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KURDISTAN. L’Iran a ciblé un hôtel à Erbil

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IRAK / KURDISTAN – Le régime iranien – très probablement par l’intermédiaire de ses forces supplétives en Irak – a lancé une frappe de drone contre l’hôtel Rotana (également connu sous le nom d’Arjaan Rotana) dans la ville kurde d’Hawler (Erbil).

Cette attaque représente un tournant majeur et particulièrement alarmant dans les agressions répétées visant la Région autonome du Kurdistan (KRG). Pour la première fois de manière aussi directe, une infrastructure civile en plein cœur d’Erbil a été visée.

Le prétexte invoqué – la présence supposée de forces américaines ou de personnels liés aux États-Unis – ne peut en aucun cas excuser le ciblage délibéré de sites civils au sein du KRG. Cette frappe ne saurait être justifiée par le conflit en cours entre l’Iran et les États-Unis/Israël.

Au fil des années, la population kurde s’était habituée à des attaques visant principalement :

  • les infrastructures énergétiques (champs pétroliers et gaziers),
  • les bases des forces américaines stationnées dans la région,
  • ou encore certaines factions kurdes.

Ces incidents, bien que condamnables, étaient perçus comme entrant dans une logique de tensions régionales. En revanche, frapper des infrastructures purement civiles constitue une escalade claire et inacceptable : il s’agit d’une agression directe contre le peuple kurde et contre la stabilité de la Région autonome du Kurdistan.

Cette frappe sur un hôtel fréquenté par des civils, des expatriés et potentiellement des visiteurs étrangers marque un franchissement de ligne rouge. Elle expose davantage la population kurde aux conséquences d’un conflit dont elle n’est pas partie prenante, et risque d’aggraver la crise humanitaire et sécuritaire dans la région.

La communauté internationale doit condamner fermement ces attaques indiscriminées et exiger que les civils kurdes cessent d’être pris pour cible dans cette escalade régionale.

ROJAVA. Les familles kurdes exigent la libération des otages

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SYRIE / ROJAVA – Dans le sillage de l’offensive militaire lancée par le gouvernement syrien de transition en janvier 2026 contre les régions autonomes du Rojava (Nord-Est syrien), des milliers de familles kurdes vivent un calvaire silencieux. Depuis les attaques menées par les forces gouvernementales, alliées à l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA) et à des groupes affiliés à Hayat Tahrir al-Sham (HTS), dans les zones de Deir Hafer, Maskana, Raqqa, Tabqa et les quartiers kurdes d’Alep (Cheikh Maqsoud et Achrafieh), des centaines (voire des milliers selon certaines sources) de civils et de combattants kurdes ont disparu.

 

Beaucoup de familles ignorent encore si leurs proches – fils, filles, frères, sœurs – ont été tués lors des combats, exécutés sommairement, ou capturés et transférés dans les prisons contrôlées par Damas, l’ANS ou HTS. Les communications sont coupées, les corps non restitués, et les demandes d’information systématiquement ignorées ou réprimées.

 

En ce début mars 2026, la colère et le désespoir ont poussé des centaines de personnes à descendre dans les rues de Kobanê, Qamishlo, Hesekê (Hassaké) et Amûda. Brandissant des photos de disparus, scandant des slogans pour la dignité et la justice, les manifestants exigent la libération immédiate des prisonniers kurdes détenus dans les geôles d’Alep, Raqqa et ailleurs.

 

Les témoignages recueillis font état de tortures systématiques : humiliations, passages à tabac, privations, interrogatoires violents par les services de renseignement turcs (MIT) et leurs proxies. Des prisonniers kurdes auraient été soumis aux pires formes de mauvais traitements dans les centres de détention de l’ANS et de HTS, en violation flagrante des conventions de Genève.

 

Ces protestations interviennent dans un contexte de silence assourdissant international. Malgré les accords de cessez-le-feu fragiles signés en janvier (puis rompus), aucune enquête indépendante n’a été autorisée sur le sort des disparus. Les Nations Unies, les organisations humanitaires et les puissances occidentales restent largement muettes face à cette crise humanitaire qui touche des milliers de familles.

 

Les principales revendications des manifestants sont claires et urgentes :

 

  • La libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers civils et combattants kurdes détenus arbitrairement ;
  • L’application effective des conventions internationales sur les droits humains et les prisonniers de guerre ;
  • L’ouverture d’enquêtes indépendantes par des commissions internationales (ONU, Croix-Rouge) sur les conditions de détention, les tortures et les exécutions extrajudiciaires ;
  • L’élucidation du sort des disparus et la restitution des corps aux familles pour des funérailles dignes.
Ces familles ne demandent pas la charité, mais la justice. Elles rappellent que le Rojava a payé un prix immense pour vaincre Daech et protéger des millions de civils – y compris arabes, assyriens et turkmènes – contre le terrorisme. Aujourd’hui, ce sont elles qui sont abandonnées.

 

Le silence complice face à ces disparitions forcées et ces tortures risque de transformer la « nouvelle Syrie » en un nouveau cauchemar pour les Kurdes et toutes les minorités. Il est temps que la communauté internationale impose des garanties concrètes : visites sans entrave aux prisons, listes exhaustives des détenus, et sanctions contre les responsables de violations graves.

 

Les voix de Kobanê, Qamishlo, Hassaké et Amûda ne s’éteindront pas tant que leurs proches ne seront pas libérés ou honorés. La lutte pour la vérité et la dignité continue.

Revendiquer l’unification du Kurdistan n’est pas du « séparatisme » !

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COLONIALISME. Les Kurdes qui revendiquent l’unification du Kurdistan ne sont pas des « séparatistes ». Les vrais séparatistes sont les États turc, perse et arabes car ce sont eux qui ont divisé le Kurdistan en quatre avec des frontières coloniales qui ont défiguré le pays des Kurdes. 

Le Kurdistan : une entité historique fragmentée par les empires et les traités modernes

 

Le Kurdistan n’est pas une invention récente. Depuis des siècles, les régions majoritairement kurdes – couvrant des montagnes du Taurus et du Zagros – formaient un espace culturel, linguistique et parfois politique cohérent, connu sous le nom de « Kurdistan » dès l’époque médiévale (notamment sous les Seljoukides et les Ottomans, où le terme désignait une province administrative). Les Kurdes, peuple indo-européen distinct des Turcs, Perses et Arabes, y vivaient en majorité, avec leurs dialectes (kurmanji, sorani, zazakî, etc.), leurs traditions et une identité forgée par des principautés semi-autonomes (comme celles de Botan, Soran ou Baban).

 

La division moderne du Kurdistan s’est opérée en plusieurs étapes :

 

  • Au XVIIe siècle, le traité de Qasr-e Shirin (1639) entre l’Empire ottoman et l’Empire safavide (persan) trace une première ligne de partage approximative, coupant le Kurdistan en deux zones d’influence ottomane et persane.
  • Après la Première Guerre mondiale, l’effondrement de l’Empire ottoman ouvre une fenêtre historique. Le traité de Sèvres (1920) prévoit explicitement un Kurdistan indépendant ou autonome (articles 62-64). Mais Mustafa Kemal Atatürk, à la tête du mouvement national turc, rejette ce traité. Le traité de Lausanne (1923) l’annule purement et simplement : aucune mention du Kurdistan, et les territoires kurdes ottomans sont intégrés à la nouvelle République de Turquie.
  • Parallèlement, les accords secrets Sykes-Picot (1916) entre la France et le Royaume-Uni découpent les territoires arabes ottomans (Syrie, Irak, Liban, Palestine), intégrant les régions kurdes du sud (actuel Kurdistan irakien et syrien) dans des mandats britanniques et français. Ces frontières artificielles, dictées par les intérêts coloniaux (pétrole de Mossoul, contrôle stratégique), ignorent totalement les réalités ethniques.
Ainsi, en quelques années, le Kurdistan historique se retrouve morcelé en quatre parties principales :
  • Kurdistan du Nord (sous l’occupation de la Turquie) : environ 15-20 millions de Kurdes, assimilés de force sous le label « Turcs des montagnes ».
  • Kurdistan du Sud (sous l’occupation d’Irak) : région autonome depuis 1991, avec un gouvernement régional (KRG) et un référendum d’indépendance en 2017 (92 % pour le « oui », mais bloqué internationalement).
  • Kurdistan de l’Est (ou Rojhilat, sous l’occupation iranienne) : réprimé sous la République islamique, avec des soulèvements récurrents (comme après la mort de Jina Mahsa Amini en 2022).
  • Kurdistan de l’Ouest (ou Rojava, sous l’occupation syrienne) : administration autonome depuis 2012, modèle démocratique confédéral, mais menacée par les invasions turques.
Séparatisme ou irrédentisme ? L’inversion du terme

 

Dans le langage de ces quatre États coloniaux, toute revendication kurde d’autonomie ou d’unification est qualifiée de « séparatisme » : le PKK en Turquie, le PJAK en Iran, etc. Pourtant, ce sont ces États même qui ont séparé les Kurdes les uns des autres par ces frontières coloniales défigurant le Kurdistan :

 

  • Les Kurdes ne cherchent pas à se séparer d’une entité homogène qu’ils auraient quittée ; ils demandent la réunification d’un peuple et d’un territoire artificiellement divisé par des puissances extérieures et par les nationalismes étatiques post-ottomans.
  • C’est une forme classique d’irrédentisme (revendication de territoires « non-rédemptés » ou « perdus »), comparable à d’autres cas historiques (comme l’Alsace-Lorraine pour la France après 1871, ou certaines revendications pan-arabes ou pan-iraniennes).
  • Les États turc, persan et arabe (dans leurs versions nationalistes) ont intégré des territoires kurdes majoritaires par la force ou par des traités coloniaux, puis imposé une assimilation culturelle (interdiction de la langue kurde à certaines époques, déportations, etc.). Ils sont donc les « séparatistes » au sens où ils ont séparé une nation préexistante.
Cette perspective est largement partagée dans les milieux kurdes et sur les réseaux. Elle inverse le stigmate : au lieu d’être accusés de vouloir « briser » des États, les Kurdes accusent ces États d’avoir brisé le leur.

 

Conséquences et actualité

 

Aujourd’hui, les Kurdes restent la plus grande nation sans État au monde (environ 35-45 millions de personnes). Leurs luttes varient : autonomie réelle en Irak, confédéralisme démocratique en Syrie, résistance armée en Turquie et Iran. Mais la revendication d’un Kurdistan unifié reste symbolique et lointaine, bloquée par :

 

  • La géopolitique régionale (opposition farouche de la Turquie, l’Iran et souvent l’Irak).
  • Le manque d’unité kurde interne (divisions entre partis comme KDP, PKK, PYD).
  • L’absence de soutien international fort (les puissances occidentales préfèrent des alliés kurdes tactiques contre Daech ou l’Iran, sans reconnaître un État indépendant).
Pourtant, l’argument reste puissant : qualifier les Kurdes de « séparatistes » occulte l’histoire coloniale et impériale qui a tracé ces frontières. Demander l’unification, c’est revendiquer le droit à l’autodétermination d’un peuple fragmenté, non pas détruire des États, mais corriger une injustice héritée du XXe siècle.

 

En somme, ce n’est pas le rêve kurde d’unité qui fragmente le Moyen-Orient : c’est la division imposée il y a un siècle qui continue de générer conflits, répressions et instabilités. Les Kurdes ne séparent pas ; ils tentent de recoller ce qui a été brisé.

Qui sont les Kurdes ? demandent les Américains

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Voici la réponse cinglante de Hawzhin Azeez à la présentatrice de CNN qui s’interrogeait : « Qui sont les Kurdes ? » lors d’une émission ayant pour sujet la guerre Iran vs Israël et Etats-Unis. 
 
« Qui sommes-nous ? Laissez-moi vous le dire, Amérique.
 
Nous sommes les Kurdes que vous avez trahis au Rojava, dans le nord-est de la Syrie, vos partenaires de la coalition anti-Daech. Vous nous avez vendus à la Turquie en 2018, qui a annexé notre ville kurde d’Afrin pour des factions djihadistes alliées. Puis, en 2019, vous avez de nouveau cédé nos villes de Sere Kaniye et Gire Spi à la Turquie pour des « raisons de sécurité », alors même qu’aucune balle n’avait été tirée du Rojava vers la Turquie. Et une fois encore en 2026, vous nous avez livrés à l’ancien régime syrien de Daech et d’Al-Qaïda, dirigé par l’extrémiste al-Jolani. Des milliers d’entre nous ont été massacrés, victimes de nettoyage ethnique, traqués rue par rue. Nos combattantes ont été décapitées, leurs tresses coupées comme trophées de guerre par des djihadistes.
 
Nous sommes les Kurdes que vous avez trahis au Basur (Kurdistan d’Irak), dans le nord de l’Irak, qui avons organisé un référendum populaire en 2017, remporté à 92 % par la décision de nous séparer de l’Irak, un pays qui nous a persécutés et assassinés pendant des années, pour finalement nous refuser notre liberté. Le gouvernement central irakien, encouragé par votre condamnation de notre référendum, nous a attaqués et a pris le contrôle de notre ville kurde de Kirkouk. Nos forces peshmergas ont été écrasées par les chars irakiens. Aujourd’hui encore, les forces irakiennes continuent de chasser les Kurdes de leurs foyers, comme elles le font depuis les années 1960, car la ville est riche en pétrole.
 
Nous sommes ces mêmes Kurdes du nord de l’Irak que vous aviez exhortés à se soulever contre le régime de Saddam en 1991, avant de nous abandonner lorsque nous nous sommes soulevés. Nous avons été massacrés et deux millions d’entre nous ont été déplacés. Vous avez été contraint, par honte, de lancer l’opération « Fournir du réconfort », mais seulement après que des milliers d’entre nous aient déjà été tués suite à votre appel à la révolte.
 
Nous sommes les mêmes Kurdes du Bashur (Kurdistan d’Irak) que vous avez trahis lors des accords d’Alger de 1975. Le soulèvement kurde s’est effondré du jour au lendemain ; des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées. Les forces irakiennes ont lancé de terribles représailles ; ceux qui ont été témoins du sort réservé à nos frères kurdes au Basur et au Rojava refusent désormais d’être vos soldats.
 
Nous savons qui vous êtes, l’Amérique.
 
Mais il n’est pas étonnant, malgré cette longue et douloureuse histoire de trahison, que vous ne sachiez toujours pas qui nous sommes. Les opprimés gardent le souvenir de chaque blessure, mais l’oppresseur oublie les cicatrices qu’il a infligées.
 

#IRANWAR. Le Kurdistan agressé de toute part

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KURDISTAN – Le Kurdistan agressé de toute part incarne une nouvelle tragédie dans une histoire déjà trop longue de promesses trahies et de pressions écrasantes.

 

En ce début mars 2026, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait rage depuis plusieurs jours, la Région autonome du Kurdistan irakien se retrouve une fois de plus au cœur d’un étau mortel. D’un côté, l’Iran – via ses Gardiens de la Révolution et ses proxies – multiplie les frappes de missiles et de drones sur Erbil et ses environs, ciblant explicitement les bases et quartiers généraux de groupes kurdes iraniens exilés (Komala, PDKI, PAK et autres). Téhéran justifie ces attaques en accusant ces mouvements d’être des « séparatistes terroristes » soutenus par les « ennemis américain et sioniste », et en affirmant vouloir empêcher toute incursion transfrontalière. Des dizaines de ces bombardements ont déjà eu lieu depuis fin février, touchant parfois des zones civiles et semant la peur dans une population qui n’a rien demandé.

 

De l’autre côté, les États-Unis – sous la présidence Trump – exercent une pression croissante sur les autorités kurdes irakiennes (KRG) pour qu’elles s’alignent plus activement dans le conflit contre l’Iran. Des appels directs ont été rapportés entre Donald Trump et des leaders comme Masoud Barzani ou Bafel Talabani. Washington et la CIA explorent ouvertement l’idée d’armer et de soutenir des groupes kurdes iraniens basés en Irak pour ouvrir un nouveau front terrestre, étirer les forces iraniennes et peut-être déclencher une révolte interne. Certains rapports évoquent même un possible soutien logistique ou aérien américain à une telle opération.

 

Le résultat ? Les Kurdes d’Irak se retrouvent coincés entre deux feux : les représailles iraniennes qui les bombardent pour les punir d’abriter (ou de tolérer) des opposants iraniens, et les demandes américaines qui les somment de choisir un camp – au risque de perdre leur fragile autonomie, leur stabilité relative et les acquis arrachés depuis 1991. Les autorités kurdes irakiennes, par la voix de Masrour Barzani notamment, ont tenté de proclamer une neutralité, mais dans ce genre de guerre régionale, la neutralité n’existe presque plus.

On empêche les Kurdes d’avoir leur libre arbitre, comme toujours…

Cette situation n’est pas nouvelle. Elle répète un schéma tragique : les Kurdes sont courtisés quand ils peuvent servir d’alliés tactiques contre un ennemi commun (Saddam hier, Daech plus récemment, Téhéran aujourd’hui), puis abandonnés ou punis quand les priorités géopolitiques changent. Leur aspiration à l’autodétermination – ou même simplement à la sécurité – est systématiquement instrumentalisée, jamais réellement respectée.

Aujourd’hui, le Kurdistan irakien paie le prix de sa position géographique stratégique, de ses ressources pétrolières et de son rôle de refuge pour les opposants kurdes iraniens. Mais au fond, ce sont les civils kurdes – à Erbil, Sulaymaniyah ou ailleurs – qui subissent les conséquences : sirènes, explosions, infrastructures touchées, avenir incertain.

Le hashtag #IranWar résume une escalade où les grandes puissances jouent aux échecs avec des peuples entiers. Pour les Kurdes, c’est une énième démonstration que leur sort dépend rarement d’eux-mêmes, mais presque toujours des calculs et des rivalités des autres.

 

Espérons que cette fois, la voix kurde – trop souvent réduite au rôle de pion – parviendra à s’imposer comme sujet et non comme simple objet de la géopolitique régionale.

 

#IranWar. Plus de 125 cibles frappés au Rojhilat

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IRAN / ROJHILAT – Depuis le début de la guerre entre l’Iran et l’alliance israélo-américaine, ces dernier ont frappé plus de 125 cibles au Kurdistan oriental (Rojhelat) régions kurdes d’Iran.

En cinq jours de guerre  entre l’Iran et une alliance israélo-américaine, le Kurdistan oriental (Rojhelat) a été l’une des régions les plus touchées par les attaques israéliennes. Selon les informations publiées par Rojhelat Info, plus de 125 sites y ont été visés à ce jour.
 
Ces attaques ont eu lieu dans quatre provinces : Ilam, Kermanshah (Kirmaşan), Sanadaj (Sînê) et Azerbaïdjan occidental (Urmia). La liste des lieux et centres ciblés est présentée ci-dessous, par province.
 
 
Cibles et lieux touchés lors des 5 premiers jours de la guerre israélo-américaine et iranienne au Rojhelat, classés par province :

 
  • Kermanshah : 35
  • Kurdistan : 30
  • Azerbaïdjan occidental : 35
  • Ilam : 25

Principaux types de cibles

  • bases militaires
  • bases frontalières et points de contrôle
  • Infrastructure logistique
  • Centres de sécurité et de police
  • Systèmes radar
  • Postes de police et de sécurité

SYRIE. Attaque armée contre des travailleurs humanitaires près de Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – Hier, dans la campagne de Raqqa, des hommes armés ont attaqué quatre employés kurdes de l’organisation humanitaire Blumont et ont volé leurs argents et effets personnels.

Hier, des hommes armés ont braqué quatre employés kurdes de l’organisation humanitaire internationale Blumont, leur volant leurs salaires et leurs effets personnels.

Les quatre employés sont tous des Kurdes originaires de la région de Kobanê, et travaillent dans le camp de Til El Semin, dans la zone rurale de Raqqa.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a indiqué que les hommes armés ayant perpétré l’attaque circulaient à bord d’un véhicule aux vitres teintées, immatriculé Til Abyad (Girê Spî). Sous prétexte de demander leur chemin pour Ayn Issa, ils ont interpellé les 4 travailleurs humanitaires, les ont arrêtés à l’entrée du village de Hisha et les ont emmenés dans un tunnel voisin.

L’OSDH a ​​indiqué que les hommes armés ont menacé et battu les employés sur place, volant des ordinateurs portables, des téléphones, des tablettes et leurs argent d’environ 5 000 dollars.

Les employés ont déclaré que, malgré leurs plaintes auprès des responsables de la sécurité, ils n’avaient pas pu s’enregistrer car la fermeture officielle était terminée. De ce fait, ils ont critiqué l’absence de mesures de sécurité pour protéger les employés internationaux et garantir le versement de leurs salaires en toute sécurité. (ANHA) 

ROJAVA. Bloqués par les gangs de la Turquie et les menaces sécuritaires : les Kurdes d’Afrin ne peuvent retourner chez eux

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SYRIE / ROJAVA – Bien que le retour des personnes déplacées dans leurs foyers soit l’une des dispositions les plus importantes de l’Accord du 29 janvier, et malgré la volonté des Kurdes chassés d’Afrin de rentrer chez eux, ce processus n’a pas encore débuté. Selon certaines sources, l’activité persistante des mercenaires de l’EI et les dangers que représentent les routes expliquent ce retard. Une autre raison tient à la présence continue de familles de gangs sous commandement de la Turquie dans les maisons des Kurdes, ce qui empêche leur retour.
 
Depuis l’occupation d’Afrin et de Serekanîye par la Turquie et ses mercenaires en 2018-2019, ainsi que les attaques menées entre janvier et février derniers contre Shahba, Sheikh Maqsoud et Ashrafiyeh, dans la région d’Alep, plus de 450 000 civils kurdes ont été contraintes de fuir leurs foyers et de se réfugier à Kobanê et Jazira. Ils vivent actuellement dans des abris, des camps, des écoles et des mosquées, dans des conditions difficiles, dans l’espoir de pouvoir rentrer chez eux en toute sécurité.
 
Le 29 janvier, les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le Gouvernement intérimaire syrien ont conclu un accord dont l’une des dispositions clés garantissait le retour en toute sécurité des personnes déplacées dans leurs foyers. Conformément à cet accord, des mesures d’intégration ont été prises, mais les retours n’ont pas encore eu lieu.
 
Le 16 février, l’Association sociale d’Afrin et le Conseil des personnes déplacées d’Afrin et de Shahba, en collaboration avec le Bureau de représentation de la société civile en Europe, ont publié une déclaration concernant le retour volontaire des personnes déplacées. Dans un premier temps, environ 400 à 500 familles retourneront dans les quartiers de Janders, Mobata et Shia, à Afrin.
 
En conséquence, les organisations concernées ont entamé les préparatifs du retour, tenu des réunions avec les Nations Unies et soumis un rapport sur les aspects logistiques d’un retour en toute sécurité ; toutefois, les Nations Unies n’ont pas encore répondu.
 
Le Conseil des personnes déplacées d’Afrin et de Shahba a dressé une liste des familles souhaitant rentrer chez elles, mais aucune mesure concrète n’a été prise jusqu’à présent et les familles attendent toujours des informations plus précises.
 
Des sources privées ont évoqué plusieurs raisons pour expliquer le retard du retour : premièrement, les attaques du 6 janvier contre le nord et l’est de la Syrie et le Rojava ont entraîné la fuite de plusieurs familles et mercenaires de l’EI qui étaient détenus dans des centres de détention et des camps du nord et de l’est de la Syrie, en plus de la réorganisation ouverte des mercenaires dans les régions de Deir ez-Zor et de Raqqa, menaçant la sécurité des habitants et leur retour.
 
Deuxièmement, les familles de mercenaires liés à l’occupation turque refusent de quitter Afrin et les maisons des habitants d’origine. Selon des informations recueillies par l’agence ANHA auprès de résidents d’Afrin, plusieurs familles de Sheikh Maqsoud se sont dirigées vers Afrin, mais n’ont pu regagner leurs foyers, leurs propriétés ayant été confisquées par les groupes de mercenaires. Poussées par l’appât du gain, ces familles refusent de quitter Janders.
 
Les habitants d’Afrin qui sont en contact avec leurs proches sur place ont indiqué vivre dans une peur et une angoisse constantes. Si les mercenaires découvraient qu’une famille possédait de l’argent, ils le pillaient. Même pendant la saison des récoltes, ils imposaient des taxes exorbitantes aux familles.
 
Jusqu’à présent, aucune information n’a été fournie concernant le retour des personnes déplacées des zones de Serê Kaniyê, Girê Spî, Cheikh Maqsoud et Shahba. (ANHA)

Govend comme expression de la mémoire collective kurde

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ALLEMAGNE – La danse traditionnelle kurde, govend était à l’honneur lors des Journées culturelles des femmes kurdes à Berlin. L’événement a mis en lumière la diversité du folklore kurde et présenté les pratiques culturelles du point de vue des femmes.

À Berlin, les Journées de la culture des femmes kurdes se sont poursuivies cette année  avec un événement célébrant la Govend. Mercredi soir, quatrième jour du festival, la danse était à l’honneur comme expression de la mémoire collective et de la continuité culturelle du point de vue des femmes.

L’événement a suscité un vif intérêt et a simultanément mis en lumière le rôle des femmes dans la production culturelle ainsi que la diversité du folklore kurde. Lors des présentations et des discussions, la Govend a été décrit comme bien plus qu’une simple danse : chaque pas symbolise un retour aux sources, tandis que l’entrelacement des mains exprime la volonté commune de construire un avenir collectif. La Govend constitue ainsi une pratique culturelle importante pour la préservation de l’identité kurde et le renforcement de la solidarité sociale.

Le programme présentait des danses kurdes de diverses régions du Kurdistan. Des danses de Qoçgirî, Agirî (turc : Ağrı), Riha (Urfa), Hesekê, de la région du Welat Şêx et du Kurdistan oriental ont été présentées. Chaque région apportait ses propres rythmes, styles de mouvements et costumes traditionnels.

Les danses Qoçgirî se distinguaient par leur dynamisme à la fois puissant et majestueux, tandis que les danses Agirî se caractérisaient par des figures rythmiques et expressives. Le Riha impressionnait par l’élégance et la fluidité de ses mouvements, tandis que la Govend de Hesekê mêlait des pas rapides à des influences culturelles diverses. Les éléments symboliques et rituels étaient au cœur des danses de Welat Şêx, tandis que celles du Kurdistan oriental se démarquaient par leur diversité rythmique et leurs figures esthétiques singulières.

Espace de réseautage dans la diaspora

Les Journées culturelles des femmes kurdes se considèrent comme une plateforme de visibilité culturelle, d’éducation politique et de réseautage de solidarité au sein de la diaspora kurde. La série d’événements est soutenue par plusieurs organisations, dont le Conseil des femmes Dest Dan e.V., Hunera Mizgîn, Jinên Koma Feraşîn û Delîl Çiyager, Jinên Ciwan Berlin, KJAR et le Bureau des femmes kurdes pour la paix – Cênî e.V. Le vendredi 6 mars aura lieu une soirée de chants classiques kurdes, « Dengbêj û Siyaçemane Hewreman ». La série se termine le 7 mars avec une soirée cinéma mettant en vedette les œuvres de Hêvî Nîmat Gatar et Bêrîvan Saruhan. Ce programme marque la fin de la série avant que les organisateurs ne tournent leur attention vers la Journée internationale des droits des femme, le 8 mars. (ANF) 

Syrie : comment le régime de Damas fait passer les Kurdes de victimes à tortionnaires

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PARIS – Dans une tribune publiée le 4 mars 2026 dans Le Point, Patrice Franceschi, écrivain et engagé de longue date aux côtés des Kurdes de Syrie, dénonce la campagne de propagande orchestrée par le régime islamiste d’Ahmed al-Charra à Damas. Après la victoire militaire contre les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde en janvier 2026, le pouvoir syrien cherche désormais à inverser les rôles : transformer les Kurdes, héros de la lutte contre Daech, en bourreaux supposés de leurs anciens prisonniers djihadistes. S’appuyant sur plus de dix ans de présence sur le terrain, l’auteur démonte méthodiquement ces accusations et rétablit les faits face à une guerre informationnelle visant à détruire définitivement l’image morale des Kurdes auprès de l’Occident. Nous le partageons avec vous.

Kurdistan syrien : comment Damas tente de transformer les victimes en bourreaux

 

Depuis la fin de son offensive victorieuse contre les (FDS ) Forces Démocratiques Syriennes à dominantes kurdes en janvier, le régime islamiste d’Ahmed al-Charra au pouvoir à Damas depuis quatorze mois orchestre une vaste campagne de dénigrement des Kurdes afin de mettre à mal ce qu’ils ont de plus précieux vis-à-vis des Occidentaux qui les soutenaient jusqu’ici : leur image de probité. L’angle d’attaque est clair : faire passer les Kurdes du statut de victime à celui de bourreau. La méthode est simple : présenter à la presse d’anciens prisonniers jihadistes accusant leurs gardiens de s’être comportés comme des tortionnaires dans les camps et prisons où ils étaient détenus. Il faut rappeler que ces prisonniers étaient des dizaines de milliers en comptant les membres de leurs familles capturés au cours de la guerre contre Daech.

Ces faits ne sont pas présentés comme des « bavures », toujours possibles en temps de guerre, mais comme un système en soi.

Al-Charaa, ancien dirigeant d’Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, cherche manifestement à compléter son récent succès militaire contre les Kurdes par cette guerre informationnelle et cognitive – comme on appelle aujourd’hui la désinformation – destinée à rendre impossible à l’avenir toute défense des Kurdes d’un point de vue moral. Salir leur image est le dernier clou dans leur cercueil. C’est chose aisée pour les islamistes, même sans apporter de preuves concrètes. Ils disposent de moyens étatiques puissants, démultipliés par l’aide apportées par leurs alliés Turcs et Qataris. Les Kurdes ne possèdent aucun moyen de contre-propagande.

Il faut rétablir les faits. Entre 2013 et 2024, au cours de mon engagement auprès des Kurdes de Syrie, j’ai eu maintes occasions de vérifier que les allégations actuelles du pouvoir syrien sont fausses de bout en bout. Pendant plus de dix ans, j’ai assisté à la capture de nombreux prisonniers jihadistes lors des combats, notamment pendant la bataille de Raqqa en 2017, alors capitale de l’État Islamique. J’ai très bien connu les deux grands camps de prisonniers que les FDS administraient à Al Hol et Roj, ainsi que les prisons situées dans les régions de Rimelan et Deyrik. Je me suis également entretenu de multiples fois avec des jihadistes prisonniers, français et étrangers, hommes et femmes, année après année.

Rappelons ici un premier fait trop oublié des observateurs du conflit pendant la période allant jusqu’à 2024 : il n’y avait pas de combattants kurdes dans les geôles islamistes, il y a eu des dizaines de milliers de prisonniers jihadistes dans les camps kurdes. Les jihadistes ne faisaient pas de prisonniers, les Kurdes ne tiraient jamais sur un homme qui se rendait – j’en ai été sans cesse le témoin impartial. Moyennant quoi, les Kurdes se sont retrouvés avec un nombre considérable de prisonniers à gérer, sans en avoir les moyens matériels.

Second fait : les allégations actuelles du régime contre les supposées tortures des Kurdes envers leurs prisonniers arabes sont toutes produites par des personnes qui n’apportent aucune preuve matérielle et concrète. En revanche, rien qu’entre les 6 et 20 janvier de cette année, des dizaines de vidéos et photos ont pu être documentées sur les atrocités commises par les troupes de Damas. Celle qui m’a le plus soulevée le cœur est la torture et la mort par crevaison des yeux de l’oncle de mon éditeur à Kobané. Ces preuves sont à disposition de qui veut bien regarder ces abominations. Le régime d’Al-Charaa ne peut rien produire de la sorte contre les Kurdes.

Troisième fait : les camps de Roj et surtout Al-Hol n’étaient en rien des centres carcéraux comme on le prétend aujourd’hui. Les nombreux témoins indépendants que j’y ai emmené pendant des années confirmeraient sans peine ce qui suit : les conditions de vie étaient rudes dans ces camps de prisonniers parce que le pays était ruiné par la guerre, mais leur « niveau de vie » demeurait supérieur à la plupart des camps de déplacés kurdes, notamment parce que ces derniers ne disposaient pas de dispensaires de la Croix-Rouge internationale comme à Al-Hol. Ce camp, où se trouvèrent détenus jusqu’à 50.000 personnes – surtout des familles de jihadistes – disposait d’un immense marché à ciel ouvert où l’on trouvait tous les produits de la vie quotidienne disponibles dans le pays. Ne manquaient pas même des bijouteries ou des bureaux de change pour se faire envoyer de l’argent et téléphoner à l’étranger. Ce camp était si peu contrôlé par les Kurdes, faute de moyens, que Daech y avait reconstruit une partie de son architecture dogmatique. Les étrangers ne pouvaient s’y déplacer que dans des véhicules blindés pour éviter d’être agressés. Au camp de Roj vivaient également de nombreuses familles de jihadistes, notamment françaises, Elles habitaient dans des tentes rustiques, comme les réfugiés kurdes, et leurs conditions de vie y était tout aussi difficiles, voire déplorables l’hiver. Mais tout le monde était logé à la même enseigne, faute de pouvoir faire autrement. Si je prends l’exemple de la célèbre Emilie Koenig, égérie française de Daech – aujourd’hui rapatriée et emprisonnée en France – sa tente disposait d’un poêle pour la chauffer, d’un poste de télévision pour ses enfants, et la nourriture était pauvre mais suffisante. La seule chose dont elle avait à se plaindre, me disait-elle, était sa privation de liberté qui s’éternisait, ce en quoi elle avait raison d’un point de vue juridique.

Quatrième fait : les conditions de vie dans les prisons elles-mêmes – là où étaient gardé les jihadistes les plus dangereux – étaient beaucoup plus carcérales et sévères que dans les camps à l’air libre, notamment du fait de la promiscuité dans les cellules. Nul n’aurait voulu vivre dans de telles conditions. Ma première question aux jihadistes français était toujours la même : êtes-vous ou non traités correctement ?  Nous parlions en Français, les Kurdes étaient incapables de comprendre, ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient. Les réponses étaient toujours identiques : pas de brimades, pas de coups. La nourriture était suffisante et ils recevaient des soins chaque fois que nécessaire. Les plaintes étaient autres : difficultés d’avoir accès à leurs avocats en France, conscience de l’arbitraire de leur détention puisque aucun procès ne pouvait avoir lieu au Kurdistan, faute de sa reconnaissance en tant qu’État.

Pour le reste, il leur arrivait de me menacer en tant « qu’« infidèle » et les femmes refusaient pour la même raison de boire avec moi le thé que je leur proposais

Mais ça, j’y étais habitué.

IRAN. Civils transformés en boucliers humains ?

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IRAN / ROJHILAT – Des centres militaires et de sécurité iraniens ont été déplacés dans des zones civiles, mettant ainsi la population en danger, alerte le site kurde Rojhilat Info.

Dans le contexte de l’escalade militaire actuelle opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, de nouvelles informations en provenance du Rojhelat (Kurdistan iranien, ou Kurdistan oriental) et d’autres régions du pays font état d’un déplacement massif de forces et d’infrastructures militaires vers des zones densément peuplées.Selon des sources locales relayées par des médias kurdes comme Rojhilat Info, Hengaw et l’agence ANF, ainsi que des témoignages circulant sur les réseaux sociaux et rapportés par des organisations de défense des droits humains, les Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran/IRGC) et les forces Basij auraient transféré des troupes, du matériel militaire et parfois des centres de commandement vers des sites civils.

Parmi les lieux concernés figurent : des écoles (y compris des établissements primaires), des mosquées, des universités, des stades, certains bâtiments gouvernementaux non militaires.

Dans plusieurs villes frontalières du Rojhelat comme Sardasht, Piranshahr, Oshnavieh, mais aussi dans des centres urbains plus larges (Téhéran, Shiraz, Rasht, Ardébil), des vidéos et photos montrent des véhicules militaires, des motos, des membres des forces de sécurité et même des réunions officielles installés à l’intérieur d’écoles ou de mosquées. Le Conseil de coordination des syndicats d’enseignants iraniens avait déjà alerté, juste avant le début des frappes, sur la présence d’équipements militaires dans des établissements scolaires, qualifiant ces lieux de « boucliers mortels ».

On redoutes des conséquences humanitaires désastreuses 

Les analystes en sécurité et les observateurs internationaux soulignent que cette tactique, bien que visant potentiellement à protéger les installations militaires contre des frappes aériennes de précision, expose directement les populations civiles à un risque extrême. En plaçant des cibles militaires au cœur de quartiers résidentiels, d’établissements éducatifs ou religieux, le régime iranien augmente considérablement la probabilité de dommages collatéraux massifs en cas de nouvelles attaques.Cette pratique rappelle les accusations récurrentes portées contre les proxies iraniens (Hezbollah au Liban, Houthis au Yémen, milices en Irak et Syrie, Hamas à Gaza), régulièrement accusés d’utiliser des civils comme boucliers humains. Si elle est confirmée à grande échelle en Iran même, elle pourrait constituer une violation du droit international humanitaire, en particulier des principes de distinction et de proportionnalité (Protocole additionnel I aux Conventions de Genève).Dans certaines zones, des évacuations partielles d’habitations voisines ont été signalées, mais sans plan d’évacuation global ni mesures de protection apparentes pour les résidents restants, notamment les enfants scolarisés.

 

Contexte de l’escalade

 

Ces mouvements interviennent alors que les frappes américano-israéliennes visent prioritairement les infrastructures militaires, nucléaires et de commandement de l’IRGC, y compris dans le Rojhelat où de nombreuses bases ont déjà été touchées (Paveh, Mahabad, Sanandaj, Urmia…). Téhéran a riposté par des salves de missiles et drones contre des bases américaines et des sites civils dans plusieurs pays du Golfe, accentuant la crainte d’une spirale incontrôlable.

 

En l’absence de confirmation indépendante exhaustive (les accès aux zones concernées restant très limités), ces informations doivent encore être croisées et vérifiées. Elles soulèvent néanmoins une alarme légitime quant à la sécurité des civils iraniens, kurdes en particulier, pris en étau dans un conflit dont ils ne sont pas responsables.
La communauté internationale, les organisations humanitaires et les mécanismes de monitoring (ONU, FIDH…) appellent à la protection stricte des civils et à des enquêtes sur tout usage potentiel de boucliers humains.

#IranWar – Ankara et Bakou profitent de la guerre : Empêcher l’autonomie kurde à tout prix

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IRAN / ROJHILAT – Dans le contexte de la guerre actuelle opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, deux voisins du nord de l’Iran – la Turquie et l’Azerbaïdjan – multiplient les signaux d’une possible intervention militaire qui inquiètent profondément les Kurdes d’Iran…

L’Azerbaïdjan accuse officiellement l’Iran d’avoir lancé une attaque de drones sur son enclave de Nakhchivan le 5 mars 2026 : un drone aurait frappé le terminal de l’aéroport international de Nakhchivan, un autre serait tombé près d’une école. Bakou a convoqué l’ambassadeur iranien, condamné l’acte comme une violation du droit international et « réservé le droit de mesures de représailles appropriées ». De plus, des renforts militaires azéris ont été signalés le long de la frontière iranienne, alimentant les craintes d’une escalade.

De son côté, la Turquie prépare depuis plusieurs jours des plans officiellement « pour gérer un afflux massif de réfugiés iraniens » mais en réalité pour contrer une éventuelles autonomie kurde.

 

Le ministre turc de l’Intérieur Mustafa Çiftçi a annoncé des mesures inquiétantes : des camps et une zone tampon à la frontière, voire intervention sur le sol iranien pour contenir « les flux à la source ». Officiellement présenté comme une mesure humanitaire, ce dispositif vise surtout à empêcher toute émergence d’une autonomie kurde dans le nord-ouest de l’Iran (Rojhelat / Kurdistan oriental), où les groupes kurdes pourraient profiter du chaos pour consolider leur contrôle.

 

Une intervention conjointe ou coordonnée turco-azérie dans le nord de l’Iran représenterait un danger existentiel pour les Kurdes d’Iran. Historiquement persécutés, privés de droits linguistiques et culturels, surreprésentés parmi les exécutés et les prisonniers politiques, les Kurdes risqueraient un nouvel épisode de répression massive – voire de nettoyage ethnique – sous couvert de « lutte antiterroriste » ou de « sécurisation des frontières ».

 

Alors que les Kurdes iraniens n’ont ni armée puissante ni allié direct capable de les protéger efficacement, une telle opération turco-azérie aggraverait leur isolement et leur vulnérabilité.

 

Les peuples kurdes, déjà divisés et opprimés dans les quatre pays qui se partagent leur patrie historique, méritent une reconnaissance internationale urgente : autonomie, protection des droits humains et, idéalement, une zone d’exclusion aérienne (no-fly zone ou no-flight zone en anglais) pour empêcher de nouveaux massacres.