IRAN / ROJHILAT – La prisonnière politique kurde Pakhshan Azizi risque une exécution imminente selon plusieurs ONG de défense des droits humains.
— Les exécutions en Iran connaissent une hausse dramatique depuis plusieurs mois. Les autorités visent particulièrement les prisonniers politiques et les personnes accusées d’« atteinte à la sécurité nationale ». Malgré les appels répétés des organisations de défense des droits humains, les procès restent inéquitables, les aveux sont souvent extorqués sous la torture, et le droit à une défense digne est systématiquement bafoué.
Entre le 17 mars et le 21 mai 2026, au moins 34 prisonniers politiques ont été exécutés en Iran.
Dans ce contexte d’intensification des condamnations à mort, l’inquiétude grandit autour du sort de Pakhshan Azizi, militante kurde iranienne condamnée à la peine capitale.
Selon Rojhilat Info, la Cour suprême iranienne a confirmé sa sentence, faisant craindre que son exécution puisse intervenir à tout moment.
Qui est Pakhshan Azizi ?
Militante kurde et défenseure des droits humains, Pakhshan Azizi a été arrêtée le 4 août 2023 à Téhéran par des agents du ministère du Renseignement. Elle a été immédiatement transférée à la prison d’Evin, où elle a passé cinq mois à l’isolement total, période durant laquelle elle aurait subi des actes de torture et des mauvais traitements.
En juillet 2024, elle a été condamnée à mort pour « rébellion armée contre l’État » (baghy). Les « preuves » retenues contre elle par le tribunal sont particulièrement révélatrices du caractère politique de son procès :
Sa participation à une manifestation en 2009 contre l’exécution d’un étudiant kurde ;
Son soutien aux familles des manifestants tués lors des soulèvements de 2022 ;
Son travail humanitaire auprès de femmes et d’enfants kurdes ayant fui les exactions de l’État islamique en Syrie (2014-2022).
Amnesty International a qualifié son cas de « politiquement motivé », dénonçant l’utilisation de la peine de mort par le régime iranien comme une arme pour réduire au silence les voix dissidentes et les militant·es.