Selahattin Demirtaş: L’arrêt de la CEDH confirme la subversion du droit

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TURQUIE / BAKUR – Hier, la CEDH a rendu un arrêt condamnant la Turquie pour la détention illégale du politicien kurde Selahattin Demirtas depuis 4 ans. Demirtas a réagi à cette décision déclarant qu’elle confirmait la subversion du droit par le régime turc.
 
« Même si j’ai été illégalement détenu derrière les barreaux en tant qu’otage politique pendant quatre ans, ce jugement ne m’a pas rendu heureux ou joyeux. Au contraire, je suis vraiment triste de ce jugement. Parce que je ne suis pas le seul à payer le prix de la démocratie abolie, de la loi et de la justice détruites; nos 83 millions de citoyens ont payé ce prix de la manière la plus lourde possible », a déclaré Demirtaş.
 
Après que la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a prononcé son jugement sur l’arrestation du politicien Selahattin Demirtaş le 22 décembre et a décidé qu’il devait être libéré immédiatement, Demirtaş a publié une déclaration à ce sujet.
 
Demirtaş, ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP), a souligné que ce récent arrêt de la Grande Chambre a confirmé la «subversion du droit aux mains du gouvernement».
 
« Je suis triste du jugement »
 
Après le jugement de la Cour suprême, Demirtaş a partagé un message via ses avocats. Dans son message de la prison d’Edirne de type F, Selahattin Demirtaş a déclaré: « Il est désormais établi que ceux qui nous ont emprisonnés ont commis des crimes graves dans la mesure où ils ont comploté politiquement contre nous. »
 
Évoquant le processus judiciaire de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme, Demirtaş a souligné dans son message que si le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) était représenté par un légiste allemand, il était lui-même défendu par un groupe d’avocats, tous de la Turquie.
 
Indiquant que ses avocats expliqueront plus tard les détails techniques et juridiques du jugement, Demirtaş a déclaré: « Cependant, il y a quelque chose de certain: il est maintenant finalisé que les soi-disant processus judiciaires intentés contre moi et mes amis au cours des six dernières années sont tous politiques, non licites, que nous sommes innocents, et ceux qui nous ont emprisonnés ont commis des crimes graves dans la mesure où ils ont comploté politiquement contre nous.
 
Ce jugement a confirmé que le système juridique et judiciaire en Turquie a été renversé par le gouvernement lui-même.
 
Même si j’ai été illégalement détenu derrière les barreaux en tant qu’otage politique pendant quatre ans, ce jugement ne m’a pas rendu heureux ou joyeux. Au contraire, je suis vraiment triste de ce jugement », a indiqué Demirtaş, expliquant la raison de son tristesse ainsi:
 
« Parce que je ne suis pas le seul à payer le prix de la démocratie abolie, de la loi et de la justice détruites; nos 83 millions de citoyens ont payé ce prix de la manière la plus lourde possible.
 
Je n’inclus délibérément pas le million de personnes qui continuent à vivre dans le plaisir, la joie et la vanité (…). »
 
« J’ai autant d’espoir que je suis triste »
 
Plus loin dans son message, Demirtaş a également évoqué les problèmes économiques et l’état actuel des droits et libertés en Turquie:
 
« Je suis désolé pour les gens qui se suicident à cause du chômage, de la faim et de la pauvreté. Je suis désolé pour mes centaines de milliers de frères et sœurs qui doivent ramasser les restes des ordures ou des bazars pour manger quelque chose. Je suis désolé que des millions des agriculteurs, des commerçants et des industriels ont fait faillite. Je suis désolé pour des dizaines de millions de chômeurs et pour ceux qui luttent pour leur vie sous la famine. Je suis vraiment désolé pour ceux qui ne peuvent plus respirer en raison de l’absence de démocratie et de paix et qui sont contraints de quitter leur pays.
 
Cependant, j’ai autant d’espoir que de tristesse. Parce que je fais confiance au peuple. Je fais confiance au pouvoir de dizaines de millions de personnes qui sont main dans la main pour la démocratie et dont le nombre augmente chaque jour qui passe.
 
Je crois ceux qui disent: « Si ce pays nous appartient à tous, si cette République nous appartient à tous, nous nous donnerons la main et ferons de cette terre un paradis sans différencier les Turcs ou les Kurdes, les Alevis ou les Sunnites ». »
 
Réitérant son espoir, Demirtaş a conclu ses propos en remerciant les coprésidents du HDP, les députés, les organisations provinciales et de district et ses avocats. (Via ANF)

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