SYRIE / / ROJAVA – De nouvelles pluies torrentielles ont inondé le camp Washokani abritant les familles kurdes de Serekaniyê chassées par la Turquie en 2019. Les familles ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence.
La correspondante d’ANHA à Hasakah rapporte que de fortes pluies torrentielles ont provoqué des inondations massives dans le camp de Washokani, situé dans la campagne nord de Hasakah. L’eau s’est infiltrée dans de nombreuses tentes, inondant une grande partie du camp et causant des dommages matériels considérables. Des dizaines d’abris se sont effondrés et les biens de première nécessité ont été emportés par les eaux, aggravant la détresse de résidents déjà extrêmement précaires.
Les déplacements à l’intérieur du camp sont devenus quasiment impossibles en raison de la boue et de l’eau stagnante. Les familles, qui comptent de nombreux enfants, personnes âgées et malades, lancent un appel de détresse aux autorités locales, à l’Administration Autonome et aux organisations humanitaires pour une intervention immédiate : pompage de l’eau, reconstruction des abris, distribution d’aide d’urgence (nourriture, couvertures, chauffage) et mise en place d’un système de drainage durable.
Un contexte de précarité chronique
Créé en 2019 pour accueillir les Kurdes chassés de Serê Kaniyê (Ras al-Ain) après l’offensive et l’occupation par l’armée turque et ses factions affiliées, le camp de Washokani héberge environ 2 500 familles (soit plus de 10 000 personnes).
Le site souffre de défaillances structurelles majeures :
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Absence de système d’évacuation des eaux pluviales ;
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Sols inadaptés et s’enfonçant sous le poids des pluies ;
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Manque chronique de services de base.
Une catastrophe récurrente
Chaque saison des pluies transforme ce lieu de refuge en zone sinistrée, exposant les déplacés à des conditions de vie inhumaines. Face à cette nouvelle catastrophe survenue à la mi-mars 2026, le Comité des déplacés de Serê Kaniyê et la Croix-Rouge kurde (Heyva Sor a Kurd) multiplient les appels pour un soutien structurel urgent afin d’éviter que la situation sanitaire ne dégénère davantage.
L’injustice subie par ces populations, déjà déracinées par la guerre et l’occupation, se double aujourd’hui d’une crise humanitaire climatique que les infrastructures actuelles ne permettent pas de contenir.