Le gouvernement australien a accepté de verser 20 millions de dollars australiens d’indemnités à des dizaines de réfugiés détenus il y a près de vingt ans dans des centres de détention controversés situés en plein désert.
Cette décision intervient alors que des défenseurs des droits humains réclament la libération urgente de Hatem Yekta, un demandeur d’asile kurde de 36 ans originaire du Rojhilat (Kurdistan iranien), dont l’état de santé se détériore gravement en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Un règlement à l’amiable pour le camp de Woomera
L’Australie a conclu un accord extrajudiciaire avec 38 anciens détenus du centre de Woomera, en Australie-Méridionale. Ce camp, ouvert en 1999 dans le désert, avait accueilli environ 1 500 personnes, principalement des Irakiens et des Afghans, dont un tiers d’enfants.
Réputé pour ses conditions de vie déplorables, Woomera a été le théâtre de grèves de la faim spectaculaires — dont des sutures des lèvres —, d’émeutes et de tentatives d’évasion. Le centre avait suscité une vive indignation internationale avant sa fermeture en 2003.
Le cabinet Shine Lawyers, qui représentait les plaignants, a salué un règlement obtenu par médiation. « Aujourd’hui est un jour important, mais aussi un jour triste, car certains membres du groupe sont décédés avant d’avoir pu obtenir justice », a déclaré l’avocat Nicholas Kechin.
Le cas critique de Hatem Yekta
Parallèlement à cette annonce, l’organisation Refugee Action Coalition a attiré l’attention sur le sort de Hatem Yekta, transféré en 2013 sur l’île de Manus par les autorités australiennes dans le cadre de sa politique d’externalisation.
Détenu depuis plus de douze ans, Yekta présente aujourd’hui un effondrement complet de son état physique et psychologique. Hospitalisé à Port Moresby, il apparaît extrêmement amaigri et épuisé sur les photos récemment diffusées.
Ian Rintoul, porte-parole de l’organisation, décrit son cas comme « un exemple tragique » parmi une dizaine d’ancien détenus de Manus dont la santé mentale s’est gravement dégradée en raison des conditions de détention. Il exige son transfert immédiat vers un pays tiers pour recevoir des soins appropriés, seul moyen, selon lui, de lui sauver la vie.
Le gouvernement australien maintient pour sa part que, depuis l’expiration de l’accord avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2022, la responsabilité de ces personnes incombe entièrement aux autorités papouasiennes. (Rudaw)