PARIS – En ce printemps 2026, alors que la guerre oppose Israël et les États-Unis à l’Iran, les prédictions d’effondrement rapide du régime des mollahs se multiplient. Pourtant, comme l’analyse l’universitaire kurde Hardy Mède, une guerre limitée à des frappes ciblées renforce paradoxalement la bureaucratie militarisée du régime.
Voici l’analyse de Hardy Mède :
Parier sur l’avenir du régime iranien paraît hasardeux : tombera-t-il ou parviendra-t-il à se maintenir ? Nul ne peut le dire. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’une guerre à distance, limitée à des frappes sur les infrastructures militaires et ciblant les élites, éloigne progressivement la perspective d’un effondrement interne. Une bureaucratie militarisée et offensive est en train de se consolider, exerçant désormais un contrôle accru sur l’État.
Dans ce contexte, la capacité de résistance du régime devient un levier de mobilisation. En Irak comme au Liban, les milices chiites appellent à une mobilisation générale, convaincues que le régime est plus solide qu’il n’y paraissait et qu’il est en mesure de perdurer. Cette perception alimente la dynamique du conflit et contribue à son prolongement. Dès lors, l’hypothèse d’un scénario à l’ukrainienne entre l’Iran et les États-Unis ne peut plus être écartée.
Par Hardy Mède
Maître de conférences à l’Institut catholique de Paris (ICP)
Chargé de cours à Sciences Po Paris & à l’École polytechnique
Rédacteur en chef de la revue Études kurdes
Chargé de cours à Sciences Po Paris & à l’École polytechnique
Rédacteur en chef de la revue Études kurdes