En tant que femmes, que doit-on faire pour ne pas être tuées / agressées ?

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Elles veulent se séparer de leurs maris/copains, elles sont tuées par eux. Elles refusent les avances d’un homme, elles sont tuées. Elles portent plainte contre un mari/copain violent, elles sont tuées par eux. Elles portent plainte pour viol(s), elles sont tuées par leur violeur ou par la famille (on parle de crime d’ « honneur/horreur »). Elles refusent de se marier avec un homme choisi par la famille, elles sont tuées…
 
En tant que femmes, que doit-on faire pour ne pas être tuées / violées ? Ou, que faire pour avoir le droit à la vie en tant que femmes alors que les violences sexistes, féminicides, viols, agressions sexuelles… visant les femmes (et les enfants) sont devenus un fléau mondial ? (Bien qu’on assiste à l’augmentation de ces horreurs à travers le monde, attardons-nous sur ce qui se passe au Kurdistan.)
 
En l’espace de quelques jours, on a assisté à une tentative de viols d’une fillette kurde de 13 ans par un sergent de l’armée turque à Sirnak. 2 jours après, on découvert qu’une adolescente kurde de 17 ans avait tentée de se suicidée après avoir été séquestrée et violée pendant plusieurs jours par un autre sergent turc dans la ville de Batman. Peu de temps après, on appris que Pinar Gultekin, une jeune Kurde de 27 ans, avait été tuée, brûlée et enterrée dans une forêt de Mugla par son ex petit ami qu’elle avait quitté. Quelques jours après, une femme kurde (Fatma Altınmakas) avait été tuée par son mari après qu’elle ait essayé de porter plainte contre son beau-frère qu’il l’avait violé à Ağrı…
 
Hier, on a vu une vidéo prise à Afrin, canton du Rojava occupé par la Turquie depuis 2018, où un homme frappe sa femme car celle-ci ne veut pas que leur fille soit mariée à un mercenaire de la Turquie. Une famille dont tous les biens ont été volés par les gangs de la Turquie…
 
Ces exemples ne sont que le point visible de l’iceberg en ce qui concerne les violences faites aux femmes et aux enfants ainsi que les féminicides et les mariages forcés dont sont victimes les Kurdes à travers tout le Kurdistan et du Moyen-Orient. (Même au Rojava, figure d’exception dans la région grâce à la mise en place d’une révolution féministe garantissant les droites des femmes et des enfants, on assiste à des violences faites aux femmes.)
 
Malgré ce tableau bien sombre, les femmes ne baissent pas la garde. Au Kurdistan du Nord (Bakur), elles s’organisent au sein d’associations (Association Rosa), collectifs (la plateforme « Nous mettrons fin aux féminicides » (Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu – KCDP), partis politiques (le HDP et le DBP)… pour mieux défendre leurs droits et protéger leur vie. Mais en face, les défenseurs du système patriarcal misogyne redoublent de violence pour que les femmes continuent à n’être que des sujets serviles, sans défense et qui acceptent l’inacceptable comme un destin inévitable. Leurs associations sont fermées, leurs membres, responsables sont arrêtées, sans que cela ébranle leur volonté pour construire une vie égalitaire entre les genres.
 
(Les femmes ont beaucoup de chemin à parcourir pour changer leurs sociétés misogynes et les mentalités sexistes qui vont avec. Mais les femmes savent que ceci n’est pas une fatalité. Une fois qu’elles ont pris conscience leur vraie force, plus rien ne peut stopper ni les femmes, ni leur colère juste accumulée au fil des années.)

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