Quand on préfère que les médias occidentaux ne parlent pas des Kurdes

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Les Kurdes du Rojhilat (Kurdistan d’Iran) tentent de survivre à la pauvreté extrême que les mollahs leur ont imposée depuis des décennies en faisant du commerce « transfrontalier » avec leurs frères d’Irak ou de Turquie sous les balles des pasdarans ou des soldats turcs qui les tuent régulièrement. Pour information, depuis 2010, les forces iraniennes ont tué plus de 700 kolbars kurdes, en ont blessés 1 600 autres autres, en toute impunité.
 
Les hommes qui font ce métier de kolbarie sont appelés Kolbars en kurde. Ils portent de lourdes charges de marchandise sur le dos sur des dizaines de kilomètres entre les Kurdistan du Sud, du Nord et de l’Est. Les plus chanceux d’entre-deux portent la marchandise sur le dos de mulets ou chevaux, abattus également par des pasdarans ou les soldats turcs… 
 
Ce commerce est sois disant interdit par les mollahs mais il est toléré par les pasdarans à coup de pots de vin exhorté aux commerçants kurdes. Mais ces bakchichs n’empêchent aucunement les gardes iraniens à tuer des kolbars de temps à autre, car après tout, il ne s’agit que de satanés Kurdes qui ne veulent pas s’assimiler à l’identité perse et qui s’entêtent à vouloir vivre libres sur leurs terres en parlant leur propre langue et vivant selon leur culture !
 
Privés de leurs propres richesses pillées par le régime iranien colonialiste et empêchés de développer des entreprises qui donnera du travail à la population locale, de nombreux Kurdes, mêmes ceux qui ont fait d’études supérieures, n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers ce commerce transfrontalier extrêmement dangereux qui leur coute la vie pour ne pas mourir de faim. Ils traversent les sentiers montagneuses dangereux, transportant du tabac, des vêtements et du thé, et des colis lourds, souvent les dépassant de plus d’un mètre au-dessus de leurs épaules, traversent la frontière avec les marchandises sur le dos.
 
Bien évidement, les crimes des pasdarans visant les civils kurdes ne sont pas couverts par les médias occidentaux qui estiment qu’il y a d’autres sujets plus importants que les Kurdes dans le monde. Soit ! Mais comment ne pas réagir quand on tombe sur un article signé par un journaliste iranien parlant des kolbars comme si c’était des truands armés sans loi ni fois qui se font de l’argent en défiant les autorités ! En effet, ce journaliste du nom Alijani Ershad a publié un article mensonger faisant passer ces miséreux kolbars pour des bandits sur le site d’information France24. 
 
Admirez la présentation des kolbars par Ershad :

« La crise financière qui touche l’Iran a entraîné l’apparition d’un curieux phénomène à la frontière avec l’Irak, région principalement peuplée par les Kurdes : le trafic de moutons. Une activité qui rapporte gros à certains propriétaires, mais coûte à ceux qui s’y risquent sur le terrain : les affrontements entre les trafiquants et la police iranienne ont déjà blessé plusieurs habitants et entraîné l’arrestation d’une dizaine de personnes dans la région. »
 
« Langue locale » à la place de « langue kurde »
 
Le monsieur qui parlent d’ « affrontements » entre des kolbars – qui ne sont pourtant par armés et qui se font abattre comme des lapins – et des pasdarans, écrit au sujet de l’origine du mot « kolbar »: « Dans la région, les contrebandiers sont appelés des « kulbar » en langue locale (…). » Admirez aussi le coup de maître pour éviter de dire que c’est un mot kurde. Mais non, il faut dire « langue locale », rester vague, sinon, le lecteur pourrait avoir la curiosité de savoir plus sur les Kurdes en Iran et apprendre que ces derniers sont discriminés en Iran et que ce qu’ils font ce n’est pas du banditisme mais des tentatives désespérées de survie ! 
 
Quand on voit de telles contre-vérités au sujet des Kurdes dans les médias occidentaux, on se dit finalement qu’il vaut mieux que les médias occidentaux continuent à ignorer les Kurdes que leurs oppresseurs coloniaux veulent assimiler à tout prix. 
 
*Depuis 2010, les forces iraniennes ont tué plus de 700 kolbars kurdes
 
Selon Hengaw, une organisation kurde des défense des droits humains et observateur des conflits, des gardes-frontières iraniens ont tué au moins 702 Kulbar au cours des 12 dernières années et en ont blessé plus de 1 600 autres, principalement par balles directes.
En plus de cela, 120 Kulbar ont également disparu dans le terrain montagneux accidenté des zones frontalières. Parallèlement à ces morts, les kolbers sont également victimes d’explosions de mines terrestres qui seraient des vestiges de la guerre Iran-Irak des années 80.
Selon les données d’Hengaw, à partir de 2010 :
en 2010, 45 Kulbar tués, 110 blessés;
en 2011, 79 tués, 181 blessés;
en 2012, 60 tués, 201 blessés;
en 2013, 81 tués, 190 blessés;
en 2014, 73 tués, 140 blessés;
en 2015, 70 tués, 55 blessés;
en 2016, 49 tués, 47 blessés;
en 2017, 78 tués, 148 blessés;
en 2018, 71 tués, 160 blessés,
en 2019, 55 tués, 133 blessés;
en 2020, 41 tués, 125 blessés jusqu’à présent
Les lois iraniennes dictent que les gardes-frontières ne peuvent tirer avec leurs armes que s’ils pensent que l’intrus est armé et dangereux et qu’après avoir observé les trois procédures suivantes: ils doivent donner un avertissement verbal; ils doivent tirer en l’air; et alors seulement ils sont autorisés à viser le bas du corps d’un suspect avec des coups de feu.
Les défenseurs des droits humains se plaignent du fait que le libellé de la loi est vague, ce qui la laisse ouverte à une interprétation large.
Avec autant de personnes, en particulier celles qui vivent dans les zones rurales de la région kurde d’Iran, qui dépendent du travail de Kulbar comme principale source de revenus, Hengaw dit que Téhéran doit trouver une solution radicale au problème, dont la légalisation de la kolbarie.

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