KURDISTAN. Non, nous ne voulons ni fédéralisme ni autonomie sous occupation ! Les Kurdes méritent un État indépendant.
Non, nous ne voulons pas du fédéralisme.
Non, nous ne voulons pas d’une autonomie sous le joug de régimes fascistes.
Non, nous ne voulons pas de la charité symbolique de la communauté internationale pour le prix que nous payons, en tant que Kurdes, pour maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient.
Les Kurdes méritent un État souverain. Un seul État. Pas quatre cages baptisées « autonomie ». Pas quatre amputations appelées « fédéralisme ».
Aucune autre nation n’a été découpée en quatre morceaux, violée, effacée et réduite au silence comme l’ont été les Kurdes. Pourtant, nous continuons d’exister, de parler notre langue, de porter notre identité et de lutter pour nos droits. Si cela n’est pas de l’unité, alors qu’est-ce que c’est ?
Malgré des décennies de nettoyage ethnique, de génocides culturels et de destruction systématique de notre identité, certains Kurdes hésitent encore à réclamer clairement un État indépendant. Pourtant, nous sommes au cœur des combats pour la démocratie, les droits humains, l’égalité des femmes et la protection de l’environnement. Nous avons souvent payé de notre sang pour la stabilité régionale : contre Daech, pour défendre d’autres communautés, et même pour des peuples qui nous trahissent ensuite.
Alors oui, traitez-nous de séparatistes.
Après ce que vous avez fait au Rojava, nous assumons pleinement ce terme.
Après avoir arrêté Daech sous les applaudissements du monde entier pour être ensuite livrés à nos bourreaux, nous sommes séparatistes.
Après votre silence face à nos villes rasées, nos enfants tués et notre avenir négocié sans nous, nous sommes séparatistes.
Nous sommes le quatrième plus grand groupe ethnique du Moyen-Orient. Nous sommes la plus grande nation sans État au monde. Nous sommes près de 60 millions d’âmes, et vous osez encore nous traiter de minorité.
Vous nous demandez de libérer l’Iran, de stabiliser l’Irak, de pacifier la Syrie et de réformer la Turquie… en échange de vagues promesses d’autonomie sous un autre drapeau qui refuse même de prononcer notre nom.
Nous sommes fiers de revendiquer le séparatisme face aux régimes fascistes, extrémistes et misogynes qui nous gouvernent par la terreur, le kidnapping et le massacre.
La réponse la plus humaine, la plus éthique et la plus logique est de réclamer notre droit inaliénable à l’autodétermination : un État kurde souverain.
Il n’incombe pas aux opprimés d’éduquer leurs oppresseurs. Nous avons assez donné. Nous avons montré notre loyauté, notre patience et notre volonté de coexistence. En retour, nous n’avons reçu que des tombes, des prisons et des villages rayés de la carte.
Non, nous ne voulons plus de « fraternité » avec ceux qui sanctifient la violence contre notre peuple.
Nous ne voulons pas de réconciliation avec ceux qui veulent dissoudre nos femmes combattantes.
Nous ne voulons pas de concessions qui perpétuent les divisions coloniales.
Nous exigeons un Kurdistan uni et souverain : Rojhilat, Rojava, Başûr et Bakur.
Un seul État, libre, dans chaque vallée, chaque ville et chaque village qui a bu le sang de nos martyrs.
Trop, c’est trop.
La terre du Kurdistan crie liberté depuis plus d’un siècle.
Il est temps de l’écouter. (Par Hawzhin Azeez)

