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IRAN. Suicides et morts suspectes de détenus libérés

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IRAN / ROJHILAT – En Iran, de nombreux prisonniers politiques, notamment kurdes, libérés après les manifestations « Femme, Vie, Liberté » et les protestations de janvier 2026 meurent dans des circonstances suspectes ou se suicident peu après leur sortie de prison. Harcèlement continu, surveillance, précarité économique et séquelles de tortures ou de traitements forcés plongent les anciens détenus, notamment les jeunes et les adolescents, dans un désespoir profond. Ce schéma récurrent, documenté depuis des décennies, soulève de graves questions sur une forme de répression qui se poursuit au-delà des murs des prisons.

Alors que la guerre israélo-américaine contre l’Iran entre dans sa troisième semaine, des dizaines de milliers de manifestants et militants arrêtés lors de la répression des manifestations populaires de janvier 2026 restent incarcérés dans des conditions extrêmement dures. Cellules surpeuplées, privation de nourriture et d’eau, impossibilité de communiquer avec les familles et violences des forces de sécurité : les témoignages font état de traitements dégradants.

Pourtant, pour beaucoup de prisonniers politiques, le danger ne s’arrête pas aux portes de la prison. Depuis des décennies en Iran, un schéma inquiétant se répète : après leur libération, d’anciens détenus sont souvent soumis à un harcèlement incessant, une surveillance permanente et des pressions économiques et sociales. Nombre d’entre eux meurent dans des circonstances suspectes ou se suicident dans les jours ou les semaines qui suivent leur sortie. Les autorités iraniennes attribuent systématiquement ces décès à des « suicides », des overdoses ou des troubles mentaux.

Les experts soulignent que le suicide et l’effondrement psychologique surviennent souvent après la période de violence directe, lorsque l’individu se retrouve confronté au vide : perte d’emploi, confiscation de biens, absence de soutien social et peur constante. La psychologue clinicienne Moloud Soleimani explique que l’incertitude fabriquée par l’État devient elle-même un outil de répression.

Des décès aux causes contestées

L’opacité entoure systématiquement ces affaires. Les familles rapportent des signes de torture antérieure, mais sont souvent intimidées pour qu’elles gardent le silence. La frontière entre suicide, séquelles de maltraitance et homicide reste volontairement floue.

Yalda Aghafazli, étudiante en art de 19 ans et figure du mouvement « Jin, Jiyan, Azadi » de 2022, a été arrêtée le 26 octobre 2022. Détenue à Evin et Qarchak, elle a subi des violences physiques et entamé une grève de la faim. Libérée le 9 novembre, elle a été retrouvée morte deux jours plus tard. Les autorités ont parlé d’overdose, alors qu’aucune drogue n’a été retrouvée et que le rapport médico-légal a conclu à des causes « indéterminées ».

Siavash Bahrami, 25 ans, ancien membre d’un parti politique kurde de Kermanshah (Kirmaşan), a été libéré en mai 2022 et retrouvé mort trois jours plus tard chez son frère. Son corps s’est rapidement décoloré. Les autorités ont évoqué une crise cardiaque, malgré l’absence d’antécédents médicaux. Sa famille soupçonne une injection de substance toxique pendant la détention.

Mansoureh Sagvand, étudiante en droit et ancienne bénévole de la police routière, avait publiquement soutenu les manifestants en 2022. Elle avait confié à des amis : « Je suis constamment menacée de mort par les services de renseignement. S’il m’arrive quoi que ce soit, je veux que tout le monde sache que je ne me suis pas suicidée. » Elle a été retrouvée morte peu après ; les autorités ont parlé de crise cardiaque.

D’autres cas similaires ont été documentés : Mehdi Salmanzadeh (adolescent manifestant de 2019), l’avocate Maryam Arvin (décédée après des injections forcées), ainsi que Ashkan Balouch, Arash Forouzandeh et Sara Tabrizi. Des militants écologistes comme Zahra Beni-Yaqub, Ibrahim Lotfollahi et Kavous Seyyed-Emami ont également connu des fins suspectes au cours des deux dernières décennies.

Les adolescents, particulièrement vulnérables

Les jeunes paient un lourd tribut. Privés de repères dans une société en crise, ils peinent à reconstruire leur identité après les traumatismes de la détention.

Aria Yavari, 19 ans originaire de Bukan (Kurdistan), s’est suicidé en avril 2023 après des menaces persistantes de forces paramilitaires.

Dalia Andam, 15 ans de Sanandaj (Kurdistan), avait été blessée à plusieurs reprises par des balles en caoutchouc et des coups de matraque lors des manifestations de 2022. Après sa libération, elle a subi des intimidations constantes (appels anonymes, convocations menaçantes). Malgré le soutien de sa famille, elle s’est suicidée en décembre 2023.

Arshia Emamgholizadeh, 16 ans de l’Azerbaïdjan oriental, a passé dix jours en détention pour mineurs avec administration forcée de médicaments. Libéré, il s’est donné la mort deux jours après avoir repris ces traitements.

La psychologue Sara Shadabi, qui a accompagné d’anciens prisonniers politiques, insiste sur le fait que dans les régions marginalisées comme le Kurdistan, les cycles de répression aggravent les difficultés identitaires et psychologiques des adolescents.

Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il semble s’intensifier avec chaque vague de protestations. En l’absence d’enquêtes indépendantes et face à l’impunité des autorités, ces morts continuent d’alimenter la colère et la défiance envers un système qui réprime même après la libération.

Texte tiré d’un article publié sur le site The Amargi

 

SYRIE. Menaces contre les Kurdes de la région de Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – Les plans turcs de dékurdification du Rojava marchent à merveille : les Kurdes vivant dans la province de Raqqa sont menacés de mort par des suprémacistes arabes qui exigent leur départ.

Les Kurdes vivant dans la ville d’Ayn Issa, dans la province de Raqqa en Syrie, sont confrontés à des attaques, des menaces et une grave oppression.

D’après des informations en provenance de la région, des slogans racistes ont été inscrits sur les rideaux métalliques de magasins appartenant à des Kurdes.

Les assaillants auraient ciblé les Kurdes en inscrivant « gens de Qandil » et « membre du PKK » sur les portes de leurs commerces.

Les commerçants kurdes n’ont pas le droit d’ouvrir leurs boutiques, et les citoyens sont ouvertement menacés de quitter la ville.

« Nous sommes ici depuis 50 ans. »

S’exprimant auprès de Nalin Hasan dans le bulletin d’information Rûdaw, le citoyen kurde Ahmed Halil a décrit la situation dans la ville comme suit :

« À Aïn Issa, il y a 54 commerces et 113 familles kurdes, tous tenus par des Kurdes. Certains Arabes nous menacent en disant : « Vous êtes Kurdes, retournez dans vos villes et partez d’ici ! » Ils attaquent nos véhicules et jettent des pierres et des balles sur nos maisons. »

« Nous vivons ici depuis 40 à 50 ans, devrions-nous nous suicider ? À qui devrions-nous léguer nos biens ? »

Ahmed Halil a également signalé une attaque contre des Kurdes dans le village de Cehbel, dans la campagne d’Eyn Isa, qui a fait deux blessés. Dans le centre-ville, un magasin de vêtements a été pris pour cible et son propriétaire a été menacé d’incendie criminel s’il ne quittait pas la ville.

20 familles ont été contraintes de migrer.

Ahmed Halil a déclaré que les menaces et les attaques se poursuivaient sans interruption depuis quatre jours et que, jusqu’à présent, 20 familles kurdes avaient été contraintes de fuir Ayn Issa par crainte pour leur sécurité. Il a été rapporté que ces familles avaient quitté la ville sans intention d’y revenir.

Halil a fourni des informations sur la recherche de solutions et a noté ce qui suit :

« Nous avons contacté les chefs tribaux arabes (ruspi) de la ville, mais ils ont simplement répondu : « Nous ne connaissons pas ces assaillants. » Nous nous sommes également adressés aux Forces de sécurité générale du gouvernement syrien. Eux aussi ont refusé d’assumer leurs responsabilités, déclarant : « Nous sommes nouveaux ici et nous n’avons pas suffisamment de ressources. » »

Eyn Issa est une ville située dans la zone rurale de Raqqa, sur l’autoroute stratégique M4.

La localité, auparavant sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS), a été remise au gouvernement syrien dans le cadre de l’accord du 18 janvier.

La ville est sous le contrôle des forces loyales au gouvernement intérimaire syrien depuis le 19 janvier. (Via Rudaw)

KURDISTAN. Terres agricoles sacrifiées au pétrole et gaz de schiste

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TURQUIE / KURDISTANSerhat Eren (député DEM) alerte sur la perte massive de terres agricoles due aux activités d’exploration et d’exploitation de pétrole et de gaz de schiste dans la région kurde. Il s’agit d’un énième écocide commis dans la région kurde par un État colonial à l’appétit insatiable.   

Au cours des cinq dernières années, près de 35 000 hectares de terres agricoles auraient déjà été perdus dans la région, selon le député du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM Parti).

 

Serhat Eren a déposé une motion parlementaire demandant la création d’une commission d’enquête sur les impacts des opérations d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures de schiste dans et autour de la province kurde de Diyarbakır (Amed).

 

Dans cette motion, il exige un examen approfondi des conséquences environnementales, sociales, économiques et sanitaires de ces activités, ainsi que l’identification précise des dommages causés et l’ouverture de poursuites judiciaires contre les responsables.

Plus de 100 000 hectares de terres touchées

 

La motion précise que plus de 100 000 hectares de terres sont touchés au total, dont :

  • environ 60 000 hectares dans le district de Bismil,
  • et 45 000 hectares dans les districts de Çınar et Mazıdağı.

 

Serhat Eren souligne également que les périodes de concession ont été prolongées et que de nouvelles parcelles ont été ouvertes dans les provinces de Batman, Mardin, Şırnak et Siirt. Il estime que près de 350 km² de terres agricoles ont été perdus ces cinq dernières années.

 

Parallèlement à sa motion, le député a adressé des questions écrites aux ministres concernés :

  • Ministère de la Santé
  • Ministère de l’Agriculture et des Forêts
  • Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles
  • Ministère de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique
Il interpelle notamment le ministre de l’Environnement, Murat Kurum, sur plusieurs points critiques :

  • Combien de décisions de dispense d’évaluation d’impact environnemental (EIE) ont été délivrées pour des projets à Diyarbakır et dans ses environs ?
  • Des mesures régulières de la qualité de l’air, de l’eau et des sols sont-elles effectuées dans les zones d’activité, et ces données sont-elles rendues publiques ?
  • Quelles mesures techniques ont été mises en place pour empêcher le rejet de métaux lourds contenus dans les eaux usées issues des opérations dans l’environnement ?
  • Les populations riveraines ont-elles été correctement informées et associées aux processus décisionnels ?
  • Existe-t-il un plan concret de restauration et de réhabilitation des écosystèmes endommagés par ces activités ?

Les Kurdes, premières victimes collatérales de la guerre Iran – USA/Israël

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KURDISTAN – Malgré leur absence totale dans le conflit direct opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, les Kurdes paient un lourd tribut humain dans cette nouvelle guerre régionale. Depuis le début des hostilités en 2026, près de 15 morts et des dizaines de blessés ont été recensés au Kurdistan irakien (principalement parmi les Peshmerga et des civils touchés par des frappes iraniennes ou de milices pro-iraniennes). Du côté iranien, dans le Rojhilat (Kurdistan oriental), les bilans font état de centaines de victimes kurdes, avec notamment plus de 110 morts et près de 970 blessés rien que dans la province du Kurdistan iranien selon des sources officielles locales, suite aux frappes américano-israéliennes sur des zones à forte présence kurde.

Les Kurdes ne sont pas belligérants dans cette guerre. Ils n’appartiennent à aucune coalition, ni à l’OTAN ni à d’autres structures internationales qui, paradoxalement, soutiennent ou tolèrent les États qui les oppriment. Pourtant, ils se retrouvent une fois de plus pris entre deux feux : frappés d’un côté par les missiles iraniens et les milices chiites en Irak, et de l’autre par les bombardements sur les infrastructures sécuritaires du Rojhilat.

Ce statut de victimes collatérales n’est pas nouveau. Depuis plus d’un siècle, le peuple kurde est colonisé, divisé et massacré sur ses propres terres par les États-nations turc, perse et arabe (Turquie, Iran, Syrie, Irak). Refusant l’assimilation forcée, les Kurdes réclament simplement le droit élémentaire à l’autogouvernement, à la préservation de leur langue, de leur culture et de leur patrimoine. Au lieu d’un soutien international clair à cette lutte légitime, ils sont régulièrement accusés d’être des « collaborateurs », des « séparatistes » ou des « agents de l’Occident ».

Cette perversion du récit historique est particulièrement visible aujourd’hui : tandis que la Turquie bénéficie d’un soutien occidental au sein de l’OTAN et que la Syrie voit son autonomie kurde (le Rojava) progressivement démantelée, les Kurdes restent exclus des mécanismes internationaux censés protéger les droits des peuples.

Il est temps d’arrêter cette hypocrisie et d’admettre une évidence historique : la décolonisation du Kurdistan est indispensable pour empêcher la disparition progressive du peuple kurde, menacé d’assimilation forcée et, à terme, de génocide culturel et physique. Sans reconnaissance de leur droit à l’autodétermination, les Kurdes continueront d’être sacrifiés sur l’autel des grands équilibres géopolitiques.

TURQUIE. Le corps d’un Kurde assassiné gît au sol depuis 4 jours

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TURQUIE / KURDISTAN – Le corps d’un Kurde assassiné dans la province de Van gît sur les lieux de son meurtre depuis quatre jours. L’armée turque refuse qu’on récupère le corps avant la venue du procureur qui est empêché par la neige qui a bloqué les routes…

D’après les informations recueillies, le corps de Fehim Tosun, abattu à la frontière iranienne dans le quartier d’Elbês, district d’Elbak (Başkale), province de Van, git sur place depuis quatre jours. Un procureur et un démineur devraient se rendre sur les lieux pour récupérer le corps, tandis que la famille de Tosun et les riverains attendent toujours.

Les proches de Fehim Tosun et les habitants du quartier d’Elbês attendent depuis plusieurs jours que les autorités interviennent pour retirer le corps de l’endroit où il se trouve. En vain.

Les riverains ont déclaré que le fait que le corps soit toujours sur place a accentué la douleur de la famille.

Les villageois ont indiqué que le corps n’avait pu être récupéré en raison des fortes chutes de neige et des tempêtes qui frappent la région. Néanmoins, la famille et les villageois exigent que le corps soit retiré des lieux au plus vite et que les formalités funéraires soient accomplies.

ROJAVA. Dékurdification en cours dans la campagne de Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Conformément aux plans turcs, la dékurdification de la campagne de Kobanê a commencé.  

 

Dans la campagne de Kobanê, les attaques répétées de gangs turco-djihadistes poussent de nombreuses familles kurdes à abandonner leurs terres et leurs villages. Face à la recrudescence des violences racistes et du harcèlement systématique, plusieurs dizaines de familles ont déjà quitté la zone rurale pour se réfugier vers le gouvernorat d’Hassaké et ses environs, dans le nord-est de la Syrie.

 

Plans turcs pour dékurdifier le Nord de la Syrie 

Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large d’insécurité persistante dans le Rojava, où les groupes armés affiliés à la Turquie multiplient les incursions et les provocations. Les habitants craignent que, si la situation continue de se détériorer, un exode massif ne vienne vider encore davantage ces terres kurdes historiques.

TURQUIE. En un an, la violence a augmenté de 75 %

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TURQUIE / KURDISTAN – Un rapport récent montre que les violences en Turquie, y compris dans les régions kurdes, ont atteint des niveaux records.

Le rapport « Carte de la violence en Turquie 2025 », établi par le Laboratoire de justice et de psychologie criminelle (ASLAB) de l’Université Kültür d’Istanbul, révèle que les actes de violence dans le pays ont atteint des niveaux records. Selon ce rapport, par rapport à 2024, le nombre d’incidents violents a augmenté de 75 %, pour atteindre 2 289 cas.

D’après les données, l’agression est le type de crime le plus fréquent, représentant 61,5 % des cas. La répartition géographique des violences a également considérablement évolué. Les incidents, auparavant concentrés dans la région de Marmara, se sont déplacés vers la Méditerranée et certaines zones du Kurdistan.

Parmi les villes où la hausse de la violence a été la plus marquée, Urfa (Riha) et Adana se sont particulièrement distinguées. Selon le rapport, le nombre de cas a été multiplié par 13 à Riha et par 5 à Adana, faisant de ces villes de nouveaux foyers de violence.

Plus de 95 % des auteurs de ces actes sont des hommes

Le rapport souligne que la grande majorité des auteurs de violences sont des hommes. Ainsi, 95,5 % des actes de violence ont été commis par des hommes. Par ailleurs, la proportion d’auteurs étrangers, passée de 13,2 % à 38,8 % en un an, est considérée comme un indicateur de la propagation croissante de la violence dans l’espace public et de l’affaiblissement du climat de confiance.

Augmentation record de l’utilisation des armes à feu

Il a également été constaté que l’utilisation d’armes à feu dans les homicides atteignait 62 %, soulignant ainsi que le port d’armes accroît la létalité de la violence. Sur le plan temporel, le mois de septembre s’est révélé le plus à risque, représentant 10,4 % des incidents.

Le rapport comprenait également des recommandations. En conséquence, les zones à haut risque devraient être désignées comme zones spéciales de sécurité et de services sociaux, le port d’armes individuelles devrait être restreint, les inspections des armes blanches et perforantes devraient être renforcées et des centres d’intervention préventive devraient être mis en place, ciblant particulièrement les auteurs masculins. (ANF)

Signaux contradictoires : Les États-Unis vont-ils lancer une guerre terrestre contre l’Iran ou non ?

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Alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran, lancée le 28 février 2026 sous le nom d’Operation Epic Fury (« fureur », ou « furie épique »), entre dans son quatrième semaine, les messages en provenance de Washington restent hautement contradictoires. Frappes aériennes intenses, déploiement de forces terrestres rapides et discours oscillant entre victoire proclamée et menace d’escalade : qu’est-ce qui se passe réellement ?

 

Une guerre aérienne et navale déjà bien engagée

 

Les États-Unis et Israël ont mené des centaines de frappes sur les sites nucléaires, les infrastructures de missiles, les bases des Gardiens de la Révolution (IRGC) et les capacités navales iraniennes. L’Iran a riposté avec des missiles et drones, notamment contre Israël et des bases américaines dans le Golfe, tout en perturbant le trafic dans le détroit d’Ormuz, artère vitale du pétrole mondial.

 

Pour l’instant, il n’y a pas d’invasion terrestre massive du territoire iranien. Les opérations restent principalement aériennes et navales, avec un objectif déclaré : détruire le programme nucléaire restant, affaiblir durablement les capacités militaires offensives de Téhéran et empêcher toute menace imminente.

 

Mobilisation de soldats américains : préparation ou simple levier ?

 

Les signaux les plus inquiétants concernent les renforts terrestres :

 

  • Environ 1 000 à 3 000 soldats de la 82nd Airborne Division (force de réaction rapide) sont en cours de déploiement ou de préparation vers le Moyen-Orient.
  • Deux unités de Marines (environ 4 500 à 5 000 hommes) avec des navires amphibies (USS Boxer, USS Tripoli) convergent vers le Golfe.
  • Ces forces pourraient servir à sécuriser le détroit d’Ormuz, protéger le trafic maritime ou, dans un scénario plus offensif, saisir des sites stratégiques comme l’île de Kharg (principale plateforme d’exportation pétrolière iranienne).
Le Pentagone présente ces mouvements comme des mesures de « soutien aux opérations » et de dissuasion. Donald Trump a alterné entre « probablement pas besoin de bottes sur le terrain » et « si c’est nécessaire, je n’hésiterai pas ». Des sources indiquent qu’il a exprimé en privé un intérêt pour un contingent limité de troupes au sol à des fins précises (sécurisation de sites nucléaires ou pétroliers), sans projet d’invasion et d’occupation à grande échelle du pays, jugée trop risquée et coûteuse.

 

En résumé, des préparatifs concrets existent pour des opérations au sol limitées, mais rien ne pointe vers une guerre terrestre totale type Irak 2003.

 

Les déclarations de Trump : l’art du mélange menace et négociation

 

Le président américain multiplie les messages contradictoires, fidèle à son style « un maximum de pression + négations » :

 

  • Côté dur : menaces de frapper « beaucoup plus fort » les infrastructures énergétiques, ultimatum sur le détroit d’Ormuz, rejet d’un cessez-le-feu tant que l’Iran n’accepte pas une capitulation quasi totale.
  • Côté diplomatie : il affirme que « la guerre est gagnée », que l’Iran « veut désespérément un accord », qu’un plan de paix en 15 points a été transmis (via intermédiaires comme le Pakistan), et qu’il a reporté des frappes pour laisser du temps aux discussions.
Téhéran dément fermement toute négociation directe en cours et qualifie les propos de Trump de « fake news ». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répété que l’Iran n’acceptera pas de parler « sous les bombes » et pose ses propres conditions (arrêt des attaques, réparations, reconnaissance de son rôle dans le détroit d’Ormuz).

 

Le soutien de la Russie et de la Chine : réel mais limité

 

  • Russie : condamnation diplomatique forte, partage probable de renseignements (images satellites), coopération militaire antérieure (drones, défense). Moscou voit un intérêt à affaiblir les États-Unis, mais évite toute implication directe qui risquerait une confrontation plus large.
  • Chine : critiques diplomatiques, achat continu de pétrole iranien, possible soutien technique (radars). Pékin condamne les frappes mais priorise la stabilité énergétique et son économie. Ni l’un ni l’autre ne semble prêt à une intervention militaire ouverte pour sauver le régime iranien.
Le « partenariat sans limites » Russie-Chine-Iran se traduit surtout par un soutien indirect destiné à prolonger la résistance iranienne et à épuiser Washington, sans franchir le seuil d’une escalade majeure.

 

Qu’est-ce qui se passe vraiment ?

 

La situation combine pression militaire maximale et tentatives de sortie de crise. Les États-Unis ont considérablement dégradé les capacités iraniennes, mais l’Iran résiste encore via des actions asymétriques et le chantage sur le pétrole.

 

Trump utilise la mobilisation terrestre et les menaces comme levier pour forcer Téhéran à accepter un accord très défavorable (dénucléarisation complète, fin du soutien aux proxies, etc.). Les renforts servent à la fois de préparation réelle (en cas d’échec des négociations) et d’outil psychologique.

Scénarios les plus probables à court terme :

 

  • Un accord négocié via intermédiaires (Pakistan, Turquie, Égypte) si l’Iran accepte des concessions majeures.
  • Une escalade limitée (opérations au sol ciblées pour rouvrir le détroit d’Ormuz ou sécuriser des sites stratégiques).
  • Une guerre d’usure prolongée, avec risques économiques mondiaux (hausse du pétrole).
En conclusion, non, les États-Unis ne semblent pas se diriger vers une invasion terrestre totale et une occupation de l’Iran, jugée trop dangereuse. Oui, des opérations terrestres limitées et ciblées restent une option sérieuse, soutenue par des déploiements concrets. La volatilité reste extrême : les déclarations optimistes de Trump coexistent avec une mobilisation réelle et un soutien russo-chinois qui permet à l’Iran de tenir sans basculer dans une confrontation directe avec les grandes puissances.

 

La prochaine semaine, marquée par des tentatives de pourparlers et l’expiration possible d’ultimatums, sera décisive. Dans ce type de conflit, les signaux contradictoires peuvent précéder aussi bien une désescalade rapide qu’une brusque aggravation.

 

ROJAVA. Les gangs veulent dékurdifier Aïn Issa

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SYRIE / ROJAVA. Conformément aux plans de la Turquie, des tribus fidèles à Damas et des gangs de DAECH / ISIS menacent les Kurdes d’Aïn Issa qui sont poussés à fuir ou affronter la mort.

Aujourd’hui, les gangs turco-djihadistes ont mené plusieurs attaques anti-kurdes dans la région d’Aïn Issa dans le but de dékurdifier la région.

Deux jeunes Kurdes du village de Jahbal, dans la campagne d’Aïn Issa, ont été blessés par des gangs qui ciblent les familles kurdes, dans le but de les chasser de la région.

Une cinquantaine de familles kurdes d’Aïn Issa et de ses environs vivent dans une peur extrême en raison des menaces constantes proférées par des groupes se faisant passer pour des tribus et fidèles aux autorités de Damas.

Par ailleurs, plusieurs magasins appartenant à des citoyens kurdes à Ain Issa auraient été pillés par Ahmed Abu Ghazaleh, affilié au gouvernement syrien.

L’Iran prétend avoir ciblé les soldats kurdes par erreur

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IRAK / KURDISTAN – L’Iran prétend que l’attaque ayant ciblé les soldats kurdes dans la province d’Erbil était une « erreur » et qu’il va enquêter sur l’incident. Une réponse qualifié de mensonger par de nombreux analystes alors que les attaques antikurdes qui durent depuis plusieurs semaines ont fait plus de 10 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Le président Nechirvan Barzani a déclaré mercredi que l’Iran avait déclaré avoir commis une « erreur » en ciblant une base de peshmergas avec des missiles balistiques, ce qui a fait six morts et plus de deux douzaines de blessés.

« La frappe iranienne contre les forces peshmergas à Soran n’était pas une erreur. Six missiles balistiques ont touché directement la base militaire, tirés en deux vagues distinctes. Un tel niveau de coordination et de précision exclut une erreur de ciblage. Il s’agit bien d’une attaque délibérée », écrit le journaliste Pishtgir Goran sur son compte X (Twitter).

 

Six soldats tués, 30 autres blessés

Six combattants kurdes ont été tués et plus de 30 autres blessés après deux frappes distinctes combinant missiles et drones qui ont visé le quartier général de la 7e division des forces Peshmerga dans la zone de Soran, province d’Erbil (Hewler), dans la nuit du 23 au 24 mars 2026.

L’attaque s’est produite vers 3 heures du matin (heure locale). Des sources sécuritaires et Peshmerga ont confirmé que la première frappe a été suivie d’une seconde vague, touchant la base située dans la région montagneuse de Spîlk / Soran, au nord d’Erbil.

 

L’Irak à la rescousse des milices chiites pro-Iran

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IRAK / KURDISTAN – Le gouvernement irakien a autorisé les milices chiites pro-Iran Hachd al-Chaabi et les forces de sécurité à répondre directement aux attaques, alors qu’il garde le silence face aux attaques ciblant les civils et militaires kurdes d’Irak.

Alors qu’Irak ferme les yeux sur les attaques d’Iran et des proxies chiites d’Irak ciblant les Kurdes d’Irak, le Conseil national de sécurité irakien vient d’autoriser les milices chiites Hachd al-Chaabi et les autres groupes armés à riposter aux attaques dont elles sont victimes au titre de la « légitime défense ».

D’après les médias irakiens, cette décision a été prise suite à une recrudescence des attaques visant les institutions de sécurité. Les forces de sécurité pourront ainsi riposter directement aux attaques contre les bases et installations militaires. Des instructions ont également été données pour appréhender les individus impliqués dans des attaques contre les intérêts des citoyens et les missions diplomatiques.

Parallèlement, le Cadre de coordination, composé de blocs politiques chiites, a également apporté son soutien à cette décision. Dans un communiqué, les attaques contre les Hachd al-Chaabi ont été condamnées et qualifiées de « violation flagrante de la souveraineté irakienne », sans dire un mot sur les attaques anti-kurdes dans la région…

SYRIE. Il y a toujours un risque de guerre anti-kurde

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SYRIE / ROJAVA – L’intellectuel et militant des droits humains, Gulal Kasani, souligne que le Rojava est toujours menacé, mettant en garde contre le danger réel d’une guerre de discorde entre ses différentes communautés. Il est donc impératif que la société, les mouvements politiques et les forces armées restent en état d’alerte constant pour assurer la défense et la protection de la région. Il a également souligné la nécessité pour les Kurdes, aux niveaux politique et militaire, d’établir une autorité officielle.

L’intellectuel et militant des droits humains Gulal Kasani s’est entretenu avec l’agence ANHA au sujet de la situation actuelle dans la région, des attaques qualifiées de « guerre spéciale » menées contre la volonté du peuple du Rojava et des exigences de cette étape..

Kasani nous a rappelé que la Syrie, et le Rojava en particulier, ont récemment connu des bouleversements majeurs, et a souligné que les menaces qui pèsent sur le Rojava persistent, émanant aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur de la région. Il a fait remarquer que le gouvernement intérimaire syrien n’a toujours pas reconnu officiellement et constitutionnellement les droits des Kurdes, les cantonnant à un simple « décret » dépourvu de valeur juridique solide. Il a ajouté : « En raison de cette lacune juridique, les menaces persistent ».

Kasani a expliqué que les processus d’« intégration » en cours ont renforcé le sentiment de sécurité chez les Kurdes, entraînant une diminution de la mobilisation générale. Il a toutefois averti que « compte tenu des changements récents, la société kurde, le mouvement politique et les forces armées doivent rester vigilants et prêts à se défendre. La diversité est importante au Rojava, et le risque de déclencher une guerre civile entre Kurdes et Arabes demeure. Cependant, je crois que la politique, la diplomatie et les autorités kurdes sont parvenues à contrecarrer efficacement les tentatives d’aggravation du conflit dans la région ».

En conclusion, Kasani a souligné que les Kurdes du Rojava doivent préserver leur unité, transcender leurs divergences idéologiques et établir une autorité kurde officielle aux niveaux politique et militaire. Il a fait remarquer que le Moyen-Orient est en proie à des conflits et des guerres, et que le rôle des Kurdes, notamment au Kurdistan oriental, aura un impact direct et des répercussions sur le Rojava et le Kurdistan méridional.

Gulal Kasani (Talal Hussein) est un intellectuel et un écrivain aux multiples talents, cumulant les rôles d’éminent intellectuel, d’écrivain, de poète et d’avocat. Son œuvre littéraire comprend deux recueils de poésie intitulés « Azadi » et « Bagir », et il a enrichi la bibliothèque de recherche de trois ouvrages importants sur l’histoire et le patrimoine : « L’origine des Kurdes et leur présence historique au Kurdistan occidental », « Les Kurdes dans le cours de l’histoire » et une étude intitulée « Le mythe dans le patrimoine kurde ».

Sur le plan professionnel et institutionnel, Kasani est membre du barreau de Qamishli et de l’Union des écrivains kurdes de Syrie. Dans le domaine médiatique et universitaire, il présente l’émission « La situation et la pensée » (Rewş û Bîr) sur Rojava TV et enseigne à la faculté de droit de l’université de Rojava. Il y a apporté une contribution juridique majeure en traduisant le Code pénal adopté à l’université de Damas de l’arabe vers le kurde, et publie régulièrement des articles dans de nombreux journaux et revues.