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TURQUIE. Les femmes kurdes dans la rue pour la paix

TURQUIE / KURDISTAN – Ce 1er septembre, les femmes kurdes descendent dans la rue pour la paix.

La lutte des femmes pour une paix digne demeure l’un des enjeux centraux du processus de paix et de société démocratique, devenu un axe majeur de l’agenda national. Simay Ada Kart, membre des Assemblées des femmes socialistes (SKM), a expliqué à l’agence Mezopotamya (MA) l’importance de cette journée du 1er septembre.

La paix, une nécessité vitale pour les femmes « Les femmes sont les plus touchées par les politiques menées en temps de guerre », a déclaré Simay Ada Kart. « Dans les guerres impérialistes et coloniales, ce sont elles qui se trouvent les plus exposées à la violence, à l’appauvrissement et aux déplacements forcés. Discuter de la paix aujourd’hui est donc d’une importance capitale pour les femmes. » Elle a également dénoncé les politiques de guerre spécifiques appliquées au Kurdistan. Selon elle, à travers les politiques familiales et démographiques, les femmes y sont réduites au rôle de celles qui doivent « donner naissance à des soldats pour la guerre coloniale ». Elle a souligné l’augmentation des féminicides et des morts suspectes de femmes en Turquie et au Kurdistan, citant les cas de Gülistan Doku et de Rojin Kabaiş : « Une fois de plus, nous avons clairement constaté les attaques systématiques de l’État patriarcal contre les femmes kurdes. » Pour instaurer une paix digne, a-t-elle insisté, les restrictions et interdictions imposées à la langue maternelle doivent cesser. Le kurde doit obtenir un statut constitutionnel. « Nous avons constaté à maintes reprises dans cette région l’importance cruciale de la langue maternelle pour la vie et la liberté des femmes. Il faut rappeler le cas de Fatma Altınmakas : une femme assassinée parce que sa déposition n’a pas été recueillie dans sa langue maternelle lorsqu’elle s’est rendue au commissariat pour porter plainte. »

Combattre l’État patriarcal Simay Ada Kart a rappelé que les femmes subissent des tortures sexuelles dans les centres de détention et de rétention, que celles qui descendent dans la rue pour défendre leurs droits sont agressées, et que la répression contre les femmes détenues s’intensifie. Les responsables de l’aggravation de ces politiques répressives, notamment au Kurdistan, doivent être tenus pour responsables et confrontés à leurs actes. « Une paix juste et démocratique est impossible sans s’attaquer à l’État patriarcal qui maintient les femmes sous le joug de l’oppression et de l’exploitation, ainsi qu’à tous ses mécanismes, et sans démanteler les fondements matériels de la domination masculine », a-t-elle affirmé.

Faire entendre nos voix dans les rues Les femmes sont des artisanes de la paix, a souligné Simay Ada Kart. « Nous, les femmes, sommes les actrices d’une paix juste et démocratique. Aujourd’hui, dans de nombreuses villes, les femmes et les opprimés descendent dans la rue pour réclamer la paix. Dans chaque ville, sur chaque place, nous devons faire entendre notre voix pour une paix juste et démocratique, pour une vie libre et égale. Nous devons descendre dans la rue et intensifier notre lutte. »