AccueilKurdistanBakurSix ans de mensonges d’État : le scandale Gülistan Doku éclate au...

Six ans de mensonges d’État : le scandale Gülistan Doku éclate au grand jour

TURQUIE / KURDISTAN – À Dersim, le fils d’un gouverneur viole et assassine l’étudiante kurde Gülistan Doku dans un centre de jeunesse public. L’appareil d’État est aussitôt mobilisé pour étouffer le crime.

Selon de nombreuses accusations et témoignages concordants, le fils du gouverneur de Tunceli (Dersim) de l’époque, connu pour sa consommation de drogue, aurait violé Gülistan Doku dans une chambre spéciale qui lui avait été attribuée au sein d’un centre de jeunesse appartenant à l’État. Après le viol, il l’aurait tuée, puis enterrée secrètement dans un village rattaché à Pertek.

Durant toute cette opération, la police et les services de sécurité auraient agi sur ordre direct du gouverneur. Des ressources publiques ont été massivement utilisées pour faire disparaître les preuves : les données de la carte SIM de Gülistan ont été effacées et les appels entrants ont été délibérément redirigés vers de fausses pistes.

Tous les frais engagés — véhicules, personnel, logistique — ont été couverts par le budget de la préfecture. Tout au long du processus, les responsables ont été protégés, couverts et, pour certains, récompensés. L’auteur présumé du crime a continué à mener une vie privilégiée.

En résumé, de très nombreux éléments indiquent qu’un meurtre a été systématiquement étouffé par des représentants de l’État.

Six ans plus tard, la justice n’a toujours pas été rendue. Pire : ceux qui détenaient le pouvoir ont activement contribué à cette obstruction.

Aujourd’hui, alors que l’affaire refait surface avec de nouvelles arrestations, certains versent des larmes de crocodile sur le sort de Gülistan. Pourtant, à part celles et ceux qui se sont tenus aux côtés de la famille depuis le premier jour, la plupart des voix qui s’élèvent maintenant manquent cruellement de sincérité.

Il est particulièrement clair que certains responsables politiques, tant du côté du pouvoir que de l’opposition, font preuve d’une hypocrisie flagrante. Nous, journalistes qui suivons depuis des années des milliers d’affaires de meurtres impunis, de disparitions et de crimes d’État, connaissons trop bien ce scénario.

Les mains sales d’hier sont les mêmes qu’aujourd’hui.

La seule façon radicale de nettoyer cette saleté est une confrontation réelle avec la vérité, dans le cadre d’une justice indépendante et impartiale. Sans cela, les ordures ne disparaissent pas : elles sont simplement balayées sous le tapis, en attendant le prochain scandale. (Via Fehim Işık)