KURDISTAN DU SUD. Le gouvernement régional kurde réprime les manifestations anti-gouvernementales

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KURDISTAN DU SUD – Malgré l’interdiction et la répression violente des manifestants, la gronde ne faiblit pas dans la région autonome kurde d’Irak. Les manifestants poursuivent leurs rassemblements anti-gouvernementaux dans plusieurs villes alors qu’on dénombre plus de 7 morts et 70 blessés parmi les manifestants attaqués parfois à balle réelles, tandis que des dizaines d’autres manifestants, de journalistes et d’anciens députés ont été arrêtés par les autorités au cours de 10 jours de manifestations. 

Hier, les forces de sécurité ont tiré à balle réelle et utilisé du gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants rassemblés dans le bazar bondé de Slimani (Suleymaniyah) et sur des manifestants dans la ville de Kalar et ont arrêtés de nombreuses personnes, dont des journalistes et anciens députés.
 
Alors que des journalistes couvrant les manifestations rapportent les violences des forces de sécurité qui les menacent, les arrêtent et tentent de l’empêcher de couvrir les manifestations, la chaîne de télévision NRT, fermé par les autorités, fait le point sur les dernières arrestations des manifestants, des journalistes et des politiciens:

Après environ 24 heures d’arrestation, les forces de sécurité ont libéré deux des membres du groupe Insatisfied Voices [Voix insatisfaites] vers midi samedi (12 décembre), tandis que d’autres sont restés en détention, notamment le journaliste de NRT Digital Media Karzan Tariq et deux anciens députés.
 
L’appareil de sécurité à Sulaimani n’a pas révélé le sort des personnes arrêtées malgré la pression des groupes de défense des droits.
 
Le reporter de NRT Karzan Tariq a été arrêté alors qu’il couvrait la manifestation de vendredi dans la ville de Sulaimani. En fin de soirée, il est toujours en détention et les forces de sécurité n’ont pas révélé où il se trouvait.
 
Plusieurs manifestants ont été arrêtés vendredi par les forces de sécurité alors qu’elles protestaient contre la détérioration des services publics et des conditions de vie, le chômage et les retards et réductions de salaire.
 
Deux anciens législateurs, Abdulla Mala Nuri et Sherko Hama Amin qui représentaient le Mouvement pour le changement (Gorran) au parlement précédent, ont également été arrêtés après avoir soutenu la manifestation de vendredi dans un communiqué de la veille.
 
Le comité de haute sécurité de Sulaimani, qui dirige le dossier de la sécurité dans le gouvernorat, a déclaré dans un communiqué du jour au lendemain que les forces de sécurité continueraient à détenir ceux qui organisent et participent à des manifestations non autorisées.
 
Deux journalistes travaillant pour le service kurde de la chaîne publique irakienne al-Iraqiyah ont également été arrêtés alors qu’ils couvraient la même manifestation, mais relâchés après plusieurs heures.
 
La série actuelle de manifestations a commencé le 2 décembre dans le bazar principal de la ville de Sulaimani, avant de s’étendre aux villes voisines, la ville elle-même étant relativement calme après qu’un rassemblement ultérieur ait été interrompu le 3 décembre.
Ces derniers jours, les manifestations sont devenues de plus en plus violentes, les forces de sécurité utilisant des balles réelles. Les manifestants ont incendié de nombreux bureaux des partis et du gouvernement, y compris ceux de l’Union patriotique du Kurdistan (PUK), du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et du Mouvement Gorran.
 
Au moins neuf personnes sont mortes depuis lundi, dont sept manifestants, un cadre du PDK et un Peshmerga décédé des suites d’un accident vasculaire cérébral alors qu’il surveillait une manifestation.
 
Au cours de l’année, le Gouvernement Régional Kurde (GRK / KRG) a eu du mal à payer les travailleurs du secteur public, ne payant pas plusieurs mois de salaires et en réduisant les autres de près d’un quart. Les désaccords budgétaires entre Erbil et Bagdad, le manque de possibilités d’emploi pour de nombreux jeunes et les perturbations économiques causées par la pandémie du coronavirus en cours ont exacerbé la situation, rendant encore plus difficile la situation économique de nombreuses familles de la région du Kurdistan.
 

1 COMMENTAIRE

  1. Ni a-t-il pas de dialogue au Kurdistan du sud-Est pour en arriver aux mêmes comportements du pouvoir et aux répressions similaires qu’on constate en Occident ou en Europe entre les manifestantEs d’une opposition politique et la majorité présidentielle d’un gouvernement ?

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