TURQUIE. Des hommes ont tué 34 femmes en juin

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TURQUIE / KURDISTAN – En juin 2024, des hommes ont tué 34 femmes en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays. Depuis début 2024, 193 femmes ont été tuées dans le pays.
 
Selon les informations compilées par le site Bianet, des hommes ont tué au moins 34 femmes et cinq enfants en juin. En outre, 30 femmes sont mortes dans des circonstances suspectes, ce qui ne permet pas de les considérer comme des féminicides. En Turquie, des hommes ont tué 193 femmes au cours des six premiers mois de l’année.

EURO 2024. L’UEFA n’a pas vu le salut fasciste d’un footballeur turc

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EUROPE – Hier soir, lors d’un match du championnat d’Europe de football (Euro 2024), le footballeur turc, Merih Demiral a fait le signe des *Loups Gris turcs lors du match Autriche-Turquie dans le cadre du championnat d’Europe, sans que l’Union européenne des associations de football (UEFA) réagisse… Si au contraire, un joueur autrichien avait fait le signe nazi, on aurait été moins « stoïque ». Il semble que l’Europe aime le fascisme exotique. L’idéologie des Loups Gris du Mouvement Ülkücü (Idéalistes, le nom complet est « Foyers idéalistes » – en turc: Ülkü Ocaklari) repose sur une exaltation de la « race », de la langue, de la culture et de la nation turques. Les autres peuples de Turquie sont considérées comme une force de division de l’unité du pays et sont donc combattus. L’idéologie des Ülkücü est largement façonnée par les images de l’ennemi et les théories du complot. L’éventail des ennemis « internes » et « externes » s’étend des Kurdes, des Grecs et des Arméniens aux Juifs, aux Occidentaux et aux Chinois…

KURDISTAN. Des feux ravagent les montagnes de Duhok à cause des bombardements turcs

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IRAK / KURDISTAN – Les bombardements des forces d’occupation turques ont déclenché des incendies qui ravagent la chaîne de montagnes de la province kurde de Duhok, au sud du Kurdistan. Au Kurdistan, nous sommes face à un écocide colonialiste qui dure depuis des décennies. 
 
Selon le site Roj News, de vastes incendies se sont déclarés le lundi dans les montagnes de Duhok, au sud du Kurdistan, à la suite des bombardements turcs. Les flammes font toujours rage et ne sont pas maîtrisées.
 
Les bombardements se poursuivent dans les villages frontaliers du Kurdistan du Sud, provoquant la fuite de milliers de villageois. Les bombardements ont causé des dégâts considérables aux villages et aux infrastructures civiles, aggravant les souffrances des habitants qui sont confrontés aux menaces des incendies et des déplacements forcés.

TURQUIE. Un adolescent tué lors de pogroms anti Syriens

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TURQUIE – Les pogroms ciblant les réfugiés syriens en Turquie ont coûté la vie à un adolescent syrien de 17 ans qui fut tué hier à coups de couteau dans la province d’Antalya. Cela fait 4 jours que les commerces et habitations des Syriens sont attaqués, incendiés et les Syriens lynchés par des fascistes dans de nombreux provinces de Turquie.
Dans le district de Serik, à Antalya, trois hommes armés de couteaux ont tué Ahmet Handan El Naif, un Syrien de 17 ans.
Alors que les attaques racistes contre les Syriens restent à l’ordre du jour à Kayseri, on a appris qu’un adolescent syrien avait été tué dans le district de Serik, à Antalya. Ahmet Handan El Naif, un Syrien de 17 ans, a été poignardé à mort par trois hommes venus à moto.
On signale l’arrestation des trois hommes qui auraient été impliqué dans ce meurtre barbare qui a eu lieu hier jour dans le quartier Kökez de Serik.

SYRIE. Sept morts lors de manifestations anti-Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Au moins sept personnes sont mortes pendant les manifestations contre l’occupation turque dans le nord de la Syrie provoquées par le pogrom ciblant les réfugiés syrien en Turquie.
 
De nombreuses manifestations ont éclaté dans les régions syriennes sous l’occupation turque en réponse aux violences infligées par les fascistes turcs aux réfugiés syriens en Turquie. Les manifestant dénoncent également les récentes déclarations du président turc Erdogan annonçant la rétablissement des relations avec le boucher Bachar al-Assad, semant la confusion parmi les mercenaires syriens alliés à la Turquie…
 
Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), a déclaré à l’Agence France-Presse que sept personnes avaient perdu la vie, six dans la ville kurde d’Afrin et une à Jarabulus. Elles ont été tuées lors d’affrontements avec les gardes turcs lors des manifestations d’hier.
 
Une source médicale dans le nord de la Syrie a confirmé ces victimes. L’OSDH a rapporté que les forces d’occupation turques ont fermé quatre postes-frontières en réponse aux manifestations..
 
Les manifestants ont brûlé des drapeaux turcs, les ont retirés de plusieurs institutions et ont scandé des slogans hostiles à l’État turc. Les manifestants ont attaqué des véhicules turcs, bloqué des routes et se sont rassemblés dans des zones contrôlées par les mercenaires de Hay’at Tahrir al-Sham, dont Idlib.
 
Le service Internet dans le nord-ouest de la Syrie a été coupé à la suite des manifestations dans la campagne d’Alep, peu après le début des manifestations.

TURQUIE. L’opposition demande au gouvernement de reconnaitre le massacre de Sivas comme un crime contre l’humanité

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TURQUIE / KURDISTAN – Le 2 juillet 1993, des islamistes ont mis le feu à l’hôtel Madımak de la province kurde de Sivas, brulant vives 35 personnes, principalement des personnes de confessions alévie, après qu’un groupe de personnes se soit rassemblé devant l’hôtel après la prière du vendredi pour protester contre l’intellectuel turc de gauche Aziz Nesin, détesté par les sunnites religieux en Turquie depuis qu’il avait tenté de publier le roman controversé de Salman Rushdie « Les Versets sataniques ».
 
Trente-trois participants, deux employés de l’hôtel et deux manifestants ont péri dans l’incendie. Nesin a pu s’échapper car les assaillants ne l’ont pas reconnu.
 
Le chef de l’opposition turque CHP, Özgür Özel a appelé le gouvernement à reconnaître le massacre de l’hôtel Madımak à Sivas comme un crime contre l’humanité à l’occasion du 31e anniversaire de ce crime haineux.
 
Les familles des victimes ont commémoré leurs proches dans la ville mardi, accompagnées d’un certain nombre de politiciens de l’opposition, dont le chef du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), Özgür Özel, le coprésident du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples kurdes (DEM) pro-kurde Tuncer Bakırhan et Erkan Baş, président du Parti des travailleurs de Turquie (TİP), ainsi que des représentants d’organisations alévies et d’OSC.
 
Ils ont participé à une marche en mémoire des victimes du massacre. Les slogans scandés lors de la marche étaient « N’oubliez pas Sivas, ne laissez personne oublier Sivas », « Notre droit [des Alévis] à l’égalité de citoyenneté ne peut être ignoré » et « Ceux qui ont brûlé Sivas sont ceux qui ont fondé l’AKP », en référence au Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.
 
Özel a déclaré aux journalistes lors de l’événement que la décision prise l’année dernière d’abandonner les poursuites judiciaires contre trois accusés jugés par contumace pour leur rôle présumé dans le massacre était « honteuse » et a exigé que le massacre soit reconnu comme un crime contre l’humanité.
 
La décision de la 1ère Haute Cour pénale d’Ankara a suscité la déception et la colère des familles des victimes ainsi que de la communauté alévie du pays. La cour a pris sa décision en accord avec l’avis présenté par le procureur, qui a déclaré que le procès devait être abandonné en raison de l’expiration du délai de prescription de 30 ans.
 
« Les crimes contre l’humanité ne sont pas soumis à prescription ni à amnistie. Nous ne reconnaîtrons aucune décision de justice avant qu’un verdict [qualifiant le massacre de Sivas] de crime contre l’humanité ne soit rendu », a déclaré Özel.
 
Le leader du CHP s’est également engagé à transformer l’hôtel Madımak en un « musée de la honte » dans les quatre à cinq prochaines années, conformément à la demande formulée depuis des années par les familles des victimes auprès du gouvernement.
 
Bakırhan a également parlé à la presse, affirmant que les véritables auteurs du massacre n’ont pas été révélés puisque la plupart des accusés du procès concernant l’incendie de 1993 ont été acquittés et certains ont été libérés grâce à une grâce accordée par le président Recep Tayyip Erdoğan.
 
Depuis 2020, Erdoğan a utilisé son pouvoir présidentiel pour gracier deux personnes, Hayrettin Gül et Ahmet Turan Kılıç, reconnues coupables d’implication dans le massacre de 1993, pour des raisons de santé.
 
« C’est un crime contre l’humanité. Le président ne peut pas gracier les personnes qui ont commis un crime contre l’humanité », a déclaré Bakırhan.
 
L’attaque de l’hôtel Madımak a été décrite comme l’un des jours les plus sombres de l’histoire de la Turquie. L’hôtel accueillait un festival culturel alévi et les assaillants ont pris pour cible les participants, dont de nombreux intellectuels et artistes de premier plan.
 
Parmi les milliers de manifestants qui s’étaient rassemblés autour de l’hôtel Madımak, seuls 190 des agresseurs ont été arrêtés, dont 124 ont été inculpés. Les informations sur le nombre de personnes condamnées lors du procès sont contradictoires, car il y a eu plusieurs nouveaux procès. En 2000, 47 personnes ont été condamnées, dont 33 ont été condamnées à la réclusion à perpétuité.
 
Au fil des années, le nombre de personnes en prison a diminué avec la libération de certaines d’entre elles pour diverses raisons.
 
L’abandon des charges et l’amnistie présidentielle ont provoqué un tollé public et les groupes de défense des droits humains ont dénoncé ces mesures comme un nouvel exemple d’impunité.
 
Plusieurs avocats qui ont défendu les suspects du massacre sont devenus plus tard des politiciens au sein du parti au pouvoir d’Erdoğan.

Kurdistan. Explosion mortelle dans un camp yézidi à Dohuk

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IRAK / KURDISTAN – Une explosion s’est produite aujourd’hui dans le camp de réfugiés yézidis de Khanki, dans la province kurde de Dohuk, au Kurdistan du Sud, entraînant la mort d’une femme et blessant plusieurs autres personnes.
 

Une explosion a eu lieu dans le camp de Khanki, destiné aux réfugiés yézidis de Shengal. Selon les premières informations rapportées par l’agence de presse Roj, l’explosion a causé la mort immédiate d’une femme de 37 ans et plusieurs blessés.

Les autorités officielles n’ont pas encore fourni d’informations détaillées sur les causes de l’explosion, le nombre exact de blessés ou leur état de santé. Des enquêtes sont toujours en cours pour déterminer les circonstances de l’accident et identifier les responsables.

KURDISTAN. Explosion d’une voiture dans la région kurde de Rapêrîn

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IRAK / KURDISTAN – Deux personnes ont été grièvement blessées dans l’explosion d’une voiture à Sulaymaniyah, ville du Kurdistan du Sud. Certaines sources affirment qu’il s’agit d’une attaque de drone (turc ou iranien?). On ne sait pas encore l’identité des victimes.
 
Roj News a rapporté qu’une voiture a explosé dans le quartier Raperin de Sulaymaniyah, blessant grièvement 2 personnes.
 
Saman Nader, porte-parole des pompiers de Souleimaniyeh, a déclaré que l’explosion avait fait deux blessés graves et que leur état de santé était instable.
 
Selon les informations, les bras du conducteur ont été amputés.

TURQUIE. Des réfugiés syriens victimes d’attaques racistes

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TURQUIE – Alors qu’on commémore le massacre des Alévis brulés vifs dans la province kurde de Sivas par des islamistes turcs le 2 juillet 1993, des nouveaux pogroms ciblent les réfugiés syriens dans plusieurs provinces de Turquie depuis trois jours. En Turquie, des racistes et des fascistes ont pourchassé les Syriens dans de nombreuses villes pendant la nuit. Des lieux de travail et des maisons ont été attaqués et des pillages ont eu lieu. De nombreuses personnes ont été soumises à des lynchages collectifs. Les lynchages des réfugiés syriens qui ont débuté le 30 juin dans la province de Kayseri suite à des allégations de viol d’une fillette syrienne par un homme syrien. Bien que les forces de l’État ne soient pas intervenues dans l’agression raciste, les attaques se sont propagées dans de nombreuses villes le deuxième jour. Des groupes armés brandissant le drapeau turc et des slogans racistes ont pourchassé les réfugiés à Kayseri, Reyhanlı, Hatay, Bursa, Kilis, Adana, Antep, Izmir et Istanbul. Des lieux de travail et des maisons appartenant à des réfugiés ont été attaqués et incendiés. Des vidéos de l’agression au couteau d’un Syrien à Antep ont circulé sur les réseaux sociaux. En raison des attaques racistes, les réactions ont également augmenté en Syrie et dans les villes de Rojava occupées par l’État turc et ont dégénéré en affrontements. Manifestations dans les régions occupées en Syrie Les drapeaux turcs ont été retirés, incendiés et de nombreux véhicules ont été détruits à Afrin, Bab, Azaz et dans les zones frontalières. Des manifestants se sont rassemblés devant le quartier général militaire turc à Afrin, ville occupée depuis 2018 et où l’État turc a instauré un régime terroriste, au cri de « A bas les collaborateurs de l’armée nationale entraînés et contrôlés par la Turquie ». Les forces d’occupation militaires ont fait usage d’armes contre les manifestants qui protestaient contre les attaques racistes. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), deux manifestants ont été tués. Des manifestants ont abaissé le drapeau turc au poste frontière de Bab al-Salama. Des manifestations ont également eu lieu dans de nombreuses autres villes.

Hasret Gültekin, musicien kurde-alévi brûlé vif par des islamistes turcs il y a 31 ans

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TURQUIE / KURDISTAN – Le 2 juillet 1993, la police turque laissait brûler vifs 33 Alévis par des islamistes turcs dans l’hôtel Madimak, à Sivas, où devait avoir lieu un festival alévi. 31 ans après ce massacre barbare resté impuni, aujourd’hui, des fascistes turcs mettent le feu aux commerces des réfugiés syriens et mènent la chasse à l’homme dans les rues de la Turquie, en toute impunité.

Le virtuose du tembûr (instrument à corde appelé également « saz » en turc) Hasret Gültekin était parmi les victimes de Madimak*. Ainsi, Hasret a payé de sa vie le triple affront qu’il commettait en étant à la fois kurde, alévi et musicien dans un pays où il était interdit d’être autre que turc, sunnite et parlant le turc.

Hasret Gültekin, 22 ans, était un des premiers chanteurs à avoir bravé l’interdiction de chanter en kurde avec son album « Newroz » sorti en 1990.

Hasret est devenu père à titre posthume 2 mois après sa mort. En effet, sa femme Êtê était enceinte de 7 mois quand on a brûlé son mari. Elle a appelé son bébé « Hasret Roni » (Roni signifie « lumière » en kurde).

 

*Le 2 juillet 1993, après la prière du vendredi, plus de 15 000 islamistes appelant à la charia et à la mort des infidèles se sont réunis devant l’hôtel Madımak, à Sivas, où des participants vénus pour le festival alévi Pir Sultan Abdal étaient logés.

 

Les islamistes protestaient au début contre la présence dans l’hôtel de l’écrivain Aziz Nesin, qui a traduit et publié les « Versets sataniques » de Salman Rushdie et critiqué l’Islam. Mais la protestation s’est transformée en une attaque violente et finalement, ils ont mis le feu à l’Hôtel Madimak.

Aziz Nesin a été sauvé par les forces de sécurité, mais 33 autres intellectuels et 2 hôteliers ont été tués. La police turque a été critiquée pour ne pas avoir empêché la foule haineuse de mettre le feu à l’hôtel.

Le massacre de Sivas a visé non seulement Aziz Nesin et les versets sataniques, mais aussi la minorité alévie qui est la deuxième plus grande communauté religieuse en Turquie persécutée depuis des décennies.

Quelque 85 suspects ont été condamnés à des peines allant de deux à quinze ans de prison, tandis que 37 autres suspects ont été acquittés en décembre 1994, pour « tentative d’établir un État théocratique en renversant l’ordre constitutionnel laïque. »

 

La Cour d’appel a infirmé cette décision en déclarant que le massacre était dirigé contre « la république, la laïcité et la démocratie ». Le 13 mars 2012, la Cour pénale d’Ankara a abandonné l’affaire du massacre de Sivas pour cause de prescription.

Des mesures de sécurité spéciales sont prises chaque année le 2 juillet alors que des milliers de personnes arrivent à Sivas pour rendre hommage aux 33 victimes devant l’hôtel Madimak.

Les Kurdes alévis persécutés depuis des siècles

Les Kurdes alévis de Turquie sont persécutés depuis des siècles à cause de leurs croyances et leur identité ethnique car pour les Ottomans hier et le régime turc aujourd’hui, il était difficile de les assimiler ni sur le plan ethnique, ni sur le plan religieux. Alors que les autorités turco-ottomanes pouvaient manipuler certains Kurdes sunnites en exploitant la religion musulmane pour espérer les éloigner de leurs revendications nationalistes, ils se sentaient démunis face aux Kurdes alévis qui ethniquement et religieusement étaient hermétiques à l’idéologie turco-sunnite et dons indomptables. C’est pourquoi, ils ont été massacrés en masse, déportés de leurs terres vers d’autres régions turques mais également vers Khorasan, en Iran, il y a des siècles.
Depuis le massacre de Dersim entre 1937-38, de nombreux Kurdes alévis ont été assimilés de force et une partie de leurs descendants se disent Turcs et/ou sunnites aujourd’hui. Certains ont même une haine noire vis-à-vis des Kurdes non assimilés, qu’ils soient sunnites ou alévis. Ceci est une des conséquences des politiques d’assimilation centenaires mises en place au Kurdistan par le régime colonialiste turc.