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SYRIE. Une « police féminine » voilée pendant que les héroïnes YPJ sont rejetées

SYRIE / ROJAVA – Pendant que le régime islamiste de Damas, dirigé par les anciens djihadistes de HTS (Hay’at Tahrir al-Sham), impose son obscurantisme, une nouvelle humiliation est infligée aux femmes syriennes : la création d’unités de policières* féminines, entièrement voilées, chargées surtout de surveiller et de punir les autres femmes.

Sur cette photo, la seule femme qui ne porte pas le voile n’est pas policière

Ces policières en niqab ou hijab intégral, formées dans l’esprit même des brigades al-Khansa de Daech, font rougir de plaisir les adeptes de l’État islamique. Daech n’aurait pas rêvé mieux : un régime qui prétend « moderniser » la Syrie mais recrée exactement le même outil de terreur patriarcale que l’organisation qu’il prétend avoir vaincue. Forcer des milliers de femmes à Damas et Alep à se voiler sous peine de sanctions, déployer des « policières féminines » made in HTS… c’est la victoire posthume de l’idéologie takfiri.

Et pendant ce temps, que fait Damas face aux véritables combattantes de la liberté ? Il refuse catégoriquement d’intégrer les unités féminines YPJ (Unités de Protection des Femmes) dans les nouvelles forces armées nationales syriennes.

Les YPJ, ces femmes kurdes qui ont brisé les chaînes du patriarcat, qui ont libéré Kobané, Raqqa et des milliers de femmes yazidies des griffes de Daech, qui ont prouvé au monde entier qu’une femme peut tenir une kalachnikov, commander une unité et diriger une société égalitaire… ces mêmes YPJ sont jugées « incompatibles » avec l’armée de Damas.

Pourquoi ? Parce que HTS n’a jamais accepté de femmes dans ses rangs. Parce que pour ces islamistes, une femme en uniforme, tête découverte, égalitaire et révolutionnaire est une insulte à leur conception médiévale de la « féminité ». Parce que intégrer les YPJ signifierait accepter le modèle du Rojava : co-présidence, égalité réelle, laïcité et lutte contre l’obscurantisme.

Le message est clair et terrifiant :

  • Des policières voilées pour contrôler les femmes → acceptées.

  • Des combattantes libres, laïques et victorieuses de Daech → rejetées.

C’est plus qu’une injustice. C’est une trahison de la révolution syrienne. C’est une déclaration de guerre contre le progrès des femmes. C’est la preuve que le nouveau régime de Damas n’est pas un « gouvernement de transition » mais un régime islamiste qui veut effacer le seul modèle féministe et démocratique qui a réellement existé en Syrie depuis 2012.

Les YPJ ont déjà annoncé qu’elles ne rendraient pas les armes et qu’elles ne se soumettraient pas à un système qui les considère comme une menace existentielle. Elles ont raison.

À l’heure où l’on célèbre partout « la chute de la dictature », il faut avoir le courage de le dire : le régime de Damas n’a pas libéré les Syriennes. Il les a remises sous voile et sous surveillance. Et il a choisi d’exclure celles qui les avaient réellement libérées.

*Les principales tâches de ces policières féminines sont :

  • Appliquer les règles de genre et de modestie : inspection des femmes (fouilles corporelles, contrôle du voile), surveillance dans les espaces publics/segregués, application des restrictions de mobilité et de mixité (ex. : séparation hommes-femmes dans les transports, hôpitaux, lieux de travail comme à l’hôpital Al-Muwasat à Damas).
  • Renforcer le contrôle social patriarcal : elles interviennent dans les cas impliquant des femmes (violences domestiques, plaintes féminines, mais souvent pour imposer la « conformité » plutôt que pour protéger).
  • Compléter la police générale : elles participent aussi à des tâches policières classiques (sécurité routière, maintien de l’ordre dans les quartiers féminins, gestion des foules lors d’événements), mais toujours dans un cadre genré et sous influence islamiste.