Vandalisme d’État: le Tolède à la turque

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TURQUIE / BAKUR – Profitant de la déclaration d’autonomie locale faite par le mouvement kurde en 2015, l’État colonialiste turc a détruit plusieurs localités kurdes, dont Sur, le quartier historique d’Amed (Diyarbakir en turc) vieux de plus de 5500 ans inscrit sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO. Le premier ministre turc de l’époque, sous présidence d’Erdogan, Ahmet Davutoğlu a déclaré qu’ils allaient transformer Sur en Tolède, ville espagnole rasée en septembre 1936 par Franco durant la guerre civile d’Espagne… Six ans après la destruction de Sur, le site de l’Institut kurde de Paris a publié certaines images des monuments historiques de Sur détruits par l’armée turque qui a commis également des crimes de guerre lors du siège de Sur où elle a exécuté des civils qui n’ont pas quitté leurs maisons.

Voici l’article de l’Institut kurde de Paris:

Vandalisme d’état à Diyarbakir

Capitale politico-cuturelle du Kurdistan de Turquie, Diyarbakir, connue dans l’antiquité sous le nom d’Amida, devenue Amed en kurde, est l’une des villes les plus anciennes de la Mésopotamie.  Elle est habitée depuis l’époque des Hourrites et des Hittites il y a environ 5500 ans.  Importante métropole régionale, construite sur  la rive droite du Tigre, elle a été jusqu’à la conquête musulmane, en 638-39, une ville romaine, puis byzantine, stratégique aux frontières de l’empire iranien.  Au IVème siècle, sous l’empereur byzantin Constantin II, la ville a été entourée d’imposantes murailles qui restent encore en bon état.  Capitale du tout premier Etat kurde des Merwanides au Xème – XIème siècle, elle subit ensuite les invasions turco-mongoles successives et servit de capitale à l’Etat turcoman des Akkoyunlus (Les Moutons Blancs).  Passé sous le règne ottoman en 1515, Diyarbakir est restée un centre économique, intellectuel et artistique cosmopolite avec ses quartiers chrétiens (arméniens et syriaques), juif, ses populations kurdes, arabes, voire turques (notamment fonctionnaires et militaires), ses nombreuses mosquées, églises et synagogues.

Capitale politico-cuturelle du Kurdistan de Turquie, Diyarbakir, connue dans l’antiquité sous le nom d’Amida, devenue Amed en kurde, est l’une des villes les plus anciennes de la Mésopotamie.  Elle est habitée depuis l’époque des Hourrites et des Hittites il y a environ 5500 ans.  Importante métropole régionale, construite sur  la rive droite du Tigre, elle a été jusqu’à la conquête musulmane, en 638-39, une ville romaine, puis byzantine, stratégique aux frontières de l’empire iranien.  Au IVème siècle, sous l’empereur byzantin Constantin II, la ville a été entourée d’imposantes murailles qui restent encore en bon état.  Capitale du tout premier Etat kurde des Merwanides au Xème – XIème siècle, elle subit ensuite les invasions turco-mongoles successives et servit de capitale à l’Etat turcoman des Akkoyunlus (Les Moutons Blancs).  Passé sous le règne ottoman en 1515, Diyarbakir est restée un centre économique, intellectuel et artistique cosmopolite avec ses quartiers chrétiens (arméniens et syriaques), juif, ses populations kurdes, arabes, voire turques (notamment fonctionnaires et militaires), ses nombreuses mosquées, églises et synagogues.

Son riche passé et son patrimoine historique et architectural exceptionnel ont valu à la capitale politico-cuturelle kurde d’être distinguée par l’UNESCO qui l’a classée sur sa liste du Patrimoine de l’humanité.

Ce joyau de l’histoire subit depuis 2016 un véritable saccage de la part des autorités turques.

A la suite des troubles qui ont opposé les forces spéciales turques armées de chars, d’hélicoptères et d’armes lourdes aux militants kurdes protestant contre le quadrillage militaire de leurs quartiers, le gouvernement turc, par un décret du 21 mars 2016, pris en urgence en Conseil des ministres, a décidé l’expropriation de six quartiers concernés par les troubles.  Selon les chiffres officiels, 22 323  habitants de ces quartiers ont été expulsés manu militari. Et les pelleteuses sont entrées en action pour raser complètement ces quartiers « pour des raisons de sécurité » effaçant à jamais leur histoire et une part importante de l’histoire et de la mémoire collective des Kurdes mais aussi des Arméniens et des Syriaques des quartiers.

Le président turc, qui proteste avec véhémence quand quelques familles palestiniennes de Jérusalem sont menacées d’expulsion, assume sans complexe ce crime massif contre le patrimoine historique, en toute impunité, dans le silence de la communauté internationale.  Même l’UNESCO n’a pas eu le courage de protester.

En 2016, Le gouvernement  turc par la voix du premier ministre de l’époque, Ahmet Davutoglu, avait promis une « plan de reconstruction » qui transformerait ces quartiers saccagés en « nouveau Tolède » qui devrait attirer des touristes du monde entier.  Six ans plus tard, on découvre une série de bâtiments d’une affligeante banalité construite selon le mauvais goût officiel turc que l’Union des architectes locale qualifie de « blocs pénitentiaires ».  Les ruelles médiévales ont été remplacées par le larges chaussées permettant aux chars de circuler aisément.  Des postes de police un peu partout pour rappeler l’occupation militaire turque. Les maisons à étage avec des cours dallées, ornées de bassins et des balcons en fer forgé, des portes et fenêtres ouvragés ont laissé place à d’affreux cubes de béton impersonnels. »

Pour voir les photos des momunments historiques de Sur détruits par l’Etat turc, cliquez sur l’article de l’Institut kurde de Paris. 

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