TURQUIE. Le journaliste qui a photographié le meurtre d’un Kurde en 2017 risque 20 ans de prison

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TURQUIE / BAKUR – Le procès d’Abdurrahman Gök, le journaliste qui a photographié le meurtre d’un Kurde (Kemal Kurkut) par la police turque en 2017 poursuivi pour terrorisme, a été ajourné à 30 septembre. Il risque 20 ans de prison.
 
La deuxième audience de l’affaire pour terrorisme du journaliste kurde Abdurrahman Gök a eu lieu aujourd’hui à Diyarbakir (Amed). Le tribunal a décidé de transmettre le dossier au parquet pour préparer son avis. La prochaine audience aura lieu le 30 septembre 2021.
 
Poursuivi en justice pour avoir montré le vrai visage de la police turque
 
En 2017, après qu’il aie fait publié les images du meurtre de l’étudiant kurde, Gok a fait l’objet d’une enquête un mois plus tard. En 2018, après l’abandon de l’affaire, Gök a fait l’objet d’une autre enquête et a été emprisonné pendant une semaine. Il avait appris à l’époque que ses communications avaient été surveillées par la police turque pendant un certain temps.
Étant donné que les accusations portées contre lui sont basées sur des informations journalistiques qu’il a partagées avec ses collègues, Gök explique que l’enquête porte vraiment sur les photos du meurtre d’un jeune Kurde qu’il a prises lors des célébrations du Newroz en mars 2017.
Un rapport d’expert rédigé par le Bureau pénal national privé a révélé en 2019 que Kemal Kurkut, l’étudiant abattu en 2017, avait été délibérément tué par le policier.
Le rapport affirme que des images au ralenti de la fusillade analysées par des experts légistes prouvent que la victime a été abattue par derrière lorsque le suspect a tiré avec son pistolet.
Le rapport a également mis en évidence des éléments du rapport d’autopsie conformes aux caractéristiques du trou de balle dans le corps de la victime, qui montraient également qu’il était directement visé.
L’un des deux policiers qui étaient détenus le jour de crime, le 21 mars 2017, a été libéré après avoir témoigné devant un procureur, tandis que l’autre, identifié uniquement par les initiales Y.Ş. a été libéré sous contrôle judiciaire par le tribunal lors de sa mise en accusation.
 
Meurtre de Kemal Kurkut, énième crime raciste visant les Kurdes en Turquie
 
 
Le 21 mars 2017, Kemal Kurkut, un étudiant kurde de 22 ans, a été abattu par un policier turc, devant des dizaines de journalistes et une foule rassemblée pour célébrer le Nouvel-An kurde, à Amed (Diyarbakir).
 
Après le meurtre de Kemal Kurkut, les policiers ont immédiatement confisqué les appareils des journalistes pour effacer les images afin de cacher leur crime. Mais le journaliste Abdurrahman Gök a réussi à cacher la carte de son appareil dans la poche arrière de son pantalon. Ainsi, quand les policiers ont fouillé son matériel, ils n’ont rien trouvé tandis que le journaliste leur a menti en disant qu’il n’avait pas eu le temps de prendre des images…
 
Des images qui rendent impossible le camouflage du meurtre
 
Les autorités turques, croyant avoir détruit les preuves du meurtre de Kemal Kurkut, ont fait une première déclaration affirmant que Kemal Kurkut était un kamikaze neutralisé par la police avant qu’il commette un attentat visant la fête de Newroz. Mais, le journaliste Abdurrahman Gök présente aussitôt les images du meurtre de Kurkut à la presse et à la justice turque, balayant les déclarations mensongères des autorités turques. Depuis, il est poursuivi par la justice turque qui l’accuse d’être « membre d’une organisation terroriste [PKK] ».
 
«Ces photos sont entrées dans l’histoire prouvant l’innocence de Kemal. Sans elles, Kemal serait connu comme un kamikaze qui était sur le point d’ensanglanter les célébrations du Newroz», avait déclaré à l’époque Gök.
 
 

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