IRAK / KURDISTAN – Le peuple kurde est une nouvelle fois sacrifié sur l’autel des intérêts géopolitiques. Au Kurdistan irakien, les attaques contre Hewlêr (Erbil) et les positions des Peshmerga se multiplient de manière systématique. Depuis le début de la guerre Israël-USA vs Iran, des près de 700 attaques de missiles balistiques, drones et roquettes ont ciblé la région, faisant des dizaines de victimes. Zones civiles, bases militaires, aéroports, infrastructures civiles et camps abritant les familles de l’opposition kurde iranienne : rien n’est épargné. La capitale vit désormais sous une pluie de feu quasi quotidienne.
Ces agressions ne sont pas le seul fait de Téhéran. Elles révèlent une coordination perverse entre les proxies chiites pro-Iran des Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Shaabi) et des milices turkmènes sous influence directe d’Ankara. Ensemble, ils transforment le Kurdistan irakien en un champ de bataille où le Kurde est la cible privilégiée. Avec près de 700 attaques recensées depuis le début du conflit régional, l’objectif est limpide : punir les Kurdes pour leur existence même et briser tout foyer d’opposition au régime des mollahs.
Kurdes jetés délibérément en pâture
Face à ce massacre, l’attitude de Donald Trump s’avère odieuse. Dans une récente interview accordée à Fox News, il a prétendu que les États-Unis avaient acheminé « beaucoup d’armes » à l’opposition iranienne via les Kurdes, avant de les accuser de les avoir « gardées » pour eux.
Ces déclarations sont aussi mensongères que criminelles. En désignant explicitement les Kurdes comme intermédiaires, Trump les expose aux représailles les plus sanglantes de Téhéran. Après les avoir encouragés à l’offensive, il se rétracte et les accable de calomnies pour justifier son désengagement. C’est la signature du cynisme trumpien : utiliser les Kurdes comme chair à canon, puis comme boucs émissaires.
Ceux qui furent les alliés les plus fiables contre Daech se retrouvent aujourd’hui livrés aux djihadistes de Jolani (HTS) au Rojava et pilonnés à Erbil par les milices pro-Iran. Pris en étau entre l’impérialisme régional et la trahison américaine, les Kurdes subissent une propagande qui les présente comme des agents de l’étranger pour légitimer leur élimination.
Un peuple sacrifié, une hypocrisie meurtrière
Cette politique n’est pas de l’indifférence, c’est un calcul froid. Trump jette ses alliés en pâture pour simuler une action contre l’Iran sans en payer le prix politique ou militaire. Les Peshmerga se font massacrer sans protection aérienne ni soutien concret, tandis que le silence de la communauté internationale est assourdissant.
Le Kurdistan irakien, rare îlot de pluralisme dans un Moyen-Orient embrasé, est traité comme une monnaie d’échange jetable. Il est temps de nommer les faits : Trump ne se contente pas d’abandonner les Kurdes, il les livre sciemment à leurs bourreaux. Le sang qui coule à Hewlêr entache aussi les mains de ceux qui ont exposé ce peuple en pleine lumière avant de lui retirer tout bouclier. Les États qui se sont appuyés sur les forces kurdes pour vaincre l’État islamique les ont jeté en pâture à Jolani qui écrasé dans le sang l’autonomie du Rojava et aujourd’hui, l’Iran et la Turquie rêvent faire de même en écrasant l’autonomie du Kurdistan irakien. Le Kurdistan n’est pas une proie, et ses défenseurs ne sont pas des pions interchangeables. L’histoire retiendra cette trahison comme l’acte criminel d’une puissance ayant sacrifié son allié le plus loyal au profit du chaos.
Trop, c’est trop.