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ROJAVA – Un village kurde pillé et ravagé par les gangs pro-turcs

SYRIE / ROJAVA — Sept ans après avoir été forcés de fuir par l’offensive turque de 2019 sur Serêkaniyê (Ras al-Aïn), des habitants kurdes originaires des environs ont enfin pu retourner dans leur village de Khirbet al-Dibs, situé dans la campagne ouest de Tel Tamer, grâce à la réouverture récente de l’autoroute internationale M4.

Ce retour, espéré comme un premier pas vers la reconstruction et la reprise d’une vie normale, s’est transformé en cauchemar. Sur place, les habitants ont découvert un village systématiquement saccagé et pillé :

  • De nombreuses maisons ont été partiellement ou totalement détruites.

  • Portes, fenêtres, installations électriques et sanitaires ont été arrachées et emportées.

  • Dans plusieurs cas, ce sont les toits entiers (tôles, charpentes) qui ont été volés.

  • Les biens mobiliers du quotidien — meubles, appareils, ustensiles, vêtements — ont disparu.

Ce pillage organisé et cette destruction méthodique portent la marque des mercenaires affiliés à la Turquie (Armée Nationale Syrienne – ANS / SNA), qui ont occupé la zone pendant des années. Avant de se retirer — dans le cadre des accords récents entre l’Administration Autonome et le gouvernement transitoire de Damas —, ces groupes ont vidé les habitations de tout ce qui pouvait être revendu ou réutilisé, condamnant les familles de retour à une précarité extrême.

Privés des éléments les plus élémentaires pour se loger, se chauffer ou se nourrir décemment, ces habitants se retrouvent aujourd’hui face à un double drame : celui de l’exil forcé de 2019, et celui de la spoliation systématique orchestrée par les forces pro-turques.

Cette situation n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans un schéma répété depuis 2018 dans de nombreuses zones kurdes occupées par la Turquie et ses proxies : expulsion, pillage, destruction ciblée des biens civils et tentative d’altération démographique.

Les habitants de Khirbet al-Dibs, comme des milliers d’autres déplacés de Serêkaniyê, demandent justice, réparation et le retour sécurisé et digne dans leurs foyers — sans pillage ni menace continue.

Le pillage de Khirbet al-Dibs n’est pas seulement un crime matériel : c’est une continuation de la guerre contre l’existence kurde au Rojava.