AccueilKurdistanBakurTURQUIE. Les restes de deux combattantes kurdes identifiés 27 après leur mort

TURQUIE. Les restes de deux combattantes kurdes identifiés 27 après leur mort

TURQUIE / KURDISTAN – Les restes de deux combattantes kurdes ont été identifiés grâce à des tests ADN, 27 ans après leur mort. Leurs restes et ceux de 280 autres militants avaient été déterrés et volés par l’armée turque dans un cimetière de combattants en 2017.

Les analyses effectuées par l’Institut de médecine légale (ATK) ont confirmé que les échantillons d’ADN prélevés sur Zehra Kısaoğlu et Süheyla Kaya correspondaient à ceux fournis par leurs familles, a annoncé l’Agence Mezopotamya. Les familles ont été informées de ces résultats le 17 septembre.

Exhumés du cimetière des militants du PKK

Les deux femmes avaient été enterrées au cimetière de Garzan, dans la province kurde de Bitlis, aux côtés de membres du PKK et de combattants kurdes syriens. En décembre 2017, les autorités ont cependant exhumé 282 corps de ce cimetière sans en avertir les familles.

Les corps de Kısaoğlu et Kaya ont ensuite été transférés dans un cimetière pour personnes non réclamées à Kilyos, dans le quartier de Sarıyer à Istanbul, situé en bordure d’une route et d’un trottoir. Il s’est avéré par la suite que les restes avaient été placés dans des conteneurs en plastique et enterrés les uns sur les autres sur une superficie d’environ 50 mètres carrés.

Une recherche qui dure depuis des années

Aujourd’hui, leurs familles se sont rendues au cimetière de Kilyos pour récupérer les dépouilles après avoir accompli les formalités auprès de la Direction des cimetières de Zincirlikuyu. Elles ramèneront les restes de leurs proches dans leur ville natale de Bingöl.

Abdullah Kısaoğlu a déclaré à MA que la famille recherchait sa sœur depuis des années :

« Ma sœur est partie après le lycée. Chaque année, la police venait perquisitionner notre maison et fouillait nos affaires. Partout où il y avait une fosse commune, nous y allions et donnions des échantillons à maintes reprises. Nous avons finalement appris il y a quatre jours qu’elle était ici. »

Les familles de Kısaoğlu et Kaya avaient déposé une demande auprès de l’Association des droits de l’homme (İHD) en 2010 dans l’espoir de retrouver leurs restes dans une fosse commune à Bitlis, où elles avaient été tuées lors du conflit.

Demande d’identification devant la CEDH

Suite à l’exhumation de 2017, l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) a porté plainte, arguant que les dépouilles n’avaient pas été inhumées dans le respect des procédures légales. Après le refus d’autorisation d’enquête, l’affaire a été portée devant la Cour constitutionnelle.

Le tribunal ayant jugé les demandes irrecevables, les avocats ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en 2022.

Certains restes humains enterrés à Kilyos ont depuis été identifiés grâce à des tests ADN, exhumés et restitués à leurs familles.