ALLEMAGNE. Fin tragique d’une rescapée yézidie qui voulait voir ses 2 enfants sauvés de l’EI

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KURDISTAN – Une femme yézidie de Shengal d’une quarantaine d’année a échappée à la captivité entre les mains de l’États Islamique, mais elle est morte de manière tragique car les autorités allemandes l’ont empêchée de faire venir en Allemagne sa fille et son fils également sauvés des mains de DAECH alors que son mari et d’autres membres de sa famille enlevés également ont été tués ou sont portés disparus. Sa fille qui est au Kurdistan du Sud demande à l’Allemagne de lui accorder un visa pour pouvoir faire ses adieux à sa mère décédée…
 
Sipan Khalil, 22 ans, capturée par l’État islamique (EI) alors qu’elle avait quinze ans, détenue pendant sept ans, a appelé le gouvernement allemand à lui accorder un visa pour faire ses adieux à sa mère décédée récemment d’un accident vasculaire cérébral.
 
Sipan Khalil a vécu l’enfer sur terre pendant sept ans après avoir été enlevée par les terroristes du Groupe Etat islamique en août 2014, lors du génocide des Yézidis dans la région de Sinjar. Dans les premiers jours du génocide, 1 293 personnes ont été tuées et 6 417 personnes ont été enlevées. Les douze membres de la famille de Sipan ont été emmenés par des terroristes de l’Etat islamique et la famille a été séparée de force.
 
Cet été, après sa libération de captivité, Sipan a décrit les conditions qu’elle a été forcée de supporter. « Il y avait la privation de nourriture et la torture. Nous étions enfermés dans des chambres et battus. (…) Il n’y avait pas de vie du tout, comme si nous étions morts », avait-elle déclaré lors de sa libération.
 
Alors que l’Etat islamique était vaincu dans son dernier bastion syrien de Baghouz, le ravisseur de Sipan a continué à la tenir en otage, la forçant à voyager avec lui jusqu’à la ville voisine de Hajin, dans la province de Deir ez-Zor, puis à Daraa en sud de la Syrie.
 
Il y a trois mois, il a essayé de faire passer Sipan de l’autre côté de la frontière libanaise, mais il a été tué pendant le voyage. Après sa mort, Sipan a pu s’échapper.
La libération de Sipan de son épreuve a été douce-amère, car elle a retrouvé d’autres parents en août de cette année au camp de Khanke, où elle vit maintenant. Son père et son frère sont toujours portés disparus, et sa mère et ses quatre frères et sœurs ont réussi à s’échapper et se sont installés en Allemagne après leur libération.
 
Sipan n’a donc pas revu physiquement sa mère depuis les terribles événements d’août 2014. Le dimanche 7 novembre, la mère de Sipan est décédée des suites d’un accident vasculaire cérébral en Allemagne. Elle n’a pas encore été enterrée et Sipan essaie maintenant d’urgence d’obtenir un visa pour le pays afin de dire au revoir à sa mère à titre posthum.
 
« J’ai été aux mains de l’Etat islamique pendant sept ans, souffrant dans mon pays même après avoir été secourue. J’ai demandé l’autorisation pour voir ma mère pendant des mois. Ma mère étant maintenant décédée, je ne peux toujours pas la voir. La revoir simplement m’aurait suffi », a déclaré Sipan à Rudaw mardi.
 
Sipan a tenté à plusieurs reprises d’obtenir un visa allemand à Erbil, en vain, et appelle les autorités en charge à avoir pitié d’elle et l’aider à voir le corps de sa mère.
 
À ce jour, l’Institut de psychothérapie et de psycho traumatologie de Duhok a envoyé plus de 1 000 femmes et enfants yézidis secourus en Allemagne, mais le projet allemand est maintenant terminé.
 
Le médecin Memo Farhan, doyen par intérim de l’institut, a conseillé à Sipan de contacter le Bureau de sauvetage des Yézidis kidnappés, qui est lié à la présidence de la région du Kurdistan. « Ils peuvent préparer les papiers et demander officiellement au consulat [allemand] de lui délivrer un visa, expliquant sa situation et qu’elle veut juste voir le corps de sa mère », a déclaré Farhan à Rudaw.
 
Plus de 120 000 Kurdes yézidis ont quitté l’Irak depuis la guerre contre l’Etat islamique, selon le Bureau de sauvetage des Yézidis kidnappés. Sur les 6 417 personnes enlevées par l’Etat islamique, seules 3 550 ont été réunies avec leurs familles.
 

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