SYRIE / ROJAVA – La famille d’un jeune Kurde arrêté et transféré illégalement vers la Turquie où il est emprisonné depuis 2019 appelle à l’aide pour que prenne fin cette détention arbitraire. Depuis l’invasion et l’occupation du canton d’Afrin par la Turquie et ses forces alliées en 2018, des centaines de civils kurdes ont été arrêtés de manière arbitraire, transférés illégalement vers la Turquie et souvent condamnés à de lourdes peines de prison, en violation du droit international humanitaire.
Depuis 2019, Dozyar Ahmed Kurdi, un jeune Kurde originaire d’Afrin, est incarcéré dans les prisons turques sans aucun jugement. Son cas soulève de graves préoccupations quant à son statut juridique. Sa famille renouvelle ses appels pour que la vérité soit établie et que prenne fin cette détention arbitraire.
M. Ahmed Kurdi, père du détenu, a lancé un appel pressant au nouveau gouvernement syrien dirigé par Ahmed al-Sharaa ainsi qu’aux organisations internationales de défense des droits humains. Il les exhorte à intervenir d’urgence pour mettre fin aux souffrances de son fils, détenu sans décision de justice depuis plus de six ans.
Dans son témoignage, le père déclare que son fils est victime d’accusations fabriquées de toutes pièces. Il exige que le cas soit examiné au plus haut niveau diplomatique et par les instances des droits humains, afin d’obtenir soit sa libération, soit une clarification officielle de son statut juridique.
De conducteur de tracteur à détenu : le parcours de Dozyar Ahmed Kurdi
Originaire du village de Maamlo Ushaghi (district de Raju, canton d’Afrin), Dozyar Ahmed Kurdi travaillait comme conducteur de tracteur et effectuait un service obligatoire sous l’Administration autonome lorsqu’il a été arrêté le 9 octobre 2019.
Selon sa famille, il a été appréhendé par les services de renseignement turcs avec douze autres jeunes des villages voisins. Il ne portait aucune arme au moment de son arrestation. Il a d’abord été détenu un mois dans une prison du district de Raju, puis transféré à la prison de Hatay, en Turquie. Après le séisme dévastateur du 6 février 2023, qui a endommagé la prison, il a été déplacé vers la prison de Kavak, dans la province de Samsun (nord de la Turquie), où il se trouve toujours.
L’affaire de l’hélicoptère et l’absence de jugement
La famille indique que le nom de Dozyar a été ajouté à un dossier lié à la destruction d’un hélicoptère turc pendant l’opération « Rameau d’olivier » en 2018. Un groupe de jeunes Kurdes ayant servi sous l’Administration autonome a été accusé dans cette affaire.
Bien que Dozyar ait été initialement cité comme témoin, et que d’autres accusés aient été condamnés à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison, il demeure détenu sans jugement définitif à ce jour. Sa famille dénonce une « arrestation arbitraire et une violation continue du droit ».
Les conditions de détention ont été particulièrement difficiles à Hatay, avant le transfert forcé vers Kavak après le tremblement de terre, entraînant un isolement accru et de grandes difficultés pour communiquer avec les proches.
Un appel au nouveau gouvernement syrien et à la communauté internationale
Dans un message urgent, le père de Dozyar a appelé le gouvernement syrien dirigé par Ahmed al-Sharaa à soulever la question auprès des autorités turques et à œuvrer pour le retour de tous les détenus syriens d’Afrin. Il a également exhorté les organisations internationales de défense des droits humains à intervenir immédiatement pour faire la lumière sur le sort de son fils et mettre fin à cette détention illégale qui se prolonge depuis des années en l’absence de toute décision judiciaire.
Le père a joint à son appel une liste de noms d’autres détenus originaires des villages d’Omar Ushaghi et Ma’malu Ushaghi (district de Raju), actuellement incarcérés à la prison de Kavak.
Contexte plus large
Depuis l’invasion et l’occupation du canton d’Afrin par la Turquie et ses mercenaires alliés en 2018, des centaines de civils kurdes ont été arrêtés de manière arbitraire, transférés illégalement vers la Turquie et souvent condamnés à de lourdes peines de prison, en violation du droit international humanitaire.