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ORLEANS. Verbalisation de manifestants « pro-kurdes »

PARIS – Hier soir, un rassemblement autorisé condamnant l’attentat terroriste de Paris s’est transformé en une petite manifestation au centre de la ville d’Orléans. Des policiers présents pour assurer la sécurité de l’événement ont verbalisé plusieurs personnes à la fin du rassemblement pour « participation à une manifestation non autorisée ».

Verbalisation de manifestants le 27 décembre 2022, Orléans

Une des personne verbalisée nous a déclaré « qu’il s’agit d’un acte ciblé de répression policière envers une personne qui a exprimé son soutien et sa solidarité avec les luttes du peuple kurde ». En effet, il y a quelques semaines, l’extrême-droite avait transformé le rassemblement orléanais d’hommage à Lola (une fillette tuée dans le 19e arrondissement de Paris en octobre dernier) en une manifestation, sans que des participants soient verbalisés.

Apparemment, sur le sol français, l’extrême-droite peut manifester en tout liberté mais pas celles et ceux qui demandent justice pour les victimes [kurdes] d’un attentat terroriste au coeur de Paris…

 

Voici son témoignage:

« J’ai été arrêtée, avec 4 autres camarades adultes et un adolescent, par la police pour contrôle d’identité, suite au rassemblement qui a eu lieu le 27 Décembre 2022, Place de la République à Orléans. A l’issue de ce contrôle d’identité, un policier m’a dit que je serai verbalisée pour participation à une manifestation non autorisée.

Le rassemblement s’est très bien déroulé dans le plus grand calme et à l’issue de cette mobilisation pour dénoncer le meurtre de trois personnes kurdes vendredi 24 décembre à Paris , l’ensemble des participant.e.s a souhaité pouvoir partir en manifestation. Après des négociations avec la police présente sur place, en effet seul un rassemblement avait été déclaré en Préfecture, celle-ci a accepté d’encadrer et de sécuriser le cortège. Il est à noter que j’ai participé à ces négociations pour trouver le meilleur compromis afin que tout se passe dans un climat apaisé.

Le parcours dirigé et encadré par la police a été respecté par les manifestant.e.s, tout s’est passé dans le plus grand calme et aucun problème n’a été à déplorer. Cette manifestation s’est terminée Place d’Arc et s’est dispersée de manière sereine.

C’est alors que, sur le chemin du retour, j’ai été arrêtée, puis contrôlée au même titre que les quatre personnes qui m’accompagnaient, des camarades de la communauté kurde. Nous avions toutes participé à la manifestation.

Après nous avoir rendu nos papiers d’identité un policier m’a dit : « Vous, Madame vous recevrez une amende pour participation à une manifestation non autorisée ». Je tiens à préciser que l’agent verbalisateur était celui avec lequel j’avais négocié au départ de la manifestation. Pourquoi avoir attendu plus de 30 minutes après la dispersion de la manifestation, dans un lieu éloigné de la fin de la manifestation pour procéder à ce contrôle d’identité et me mettre cette amende ? Je milite depuis 20 ans sur Orléans et ai participé à des dizaines de manifestations sans n’avoir jamais été contrôlée.

Je considère qu’il s’agit d’un acte ciblé de répression policière envers une personne qui a exprimé son soutien et sa solidarité avec les luttes du peuple kurde. »