AccueilKurdistanBashur#IRANWAR. Depuis le cessez-le-feu, l'Iran a ciblé 50 fois l'opposition kurde en...

#IRANWAR. Depuis le cessez-le-feu, l’Iran a ciblé 50 fois l’opposition kurde en Irak

IRAK / KURDISTAN – Depuis le cessez-le-feu ayant mis fin à la guerre de 40 jours entre l’Iran, les États-Unis et Israël, la République islamique d’Iran a mené au moins 50 attaques par missiles et drones suicides contre les quartiers généraux, camps et complexes résidentiels des partis d’opposition kurdes iraniens basés au Kurdistan irakien. La plus récente de ces frappes a eu lieu le mardi 16 juin 2026, visant à nouveau des positions de ces partis suite à l’annonce d’un nouvel accord entre Téhéran et Washington.

Selon les données vérifiées et documentées par Hengaw, ONG de défense des droits humains, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et ses milices supplétives ont poursuivi leur campagne transfrontalière contre les opposants kurdes, et ce, malgré le cessez-le-feu officiellement entré en vigueur le 8 avril 2026.

La frappe du 16 juin constitue la 50e attaque recensée depuis le cessez-le-feu et la première après le dernier accord irano-américain. Elle a ciblé le camp civil du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) à Zewe Spi, près de la ville de Koya.

Victimes humaines

D’après Hengaw, ces attaques ont délibérément visé des camps et zones résidentielles densément peuplées, abritant principalement les familles des peshmergas. Au total, au moins quatre personnes ont été tuées, dont trois combattantes peshmergas et un civil, et au moins 20 autres ont été grièvement blessées.

Les personnes tuées sont :

  • Ghazal Mawlan, combattante peshmerga membre du Parti Komala du Kurdistan ;

  • Neda Miri, combattante peshmerga membre du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) ;

  • Samira Allahyari, combattante peshmerga membre du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) ;

  • Shahin Azarbarzin, civil âgé de 17 ans, enfant d’une famille peshmerga affiliée au PDKI.

Par ailleurs, au moins 20 membres des forces peshmergas ont été blessés au cours de ces attaques, dont 14 appartenant au Parti de la liberté du Kurdistan (PAK).

Avant le cessez-le-feu, les mêmes quartiers généraux et camps avaient déjà été pris pour cible à 167 reprises durant les 40 jours du conflit. Ces frappes avaient coûté la vie à fév combattants peshmergas — Jalal Rashidi, Esmail Rahimi, Omid Veisi, Eqbal Salehi et Fakhraddin Moradi — et fait au moins 30 blessés.

Répartition des attaques depuis le cessez-le-feu

Les 50 attaques recensées se répartissent comme suit :

  • Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) : 23 attaques

  • Parti Komala du Kurdistan : 11 attaques

  • Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) : 8 attaques

  • Parti Komala du Kurdistan iranien : 6 attaques

  • Parti communiste iranien (Komala) : 1 attaque

  • Organisation Khabat du Kurdistan iranien : 1 attaque

Au-delà du ciblage des zones résidentielles abritant des familles de réfugiés, la République islamique et ses milices ont directement frappé des écoles, des centres médicaux et des bibliothèques. Le bombardement systématique d’établissements scolaires fréquentés par des enfants, la destruction d’infrastructures de soins destinées aux civils et aux blessés, ainsi que les attaques contre des lieux culturels constituent des violations graves des Protocoles additionnels aux Conventions de Genève.

L’organisation Hengaw pour les droits de l’homme souligne que la poursuite de ces attaques après le cessez-le-feu démontre que les autorités iraniennes considèrent la baisse des tensions régionales comme une opportunité pour intensifier leur répression politique contre les Kurdes et poursuivre l’élimination physique des réfugiés politiques kurdes en Irak.