TURQUIE. Selon la justice turque, le massacre d’une famille kurde par l’armée n’est pas un crime contre l’humanité

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TURQUIE / KURDISTAN – Plus de trente ans après que des soldats turcs aient brûlé vifs neuf membres d’une famille kurde dans la province de Mus, le verdict détaillé sur l’affaire du massacre de Vartinis fait valoir qu’il n’existait aucune preuve définitive que le massacre avait été commis avec une intention politique, raciale ou religieuse, et ne constitue donc pas un crime contre l’humanité. Un tribunal turc a estimé dans un verdict détaillé rendu lundi qu’il n’existait aucune preuve définitive que l’incendie criminel de 1993 qui a tué neuf membres d’une famille kurde dans le hameau d’Altınova (Vartinis), dans la province orientale de Muş (Mûş), à l’est de la Turquie, avait été commis pour des raisons politiques, intention raciale ou religieuse, ne constituant donc pas un crime contre l’humanité.
Le 3 octobre 1993, neuf personnes d’une même famille, dont sept enfants, ont été tuées dans l’incendie de leur maison suite à des allégations selon lesquelles elles avaient « aidé et encouragé une organisation terroriste illégale ». Le seul membre survivant de la famille, Aysel Öğüt, a porté plainte à plusieurs reprises au fil des années, affirmant que la maison avait été incendiée par les soldats, plaintes qui ont finalement donné lieu à une enquête en 2006 qui a duré huit ans. Une plainte a finalement été déposée en 2013, vingt ans après l’incident, connu sous le nom de « massacre de Vartinis ». L’affaire a été classée sans suite pour cause de prescription en décembre 2023. La Cour a également levé la notice rouge et le mandat d’arrêt émis précédemment contre Bülent Karaoğlu, ancien capitaine de gendarmerie et seul accusé dans cette affaire, qui n’a pas assisté aux audiences. Selon le verdict détaillé, le tribunal a reconnu que l’incendie résultait des ordres de l’accusé. Cependant, en raison de l’absence de défense de la part de l’accusé suite à la décision d’annulation de la Cour suprême, le panel de juges n’a pas évalué le rôle et la responsabilité de l’accusé dans l’incident. En réponse aux demandes des victimes et de leurs avocats visant à ce que l’accusé soit jugé en vertu des dispositions sur le génocide et les crimes contre l’humanité du Code pénal turc numéroté 5237, en vigueur en 2005, le tribunal a soutenu que personne ne pouvait être puni pour un acte non considéré comme un crime par la loi en vigueur au moment de sa commission. Il a en outre déclaré qu’il n’existait aucune preuve définitive et hors de tout doute que le massacre avait été commis avec l’intention particulière requise par la loi, notamment pour des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux. Cette décision a fait l’objet d’un appel de la part des familles des victimes. Le recours devant la Cour suprême a souligné le refus des raisons juridiques et non juridiques d’un procès efficace sur cette affaire tragique et grave. Il a souligné que le meurtre de neuf personnes par incendie devrait être considéré comme un crime contre l’humanité au regard de la législation nationale ou internationale, arguant que de tels crimes ne devraient pas être soumis à prescription.
Retour sur le massacre de Vartinis
  Le 2 octobre 1993, un officier turc a perdu la vie dans un affrontement qui a eu lieu dans la zone rurale de la ville de Vartinis (Altınova) dans le district de Têlî (Korkut) de Mûş. Après le conflit, les militaires venus récupérer le corps de l’officier ont ouvert tiré en l’air et déclaré aux villageois « Nous viendrons brûler votre village ce soir ». Le lendemain, c’est-à-dire le 3 octobre 1993, les militaires sont revenus dans le village et y ont mis le feu, prétendant que les villageois aidaient la guérilla kurde (PKK). À la suite de l’incendie de leur maison, le couple Nasır et Eşref Öğüt ont perdu la vie avec leurs 7 enfants, dont l’aîné avait 12 ans et le plus jeune n’avait que 3 ans. Aysel Öğüt, la seule survivante du massacre, a ensuite déposé une plainte pénale concernant le massacre. d

Macron interpellé : « Les Kurdes ne peuvent pas être des héros au Moyen-Orient et des terroristes en France »

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PARIS – Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, la Coordination nationale de solidarité avec le Kurdistan (CNSK) reproche à la France la criminalisation des Kurdes sur le sol français alors qu’ils sont par ailleurs salués comme des héros pour avoir vaincu DAECH en Syrie avec la colation internationale dont fait partie l’armée française… Voici la lettre ouverte de la CNSK signée par ses co-coorditaeurs Annick Samouelian et Pascal Torre: « Monsieur le Président, Depuis plusieurs mois, nous assistons à une intensification significative de la répression contre les Kurdes de France. Des personnalités de premier plan comme Monsieur Remzi Kartal, la plus haute personnalité kurde en Europe et co-président du Kongra-Gel, ont l’interdiction de séjourner sur notre territoire. Des procédures sans fondement contre des militants aboutissent à des condamnations de plus en plus lourdes tandis que la pratique opaque et arbitraire du gel des avoirs porte atteinte de manière grave aux droits de la personne. Le retrait du statut de réfugié tend à se généraliser pouvant aboutir à des arrestations et des expulsions vers la Turquie. Les faits qui leur sont reprochés ne sont en rien répréhensibles puisqu’il s’agit de participation à la vie d’une association kurde, à des rencontres avec des élus de la République, à des manifestations et prises de paroles publiques, ou à des collectes de fonds. Ces individus n’ont jamais été condamnés, leurs activités sont légales et pacifiques conformément aux lois françaises. La Cour de Justice de l’Union européenne, la Cour européenne des Droits de l’Homme et l’Union européenne elle-même se sont faites l’écho des atteintes aux libertés et des violations aux droits fondamentaux dont sont victimes les Kurdes et les forces démocratiques de ce pays. Près de 60 000 prisonniers politiques, torturés et subissant de mauvais traitements, sont qualifiés de « terroristes » par une justice aux ordres d’un pouvoir autocratique. Les arrestations quotidiennes, par centaines, sont désormais sans limites. En agissant ainsi, le gouvernement de la France se conforme et va au-devant des exigences croissantes du pouvoir turc, confortant la répression et le déni du peuple kurde. Les récentes obligations de quitter le territoire français pour des militants traqués par le gouvernement d’Ankara mettent en danger la vie d’individus qui partagent nos valeurs humanistes. Rien ne justifie un tel acharnement. Les Kurdes respectent les règles démocratiques de la France et n’ont jamais commis le moindre acte de violence sur notre territoire mais ont en revanche été les victimes d’attentats meurtriers sur notre sol. Nul ne peut demeurer indifférent à leur engagement indéfectible, dans la lutte contre Daesh, au prix d’incommensurables sacrifices pour nous protéger. Les autorités françaises ne peuvent prétendre d’un côté leur apporter un soutien diplomatique, recevoir une délégation de combattantes et combattants kurdes et de l’autre pérenniser une politique de stigmatisation et de coercition envers ces femmes et ces hommes venus trouver protection et refuge en France. Vous comprenez donc, Monsieur le Président de la République, que cette double posture n’est pas acceptable. Les Kurdes ne peuvent pas être tout à la fois des héros au Moyen-Orient et des « terroristes » ici. Il est regrettable que les organisations de défense des droits humains, mobilisées dans des conditions difficiles en faveur des droits des Kurdes en Turquie, en Iran, en Syrie ou en Irak, soient désormais contraintes de déployer leur énergie en faveur des Kurdes qui vivent dans notre pays. La lutte contre les organisations « terroristes » ne saurait s’effectuer sans le discernement nécessaire en particulier à l’égard des Kurdes. L’inscription du PKK sur la liste des organisations terroristes, à la demande exclusive de la Turquie, est infondée. Elle sert à criminaliser un mouvement qui lutte contre l’obscurantisme, qui défend la liberté, la paix et les droits humains avec lequel le gouvernement de la France entretient des relations. Les Kurdes ne peuvent servir de variables d’ajustements sur l’autel des relations politiques et économiques entre la France et la Turquie. Les organisations membres de la Coordination nationale Solidarité Kurdistan (CNSK) attendent des autorités de la France un changement salutaire d’orientation pour que cessent ces vagues répressives et pour qu’une protection soit accordée à cette communauté kurde de France menacée et déjà endeuillée. » Les organisations membres de la CNSK sont :

Amis du Peuple Kurde en Alsace – Amitiés Kurdes de Bretagne Amitiés Kurdes de Lyon Rhône Alpes Association Iséroise des Amis des Kurdes Association France Kurdistan Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) Ensemble Mouvement Jeunes Communistes de France Mouvement de la Paix Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F) Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples Nouveau Parti Anticapitaliste Parti Communiste Français Union Communiste Libertaire Union Syndicale Solidaires Solidarité et Liberté Provence

TURQUIE. Une Kurde âgée restée bloquée à l’aéroport d’Istanbul à cause de la discrimination linguistique

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TURQUIE – ISTANBUL – Une femme kurde est restée bloquée à l’aéroport d’Istanbul pendant plus de deux heures en raison d’une barrière linguistique. Dans uns vidéo partagée sur son compte X, Memduh Çalışan, le fils de la dame âgée bloquée à l’aéroport d’Istanbul, a crié sa colère contre la discrimination linguistique frappant les Kurdes de Turquie alors que les services publiques sont donnés dans de nombreuses langues, sauf en kurde, alors que les Kurdes représentent plus de 20% de la population en Turquie.

PAYS BASQUE FRANCAIS. Action pour la liberté d’Ocalan

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PAYS BASQUE DU NORD – Le 17 février 2024, deux réfugiés kurdes ont accroché une banderole « LIBERTÉ POUR ÖCALAN » aux remparts du château de Mauléon-Licharre pour la liberté d’Abdullah Öcalan, chef historique de PKK tenu en isolement en Turquie depuis 25 ans.
château de la ville basque de Mauléon Licharre, Code postal 64130, France
Les deux Kurdes qui ont accroché la banderole au château de la ville de Mauléon Lichar ont publié un communiqué expliquant leur acte ainsi: « Nous sommes une poignée de Kurdes dans cette région. Aujourd’hui, les Kurdes et leurs amis se réunissent à Cologne, au centre de l’Europe, à l’occasion du 25e anniversaire de la captivité d’Öcalan. Nous ne pouvions pas y aller parce que c’était trop loin de nous, alors nous voulions ajouter une voix à ces cris de liberté dans la ville où nous vivons. Nous voulions ajouter une voix à ces cris de liberté dans la ville où nous vivons. Les Kurdes mènent une lutte formidable pour la liberté dans un Moyen-Orient en spirale, et nous voulons donner force et voix pour cela partout où nous sommes. La liberté d’Öcalan, qui a été capturé par une conspiration internationale, donne l’espoir et la force pour la paix et la liberté, en particulier au Kurdistan, en Turquie et au Moyen-Orient. Faire partie de cela nous donne de la force. Une fois de plus, nous disons LIBERTÉ À ÖCALAN, STATUT AUX KURDES. »

La répression iranienne contre les militants kurdes s’intensifie à l’approche des élections

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IRAN / ROJHILAT – Les autorités iraniennes ont intensifié la répression dans les régions kurdes, arrêtant plusieurs militants avant les élections, notamment un adolescent qui aurait célébré la défaite de l’équipe nationale iranienne de football. Les autorités iraniennes ont intensifié leur répression contre les militants kurdes, en particulier dans les régions occidentales, les organisations de défense des droits humains faisant état d’une vague d’arrestations.
Parmi les personnes arrêtées figure Mohammad Yousefi, un jeune de 17 ans originaire de Javanroud, arrêté le 7 février alors qu’il célébrait la défaite de l’équipe nationale iranienne de football. Neuf jours après son arrestation, son état et le lieu où il se trouve restent inconnus, ce qui suscite des inquiétudes quant au traitement réservé aux mineurs en détention. L’ONG Hengaw a rapporté que Yousefi était l’un des nombreux mineurs arrêtés lors des célébrations qui ont éclaté dans les villes kurdes après la défaite de l’Iran face au Qatar en demi-finale de la Coupe d’Asie des Nations. Ajoutant aux tensions, Safa Aely, l’oncle de Mahsa Amini, a été condamné à plus de cinq ans de prison pour « propagande contre l’establishment » et « collusion contre la sécurité nationale ». Aely a été arrêté le 5 septembre 2023 dans le cadre d’une répression plus large alors qu’il organisait des événements en mémoire de sa nièce, dont la mort en détention avait déclenché de nombreuses protestations. Les arrestations s’étendent au-delà de Javanroud et touchent des villes comme Muchesh, Sanandaj et Divandarreh, les services de renseignement et la justice iraniens ne fournissant aucune information sur les détenus. Cette répression intervient avant les élections parlementaires iraniennes du 1er mars, témoignant des efforts du régime pour réprimer la dissidence. Dans le même ordre d’idées, un groupe de 110 militants politiques et anciens politiciens réformateurs ont appelé à participer aux prochaines élections « non libres » en guise d’acte de protestation. Leur déclaration, « Initier le changement », souligne les défis liés à la réalisation d’élections libres dans le système théocratique iranien, mais préconise l’engagement comme forme de résistance.

IRAN. Un avocat kurde envoyé en prison pour purger sa peine

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IRAN – Khosrow Alikordi, un avocat kurde résidant à Mashhad, a été arrêté et emmené à la prison de Vakilabad pour commencer à purger sa peine d’un an de prison. Selon un rapport obtenu par l’ONG Hengaw, Khosrow Alikordi, un avocat en exercice, a été arrêté et transféré à la prison de Vakilabad le samedi 17 février 2024, après avoir été convoqué par la branche d’exécution des verdicts du ministère révolutionnaire et public. Bureau du procureur de Mashhad. Auparavant, Khosrow Alikordi avait été condamné à un an d’emprisonnement par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Mashhad, ainsi qu’à deux ans d’exil, une interdiction de voyager de deux ans, une interdiction de pratiquer le droit pendant deux ans et une interdiction de deux ans d’accéder au cyberespace. En février, cet avocat a été convoqué à la section 901 du parquet révolutionnaire de Mashhad concernant des accusations portées dans une autre affaire. Il est à noter que Khosrow Alikordi a été initialement arrêté et emmené à la prison de Vakilabad le 1er août 2023, à la suite d’une convocation à la branche 901 du parquet révolutionnaire de Mashhad. Par la suite, le 5 août 2023, il a obtenu une liberté provisoire sous caution en attendant la conclusion de la procédure judiciaire. En outre, Khosrow Alikordi a déjà été condamné à une amende de 21 millions de tomans dans une partie de son dossier pour « publication de mensonges » par la 3e chambre du tribunal pénal de Mashhad. Tout au long de sa carrière, cet avocat a représenté de nombreux prisonniers politiques et familles qui demandent justice pour leurs proches tués par la République islamique d’Iran.

IRAN. Un civil meurt suite à l’explosion d’une mine à Sumar

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IRAN / ROJHILAT – Iraj Mahmoudi, blessé lors de la récente explosion d’une mine dans la ville de Sumar, est décédé. Selon un rapport reçu par l’ONG kurde Hengaw, le lundi 12 février 2024, après une semaine d’hospitalisation à Ilam, Iraj Mahmoudi, 39 ans, du district rural de Vizhenan, Gilan-e Gharb, dans la province de Kermanchah (en kurde Kirmaşan), a succombé à ses  blessures subies lors de l’explosion d’une mine à la frontière de Sumar. L’explosion, survenue le 6 février 2024, dans la région de Ban-Sarat à Sumar Qasr-e Shirin, a également coûté la vie à deux autres individus, dont l’un a été identifié comme étant Mohammad Mahmoudi (50 ans). En 2023, selon les données du Centre de statistiques et de documents de Hengaw, au moins sept décès et 20 blessures ou mutilations ont été signalés en raison de l’explosion de mines ou d’engins non explosés, avec 26 incidents enregistrés le long des frontières d’Ilam et de Kermanshah, du Kurdistan et d’Ourmia (Azerbaïdjan occidental).

IRAN. La détresse d’une famille kurde dont le père est kidnappé depuis 15 mois

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IRAN / ROJHILAT – Aujourd’hui, cela fait 455 jours depuis la disparition forcée d’Osman Mameh, un Kurde de Bukan kidnappé par les forces armées iraniennes pendant le mouvement « femme, vie, liberté » (Jin, Jiyan, Azadi). Sa femme s’est rendue à toutes les institutions judiciaires, sécuritaires et gouvernementales de la République islamique d’Iran, en vain. Ses enfants, aux prises avec l’absence du père de famille qui subvenait aux besoins financiers de la famille, vivent dans la misère et souffrent de problèmes émotionnels et de santé. Selon un rapport reçu par l’ONG Hengaw, Osman Mameh, 56 ans, de Bukan, est porté disparu depuis un an et trois mois. Sa famille n’a reçu aucune information sur l’endroit où il se trouve, malgré ses efforts incessants pour obtenir des réponses. Durant cette période, l’épouse d’Osman Mameh s’est rapprochée du gouverneur de Bukan, du service de renseignement local et même de l’institution extra-légale associée au leader de la République islamique d’Iran, connue sous le nom de Beite Rahbar, soit seule, soit avec ses enfants. Cependant, toutes ces institutions ont refusé de fournir la moindre information. L’enquête menée par Hengaw a révélé que certains membres de la famille et proches parents d’Osman Mameh ont été menacés par les agences de sécurité pour qu’ils cessent de le chercher. Le fardeau financier résultant de la disparition d’Osman Mame a causé d’importantes difficultés à sa famille, car il était le principal soutien de famille. De plus, l’épouse d’Osman Mameh souffre de migraines, l’aîné a des problèmes cardiaques et le plus jeune souffre d’une grave dépression. À ce jour, Osman Mameh n’a eu aucun contact avec sa famille et aucun document n’a été fourni depuis son enlèvement. Avant sa disparition forcée, Osman Mameh était employé dans une ferme avicole de la ville de Dukan, située dans la région du Kurdistan irakien. Osman Mameh, un habitant de Bukan, a été victime d’une disparition forcée par les forces gouvernementales dans la soirée du vendredi 18 novembre 2022. La disparition forcée, un crime contre l’humanité, implique l’arrestation et la dissimulation d’un individu par des entités gouvernementales ou politiques sans divulgation de son sort ou de son lieu de résidence à ses familles ou à la société. Cette tactique est fréquemment utilisée pour susciter la peur, la terreur ou comme moyen de faire taire et de pénaliser les adversaires politiques. La disparition forcée constitue une grave violation des droits de l’homme, infligeant de profondes souffrances et une incertitude aux familles et aux connaissances des victimes, les laissant dans un état de détresse et d’ambiguïté. Se référant à l’article 2 de la Convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, Hengaw tient le gouvernement iranien pour responsable de la disparition forcée d’Osman Mameh et exige des comptes de la République islamique, exigeant un accès immédiat aux services juridiques, aux avocats et aux communications avec sa famille et des soins de santé pour Osman Mameh.

ALLEMAGNE. Rassemblement historique kurde pour Öcalan

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ALLEMAGNE – Plus de 40 000 Kurdes ont défilé aujourd’hui à Cologne, en Allemagne, demandant la libération d’Abdullah Öcalan, chef historique de PKK détenu en isolement carcéral sur l’île prison d’Imrali, en Turquie depuis 25 ans. Le dirigeant kurde Abdullah Öcalan est détenu dans la prison de haute sécurité de l’île d’Imralı depuis le 15 février 1999, date à laquelle il a été kidnappé au Kenya et emmené contre son gré en Turquie. Les avocats n’ont pas eu de nouvelles de lui, ni des trois autres clients qui se trouvent actuellement dans cette même prison « spéciale » après l’appel téléphonique interrompu du 25 mars 2021. Depuis lors, Öcalan et trois de ses codétenus n’ont pas rencontré d’avocat, ni visites familiales, ni appel téléphonique, ni fax, ni lettre. La dernière réunion de famille avec Öcalan a eu lieu le 27 avril 2020, et la dernière réunion avec ses avocats du cabinet d’avocats Asrın, basé à Istanbul, remonte au 7 août 2019, il y a plus de 4 ans et demi. Des dizaines de milliers de personnes en provenance d’Allemagne et de villes européennes se sont rassemblées aujourd’hui à Cologne pour une manifestation centrale visant à protester contre le complot international à l’occasion de son 25e anniversaire. La manifestation était organisée dans le cadre de la campagne internationale « Liberté pour Abdullah Öcalan, une solution politique à la question kurde » lancée le 10 octobre 2023. La manifestation était organisée par les institutions et organisations démocratiques kurdes d’Europe et était soutenue par des hommes politiques,  d’intellectuels, écrivains, universitaires et artistes de renommée internationale.   Des dizaines de milliers de personnes venues de nombreux pays ont commencé à se rassembler tôt le matin à Cologne. Le lieu de rendez-vous de la marche et du rassemblement organisés pour marquer le 25e anniversaire de la remise d’Abdullah Öcalan à la Turquie le 15 février 1999 par un complot international était devant le DGB-Haus. Avec des affiches et des banderoles du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan, d’innombrables personnes du Kurdistan et leurs amis se sont ensuite rassemblés en solidarité dans la Siegburger Str Deutzer Wert, au bord du Rhin, où doit avoir lieu le rassemblement. Des dizaines de milliers de personnes ont alors commencé à défiler avec des affiches géantes d’Abdullah Öcalan. La foule a traversé le pont Severinsbrücke, brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Liberté pour Öcalan », « Öcalan libre », tout en scandant « Mille salutations à İmralı », « Biji Serok Apo » (Vive le leader Öcalan). Groupes internationalistes Des groupes internationalistes de 7 pays différents, dont ceux qui ont participé à la 8e « Longue marche internationaliste pour la liberté d’Abdullah Öcalan » de Bâle à Strasbourg, ont également pris part à la marche.   Alors que l’enthousiasme et la forte participation à la marche ont attiré l’attention, les tendances provocatrices de la police allemande contre les groupes internationalistes ont suscité la réaction des masses. Alors que des dizaines de milliers de personnes traversaient le pont Severinsbrücke sur le Rhin, les secousses du pont provoquèrent la panique. Les manifestants ont défilé dans les rues de Cologne avec des photos d’Abdullah Öcalan et ont atteint le chantier naval Deutzer Werft où a eu lieu le rassemblement final. Le rassemblement a commencé avec l’hymne nationale kurde « Ey Raqib » et une minute de silence. Ahmet Karamus, coprésident du KNK (Congrès national du Kurdistan), coprésidents du KCDK-E (Congrès des sociétés démocratiques du Kurdistan en Europe), Zübeyde Zümrüt et Engin Sever, représentants des institutions kurdes démocratiques européennes, hommes politiques kurdes vivant en exil, artistes, associations de femmes Des organisations ont participé au rassemblement. Ensuite, les coprésidents du KCDK-E, Zübeyde Zümrüt et Engin Sever, se sont adressés à la foule. « Nous libérerons le leader Öcalan » Zübeyde Zümrüt a déclaré : « Nous envoyons des milliers de salutations au leader Apo (Abdullah Öcalan) et à ses camarades dans cette région. Aujourd’hui, vous avez marqué l’histoire à Cologne, en Allemagne. 4 régions du Kurdistan se lèvent pour la liberté du leader Apo. Aujourd’hui, vous avez est entré dans l’histoire. Il y a 25 ans, les forces du complot international ouvraient une page noire pour le peuple kurde. Mais aujourd’hui, en Allemagne, le peuple kurde et ses amis ont ouvert une nouvelle page. Ils ont écrit une nouvelle histoire. Un nouveau pas a été franchi pour la liberté. Le peuple kurde n’a jamais cédé à l’oppression depuis 1925 jusqu’à aujourd’hui. Avec la campagne pour la liberté lancée par les amis du peuple kurde le 10 octobre, notre peuple est partout. Tout le monde est en action pour la lutte sociale, diplomatique et juridique pour la liberté. du Leader Apo. Notre peuple est dans la rue. Nous libérerons le Leader Apo. » « Un leader international » S’exprimant ensuite, Engin Sever a évoqué la campagne internationale lancée le 10 octobre 2023 pour la libération d’Abdullah Öcalan et a déclaré : « Notre leader est en captivité depuis 25 ans. L’objectif était de nous faire oublier le leader Apo. rues pour leur leader, et personne ne peut briser sa volonté. Leader Apo n’est plus le seul leader du peuple kurde. Il est désormais un leader international. 2024 sera l’année de la liberté de Leader Apo. Leader Apo sera libre en 2024. et il sera parmi son peuple à Amed. » Après les discours des coprésidents du KCKD-E, la chorale musicale TEV-CAND a présenté au public des chansons composées pour Abdullah Öcalan. Message des amis du peuple kurde Le rassemblement s’est poursuivi avec les messages des amis du peuple kurde. Kariane Westrheim, présidente de la Commission civique de l’Union européenne (EUTCC), a lu son message et a déclaré ce qui suit : « Nous sommes réunis ici pour commémorer le 25e anniversaire de l’enlèvement d’Abdullah Öcalan au Kenya et de son transfert en Turquie dans des conditions extrêmement dégradantes. Plus nous réfléchissons au conflit kurde en cours et à la recherche de la paix dans la région, plus nous comprenons l’importance de la liberté d’Abdullah Öcalan. La décision prise par les États européens, y compris le gouvernement allemand, il y a 25 ans, de refuser l’asile à Öcalan en L’Europe reste une grave erreur aux conséquences considérables : cette décision a non seulement privé Öcalan de sa liberté, mais a également conduit à une escalade de la violence au Kurdistan et à la perte de milliers de vies. De plus, des institutions telles que l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et le CPT ont la responsabilité partagée de réparer cette injustice historique. Leur intervention et leur plaidoyer en faveur de la liberté d’Öcalan pourraient constituer une étape importante vers la réconciliation et une paix durable dans la région. En outre, il est crucial de reconnaître le rôle du soutien européen dans le glissement de la Turquie vers l’autocratie au cours des 25 dernières années. Le soutien des États et des institutions européennes a permis l’érosion des valeurs démocratiques et le renforcement des tendances autoritaires en Turquie. Alors que nous sommes confrontés aux conséquences des décisions passées, il existe également une possibilité de réparation et de correction. En défendant la liberté d’Öcalan et en reconnaissant les erreurs du passé, les États européens peuvent démontrer leur engagement en faveur de la justice, de la paix et des principes démocratiques. L’engagement inébranlable d’Öcalan en faveur de la paix et son appel à des négociations, même dans des conditions inhumaines, soulignent l’urgence et l’importance de cette affaire. Depuis sa cellule d’Imralı, le prisonnier politique Abdullah Öcalan a écrit de nombreux livres et articles exprimant ses opinions politiques et philosophiques, telles que le confédéralisme démocratique, le féminisme radical et l’autodétermination kurde. Avec ses écrits, il est non seulement un enseignant pour son propre peuple, mais bien plus encore, il est un enseignant pour le monde ! » Représentant indien : exigeons que les responsables des crimes contre l’humanité soient tenus responsables Jagori Grameen, représentant du mouvement 1 Billion Rising en Inde, a déclaré : « Vive les amis et les camarades. Nous sommes tous ici pour exiger la libération immédiate d’Abdullah Öcalan, philosophe, écrivain et militant visionnaire emprisonné le 15 février 1999. Les citoyens kurdes de ce monde poursuivent leur lutte révolutionnaire pour construire un nouvel ordre mondial – une démocratie fédérale. sans états. Aujourd’hui, nous sommes solidaires avec eux. Nous ne demandons pas, nous exigeons la libération immédiate d’Abdullah Öcalan et de tous les penseurs, militants des droits de l’homme, écrivains et journalistes, avocats, femmes et hommes qui travaillent sans relâche pour la dignité de toute vie humaine, pour la justice, pour une politique inclusive. et pratiquez partout dans le monde. Exigeons ensemble que les responsables des crimes contre l’humanité soient tenus responsables afin que notre voix et notre revendication communes trouvent un écho dans tous les parlements du monde. » Jonasson : Nous exigeons que la communauté internationale cesse de soutenir le terrorisme d’État turc Ögmundur Jonasson, ancien ministre de la Justice d’Islande et membre de la délégation internationale d’Imralı a déclaré : « Depuis longtemps, j’entends la voix du peuple kurde. J’entends la voix d’un peuple qui veut protéger sa culture. J’ai entendu la voix d’un peuple qui veut protéger sa culture. J’ai entendu la voix d’un peuple qui veut protéger sa langue. Et j’ai entendu la voix d’un peuple qui veut protéger sa liberté de l’oppression. . J’ai entendu cette voix quand j’étais jeune homme en Islande. Plus tard dans ma vie, lorsque je suis arrivé à Strasbourg en tant que membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, j’ai entendu à nouveau la voix kurde. Mais maintenant les voix Les voix se multiplient à l’intérieur des bâtiments du Parlement, où les représentants kurdes tentent de nous réveiller sur ce qui se passe au Kurdistan, et il y a celles à l’extérieur qui portent le même message, toujours prêtes, toujours sur leurs gardes, toujours présentes, chaque jour. jour, pour faire entendre cette voix. Nous sommes ici pour exiger que la communauté internationale cesse de soutenir le terrorisme d’État turc. Ce n’est pas le moment d’oublier ou de pardonner ces crimes, c’est le moment de tendre un véritable rameau d’olivier pour voir si nous pouvons relancer l’expérience démocratique à Imrali et, espérons-le, les portes s’ouvriront alors pour une véritable réconciliation. Cela ne sera pas seulement bénéfique pour les Kurdes ; La Turquie en a besoin, le Moyen-Orient en a besoin, le monde en a besoin. Une guerre ici déclenchera une guerre là-bas. C’est ainsi que fonctionne le domino. Mais de la même manière, la paix ici peut conduire à la paix ailleurs. Un domino tombe sur un autre, puis l’un suit l’autre, ouvrant ainsi la voie à la paix. C’est ce que nous voulons : donner une chance à la paix. C’est pourquoi je dis avec vous : Liberté pour Abdullah Öcalan – Paix au Kurdistan. » Mapelli : Une nouvelle vision nous vient d’un homme enfermé dans une prison Le message du rédacteur en chef des éditions Punto Rosso, Roberto Mapelli, disait : « Quel genre de monde nous offre le système de civilisation dans lequel nous vivons ? Un monde une fois de plus plongé dans la guerre, où le génocide est redevenu une situation normale. Le capitalisme décolle son masque : il doit travailler sans démocratie pour continuer à exploiter la nature et le travail, et il utilise la nation et l’État pour imposer sa domination sur la société, tout comme il l’a fait dans les années 1930 pour surmonter la grande crise. L’existence même de la planète et de l’humanité est en danger. L’humanité a le droit de se défendre. Elle a le droit d’exister en paix. Une nouvelle vision doit donc adopter une nouvelle façon de penser son avenir. Et cette nouvelle vision nous vient d’un homme enfermé dans une prison où il ne peut pas voir le monde et n’a apparemment pas d’avenir. Président Öcalan. (…) Ce qu’Öcalan appelle le confédéralisme démocratique est celui où les différences peuvent être comparées sur un pied d’égalité sans rivaliser pour centraliser le pouvoir. Et seule une telle démocratie peut sauver le monde de la guerre et peut-être donner une chance de survie à la pensée de l’Europe occidentale, qui se détruit elle-même en essayant d’enseigner aux autres ce que sont la liberté et la démocratie. » Des messages de nombreuses organisations internationales amies et de groupes de gauche de Turquie ont également été lus lors du rassemblement.

ÉCOCIDE. La tragédie minière d’Erzincan menace le fleuve Euphrate

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TURQUIE / KURDISTAN – Le 13 février, un glissement de terrain a emporté la mine d’or du village Çöpler, dans la province kurde d’Erzincan. Au moins neufs travailleurs sont portés disparus sur le site tandis que les experts préviennent que le cyanure et l’acide sulfurique utilisés dans la mine se sont répandus sur une superficie de 1 000 hectares et risquent de contaminer les eaux du fleuve Euphrate. Le président de la Chambre des ingénieurs géologues, Hüseyin Alan, a mis en garde contre un désastre environnemental imminent à Erzincan (Erzîngan), en Turquie, en raison de la négligence suite à un accident minier impliquant Canadian SSR Mining et Anagold Mining de Çalık Holding.
Hüseyin Alan
Trois jours après une catastrophe minière à Erzincan (Erzîngan), en Turquie, les inquiétudes s’intensifient alors que neuf travailleurs restent coincés sous un sol chargé de cyanure à la suite d’un glissement de terrain sur le site d’Anagold Mining, un partenariat entre Canadian SSR Mining et Çalık Holding. Hüseyin Alan, président de la Chambre des ingénieurs géologues, a critiqué le non-respect des avertissements des experts, soulignant le risque d’une catastrophe environnementale prolongée impliquant la contamination de l’eau, du sol et de l’air si les mesures nécessaires ne sont pas mises en œuvre.
Selon Alan, le glissement de terrain, constitué de matériaux lavés au cyanure et à l’acide sulfurique, menace de polluer le fleuve Euphrate, situé à seulement 300 mètres de la mine. L’incident fait suite à une brèche survenue en juin 2022, au cours de laquelle un tuyau transportant du cyanure dans la mine d’or a éclaté, libérant des déchets toxiques dans le barrage d’İliç (Licik) sur l’Euphrate. Malgré les avertissements répétés des experts concernant les dangers de la mine, Alan a déclaré que ces préoccupations avaient été rejetées à la fois par l’entreprise et par les autorités, qui considéraient ces objections comme des obstacles au développement de la Turquie. À la suite d’une fuite de cyanure en juin 2022, les opérations de la mine ont été interrompues pendant environ 7 à 8 mois par le ministère de l’Environnement, de l’Urbanisme et du Changement climatique, pour reprendre sous prétexte d’amélioration des mesures de sécurité. Alan a sonné l’alarme quant à l’infiltration potentielle de cyanure et de métaux lourds dans les eaux souterraines et de surface, mettant en garde contre les conséquences désastreuses pour l’agriculture et la santé publique dans la région. Il a critiqué le manque de surveillance et d’application strictes de la part des autorités, attribuant la crise actuelle aux pratiques incontrôlées des sociétés minières. Prévoyant un héritage de pollution durable sans intervention immédiate et efficace, Alan a appelé à une réévaluation des politiques minières de la Turquie afin de prévenir de futures tragédies environnementales et humaines.