Les attaques turques contre le Rojava ont fait 12 morts et 14 blessés

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SYRIE / ROJAVA – Le jeudi 5 octobre, les drones tueurs de la Turquie ont bombardé 29 sites et zones d’habitation, 5 centrales électriques, 7 sites pétroliers, 2 stations d’eau et de gaz et les environs du barrage de Çil Agha, tuant 12 personnes, dont 6 civils et 6 membres des Forces de sécurité intérieure, en plus de blesser 14 autres personnes. Le département de surveillance et de documentation de North Press a documenté que les drones turcs ont touché 52 sites, dont 19 infrastructures, 22 bâtiments résidentiels et 11 positions militaires (dont 5 appartiennent aux forces gouvernementales syriennes).   Hier soir, le ciblage par la Turquie d’installations vitales et d’infrastructures du district de Tirbespiye, dans le canton de Qamishlo a entraîné le décès d’un médecin du nom Muhammad al-Alaiwi (55 ans), touché par des éclats d’obus dans sa maison, près d’une station de pétrole au nord du district. Le civil Sami Nayef al-Nazzal (35 ans), employé à la station de service de Girdahol, au sud-ouest du district de Tirbespiye, a également été blessé lors du bombardement de la station par l’armée d’occupation turque. Les attaques destructrices turques ciblant le Rojava sont intervenues après les menaces proférées hier par le ministre turc des affaires étrangères Hakan Fidan contre les Kurdes en Syrie et en Irak. La Turquie a tué des civils et détruit des infrastructures civiles vitales dans les régions dirigées par les forces arabo-kurdes. Il s’agit de crimes de guerre dont la communauté internationale est complice.

PARIS. Manifestation contre les crimes de guerre de la Turquie au Rojava

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) appelle à manifester le samedi 7 octobre, à 14h, à la Gare du Nord, à Paris, contre les attaques génocidaires turques ciblant le Rojava. Voici le communiqué du CDK-F: Halte au nettoyage ethnique des Kurdes ! Halte aux crimes de guerre de l’État turc ! « Hier, mercredi 4 octobre, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que toutes les infrastructures et installations énergétiques du nord de la Syrie (Rojava) et du nord de l’Irak (Sud-Kurdistan) étaient des « cibles légitimes », visant ainsi des infrastructures civiles, au grand mépris du droit international. Pour justifier ses menaces, Hakan Fidan a prétendu, sans en avoir la moindre preuve, que les auteurs de l’attaque menée le 1er octobre contre le ministère turc de l’Intérieur venaient de Syrie. Quelques heures après ces déclarations, des avions de guerre turcs ont bombardé le quartier de Misherfa, à Hassaké, ainsi que sept autres sites dans les régions kurdes d’Amûdê et Qamishlo. Les agressions auraient fait plusieurs victimes civiles. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont immédiatement réfuté les accusations de Fidan, déclarant que la Turquie cherchait des prétextes pour légitimer ses attaques incessantes contre les régions gérées par l’Administration du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) et lancer de nouvelles agressions militaires. “Cibler les infrastructures et les ressources économiques de la région est un crime de guerre”, a déclaré Mazlum Abdi, commandant des FDS. De fait, quelques heures après les déclarations de l’ancien patron des services secrets turcs (MIT), Ankara a mené une série de frappes aériennes contre des zones civiles dans le nord de la Syrie. Les infrastructures civiles visées comprennent des écoles, des hôpitaux, des barrages hydrauliques, des centrales électriques, des entrepôts de céréales et d’autres installations vitales. La guerre que mène actuellement l’État turc contre la population civile des régions majoritairement kurdes du nord de la Syrie et du nord de l’Irak met en danger la vie de millions de personnes, dont des centaines de milliers de déplacés et de réfugiés. L’État turc doit être sanctionné pour les nombreux crimes de guerre commis dans le nord de la Syrie et dans le Kurdistan irakien. Parallèlement à ses opérations transfrontalières, la Turquie a lancé une nouvelle vague de répression à l’intérieur de ses frontières, arrêtant arbitrairement des centaines de militants politiques kurdes depuis le 1er octobre. Il est scandaleux que la communauté internationale reste silencieuse face aux déclarations du gouvernement turc qui annonce ouvertement une campagne de nettoyage ethnique contre des civils. Par leur silence, les institutions internationales, notamment la Coalition mondiale contre l’EI (État islamique), le Conseil de l’Europe, l’OTAN et les Nations unies, donnent à l’État turc un feu vert pour poursuivre et amplifier ses crimes de guerre. Cette nouvelle campagne d’agression militaire et de nettoyage ethnique menée par l’État turc est la conséquence de l’incapacité politique à résoudre un conflit séculaire fondé sur le déni du droit fondamental du peuple kurde à l’autodétermination. La complaisance de la communauté internationale vis à vis de la Turquie encourage Ankara dans sa politique répressive à l’intérieur et ses campagnes d’agression militaire à l’extérieur, entraînant des massacres et des déplacements massifs de populations. En outre, les attaques contre le nord et l’est de la Syrie ne vont pas manquer de renforcer les cellules de l’EI et d’aggraver la menace que représente l’organisation terroriste pour la sécurité régionale et mondiale. L’incident d’Ankara attire une fois de plus l’attention sur la non-résolution de la question kurde en Turquie, qui a entraîné des dizaines de milliers de morts et l’exode de millions de personnes. Ce conflit ne peut être résolu sans une pression internationale sur la Turquie. Ainsi, nous appelons toutes les organisations internationales dont la Turquie est membre à faire pression sur le régime d’Erdogan afin d’empêcher une nouvelle campagne de nettoyage ethnique. En outre, nous appelons tous les tenants de la paix et de la liberté à exprimer leur soutien aux peuples de la région et leur opposition sans compromis aux intentions génocidaires de la Turquie. »

ROJAVA. Les drones turcs ont tué au moins 12 personnes

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SYRIE / ROJAVA – Les attaques meurtrières menées par des drones turcs ont coûté la vie à au moins 12 personnes dans les régions sous contrôle de l’administration arabo-kurde au nord-est de la Syrie. Par ailleurs, de nombreuses infrastructures civiles, dont des stations d’eau et d’électricité, ont été détruites par la Turquie. Une des attaques turques a ciblé une ambulance transportant des blessés d’une attaque précédente à Amudê. La Turquie tue des civils et détruit ouvertement des infrastructures civiles vitales. Il s’agit de crimes de guerre censés être poursuivis au niveau international. Mais pour le moment, la communauté internationale ferme les yeux. Le coprésident du Conseil exécutif de l’AANES, Badran Chiya Kurd a appelé la communauté internationale à mettre fin aux frappes de drones turcs dans le nord-est de la Syrie, qui ont jusqu’à présent coûté la vie à huit personnes et en ont blessé cinq autres, en plus d’endommager les infrastructures. Il a souligné que les frappes visaient des infrastructures civiles, des camps et des barrages « sans aucune justification ». « Ces actions révèlent de faux scénarios et des théories fabriquées qui sont loin de la réalité et sont utilisées par la Turquie pour justifier ses plans malveillants visant notre peuple », a-t-il ajouté. Le responsable a déclaré que les attaques constituent une « tentative de dissimulation des crises internes qui durent depuis 100 ans depuis la fondation de la République turque ». Le Département de surveillance et de documentation de North Press Agency a enregistré jusqu’à présent la mort de huit personnes, dont deux civils, et les blessures de cinq autres personnes lors de ces attaques. Il a également documenté le ciblage de 16 positions, dont huit positions d’infrastructure, six zones résidentielles et deux postes militaires. Chiya Kurd a exhorté la communauté internationale à prendre des mesures contre ces pratiques, sinon le « régime turc continuera de commettre de nouveaux massacres contre notre peuple et la région ». Si ces attaques se poursuivent, a-t-il prévenu, cela entraînerait une catastrophe humanitaire et relancerait « les organisations terroristes, en plus de saper nos efforts pour les combattre ». « Nous sommes aux côtés de notre peuple et respecterons sans hésitation toutes nos lois légitimes pour protéger notre existence et nos réalisations », a-t-il conclu. Depuis la matinée, les forces turques ont ciblé un total de 16 sites, dont huit infrastructures et six zones résidentielles. Le nombre de victimes s’élève à 13, huit personnes ont été tuées et cinq autres blessées, selon le Département de surveillance et de documentation de North Press Agency. La Turquie a ciblé : 🔸 Un champ pétrolifère dans le village de Gerdahol, Tirbespiye 🔸 Une station de transfert d’électricité, Haseke 🔸Une usine à Misherfa Hime 🔸 Le barrage à Çil Axa 🔸 Une ctation service à Al Qews, Çil Axa 🔸 Une station service à Tirbespiye 🔸 Les environs du camp de déplacés à Washokani 🔸Le village de Til Habash/Amude 🔸Le village de Rekbe, Til Temir 🔸 Un cimetière à Kobané 🔸 Un véhicule à Misherfa Hime, à Haseke 🔸Une moto à Xirab Eşk, à Kobane Les attaques destructrices turques ciblant le Rojava interviennent après les menaces proférées hier par le ministre turc des affaires étrangères Hakan Fidan contre les Kurdes en Syrie et en Irak.

SYRIE. Les Etats-Unis abattent un drone turc au-dessus de leur base de Tal Baydar

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SYRIE / ROJAVA. La coalition internationale a abattu un drone militaire turc Bayraktar volant au-dessus d’une de ses bases anti-EI près de la ville de Tal Baydar, dans le canton d’Hassaké, au milieu d’attaques généralisées de drones turcs ciblant les zones civiles, dont le camp de déplacés de Washokani, à Hassaké. On déplore des blessés civils. Alors, est-ce que les USA protégeront enfin leur alliés kurdes face à Erdogan qui a commis tant de massacres au Rojava mais aussi au Kurdistan irakien et dans la région yézidie de Shengal ou il s’agissait tout simplement d’un geste protégeant les soldats américains ?

Hier, le ministre turc des affaires étrangères, Hakan Fidan a déclaré que la Turquie va attaquer toutes les infrastructures (hôpitaux, écoles, bâtiments publics…) et installations (barrages, puits de pétrole, silos de céréales…) des forces kurdes YPG en Syrie et le PKK dans le nord de l’Irak. Fidan a prétendu que les forces kurdes YPG sont derrière la récente attaque d’Ankara et annoncé de nouveaux crimes de guerre au Rojava…

Depuis les nouvelles menaces et attaques armées turques ciblant le Rojava, les responsables kurdes appellent la communauté internationale à empêcher de nouveaux massacres dans la région. De son côté, la coprésidente de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES), Berivan Khaled, appelle les États garants – la Russie et les États-Unis – à adopter une position sérieuse face aux attaques turques qui menacent la sécurité et la stabilité du nord-est de la Syrie.

La Turquie a ciblé les civils et les infrastructures du Rojava – Syrie du N-E

Menaces sur le Rojava et le Kurdistan du Sud

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Le ministre turc des affaires étrangères, Hakan Fidan a déclaré aujourd’hui que la Turquie va attaquer toutes les infrastructures (hôpitaux, écoles, bâtiments publics…) et installations (barrages, puits de pétrole, silos de céréales…) des forces kurdes YPG en Syrie et le PKK dans le nord de l’Irak. Fidan prétend que les forces kurdes YPG sont derrière la récente attaque d’Ankara et annonce un nouveau génocide kurde… Mazloum Abdî, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) a condamné les propos scandaleux de Hakan Fidan et exhorté la communauté internationale à prendre position face aux menaces criminelles turques. Abdî à écrti sur son compte X (anciennement Twitter): « Les auteurs de l’attaque d’Ankara n’ont pas traversé nos régions, comme le prétendent les responsables turcs, et nous ne sommes pas partie au conflit interne turc et nous n’encourageons pas son escalade. La Turquie cherche des prétextes pour légitimer ses attaques en cours contre nos régions et lancer une nouvelle agression militaire, ce qui suscite nos profondes inquiétudes. Cibler les infrastructures et les ressources économiques de la région et des villes peuplées est un crime de guerre, et nous en avons déjà été témoins. C’est pourquoi nous exhortons les parties garantes et la communauté internationale à adopter des positions appropriées face à ces menaces récurrentes et à garantir la paix et la stabilité dans la région. »
Mazloum Abdi

Dangereux recul de la liberté de la presse en Turquie

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En Turquie et dans les régions kurdes du pays, la liberté de la presse a continué de reculer après les élections de mai, avec des arrestations et des procès arbitraires, une augmentation de la violence lors des détentions, la censure protégeant les personnes au pouvoir contre les critiques et une justice locale qui ne reconnaît pas la Cour constitutionnelle. Pour Erol Onderoglu, journaliste et représentant de RSF en Turquie, il s’agit du désir de faire taire les journalistes pour dissimuler des crimes. Voici le bilan sombre de la liberté de presse en Turquie dressé par Eroglu: Le rapport de surveillance des médias du BİA couvrant la période de juillet à septembre révèle qu’au cours des trois derniers mois, 206 journalistes ont vécu sous la menace d’emprisonnement, principalement en raison d’affaires fondées sur le Code pénal turc et la loi antiterroriste. Le rapport souligne que les médias critiques sont supprimés avec l’emprisonnement de nombreux journalistes tels que Barış Pehlivan, Merdan Yanardağ et Abdurrahman Gök, et que le pouvoir judiciaire ferme les yeux sur le fait que des journalistes comme Hale Gönültaş et İsmail Arı deviennent la cible de certaines sectes religieuses, groupes religieux et organisations illégales. En outre, le rapport fait état de tentatives visant à restreindre l’accès des représentants des médias aux zones de manifestation, avec 10 arrestations. Le rapport souligne également un problème fondamental : la Cour constitutionnelle, en tant qu’autorité chargée des requêtes individuelles, a déjà rendu de nombreuses décisions positives concernant les droits des journalistes, telles que la violence, la censure sur Internet et les cas arbitraires, mais ces décisions ont été ignorées par les tribunaux de première instance. tribunaux, et le cycle des violations persiste. Au cours des trois derniers mois, trois requêtes ont été déposées auprès de la Cour constitutionnelle, totalisant 39 000 lires d’indemnisation. Le journaliste emprisonné Merdan Yanardağ et 18 journalistes kurdes ont également déposé une requête. De même, le Parlement a ignoré la demande de la Cour constitutionnelle de réglementer les restrictions d’accès au journalisme en ligne et a accordé un délai d’un an.  Enfin, le récent rapport du Parlement européen sur la Turquie, tombée à la 165e place du Classement mondial de la liberté de la presse couvrant 180 pays, met en lumière un « carrefour » dû à l’absence de progrès de longue date en matière de libertés fondamentales, de liberté des médias et de de la loi. Il suggère une « voie alternative » comme solution.

206 journalistes jugés en trois mois

En juillet, août et septembre, au moins 148 journalistes ont fait l’objet de procès menés ou initiés sur la base de réglementations telles que le Code pénal turc (TCK), la loi antiterroriste (TMK) et la loi n° 2911 sur les réunions et manifestations. Parmi ces journalistes, 97 ont été accusés d’« appartenance à une organisation » et d’« aide à une organisation », tandis que 29 ont été poursuivis pour « avoir fait de la propagande pour une organisation » ou « avoir désigné la cible d’une personne luttant contre le terrorisme ». Au cours de cette période, 12 des journalistes accusés ont été jugés pour « discrédit des institutions de l’État », et 12 autres ont été jugés pour « résistance à la police » ou « violation de la loi n° 2911 ». Trois journalistes étaient également jugés dans des affaires de diffamation au cours de cette période. En outre, 30 journalistes ont été impliqués dans des affaires pénales liées à « insulte » et « insulte à un agent public », tandis que 17 d’entre eux ont été accusés d’« insulte au président ». Cela porte à 206 le nombre total de journalistes accusés mentionnés dans le rapport trimestriel. En outre, trois journalistes ont été jugés dans des affaires exigeant un total de 420 000 lires d’indemnisation.

Fidan, Gürlek et Bircan s’appuient sur la loi antiterroriste

Outre Fahrettin Altun, directeur de la communication présidentielle, qui a fait juger quatre journalistes pour l’article « Les Bâtiments sans permis près du Bosphore » paru dans le journal Cumhuriyet, İrfan Fidan, l’ancien procureur général d’Istanbul et actuel membre de la Cour constitutionnelle, Akın Gürlek, qui a été nommé vice-ministre de la Justice, et le juge Murat Bircan, qui a rejoint la justice après avoir été incapable d’entrer en politique avec l’AKP et a imposé des sanctions dans l’affaire Gezi, tentent également de réprimer les journalistes qui écrivent sur leurs « promotions rapides » ou « mauvaises pratiques » en déposant des plaintes pour avoir « désigné une personne luttant contre le terrorisme comme une cible pour des groupes terroristes ». Les derniers exemples en sont Furkan Karabay, rédacteur en chef du site Internet Gerçek Gündem, et rédacteur en chef du site, Faruk Eren ; Mansur Çelik, rédacteur en chef de l’agence de presse ANKA ; la journaliste Ayça Söylemez, rédactrice en chef du bianet, et İsmail Saymaz, chroniqueur au journal Sözcü. L’un des 29 accusés du TMK est Merdan Yanardağ, rédacteur en chef de Tele1, qui comparaîtra devant le tribunal le 4 octobre. Le journaliste sera jugé pour « propagande d’organisation terroriste » et « éloge du crime et de la criminel » pour avoir préconisé une politique plus transparente à l’égard du leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan. En Turquie, où une vingtaine de journalistes sont emprisonnés pour leurs activités professionnelles, au cours des trois derniers mois, le correspondant de l’agence Mezopotamya (MA) Fırat Can Arslan et le journaliste-écrivain Barış Pehlivan ont été emprisonnés, tandis que la détention de Merdan Yanardağ, directeur général de TELE1 et un écrivain du journal BirGün a vu, depuis le 27 juin, deux appels contre sa détention rejetés. La Turquie, qui procède à des arrestations politiques, individuelles et collectives, selon la conjoncture politique (15 représentants de médias kurdes ont été arrêtés à Diyarbakır en juin 2022), figure périodiquement dans la catégorie des « pays qui détiennent le plus de journalistes » au monde.

10 journalistes arrêtés, intervention policière brutale

En juillet, août et septembre, au moins dix journalistes, dont six femmes, ont été arrêtés dans quatre villes différentes en raison de leurs activités professionnelles. Dernièrement, les détentions avec des menottes en plastique et les violences contre les représentants des médias sont devenues plus courantes. Quatre des journalistes ont été arrêtés après avoir rendu compte de la nomination du procureur et du juge chargé des dossiers de 16 journalistes au palais de justice de Diyarbakır. Le photojournaliste Berkcan Zengin et la journaliste Zeynep Kuray ont également été arrêtés alors qu’ils couvraient les travailleurs d’Agrobay Seracılık à Bergama, Izmir. Au cours de la même période l’année dernière, au moins cinq représentants des médias, dont trois femmes et une personne LGBTI+, ont été arrêtés. Une fois de plus, la capacité de travail de Zeynep Kuray a été entravée, cette fois alors qu’elle couvrait une manifestation d’ouvriers du bâtiment à Istanbul.

10 journalistes victimes d’agressions ; menaces « religieuses » croissantes

Au cours des trois derniers mois, au moins dix journalistes, dont deux femmes, ont été victimes d’agressions physiques et deux d’entre eux ont reçu des menaces de mort. En juin, une situation similaire au passage à tabac sévère de Sinan Aygül par des gardes municipaux à Bitlis Tatvan s’est produite à Viranşehir, Şanlıurfa. Fin août, le garde du corps et parent du maire de Viranşehir, Salih Ekinci, a agressé Mehmet Karakeçili, rédacteur en chef de Viran TV, qui avait écrit sur des allégations de corruption liées à la municipalité. Au cours de la même période l’année dernière, au moins 20 journalistes, agressés pour la plupart par la police et les milieux du MHP, ont été agressés. Les employés affiliés aux gouvernements locaux tentent d’intimider les journalistes de cette manière, tandis qu’au cours des trois derniers mois, il convient de noter que des cercles ont menacé de mort des journalistes, comme les exemples du journaliste du journal BirGün, İsmail Arı, et du rédacteur en chef de l’agence Mezopotamya (MA), Bilal Güldem. En mai 2022, l’absence de poursuite contre les menaces proférées par le groupe Tevhid contre la journaliste Hale Gönültaş, qui avait été menacée après son reportage pour Kısa Dalga, était révélatrice de l’impunité et encourageait ceux qui s’en remettent à elle. Quatre journalistes qui surveillaient la résistance des villageois contre la zone minière qui devait être ouverte dans la forêt d’Akbelen à Muğla Milas ont été soumis à des violences et à des tirs de gaz poivré à bout portant. Ces incidents illustrent le mépris du journalisme environnemental de la part des responsables et des gendarmes.

Briser la barrière de l’impunité est difficile, mais les journalistes ne baissent pas les bras !

Les trois derniers mois démontrent malheureusement que les énormes défis judiciaires auxquels les journalistes sont confrontés lorsqu’ils cherchent justice contre la violence n’existent pas lorsqu’il s’agit de plaintes et de procès contre des représentants des médias. La détention et la torture du photojournaliste de l’AFP Bülent Kılıç, la détention de l’ancienne journaliste du Bianet Beyza Kural menottée à bord d’un véhicule de police, la grave agression contre le chroniqueur du journal Yeniçağ Yavuz Selim Demirağ devant son domicile à Ankara le 10 mai 2019, la violente attaque perpétrée par deux gardes armés du maire de Tatvan Mehmet Emin Geylani sur Sinan Aygül, la décision de ne pas poursuivre les menaces de mort contre Hale Gönültaş suite à ses nouvelles à Kısa Dalga, la détention de la journaliste Sibel Hürtaş, qui voulait suivre les protestations des bâtonniers contre le Barreau Multiple La loi sur les associations et la violence contre les dirigeants du journal Şarköy’ün Sesi, Yakup Önal et Deniz Önal, parmi de nombreux autres exemples, soulignent tous cette difficulté et cette double norme. Mais les journalistes ne baissent pas les bras ! Alors qu’il couvrait la manifestation des Mères/du Peuple de samedi, la journaliste du site d’information dokuz8, Fatoş Erdoğan, qui a été agressée par la police, a rejoint la liste des journalistes qui ont récemment intenté une action en justice contre les violations de la loi.

17 journalistes supplémentaires deviennent des délinquants « présidentiels », 74 condamnations en 9 ans

Au cours des trois derniers mois, au moins 17 journalistes et dessinateurs (Merdan Yanardağ, Sedef Kabaş, Barış Pehlivan, Ozan Alper Yurtoğlu, Ahmet Sever, Deniz Yücel, Baransel Ağca, Julien Serignac, Gerard Biard, Laurent Sourisseau, « Alice » , Hakkı Boltan, Ramazan Yurttapan, Haydar Ergül, Erk Acarer, Rüstem Batum et Hayko Bağdat) ont été impliqués dans des affaires fondées sur des allégations d’ « insulte au président » . La peine totale demandée sur ces dossiers est de 79 ans et 4 mois de prison. De plus, le journaliste et écrivain Levent Gültekin, qui a récemment été acquitté de cette accusation, fait l’objet d’une nouvelle enquête pour ses commentaires sur Halk TV. Aucune condamnation n’a été signalée dans le cadre de ces affaires au cours des trois derniers mois. Malheureusement, les procès fondés sur l’accusation d’« insulte au Président » se poursuivent malgré la recommandation de la Commission de Venise d’abolir cette disposition et la condamnation de la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Vedat Şorli en octobre 2021. Le nombre de journalistes condamnés à des peines de prison ou à des amendes car ce nombre s’élève à 74 depuis qu’Erdogan est devenu président en août 2014.

114 médias en ligne et VOA turc interdits

Entre juillet et septembre, les juges de paix des tribunaux pénaux ou l’Association des fournisseurs d’accès ont interdit ou critiqué l’accès à au moins 114 articles de presse en ligne traitant de questions telles que la corruption, les pots-de-vin, le favoritisme et l’exploitation des croyances religieuses. L’un des problèmes dans lesquels le juge pénal de paix est intervenu concerne les rapports sur le membre de la Cour de cassation Yüksel Kocaman, qui affirmait qu’il était associé à Ayhan Bora Kaplan, qui serait proche de l’ancien ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu. Des informations similaires ont été publiées par Cumhuriyet, BirGün et Halk TV. Au cours de cette période, des interdictions ont également été imposées au profit des cercles capitalistes tels que les fils du président Erdogan, Burak et Bilal Erdogan, et Süleyman Çetinsaya, président du conseil d’administration d’Artaş Holding. En outre, le 9e juge de paix des tribunaux pénaux a bloqué l’accès au site d’information turc Voice of America (VOA) à la demande du Conseil suprême de la radio et de la télévision (RTÜK), car il n’avait pas déposé de demande de licence. 

Le seul espoir est la Cour Constitutionnelle tant que la répression continue ! 

Au cours des trois derniers mois, la Cour constitutionnelle (AYM) a statué que la « liberté d’expression » avait été violée dans les cas du chroniqueur du journal Evrensel, İhsan Çaralan, d’Ahmet Sever, ancien conseiller de presse du 11e président Abdullah Gül, et d’Aykut Erdoğdu, l’auteur de l’article « Mehmet Cengiz, trésorier de chaque époque » publié dans le journal BirGün. Aydoğdu recevra 39 000 lires en compensation. Même s’il est observé que la Cour suprême ne prend pas rapidement ses décisions sur les requêtes des journalistes et qu’il n’y a que de rares décisions, la prévalence des violations dans les juridictions locales maintient toujours la demande pour l’AYM élevée : le journaliste détenu Merdan Yanardağ et 18 employés des médias kurdes emprisonnés appliqué à AYM pendant cette période. Après le classement sans suite du procès concernant l’assassinat de Musa Anter en raison du délai de prescription, « l’illégalité et les déficiences » du procès concernant les agents publics dans l’affaire de l’assassinat de Hrant Dink ont ​​également été portées devant l’AYM. En revanche, aucune décision relative aux droits du journalisme n’a été rapportée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) au cours des trois derniers mois.

RTÜK impose une amende de 15 millions de lires 

Au cours des mois de juillet, août et septembre 2023, le Conseil suprême de la radio et de la télévision (RTÜK) a imposé un total de 10 amendes administratives et deux suspensions de diffusion d’informations et de programmes diffusés sur les chaînes de télévision et de radio. RTÜK a infligé un total de 14 718 114 lires d’amendes administratives aux chaînes de télévision. Durant cette période, RTÜK a également infligé une amende administrative de 85 738 lires aux stations de radio. Le Conseil a non seulement imposé une suspension de diffusion de sept jours et une amende administrative supérieure au plafond sur Tele1 pour les propos du journaliste détenu Merdan Yanardağ concernant la question kurde ; Une interdiction d’accès a également été imposée à Voice of America (VOA) par le Tribunal pénal de paix, sur demande. Halk TV a également été condamnée à suspendre cinq programmes, au motif que les réactions des députés à l’ordre du jour se reflétaient dans l’émission. Le Conseil n’a pas seulement imposé à la chaîne la suspension de la diffusion de la chaîne Tele1 pendant sept jours et une amende administrative maximale à la suite des déclarations faites par le journaliste détenu Merdan Yanardağ sur la question kurde ; en outre, le Tribunal pénal de paix a imposé une interdiction d’accès au site d’information turc Voice of America (VOA) à la demande du Conseil. En outre, cinq programmes de Halk TV ont été suspendus pour avoir diffusé les réactions des députés à l’ordre du jour.

45 licenciements en trois mois

Au moins 45 journalistes, chroniqueurs et professionnels des médias ont été licenciés ou contraints de quitter les institutions pour lesquelles ils travaillaient au cours des trois derniers mois pour des raisons telles que des changements dans les politiques éditoriales ou une réduction des effectifs. Ce nombre était de huit au cours de la même période l’année dernière. Le bureau de Spoutnik Turquie, le groupe de médias Demirören et le site d’information turc indépendant comptent parmi les lieux de travail où des licenciements ont eu lieu, tandis que la correspondante de guerre suspendue de TRT, Elif Akkuş, poursuit son combat juridique pour ses droits. Bianet

IRAN. Une ado kurde croise la police du hijab et finit dans le coma

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IRAN – Armita Garavand, une adolescente kurde de 16 ans qui a perdu connaissance dimanche suite à une agression perpétrée par la « police des mœurs » dans le métro de Téhéran, est dans un hôpital militaire et les forces de sécurité font pression sur sa famille pour empêcher toute publication d’informations. Malgré cela, une photo de la jeune femme intubée a été publiée par l’ONG des droits humains Hengaw qui appelle les organisations internationales à faire la lumière sur cette affaire grave qui rappelle les conditions dans lesquelles Jina Amini a été tuée par la même police des mœurs il y a tout juste un an. Selon les informations fiables obtenues par Hengaw, des agents de sécurité du gouvernement ont saisi les téléphones portables de tous les membres de la famille d’Armita, soupçonnés d’avoir envoyé ses photos après la publication d’une image d’Armita aux soins intensifs de l’hôpital Fajr de l’armée de l’air à Téhéran. Hier soir, les médias affiliés au gouvernement ont publié une interview des parents d’Armita. Dans cette interview, la mère d’Armita a déclaré : « Nous ne savons pas ; ils ont dit qu’elle s’était effondrée. » L’interview suggère que malgré la pression, les parents d’Armita ne savent rien des raisons de son coma. L’une des sources proches de la famille a révélé à Hengaw que cet entretien a été enregistré dans les locaux de l’hôpital Fajr et sous pression des forces de sécurité. Hengaw a publié hier soir pour la première fois une image d’Armita Garavand dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital Fajr. La source référente de Hengaw a déclaré que l’état de santé d’Armita ne s’est pas amélioré et qu’elle est toujours dans le coma. L’ensemble des locaux de l’hôpital Fajr, en particulier l’unité de soins intensifs, est sous le contrôle strict des forces de sécurité depuis l’hospitalisation d’Armita. Les forces de sécurité contrôlent toutes les activités, mouvements, et l’accès des individus à l’hôpital. Armita Garavand a été transférée à l’hôpital après avoir perdu connaissance après avoir été attaquée par la « Police des mœurs » chargée de faire respecter le port du voile obligatoire à la station de métro Shohada à Téhéran dans la matinée du dimanche 1er octobre 2023. Considérant l’histoire de la République islamique de dissimulation de la vérité et de déni continu des crimes commis, en particulier des meurtres commis par l’État comme dans le cas de Jina Mahsa Amini, et du manque de confiance dans les institutions gouvernementales, Hengaw appelle à un examen de l’état de santé d’Armita Garavand par un médecin d’une équipe indépendante composée de Médecins sans frontières et du bureau du Comité international de la Croix-Rouge (situé à Téhéran) avec la présence d’un représentant du Comité de recherche de la vérité des Nations Unies pour l’Iran.

ROJAVA. Un drone turc vise un poste militaire des FDS près de Hassaké

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SYRIE / ROJAVA – Des explosions ont retenti dans le village de Safia, dans la campagne d’Hassaké, suite à une frappe turque visant une caserne des Forces démocratiques syriennes sur l’autoroute Al-Hasakah-Qamishlo. Des ambulances se sont précipitées sur la zone au milieu d’informations faisant état de pertes humaines. Le lieu de l’explosion est proche d’une base de la Coalition internationale et on parle d’un « message » turc adressé aux Etats-Unis. Ainsi, le nombre de frappes aériennes menées par les drones turcs ciblant les zones dirigée par l’Administration autonome arabo-kurde dans le nord et le nord-est de la Syrie depuis le début de l’année 2023 s’élève à 51, causant la mort de 62 personnes, dont des enfants et des femmes, et blessant des dizaines d’autres.

Magazine Jineolojî: Le combat de Nagihan résonne dans le monde entier

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Le magazine féministe kurde, Jineolojî rend hommage à Nagihan Akarsel à l’occasion du premier anniversaire de son meurtre au Kurdistan irakien par des agents turcs et déclare que depuis un an, dans le monde entier, on scande le slogan « jin, jiyan, azadi » (femme, vie, liberté), pour lequel Nagihan a œuvré toute sa vie. Voici le communiqué du magazine Jineolojî publié à l’occasion du premier anniversaire de Nagihan Akarsel: « Nous avons besoin d’une voix qui appelle à la cascade d’émotions et de pensées de l’époque… Une voix qui raconte le présent autant qu’il est ancien et archaïque… Une parole qui nous fait sentir que nous ne sommes pas seuls dans le univers et complète notre énergie. C’est ce que Nagihan a écrit dans son dernier article à notre magazine avant d’être assassinée. Aux femmes, à l’énergie des femmes, Avec sa croyance poétique dans sa lutte… Avec chacun de ses mots et de ses écrits, elle a apporté l’âme qui avait été retirée de la conscience se rapprochait de la conscience, et elle trouvait toujours des moyens de donner un sens à la vie qui avait été asséchée et séparée de l’âme. Parfois, elle écrivait le sentiment et l’émotion suscités par un vieil homme assis sous un arbre et réfléchissant à la masculinité, parfois elle plaçais les paroles prononcées par une femme dans une commune au cœur de la question de savoir à quoi devrait ressembler la politique, mais elle était toujours préoccupée par la vie, à quoi devrait ressembler une belle et bonne vie… Elle organisait la naïveté, dans toutes les difficultés, en proie à la guerre, aux massacres et aux massacres. Elle enseignait l’esthétique de la lutte et ce que devrait être le langage d’une vie honorable. Elle a dit que cela signifiait ; Elle inspire avec des regards clairs comme l’étincelle dans les yeux d’un nouveau-né… Et elle pensait ainsi, écrivait ainsi, s’organisait ainsi. Ses yeux sont aussi brillants que ceux d’un nouveau-né. C’était plein de sens. Dans ce monde où le combat relève de la responsabilité des hommes, elle est devenue la boussole qui montre comment être une guerrière, se battre en tant que femme et comment les femmes peuvent résister. Elle était l’incarnation d’une nouvelle vie libre avec son langage, sa conscience, sa plume et toute son esthétique. Le 4 octobre 2022, ils ont assassiné Nagihan à Suleymaniye. Son identité de femme libre a été mise à mal dans les rues où elle marchait pour travailler dans une bibliothèque féminine à Sulaymaniyah. Dans la lutte contre la violence d’État masculine, à laquelle elle a consacré toute sa vie, elle a été une fois de plus considérée comme la cible des hommes et de l’État. Exactement un an s’est écoulé depuis son assassinat. Les organisateurs et les tueurs à gages de cet assassinat pensaient qu’en tirant sur Nagihan, ils saperaient sa lutte. Pourtant, depuis un an, résonnent dans les rues du monde, les voix des « jin, jiyan, azadi », pour lesquelles Nagihan s’est battue étape par étape. Cette voix qui nous fait sentir que nous ne sommes pas seules dans l’univers… On a vu que ce qui était prévu avec le massacre ne s’est pas produit et on a fait savoir que cela n’arrivera pas. La lutte de Nagihan, comme celle de toutes les femmes assassinées avant elle, est un héritage pour nous, une dette envers nous et une justification de notre lutte. Notre plus grand objectif restera d’étendre la lutte pour la liberté des femmes, de construire une vie libre et égale et de faire des utopies de Nagihan une réalité. (…)

La « lutte contre le terrorisme » ne peut pas résoudre le conflit turco-kurde

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« L’approche destructrice et à courte vue de la Turquie à l’égard du militantisme kurde est issue du manuel de stratégie raté de l’Occident après le 11 septembre. Il est temps de démolir les règles et d’adopter une approche plus productive », écrit le journaliste Matt Broomfield au lendemain de l’attentat d’Ankara qui a servi d’un énième prétexte à l’État turc pour criminaliser le mouvement politique kurde et bombarder le Kurdistan irakien où se trouve le QG du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) qui a revendiqué l’attentat d’Ankara… Voici l’article de Matt Broomfield daté d’aujourd’hui: La réponse à une récente attaque contre le ministère turc de l’Intérieur à Ankara, revendiquée par les Forces de défense du peuple (HPG), la branche armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), montre clairement que le conflit en cours entre la Turquie et les insurgés kurdes, désormais largement confiné aux montagnes du Kurdistan irakien, ne peut être résolu par les seules mesures antiterroristes. Dans les 24 heures qui ont suivi l’attaque, les forces de sécurité turques ont défoncé les portes et arrêté des représentants du troisième parti politique pro-kurde de Turquie, un groupe parlementaire démocratiquement élu et sans aucune responsabilité dans l’attaque manquée. Pendant ce temps, Erdogan a lancé une vague de frappes aériennes transfrontalières illégales dans le nord de l’Irak, ignorant les protestations du gouvernement irakien, et a menacé de nouvelles actions militaires contre le nord de l’Irak et le nord de la Syrie. Les États occidentaux ont longtemps toléré les campagnes militaires illégales de la Turquie et la répression interne contre le mouvement politique kurde, menées sous couvert de « contre-terrorisme ». Mais ce qui pourrait ressembler à un mariage de convenance, dans lequel les États-Unis et les puissances européennes sont prêts à ignorer les excès antidémocratiques de la Turquie afin d’apaiser leur allié de l’OTAN, est en réalité un mariage d’enfer. Plutôt que d’aller à l’encontre de la politique et des intérêts occidentaux, l’approche destructrice et infructueuse de la Turquie à l’égard de la question kurde est intimement liée aux stratégies antiterroristes à courte vue adoptées par l’Occident après le 11 septembre. L’approche militarisée de l’Occident, où tout est permis, s’avère être le repoussoir parfait pour la stratégie sans issue de la Turquie. Pour empêcher que des actes de violence inutiles comme l’attaque d’Ankara ne se reproduisent et œuvrer véritablement à une paix et une stabilité durables au Moyen-Orient, la Turquie et ses alliés occidentaux doivent adopter de toute urgence une approche diplomatique plus productive.

LE MANUEL DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME

En reconnaissant à quel point la politique « antiterroriste » de la Turquie reflète l’approche autodestructrice de l’Occident, il est possible de comprendre le paradoxe apparent à travers lequel les États-Unis soutiennent les Kurdes d’une main tout en s’opposant à eux de l’autre. En particulier, seule la présence continue de la plus grande armée de l’OTAN (celle des États-Unis) empêche la deuxième armée de l’OTAN (celle de la Turquie) d’envahir, d’occuper et de procéder à un nettoyage ethnique des territoires encore gouvernés par l’administration autonome de l’OTAN dirigée par les Kurdes. Syrie du Nord et de l’Est (AANES), qui a joué un rôle de premier plan dans la défaite territoriale de l’Etat islamique. « Les États-Unis et d’autres pays de l’OTAN ont tenté de rester assis sur la barrière au cours de la dernière décennie », déclare Iida Käyhkö du groupe de sécurité de l’information à Royal Holloway, Université de Londres. Elle présente l’approche occidentale comme une « tentative infructueuse d’apaiser la Turquie tout en conservant un certain engagement nominal à défendre les droits humains des Kurdes et à soutenir la lutte contre l’EI », une tactique contradictoire qui était toujours vouée à l’échec. Dans ses opérations contre les régions kurdes de Syrie, la Turquie a déployé des milices djihadistes sanctionnées par les États-Unis pour avoir abrité des dizaines d’anciens membres et commandants de l’EI , illustrant les contradictions de la tolérance occidentale à l’égard de l’approche militarisée et « antiterroriste » de la Turquie à l’égard de la question kurde. Pourtant, les dirigeants militaires et politiques turcs sont parfaitement conscients qu’ils ont l’Occident aux commandes. Si les États-Unis prenaient des mesures plus sérieuses pour empêcher la Turquie de poursuivre ses attaques contre les Kurdes, leurs partenaires officiels dans la lutte contre l’EI, la Turquie accuserait rapidement l’Occident d’hypocrisie – et non sans raison. La réponse « antiterroriste » entièrement sécurisée et militarisée de la Turquie est tirée du modèle occidental, et les responsables turcs cherchent depuis longtemps à justifier leurs mesures anti-kurdes par la comparaison avec les attaques de l’EI contre les villes occidentales. Comme l’observe Nicholas A. Heras, directeur principal du New Lines Institute : « La Turquie essaie de faire valoir à ses alliés de l’OTAN qu’elle est engagée dans une guerre antiterroriste comparable à la guerre mondiale contre les organisations terroristes que les États-Unis ont menée. pendant deux décennies après les attentats du 11 septembre 2001. » Ceci en dépit du fait que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ne mène aucune attaque ou opération en Occident, alors que les récentes attaques terroristes les plus meurtrières en Turquie ont elles-mêmes ciblé les Kurdes. Encore une fois, cette tactique rhétorique atteint un apogée ridicule dans les affirmations turques selon lesquelles ils envahissent la Syrie pour cibler les « terroristes de l’Etat islamique/PKK/YPG », malgré le fait que le PKK et les unités de protection du peuple kurde syrien YPG ont tous deux joué un rôle de premier plan dans la défaite de l’Etat islamique. tandis que c’est la Turquie qui a permis à des dizaines de milliers de membres étrangers de l’EI, ainsi qu’aux armes et au financement, de traverser ses frontières pour pénétrer sur le territoire de l’EI. Le cadre antiterroriste de la politique kurde de la Turquie est fondamentalement lié au rôle de la Turquie en tant qu’allié de l’OTAN. La force perçue et projetée du gouvernement turc, sur la scène nationale et régionale, repose sur ses opérations de sécurité anti-kurdes. Selon la logique géostratégique reçue, l’Occident a besoin d’un partenaire régional « fort » pour contrer la Russie – indépendamment du fait qu’Erdogan n’a pas adhéré aux sanctions contre la Russie, a abrité les oligarques russes, a hésité sur la fermeture des Dardanelles à la navigation russe et a été d’abord au téléphone avec Poutine lors du coup d’État avorté de Wagner. Un complexe militaro-industriel construit sur la base de la guerre perpétuelle de la Turquie contre les Kurdes est présenté aux alliés occidentaux comme vital pour maintenir le rôle de rempart de la Turquie contre la Russie, justifiant ainsi presque tous les excès contre les Kurdes. Ainsi, par exemple, l’Occident a salué la fourniture par la Turquie de ses drones Bayraktar indigènes à l’Ukraine – ignorant le fait que ces drones avaient été développés pour être utilisés contre les Kurdes et déployés avec un effet déstabilisateur dans les conflits libyen et arméno-azerbaïdjanais (alors que ceux déployés en Ukraine ont en tout cas été rapidement éliminés .) Le « gendarme mondial » a besoin de son voyou régional.

RÉPONSE TIÈDE DES ÉTATS-UNIS

Certes, de nombreux responsables américains ont reconnu le caractère contradictoire et contre-productif du fait de tolérer et de faciliter les attaques de la Turquie contre leurs partenaires kurdes. Mais étant donné qu’ils sont liés par un partenariat sécurisé et militarisé avec la Turquie, ils n’ont guère d’autre choix que d’avaler les justifications de la « guerre contre le terrorisme » de la Turquie. Une illustration dramatique de ce schéma est qu’en avril 2023, une frappe de drone turc près de l’aéroport international de Sulaymaniyah a raté de peu un convoi transportant à la fois l’interlocuteur kurde syrien clé des États-Unis et le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes, Mazloum Abdi (la cible visée) et trois militaires américains. Mais même lorsque la Turquie s’est trouvée dangereusement proche d’un coup direct contre l’armée américaine, Washington n’a émis aucune réprimande publique. Comme me l’a dit à l’époque l’ancien porte-parole de la Coalition dirigée par les États-Unis pour vaincre l’Etat islamique, le colonel Myles Caggins : « L’Amérique a adopté une approche de « ne pas dire la Turquie », ou ce que j’appelle une approche de « les mouchards se font piquer ». . Washington reste discret et ne veut pas accuser la Turquie d’être responsable de cette attaque.» Si l’un des rivaux des États-Unis au Moyen-Orient agissait de manière aussi agressive, un tel silence serait impensable. Mais il est clair que la Turquie a carte blanche pour mener ses opérations théoriquement antiterroristes, même si cela implique de cibler le personnel américain. Il arrive parfois que la Turquie soit allée trop loin. Notamment, à la suite de l’invasion destructrice et chaotique des territoires de l’AANES par la Turquie en 2019, en réponse au retrait partiel des troupes par le président de l’époque, Donald Trump, les États-Unis ont mis fin à  un programme secret de coopération en matière de renseignement militaire avec la Turquie contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) . Depuis 2007, les États-Unis ont déployé des missions de drones pour aider la Turquie à cibler le PKK, même après le retrait du PKK de Turquie vers le nord de l’Irak au cours de l’échec des négociations de paix de 2013 à 2015. Le fait que le retrait de son soutien aux opérations dans le nord de l’Irak ait été considéré comme une mesure punitive appropriée face aux actions de la Turquie dans le nord de la Syrie souligne une réalité que les États-Unis préféreraient ignorer : les opérations anti-kurdes de la Turquie dans le pays, en Syrie et en Irak sont inextricablement liées. . Les attaques de la Turquie contre le mouvement kurde au sens large, dans toutes ses manifestations politiques et militaires, déstabilisent fondamentalement la région et empêchent les Kurdes d’établir la gouvernance stable et inclusive nécessaire pour empêcher la poursuite de l’insurrection de l’Etat islamique. La guerre meurtrière de drones menée par la Turquie contre des cibles militaires, civiles et humanitaires dans le nord de la Syrie a tué des dizaines de personnes cette année seulement, tandis que des milliers d’attaques transfrontalières au Kurdistan irakien ont provoqué une misère similaire. Les attaques turques contre les infrastructures et la limitation du débit d’eau vers le nord de la Syrie déstabilisent fondamentalement la région, fournissant ainsi les conditions nécessaires au développement de l’EI. Et pourtant, les États-Unis restent muets, se moquant de leur prétendue mission anti-EI. Washington pourrait bien répéter l’expérience meurtrière de 2019, mais cela se fera au prix de permettre à la Turquie de poursuivre une politique anti-kurde, aussi dévastatrice soit-elle, tant qu’elle ne mènera pas à une guerre terrestre à grande échelle.

COOPÉRATION : RENSEIGNEMENT, VENTES D’ARMES, RÉPRESSION INTÉRIEURE

Bien que le programme de renseignement sur les drones ait officiellement pris fin, les États-Unis et leurs alliés européens continuent d’offrir à la Turquie toutes sortes de soutien formel et tacite pour sa guerre aux multiples facettes contre les Kurdes. Comme le suggèrent les exigences agressives de la Turquie selon lesquelles la Suède et la Finlande ciblent, criminalisent et expulsent les membres de leurs diasporas kurdes en guise de contrepartie pour qu’Ankara retire son veto sur l’adhésion de ces pays à l’OTAN, Ankara dépend fortement de la coopération occidentale en matière de renseignement. Käyhkö souligne un modèle plus large de coopération profondément enracinée, déclarant : « De nombreux États européens, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni en tête, consacrent d’importantes capacités de renseignement aux enquêtes sur les populations de la diaspora kurde. Dans les différentes régions du Kurdistan, les services de renseignement occidentaux surveillent également le mouvement kurde, les États-Unis et le Royaume-Uni étant particulièrement impliqués dans ces processus en tant que superpuissances du renseignement. Les États-Unis ont interdit à leurs propres partenaires kurdes syriens , entre autres hommes politiques kurdes, de monter à bord d’un avion américain. Les communautés kurdes de toute l’Europe sont harcelées, surveillées et empêchées de voyager, tandis que des représentants kurdes et des réfugiés politiques sont régulièrement arrêtés et expulsés vers la Turquie par les gouvernements européens malgré le risque largement documenté de torture et d’autres traitements cruels et dégradants dans les prisons turques. Dans le cadre d’une tactique courante, des lois antiterroristes excessives et invasives présentées au public comme destinées à cibler le terrorisme islamique sont ensuite utilisées pour cibler la communauté kurde. Il est difficile de voir ce que les États-Unis gagneraient à inscrire leurs propres alliés sur la liste d’interdiction de vol , ou pourquoi il faudrait demander à Stockholm d’expulser vers la Turquie un député kurde iranien siégeant au parlement suédois . Mais une fois de plus, la Turquie est capable d’utiliser les stratégies occidentales pour poursuivre ses objectifs politiques anti-kurdes. La loi turque no. La résolution 7262, mise en œuvre en réponse aux recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), fournit un autre exemple clair. Le GAFI est chargé de veiller à ce que les États respectent les normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement criminel du terrorisme. Lorsque la Turquie a été accusée de ne pas respecter ces normes, elle a mis en œuvre une nouvelle loi. Mais la nouvelle loi n’a pas suivi les recommandations du GAFI sur la consultation de la société civile ou l’atténuation des risques pour des parties innocentes, et a plutôt accordé aux autorités turques de nouveaux pouvoirs pour harceler les organisations non gouvernementales, les empêcher de collecter des fonds et suspendre et licencier unilatéralement leurs employés.. Une fois de plus, Ankara estime que le consensus d’après 2001 selon lequel toute violation des droits civils est justifiée dans la poursuite d’objectifs antiterroristes convenait parfaitement à ses objectifs. Comment l’Occident peut-il sérieusement fustiger la Turquie pour les mesures mises en œuvre en réponse à son propre programme antiterroriste ? Les ventes d’armes jouent également un rôle important dans cette coopération, les pays occidentaux étant souvent condamnés par les représentants kurdes pour avoir vendu des armes et des composants utilisés contre les Kurdes. Il convient toutefois de rappeler que la Turquie produit désormais jusqu’à 80 % de ses propres armes ; Les exportations d’armes turques ont augmenté de 69 % au cours des cinq dernières années seulement ; tandis que la Turquie n’était que le 27e plus grand destinataire d’armes américaines en 2018-2022, contre 7e en 2013-2017. Comme l’observe Heras : « La Turquie a pour objectif clair de devenir le principal exportateur d’armes vers les acteurs étatiques de toute l’Asie et de l’Afrique ». Des pays comme le Royaume-Uni ont discrètement levé les interdictions sur les nouvelles licences d’exportation d’armes vers la Turquie, imposées à la suite de l’attaque meurtrière de 2019 contre les Kurdes syriens. Les États-Unis pourraient bien procéder à un transfert controversé d’avions F-16 vers la Turquie en échange de l’approbation de la participation de la Suède à l’OTAN. Ces mesures sont importantes, non pas tant parce que la Turquie dépend des armes et de la technologie occidentales pour mener sa guerre contre les Kurdes, mais parce qu’elles confirment le statut recherché de la Turquie en tant que puissance intermédiaire et allié régional crucial, capable de fausser la politique mondiale en afin de répondre à son programme anti-kurde. « Vendre de la technologie et du matériel militaires à la Turquie démontre la volonté des États occidentaux de se mettre en quatre pour plaire à un régime autoritaire », déclare Käyhkö.

LA « GUERRE ÉTERNELLE » DE LA TURQUIE

Le problème avec les tactiques « antiterroristes » de la Turquie n’est pas seulement qu’elle tue des Kurdes et chasse des centaines de milliers de réfugiés vers l’Europe, tout en laissant aux États-Unis l’image indésirable d’un allié trompeur et manipulateur incapable de protéger ses partenaires locaux. Ils ne fonctionnent pas. Le conflit entre la Turquie et le PKK a connu des hauts et des bas au cours des quarante dernières années. Même si les drones Bayraktar et d’autres avancées technologiques ont modifié la teneur du conflit, il n’existe aucune perspective réaliste que la Turquie éradique complètement la guérilla à court terme. La Turquie peut frapper de plus en plus profondément au Kurdistan irakien et occuper et nettoyer ethniquement de nouvelles parties du Kurdistan syrien, mais le conflit armé se poursuivra indéfiniment tant que la question kurde restera fondamentalement non résolue. Comme pour l’intervention fondamentalement erronée des États-Unis en Afghanistan, l’occupation et les frappes aériennes ne peuvent engendrer une stabilité durable. Au contraire, comme l’observe Caggins, il existe un « cycle sans fin » dans lequel la Turquie tue les partenaires américains sur le terrain, observe que les États-Unis restent silencieux et voit la crédibilité de Washington s’éroder en conséquence, permettant à la Turquie de commettre de nouvelles attaques. Ces attaques non seulement mettent en péril les alliés des États-Unis, mais recréent également le type de destruction, d’instabilité et de ressentiment qui a permis la montée de l’EI. La Russie profite elle aussi de l’expansion agressive de la Turquie. De la Libye au nord-ouest de la Syrie, les affrontements entre les deux puissances ont l’étrange habitude de déboucher sur un nouveau statu quo acceptable, dans lequel le territoire est divisé entre les sphères d’influence des deux puissances. Une politique plus productive est possible, mais seulement après un recadrage fondamental de la question kurde d’une préoccupation antiterroriste à une question géopolitique sérieuse et complexe. Le complexe militaro-industriel turc a besoin d’un conflit anti-kurde perpétuel pour maintenir son pouvoir. Mais les populations civiles de la région ont été témoins de mesures antiterroristes suffisamment destructrices et à courte vue pour savoir que ces politiques ne pourront jamais apporter la paix ou la sécurité.

JUSTICE ET RESPONSABILITÉ

À leur manière, tant l’attaque d’Ankara que la réponse ultérieure des autorités turques démontrent que l’approche actuelle est dans une impasse. En fin de compte, l’approche purement antiterroriste de la Turquie engendre le conflit en délégitimant les efforts kurdes visant à participer au processus politique formel en Turquie ou à une gouvernance pacifique ailleurs. En emprisonnant des milliers de représentants politiques, de journalistes, d’avocats et d’artistes kurdes tout en interdisant purement et simplement les partis politiques kurdes successifs, la Turquie pousse de nombreux Kurdes à considérer la lutte armée comme le seul moyen possible de poursuivre l’autodétermination et les droits fondamentaux – même si cette lutte seule ne peuvent pas réaliser la Turquie démocratique et fédérale dont ils rêvent. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura aucune responsabilité pour des incidents comme l’attaque d’Ankara. Si le PKK devait être retiré des listes de terrorisme international et traité comme une partie légitime à un conflit armé – comme l’a récemment proposé le plus haut tribunal belge dans un arrêt historique – cela ne permettrait pas au groupe de se tirer d’affaire des attaques qu’il a menées. . Au contraire, radier le PKK de la liste et reconnaître la crise en Turquie comme un conflit civil légitime permettrait à la Turquie et au PKK d’être tenus également responsables de tout crime commis en vertu du droit international des conflits. En effet, en tant que force reconnue dans une guerre civile, le PKK (qui est déjà signataire de la Convention de Genève) aurait plus de responsabilités et de culpabilité en vertu du droit international qu’il n’en a actuellement. Pour sa part, le mouvement kurde syrien continue de se présenter comme un partenaire antiterroriste de l’Occident, s’assurant le soutien et la protection continus, quoique inconstants, de Washington. Mais la guerre contre l’EI ne durera pas éternellement. L’AANES doit se présenter et être reconnue par les États-Unis comme le seul acteur capable d’apporter une paix sûre et durable dans la région – non seulement grâce à sa capacité à déployer une force de combat anti-EI unifiée, professionnelle et efficace, mais aussi en modélisant un mode de gouvernance productif et diversifié, capable de répondre aux griefs locaux. La réouverture des négociations entre la Turquie et le PKK, ainsi qu’entre la Turquie et l’AANES, serait une première étape nécessaire sur cette voie. Mais tant que le gouvernement américain mettra à prix les têtes des dirigeants kurdes et interdira aux dirigeants kurdes syriens de voyager à l’étranger, il sera difficilement en mesure de parrainer des pourparlers de paix. Les obstacles à l’engagement international signifient que nous pourrions assister à davantage d’actes de violence inutiles comme celui qui a frappé Ankara. Tous les citoyens turcs, y compris les Kurdes, méritent mieux. Dans le contexte kurde, le modèle antiterroriste doit être démoli et remplacé par un engagement diplomatique sérieux et la recherche d’un nouveau règlement politique inclusif à l’intérieur et au-delà des frontières de la Turquie. Article original à lire sur le site Kurdish Peace Institute: ‘Counter-Terrorism’ Can’t Solve the Turkish-Kurdish Conflict