ROJAVA. Des milliers de civils se rendent au barrage de Tichrine attaqué par la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Alors que la Turquie a intensifié ses attaques contre le barrage de Tichrine, des milliers de civils se rendent dans la région en espérant faire cesser les attaques de la Turquie colonialiste et de ses mercenaires alliés ciblant l’autonomie du Rojava mise en place par les Kurdes et leurs alliés arabes. 

 

Invitation à participer à la session du TPP « Le Rojava contre la Turquie »

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BRUXELLES – Le Tribunal permanent des peuples (TPP) se réunira début février à Bruxelles pour juger les crimes commis par la Turquie dans sa guerre ciblant les Kurdes du Rojava / Nord -Est de la Syrie. Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a publié un communiqué invitant à participer à la session du TPP « Le Rojava contre la Turquie ». Voici le communiqué du CDK-F: Nous avons le plaisir de vous inviter à la session du Tribunal Permanent des Peuples (TPP) « Le Rojava contre la Turquie », qui se tiendra à Bruxelles les 5 et 6 février 2025. Nous vous serions par ailleurs reconnaissants d’en informer toute personne que cela pourrait intéresser.   Depuis le début de la guerre en Syrie, le Rojava (nord-est de la Syrie) s’est distingué par son projet de société inclusive, démocratique et égalitaire, qui a su rassembler les communautés kurdes, arabes, yézidies, chrétiennes et d’autres minorités dans un esprit de cohabitation pacifique. Ce modèle novateur repose sur les principes d’autonomie, de droits des femmes, de diversité culturelle et de justice sociale.   Cependant, depuis 2018, cette région est confrontée à des attaques incessantes menées par l’État turc et des groupes armés qui lui sont affiliés. Ces opérations militaires, accompagnées d’exactions, ont profondément bouleversé les équilibres sociaux, politiques et humanitaires du Rojava. Il en résulte de graves violations des droits humains et des manquements au droit international humanitaire.   Le projet de tenir cette session du TPP est porté par plusieurs organisations: le Comité pour la Justice et le Droit et le Département des relations extérieures de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (DAANES), le Centre de Recherche et de Protection des Droits des Femmes et les organisations de défense des droits humains à Al-Jazira et Afrin, l’Association pour la Démocratie et le Droit International (MAF-DAD), l’Association Européenne des Juristes pour la Démocratie et les Droits de l’Homme (EJDH), l’Association Internationale des Juristes Démocrates (AIJD), le Congrès National du Kurdistan (KNK), l’Institut kurde de Bruxelles et la Vrije Universiteit Brussel (VUB).   Nous serions très honorés de votre présence à cet événement crucial pour la justice et les droits humains. Si vous souhaitez y participer, nous vous prions d’envoyer une confirmation avant le 15 janvier 2025 à cette adresse : info@rojavapeoplestribunal.org.   Vous pouvez aussi exprimer votre soutien à cette initiative en envoyant un mail avec l’indication de votre nom, de votre fonction et, le cas échéant, du nom de votre organisation, à info@rojavapeoplestribunal.org   La liste des soutiens sera publiée sur le site internet de la session : https://rojavapeoplestribunal.org   N’hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaire.   Dans l’attente de votre confirmation, nous vous prions d’agréer nos sincères salutations.

La Turquie attaque plusieurs régions du Rojava

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SYRIE / ROJAVA –  Actuellement, des avions turcs bombardent les environs du barrage de Tichrine et les villages des environs. La Turquie veut ouvrir la voie à ses mercenaires qui font face à une résistance héroïque des combattant.e.s arabo-kurdes réunis au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des Unités de défense des Femmes (YPJ).   En parallèle aux attaques sur la région de Tishrin, les mercenaires turco-jihadistes attaquent les villages de Tewîla et Til Tewîl, dans la région de Tall Tamer. De plus, un drone turc a frappé un véhicule civil près de Girziro, à Derik, dans le canton de Jazira. On ne sait pas encore si l’attaque a fait des victimes.

KURDISTAN. Le journaliste Sulaiman Ahmad va retrouver la liberté

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IRAK / KURDISTAN – Une cour d’appel du Kurdistan irakien a abandonné les charges contre le rédacteur en chef de Rojnews, Sulaiman Ahmad, qui avait été kidnappé le 1er octobre 2023 par le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et condamné plus tard à 3 ans de prison pour « terrorisme ». L’administration de la région du Kurdistan de la République d’Irak a prononcé la libération de Sulaiman Ahmad, le rédacteur en chef de la section arabe de Rojnews, emprisonné depuis un an et demi. Neriman Ahmad, avocat dans l’affaire, a annoncé que la Cour d’appel de la région du Kurdistan avait rendu un verdict concernant le journaliste kurde originaire du Rojava ordonnant l’abandon de toutes les charges contre Sulaiman Ahmad et sa libération immédiate.

Emprisonné depuis le 1er octobre 2023

Les forces du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) avaient arrêté Sulaiman Ahmad le 1er octobre 2023 alors qu’il passait de Syrie en Irak. 211 jours se sont écoulés avant que ses avocats puissent contacter le journaliste le 22 mai 2024 à la direction de la police de Duhok. Accusé d’« espionnage » pour le compte du PKK et de « mise en danger de la sécurité nationale », le journaliste avait été condamné à 3 ans de prison le 29 juillet 2024.

La Turquie empêche le départ de la délégation qui doit récupérer les dépouilles des journalistes tués au Rojava

TURQUIE / KURDISTAN – Depuis hier, les autorités turques empêchent la délégation d’élus et de journalistes qui veulent se rendre au Kurdistan irakien pour récupérer les cercueils de Nazim Daştan et Cihan Bilgin, journalistes kurdes tués au Rojava fin décembre. La délégation qui souhaite se rendre au gouvernement régional du Kurdistan en Irak pour recevoir les dépouilles des journalistes Nazim Daştan et Cihan Bilgin, tués dans une attaque aérienne alors qu’ils suivaient sur le terrain l’évolution de la situation en Syrie, est retenue à Silopi depuis 18 heures. La délégation, qui comprenait le député de Mardin du Parti de l’égalité du peuple et de la démocratie (DEM), Kamuran Tanhan, l’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG), les représentants de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) et les membres de leur famille, est arrivée hier soir à la porte frontière de Habur. La délégation affirme qu’on leur a dit que « l’appareil à rayons X était en panne » et que « le système informatique ne fonctionnait pas » et qu’ils n’étaient pas autorisés à entrer en Irak. L’agence Mezopotamya a rapporté que seuls les camions commerciaux ont été autorisés à passer par le poste frontière et que les autres citoyens qui attendaient à la frontière n’ont pas été autorisés à entrer en Irak. Les véhicules obligés d’attendre à la porte ont formé une file d’attente longue d’un kilomètre. Kamuran Tanhan a fait une déclaration ici, expliquant qu’ils étaient détenus arbitrairement, ajoutant : « Tous les citoyens qui veulent passer au Kurdistan fédéral sont obligés d’attendre. Ils nous ont d’abord dit que notre voiture devait passer aux rayons X, puis ils ont dit : « Nous vous laisserons passer sans vous fouiller ». Puis, au contrôle des passeports, ils nous ont dit que le système informatique était en panne. C’est une position contre nous. Tous ceux que nous avons contactés hier nous ont dit que nous pouvions passer, mais ils nous font toujours attendre ». La délégation recevra les restes de Nazim Daştan et de Cihan Bilgin au poste frontière de Semelka entre la Syrie et l’Irak et les ramènera en Turquie. (Bianet)

TURQUIE. Arrestation d’une journaliste kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – La journaliste kurde, Derya Ren a été arrêtée par la police turque pour « suspicion » dans le quartier Belqis (Nizip) de Dîlok, où elle s’est rendue pour son travail. Des policiers en civil ont bloqué le minibus dans lequel Derya Ren voyageait et l’ont arrêtée après avoir effectué une analyse d’informations générales (GBT), affirmant qu’elle avait déjà été en prison. La police, qui n’a procédé à aucune arrestation, a fait attendre Derya Ren pendant environ une heure, affirmant qu’une autre équipe allait arriver. La police a affirmé que la carte d’identité JINNEWS de Derya Ren était « invalide » et que Derya Ren n’était « pas journaliste », même si elle était une employée assurée.   Les policiers du TEM qui sont venus sur les lieux ont posé à Derya Ren des questions sur le nombre de frères et sœurs qu’elle avait. Derya Ren a réagi aux injures de la police contre sa sœur. La police a arrêté Derya Ren pour « résistance ».
 

IRAN. Un civil kurde abattu par la police iranienne

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IRAN / ROJHILAT – Des policiers iraniens ont abattu un civil kurde dans la province de Kermanshah le 5 janvier dernier. Des témoins ont rapporté que Mohammad Azizi avait été touché mortellement à l’épaule et à l’abdomen. Mohammad Azizi, un civil kurde de 35 ans de Qasr-e Shirin, dans la province de Kermanshah, a été mortellement abattu par des agents des forces de l’ordre au terminal frontière de Parvizkhan dans la ville dans la soirée du 5 janvier, a rapporté le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN). Selon KHRN, les policiers ont tiré sur Azizi à bout portant alors qu’ils tentaient de l’arrêter. Des témoins ont rapporté qu’il avait été touché par trois balles à l’épaule et à l’abdomen, entraînant sa mort. Après l’incident, le corps d’Azizi a été transporté à l’hôpital Hazrat-e Abolfazl de Qasr-e Shirin. On ignore encore si son corps a été remis à sa famille. Azizi aurait été impliqué dans une confrontation avec les forces de l’ordre la semaine précédente, et la nuit de la fusillade, les officiers se sont rendus au terminal frontière de Parvizkhan avec l’intention de procéder à une arrestation.

Père de Leyla Şaylemez : la France est coupable tant que la lumière ne sera pas faite sur le triple assassinat de Paris

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Abdulbari Şaylemez, père de Leyla Şaylemez, assassinée aux côtés de Sakine Cansiz et de Fidan Dogan il y a 12 ans, a affirmé que le tueur à gages Ömer Güney avait été tué en prison en ajoutant que : « La France est coupable à nos yeux jusqu’à ce qu’elle fasse la lumière sur ce massacre*. » Les propos d’Abdulbari Şaylemez ont été recueillis par l’Agence Mezopotamya.
12 ans de quête de justice des Kurdes de France
 
Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez ont été abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris, par un espion turc.

Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès. Depuis, une nouvelle enquête a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.

Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.

 

Le 23 décembre 2022, presque dix anas après le triple féminicide visant les militantes kurdes sur le sol français, trois autres activistes kurdes, Evîn Goyî (Emine Kara), responsable du mouvement des femmes kurdes en France, Mîr Perwer, un jeune chanteur kurde réfugié depuis peu en France, et le retraité Abdurrahman Kizil ont été abattus par William Malet devant le centre culturel kurde Ahmet Kaya où se trouve également le bureau du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), toujours dans le Xe arrondissement de Paris… Ce deuxième attentat terroriste ciblant les Kurdes a été requalifié de « meurtre prémédité à caractère raciste et tentative de meurtre, ciblant une ethnie spécifique et possession d’armes non autorisées ». La partie civile représentant les victimes y voient une tentative d’empêcher la justice de creuser du côté de l’Etat turc qui pourrait avoir engagé William Malet…
  On a ciblé trois générations de femmes kurdes engagées
Sakine Cansız, cofondatrice du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), Fidan Doğan, représentant du KNK (Congrès national du Kurdistan) à Paris, et Leyla Şaylemez, membre du Mouvement de la jeunesse kurde, ont été brutalement exécutées au cœur de la capitale française, Paris, il y a douze ans, le 9 janvier 2013.  Trois femmes, trois générations de femmes kurdes, engagées à différents niveaux et dans différents domaines, œuvrant sans relâche tant pour dénoncer la persécution des Kurdes que pour un chemin vers une paix juste et durable par le dialogue. Elles ont été tuées par un tueur du MIT, le service secret turc. Il a abattu les trois femmes au Centre d’information du Kurdistan à Paris. A ce jour, aucune sanction n’a été prononcée. Des documents, des enregistrements audio et des témoignages ont prouvé qu’il s’agissait d’un assassinat commandité par le MIT. Les services secrets français traitent toujours l’affaire comme un secret d’État et bloquent la divulgation d’informations. Le tueur à gages, Ömer Güney, arrêté après l’attentat, est décédé en prison dans des circonstances suspectes peu avant le début du procès en décembre 2016. Les organisations kurdes ont averti à plusieurs reprises les autorités françaises que de nouvelles attaques étaient possibles si les responsables du triple meurtre et leurs complices n’étaient pas punis. Dix ans plus tard, le 23 décembre 2022, Evîn Goyî (Emine Kara), Mîr Perwer (Mehmet Şirin Aydın) et Abdurrahman Kızıl étaient abattus devant le Centre culturel kurde Ahmet Kaya, à proximité immédiate du Bureau d’information du Kurdistan. SAKİNE CANSIZ (SARA)  Sakine Cansız est née dans la province de Dersim en 1957. Après avoir été active dans le mouvement de jeunesse étudiante à Elazığ pendant de nombreuses années, Cansız a rejoint le mouvement révolutionnaire kurde en 1976. Cansız, figure de proue de la lutte contre les cercles fascistes à Elazığ, était principalement actif dans les quartiers de Fevzi Çakmak et Yıldızbağları. En rejoignant le travail politique à Dersim et dans ses environs en 1978, Cansız s’est pleinement impliqué dans le mouvement révolutionnaire à partir de cette époque. Après avoir assisté au congrès du PKK le 27 novembre 1978, Cansız fut arrêtée à Elazığ et envoyée en prison avec un groupe d’amis. Elle fut soumise à de lourdes tortures lors du coup d’État militaire du 12 septembre 1980. Elle fut libérée en 1991. Peu de temps après sa libération, elle a continué à prendre une part active aux activités révolutionnaires au Kurdistan occidental et du Sud. Après de nombreuses années de lutte dans les montagnes du Kurdistan, Cansız est partie en Europe où elle a commencé à diriger l’organisation des femmes kurdes. Elle était l’une des femmes inspirantes et éminentes qui ont grandement contribué à l’association et à l’organisation des Kurdes de la diaspora. FİDAN DOĞAN (ROJBİN) Doğan, l’une des deux autres femmes kurdes tuées à Paris il y a trois ans, est née dans le quartier d’Elbistan (Maraş) le 17 janvier 1982. Fille d’une famille immigrée en Europe, elle a grandi en France. Doğan, qui s’est intéressée dès son enfance à la lutte pour la liberté du Kurdistan, a commencé à prendre une part active aux travaux révolutionnaires en Europe à partir de 1999. Outre son travail, principalement axé sur la jeunesse et les femmes, Doğan a également participé à des activités diplomatiques en Europe à partir de 2002. Elle était à la fois membre du Congrès national du Kurdistan et représentante de l’établissement à Paris. LEYLA ŞAYLEMEZ (RONAHİ) Leyla Şaylemez, fille d’une famille yézidie du district de Lice à Diyarbakır, est née en 1988 dans la province de Mersin, au sud du pays. Elle y a passé son enfance jusqu’à ce que sa famille déménage en Allemagne dans les années 90. Elle étudiait depuis un an au département d’architecture lorsqu’elle a rejoint la lutte pour la liberté du Kurdistan. Après 2006, elle a commencé à participer activement dans de nombreuses villes européennes, notamment à Berlin, Cologne, Hanovre, Francfort et la ville suisse de Bâle. Après avoir passé un an et demi au Kurdistan en 2010, elle est revenue à Paris, où elle travaillait depuis lors.

IRAN. 31 femmes exécutées en 2024

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IRAN – Deux ans après le mouvement « Femme, vie, liberté » déclenché par le meurtre de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans tuée par la police des mœurs à cause d’un voile « non-conforme » à la charia, le régime iranien exécuté 31 femmes au cours de l’année 2024, alerte l’ONG Iran Human Rights (IHR) qui ajoute qu’avec ce chiffre, la République islamique a enregistré son plus grand nombre annuel de femmes exécutées depuis 17 ans. L’organisation Iran Human Rights (IHRNGO) a publié un rapport unique qui met en lumière la réalité des exécutions de femmes en Iran. Intitulé « Les femmes et la peine de mort en Iran : une perspective sexospécifique », ce rapport examine les disparités entre les sexes et les aspects inhumains de la peine de mort. Selon le rapport, l’année 2024 a marqué une étape sombre. Deux ans après le mouvement « Femme, vie, liberté », la République islamique a enregistré son plus grand nombre annuel de femmes exécutées depuis 17 ans, avec 31 femmes exécutées dans les prisons iraniennes. Ce chiffre, basé sur des données vérifiées par l’IHRNGO, représente un niveau sans précédent depuis que l’organisation a commencé à documenter les exécutions en 2008. « L’exécution de femmes en Iran révèle non seulement la nature brutale et inhumaine de la peine de mort, mais aussi la discrimination et l’inégalité entre les sexes profondément ancrées au sein du système judiciaire », a déclaré Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur d’Iran Human Rights. « Nous appelons la communauté internationale à rompre son silence sur ces injustices systémiques et l’apartheid sexuel en Iran et à intensifier ses efforts pour sauver les personnes qui risquent d’être exécutées . » Voici quelques statistiques du rapport : Au moins 31 femmes ont été exécutées en 2024, soit le nombre le plus élevé de femmes exécutées depuis plus de 15 ans. Au moins 241 femmes ont été exécutées entre 2010 et 2024. 121 (50 pour cent) des femmes exécutées ont été identifiées uniquement par leur nom/prénom ou sont restées totalement anonymes. 114 femmes ont été reconnues coupables et exécutées pour meurtre par qisas nafs (terme islamique interprété comme signifiant « représailles »). 107 femmes ont été condamnées à mort pour des accusations liées à la drogue. Quatre femmes ont été exécutées pour des motifs de sécurité, de moharebeh (inimitié contre Dieu) et de corruption sur terre ; l’une d’entre elles était juive et deux étaient des prisonnières politiques kurdes. 9 des femmes exécutées étaient des femmes-enfants. 70 pour cent des femmes exécutées pour homicide volontaire ont été accusées d’avoir assassiné leur conjoint/partenaire. Les femmes des régions défavorisées comme le Sistan-et-Baloutchistan sont disproportionnellement touchées par les exécutions liées à la drogue ; cette statistique reflète l’intersection entre la discrimination systémique, la pauvreté et les préjugés judiciaires. Des exécutions dans l’ombre de la violence domestique La plupart des femmes exécutées pour meurtre étaient des victimes de violences conjugales ou de viols, et y avaient été contraintes. Environ 70 % d’entre elles étaient accusées d’avoir tué leur conjoint, tandis que la plupart étaient victimes de violences conjugales. Cependant, le système judiciaire iranien prend rarement en compte ces circonstances dans la détermination des peines. Pauvreté, isolement et sans-abrisme Les femmes condamnées à mort sont souvent ostracisées par leur famille et contraintes de subir seules des conditions de détention inhumaines. La pauvreté et le manque d’alphabétisation, en particulier chez les femmes issues de minorités ethniques, les empêchent de se défendre efficacement et accroissent leur vulnérabilité. Exécutions liées à la drogue Entre 2010 et 2024, au moins 107 femmes ont été exécutées pour des délits liés à la drogue. Les réformes juridiques de 2017 ont d’abord entraîné une baisse du nombre d’exécutions, mais la tendance a atteint son plus haut niveau depuis neuf ans en 2024. Beaucoup de ces femmes ont été contraintes de commettre des délits liés à la drogue ou n’étaient même pas conscientes de leur rôle dans ces délits. Cependant, le système judiciaire de la République islamique prend rarement ces facteurs en compte lorsqu’il prononce des condamnations à mort. Des condamnations à mort continuent d’être prononcées contre des femmes Les résultats d’une étude de deux ans menée par l’Organisation iranienne des droits de l’homme sur les médias officiels de la République islamique montrent qu’au moins 47 femmes ont été condamnées à mort entre janvier 2022 et janvier 2024. Les femmes dans le couloir de la mort : la voix silencieuse de la justice Un nombre inconnu de femmes attendent toujours la peine de mort, leur vie étant en danger à tout moment. Parmi elles figurent les militantes kurdes Warisha Moradi et Pakhshan Azizi, qui sont dans le couloir de la mort. Depuis la fondation de la République islamique, les exécutions ont été utilisées comme un outil de répression politique et ont aidé le régime à survivre en créant la peur. Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes ont été exécutés à l’issue de procès-spectacles, mais les histoires de femmes et les dimensions sexistes de la peine de mort restent dans l’ombre.   Le rapport (en anglais) complet à lire ici: Women and the Death Penalty in Iran: A Gendered Perspective

Pourquoi les États-Unis devraient soutenir les Forces démocratiques syriennes?

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MOYEN – ORIENT — Un activiste yézidi et une Américaine militant pour les libertés relieuses appellent les États-Unis à soutenir les forces arabo-kurdes qui contrôlent le Nord et l’Est de la Syrie pour contrer le terrorisme et pour assurer la protection des minorités ethniques et religieuses du pays alors que des islamistes ont pris le pouvoir à Damas, tandis que les mercenaires soutenues par la Turquie menacent l’autonomie du Rojava. Nadine Maenza — Présidente du Secrétariat de l’IRF, Global Fellow au Wilson Center et ancienne présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) — et Ismael Murad — Président de l’Académie Sinjar et cofondateur et ancien directeur exécutif de l’ONG yézidie Yazda — ont souligné dans un article coécrit publié dans The Hill qu’il est dans l’intérêt des États-Unis de soutenir les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le contexte des défis actuels en Syrie. Maenza a soutenu que le soutien aux FDS est essentiel pour protéger les diverses communautés syriennes et empêcher le pays de devenir un refuge pour le terrorisme. Dans leur article, Maenza et Murad ont souligné le rôle central des FDS dans le maintien de la stabilité et la promotion de l’inclusion, contrastant leur approche avec celle de la Turquie et de sa force mandataire, l’Armée nationale syrienne (ANS), qu’ils ont critiquée pour avoir marginalisé les groupes minoritaires. Maenza et Murad ont souligné l’importance d’une participation équitable à la gouvernance pour toutes les communautés syriennes, plaidant pour leur reconnaissance en tant que membres à part entière de la société. Ils ont exhorté les États-Unis et la communauté internationale à adopter une stratégie globale pour empêcher l’agression turque contre les FDS, notamment en imposant des sanctions supplémentaires au gouvernement turc. Leurs remarques reflètent un appel plus large en faveur d’une politique américaine fondée sur des principes en Syrie, une politique qui aligne les intérêts stratégiques avec la protection des droits humains et des libertés religieuses. (Syriac Press)