COLOGNE – Aujourd’hui, des dizaines de milliers de Kurdes ont défilé à Cologne, en Allemagne, réclamant une solution politique à la question kurde et un engagement accru des États européens.
Des milliers de personnes ont manifesté aujourd’hui à Cologne pour la libération d’Abdullah Öcalan, le leader kurde emprisonné en Turquie depuis 1999. La manifestation, placée sous le slogan « Liberté pour Abdullah Öcalan – Une solution politique pour le Kurdistan », fut organisée par les associations faîtières kurdes TJK-E et KCDK-E pour la troisième année consécutive. Le cortège est parti ce matin du chantier naval Deutz et traversé le centre-ville de Cologne en direction du chantier naval Deutz pour le grand meeting.
Outre la libération d’Öcalan, les participants ont appelé à la poursuite du « Processus pour la paix et une société démocratique » en vue d’une solution politique à la question kurde, ainsi qu’à une plus grande responsabilité des États européens dans ce contexte. De nombreuses personnes d’origine kurde, originaires de divers pays européens, ont fait le déplacement pour participer à la manifestation.
Des femmes ont pris la tête du cortège, suivies de groupes d’artistes. De grands portraits d’Öcalan et des banderoles portant des slogans tels que « Halte à l’isolement, à la torture et aux violations de la loi – Liberté pour Öcalan » étaient bien visibles. Les manifestants ont scandé des slogans, dont « Biji Serok Apo » (Vive Öcalan) et « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, vie, liberté).
Outre de nombreux militants, des personnalités politiques kurdes ont également participé à la manifestation, notamment Keskin Bayındır, coprésident du Parti des régions démocratiques (DBP), venu d’Amed (Diyarbakır). Plusieurs personnalités politiques allemandes sont également attendues. De nombreux artistes sont montés sur la scène. Parmi eux, on compte Hozan Şemdîn, Hekîm Sefkan, Meral Alkan, Diyar Gerilya, Hozan Figen, ainsi que plusieurs autres membres des initiatives culturelles kurdes Hunera Mizgîn et TEV-ÇAND. (ANF)

Mourir le sourire aux lèvres. Depuis la prison n°5 de Diyarbakır
« Le livre relate les atrocités commises durant des années, après le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, lorsque l’État turc arrêtait des jeunes Kurdes et des militants du PKK pour les enfermer dans la prison n°5 de Diyarbakır.
Lieu de détention et de torture de milliers d’opposants, kurdes pour la plupart, cette prison a été fermée en 2022. Nuri Sinir, qui a pris la tête d’un collectif d’anciens prisonniers voulant faire de ce lieu un « musée de la honte », rapporte que les gardiens de cette prison disaient: Ici Dieu n’existe pas et ses prophètes sont en congé.»
L’auteur a écrit ce livre en 2010, à l’époque où il se trouvait dans la prison de haute sécurité de Kandıra, construite sur le modèle des établissements pénitentiaires des États-Unis et d’Allemagne. Pendant cette période, il a été condamné à l’isolement à plusieurs reprises en raison de sa participation à la campagne pour protester contre l’isolement imposé au leader kurde Abdullah Öcalan.
Ce livre a été écrit en quarante-cinq jours à l’isolement, mais risquait être détruit s’il était retrouvé lors des perquisitions. Il a donc dû être caché dans différents endroits. Le manuscrit a été copié en trois exemplaires, chacun étant donné à des camarades dans différentes cellules. Il a été sorti de la prison feuillet par feuillet.
L’arrestation, les interrogatoires, la torture, les humiliations, l’incarcération, la mise à l’isolement, les parodies de procès, la solidarité entre prisonniers, les trahisons, voici ce que relate ce livre écrit dans des conditions inhumaines, par un rescapé. Si pour des raisons tenant aux conditions particulières d’écriture, le récit met en scène un certain « Cemil », c’est bien le récit de ce qu’a vécu l’auteur durant ces années terribles.
À l’heure où le PKK annonce l’arrêt de la lutte armée et sa dissolution, ce livre permet de comprendre la violence exercée par le pouvoir turc envers le peuple kurde depuis des dizaines d’années. »