IRAN / ROJHILAT – Après douze jours de manifestations anti-gouvernementales, le mouvement contestataire ne faiblit pas, et ce, malgré la répression sanglante du régime qui a fait plus de 45 morts et des centaines de blessés, en plus de 2 000 personnes arrêtées (Chiffres avancés par l’ONG Iran Human Rights (IHR). Ce soir, on signale la coupure totale de l’Internet à travers l’Iran, y compris dans les régions kurdes où une grève générale a eu lieu aujourd’hui.
Dans de nombreuses villes, les manifestants ont mis le feu à des bâtiments officiels, pourchassé les milices armés du régime islamiste ou manifesté en criant des slogans hostiles aux mollahs iraniens.
Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), au moins 45 manifestants, dont huit enfants de moins de 18 ans, ont été tués et des centaines d’autres blessés au cours des douze premiers jours de la nouvelle vague de manifestations nationales en Iran. Treize des 45 manifestants ont été tués le 7 janvier (hier). Malgré les attaques sanglantes du régime iranien, l’appel à la grève générale lancé par les partis politiques kurdes d’Iran a été massivement suivi aujourd’hui dans les régions kurdes d’Iran.
Les images diffusées par des militants et médias montrent une grève générale très suivie dans les régions kurdes de l’Ouest de l’Iran (Rojhelat), notamment dans les provinces de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental, après un appel conjoint à la grève lancé par des groupes d’opposition kurdes et dans un contexte de manifestations antigouvernementales qui secouent l’Iran depuis fin décembre.
Ce soir, on signale que le régime a coupé l’internet dans tout le pays et que les forces du régime ont ouvert le feu sur les manifestants à, Téhéran, Karaj et des localités kurdes notamment. De l’autre côté du globe, le président américain, Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis allaient « frapper fort » l’Iran, si le régime iranien « commençait à tuer » des manifestants, alors qu’on en dénombre déjà des dizaines (de tués) en 12 jours de protestations...
SYRIE / ROJAVA – Ahmed al-Charaa a disparu des radars. Est-il mort, blessé, pris en otage ? Nul ne le sait. Jusqu’à présent, aucun élément tangible n’a été présenté pour démentir ces hypothèses.
Dès lors, qui coordonne ces attaques ? Il est évident qu’il s’agit de l’État turc et des groupes djihadistes qu’il dirige. L’État turc a mobilisé des combattants djihadistes venus des quatre coins du monde et les a lancés contre les Kurdes, sous les yeux de la communauté internationale. Tous les États savent parfaitement qui sont les agresseurs.
Derrière les attaques menées contre les Kurdes à Alep, la force motrice est clairement la Turquie. Le 31 décembre, le ministère turc de la Défense a publiquement encouragé Damas à attaquer les Kurdes et a annoncé être prêt à apporter son soutien. Le 8 janvier, cette déclaration a été répétée. Des responsables turcs sont même allés jusqu’à inciter des tribus syriennes à une guerre civile contre les Kurdes par des discours ouvertement provocateurs.
Alors, quelle issue possible ? Depuis le début de la crise syrienne, la Turquie se trouve au cœur du problème. Depuis 2015-2016, de vastes régions sont sous occupation de l’État turc, où s’est installé un véritable régime de terreur. Dès lors, une solution durable en Syrie ne pourra être envisagée qu’à partir du moment où la Turquie et les groupes djihadistes qu’elle soutient et dirige auront été neutralisés. (Maxime Azadî)
SYRIE / ROJAVA – L’État turc, qui occupe plusieurs régions de la Syrie, offre renseignements et matériels militaires, drones, jihadistes à al-Charaa (Jolani), déclare qu’il est prêt à épauler les gangs jihadistes qui attaquent les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud, Al-Ashrafiyah et Bani Zaid, à Alep.
La Turquie pourrait apporter un soutien militaire au gouvernement intérimaire syrien si celui-ci en fait la demande, alors que des affrontements se poursuivent entre les forces du régime syrien et les groupes kurdes dans le nord d’Alep, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense nationale.
« La sécurité de la Syrie est notre sécurité. La Turquie suit de près l’évolution de la situation en Syrie », a déclaré le contre-amiral Zeki Aktürk lors de son point de presse hebdomadaire. « Notre pays soutient la lutte contre les organisations terroristes, dans le respect de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie, conformément au principe “un État, une armée”. Dans ce contexte, la Turquie apportera l’aide nécessaire si la Syrie en fait la demande. »
Aktürk a qualifié les forces kurdes d’« organisations terroristes » et a affirmé que les récents combats avaient commencé après ce qu’il a décrit comme des attaques contre les forces de sécurité syriennes menées par ces groupes.
Les combats actuels ont éclaté le 6 janvier, alors que les pourparlers d’intégration entre l’administration de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde et qui contrôlent l’est du pays, étaient dans l’impasse. Les quartiers concernés, restés sous contrôle kurde après la chute du régime baasiste l’année précédente, sont assiégés par les forces du gouvernement intérimaire syrien depuis le 27 décembre.
Déplacements de civils
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé à Londres, au moins dix civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés depuis l’escalade de la violence le 6 janvier. Les forces gouvernementales ont pris pour cible le cheikh Maqsoud à l’artillerie lourde après une escarmouche qui a coûté la vie à un soldat. L’OSDH a également noté qu’un hôpital Osman à Achrafieh avait été visé par un drone kamikaze, provoquant une panique générale.
La Direction des affaires sociales d’Alep a signalé que plus de 45 000 personnes ont été déplacées, dont beaucoup fuient vers la région d’Afrin, plus au nord. Le bureau du gouverneur d’Alep a annoncé la réouverture des couloirs humanitaires pour les civils souhaitant quitter les quartiers touchés. Les autorités locales ont également instauré un couvre-feu à partir de 13h30, heure locale (GMT+3), en prévision d’« opérations intensives » contre les FDS.
Cependant, les FDS ont nié leur présence à Alep dans un communiqué publié hier. « Nous tenons à préciser que les FDS n’ont aucune présence militaire à Alep. Nous nous sommes retirés de la région conformément à un accord clair, et les responsabilités en matière de sécurité ont été transférées aux Forces de sécurité intérieure (Asayish) », indique le communiqué.
Les FDS ont averti que la poursuite des agressions contre les civils entraînerait de « graves conséquences » et pourrait replonger le pays tout entier dans une guerre ouverte.
L’administration de Damas a réagi en déclarant que l’aveu des FDS quant à l’absence de présence militaire confirme que la responsabilité de la sécurité de la ville incombe exclusivement à l’État syrien. Le gouvernement a maintenu que ses actions visent à garantir la « souveraineté et l’intégrité territoriale » et à prévenir les activités armées dans les zones résidentielles.
TURQUIE / KURDISTAN – La police turque a ciblé les manifestations organisées dans de nombreuses villes kurdes en soutien aux populations des quartiers kurdes d’Alep attaqués par les gangs turco-jihadistes qui y commettent des crimes de guerre. De son côté, l’État turc a déclaré être prêt à apporter son soutien militaire aux gangs jihadistes, s’ils n’arrivent pas à mettre à genou la résistance kurde à Alep.
A Cizre, manifestants attaqués, journalistes menacés de mort
Dans le district de Cizrê à Sirnak, la police turque a attaqué une marche organisée contre les attaques cibalnt les quartiers de Şêxmeqsûd et Eşrefiyê, à Alep. Les policiers ont tabassé et arrêté au moins 3 personnes. Des journalistes couvrant la marche ont été agressés et menacés de mort par la police turque.
Manifestation à la frontière de Kobanê
A Diyarbakir (Amed) et dans de nombreuses villes kurdes la population est dans la rue en solidarité avec les Kurdes d’Alep, tandis que dans la ville frontalière d’Urfa (Riha), les manifestants ont atteint la frontière de la ville de Kobanê à Suruç (Pirsûs).
Des milliers de personnes marchant à Pîrsûs, à la frontière de Kobanê, malgré les obstacles policières, contre les attaques sur Alep, ont déclaré : « Nous sommes déterminés à protéger les acquis du Rojava et les droits du peuple syrien. »
Sous l’égide de la Plateforme des institutions démocratiques, des manifestations ont eu lieu dans le district de Pîrsûs (Suruç), à Riha, pour protester contre les attaques du gouvernement intérimaire syrien à Alep. Une foule s’est rassemblée devant le siège du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (Parti DEM) et a tenté de manifester. La police turque, qui bloquait les rues, a déclaré qu’elle ne l’autoriserait pas. En réponse, la foule a forcé le barrage policier en scandant des slogans tels que « Vive la résistance du Rojava ! », « Vive les YPG/YPJ ! ». Après une brève période de tension, la foule s’est dispersée dans les rues adjacentes et s’est regroupée rue Aligör. Des milliers de personnes ont défilé en scandant « Le Rojava est notre patrie ! ».
IRAN / ROJHILAT – L’appel à la grève générale lancé par les partis politiques kurdes d’Iran a été massivement suivi aujourd’hui dans les régions kurdes d’Iran où la vie s’est arrêtée.
Les images diffusées par des militants et médias montrent une grève générale très suivie dans les régions kurdes de l’Ouest de l’Iran (Rojhelat), notamment dans les provinces de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental, après un appel conjoint à la grève lancé par des groupes d’opposition kurdes et dans un contexte de manifestations antigouvernementales qui secouent l’Iran depuis fin décembre.
Les affrontements les plus meurtriers ont éclaté dimanche à Malekshahi, dans la province d’Ilam, où les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants avec des armes lourdes, faisant au moins six morts, selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, basée à Oslo.
Suite à la répression meurtrière à Malekshahi et dans ses hôpitaux, qui a suscité une vive condamnation internationale, les habitants de Rojhelat sont descendus dans la rue en solidarité avec les victimes des violences de dimanche, au cours desquelles les forces de sécurité ont ouvert le feu lors d’une répression massive.
Les forces gouvernementales ont ouvert le feu mercredi sur des civils kurdes avec des armes lourdes à Kermanshah, ainsi que dans la province de Chaharmahal et de Bakhtiari, dans le sud-ouest du pays, une région majoritairement peuplée de Lurs, faisant plusieurs victimes, a rapporté Hengaw.
Les manifestations se poursuivent à travers tout l’Iran, et même les villes les plus conservatrices du pays, Mashhad et Qom, ainsi que le Grand Bazar de Téhéran, participent à des grèves et des manifestations.
Ces régions étaient restées largement à l’écart des plus grandes manifestations du pays.
Selon les données obtenues par The New Region auprès de Hengaw, le bilan à ce jour est d’au moins 37 morts et plus de 1 000 arrestations.
L’Iran a intensifié sa répression contre les manifestants alors que les manifestations continuent de s’étendre, malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles il adopterait une approche plus souple.
Mercredi, la police et le pouvoir judiciaire iraniens ont lancé un nouvel avertissement aux manifestants, menaçant de poursuites judiciaires et qualifiant la majorité d’entre eux d’« émeutiers et de réseaux affiliés aux services d’espionnage », tout en décrivant les troubles récents comme plus importants que les manifestations Jin Jiyan Azadi (Femmes, Vie, Liberté) de 2022 et les manifestations nationales de novembre sanglant de 2019.
Le pouvoir judiciaire iranien avait déjà mis en garde les manifestants et ordonné des poursuites judiciaires contre les personnes accusées de perturber la sécurité publique, les avertissant qu’elles pourraient être poursuivies pour des faits souvent passibles de la peine de mort en vertu du système judiciaire de la République islamique.
Les accusations comprennent « corruption sur Terre » (efsad-e fel-arz), « inimitié contre Dieu » (moharebeh) et « rébellion armée contre l’État » (baghi).
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a qualifié samedi la majorité des manifestants d’« émeutiers », affirmant qu’ils « devaient être remis à leur place », tout en prétendant justifier les difficultés économiques, alors que les affrontements s’intensifiaient et que les slogans visaient de plus en plus l’État et le guide suprême.
La déclaration commune du groupe d’opposition kurde émanait du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (KDPI), de Komala et de ses organisations faîtières, le Parti de la vie libre du Kurdistan (PJAK), le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) et l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien, qui sont pour la plupart basées dans la région du Kurdistan.
Les manifestations nationales en Iran entrent dans leur deuxième semaine. Débutées le 27 décembre au Grand Bazar de Téhéran, elles ont été lancées par des commerçants et des promoteurs qui ont entamé des grèves et des manifestations pour protester contre la chute du rial iranien face au dollar américain. Le mouvement de contestation s’est ensuite étendu à d’autres provinces, les slogans visant de plus en plus l’État.
IRAN / ROJHILAT – Durant les onze premiers jours de manifestations au Kurdistan oriental et en Iran, douze manifestants kurdes ont été tués par les forces du régime iranien et plus de 200 ont été arrêtés, signale l’ONG kurde KHRN.
Le Réseau kurde des droits de l’homme (Kurdistan Human Rights Network, KHRN) a publié un rapport détaillé sur l’identité des manifestants tués et arrêtés par les forces de l’État iranien lors des récents soulèvements au Kurdistan oriental et en Iran. Selon ce rapport, plus de douze manifestants kurdes ont été tués par les forces du régime iranien à Ilam, Kirmaşan (Kermanshah) et au Lorestan pendant les manifestations.
Le même rapport indique que plus de 200 manifestants kurdes ont été arrêtés à Ilam, Kirmaşan, Lorestan, Sine (Sanandaj), Téhéran et dans le nord du Khorasan (Horasan). Par ailleurs, l’organisation de défense des droits humains basée à Paris signale qu’au moins 20 mineurs ont été arrêtés et victimes d’abus sexuels à Ilam, Kirmaşan et au Kurdistan depuis le début des manifestations.
Depuis le 28 décembre 2025, des soulèvements contre l’État iranien se poursuivent au Kurdistan oriental et en Iran, alimentés par des crises économiques, politiques et sociales. Malgré le recours disproportionné à la force et aux armes par l’État iranien contre les manifestants, qui a entraîné des morts, des blessés, des arrestations et des enlèvements, la colère populaire envers le régime iranien semble croître. Ceci explique probablement pourquoi les protestations s’étendent chaque jour à de nouvelles villes et régions. (ANF)
SYRIE / ROJAVA – Alors que les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud, Al-Ashrafiyah et Bani Zaid, à Alep, continuent d’être attaqués et bombardés par les mercenaires du gouvernement de Damas et les gangs sous contrôle de la Turquie pour la deuxième journée consécutive, des responsables politiques du nord-est de la Syrie ont souligné que ce qui se passe à Alep est orchestré pour servir les intérêts étrangers.
Dans ce contexte, Saleh Al-Zoubi, coprésident du Bureau des relations du parti Future Syria, a déclaré : « Les événements de Sheikh Maqsoud et d’Al-Ashrafiyah sont orchestrés. Chaque fois que des réunions ont lieu et que des accords sont conclus entre le nord et l’est de la Syrie et le gouvernement de Damas, des combats sont fabriqués à Alep selon les agendas de parties cherchant à saper les négociations et les accords. »
Il a ajouté : « L’accord du 1er avril s’inscrit dans le cadre de l’accord du 10 mars visant à instaurer un consensus entre l’Administration autonome et Damas. En tant que parti de l’avenir de la Syrie, nous espérons que le dialogue inter-syrien est la meilleure solution pour parvenir à un accord entre les deux parties et que les négociations permettront d’apporter la stabilité à Alep et à la Syrie dans son ensemble. »
Al-Zoubi a fait remarquer que « les victimes d’Alep sont innocentes et que les assaillants sont recrutés par la Turquie. Ils ne se soucient pas de la stabilité de la Syrie ; ils défendent les intérêts de la Turquie et œuvrent à semer la discorde entre le nord-est de la Syrie et Damas. »
Il a affirmé que « parvenir à des accords définitifs entre Syriens est le moyen de garantir la stabilité en Syrie et d’éviter de se soumettre à des parties étrangères qui incitent au conflit dans la région, notamment la Turquie. »
Al-Zoubi a conclu en appelant les Syriens à « adhérer au dialogue syro-syrien, à garder leur calme et à éviter d’être entraînés dans les combats ». (ANHA)
SYRIE / ROJAVA – Des hordes de djihadistes massacrent les civils des quartiers kurdes d’Alep et kidnappent des jeunes des quartiers pour les utiliser comme boucliers humains.
Lors d’attaques contre les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, des forces alliées au gouvernement de transition enlèvent des civils pour les utiliser comme boucliers humains. C’est ce qu’a annoncé le centre de presse de la Sécurité intérieure du Nord et de l’Est syriens (Asayish) dans un communiqué publié mercredi après-midi. Le bilan s’est alourdi, avec sept morts et au moins 55 blessés à ce jour. De nouvelles tentatives d’infiltration ont été repoussées.
Selon un communiqué d’Asayish, les milices « menaient des tirs d’artillerie intenses, encerclaient les zones résidentielles avec des chars et menaçaient de les occuper totalement ». Cette approche systématique, ont-ils affirmé, visait à « harceler et à déplacer de force » les habitants. Elle constituait une « violation flagrante de toutes les lois et normes internationales » et révélait « une mentalité qui utilise la force militaire et la pression psychologique comme moyen de contrôler la population civile ».
Le communiqué poursuit en indiquant que « ces groupes ont encore aggravé leurs crimes en enlevant des jeunes gens arrachés de force à Sheikh Maqsoud et en les forçant à servir de boucliers humains sur les lignes de front ». Les Asayish considèrent ces actions comme « une escalade dangereuse et sans précédent des violations humanitaires » et comme faisant partie d’une pratique systématique de déplacement de la population civile.
Des « bus d’évacuation » utilisés pour des enlèvements
Des familles qui fuyaient leurs quartiers en bus à cause des attaques ont été enlevées par des mercenaires aux abords de la ville. Aux points de contrôle sur la route entre Alep et Afrin, notamment près de Kefircenê et Basûtê, des milices les ont forcées à descendre des bus et les ont kidnappées.
Des témoins oculaires ont également rapporté plus tard dans l’après-midi que les bus envoyés par le gouvernement de transition, censés transporter des familles des deux quartiers, étaient en réalité utilisés pour enlever des jeunes et enregistrer les noms des habitants des deux quartiers afin de les poursuivre en justice à Afrin, ville occupée par les Turcs, en cas de fuite réussie. (ANF)
SYRIE / ROJAVA – Des hordes de djihadistes ont commencé à massacrer les civils des quartiers kurdes d’Alep, provoquant le chaos et la fuite des populations en plein hiver, mais cela n’émeut nullement la communauté internationale.
De nombreuses images diffusées sur les réseaux sociaux, y compris par la chaîne qatari Al-Jazeera, montrent des gangs islamistes arborant des signes de DAECH / ISIS sur leurs uniformes rôder dans les environs des quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, soumis aux attaques de drones et d’artillerie. De nombreuses familles tentent de fuir les deux quartiers mais elles sont attaquées par les gangs jihadistes sous commandement de Damas.
Des civils kidnappés sur la route
Les familles fuillant Alep ont été arrêtées et kidnappées aux points de contrôle mercenaires du gouvernement intérimaire sur la route Alep-Afrin, plus précisément après la mise en place de points de contrôle avant Kafr Janah et Basouta.
Des témoins oculaires ont confirmé que les bus envoyés par le gouvernement intérimaire, censés transporter des familles quittant les deux quartiers, n’étaient en réalité qu’un moyen d’enlever des jeunes hommes, de dresser une liste des habitants de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, puis de les poursuivre dans la ville occupée d’Afrin par l’armée d’occupation turque et ses mercenaires.
Civils fuyant Alep
Nous sommes face à un nouveau génocide kurde cautionné par la communauté internationale, comme on l’a vu hier à Halapja avec Saddam Hussein ou au Kurdistan de Turquie, d’Iran…
De nombreuses organisations kurdes appellent la communauté internationale à agir face aux massacres d’Alep, tandis que des manifestations spontanées en soutien aux Kurdes d’Alep mais aussi ceux du Rojhilat, au Kurdistan d’Iran, descendent dans la rue malgré le froid glacial.
En France, le Conseil démocratique Kurde en France (CDK-F) exhorte la France à intervenir pour faire arrêter la boucherie jihadiste en cours à Alep.
Voici le communiqué du CDK-F :
Depuis plusieurs jours, les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, sont la cible d’attaques militaires intensifiées menées par les forces relevant du gouvernement de Damas. Déjà soumis à un blocus sévère, ces quartiers densément peuplés, majoritairement habités par des civils et des personnes déplacées, subissent désormais des bombardements lourds et indiscriminés.
Selon des informations documentées, au moins neuf civils ont été tués et des dizaines de personnes, dont de nombreux enfants, ont été blessées au cours des dernières attaques. Des armes lourdes, de l’artillerie, des roquettes ainsi que des drones kamikaze ont été utilisés contre des zones civiles, provoquant une situation humanitaire alarmante. L’accès aux soins, à l’eau, à l’électricité et aux biens de première nécessité est gravement compromis.
Le Conseil démocratique kurde en France alerte sur le fait que ces attaques s’inscrivent dans une logique de punition collective et de mise sous pression d’une population civile, au mépris total du droit international humanitaire. Les habitants kurdes de ces quartiers, présents à Alep depuis des générations, sont aujourd’hui exposés à un risque majeur de nouvelle catastrophe humanitaire.
Cette escalade intervient alors même que des discussions politiques sont en cours sur l’avenir de la Syrie et sur les modalités d’une solution durable et inclusive. L’usage de la force contre des civils ne peut en aucun cas constituer une réponse politique. Il ne fera qu’aggraver les tensions et éloigner toute perspective de paix.
Face à cette situation, la France ne peut rester silencieuse. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, puissance diplomatique majeure et acteur engagé dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, la France a une responsabilité politique et morale particulière.
Le CDK-F appelle les autorités françaises à :
– condamner publiquement et sans ambiguïté les attaques visant les civils à Alep ; – agir diplomatiquement pour obtenir l’arrêt immédiat des bombardements et la levée du blocus imposé aux quartiers concernés ; – soutenir l’ouverture de corridors humanitaires afin de permettre l’accès aux secours et aux soins ; – œuvrer activement, dans les enceintes internationales, à une solution politique fondée sur le dialogue, le respect des droits des peuples et la protection des populations civiles.
Le peuple syrien a trop souffert de la guerre. Les civils kurdes d’Alep, comme l’ensemble des composantes du pays, ont droit à la sécurité, à la dignité et à la paix. Le Conseil démocratique kurde en France restera mobilisé et appelle l’ensemble des forces démocratiques, humanitaires et politiques en France à se saisir de cette urgence.
SYRIE / ROJAVA – Après les provocations et les menaces de l’État turc, ainsi que la rencontre entre Damas et Tel-Aviv à Paris, le gouvernement djihadiste de Damas a lancé une offensive contre les quartiers kurdes de la ville d’Alep.
Dans un communiqué écrit publié au nom du « Commandement des opérations militaires de l’Armée arabe syrienne », les autorités ont déclaré que les positions des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafiyah constituaient des « cibles militaires légitimes » pour l’armée syrienne.
Depuis le matin du 6 janvier, les quartiers kurdes d’Alep sont soumis à des bombardements indiscriminés. Au cours des dernières 24 heures, au moins sept civils ont été tués et plus de 50 personnes blessées, selon des sources locales.
Le bilan s’alourdit dans les attaques contre les quartiers kurdes d’Alep
À Alep, le nombre de morts dans les attaques visant les quartiers kurdes est monté à sept depuis mardi 6 janvier au matin, tandis que plus de 50 personnes ont été blessées.
Les quartiers de Cheikh Maqsoud, Achrafiya et Beni Zed continuent d’être la cible de bombardements à l’obus, à la roquette, par drones et par chars.
Sans surprise, la Turquie en arrière-plan des attaques
Selon des informations locales, les attaques menées sans distinction contre des zones densément peuplées seraient principalement le fait de groupes armés affiliés à l’État turc, notamment les factions Hamzat, Amshat, Sultan Murad et Nureddin Zengi.
Depuis le début de la crise syrienne, l’État turc est présenté comme l’un des principaux acteurs de l’impasse politique et militaire du conflit. De vastes territoires du nord de la Syrie, dont Afrin, al-Bab, Azez, Jarablous, Jindires, Rajo, Tall Abyad et Serekaniyé (Ras al-Aïn), demeurent sous occupation turque.
Dans ces zones occupées, des sources locales et des organisations de défense des droits humains font état d’un climat de terreur marqué par des enlèvements, des demandes de rançon, des extorsions, des déplacements forcés de population, des changements démographiques, ainsi que des actes de torture, des détentions arbitraires et des exécutions extrajudiciaires, devenus des pratiques courantes. (Maxime Azadî)
PARIS – À l’occasion du 13e anniversaire de l’assassinat à Paris de trois militantes le 9 janvier 2013, l’organisation faîtière kurde, KCK-E appelle à participer à une marche commémorative le samedi 10 janvier.
Pour commémorer le 13e anniversaire de l’assassinat de trois militants kurdes à Paris, le Congrès des sociétés démocratiques du Kurdistan en Europe (KCDK-E) appelle à participer à une marche commémorative dans la capitale française. Le départ est prévu samedi à 10 heures, depuis la gare du Nord.
Dans un communiqué publié mardi, l’organisation basée à Bruxelles a exigé une enquête approfondie sur l’attentat du 9 janvier 2013, au cours duquel SakineCansız (Sara), Fidan Doğan (Rojbin) et Leyla Şaylemez (Ronahi) ont été abattues par un tueur à gages sur ordre des services de renseignement turcs (MIT) au Centre d’information kurde de Paris. « Les meurtres de Paris ont été planifiés et exécutés de sang-froid. Nous savons que l’État turc en est responsable », indique le communiqué du KCDK-E. Ce dernier souligne également que le président français de l’époque avait indirectement mis en cause la Turquie.
Accusations contre la France et la Turquie
Le KCDK-E a critiqué les gouvernements turc et français. La France n’a pas mené, pendant des années, d’enquête approfondie sur le triple meurtre ni traduit les responsables en justice. Ce manque de diligence a également contribué à la seconde attaque contre des militants kurdes à Paris en 2022, au cours de laquelle Emine Kara (Evîn Goyî), Mehmet Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kızıl ont été abattus.
« Si la première attaque avait fait l’objet d’une enquête approfondie, le terrorisme d’État turc aurait pu être mis au jour et le mouvement démocratique en Turquie aurait été renforcé », a poursuivi l’organisation faîtière. L’attaque de 2013 s’inscrivait dans une longue série d’assassinats à motivation politique pour lesquels l’État turc n’a toujours pas été tenu responsable, a déclaré le KCDK-E. La France, elle aussi, a failli à son devoir d’État de droit.
Signification symbolique pour le mouvement des femmes kurdes
L’assassinat de Sakine Cansız, cofondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), revêt une importance symbolique particulière au sein du mouvement kurde. Le KCDK-E a souligné que faire la lumière sur ce meurtre et celui de ses camarades est une préoccupation centrale du mouvement des femmes kurdes. « Ce combat n’est pas seulement une lutte pour la justice, il fait désormais partie intégrante du mouvement pour la liberté et la survie du Kurdistan. Il est devenu une source d’inspiration pour les luttes des femmes à travers le monde. »
Manifestation le 10 janvier à Paris
Le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté) est devenu un symbole mondial grâce à ce mouvement, a expliqué l’organisation. Ils manifesteront à nouveau cette année, à l’occasion de cet anniversaire, « avec la même détermination », afin d’honorer la mémoire des militants assassinés. Le KCDK-E a appelé tous les Kurdes vivant en Europe et leurs sympathisants à se joindre à la manifestation commémorative à Paris. L’événement, qui se tiendra le 10 janvier à la Gare du Nord à Paris, se veut un symbole de « vérité et justice ». (ANF)
IRAN / ROJHILAT – Depuis plusieurs jours, des manifestations anti-régime secouent l’Iran. Selon l’organisation de défense des droits humains HRANA, au moins 29 personnes, dont plusieurs Kurdes, ont été tuées et plus de 1 200 autres arrêtées.
Les manifestations antigouvernementales se poursuivent en Iran et au Kurdistan oriental. Selon l’agence de presse américaine HRANA (Human Rights Activists News Agency), au moins 29 personnes ont été tuées. Plus de 1 200 personnes auraient été arrêtées, a indiqué le réseau lundi. Deux membres des forces du régime figurent parmi les victimes.
Les manifestations, qui se sont étendues à près de 90 villes et à la quasi-totalité des provinces du pays, sont de plus en plus dirigées contre le régime autoritaire de Téhéran. Selon des informations, des manifestations et des rassemblements ont eu lieu dans au moins 88 villes ces derniers jours. Le pouvoir judiciaire du régime a annoncé qu’il réprimerait les protestations « sans la moindre clémence ». D’après HRANA, les forces spéciales ont fait un usage excessif de la force, notamment dans les zones rurales, pour disperser les rassemblements.
Protestations parties du marché de la téléphonie mobile
Le déclencheur immédiat de la vague de protestations actuelle, il y a plus d’une semaine, a été la dévaluation brutale de la monnaie iranienne. Au départ, des commerçants mécontents se sont rassemblés au marché de la téléphonie mobile de la capitale, Téhéran. Très rapidement, ce rassemblement a pris de l’ampleur, faisant converger difficultés économiques, tensions sociales et mécontentement politique. Des dynamiques similaires ont été observées lors des précédents cycles de protestation dans le pays.
Étudiants dans la résistance
Outre les rassemblements dans les villes et les villages, la résistance prend également de l’ampleur sur les campus universitaires, selon HRANA. Des étudiants d’au moins 17 universités ont rejoint les manifestations. À Birjand, dans le sud-est de l’Iran, des arrestations violentes ont eu lieu sur le campus lundi soir, d’après le journal étudiant Amir-Kabir.
Le Secrétaire général de l’ONU lance un appel au régime
Face à l’escalade de la violence, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les dirigeants iraniens à respecter le droit de manifester pacifiquement. Tout doit être mis en œuvre pour éviter de nouvelles victimes, a déclaré lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric. La liberté d’expression et le droit de réunion doivent également être garantis. « Toute personne doit pouvoir manifester pacifiquement et exprimer ses griefs. » (ANF)