IRAN – Les journalistes iraniennes Elaheh Mohammadi et Elnaz Mohammadi ont reçu le prestigieux Prix international du Courage en Journalisme, décerné par la Fondation internationale des femmes dans les médias (IWMF). Ce prix récompense leur engagement exceptionnel et leur détermination à informer malgré une répression féroce.
Les deux sœurs ont été particulièrement visées par les autorités iraniennes pour leur couverture du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadî » (« Femme, Vie, Liberté »), déclenché par la mort de la jeune Kurde Jina Mahsa Amini sous les coups de la police des mœurs en septembre 2022.
Un reportage au cœur de la révolte
Elaheh Mohammadi couvrait les funérailles de Jina Mahsa Amini à Saqqez, sa ville natale au Kurdistan iranien, pour le journal Ham Mihan. Peu après, elle était arrêtée. Sa sœur Elnaz, également journaliste au même média, a été condamnée à plusieurs années de prison pour ses reportages sur le mouvement de protestation. Toutes deux ont fait l’objet de multiples convocations, interrogatoires et confiscations de matériel par les services de renseignement des Gardiens de la Révolution.
Malgré les arrestations, les menaces et les pressions constantes, les sœurs Mohammadi ont continué à documenter les violences d’État et les manifestations, contribuant à faire connaître au monde l’ampleur de la répression.
Une reconnaissance internationale forte
Aux côtés des sœurs Mohammadi, la journaliste birmane Nay Min Ni et l’Américaine Georgia Fort ont également été récompensées cette année. L’IWMF a salué des femmes journalistes qui exercent leur métier dans des conditions extrêmement dangereuses, face à des régimes autoritaires.
Ce prix constitue une reconnaissance internationale importante du rôle joué par les journalistes iraniens et kurdes durant le soulèvement « Jin, Jiyan, Azadî », l’un des plus grands défis populaires jamais lancés à la République islamique depuis sa création en 1979.