ROJAVA. La boulangerie des femmes de Tal Tamir

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SYRIE / ROJAVA – Suite à l’invasion de la région kurde de Serê Kanîyê par la Turquie et ses gangs islamistes, Iman Suleiman à eu l’idée avec trois autres femmes déplacées d’ouvrir une boulangerie. Elle dirige aujourd’hui le projet de boulangerie Tal Tamir Tannour, qui a été lancé il y a 8 mois avec le soutien du Comité Économique de Tal Tamir.
 
Le travail domestique devient un métier
 
Pour faire face a la précarité de leur situation et subvenir aux besoins de leurs familles, ces femmes ont du faire preuve d’initiative. Suleiman est mère de 6 enfants et l’état de santé de son mari lui interdit tout travail. Elle est donc le seul soutien sur lequel sa famille peut compter. Elle a hérité du savoir faire du Tannour (type de four commun au Moyen Orient) et de la fabrication du pain de sa mère puisque la vie rurale obligeait chaque famille à fabriquer son pain. Après leur déplacement forcé, ce travail, considéré comme étant domestique, leur à apporté une source de revenu. Suleiman explique que l’objectif qui réunit les femmes de la boulangerie est bien plus vaste que le rôle qui leur était réservé par la société conservatrice. Il est en effet important pour elles de chercher à assurer une vie décente et de satisfaire aux besoins de leurs familles en étant autonomes.
 
Prix ​​avantageux et clients satisfaits
 
La boulangerie connaît un succès croissant et doit parfois embaucher d’autres femmes pour faire face à la demande. Ainsi elle contribue à aider d’autres familles. En effet Tal Tamir ne dispose que d’une seule boulangerie qui n’arrive pas à fournir la quantité de pain pour la population qui a considérablement augmenté depuis le déplacement forcé créé par l’invasion turque. La boulangerie étant subventionnée, le prix du pain y est avantageux et permet aux familles les plus modestes de se fournir. Toutefois, avec ses 650 kg de pain quotidien, la production demeure insuffisante et la demande est en augmentation. La boulangerie cherche donc à se développer et à investir dans un groupe électrogène pour parer aux nombreuses coupures d’électricité survenant après les bombardements des fascistes turcs. Les 4 boulangères ont aussi le projet d’ouvrir un magasin pour la vente des tartes. Le Comité Économique de Tal Tamir soutien aussi d’autres projets comme par exemple un atelier de couture. L’idée est de transformer le travail domestique des femmes en opportunité d’emploi afin de leur assurer une indépendance économique tout en subvenant aux besoins des populations les plus défavorisées.
 
Besoins et petits projets
 
Asyoud, qui a acheté le pain dont sa famille avait besoin, exprime son admiration pour l’idée du projet des femmes à la lumière des conditions de vie dans la ville et dans l’ensemble du quartier.
 
Elle aspire à travailler aussi, comme les autres travailleuses, mais elle n’a pas encore obtenu d’opportunité d’emploi qui corresponde à ses préférences et capacités.
 
Il y a quelques mois, le Département des associations coopératives du Comité économique de Tel Tamer a annoncé son soutien aux petits projets dans la région.
 
Le projet d’association de la boulangerie et le projet d’atelier de couture faisaient partie des projets qui ont reçu le soutien du comité qui soutient la petite boulangerie avec 650 kg de farine par mois.
 
Les travailleuses partagent les bénéfices qu’elles réalisent et envoient chaque mois 5% des bénéfices au Comité économique qui les alloue pour soutenir d’autres petits projets dans la ville.
 
Suleiman qui supervise le travail dans la boulangerie, explique la raison de leur pain bon marché au soutien du Comité économique pour eux avec de la farine et du diesel à prix réduits.
 
Cependant, elle dit que la quantité de farine reçue n’est pas suffisante pour les clients de la boulangerie, « Si le soutien était meilleur que celui actuel, nous pourrions vendre à un prix moins cher, mais nous sommes obligés d’acheter une quantité de farine sur le marché à un prix élevé. »
 
Le projet des femmes déplacées a besoin d’un générateur d’électricité pour faire fonctionner le pétrin, en raison des fréquentes coupures de courant, et parfois la demande augmente et les femmes ont donc besoin d’une quantité supplémentaire de pâte à pain, mais elles sont bloquées dans leur travail par des coupures d’électricité.
 
Suite au succès de leur projet, les quatre femmes aspirent à développer leur entreprise et à ouvrir un magasin de vente de tartes dans un futur proche.
 

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