IRAN. Les prisonniers mobilisés contre les exécutions
ALLEMAGNE. Les Kurdes d’Europe vont défiler à Cologne
« Depuis vingt-sept ans, le leader du peuple kurde, Abdullah Öcalan, est détenu dans des conditions d’isolement extrême à la prison de l’île d’İmralı. Depuis 1999, il est privé des droits les plus fondamentaux garantis par le droit international : le droit de contacter ses avocats, de recevoir des visites familiales et même celui de communiquer avec l’extérieur. Cet isolement prolongé et total ne se limite pas à l’emprisonnement d’une personne ; il s’agit d’un emprisonnement de la paix elle-même et d’une atteinte permanente au droit d’un peuple à la justice et à la liberté.
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé que la peine de réclusion à perpétuité aggravée infligée à M. Öcalan viole le « droit à l’espoir », un droit fondamental qui interdit l’emprisonnement à vie sans possibilité de libération. Le déni de ce droit constitue un déni du principe même de dignité humaine, à savoir que toute personne doit avoir la possibilité de se reconstruire, de dialoguer et de jouir de la liberté.
Et pourtant, du fond de son isolement, Abdullah Öcalan continue de mener une résistance morale et intellectuelle qui a inspiré des peuples et des mouvements à travers le monde. Il a consacré sa vie à mettre fin au génocide culturel perpétré contre le peuple kurde et à bâtir une société fondée sur la liberté, l’égalité et la coexistence. Son paradigme politique et philosophique – le confédéralisme démocratique – propose un système d’autonomie locale ancré dans l’émancipation des femmes, l’équilibre écologique et la démocratie participative. Ce modèle transcende les frontières et les divisions ethniques, offrant une voie vers la paix à tous les peuples du Moyen-Orient – Kurdes, Turcs, Arabes, Arméniens, Persans, Assyriens et autres – qui souffrent depuis longtemps sous le joug de la guerre, du patriarcat et de l’oppression centralisée.
Le 27 février 2025, M. Öcalan a lancé un appel historique à la « Paix et à une société démocratique ». Il a invité tous les acteurs concernés – l’État turc, les représentants politiques kurdes, les peuples vivant à l’intérieur des frontières de la République turque et les acteurs internationaux – à renouer le dialogue et à ouvrir la voie à une résolution politique pacifique. Son appel était clair : le temps de la violence est révolu et une transformation démocratique fondée sur les principes de coexistence, d’égalité et de non-violence doit s’engager.
Cet appel a trouvé un écho profond en Turquie et au-delà. Il a inspiré un processus de réconciliation prudent mais porteur d’espoir, avec l’ouverture de nouvelles discussions entre les milieux démocratiques kurdes et turcs, les défenseurs des droits humains et les partis politiques. Cependant, ce processus ne peut aboutir tant que sa voix la plus essentielle reste réduite au silence.
Pour que la réconciliation ait un sens, la libération d’Abdullah Öcalan doit être reconnue comme une condition préalable à une paix durable. Seule sa participation permettra une véritable transition démocratique. Sa libération constituerait un premier pas concret vers la guérison d’un siècle de conflit et l’avènement d’une nouvelle ère de coexistence.
Depuis octobre 2023, la campagne internationale « Liberté pour Öcalan – Une solution politique à la question kurde » est passée d’une initiative coordonnée par d’éminents amis et organisations du peuple kurde à un mouvement mondial. Syndicats, organisations féministes et écologistes, réseaux pacifistes, intellectuels, artistes et parlementaires se sont unis sur tous les continents, réclamant d’une seule voix la libération d’Öcalan, figure majeure de la révolution et penseur de notre époque.
De l’Amérique latine à l’Afrique, de l’Asie à l’Europe, ce mouvement s’est étendu à travers des marches, des veillées, des conférences, des concerts et des actes de résistance créative. Il se manifeste comme une solidarité mondiale, non seulement avec la lutte kurde, mais aussi entre tous les peuples confrontés à l’autoritarisme, au patriarcat et à la destruction de l’environnement. À une époque où la démocratie est mise à mal par un ordre mondial de plus en plus autoritaire, cette campagne est devenue l’expression vivante d’une vérité universelle : la liberté d’Abdullah Öcalan est la liberté de tous ceux qui croient en la paix, l’égalité et la dignité humaine.
Désormais, cette voix mondiale convergera en une seule et puissante expression d’unité :
8 novembre 2025 – Cologne, Allemagne.
Des centaines de milliers de personnes venues du Kurdistan, d’Europe et du monde entier envahiront les rues de Cologne pour exiger :
Liberté pour Abdullah Öcalan – Une solution politique à la question kurde.
La marche sera une journée de solidarité internationale, de célébration culturelle et de volonté politique.
Des personnalités politiques, des avocats, des amis internationaux et des universitaires de renom prendront la parole sur scène aux côtés d’artistes et de musiciens, dont les performances transformeront la ville en un appel vivant à la paix et à la liberté.
Ce rassemblement ne se contentera pas d’exiger la fin de l’isolement d’Abdullah Öcalan ; il incarnera l’esprit de son paradigme, une vision d’unité dans la diversité, de paix dans le courage, de démocratie dans la participation.
Nous marcherons pour la paix.
Nous marcherons pour la liberté des femmes.
Nous marcherons pour l’écologie et la démocratie.
Nous marcherons pour la justice — et pour l’espoir.
Rejoignez-nous à Cologne pour montrer que l’heure de la liberté a sonné.
Abdullah Öcalan doit être libre — car sa liberté est la clé de la paix. »
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TURQUIE. La police attaque un rassemblement funéraire à Şirnak
Le deuil collectif est interdit
La police a bloqué l’accès au funérarium. Des agents ont érigé une barrière à quelques dizaines de mètres du bâtiment, sont arrivés en véhicules et ont annoncé qu’ils arrêteraient toute personne présente si le rassemblement ne se dispersait pas. Le commandant a interdit les visites de groupe, invoquant une prétendue interdiction des « rassemblements de deuil collectifs », et n’a autorisé l’entrée que par groupes de cinq – une condition qui a suscité une vive opposition. Les participants ont alors entamé un sit-in.
Une rencontre avec le gouverneur de la province, Birol Ekici, n’a abouti à aucune solution. Au contraire, ce dernier a menacé d’interdire l’ouverture de lieux de recueillement à l’avenir si de tels rassemblements venaient à se reproduire. Ironie du sort, selon la famille du combattant tombé au combat, la cérémonie commémorative avait été autorisée par le ministère de l’Intérieur. Pourtant, l’administration provinciale a agi unilatéralement et a empêché sa tenue. Dans une note adressée au ministère, le gouverneur aurait notamment qualifié le rassemblement de « foule incontrôlable ».
La situation reste tendue.
Lorsqu’un groupe a tenté de forcer le cordon de police en scandant « Şehîd namirin » (« Les martyrs sont immortels »), la police est intervenue. Plusieurs personnes, dont des femmes âgées, ont été agressées physiquement. Un participant, Sadık Külter, a été arrêté. Un petit groupe a néanmoins réussi à atteindre le funérarium. Par solidarité, certains endeuillés ont ensuite quitté le bâtiment pour rejoindre la manifestation qui se poursuivait devant le cordon de police. La situation sur place reste tendue et le secteur demeure bouclé.
MEBYA-DER : Violation des droits fondamentaux
Du point de vue des organisations kurdes, les actions des autorités turques s’inscrivent dans une série de mesures répressives contre la société civile kurde. Des observateurs sur place affirment que les hommages publics rendus aux combattants tombés au combat sont systématiquement empêchés. L’association MEBYA-DER, qui soutient les personnes ayant perdu des proches dans la lutte de libération kurde et qui a organisé l’événement, dénonce une violation délibérée des droits culturels et familiaux fondamentaux. (ANF)