TURQUIE. Démission d’un maire kurde persécuté par le pouvoir turc

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TURQUIE / BAKUR – Le co-maire de la ville de Kars a démissionné après avoir mis en garde à vue. Ayhan Bilgen tente ainsi d’empêcher que le pouvoir turc nomme un administrateur à la mairie de Kars.
 
Le gouvernement turc poursuit un génocide politique dans les régions kurdes, où 81% des municipalités du Parti démocratique des peuples (HDP)* ont été mises sous tutelle et des milliers de responsables politiques et associatifs kurdes ont été emprisonnés depuis les élections municipales de mars 2019.
 
Ayhan Bilgen, co-maire de Kars (Qers), arrêté le 25 septembre avec d’autres responsables politiques du Parti démocratique des peuples (HDP), a démissionné de son poste de maire alors qu’il est en garde à vue.
 
Dans un communiqué concernant sa démission, Bilgen a écrit: «Dans quelques minutes, je serai conduit à un interrogatoire. Avant l’interrogatoire, je voudrais dire quelque chose au public: je ne permettrai pas que la volonté démocratique d’une ville soit jouée. ils m’arrêtent ou me relâchent, même si aucun syndic n’est nommé à ma place jusqu’à ma libération, je déclare par la présente ma démission du bureau du maire.
 
Kars est une ville capable de se gouverner elle-même. Un conseil municipal qui a pu décider à l’unanimité pendant un an et demi avec la participation de cinq partis peut trouver une nouvelle voie. Tous ont été élus avec le mandat de gouverner cette ville, personne ne devrait donc échapper à cette responsabilité. Cela ne signifie pas renoncer à un poste. Comme nous l’avons dit pendant la campagne électorale, nous voulons poser un signe commun de démocratie. Si je suis emprisonné, j’écrirai mon troisième livre. Si je suis libéré, je participerai aux travaux des coopératives. Rien de tout cela n’est moins important que la mairie. (…) Si les choses continuent à Kars avec une femme comme maire, un autre obstacle serait franchi à la fois politiquement et socialement. Rien ne devrait plus être comme avant.» ANF
 
Lors des élections locales de mars 2019, le Parti démocratique des peuples (HDP) a remporté un total de 65 municipalités. Le ministère turc de l’intérieur a refusé à 6 co-maires du HDP leur certificat d’élection. Jusqu’à aujourd’hui, la Turquie a nommé les administrateurs à 52 municipalités dirigées par le HDP.

Les municipalités kurdes saisies par l’État turc :

1) Diyarbakir (Amed)
2)Van
3)Mardin
4)Ikiköprü
5)Akpazar
6)Hazro
7)Kayapınar
8)Bismil
9)Kocaköy
10)Kulp
11)Sur
12)Yenişehir
13)Karayazı
14)Colemerg
15)Gièvre
16)Qoser
17)Mazıdağı
18)Nusaybin
19)Savur
20)Bulanık
21)Erentepe
22)Varto
23)Cizre
24)İdil
25)Suruç
26)Başkale
27)Erciş
28)İpekyolu
29)Muradiye
30)Özalp
31)Saray
32)Batman
33)Güroymak
34)Eğil
35)Ergani
36)Silvan
37)Poux
38)Halfeli
39)Gökçebağ
40)Doğubayazıt
41)Diyadin
42)Kozluk
43)Çinar
44)Dicle
45)Sarican
46)Karaçoban
47)İğdir
48)Siirt
49)Baykan
50)Kurtulan
51)Altinova
52)Kars

Les municipalités détenues par le HDP qui sont (toujours) dirigées par le HDP :

Kömür/Adiyaman
Patnos/Ağrı
Hoşhaber/Iğdır
Silopi/Şirnak
Balveren/Şirnak

 

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