ROJAVA. Meurtres dans le camp d’Al-Hol. Comment les armes entrent-elles dans le camp?

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SYRIE / ROJAVA – En 3 jours, il y a eu 8 meurtres dans le camp d’Al-Hol abritant les familles de l’Etat islamique. L’administration du camp déclare que les résidents sont des Irakiens et des Syriens venus de la ville d’Al-Baghouz qui ont formé le soi-disant «Califat» au sein du camp et qu’ils sont en lien avec le monde extérieur d’où ils reçoivent notamment des armes. L’administration du camp a demandé du matériel de pointe à la coalition internationale pour assurer la sécurité dans le camp, sans succès. 
 

Le camp d’Al-Hol a été témoin de plusieurs meurtres au début de cette année, totalisant 11 cas, dont 8 en seulement 3 jours, en plus de deux blessés.

Le camp d’Al-Hol, situé à 45 km à l’est de la ville kurde d’Hasaka, se compose de 9 secteurs (huit d’entre eux abritent des réfugiés irakiens et des Syriens déplacés, parmi lesquels ceux qui ont récemment la ville d’Al-Baghouz, le dernier bastion de l’Etat islamique) et une section pour les familles et les enfants des mercenaires étrangers de l’Etat islamique (EI).

Les meurtres ont eu lieu dans les troisième, quatrième et cinquième secteurs, qui sont habités par des réfugiés irakiens et des Syriens déplacés qui sont partis après que les Forces démocratiques syriennes aient assiégé les mercenaires de l’EI dans la ville d’Al-Baghouz, le dernier bastion de l’EI libéré en mars 2019.

Nombre de résidents du camp

Selon les dernières statistiques de l’administration du camp d’Al-Hol, il y a maintenant 62 287 personnes dans le camp, réparties entre 17 177 familles :

Nombre d’Irakiens: 30 706 personnes, réparties entre 8 284 familles

Syriens: 22 616 personnes réparties dans 6 268 familles

Familles étrangères de l’EI: 8 965 enfants et femmes répartis dans 2 625 familles.

Le camp d’Al-Hol est considéré comme le plus dangereux camp du monde en raison de la présence d’épouses et d’enfants radicalisés des mercenaires de l’EI.

De temps en temps, on assiste à de meurtres commis dans le camp par ses résidents, en particulier dans le troisième, quatrième et cinquième secteur, habité par des familles irakiennes et syriennes qui ont quitté la ville d’Al-Baghouz.

Il convient de noter que tous les meurtres qui ont eu lieu dans le camps depuis le début 2021 ont tous été commis par des armes à feu, les meurtres antérieurs ayant été perpétrés avec des outils tranchants tels que des couteaux.

8 morts en 3 jours

Les 5 et 6 janvier, les Forces de sécurité intérieure ont retrouvé 6 corps, dont 4 irakiens et deux syriens, tous abattus. Le dernier de ces meurtres remonte au 8 janvier, lorsque Abu Ahmad al-Shammari et son fils Ahmed ont été tués dans le quatrième secteur du camp, et que les forces de sécurité intérieure ont commencé des recherches à l’intérieur du camp.

La campagne de recherches a duré deux jours consécutifs, au cours desquels les forces de sécurité se sont affrontées à une cellule composée de 3 mercenaires. L’un d’eux a été tué. Il était en possession d’un pistolet et une grenade. Quant aux deux autres, ils ont fui et se sont cachés parmi les femmes et les enfants de l’Etat islamique. Un membre des forces de sécurité intérieure est décédé lors de cette intervention.

 

Selon Dersem Hasan, membre de l’administration des forces de sécurité intérieure du camp d’Al-Hol,: « Les femmes et les hommes visés dans le camp d’Al-Hol sont les femmes et les hommes qui ont abandonné l’idéologie de l’Etat islamique. »

Hasan a souligné que les Syriens et les Irakiens qui ont quitté la ville d’Al-Baghouz ont formé une sorte d’ «État» dans la partie du camp où ils vivent. Il a ajouté que leurs forces ont mis la main sur une cellule de l’EI lors de recherches après que le nombre de morts a augmenté dans le secteur des déplacés syriens et irakiens. La cellule serait composée de femmes, hommes et d’enfants, qui ont formé un tribunal pour poursuivre ceux qui ont abandonné l’idéologie de l’EI. Les membres de la cellule auraient aussi des armes à feu.

Comment les armes sont-elles entrées dans le camp?

A propos de la manière dont les armes sont entrées dans le camp, Hassan a déclaré: « Il y a une communication entre les mercenaires qui sont dans le camp et à l’extérieur, et des armes légères telles que des pistolets et des grenades sont introduites par les travailleurs des organisations agissant dans le camp. »

Le nombre d’organisations travaillant dans le camp d’Al Hol est d’environ 54. L’implication de certaines de ces organisations avec les mercenaires du camp a été démasquée le 5 août 2020. Le comité de recherche du Centre pour les relations diplomatiques du Star Congress a révélé que les services de renseignement turcs (MIT) organisaient la fuite de mercenaires de l’Etat islamique du camp par le biais de la Fondation de secours humanitaire qui soutient et finance DAECH / ISIS.

L’agence ANHA a également documenté l’assistance d’un chauffeur de camion de l’UNICEF dans le trafic des femmes et des enfants de l’EI depuis le camp.

Hassan a souligné que les armes entrant dans le camp sont des armes individuelles telles que des pistolets et des grenades, et qu’elles peuvent être cachées dans des endroits difficiles à trouver rapidement, et que leurs forces prennent les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée d’armes, mais que c’est un procédure difficile à mettre en place. 

Dans la conclusion de son discours, Dersem Hassan a affirmé que leurs forces avaient demandé à plusieurs reprises aux forces de la Coalition internationale de leur fournir des dispositifs et équipements de pointe pour détecter les armes, mais que leur demande n’a pas encore reçu de réponse.

ANHA

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