Les femmes exigent que les auteurs des crimes de guerre commis à Afrin et Serêkaniyê soient jugés

0
340

SYRIE / ROJAVA – Les femmes qui ont fuit Serêkaniyê et le canton kurde d’Afrin disent que les déclarations du Comité d’enquête de l’ONU concernant les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces turques dans les zones occupées ne sont pas suffisantes, surtout en matière des crimes visant les femmes (viols, féminicides, torture…). Elles exigent que la communauté internationale force la Turquie à quitter Serêkaniyê et Afrin et que les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans ces zones soient jugés. 

Dans un rapport détaillé, le Comité indépendant des Nations Unies a documenté les violations commises par les parties au conflit syrien et s’est concentré sur les zones occupées par la Turquie et ses mercenaires, dont les violations sont qualifiées de « crimes de guerre ».

Ce rapport se concentre à peine sur les agressions sexuelles visant les femmes et ne montre pas ce qui se passe sur le terrain. 

Pour sa part, Mazloum Abdi, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) a déclaré dans un tweet publié sur son compte officiel que le rapport de la commission d’enquête indépendante contient une petite partie des crimes de guerre commis par les factions armées sous commandement turc contre les habitants de Serêkaniyê et d’Afrin.

L’agence ANHA a interrogé plusieurs femmes déplacées de Serêkaniyê vivant actuellement dans le camp de Washokani et de celles d’Afrin dans le camp de Serdem, dans le canton d’al-Shahba.

Sabah Bakr, une des femmes déplacées réfugiées dans le camp de Washokani, a déclaré: « Il y a quelques jours, la commission internationale a publié une déclaration sur les violations commises par la Turquie dans les villes sous sa domination, n’a pas évoqué les atrocités et les violations flagrantes que la Turquie et ses mercenaires contre les femmes et les enfants et les personnes âgées. La déclaration est irréaliste, pour le moment, l’occupation turque et ses mercenaires occupent toujours Serêkaniyê, Tal Abyed et Afrin, ainsi que d’autres villes, et commettent des crimes horribles, tels que des meurtres, des viols, des enlèvements et des tortures. La déclaration a ignoré nos souffrances dans le camp et nos conditions ont été négligées, de nombreuses déclarations ont été continuellement publiées, mais sans résultats pour aider les déplacés à rentrer chez eux et récupérer les terres qui ont été volées. »

Sabah Bakr a demandé à la commission d’enquête et aux organisations des droits de l’Homme de travailler plus sérieusement pour pousser l’occupation turque et ses mercenaires de la soi-disant «armée nationale syrienne», hors des zones occupées afin de renvoyer les réfugiés chez eux.

Où sont les ONG humanitaires alors que nous souffrons dans les camps?

Fatima Ahmed, une des femmes déplacées de Serêkaniyê, a exprimé le souhait que la commission internationale clarifie les violations qui se produisent de plus en plus aux mains de l’occupation turque, et a exigé des résolutions fermes contre l’occupation turque et ses pratiques et de sortir des zones qu’elle occupe.

Fatima se demande « Où en sont les organisations de défense des droits de l’Homme et la commission internationale concernant les souffrances que nous subissons dans les camps comme la faim et le froid, la déclaration n’a-t-elle pas touché à la sortie de l’occupation turque de nos régions ? »

Fatima a envoyé une lettre à la commission internationale à l’unanimité au nom de tous les réfugiés, de trouver des solutions dans les plus brefs délais pour qu’ils puissent rentrer chez eux.

La déclaration de l’ONU évoque à peine ce que les femmes subissent dans les zones occupées

Nadia Ali, du camp de Serdem dans le canton d’al-Shahba, a déclaré que « les violations flagrantes qui ont eu lieu à Afrin, en particulier celles visant les femmes victimes d’enlèvement pour rançon, ne sont pas assez évoquées suffisamment dans le rapport de l’ONU sur les violations commises par la Turquie à Afrin. » 

Pour sa part, Laila Habash a déclaré: « Nous avons été déplacés du canton d’Afrin et nous vivons maintenant dans le camp de Serdam. Les organisations de défense des droits de l’Homme doivent également agir de manière réaliste pour compléter la déclaration qu’elles ont publiée concernant les crimes de guerre et documenter tous les crimes commis par l’Etat turc à Afrin, qui se poursuivent toujours contre le peuple. Surtout celles visant les femmes et les enfants. »

ANHA

REPONDRE AU COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire !
Veuillez entrer votre nom ici