SYRIE / ROJAVA – Des propos misogynes d’un membre de l’assemblée syriennes ont déclenché la colère des enseignantes qui auraient un effet néfaste sur les élèves, signale l’agence kurde ANHA.
Les déclarations de Mohammed Ibrahim al-Zoubi, membre de l’Assemblée du peuple syrien, concernant la forte proportion d’enseignantes dans les écoles ont déclenché une vague de critiques, particulièrement parmi les femmes et sur les réseaux sociaux.
Lors d’une audition devant le Parlement avec le ministre de l’Éducation, Mohammed Abdulrahman Turko, le député a dénoncé le déséquilibre entre le nombre d’enseignantes et d’enseignants. Selon lui, la présence majoritaire des femmes dans le corps enseignant aurait des effets négatifs sur la personnalité des élèves et affaiblirait l’autorité des établissements scolaires.
Ces propos ont immédiatement provoqué de vives réactions. De nombreuses femmes et internautes y voient une remise en cause du rôle professionnel des enseignantes et une vision stéréotypée des genres. Sur Facebook et d’autres plateformes, les commentaires se multiplient. « Ce n’est pas un homme qui t’a élevé », a écrit une utilisatrice, soulignant le rôle central des femmes dans l’éducation des enfants. Un autre internaute s’est interrogé : « Quel rapport entre une forte personnalité et les hommes ? »
Certains ont également cité l’exemple de pays où l’enseignement est largement féminisé, comme la Belgique, en affirmant que la qualité de l’éducation dépend de la compétence des enseignants et non de leur sexe. « L’essentiel, c’est la compétence scolaire ; le reste est façonné par les parents à la maison », a résumé un utilisateur.
Les détracteurs de ces déclarations insistent sur le fait que les enseignants, hommes et femmes, sont soumis aux mêmes normes professionnelles et pédagogiques. Ils estiment que la performance des écoles doit être évaluée en fonction de la qualité de l’enseignement, de la discipline et du climat scolaire, et non du genre du personnel.
Cette polémique intervient dans un contexte de faible représentation des femmes dans les institutions publiques syriennes. À l’Assemblée du peuple, elles n’occupent que 21 sièges sur 210. Dans le gouvernement de transition, une seule femme détient un portefeuille ministériel sur 23.
Les critiques redoutent que de telles déclarations ne renforcent les stéréotypes et n’ouvrent la voie à de nouvelles restrictions sur la participation des femmes à l’éducation et au marché du travail.