EUROPE – Dans un communiqué écrit, le Mouvement des femmes kurdes en Europe (Tevgera Jinên Kurd a li Ewropayê – TJK-E) dénonce la venue d’Ahmed al-Sharaa (al-Jolani) en Allemagne alors que le régime de Damas s’attaque aux femmes ainsi qu’aux minorités ethniques et religieuses de la Syrie, comme on l’a vu lors des massacres des Alaouites, des Druzes et des Kurdes.
Le communiqué de TJK-E souligne que les attaques du 6 janvier 2026 contre les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et Achrafiyah à Alep constituaient une tentative de nettoyage ethnique visant à briser la volonté du peuple kurde et à détruire les acquis du Rojava. Ces agressions n’ont cessé que sous la pression des manifestations massives organisées dans les quatre parties du Kurdistan, en Europe et dans le monde. Pourtant, la menace persiste et la situation reste extrêmement fragile.
Le communiqué rappelle par ailleurs que le gouvernement intérimaire d’al-Sharaa prétend incarner la « démocratie », mais la réalité contredit radicalement ce discours. Les droits des femmes y sont systématiquement bafoués : elles ne sont pas reconnues comme égales, leur liberté d’association est entravée et leur participation politique limitée. Cette nature patriarcale et oppressive reste inchangée.
L’héritage des femmes kurdes, qui ont combattu en première ligne contre Daech en 2014 et sont devenues un symbole mondial de résistance, est aujourd’hui menacé. L’absence de garantie constitutionnelle pour les forces d’autodéfense féminines (YPJ) et les structures organisées des femmes révèle un choix politique délibéré et inacceptable, assène le communiqué qui ajoute que le modèle mis en place au Rojava n’est pas réservé aux Kurdes : il offre un exemple concret de vie égalitaire, libre et collective ouvert à toutes les communautés – Arabes, Druzes, Turkmènes, Arméniens et autres.
De plus, le communiqué affirme que, fermer les yeux sur les attaques contre les Alaouites et les Arméniens, ainsi que sur le sort des centaines de personnes enlevées le 6 janvier et des journalistes Eva Maria Michelmann et Ahmed Polat (disparus depuis le 18 janvier), équivaut à une complicité directe.
Points importants soulignés par le communiqué du TJK-E
Un gouvernement qui se revendique démocratique ne peut prétendre à la légitimité sans reconnaître l’égalité des femmes et garantir constitutionnellement leurs droits et leurs structures d’autodéfense. Sans cela, le discours sur la « démocratie » n’est qu’une propagande vide.
Normaliser la visite d’al-Sharaa au nom d’intérêts économiques reviendrait à légitimer internationalement une structure antidémocratique et patriarcale. L’Allemagne et le Royaume-Uni ne peuvent renier leurs valeurs sans aggraver la répression dans la région.
Aujourd’hui, le choix est clair : défendre la vérité, la justice et l’égalité, ou se rendre complice, même indirectement, de politiques d’oppression et de négationnisme.
L’égalité des femmes et la garantie constitutionnelle de leurs forces d’autodéfense et de leurs organisations ne sont pas négociables. Elles constituent la pierre de touche de toute démocratie réelle.
Le silence n’est pas une option. Le silence vaut consentement.

