IRAK / KURDISTAN – Trois frappes de drones, attribuées aux forces du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) iranien, ont visé ce lundi 6 avril 2026 la résidence privée de Hussein Yazdanpanah (également orthographié Hossein Yazdanpanah ou Mam Hussein), commandant en chef du Parti de la Liberté du Kurdistan (PAK / Partiya Azadiya Kurdistan).
L’attaque s’est déroulée dans la zone de Degala (Dikla), à l’est d’Erbil (Hewler). Des vidéos diffusées en direct dans les minutes suivant l’impact montrent des explosions successives, des colonnes de fumée noire s’élevant des bâtiments et des débris projetés. Plusieurs sources sur place indiquent que trois drones ont touché la maison du leader ainsi que des habitations environnantes appartenant à des peshmergas.
Bilan provisoire
Hussein Yazdanpanah n’était pas présent sur les lieux au moment de l’assaut. Selon plusieurs témoignages concordants, il avait déjà quitté la résidence depuis quelque temps et réside ailleurs. Il est indemne.
Les informations sur d’éventuelles victimes restent incertaines pour l’instant. Aucune confirmation officielle de morts ou de blessés n’a encore été publiée par le PAK au moment de la rédaction, mais des sources locales font état de dégâts matériels importants sur la résidence et les bâtiments adjacents. Des opérations de sécurisation et de recherche sont en cours.
Des images de l’après-coup montrent une scène de destruction avec des murs effondrés sous une épaisse fumée. Cette attaque est qualifiée d’« escalade » par de nombreux observateurs, alors que les frappes iraniennes contre les bases kurdes iraniennes en Irak se multiplient quasi quotidiennement.
Contexte : une campagne continue et intense
Cette nouvelle frappe s’inscrit dans la vague d’attaques iraniennes qui touche, depuis plusieurs semaines, les positions des partis d’opposition kurdes iraniens installés en Région du Kurdistan d’Irak. Le PAK figure parmi les groupes les plus fréquemment ciblés, aux côtés du KDPI, des factions du Komala et du Khabat.
Entre 160 et 200 frappes — mêlant missiles balistiques, drones suicides de type Shahed et artillerie — ont été recensées depuis le début de l’escalade régionale en février-mars 2026. L’objectif affiché par Téhéran est de neutraliser ces groupes pour les empêcher de constituer un « second front » terrestre contre l’Iran (Rojhelat) et d’amoindrir leurs capacités militaires.
Le PAK, considéré comme l’un des mouvements kurdes iraniens les plus actifs militairement, a déjà subi plusieurs attaques similaires, notamment en 2022 et en mars 2026. Hussein Yazdanpanah, figure charismatique et vétéran du mouvement, est régulièrement accusé par Téhéran d’être un « agent » au service d’Israël et des États-Unis.
Réactions immédiates
Le PAK et ses réseaux affiliés ont rapidement diffusé les images de l’attaque, dénonçant une violation flagrante de la souveraineté irakienne et une tentative d’assassinat ciblée.
Si les autorités de la Région du Kurdistan d’Irak n’ont pas encore réagi officiellement à cette frappe précise, elles ont condamné à plusieurs reprises les violations répétées de leur territoire. Cette agression intervient alors que les discussions sur une possible unification des forces kurdes iraniennes et une coordination accrue avec les acteurs internationaux se poursuivent.
Le PJAK (branche iranienne du PKK) demeure, à ce jour, l’exception notable : il n’est pas visé avec la même intensité que les autres groupes, du fait notamment de son QG qui dans dans les grottes du mont Qandil.
Cette frappe du 6 avril 2026 illustre une nouvelle fois la vulnérabilité des leaders kurdes iraniens et de leurs bases, même lorsque des mesures d’évacuation préventives sont appliquées. Les organisations concernées continuent de réclamer une zone d’exclusion aérienne ou une protection internationale renforcée pour sécuriser leurs positions.