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IRAN. Deux prisonniers politiques kurdes exécutés à Naqadeh

IRAN / ROJHILAT – Ramin Zaleh et Karim Maroufpour, deux otages kurdes, ont été exécutés aujourd’hui par le régime iranien. Ils avaient été condamnés à mort à l’issue d’un simulacre de procès sans avocat ni garanties judiciaires, sur la base d’aveux extorqués sous la torture.

Les autorités iraniennes ont exécuté en secret deux prisonniers politiques kurdes, Ramin Zaleh et Karim Maroufpour, tous deux originaires de Naqadeh, qui avaient été condamnés à mort dans une affaire commune pour appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI).

Selon les informations obtenues par l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme, les condamnations à mort de Ramin Zaleh et Karim Maroufpour ont été exécutées en secret à l’aube du mercredi 21 mai 2026 à la prison centrale de Naqadeh, sans préavis à leurs familles ni possibilité de visite finale.

Simultanément aux exécutions, le centre médiatique du pouvoir judiciaire (agence de presse Mizan) a publié un communiqué confirmant les exécutions et accusant les deux prisonniers kurdes d’« appartenance à des groupes terroristes séparatistes », de « rébellion armée » et de « tentative d’assassinat ».

Hengaw souligne que de telles accusations répétées sont systématiquement portées contre des militants politiques au Kurdistan sur la base d’aveux forcés obtenus sous la torture.

Contexte de l’affaire Ramin Zaleh

Ramin Zaleh, un habitant de Naqadeh, a été arrêté le 22 juillet 2024 par les forces du ministère du Renseignement et transféré à la prison centrale de Naqadeh.

Après avoir enduré 507 jours de détention et de limbes juridiques, il a finalement été condamné à mort par la 1ère chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad, présidée par le juge Siyami, pour « baghi ​​(rébellion armée) par appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien ».

Après des mois d’isolement, son procès n’a duré que quelques minutes et s’est déroulé dans une opacité totale, sans qu’il puisse choisir son avocat. Sa condamnation à mort lui a été officiellement notifiée en prison le 6 décembre 2025.

Contexte de l’affaire Karim Maroufpour

Karim Maroufpour, un homme de 29 ans originaire de Naqadeh, avait déjà été arrêté le 23 mars 2021 par les forces gouvernementales iraniennes à Sardasht.

Hengaw avait précédemment rapporté que Maroufpour avait été sévèrement battu lors de son arrestation.

Il a été arrêté pour avoir prétendument collaboré avec le Parti démocratique du Kurdistan iranien et a subi une disparition forcée prolongée sans aucun contact avec sa famille avant d’être finalement condamné à mort aux côtés de Ramin Zaleh par le tribunal révolutionnaire de Mahabad à l’issue d’un processus judiciaire inéquitable, pour « baghi ​​(rébellion armée) en raison de son appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien ».

L’organisation Hengaw pour les droits de l’homme condamne fermement les exécutions secrètes de Ramin Zaleh et Karim Maroufpour, les qualifiant de continuation des crimes systématiques du gouvernement iranien contre les militants politiques kurdes et de cas flagrant d’assassinat d’État.

Hengaw appelle une fois de plus à l’isolement diplomatique de la République islamique d’Iran et à une action internationale ferme contre la machinerie d’exécutions et de violence d’État que l’Iran perpétue.