer à cette guerre constitue la position politique, morale et humaine la plus juste. À juste titre, la grande majorité des populations à travers le monde rejettent ce conflit.

Il est crucial de s’opposer à la politique des États-Unis qui vise à imposer sa domination sur le monde et le Moyen-Orient par la guerre et la coercition, tout en plaidant pour une résolution pacifique du conflit. Les politiques américaines créent les conditions qui légitiment et normalisent les actions des régimes despotiques partout dans le monde. C’est aujourd’hui l’un des aspects les plus dangereux de la stratégie américaine pour l’humanité. Dans ce contexte, s’opposer à la guerre et lutter contre toutes les formes d’oppression est devenu une responsabilité fondamentale.

Présenter l’Iran comme anti-impérialiste sous prétexte qu’il s’oppose aux États-Unis reviendrait à saper et à discréditer la position pacifiste elle-même. La lutte pour la paix est sacrée. On ne peut pas, tout en combattant une puissance hégémonique, légitimer ou normaliser une autre puissance hégémonique régionale qui a massacré des dizaines de milliers de manifestants civils désarmés et qui continue d’ériger quotidiennement des potences pour ses opposants politiques.

Rien qu’en décembre 2025 et janvier 2026, l’Iran aurait tué environ 30 000 manifestants. Ces civils étaient descendus dans la rue pour exiger la fin du régime oppressif, des massacres et des exécutions. Rien n’est plus brutal que le meurtre de masse de populations désarmées. Aucun État ne peut revendiquer de tels actes comme un droit légitime, ni les réduire à de simples « affaires intérieures ». Au XXIe siècle, alors que l’humanité a accompli des progrès considérables grâce à la lutte pour les valeurs universelles, de tels crimes ne sauraient être considérés comme légitimes ou normaux. L’opposition des forces démocratiques du monde entier à la politique iranienne ne doit pas être interprétée comme une ingérence dans ses affaires intérieures.

Le régime iranien ne peut être considéré comme anti-impérialiste. Durant la Guerre froide, les pays qui luttaient contre les États-Unis et leurs alliés étaient souvent qualifiés d’anti-impérialistes. Dans ce contexte bipolaire, la résistance à Washington s’inscrivait dans une lutte plus large contre l’impérialisme, avec le soutien direct ou indirect du bloc socialiste mené par l’Union soviétique. Les interventions militaires américaines étaient alors largement perçues comme des guerres contre les forces socialistes et démocratiques.

Dans le contexte actuel, l’anti-impérialisme n’est possible qu’à travers l’adhésion aux principes démocratiques et anticapitalistes. Un véritable soutien populaire ne peut être obtenu que par la voie démocratique. Aucun pays dépourvu de légitimité démocratique ou incapable de puiser sa force dans son peuple ne peut mener une lutte efficace contre l’impérialisme. Un régime qui impose une répression féroce à sa population, massacre des dizaines de milliers de manifestants civils et exécute des milliers de personnes a perdu tout soutien populaire. On estime que la République islamique d’Iran ne bénéficie plus que d’environ 20 % de soutien au sein de sa population, ce que reflètent les très faibles taux de participation électorale, rarement supérieurs à 50 %.

Considérer comme anti-impérialiste un État qui inflige une oppression aussi sévère à son propre peuple – notamment par la répression systématique des femmes – revient à normaliser et à cautionner cette oppression.

La lutte contre l’impérialisme à l’époque contemporaine ne peut être menée qu’avec le soutien du peuple, et ce soutien ne s’obtient que par la démocratie. Les centres capitalistes comme la Chine et la Russie ne peuvent pas non plus être considérés comme anti-impérialistes. Si le capitalisme est la force motrice de l’impérialisme, alors la Chine, avec son système fondé sur la répression et l’exploitation du travail, est aujourd’hui la première puissance capitaliste mondiale en devenir. D’ici quelques décennies, elle pourrait même atteindre la suprématie technologique. Quant à la Russie, elle incarne un capitalisme de connivence oligarchique. Dans cette perspective, la guerre menée par l’Iran avec le soutien de Moscou et Pékin ne peut être qualifiée d’anti-impérialiste.

Tout en s’opposant fermement aux politiques de guerre des États-Unis et d’Israël, il est essentiel de ne pas attribuer à l’Iran un caractère anti-impérialiste. Mieux encore : tenter de présenter favorablement un régime qui massacre et exécute ceux qui réclament la démocratie reviendrait à se rendre complice d’un crime contre l’humanité.

En Iran, les communautés kurdes et baloutches subissent une oppression considérable. Bien que le régime ne mène pas une politique de négationnisme et de génocide aussi radicale que celle attribuée à la Turquie, il refuse de reconnaître à ces peuples le droit à l’autonomie, à leurs identités, langues et cultures. Sur ce plan, l’approche iranienne de l’État-nation représente même une régression par rapport à certaines de ses propres traditions politiques historiques.

S’opposer aux attaques américaines et israéliennes, tout en résistant à la politique du régime iranien et en plaidant pour un Iran démocratique – qualifié de « troisième voie » des peuples – revêt une importance cruciale. Si les socialistes et les forces démocratiques adoptent cette position, ils démontreront une cohérence réelle avec leurs principes idéologiques et politiques.

Par Hayri Hazargöl pour Yeni Yasam

KURDISTAN. Résister au second déplacement : défendre l’eau et la terre

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TURQUIE / KURDISTAN — Après des années d’exil à Istanbul, Gürsel Taş est revenu dans sa région natale kurde-alévie de Varto (Gimgim) pour y élever du bétail et reconstruire sa vie sur ses terres. Aujourd’hui, il est déterminé à s’opposer au projet de centrale géothermique qui menace son eau, ses pâturages et ses moyens de subsistance.

L’autorisation a été accordée à la société américaine IGNIS H2 Energy Production Joint Stock Company de réaliser des forages dans le cadre d’un projet d’exploration de ressources géothermiques à Varto. Les premières opérations de forage, qui devraient impacter 16 villages kurdes alévis de la région, sont prévues dès le mois de mai.

L’entreprise prévoit d’exploiter 5 560,13 mètres carrés au sein d’une zone de pâturage de 453 494,83 mètres carrés, en puisant directement dans les terres collectives des villageois. Ces derniers rejettent massivement le projet, qui avance malgré une décision qualifiant l’étude d’impact environnemental (EIE) de « non requise », délivrée sans que la population locale ait été informée ni consultée. En réaction, les habitants de Varto descendent dans les rues du Kurdistan, de Turquie et des villes d’Europe pour faire entendre leur opposition.

Les villageois dénoncent un projet qui ne se contente pas de menacer l’environnement, mais qui risque de bouleverser durablement la structure démographique de la région. Déjà fragilisé par les séismes, le chômage et les pressions politiques qui ont provoqué des migrations continues, le district de Varto risque désormais un nouveau dépeuplement forcé.

Gürsel Taş fait partie de ceux qui ont connu toutes les étapes de ce déplacement. Contraint de quitter son village dans les années 1980 pour des raisons politiques, il est revenu plus tard pour vivre de l’agriculture et de l’élevage. Il réside aujourd’hui dans le village d’Içmeler (Regasan), dans le district de Varto.

L’exil m’a volé des années de vie

Gürsel Taş raconte son parcours avec émotion :

« Depuis le coup d’État du 12 septembre jusqu’à aujourd’hui, l’oppression de l’État a toujours pesé sur nous. Après ces jours difficiles, j’étais encore très jeune lorsque j’ai été contraint de partir pour Istanbul. Je suis parti, mais je n’ai jamais oublié ma patrie ni ma terre. Elles étaient toujours dans mes pensées. Chaque jour, j’espérais y retourner. Je ne me sentais jamais chez moi en exil. L’idée d’y vivre le reste de ma vie ne m’a jamais effleuré l’esprit. Après y avoir passé une quinzaine d’années, je suis rentré sur mes terres. Dès mon arrivée, je me suis lancé dans l’élevage, qui est devenu notre principale source de revenus. Pendant des années, j’ai survécu avec le strict minimum. Je disais que tant que je pouvais vivre sur ma terre, je préférais avoir faim. Mais ces terres ne nous ont jamais laissés affamés. Désormais, je ne quitterai plus jamais cet endroit. »

Nous préférerions mourir ici dans la dignité plutôt que d’émigrer vers les villes

Pour Gürsel Taş, ce projet géothermique ne profitera qu’aux entreprises. Il ne fera que poursuivre la politique de déplacement forcé entamée depuis des décennies :

« Ils tentent maintenant de mettre en place un projet géothermique. Comme je l’ai dit, beaucoup d’entre nous ont été contraints à l’exil après le coup d’État du 12 septembre, et l’État cherche maintenant à déplacer ceux qui restent grâce à cette initiative. Nous ne voulons pas que cela se produise. Où irions-nous si nous étions forcés de migrer à nouveau ? Si je dois mourir, je mourrai ici. Plutôt que de migrer et de souffrir en exil, plutôt que de mourir un peu chaque jour, je préfère mourir ici, une fois pour toutes, dans la dignité. Nous n’abandonnerons ni notre terre natale ni notre village. »

Nous protégerons nos terres et nos eaux contre ce projet

Taş met en garde : le projet ne se limitera pas aux 16 villages directement concernés et s’étendra rapidement à toute la région, comme on l’a déjà observé ailleurs.

« On constate déjà, sur les réseaux sociaux et dans les médias, que de tels projets débutent dans une zone restreinte avant de s’étendre à toute la région. Une fois le projet lancé, plus personne ne pourra s’y opposer. Nous devons nous opposer à ce projet avant même qu’il ne commence. S’il est mis en œuvre, nos espaces de vie disparaîtront et tout sera empoisonné. Il contaminera tout ce que nous possédons : nos terres, nos fleurs, nos roses, notre herbe, notre eau et nos animaux. »

La résistance doit se développer

Gürsel Taş appelle les habitants de Varto à rester vigilants et à renforcer leur unité :

« Les habitants de Varto sont très sensibles à cette question, et j’espère que cette prise de conscience perdurera. Nous avons déjà payé un lourd tribut, et désormais, je fais confiance à notre peuple. Notre communauté à l’étranger nous apporte un soutien indéfectible, et elle doit continuer à le faire. Nous souhaitons que ce soutien s’amplifie. Nous avons besoin de tous pour continuer à nous soutenir afin de renforcer encore davantage cette solidarité et cette résistance. »

Face à ce qu’ils perçoivent comme un second déplacement déguisé, les habitants de Varto refusent de céder. Leur combat pour l’eau et la terre est aussi un combat pour rester dignement chez eux, sur la terre de leurs ancêtres. (ANF)

ROJAVA. Un jeune Kurde tué sauvagement par des « tribus arabes » à Sarrin

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SYRIE / ROJAVA – Il y a deux mois, un jeune Kurde a été tué après avoir été attaché à une voiture et traîné sauvagement dans les rues de Sarrin par des membres de tribus arabes.

Ce jeune, un civil, était entré par erreur dans la ville en compagnie de sa famille.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a documenté le meurtre particulièrement brutal de Ehmed Mustafa Ali, un jeune Kurde père de deux enfants, le 18 janvier à Sarrin, dans la campagne de Kobané (Ain al-Arab).

Selon les informations recueillies, l’homme s’était perdu dans la ville lorsqu’il a été attaqué par des hommes armés affiliés à des tribus locales. Il a été violemment battu à coups de bâton, étranglé avec une ceinture, puis traîné dans les rues de manière humiliante. Il a succombé à ses blessures.

Son corps a été remis à sa famille le mardi suivant, dans le cadre d’un échange de prisonniers et de dépouilles entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le Gouvernement intérimaire syrien.

Cet incident illustre l’effondrement sécuritaire, les graves violations des droits humains et l’impunité qui règnent dans certaines zones de la campagne est d’Alep et du nord-est de la Syrie.

Cet acte de barbarie s’inscrit dans un contexte de violences beaucoup plus large. En janvier 2026, lors de l’offensive lancée contre les Kurdes syriens, d’innombrables civils kurdes — dont de nombreuses femmes et enfants — ont été tués avec une extrême brutalité par des forces affiliées au gouvernement de Damas, des milices locales et des groupes soutenus par la Turquie.

SYRIE. Un ancien otage raconte : « Mon seul crime était d’être Kurde »

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SYRIE / ROJAVA – L’ancien otage kurde, Najm Al-Din Ahmad a été libéré le 11 avril après environ trois mois de détention arbitraire. Il a détaillé les conditions de son arrestation, les mauvais traitements infligés et les violations subies par plusieurs détenus en raison de leur identité ethnique ou confessionnelle.

Dans un témoignage recueilli par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR), Najm Al-Din Ahmad, un civil kurde originaire de la campagne orientale de Deir Ezzor, a dénoncé les violations graves dont il a été victime dans un centre de détention géré par la « police militaire » du gouvernement de transition.

Il a souligné avoir été totalement coupé du monde extérieur pendant près de trois mois, sans aucun contact avec sa famille ni information sur son statut juridique. Il a également subi des pressions psychologiques constantes de la part des gardiens, notamment des remarques provocatrices et humiliantes répétées : « Les FDS sont finies. Pour qui vas-tu travailler maintenant ? »

Najm Al-Din Ahmad a été libéré le 11 avril après environ trois mois de détention arbitraire. Il a détaillé les conditions de son arrestation, les mauvais traitements infligés et les violations subies par plusieurs détenus en raison de leur identité ethnique ou confessionnelle.

Son récit :

Arrêté le 17 janvier dans la campagne orientale de Deir Ezzor, il a été transféré dans un centre de la « police militaire » où il est resté détenu sans qu’aucune accusation claire ne soit portée contre lui. Selon son témoignage, les détenus qui demandaient des informations sur leur situation ou leur éventuelle date de libération étaient accueillis par des moqueries, ce qui accentuait leur angoisse.

Il a souligné les répercussions dramatiques de sa détention injuste et illégitime sur sa famille. Il a déclaré :

« Mon seul crime est d’être Kurde. L’identité ne devrait pas être un motif de persécution ou de punition. »

Najm Al-Din Ahmad a insisté sur le caractère légitime des revendications kurdes et rappelé que toute responsabilité doit s’exercer dans un strict cadre légal, et non sur la base de l’appartenance ethnique. Il a également mentionné la présence, dans la même cellule, de détenus arabes et alaouites qui subissaient des injures et des remarques sectaires.

Il a conclu en déclarant :

« Nous avons été arrêtés injustement et à tort. Quel est notre crime si nous sommes nés Kurdes ? »

Il a exigé que les responsables des violations commises à son encontre et à l’encontre des autres détenus soient tenus responsables.

Position de l’Observatoire syrien des droits de l’homme

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) souligne que la détention arbitraire fondée sur l’appartenance ethnique ou sectaire, les traitements humiliants et les pressions psychologiques constituent une violation flagrante du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

L’OSDH demande :

  • La mise en place d’une enquête indépendante sur ces violations ;

  • La libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement ;

  • La garantie de procès équitables pour les accusés ;

  • La fin de la politique d’impunité qui permet de tels agissements.

ROJAVA. Une famille d’Afrin appelle à l’aide pour leur fils emprisonné en Turquie depuis 2019

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SYRIE / ROJAVA – La famille d’un jeune Kurde arrêté et transféré illégalement vers la Turquie où il est emprisonné depuis 2019 appelle à l’aide pour que prenne fin cette détention arbitraire. Depuis l’invasion et l’occupation du canton d’Afrin par la Turquie et ses forces alliées en 2018, des centaines de civils kurdes ont été arrêtés de manière arbitraire, transférés illégalement vers la Turquie et souvent condamnés à de lourdes peines de prison, en violation du droit international humanitaire.

Depuis 2019, Dozyar Ahmed Kurdi, un jeune Kurde originaire d’Afrin, est incarcéré dans les prisons turques sans aucun jugement. Son cas soulève de graves préoccupations quant à son statut juridique. Sa famille renouvelle ses appels pour que la vérité soit établie et que prenne fin cette détention arbitraire.

M. Ahmed Kurdi, père du détenu, a lancé un appel pressant au nouveau gouvernement syrien dirigé par Ahmed al-Sharaa ainsi qu’aux organisations internationales de défense des droits humains. Il les exhorte à intervenir d’urgence pour mettre fin aux souffrances de son fils, détenu sans décision de justice depuis plus de six ans.

Dans son témoignage, le père déclare que son fils est victime d’accusations fabriquées de toutes pièces. Il exige que le cas soit examiné au plus haut niveau diplomatique et par les instances des droits humains, afin d’obtenir soit sa libération, soit une clarification officielle de son statut juridique.

De conducteur de tracteur à détenu : le parcours de Dozyar Ahmed Kurdi

Originaire du village de Maamlo Ushaghi (district de Raju, canton d’Afrin), Dozyar Ahmed Kurdi travaillait comme conducteur de tracteur et effectuait un service obligatoire sous l’Administration autonome lorsqu’il a été arrêté le 9 octobre 2019.

Selon sa famille, il a été appréhendé par les services de renseignement turcs avec douze autres jeunes des villages voisins. Il ne portait aucune arme au moment de son arrestation. Il a d’abord été détenu un mois dans une prison du district de Raju, puis transféré à la prison de Hatay, en Turquie. Après le séisme dévastateur du 6 février 2023, qui a endommagé la prison, il a été déplacé vers la prison de Kavak, dans la province de Samsun (nord de la Turquie), où il se trouve toujours.

L’affaire de l’hélicoptère et l’absence de jugement

La famille indique que le nom de Dozyar a été ajouté à un dossier lié à la destruction d’un hélicoptère turc pendant l’opération « Rameau d’olivier » en 2018. Un groupe de jeunes Kurdes ayant servi sous l’Administration autonome a été accusé dans cette affaire.

Bien que Dozyar ait été initialement cité comme témoin, et que d’autres accusés aient été condamnés à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison, il demeure détenu sans jugement définitif à ce jour. Sa famille dénonce une « arrestation arbitraire et une violation continue du droit ».

Les conditions de détention ont été particulièrement difficiles à Hatay, avant le transfert forcé vers Kavak après le tremblement de terre, entraînant un isolement accru et de grandes difficultés pour communiquer avec les proches.

Un appel au nouveau gouvernement syrien et à la communauté internationale

Dans un message urgent, le père de Dozyar a appelé le gouvernement syrien dirigé par Ahmed al-Sharaa à soulever la question auprès des autorités turques et à œuvrer pour le retour de tous les détenus syriens d’Afrin. Il a également exhorté les organisations internationales de défense des droits humains à intervenir immédiatement pour faire la lumière sur le sort de son fils et mettre fin à cette détention illégale qui se prolonge depuis des années en l’absence de toute décision judiciaire.

Le père a joint à son appel une liste de noms d’autres détenus originaires des villages d’Omar Ushaghi et Ma’malu Ushaghi (district de Raju), actuellement incarcérés à la prison de Kavak.

Contexte plus large

Depuis l’invasion et l’occupation du canton d’Afrin par la Turquie et ses mercenaires alliés en 2018, des centaines de civils kurdes ont été arrêtés de manière arbitraire, transférés illégalement vers la Turquie et souvent condamnés à de lourdes peines de prison, en violation du droit international humanitaire.

5e édition du Festival Culturel Kurde de Paris

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) vous invite à la cinquième édition du Festival culturel kurde de Paris, qui se tiendra du 29 au 31 mai 2026. Cet événement est organisé en collaboration avec la Fondation Danielle Mitterrand, la Mairie de Paris, la Mairie du 10e arrondissement, la Mairie de Montreuil, l’Association de Solidarité France-Kurdistan, l’Institut de Réflexion et d’Études sur le Kurdistan (IREK) et l’association Arts et Culture du Kurdistan (ACK).

5e édition du Festival Culturel Kurde de Paris : trois jours de célébration de la culture kurde du 29 au 31 mai 2026

Paris accueillera, du 29 au 31 mai 2026, la cinquième édition du Festival Culturel Kurde de Paris. Cet événement incontournable met à l’honneur la richesse et la diversité de la culture kurde à travers des concerts, expositions, ateliers, parades, projections de films et spectacles de théâtre. Le festival se déroulera principalement dans le 10e arrondissement de Paris, avec quelques événements à Drancy et Mantes-la-Jolie.

Vendredi 29 mai – Inauguration

18h : Concert de musique instrumentale sous la direction de Ruşan Filiztek

Vernissage de l’exposition « La carapace » – Dessins de Ali Osman Yanak

Lieu : Mairie du 10e arrondissement de Paris

Samedi 30 mai – Une journée riche et variée

10h : Atelier enfants Lieu : CDK-Paris – 16 rue d’Enghien, 75010 Paris

14h : Défilé folklorique Départ : 16 rue d’Enghien, 75010 Paris

15h : Représentation de tenues traditionnelles kurdes Lieu : Mairie Paris 10

19h : Cinéma Projection du film Hêvî, réalisé par Orhan Ince Lieu : Drancy

19h : Théâtre Mirina Jeanne d’Arc’ê – Ya din Şanoya Bajar a Amedê Lieu : Mantes-la-Jolie

Dimanche 31 mai – Concert de clôture

18h : Concert de clôture Avec Işık Berfîn, Murad Demir et Ulaş Kelaşin

Lieu : Théâtre du Gymnase Marie-Bell – 38 boulevard de Bonne Nouvelle, 75010 Paris (Réservation ici)

Portée par les univers de Murad Demir, Işık Berfin et Ulaş Kelaşin, cette soirée mettra en lumière la richesse et la diversité du répertoire kurde. Entre chants traditionnels, compositions contemporaines et influences variées, les artistes proposeront un voyage musical où se croisent héritage ancestral et expressions actuelles, révélant toute la vitalité d’une culture en mouvement.

Un festival ancré dans la vie parisienne

Ce rendez-vous annuel permet à la communauté kurde de Paris et à tous les curieux de découvrir ou redécouvrir la musique, la danse, le cinéma, les arts visuels et les traditions vestimentaires kurdes. Le festival mêle moments festifs (parade folklorique), pédagogiques (atelier enfants) et artistiques de haut niveau. L’édition 2026 met particulièrement en avant la musique traditionnelle et contemporaine avec des artistes reconnus comme Ruşan Filiztek pour l’inauguration et le trio Işık Berfîn, Murad Demir et Ulaş Kelaşin pour la clôture.

Informations pratiques

Dates : Du 29 au 31 mai 2026 Lieux principaux : Mairie du 10e arrondissement, CDK-Paris (rue d’Enghien), Théâtre du Gymnase Marie-Bell Entrée : La plupart des événements sont ouverts à tous (certaines activités peuvent être gratuites ou payantes – renseignements à prendre directement auprès des organisateurs).

SYRIE. Rafles des jeunes Kurdes à al-Shahba

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SYRIE / ROJAVA – Des forces affiliées au gouvernement intérimaire syrien ont mené des raids dans le village kurde d’al-Nayrabiyah, situé dans la région d’al-Shahba, en zone rurale nord d’Alep. Plusieurs arrestations arbitraires ont été signalées.

Selon des sources locales, le mardi 14 avril, un convoi composé de quatre véhicules et d’une vingtaine d’hommes a fait irruption dans le village. Les forces ont perquisitionné plusieurs maisons de familles kurdes sous prétexte d’avoir des liens avec « l’administration autonome ».

Les domiciles perquisitionnés appartiennent notamment aux familles suivantes : Abdel Jalil Aïdan (55 ans) Hakim Shahin Imad Abd al-Jawad Welo (45 ans) Mohamed Nouri Meho (36 ans) Abdel Jawad Abdel Qader Welo (63 ans) Ziyad Ahmed Abdel Qader Welo (40 ans) Khaled Ahmed Abdel Qader Welo (46 ans) Salah Mohamed Abdel Qader (45 ans)

Parmi les personnes arrêtées figurent Shahin Hakim Shahin, 23 ans, et Imad Abd al-Jawad Welo, 45 ans, selon l’Organisation des droits de l’homme d’Afrin-Syrie.