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Vers l’interdiction du mot « Kurdistan » pour les noms de partis en Syrie ?

SYRIE / ROJAVA – Si l’État syrien envisage d’interdire aux partis politiques d’utiliser des noms contenant le mot « Kurdistanî » — tels que le Parti démocratique du Kurdistan ou le Parti de l’Unité Kurdistanî (mot qu’on peut traduire par « de/ du Kurdistan ») —, une distinction fondamentale doit être établie.

Interdire les appels à la violence, au séparatisme armé ou à la haine ethnique est légitime et relève de la souveraineté de tout État. Une telle régulation peut et doit faire l’objet d’un débat démocratique.

En revanche, interdire purement et simplement l’usage du mot « kurdistani », sous prétexte qu’il serait intrinsèquement une menace pour l’unité de l’État, relève d’une logique de déni, non d’une démarche démocratique.

Le terme « kurdistani » n’est pas un appel à la division ni un crime. Il exprime une identité historique, culturelle et nationale profondément enracinée. Il désigne une réalité géographique et humaine qui existe depuis des siècles, bien avant les États-nations modernes. Le nier ne le fait pas disparaître.

Accepter aujourd’hui que les partis kurdes soient contraints d’effacer ce mot de leur nom pour obtenir une reconnaissance légale serait une grave erreur. Un parti forcé de renier son nom finira par être sommé de renier sa langue, puis sa mémoire collective, et enfin ses droits légitimes.

La position juste est la suivante :

Nous acceptons une loi sur les partis qui garantisse un cadre démocratique : régulation du financement, transparence, rejet de la violence et respect de l’unité territoriale de la Syrie.

Nous refusons, en revanche, toute loi qui exige des Kurdes qu’ils entrent dans la vie politique syrienne en renonçant à leur identité. On ne construit pas une Syrie nouvelle et démocratique en demandant à l’un de ses peuples de se présenter sans nom, sans histoire et sans mémoire.

Conclusion :

Nous sommes prêts à respecter une loi qui organise et assainit la vie politique.

Nous sommes prêts à rejeter toute forme de violence et de séparatisme armé.

Mais nous ne pouvons accepter une loi qui criminalise un mot simplement parce qu’il exprime l’identité d’un peuple.

Le mot « kurdistani » n’est pas une menace pour la Syrie.

La vraie menace serait qu’une nouvelle Syrie se construise sur la peur du nom de l’un de ses propres peuples.

Par Barzan Ali, Membre du parti kurde Yekîtî en Syrie