SYRIE. Des mercenaires turcs tirent à balles réelles sur deux Kurdes à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Les mercenaires de l’armée d’occupation turque ont blessé deux jeunes Kurdes en leur tirant dessus avec des balles réelles et ont kidnappé le témoin de la scène du crime.
 
Des sources locales ont rapporté que les mercenaires de l’armée d’occupation turque ont tiré à balles réelles sur deux jeunes hommes kurdes, Jamal Ali Kulen, 26 ans, et Muhammad Walid Aliko, 22 ans, qui circulaient à moto près du camp d’Afraza. Ils étaient sur le chemin du retour vers leur domicile dans le village de Darkir, dans la ville de Mobata.
 
Les mercenaires ont également enlevé Bakr Adnan Bakr, habitant du même village, qui a assisté à la scène du crime.
 
Les mercenaires de l’État d’occupation turc ont enlevé hier le citoyen Rezan Muhammad (44 ans) à son domicile du quartier de Mahmoudiya, à Afrin. (ANHA)

Le Rojava organise un festival pour enfants

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SYRIE / ROJAVA – Le Mouvement culturel, Hîlala Zêrîn organisera un festival d’art pour enfants à Til Temir (Tell Tamer) en septembre 2024. Reşa ​​Elo, une responsable arabe d’Hîlala Zêrîn pour Tell Tamer, a déclaré : « Nous devons élever des enfants libres si nous voulons construire une société libre et démocratique. » Le mouvement culturel kurde, Hîlala Zêrîn organisera en septembre 2024 un festival d’art pour enfants, en coopération avec le Conseil de la culture et des arts de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES). Le festival de trois jours vise à améliorer les compétences artistiques des enfants.
Reşa ​​Elo
Dans une interview accordée à NuJINHA, Reşa ​​Elo, membre arabe du mouvement culturel Hîlala Zêrîn de la ville de Til Temir (Tell Tamer) du canton de Jazira, a donné des informations sur le festival. Les enfants participeront au festival après neuf mois d’éducation  Le festival sera un festival coloré et multiculturel, a déclaré Reşa ​​Elo, ajoutant que les enfants participeraient au festival après neuf mois d’éducation. « Nous éduquons les enfants pour qu’ils puissent montrer leurs couleurs dans toutes les facettes de la vie. Nos enfants sont les plants d’aujourd’hui et les arbres de demain. Nous devons élever des enfants libres si nous voulons construire une société libre et démocratique. L’un des objectifs de notre mouvement est d’élever des enfants ayant des pensées libres et démocratiques. L’art joue un rôle important dans l’éducation et l’amélioration des compétences des enfants. Nous nous efforçons d’enseigner aux enfants l’importance de l’art et de la culture. Les enfants reçoivent une éducation artistique avec des enfants de différentes nations et religions ». « Nous avons appris la culture de l’amour pour notre pays et du patriotisme auprès du leader Apo » Le Mouvement culturel Hîlala Zêrîn et le Mouvement de Mésopotamie sont devenus une école de culture et d’art au Rojava, a souligné Reşa ​​Elo, en disant : « Les enfants kurdes et arabes viennent dans notre centre pour en apprendre davantage sur leur culture. Ils apprennent leur culture et leur histoire à travers des chansons. De plus, les enfants apprennent à respecter les autres cultures et à comprendre que chaque nation a sa propre langue, sa culture et son art. Nous voulons élever nos enfants avec la culture et l’art afin qu’ils construisent une société libre et démocratique lorsqu’ils seront grands. Nous avons appris la culture de l’amour pour notre pays et du patriotisme auprès du leader Apo (Abdullah Öcalan) et nous enseignons cette culture à nos enfants. Nous travaillons dur pour augmenter le nombre de nos membres afin de renforcer la confiance des enfants, de briser les murs de la peur et de les libérer. Dans nos centres, les enfants apprennent les chants, les jeux et les danses de toutes les nations de Mésopotamie ». « Hîlala Zêrîn joue un rôle important dans l’amélioration de la santé mentale des enfants » Rappelant les attaques turques en cours qui affectent la psychologie des enfants, Reşa ​​Elo a déclaré : « La Hîlala Zêrîn joue un rôle important dans l’amélioration de la santé mentale des enfants en organisant des activités artistiques. Malgré la guerre et les attaques, nous avons encore de l’espoir. Nous savons à quel point les enfants sont touchés par la guerre et nous déployons de grands efforts pour eux. Parfois, nous organisons des activités pour les enfants des centres afin de leur remonter le moral et de s’aimer davantage. Nous devons consacrer toute notre énergie à élever des enfants, car nous récolterons ce que nous semons. Nous devons être capables d’éduquer davantage nos enfants afin de pouvoir élever des enfants libres. Nous devons également être patients. Nous dédions le Festival d’art pour enfants que nous organiserons en septembre au dirigeant Abdullah Öcalan, au peuple du nord et de l’est de la Syrie et à tous leurs enfants ». (Reportage de Sorgul Şêxo pour l’agence féminine NuJINHA)

SYRIE. L’occupant turc confisque un bâtiment à Afrin pour l’utiliser comme base militaire

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SYRIE / ROJAVA – L’armée turque et ses mercenaires alliés poursuivent leurs violations et leurs crimes dans le canton kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie.
 
L’organisation des droits humains Afrin-Syrie a annoncé que les forces d’occupation se sont emparées d’un bâtiment appartenant à une femme dans le district de Shera à Afrin pour l’utiliser comme base militaire.
 
Selon le communiqué, l’immeuble appartenant à Zeyneb Ehmed Mihemed (60 ans) du village de Matîna, situé sur la route Kefer Cenê-Bilbilê, a été saisi par les forces occupantes de la Turquie. L’ONG a déclaré que le bâtiment va être transformé en une base militaire.

TURQUIE. L’armée turque tue deux personnes dans la région kurde de Mawa

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TURQUIE / KURDISTAN – Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées à la suite d’une attaque lancée mardi par l’État turc dans la région kurde de Mawa, près du site antique d’Hasankeyf.
 
L’Etat turc a lancé mardi une attaque dans les zones rurales du village de Xirbêkûr (Palamut) dans la région de Mawa, dans la province de Batman.
 
Selon les informations obtenues, deux personnes ont été tuées et deux autres blessées dans les affrontements qui se sont poursuivis avec l’appui de drones, des avions de guerre F-16 et d’hélicoptères. Alors que les blessés et les tués ont été transportés à l’hôpital de formation et de recherche Batman, le village de Xirbêkûr a été placé en quarantaine par l’armée turque pour une durée d’environs deux semaines.

Le Canada met sur la liste des organisations terroristes les Pasdarans d’Iran

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Le Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran (CGRI) , Sepâh-e Pâsdârân — fréquemment abrégé en Pasdaran, a été mis sur la liste des organisations terroristes par le gouvernement canadien, selon une information partagée par l’ONG kurde Hengaw.
 
L’ONG pour la défense des droits humains, Hengaw, ainsi que d’autres ONG actives en Iran, ont été témoins des opérations terroristes du CGRI visant à créer des conditions de guerre contre le peuple iranien en tant que régime répressif et violateur systématique des droits humains.
 
Hengaw déclare qu’elle « salue cette décision du gouvernement canadien et remercie tous les militants et représentants qui ont travaillé à cette réalisation importante au Canada », avant d’ajouter : 
 
« Nous pensons que les organisations de défense des droits humains, les militants civils et toutes les personnes et institutions influentes devraient profiter de cette opportunité pour appeler d’autres gouvernements européens et pays comme l’Australie à désigner également le Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran comme organisation terroriste sur leurs propres listes ».

TURQUIE. Mort d’un autre prisonnier kurde malade

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TURQUIE – Yıldırım Han, prisonnier politique kurde détenu dans la prison de Sirnak, est décédé après deux semaines passés aux soins intensif. Il y a des milliers de prisonniers politiques malades tenus en otage par le régime turc pour les empêcher d’avoir accès à des soins adéquats.
 
Yıldırım Han était détenu dans la prison de type T de Şırnak et figurant sur la liste des prisonniers gravement malades de l’Association des droits de l’homme (IHD). Il a été transféré à Ankara il y a environ deux semaines après que son état de santé s’est aggravé. Il est décédé la nuit dernière.
Le corps de Han va être envoyé à sa ville natale d’Hakkari (Colemêrg) pour enterrement.

SYRIE. Les USA éliminent un cadre de DAECH dans le canton d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Dans un communiqué publié aujourd’hui, l’armée américaine a annoncé l’élimination d’un chef de l’Etat islamique lors d’un raid dans le canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie, dans le Nord de la Syrie. Le Commandement central des États-Unis, CENTCOM a déclaré dans son communiqué que « Le 16 juin, le commandement central américain a mené une frappe aérienne en Syrie, tuant Usamah Jamal Muhammad Ibrahim al-Janabi, haut responsable et facilitateur de l’Etat islamique. Sa mort perturbera la capacité de l’Etat islamique à trouver des ressources et à mener des attaques terroristes. Le CENTCOM, aux côtés de ses alliés et partenaires de la région, continuera d’exécuter des opérations visant à dégrader les capacités opérationnelles de l’EI et à assurer sa défaite durable. (…) » Farhad Shami, responsable du centre des médias des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) a félicité les forces américaines pour l’élimination du terroriste de DAECH, tout en condamnant le soutient de la Turquie au groupe terroriste État Islamique. Il a déclaré sur son compte X (ancien Twitter): « Nous félicitons nos partenaires de la Coalition internationale pour l’assassinat d’Oussama Mohamed Ibrahim al-Janabi, un terroriste de l’Etat islamique ciblé lors d’une frappe aérienne, ce terroriste était basé dans la région [kurde] d’Afrin occupée par la Turquie. Le soi-disant gouvernement intérimaire soutenu par la Turquie a affirmé que ce terroriste de l’EI était un civil et qu’il avait été tué par un bombardement des FDS, ce qui révèle une fois de plus clairement l’ampleur de la désinformation délibérée des groupes qui travaillent pour la Turquie depuis la Syrie. une tentative de protéger les dirigeants de l’Etat islamique et de les présenter comme des civils. Les zones occupées par la Turquie restent un lieu sûr pour les dirigeants de l’Etat islamique. La présence d’Oussama al-Janabi dans une colonie à Afrin montre l’étendue de l’implication de la Turquie dans le soutien au terrorisme. »

TURQUIE. Erdogan a transformé les centres pour femmes des villes kurdes en « cafés pour hommes »

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TURQUIE / KURDISTAN – Un rapport basé sur des observations dans les villes kurdes Diyarbakır et Batman révèle l’impact de la prise de contrôle des municipalités par le gouvernement sur les institutions axées sur les femmes.
 
Un groupe de femmes a fait part de ses inquiétudes concernant les institutions pour femmes gérées par les municipalités des provinces kurdes de Diyarbakır et de Batman. Jusqu’aux élections locales de 2024, ces institutions étaient sous la direction d’administrateurs nommés par le gouvernement, qui remplaçaient les maires élus des partis kurdes en raison d’enquêtes pour « terrorisme » à leur encontre.
 
Les institutions en question ont été démantelées par les administrations fiduciaires et transformées en « cafés pour hommes », selon le rapport préparé par le Groupe des femmes féministes (Feminist Kadın Grubu) sur la base de leurs observations dans les deux villes.
 
Feride Eralp, qui a présenté le rapport lors d’un événement au Feminist Mekan à Beyoğlu, Istanbul, a déclaré : « Nous n’avons jamais cessé de construire des ponts et d’expliquer comment la guerre nourrit le patriarcat, ni depuis les bombes tombées sur Roboski, ni pendant la militarisation des zones civiles, ni lorsque les villes se sont transformées en champs de bataille ».
 
Le rapport détaille les récentes visites dans la municipalité métropolitaine de Diyarbakır, où les participants ont exprimé un sentiment renouvelé d’accès après huit ans d’absence en raison du régime de tutelle. Lors des élections locales de cette année, le parti pro-kurde pour l’égalité des peuples et la démocratie (DEM) a reconquis presque toutes les municipalités reprises par le gouvernement, dont le nombre dépassait les 60. « Les municipalités ont été transformées en petits palais inaccessibles derrière des barrières de fer, enlevés au peuple, à nous, aux femmes, à nous tous. Aujourd’hui, ils sont redevenus des lieux appartenant au peuple, accessibles à tous », a décrit Eralp.   Eralp a souligné la conversion d’espaces communautaires centrés sur les femmes en centres d’éducation religieuse et en bureaux matrimoniaux, une démarche considérée comme une tentative de confiner les femmes dans les espaces domestiques et de limiter leur influence dans la vie urbaine. « Les espaces communs où les femmes pouvaient s’éloigner de chez elles, puiser des forces les unes dans les autres et respirer, ont été transformés en cafés pour hommes », a-t-elle expliqué. Le rapport aborde également la location de nombreuses propriétés à des ministères pendant 20 à 30 ans sous le régime des fiduciaires, notamment le centre pour femmes Selis à Batman, qui a été loué pour une somme modique. « À Batman, le gymnase ouvert par la municipalité pour les femmes a été transformé en un établissement réservé aux hommes après la nomination d’un administrateur. Il s’agit de mesures délibérées prises pour empêcher les femmes de quitter leur domicile, les confiner dans leur foyer et leur famille et garantir ils n’ont pas leur mot à dire dans la ville dans laquelle ils vivent », a-t-elle fait remarquer. La pratique consistant à reprendre des municipalités aux partis pro-kurdes de la région a commencé en 2016, pendant la période d’état d’urgence suite à une tentative de coup d’État manquée. Après les élections locales de 2019, le gouvernement a de nouveau repris la quasi-totalité des municipalités des villes kurdes. À la suite des élections locales de 2024, le gouvernement a confisqué la municipalité de Hakkari, mais s’est jusqu’à présent abstenu de mettre en œuvre un régime de tutelle à grande échelle. Selon la loi, le ministre de l’Intérieur a le pouvoir de révoquer un administrateur local qui fait l’objet d’une enquête pénale contre lui pour des infractions spécifiques, notamment le terrorisme. Les membres du parti pro-kurde DEM et ses prédécesseurs ont souvent fait l’objet d’enquêtes et de procès, accusés d’avoir des liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). (Bianet)

FRANCE. Une féministe kurde arrêtée à la demande de l’Allemagne

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PARIS – La justice française a fait arrêter la militante kurde Gülhatun Kara, membre du mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) réfugiée en France, à la demande de l’Allemagne. Fin 2023, les autorités françaises avaient gelé les avoirs de Gulhatun Kara. Gülhatun Kara, membre du Mouvement des Femmes kurdes en Europe (TJK-E), avait été interpellée le 12 juin dans la région parisienne, suite à un mandat d’arrêt européen délivré par l’Allemagne. Le jour suivant, elle était écrouée à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Selon les informations disponibles, la demande allemande se base sur une enquête ouverte en 2019 en lien avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Parmi les faits reprochés à la militante kurde, figurent sa participation à des manifestations, à des émissions de radio et de télévision, ou encore à des campagnes pour la libération du leader kurde Abdullah Öcalan. La cinquantenaire a comparu hier, mercredi, devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris dans le cadre d’une demande de mise en liberté. Dénonçant une répression judiciaire à l’encontre des militants kurdes en Europe, ses avocats, Me Marie Malterre et Me David Andic ont souligné le fait que Mme Kara ne représentait aucun danger pour l’ordre public et qu’elle présentait les garanties nécessaires pour répondre aux convocations de la justice. Après délibération, les juges ont décidé la mise en liberté de Mme Kara sous contrôle judiciaire. La prochaine audience pour l’examen au fond de la demande d’extradition doit avoir lieu le 3 juillet. Née en 1965 dans la région de Kars, au Kurdistan du Nord, Gulhatun Kara est réfugiée en France depuis 1991. Elle est connue en Europe pour son engagement actif au sein du Mouvement des Femmes kurdes. (Détails via Rojinfo)

« L’apartheid fondé sur le genre doit être reconnu comme un crime de droit international »

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MONDE – « L’apartheid fondé sur le genre doit être reconnu comme un crime de droit international, en vue de renforcer les initiatives visant à lutter contre les régimes institutionnalisés d’oppression et de domination systématiques imposés pour des motifs liés au genre », a déclaré Amnesty International le 17 juin 2024. Des féministes iraniennes, dont Mina Khani qui milite également au sein de l’ONG kurde Hengaw, et afghanes font parmi de celles et ceux qui exigent la reconnaissance d’un tel crime alors qu’elles subissent de plein fouet la barbarie misogynes des mollahs de la république islamique d’Iran et dans l’Afghanistan des Talibans. Amnesty International: L’apartheid fondé sur le genre doit être reconnu comme un crime de droit international « La communauté internationale faillit à son devoir de reconnaître et d’admettre l’oppression et la domination systématiques et institutionnalisées des femmes, des filles et des personnes LGBTI, et d’y apporter une réponse digne de ce nom. Nous demandons la reconnaissance de l’apartheid fondé sur le genre en vertu du droit international pour combler une lacune majeure de notre cadre réglementaire mondial. Nul ne devrait jamais être autorisé à enfreindre les droits, séparer, réduire au silence ou exclure des personnes en raison de leur genre », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International. « Pourtant, des générations successives de femmes et de filles, dans le monde entier, sont soumises à la violence, à la domination et à l’oppression institutionnalisées et systématiques. Un nombre incalculable d’entre elles ont été tuées, et tant d’autres sont privées de dignité, de liberté et d’égalité dans leur vie quotidienne. C’est une véritable honte que le monde ne reconnaisse pas l’oppression et la domination systématiques fondées sur le genre comme un crime au regard du droit international et n’y apporte pas une réponse proportionnelle à sa gravité.    (…) Les États doivent entendre cet appel. Il importe de nommer cette forme d’oppression institutionnalisée. Il faut valider un mandat permettant d’enquêter et d’engager des poursuites, et fixer des sanctions appropriées le cas échéant. Nous devons cette reconnaissance, cette rigueur et ce respect aux militantes et militants qui se trouvent en première ligne de la lutte pour les droits liés au genre et l’égalité de genre, et nous devons cette justice aux victimes de l’apartheid fondé sur le genre. » Amnesty International plaide en faveur de la reconnaissance juridique de l’apartheid fondé sur le genre – en tant que modèle institutionnalisé de domination et d’oppression systémiques sur la base du genre – en vue de combler ce qui constitue une lacune majeure du droit international. Ce qui s’en rapproche le plus dans le cadre international en vigueur est la persécution fondée sur le genre, que le droit international, par exemple dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, reconnaît comme un crime contre l’humanité. Cependant, l’intention et la portée de ce crime diffèrent nettement de l’apartheid. Bien que des groupes spécifiques puissent être ciblés par les deux, le concept de persécution à lui seul ne rend pas pleinement compte de l’ampleur et de la portée de la domination systémique ou du caractère institutionnalisé et idéologique des atteintes pouvant être commises dans le cadre d’un système d’apartheid. (…).  

Complément d’information

Le concept d’apartheid fondé sur le genre a été formulé pour la première fois par des défenseures afghanes des droits humains et des alliés féministes en réponse à l’assujettissement des femmes et des filles et à l’offensive systématique contre leurs droits menée par le régime taliban dans les années 1990. Son usage s’est répandu depuis que les talibans ont repris le contrôle de l’Afghanistan en 2021. Par ailleurs, des féministes iraniennes et des experts de l’ONU font valoir que la discrimination et l’oppression institutionnalisées des femmes en République islamique d’Iran constituent ou pourraient constituer un apartheid fondé sur le genre. La campagne internationale en faveur de la reconnaissance de l’apartheid fondé sur le genre dans le droit international a remporté un grand succès auprès des militantes féministes et de leurs alliés dans le monde, y compris de quatre femmes lauréates du prix Nobel de la paix.