Journaliste kurde exilée en France: « Nous avons, nous les femmes, une force incroyable en nous »

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RENNES – Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, le cinéma de Cinéma Arvor, à Rennes, a accueilli un documentaire et une table-ronde le 10 mars dernier.
 
Après la projection du documentaire « I AM THE REVOLUTION » (Je suis la révolution, film de Benedetta Argentieri), suivant Selay Ghaffar (Afghanistan), Rojda Felat (commandante des YPJ qui a dirigé notamment la bataille de Raqqa, en Syrie) et Yanar Mohammed (Irak), 3 exemples de femmes qui révolutionnent le Moyen-Orient en luttant pour les droits des femmes et des peuples, une table ronde a accueilli deux femmes kurdes, dont une journaliste originaire du Rojhilat, lors de cet événement organisé par les Amitiés kurdes de Bretagne.
 
Nous partageons avec vous leurs interventions publiées sur le site Amitiés kurdes de Bretagne:
 
Témoignage d’une Rennaise d’adoption, Kurde iranienne, réfugiée politique
 
« Si Maryam Ashrafi n’a pas pu être présente comme prévu à cause de l’actualité à l’est de l’Europe, nous avons pu compter sur le précieux témoignage d’une Rennaise d’adoption, Nassime Qadirpoor. Réfugiée politique en France depuis 2018, elle vit en Bretagne depuis près d’un an et demi. Originaire du Kurdistan d’Iran, le Rojhelat, elle est aux yeux du pouvoir iranien coupable de trois crimes qui l’ont poussée à partir : “je suis une femme, je suis kurde et je suis journaliste”. Son travail journalistique pour plusieurs médias kurdes en Irak et en Iran (dont certains clandestins) est marqué par son engagement continu pour sensibiliser et faire évoluer les mentalités au sujet de la précarité des femmes dans cette région du monde. Également écrivaine, elle a publié une demi-douzaine d’ouvrages en kurde, dont l’un, traitant des crimes d’honneur et de la précarité menstruelle dans les régions sud du Kurdistan, est en cours de traduction en français :
 
“La situation des femmes est catastrophique de Kaboul à Bagdad, en passant par Téhéran et de nombreuses régions du Kurdistan. Par contre, au Nord-Est de la Syrie, les choses se passent différemment, avec une volonté politique forte qui permet aux femmes de se doter des outils qui leur permettent de s’accomplir et de profiter d’une égalité des genres concrète. Nous avons, nous les femmes, une force incroyable en nous. Il faut que l’on en prenne conscience et avoir confiance en nos capacités de changement.“
 
Lui succédant au micro, Melike Balta, co-présidente de l’association rennaise kurde Amara (CDK-Rennes), ne pouvait que lui emboîter le pas :
 
“Partout, tout le temps, il faut se battre et résister. L’expérience au Nord-Est de la Syrie a créé une fissure dans le mur de la domination masculine sur les corps et les esprits des femmes au Moyen-Orient. Ce mur a été bâti sur des normes sociales profondément ancrées. C’est en cela que toutes celles qui s’attaquent à lui sont révolutionnaires.“
 
Elles sont en fait, la révolution. »

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