SYRIE / ROJAVA – Les familles des otages kurdes exhortent les autorités du Rojava à faire libérer immédiatement les centaines (ou milliers selon certaines sources) des soldats et civils (dont des femmes et des enfants) capturés par les gangs de Damas en janvier et février 2026.
En ce 7 mars 2026, la tension reste palpable dans le nord-est de la Syrie, plus d’un mois après l’accord d’intégration signé entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement de transition de Damas. Les familles des otages kurdes, capturés par les forces gouvernementales et leurs alliés tribaux lors de l’offensive de janvier-février 2026, multiplient les appels à une libération immédiate.
Des centaines – voire des milliers selon certaines sources – de soldats des FDS, de civils, de femmes et d’enfants restent détenus par les gangs de Damas. Ces captifs ont été pris lors des combats intenses qui ont vu Damas reprendre le contrôle de vastes zones (Raqqa, Deir ez-Zor, Tabqa) autrefois administrées par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES / Rojava).
Ce matin, un militant kurde a exprimé publiquement l’exaspération croissante des familles des otages. Il a écrit sur X (Twitter) :
« La situation est devenue insupportable. Les dirigeants du Rojava doivent comprendre que si nos prisonniers ne sont pas libérés et si les corps de nos martyrs ne sont pas rendus, nous ne resterons plus patients. Pas d’intégration, pas de célébrations tant que nos prisonniers ne seront pas libérés et les corps de nos martyrs restitués. Le temps presse… ! »
« La situation est devenue insupportable. Les dirigeants du Rojava doivent comprendre que si nos prisonniers ne sont pas libérés et si les corps de nos martyrs ne sont pas rendus, nous ne resterons plus patients. Pas d’intégration, pas de célébrations tant que nos prisonniers ne seront pas libérés et les corps de nos martyrs restitués. Le temps presse… ! »
Cet appel reflète un sentiment partagé au sein du peuple kurde : malgré les promesses incluses dans l’accord du 30 janvier (intégration progressive des FDS, reconnaissance de droits culturels, transfert des prisons de l’État islamique), la clause sur l’échange ou la libération mutuelle de prisonniers de guerre et de civils reste lettre morte. Des manifestations de familles ont eu lieu à Qamishlo fin février, exigeant des réponses concrètes et la mise en œuvre rapide des engagements.
Du côté de Damas, aucune avancée publique n’a été confirmée sur ce dossier sensible, alors que des échanges de prisonniers ont eu lieu avec d’autres groupes (comme les Druzes à Soueïda fin février). Pour les familles, chaque jour qui passe accentue la souffrance et le risque de mauvais traitements ou d’exécutions sommaires, dans un contexte où des abus ont déjà été signalés lors des prises de territoires en janvier.
Au Rojava, la pression monte : sans libération rapide des otages et restitution des corps, la confiance dans le processus d’intégration risque de s’effondrer définitivement, menaçant la fragile stabilité post-conflit. Le temps presse, et les voix kurdes le rappellent avec urgence : la paix ne se construira pas sur le silence des geôles.