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ROJAVA. La kurdophobie de Damas fait 10 morts à Kobanê

SYRIE / ROJAVA – Le 10 septembre 2026, le soldat kurde Sîpan Hiznî (Sami Sheikhmous Hiso), combattant de la brigade de Hasakah, a été enlevé puis assassiné de manière barbare près de Serê Kaniyê par un groupe armé. Son corps a été retrouvé décapité et criblé de balles. Ce crime a immédiatement déclenché des manifestations dans plusieurs villes kurdes du nord et du nord-est de la Syrie, notamment à Kobanê, où la population exigeait justice.

Les rassemblements ont été rapidement confrontés à la violence. Des bandes liées aux autorités de Damas se sont en prises aux manifestants kurdes. Selon des témoignages et des sources locales, les forces de sécurité déployées sous le slogan « Allahou Akbar » n’ont pas protégé les Kurdes : elles ont au contraire contribué à l’escalade. Des attaques ont visé des civils et des infrastructures.

Dans la nuit du 11 au 12 septembre, un incendie a ravagé la prison de Kobanê. D’après le témoignage d’un rescapé, des soldats et civils kurdes arrêtés par des gangs affiliés au régime de Damas ont mis le feu à l’établissement pour éviter d’être transférés à Alep, où ils craignaient la torture. Le sinistre a fait au moins dix morts et 20 blessés parmi les Kurdes.

De son côté, l’activiste kurde, Baz Ararat a dénoncé le communiqué officiel de la sécurité publique qui affirmait protéger les manifestants kurdes de Kobanê. Il a écrit :

« Selon le communiqué de la sécurité publique, ils ont déployé des forces pour protéger les manifestants… Ils les ont déployées pour protéger les citoyens sous le slogan « Allahou Akbar ». Et nous sommes venus à vous, ô athées et ô prostituées. De même, le communiqué des terroristes a complètement ignoré l’incident de l’incendie et le martyre et la blessure de plus de 27 Kurdes. Eux-mêmes ont également ignoré l’appartenance du jeune homme au ministère de la Défense, en défense des tribus. »

Ces événements illustrent la pression continue exercée par le pouvoir islamiste de Damas et ses milices kurdophobes sur la population kurde du Rojava en général et de Kobanê en particulier. Le meurtre de Sîpan Hiznî, les attaques contre les manifestants et le drame de la prison s’inscrivent dans une logique de répression et d’intimidation qui vise à briser toute affirmation kurde dans le processus de transition syrienne.